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Zulu
...
- Est-ce pour vous Que je strip-tease ?
Que voulez-vous que je vous dise ?
Pour moi, jour apr�s jour s'en vont
Une � une mes illusions
� chaque nuit un autre automne
S'effeuiller est bien monotone
Et tout ceci pour qui, pour quoi ?
Est-ce pour lui ? Est-ce pour toi ?
Si c'est pour toi que je strip-tease
Il faut pourtant que je te dise
Que tu es, soit dit entre nous
Un peu voyeur, un peu voyou
Mais ce ne sont l� que chim�res
De ma bouche � ma jarreti�re
Car personne, pas m�me toi
Ne portera la main sur moi
Ici s'ach�ve le strip-tease
Qui te grise et m'id�alise
Voici la chair de la poup�e
Ses v�tements �parpill�s
Pourtant, si je suis toute nue
Je garde mon �me ing�nue
Et je reste en tout point pareille
L�, dans le plus simple appareil
Musique jazz.
...
- �a va toujours aussi mal ?
- Le m�c�ne se fait rare. - Je te parlais de mon pas.
- Tout le monde se demande si on aura assez de fric...
- Mais oui, on en aura. Il y a une justice.
- Tu planes, ma fille. Tu planes.
- Je suis bien trop heureuse pour ne pas planer.
...
- C'est le patron.
- Le patron est avec Kariak.
- Kariak gives the money.
- Kariak est un bienfaiteur.
...
- On est sauv�s, �a y est.
...
- C'est une excellente danseuse.
- Je regrette pas de lui avoir donn� un si grand r�le.
Elle est tr�s dou�e. - Tr�s.
Tout � fait remarquable.
Dommage. - Quoi ?
...
- D'accord.
- Il �tait temps. - Tu t'en ach�teras des neufs.
- Il t'a trouv�e excellente.
- Merci.
- Les enfants, r�p�tition � 9 h.
Cris de joie.
...
- Nous d�nons ensemble. J'ai � vous parler.
Brouhaha.
...
- Gagn�. J'avais gagn�.
Depuis mon arriv�e � Paris,
que d'ann�es d'efforts, de vache enrag�e.
J'�tais vedette d'un des 3 ballets.
Les critiques, le succ�s,
sans doute la r�ussite.
La danse, pour moi, c'�tait le bonheur,
le vrai, le seul valable.
Je l'avais atteint.
- Ariane !
Ariane !
- O� �tais-tu ? - Je m'�tais endormie.
Oh, Pierre,
ce que je suis contente !
- Le patron te demande dans le bureau.
- Qu'est-ce qu'il veut ? - Mais j'en sais rien.
Allez, vite, on r�p�te.
- Qui c'est, celle-l� ?
- C'est Ma�t� Clarville.
- Clarville de l'Op�ra ? - Oui.
- Elle a quitt� l'Op�ra � la suite d'un scandale.
On a beaucoup parl� d'elle.
C'est un nom, tu comprends ?
Kariak veut bien nous commanditer, mais...
il lui faut une vedette.
Et puis...
tu le sais pas, mais...
Ma�t� et Kariak...
- C'est trop injuste. - �a ne changera rien pour toi.
Dans les autres ballets, tu conserves ta place.
- Les silhouettes.
- J'ai obtenu qu'on te paie... comme si tu dansais.
- Ce qu'elle dansera.
- Je suis navr�, mais je peux pas refuser.
Il s'agit de l'existence m�me de la troupe.
Je suis de ton avis, tout �a est tr�s injuste.
Ariane ! Je te le promets, la chance se retrouvera.
Musique jazz.
- "La chance se retrouvera..."
Quand la chance est pass�e, on ne la retrouve jamais.
- Si, on en retrouve une autre.
- C'�tait celle-l� qui m'int�ressait. Celle-l�.
On n'avait pas le droit de me faire �a, tu comprends ?
Pas le droit.
- So young.
- C'est parce que je suis jeune que je suis enti�re,
que je ne me laisserai pas faire.
- Est-ce que tu as faim ? - Non.
- Si. - Eh bien, oui, j'ai faim.
Tu as toujours raison.
...
Sam, qu'est-ce que je vais faire ?
- Aller dormir. Tu es fatigu�e.
La musique s'arr�te.
- "Yes." Et apr�s ?
- Sam !
Brouhaha.
- OK, OK. Just a minute.
I'm coming.
Apr�s, tu danseras comme si rien
ne s'�tait pass�.
- Tous les soirs, je la verrai danser dans mon r�le ?
- Tu n'as rien vu de plus terrible ?
- Si. - Sam !
- Excuse me.
J'arrive.
Musique jazz.
...
...
- Moi, je trouve �a d�gueulasse.
- J'ai la peste ? - Non. Nous comprenons tous.
Comme tu as quitt� la r�p�tition hier soir,
tu ne sais pas que ce matin, on r�p�te sur le plateau.
- Pour Clarville ?
- Il vaudrait mieux, peut-�tre, que tu ne viennes pas.
- Oui.
Car dans ce ballet, je n'ai plus rien � faire.
- Ariane, cet apr�s-midi, � 14 h, au th��tre.
Pour la pavane.
- Ni cet apr�s-midi-l�, ni jamais.
Et ne plus les voir,
ne plus les entendre parler de mon ballet.
C'�tait comme une histoire d'amour qui finit mal.
Quand une histoire d'amour finit mal, vaut mieux couper net.
Comme �a, personne ne peut vous voir pleurer.
Une seule chose compte maintenant : ne pas abandonner.
Piano.
- ...two, three, four.
Turn left.
Turn right.
Turn right again. Turn right.
Turn left. Turn right.
Air classique au piano.
...
Un, deux, trois, quatre.
Thank you.
Au revoir, mesdames.
Ariane, toujours pas de monnaie ?
- Madame, en ce moment, je suis un peu g�n�e.
On m'a promis quelque chose � la TV.
- Les promesses...
- Madame, je tiendrai, je travaillerai,
je leur montrerai qu'ils ont eu tort.
Je trouverai une autre troupe. Je serai une grande danseuse.
Je r�ussirai.
- Pour y arriver, il faut s'entra�ner.
Pour s'entra�ner, il faut manger et payer ses cours.
Tu dois beaucoup.
Moi, je peux comprendre, mais le directeur...
- Voir le patron, lui demander de me reprendre,
m'entra�ner � nouveau, ne plus �tre seule,
retrouver la chaleur de la troupe, les copains.
Accepter la d�faite.
Cri.
- Oh non !
Oh, c'est pas croyable ! Ariane !
Je pensais � toi. Je me demandais ce que t'�tais devenue.
Tu ne te souviens pas de moi ? Berthe.
Nous dansions ensemble. Maintenant, je m'appelle Dodo.
Qu'est-ce qu'ils ont � rigoler ?
Mes paquets !
Rires.
La galanterie, on s'assoit dessus ? Ma voiture est l�.
T'as vu comment faut leur parler ? Je suis si contente !
On ne se quitte plus. Viens, je t'invite � d�ner.
Musique douce.
...
Alors la danse, une, deux, une, deux,
j'en ai eu marre.
T'as l'air d'avoir abandonn� ton r�gime.
Tu vas pas �tre trop lourde pour tes pointes ?
- En ce moment, je ne risque pas.
C'est plut�t le r�gime sandwichs.
- T'as des ennuis ? �a ne marche pas ?
- Pas tr�s bien. - Raconte-moi �a.
Attends. Je continue.
Donc j'ai quitt� la troupe et je me suis appel�e Dodo.
Et j'ai fait de l'effeuillage. Du strip-tease, si tu pr�f�res.
Dodo Volupt�, c'est moi-m�me.
- F�licitations. - Merci, mon ami.
Tu prends encore quelque chose ? - Non.
- Elle n'a plus faim.
Alors, ma ch�rie, raconte-moi. Attends, je te finis.
Dodo, tout le monde me connaissait,
la grosse carri�re terrible, l'apog�e.
Eh bien, un jour, l'amour avec un grand A.
Paul est exclusif, il veut son strip-tease � lui tout seul.
Il est jaloux.
Tu le connais pas. Je vais te le pr�senter.
Gar�on !
Mais toi, raconte-moi ta vie.
- J'ai plaqu� une troupe. J'ai pas d'engagement.
- On va parler de tout �a dans la voiture.
- Bonsoir, madame Dodo. - Bonsoir.
Tu vois, ici, c'est chez moi.
Musique jazz.
Regarde. C'est Paul. Quelle classe, hein ?
Et il m'est fid�le.
Il a pas de m�rite. Des femmes, il en a une indigestion.
Pour lui, c'est l'usine.
Et celle-l�, c'est un veau.
Paul !
Paul, je te parle ! - Pas si fort.
- Ce veau, c'est ta trouvaille ? - Peut-�tre, mais elle porte.
...
- Il a toujours raison. Maquignon, va !
- Le spectacle vous pla�t ?
- Paul ! - Oui ?
- Paul, mon cher, nous sommes 5. - Une table pour Monsieur.
- Je n'en ai plus, monsieur. - D�merde-toi.
- Paul, sans qui Paris ne serait pas ce qu'il est.
Il a su �lever le strip � la hauteur de la mare.
- 2 scotchs.
Gr�ce � Paul, la bo�te, c'est la Com�die-Fran�aise du strip-tease.
J'ai vu comment il t'a regard�e.
Il va te faire des propositions.
C'est pour le business. C'est rare, les jolies filles.
- Tu es folle. �a, je ne pourrai jamais.
- Mais oui, on dit �a.
*-In the tropical jungle,
lady Rafa Temporel.
Musique exotique.
...
- Comment on peut
se d�shabiller devant tout ce monde ?
- Sur la plage, t'en montres � peu pr�s autant.
...
Tu sais combien �a paye, le strip ?
- C'est pas une question de prix. Je pourrais pas.
- Crache pas sur le potage. �a permet d'attendre.
...
Ici, une fille faisait des num�ros sal�s
pour payer ses �tudes, une licence de droit.
- Vous avez fini ?
- Il faut qu'on te parle. - Plus tard.
Descendez dans mon bureau.
...
Applaudissements.
...
Brouhaha.
...
Violon.
...
Air blues au piano.
...
- Ce serait une solution d'attente, tu comprends ?
- Yes, dear.
Tu en penses quoi ?
- Je ne sais pas. Vraiment pas. Ce n'est pas un endroit moche.
- Oh no. It's a very good place.
- Il faut que je m'en sorte. Ce qu'ils me disaient, c'�tait juste.
C'est g�nant. Au d�but, �a doit �tre terrifiant.
Mais c'est pas d�shonorant.
- Non. C'est un job.
Mais pas un job pour toi.
Toi, si tu le fais, tu seras touch�e.
Il n'y a pas juste le strip.
Il y a... "around". Autour.
- Sam, how are you? - How are you?
Thank you.
- N'importe qui peut devenir une grue,
une dactylo, une couturi�re.
- Mais ce n'est pas �a.
Autour, c'est une autre vie. Une vie facile.
Paris,
les gens de la nuit, les endroits o� l'on tra�ne.
Boire pour ne pas rentrer.
Tu tiendras. Tu tiendras longtemps, toi.
Et puis... - Et puis ?
- Et puis, un jour...
De toute mani�re, avant que je prenne une telle d�cision...
Bye, Sam.
...
- Allez, on recommence. Entre et marche.
Vas-y.
Stop ! On dirait que tu visites le ch�teau de Versailles.
- Marche sexy.
Tu comprends ?
L�, regarde.
Comme �a. Il faut que tes hanches appellent le d�sir.
- Je ne veux pas qu'elle fasse un num�ro comique.
- Mufle ! Il veut me d�moraliser.
Il a jamais rien compris � mon style !
Je devrais aller � la concurrence.
Je ferais un malheur. Mais je peux pas !
- Parce que je te clo�tre. Allez.
- Tr�s bien. D�brouille-toi tout seul.
C'est la derni�re fois que je t'aide. Adieu.
- C'est la fin d'un grand amour.
Allez, viens. Doucement. Viens, doucement.
L�. Eh ben, c'est mieux.
C'est mieux. C'est mieux.
Mais il y a du travail.
Non, c'est pas �a ! Recommence tout.
Lentement.
H�site !
Prends ton temps. De la sensualit� d�s le d�but.
Caresse. Caresse l'�toffe.
Non. C'est pas �a.
Mais non, mais non !
Mon Dieu, mon Dieu...
Ce manteau, c'est de la camelote.
Imagine que c'est du vison.
Caresse. Caresse doucement.
Voil�, poulette. C'est �a.
C'est de la zibeline. C'est bien.
C'est souple, soyeux, doux.
On y arrivera.
On n'y arrivera jamais ! Jamais !
Tu prends le voile ?
- Excusez-moi, monsieur.
- C'est pas le moment de pleurer. Recommence.
�a viendra...
- Oh. Mais la salle !
Regarde la salle.
Personne en particulier, un peu d�daigneuse.
Du genre : "Je vous emmerde tous."
- Voil�.
Seconde d'arr�t. L�. "Ce mec-l� m'int�resse.
"Je me d�shabille pour lui." Regarde.
"Et puis, non. Il vaut pas le coup.
"Je marche."
Quelques pas. D�contract�e.
"J'h�site encore.
"Et puis je me d�shabille parce que �a me pla�t.
"Parce que j'en ai envie."
- Ce que j'aime,
c'est ma peau.
Cette peau,
mes bonshommes, vous pouvez pas y mettre le prix.
- Parce qu'il y a quelqu'un derri�re cette peau...
qui vous m�prise.
�a va pour aujourd'hui.
Dans le strip, il y a un secret.
- Tout est dans le regard.
- Oui, entre autres.
*Musique exotique.
...
Non. Non, c'est ridicule.
...
Enl�ve-moi �a.
...
C'est quoi, �a ? - C'est une robe !
- Oui, enfin bon...
Qu'est-ce qu'il y a, encore ?
C'est lui qui te fait peur ?
- C'est rien du tout. T'inqui�te pas, il est myope.
- M�me ! Et quand il y en aura 300,
qui seront l� que pour �a ?
- Si elle arrive � passer.
- Pourquoi elle y arriverait pas ?
- Car elle est en bois.
- T'as dit quoi ?
- Je n'ai rien dit.
- Mes enfants...
J'ai une id�e g�niale. G�niale.
Brouhaha.
...
- Vas-y. Sois courageuse et belle.
*-Voici celle tant attendue...
- Merde, merde !
*-...Ariane.
- AH !
Musique douce.
...
- �a va.
...
�a va. �a va m�me tr�s, tr�s bien.
- Monsieur.
Il n'est pas l�.
...
- Merde !
...
- Very charming.
- Quelle d�licatesse.
- Ravissant. - Strip-tease po�tique,
c'est nouveau.
Applaudissements.
- On va les saluer et sourire.
Petite gourde ! Vite.
...
Encore. Plus vite !
Elle n'aurait pas mieux fait si c'�tait expr�s.
- Bravo ! Bravo !
- Bravo, ma ch�rie.
Tu as gagn�.
- Pardon. Je t'embrasse.
Tous les soirs, tu refais la m�me chose.
- Allez, viens vite.
- � toi. Vite, fonce.
Ton petit foulard. Allez, vite.
Plus haut. Cache ton nez, enfin.
Y en qui n'ont pas de pudeur.
- Contente ?
Tu souris.
- J'ai eu de la chance. �a leur pla�t.
Et au fond, Sam, ce n'est pas du vrai strip-tease.
- Oh, baby! Baby!
- Je te l'affirme.
- Of course.
...
- Tu vois ?
L�, c'est le "living".
Il est expos� en plein midi. Viens voir.
Ici, la cuisine.
C'est le r�ve, non ?
- C'est toi qui a mis le tableau ? - Les Danseuses ?
Non.
Elles �taient l� avant.
- C'est une heureuse rencontre.
- Oui.
- L'autre jour, tu as oubli� tes chaussons.
Ils ne te manquent pas, pour t'entra�ner ?
- Ils sont vieux. J'en rach�terai d'autres.
- Quand ? Demain ?
- Demain ou apr�s-demain. Je ne suis pas � un jour pr�s.
On dirait que tu cherches � tout g�cher.
Pour une fois que je gagne ma vie,
que je peux m'offrir de vrais repas, une vraie maison.
- �a va te co�ter cher.
- Et alors ? C'est moi qui paie, non ?
Musique jazz.
...
- Ariane, je te comprends pas. Tu te fous de tout.
- Les bravos, c'�tait ma drogue. �a me manque.
Joujou, �a t'�lectrise pas ? - Oh non !
- �coute. Joujou, pourquoi tu fais du strip ?
- J'aime pas me lever de bonne heure.
Applaudissements.
- C'est � toi, maintenant.
Musique y�-y�.
...
Il parle allemand.
- Ils �taient merveilleux, ce soir.
- Oui. Vous leur avez plu, ce soir.
- Je me laisse aller.
Ah ! Ce que j'aime �a. Mais, mon Dieu, ce que j'aime �a !
Et je vais jusqu'au bout, moi.
Je fais du strip.
Je ne triche pas, moi. - Ce que t'es garce !
- T'es jalouse de son succ�s.
- Laissez, laissez. - "Laissez." �coutez �a !
- Tu n'as pas encore
l'habitude des vacheries, hein ?
- Moi ? Ne craignez rien.
- Toi, j'ai du mal � te comprendre.
- Je peux arriver 15 min en retard, demain ?
- C'est vraiment tr�s important ? - Oui.
- Oui.
- Bonsoir.
- Ma cocotte, c'est un rendez-vous d'amour ?
- Presque.
- Ah ! Tout de m�me.
- Tu sais, la solitude, c'est pas sain, quand m�me.
- Oui, presque un rendez-vous d'amour.
Mais d'un amour rat�.
Musique jazz.
...
Une grande danseuse, une extraordinaire danseuse.
Une gr�ce, une technique.
Honn�tement, je n'aurais pas pu faire aussi bien.
...
Applaudissements.
...
- Ariane...
Ariane, mais qu'est-ce que tu �tais devenue ?
Mais c'est pas des trucs � faire ! - Je ne voulais plus voir personne.
- Je comprends, mais on �tait assez copains.
Tu pouvais faire une exception, non ? - Bien s�r, Pierre.
Excuse-moi, je dois y aller.
- �coute. Nous partons en tourn�e demain pour des mois.
J'ai envie de te voir.
On peut boire un verre apr�s le spectacle.
Juste toi et moi.
- Vers 2 h chez Sam. �a me fera plaisir aussi.
- D'accord.
Musique jazz.
...
Discussion anim�e.
...
...
...
...
- Qu'�tes-vous en train d'�crire, en ce moment ?
- Il r�ve, comme tous les po�tes.
Il pense � sa chapelle, � Saint-Luc-de-Provence.
- J'aimerais tant la voir.
- Nous irons tous pour l'inauguration.
C'est g�nial.
- Oh, ne disons pas de grands mots. Je dois revoir la descente de croix.
...
- Sainte Marthe, c'est moi. Sans chapeau, naturellement.
- Oui, mais avec une aur�ole.
- Vous voyez ? Tout s'ach�te, m�me les aur�oles.
- C'est dr�le que pour mourir,
il faille passer par tout �a. - Je l'adore.
Il est merveilleux.
- Bon. On s'en va.
- Non, non !
Applaudissements.
...
- Tu n'aimes pas le strip ? - J'aime autre chose.
�a baisse, ta bo�te, mon vieux.
Tu devrais en ouvrir une autre. - Attends que j'amortisse.
- Commanditaire de bo�te, c'est une id�e.
�a pourrait me distraire. J'y penserai.
- Jean-Loup, regarde cette jolie poup�e.
Ce qu'elle est belle !
- La fille aussi. Comment s'appelle-t-elle ?
- Ariane. - Ariane ?
Musique douce.
...
Rires.
...
- Paul, fais-les taire. - C'est difficile.
- Ils la g�nent, mon vieux. - C'est d�licat, parce que...
- Ils me g�nent. - Je croyais que tu partais.
...
- Il n'y a qu'une chose que je d�sire, c'est cette marionnette.
Paul ! Paul, il me la faut.
- Nos poup�es ne sont pas � vendre.
- Quelle blague ! Tout est � vendre.
- Est-ce que tu sais qui c'est, au moins ?
- Oui, et je m'en fiche. - Toutes les femmes se le d�chirent.
- Que quelqu'un d'autre recolle les morceaux.
- Qu'est-ce qu'on va lui dire ? - Que j'ai la migraine.
Moi ou une autre, �a change quoi ?
- Il nous invite tous chez Maxim's, toi, Paul et moi.
- Non.
- Mais qu'est-ce qu'elle attend ? L'empereur de Chine ou Kennedy ?
- Elle se d�p�che ? - Elle est d�j� partie.
- Pourquoi lui mentir ? Elle n'a pas voulu.
- "Pas voulu" ?
- Pourtant, je lui ai vant� la marchandise.
- Bon. Paul, salut.
- Il s'en va ? - On le reverra.
Cette fille-l� est tr�s forte. - Ah oui ?
- Ou compl�tement idiote. - Ah bon ?
Musique jazz.
...
- Hello, Sam. - Hello. Have a drink with me.
- Tout � l'heure.
...
- Vous avez vu la fille ?
- Messieurs, je vous en prie. - Mais je la reconnais.
- Jolie fille. Trois scotchs.
- Bien, monsieur.
- Dites-moi, c'est bien une poule du Crazy ?
Elle n'en a pas l'air.
- Ni l'air, ni rien d'autre.
And shut up, now. She's my friend.
She's a lady.
- Tu ne veux rien raconter ? Me dire ce que tu fais ?
- Non, ce n'est pas la peine.
Mais �a m'a fait du bien de te voir. �a m'a r�chauff�e.
�a n'a pas toujours �t� dr�le.
Et par moments, je me suis sentie bien seule.
J'ai eu froid, tu sais, depuis que je vous ai quitt�s.
- Mais, maintenant, tu fais quoi ?
- Maintenant, �a va mieux. C'est ti�de.
S'il vous pla�t ?
Pierre, la tourn�e part demain. Ton avion est tr�s t�t.
- Je voudrais un autographe, si c'est possible.
- Sam...
- Mademoiselle, j'accompagne des �trangers.
Ils vous ont admir�e tout � l'heure et voudraient un autographe.
- C'est �a ?
- Et alors ?
- Merci. Au revoir.
- Good night, Sam.
- "Et alors ?"
- T'as sommeil ?
�a a l'air fatigant, le strip.
- Tr�s.
- Eh ben, se d�shabiller comme �a, il faut le faire.
- Comme tu dis.
- �a te g�ne ou �a te fait plaisir ?
- J'adore.
- Je comprends pourquoi tu as eu froid, depuis que tu nous as quitt�s.
- Je plaisantais, mon vieux. La salle est chauff�e.
Tu ne trouves plus rien ?
Pierre, toi, au moins, je voudrais que tu comprennes.
Pierre, tu m'aimais bien.
C'est tr�s sp�cial, tu sais ?
Je me d�shabille tr�s peu. - Il faut bien commencer.
Et puis, un peu ou beaucoup, ce qui compte, c'est le principe.
"Tr�s peu."
�a prend, avec les autres ?
- �a prenait avec moi-m�me.
C'est l�. Merci.
...
Bon voyage, Pierre. - Ah non !
Non. Tu t'es assez foutue de moi.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- �tre le copain, tu crois que �a emp�che
de penser ?
Pour toi, il n'y avait que la danse, le travail, la carri�re.
- Pierre, sois gentil, va-t'en. - Non, pas aujourd'hui.
Ce soir, j'ai compris.
D'ailleurs, tu n'as pas chang�. C'est moi qui me faisais des id�es.
Tu m'invites ?
Tu en as vu d'autres, dans ton m�tier.
Je vaux bien les autres.
- Oh oui ! Seulement, tu vois,
aujourd'hui, tu n'es pas le premier.
Quelqu'un m'attend d�j�. D�sol�e.
Je suis tr�s prise, comme tu vois.
- Ariane...
- Mais oui, je suis bien oblig�e, dans le m�tier que je fais.
"Le m�tier que je fais."
"Le m�tier que je fais."
- Se d�shabiller comme �a, il faut le faire.
�a te g�ne ou �a te fait plaisir ?
- �a ne compte pas, ce soir.
C'est ma faute. Je m'en fous.
Je me d�shabille tr�s peu, tr�s peu, tr�s peu.
Je triche.
- Un peu ou beaucoup, ce qui compte, c'est le principe.
- "Ce qui compte, c'est le principe."
"Le m�tier que je fais."
Eh bien, oui, je le fais.
Murmures.
Applaudissements �pars.
- J'aimais mieux avant.
- Pour un bide, �a, c'est un bide.
- Madame a enfin montr� quelque chose.
- �a n'a pas plu.
- Et toi, tu crois que tu plairas longtemps ?
D'ailleurs, tu grossis, ma fille.
Plus tr�s ferme, tout �a.
- Laisse tomber, Ariane. Le patron te demande.
- C'est pas vrai. Je n'ai que 29 ans.
- Pas plus ?
- C'est pas tellement vieux. Je peux tenir encore des ann�es.
- Pourquoi as-tu enlev� ton soutien-gorge, hier soir ?
- � cause de mes voix int�rieures.
- Ce que tu peux �tre compliqu�e. Tu es vraiment seule ?
- Compl�tement, oui.
- C'est ce qui te donne ce petit c�t� vache.
- Sans doute.
- Tu pourrais refaire tous les soirs ce que tu as fait hier ?
- Pourquoi non ?
- Pourquoi oui ?
- Parce que j'ai compris une chose.
C'est que �a ne sert � rien de truquer.
On n'en sort pas soi-m�me plus intact.
Et vis-�-vis des autres...
Ben, les autres, �a ne compte plus.
- Il suffit d'un seul qui comptera. - C'est pas demain la veille.
- C'est ce que je te reproche.
- C'est lui ? - Oui.
- J'en �tais s�re.
Il est tellement gentleman, riche, charmant...
- Il est persuad� que je penserai � lui.
Il s�vit beaucoup, chez la strip-teaseuse ?
- Non. Tu inaugures.
D'habitude, c'est la femme du monde, parfois, le mannequin.
- Je suis flatt�e. Tu peux garder les fleurs.
- Oh, merci !
- 16 h 30, demain, r�p�tition. C'est termin�, ce num�ro.
- Mais pourquoi ? - Parce que.
- Bon. Je dirai plus rien. - J'aimerais.
- J'avais h�te que le nouveau num�ro soit au point.
J'avais chang� si vite.
Et alors ?
- Mademoiselle Ariane, c'est pour vous.
- Encore ?
Rires.
Tous les soirs, et de plus en plus belles.
Il avait raison, je pensais � lui.
- Coucou, ma beaut�. Viens voir ces fleurs.
- Mais il me prend pour quoi ? Un monument aux morts ?
- Mais ce sont des orchid�es.
Sonnette.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Des fleurs, madame.
- Remportez-les. - Je n'aurai pas de pourboire ?
- Si, si. Attendez, j'arrive.
- J'ai r�fl�chi trop tard que les gerbes, c'�tait pas votre style.
Vous ne m'en voulez pas ?
- C'�tait vous ?
- On d�jeune ? - Non.
- On d�ne ? - Non.
- On soupe ? - Non.
- Mais vous ne mangez jamais ?
Bossa nova.
...
- Si de vous � moi Il n'y a qu'un pas
C'est le pas de la bossa nova
C'est le pas de la bossa nova
De la bossa nova
Mais de vous � moi
Je ne pr�tends pas Pas �tre un Casanova
Pas �tre un Casanova
Pas un Casanova
C'est l� toute notre diff�rence
- Salut, Thierry !
- Salut, Jean-Loup !
...
- Salut, Jean-Loup !
...
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Dodo et Paul, je connais.
La pauvre milliardaire et son po�te, �a ne se vend plus.
C'est us�, comme la d�butante br�silienne.
Depuis le temps qu'elle tra�ne... Il n'y a personne, ce soir.
- Il y a tout Paris. - C'est ce que je dis.
Ah ! Dis donc. Qui c'est, la fille ?
- Personne. Nous ne connaissons pas.
- Elle danse avec lui, c'est devenu quelqu'un.
...
- Tu crois que �a va durer, tous les deux ?
- Attends que �a commence. - C'est d�j� pas mal parti, non ?
Musique douce.
Oh, ch�ri, un slow !
Il est si riche que �a ?
- Encore plus. Je serai content pour elle.
...
- Bonsoir. - Tu vas perdre ton clip.
- "Ton clip"...
- Pardon. S'il vous pla�t ?
- Merci. Votre photo dans le journal. - Quelle chance !
...
- T'avais raison, �a marche.
- Tiens, j'ai une id�e. - Moi aussi.
- Dis-la-moi. - Non. Toi d'abord.
- Je te la dirai � la maison. - Je crois que j'ai la m�me id�e.
- Tu avais devin�. - Mais oui.
- Bye-bye. - Bye-bye.
- Pendant mon absence, j'ai pens� � vous.
- Jean-Loup...
Elle s'ennuie. - Oh ! Tu t'ennuies ?
- Je n'aime pas cette bo�te !
- Ne pleurez pas.
- Vous viendrez me voir � Rio ? - Mais oui, nous viendrons.
- Oh ! Encore du whisky ? - Eh oui ! Encore du whisky.
Oui, ma ch�re. Ici, il n'y a rien d'autre � faire.
- Dormir. - � cette heure-ci ?
Vous �tes fatigu�e ? - Non, pas tellement.
Pour vous, c'est �a chaque nuit. - Il faut bien se distraire.
Je suis gai, dr�le. Tous mes amis le disent.
Et mes amis sont des gens charmants.
- Jean-Loup !
- J'en ai des centaines, dans le monde entier.
Ne me regardez pas comme �a, vous allez me rendre triste.
Vous, au moins, vous osez �tre triste.
Chez vous, c'est �a qui me pla�t.
- On leur dit ? - Si.
Nous venons de comprendre que nous nous aimons.
- Dans la richesse et la pauvret�, nous pourrons �tre heureux.
- � boire ! Tout le monde s'aime.
Musique rythm�e.
...
- Allons, l'orchestre, chauffez, chauffez !
Il faut s'amuser. Ils sont heureux.
Ils s'aiment au moins pour 8 jours.
- Je me sens trop seule.
Toute seule.
Il faut m'aimer. Il faut m'aimer.
Personne ne m'aime.
- Comment ne pas vous aimer, vous, de plus en plus bonne pour moi ?
- Ariane, riez, riez.
Riez, on s'amuse.
Riez, Ariane.
Tapez. Tapez. Tapez.
C'est parti. Allez !
...
- Ce qui me plairait...
c'est de redevenir belle.
- Mais la beaut�, de nos jours, c'est tellement facile
et tellement surfait.
...
Le t�l�phone sonne.
...
- Avant, � cette heure-l�, j'�tais d�j� � l'entra�nement.
600 francs de l'heure, � cr�dit.
Maintenant, c'est le courage qui me manque.
Dr�le de soir�e, dr�le de type.
Pas antipathique, du charme.
Avant, le t�l�phone ne sonnait jamais.
Qui m'aurait appel�e ?
Aujourd'hui, il y avait quelqu'un qui pensait � moi,
quelqu'un � qui je plaisais parce que j'�tais triste.
...
...
- C'est une belle r�ussite. - Une certaine r�ussite.
- Vous ne r�pondez jamais au t�l�phone ?
- Vous m'avez emp�ch�e de dormir. - J'ai perdu ?
En moi, rien ne vous pla�t, rien ne vous int�resse.
Parfait. L'homme-tiroir.
C'est ma m�re qui m'appelait comme �a.
Excusez-moi pour cette nuit. Je vous connaissais mal.
Bonne chance, pour ce soir.
Je vous ai envoy� une fleur. - Merci.
- �tant donn� votre nouveau num�ro,
vous aimeriez mieux
que je ne sois pas l�. - C'est chic d'y avoir pens�.
- Je suis d�licat. Je vaux mieux que �a.
- Je sais.
- Vous savez ?
M�fiez-vous de ne pas
vous tromper.
Ariane, coup nul pour hier soir. Faisons connaissance.
Donnez-moi une chance.
- S'il y a une chance, qui la donne � qui ?
- Un chauffeur vous attendra � la sortie.
Je vais vous pr�parer une nuit merveilleuse.
Musique exotique.
*-Poup�e La Rose.
...
Poup�e La Rose.
...
- Paul ! - Comment est-elle ?
- Pas croyable.
- Elle a le trac ? - Elle s'en fout.
- C'est pas normal. Va la voir, vite.
�a va �tre elle. Allez-y. Que �a mitraille.
- Dis donc, tu mets le paquet sur la souris.
- Quand tu la verras, tu comprendras.
Musique rythm�e.
...
- Ah, merde ! - Comme tu dis.
...
Applaudissements.
...
- Dis � Ariane de venir dans mon bureau.
- Bien, monsieur Paul.
- Ma ch�rie, t'es merveilleuse. T'es ma "succetrice".
Je vous pr�sente la nouvelle Dodo Volupt�.
L'autre, ce n'est plus qu'un souvenir.
- M. Paul vous demande. - Va te faire congratuler.
- � moi.
On va leur en montrer,
de l'effeuillage. - Et de la fesse triste.
- T'es formidable.
T'as m�me appris les mots qui blessent.
Que c'est joli ! Lui, au moins, il sait vivre.
�a vaut plusieurs briques.
- Des millions ? - Et alors ?
- Je ne peux pas. Il est fou.
- Non. Il est riche. - Tu soupes avec lui, ce soir ?
- Oui.
- Fais-toi belle. Des gars comme �a, �a pullule pas.
- H�las ! Trois fois h�las !
- Pas plus que les femmes de qualit�. - C'est pour moi que tu dis �a ?
Je m'en vais. Adieu.
On ne me retient plus, maintenant ?
- Tu te souviens de la petite villa mauresque ?
- La petite, comme �a ? - Oui.
Je l'ai lou�e 2 mois cet �t�. - Sans blague ?
- Dedans, je te ferai une chose que tu aimes beaucoup :
la choucroute. - Ah ! C'est merveilleux. Je t'adore.
- Commandant Denis.
Soyez la bienvenue � mon bord.
Si vous voulez passer.
...
- D'habitude, c'est une bo�te tr�s bruyante.
Mais ce soir, pour nous, ce sera silencieux.
Nous y serons seuls.
- Nous n'avons pas � nous cacher. - En �tes-vous s�re ?
- Jean-Loup...
- Vous ne l'aimez pas ? - Si, beaucoup.
- Alors pourquoi me le refuser ?
- C'est trop important.
- "Trop important" ?
Qui �tes-vous ? D'o� sortez-vous ?
Je vous ai r�v�e. - Un r�ve amusant.
- Vous voulez rien de moi. Pourquoi �tes-vous l� ?
- Laissez-moi partir.
- Ariane.
Qu'ai-je dit ? Je vous ai bless�e ?
Ariane !
- Finalement, l'argent complique bien les choses.
- Mais non. Il ne faut pas croire �a.
- C'est trop facile.
Aujourd'hui, ce bijou. Demain, un collier.
Et on vous attache.
Non, Jean-Loup. Pas moi.
Vous vous trompez.
- Ariane, pardonnez-moi. Je ne suis qu'un maladroit.
- N'y pensons plus.
- Amis ?
Eh bien, dansons.
*Bossa nova.
...
C'est si difficile, de faire connaissance.
Surtout avec un ange.
...
Je suis tellement paresseux, l�che,
un peu menteur.
- C'est tout ?
- Quand je veux quelque chose, il me le faut... absolument.
- Jean-Loup, ce soir, j'aimerais une autre musique.
J'ai envie d'�tre assise � c�t� de vous et d'�couter.
- C'est merveilleux. Attendez.
...
*Musique douce au piano.
...
Vous aimez ?
- Je connais par c�ur.
Nous dansions.
C'�tait difficile.
- Pour moi, rien n'a �t� difficile. Il m'a suffi de na�tre.
La banque a �pous� les sucres.
Un h�ritier sucre a �pous� une demoiselle mine d'�tain.
Et la prog�niture sucre-�tain-banque s'est mari�e
avec les hauts-fourneaux forge et acier.
Et vous avez pr�s de vous le r�sultat de tous ces mariages d'amour.
Fils unique.
- Pauvre petit gar�on riche.
- Belle petite fille pauvre.
- "Le Prince et la Berg�re."
C'�tait le titre d'un ballet.
- Et �a finissait bien ?
- C'�tait un conte de f�es.
...
- C'est bizarre. Je suis presque heureux.
Et vous ?
- Je me sens bien.
- Ariane...
...
Corne de brume.
Le petit jour gris. La croisi�re du petit matin.
L'heure du cafard.
L'heure o� j'ai peur de rentrer.
Regardez.
Notre-Dame.
Comme sur une carte postale.
Il me semble que je vous aime.
- Moi aussi. Peut-�tre.
- Maintenant, c'est tr�s diff�rent.
Pourriez-vous me refuser une rose ?
- C'est dr�le.
Vous avez tout,
et vous �tes aussi seul, aussi perdu que moi.
- Merci, Ariane.
- Il me disait merci.
Je me croyais forte et je le croyais faible.
C'est lui qui m'a appris... Paris, son Paris,
leur Paris � eux. Dangereux, ce Paris-l�.
C'est un engrenage.
On tient au d�but et puis...
C'est si facile d'accepter, de faire plaisir.
Musique jazz rythm�e.
...
Coup de feu.
...
...
...
Je prenais go�t � tout,
m�me aux nuits idiotes.
...
Agr�able, apr�s les affronts, de se sentir quelqu'un.
Agr�able, apr�s la mis�re, de se voir c�l�bre.
D'�tre reconnue,
on finit par en oublier pourquoi on est reconnue.
Tout se m�lange. La nuit, le jour.
...
- Tu m'aimes ?
Ne me dis pas non. J'aurais de la peine.
- Tu as tellement besoin qu'on t'aime.
- Pour moi, c'est vital. Tu comprends ? Vital.
Si on ne m'aime pas, je meurs.
- Moi, j'ai plut�t besoin d'aimer.
- �a revient au m�me, non ? - Non, pas tout � fait.
Tu me regardes, quand je dors ?
- Quand tu dors, je dors.
- Moi, je reste souvent des minutes � te regarder.
Je remonte la couverture si tu as froid.
Je la retire si tu as trop chaud.
- C'est exactement comme �a qu'il faut m'aimer.
- J'essaierai.
- Si tu veux.
Ne buvons pas trop car, apr�s, on se pose de dr�les de questions.
- Tu as raison. On s'en pose toujours trop.
On joue "Joyeux Anniversaire".
Applaudissements.
- Bon anniversaire, ch�rie.
...
- Tu pourrais prendre froid.
- Oh, Jean-Loup !
- Bon anniversaire.
- Son vison,
elle en a pour 10 ans.
- Il suffit de 3 visons pour user une femme.
- J'en ai eu bien plus. - Ne le dites jamais !
- Elle va avoir une grande surprise.
- Je sais ce que c'est.
- Contente ?
Heureuse ?
- Quelque chose comme �a.
- � quoi pensais-tu ?
- � d'autres anniversaires.
- Le prochain sera somptueux.
1 000 personnes masqu�es pour pas voir leur t�te.
Et � la fin,
merveilleux, un feu d'artifice.
Tu veux ?
- Un feu d'artifice ?
J'en ai d�j� eu un pour un anniversaire.
Un beau. J'�tais petite.
C'�tait beau, ces fus�es, les bombes.
Colonnes qui br�laient.
"Joyeux anniversaire."
Parents, maison. J'ai tout perdu, ce jour-l�.
- Je suis navr�, ch�rie.
- Ce manteau...
- Il vaut tr�s cher, je sais.
Fais-moi plaisir. Ne m'agace pas.
- Pas sur ce ton !
- Excuse-moi.
Partout o� il y a des bombes, ma famille est dans le coup.
�a, c'est de la r�cup�ration.
- Au fond, le cynisme a du bon. Tu m'apprends plein de choses.
- Ma famille, je vais la voir demain : convoqu�.
De temps en temps, �a leur prend.
Une soir�e seule sans moi, tu pourras ?
- J'essaierai.
Paul, tu t'en vas ?
- J'ai une fille � voir dans un cabaret � Montmartre.
- � Montmartre, la bonne id�e !
On y va tous.
D�odat ! D�odat !
- �a doit �tre sordide.
- Toutes les bo�tes le sont. L� ou ailleurs ?
Explosion.
- Elle est belle, cette Ariane.
- C'est la vedette du Crazy.
- Et le manteau, il vaut des millions.
- Bonjour. Quand c'est possible, viens chez moi.
- Merci, monsieur Paul.
- Nous sommes tr�s remarqu�s.
- C'est horrible.
- Pourquoi ?
Ah non ! Ne buvez pas ici.
- Les verres sont sales ?
Musique jazz.
...
- C'est de la d�mence. Elle est dr�le, non ?
- Crevante.
- Tellement �c�urant que c'est g�nial.
Hein, Dodo ?
- Riez pas. Il faut bien qu'elle gagne sa vie.
- Je croyais pas que �a pouvait exister.
Jean-Loup,
ces filles commencent ou finissent comme �a ?
...
Piano.
- Tu ne veux pas me parler ?
Tu es f�ch� ?
...
C'est merveilleux, �a.
...
Je ne t'ai pas oubli�, tu sais.
Je pense souvent � toi. Seulement...
- Seulement, il y a la vie. La vie.
Ta vie.
Applaudissements.
Eux, ils aiment vraiment ma musique.
Et si je parle, je joue moins bien.
Un, deux, trois, quatre...
Combien de mois tu n'es pas venue ?
- Je ne sais pas.
Il y a longtemps. Tr�s longtemps.
Musique jazz.
- Je lis les journaux.
Et ici, on parle.
Et quand c'est de toi, j'�coute.
- Et alors ? - Scotch ?
2 scotchs.
Je sais que tu connais beaucoup de gens.
Tu es tr�s connue.
Tout est OK pour toi.
- Tu t'�tais tromp�.
Le strip, c'�tait tout � fait un job pour moi.
- Comment marche la danse ?
- Tr�s bien. - Tu t'entra�nes toujours ?
- Bien s�r.
- T'as rachet� tes chaussons ?
- Des tout neufs, inusables. Je les ai mis sous globe.
- Il faut �tre soigneuse.
C'est cher, le vison. Surtout un comme �a.
- Si quelqu'un qui t'aime et que tu aimes te fait un cadeau,
tu dois le refuser ?
- Oh, c'est un cadeau ? - Oui, c'est un cadeau.
Que peux-tu comprendre � tout �a ?
L�, tout seul, dans ton trou ?
- Pourquoi ? - Tu vis que pour ton jazz...
- Pourquoi tu te f�ches ?
Tout va bien. Tu aimes. On t'aime.
Alors...
...
Tu t'en vas ?
- Oui. �a vaut mieux.
- Si tu vois la fille qui dansait, tu lui dis que je l'aime bien,
que je voudrais qu'elle revienne �couter mon piano.
Tu veux ?
- L'idiote, elle est morte.
...
Oui, Paul. Excusez-moi, j'arrive.
Je suis en retard pour la r�p�tition.
- C'est vrai que tu travailles.
C'est beau. C'est noble, le travail.
M�me quand �a consiste � se d�shabiller.
Il faut savoir le faire. Je sais rien faire.
C'est leur faute. Je continue ce qui m'int�resse.
Golf, polo,
danse...
amour.
- Jean-Loup...
- "Play-boy", le gar�on avec lequel on joue.
Oui, je veux vieillir en jouant, non pas que �a m'amuse.
Au moins, c'est net et c'est moins emmerdant.
- Jean-Loup...
- Reste. Je suis malheureux.
Ne me laisse pas tout seul. Je t'en prie.
- Je ne peux pas, mais accompagne-moi.
Allez, viens. J'ai besoin de ton avis.
- Regarde.
Musique jazz rythm�e.
...
- Alors, �a va ?
- C'est bon. Continue.
La petite vache. D'ici � ce qu'elle m'apprenne mon m�tier !
...
O� vas-tu ?
- Je suis ulc�r�e.
- Tais-toi et regarde. �a vaut le coup.
...
J'ai vu des femmes du monde, mais � c�t� de cette fille-l�,
elles peuvent se rhabiller.
Quelle classe ! Quel style ! Quelle distinction !
On peut la pr�senter partout.
- Oui, oui.
Absolument partout.
...
- Je ne veux plus te voir. Repose-toi
pour �tre en forme le grand soir.
- C'est encore loin ? - Non. Pourquoi ?
- Tu conduis comme un fou.
- Je me conduis comme un fou, oui.
Cette party � 300 km de Paris,
chez des gens que tu connais m�me pas...
- Du moment que toi, tu les connais...
...
- Bonsoir, mademoiselle.
Bonsoir, monsieur. Vous �tes attendu.
- Ils ont d�n� ? - Oui, monsieur.
- Ils sont au grand salon.
- O� sommes-nous ?
- Chez ma famille.
- Oui, ils �taient tous l�,
se demandant ce que je faisais chez eux.
Les sucres, les mines, la banque, un peu d'aristocratie,
et Dieu le p�re.
Un seul visage humain : tante Olga.
- Dans votre jeunesse, vous avez �t� farceuse.
- Eh oui. "Une farceuse."
Je me suis donn� du bon temps.
- Vous avez r�ti le balai.
- Qu'il est dr�le !
Il est charmant.
Veux-tu te taire ?
Ne l'�coutez pas, mademoiselle.
C'est un monstre.
Mais c'est tr�s joli, �a.
- C'est un cadeau de Jean-Loup.
- Il a toujours eu
tr�s bon go�t.
Et votre pr�sence le confirme.
Excusez-nous,
mais nous avons � parler, ce soir.
- � tout de suite.
Pourquoi aller dans ce bureau, surtout pour dire un mot :
oui.
- J'�tais s�r que tu serais raisonnable.
- Bravo, Jean-Loup. - Attendez.
Ariane, je dois t'expliquer.
J'ai croqu� la fortune qui me revenait de ma m�re.
- Et plus.
- En effet.
Je l'ai croqu�e vite.
- Plut�t, oui.
- Si ton mari ne sait pas vivre,
moi, je sais.
- Il est impayable.
- Donc famille ulc�r�e, convocation,
morale, ultimatum.
- C'est bien utile ? - Indispensable.
Ou ils me font une pension bien maigre,
ou je me range.
Je deviens comme eux.
- Comme eux ?
Tous des minables.
- Conclusion : j'accepte vos conditions.
Je me range.
Je me range m�me tellement...
que je vais me marier.
Tu es surprise, Ariane ?
Tu veux bien m'�pouser ?
Vous voyez ?
M�me �a, je r�gularise.
Vous vous demandez quelle est cette personne ?
� qui est-elle alli�e ?
Pourtant, c'est un nom tr�s connu. C�l�bre, m�me, dans Paris.
Elle est belle. Elle est fine.
Vous serez heureux que je fasse un tel mariage.
- J'ignore ce que tu pr�pares, mais allez, un peu de courage.
- Vous mettrez �a dans l'album de famille.
Une grande artiste.
Nous aurons un tr�s grand mariage.
La Madeleine, pour les escaliers.
Cort�ge, demoiselles d'honneur. Rien que des strip-teaseuses.
Habill�es, rassurez-vous.
Pour les sucres, quelle publicit�.
- Saligaud !
- On passe tous dans votre bureau ?
- Je voudrais voir ces photos.
- C'est inimaginable.
- Oui. Ce qui est inimaginable,
c'est que les hommes de la famille n'ont �pous� que des laiderons.
Ah !
Vous �tes adorablement bien faite, mademoiselle.
Vous l'aimez ? - Je crois, oui.
Je crois que je l'aimais.
- Mufle, �go�ste, l�ger,
et malheureux, avec �a.
C'est peut-�tre ce qui nous attache aux hommes.
Je vais vous raccompagner.
Non, ne pleurez pas.
Aucun de nous n'en vaut la peine, croyez-moi.
- T'as voulu te battre sur un terrain qui n'�tait pas le tien.
Tu es bless�e. C'est normal.
- � la sant� de la malheureuse victime.
- Encore une de tes illusions. Non, Ariane.
Tu n'es pas de la race des victimes.
- Vraiment ?
- J'en suis s�r.
- Alors, redonne � boire � la pauvre bless�e.
- Ah, tu es l� ? J'aurais d� m'en douter.
Je te cherchais.
- Doucement.
C'est du bon scotch. - Ariane, j'ai gagn�.
- Bravo.
- Leurs t�tes dans le bureau : in�narrable, � mourir.
J'avais tous les atouts.
- Et la dame.
- Oui. En fait, l'atout, c'�tait la dame.
Gr�ce � toi,
ils ont c�d� sur tout.
- Alors j'ai m�rit� que tu me fasses un plaisir.
- Tu veux quoi ?
- Que tu sortes. Et que je ne te revoie plus.
- Mais tu veux rire ?
- Jean-Loup, la porte.
- Ma ch�rie, tu l'as mal pris.
Si je t'avais pr�venue, tu n'aurais jamais march�.
- Va-t'en ! - Que tu es susceptible !
Si j'avais refus�, j'�tais s�r de te perdre.
Parce que j'avais plus 1 franc.
Et avec la vie que tu m�nes... - Imb�cile. Je ne t'ai rien demand�.
- Je m'en souviens pas. Mais tu as tout accept�.
- C'est comme �a que tu me jugeais ?
- Avoue que je t'ai tout appris.
Je rate tout, dans la vie.
Mais �a, au moins, je l'aurai r�ussi.
Pour ne pas t'�pouser, plus question de travail.
Ils me donnent des fortunes.
Des fortunes � d�penser ensemble.
- Je voudrais me reposer.
- Comme �a, je comprends.
Ce soir, de la super �l�gance.
J'ai invit� un tas de gens chez Maxim's.
Je veux que tu fasses sensation.
Je pense qu'� toi. Je fais tout pour te plaire.
Alors n'aie pas l'air d'�tre une victime.
- "Une victime" ? S�rement pas.
- Il y a tout Paris. Paul a bien fait les choses.
Allez, d�p�che-toi. - Oui. Tout de suite.
- Ah, l'amour.
Tu le verras apr�s.
- Tu as le trac ?
- Oui, un peu.
- Il y a 2 surprises pour toi. Viens voir.
La premi�re, la voil�.
Ta loge particuli�re.
T'es contente ?
- Ravie.
- Dans la 1re surprise se trouve la seconde.
Je te parle pas du jardin, mais...
de �a !
T'ouvres pas ?
Moi, j'ai jamais de surprise. � ta place, je le ferais.
- Jamais de surprise ?
- Avec Paul, si. Mais pas de ce genre-l�.
- Il m'a demand� d'�tre super �l�gante.
Ouvre. Tu en meurs d'envie.
Maman ! Regarde !
Mais regarde.
C'est l'effet que �a te fait ?
- �a m'en fait beaucoup.
- Il y a sa carte.
Et quelque chose d'�crit. - Lis.
- "Pour te faire oublier une soir�e pas dr�le."
Je m'ennuierais bien, pour des cadeaux pareils.
- Ce n'est pas un cadeau, c'est le montant d'un cachet.
- Attends :
"PS : si tu veux me faire plaisir,
"tu le porteras ce soir."
J'y vais. Tu as besoin de rien ? � tout � l'heure.
- Merde, merde, merde.
*-"Diamonds", "pearls", saphir,
rivi�re, rubis, vaine parure du corps.
Voici Ariane !
Musique jazz rythm�e.
...
- Mais... c'est pas son manteau ?
- Elle est folle.
...
Oh, la vache !
- Mon pauvre Jean-Loup. Mais elle est formidable !
...
- Bravo, Ariane.
- Merveilleuse.
- Elle est magnifique.
...
- R�agis. Qu'elle s'arr�te !
- �a vaut des millions de publicit� !
- Serais-tu cong�di�, Jean-Loup ?
- Tu n'avais pas �t� tr�s g�n�reux.
...
- Il avait offert la m�me
� Dora.
- Bravo, Ariane.
...
- T'es fichu, Jean-Loup.
Grill� � Paris.
- On te prendra plus au s�rieux.
- Une surprise pour toi, ch�rie.
Applaudissements.
...
- Ariane !
...
- Viens !
...
...
Corne de brume.
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- Non, Ariane. Tu n'es pas de la race des victimes.
- Il avait raison. Sam a toujours raison.
Il ne m'offrait qu'un chemin, le plus dur.
Il fallait le reprendre co�te que co�te.
Et je le reprendrais.
Musique jazz.
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Sous-titrage : Eclair Group
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