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Original subtitles

Profil droit.

Profil gauche.

Profil central.

Parle.

J'ai vu un crâne sur un canon.

J'étais curieux, alors je l'ai questionné.

Et puis il m'a répondu

avec une grande tristesse :

"Je ne suis pas mort au son des cloches."

"Les années m'ont échappé."

"Elles m'ont échappé et j'ignore où elles sont parties."

"Et maintenant que j'ai 80 ans..."

"J'appelle les vivants, et les morts me répondent."

"Prépare mon lit"

"puisque les vers me dévorent déjà."

"Je veux être enterré avec respect"

"et des fleurs rouges..."

"des fleurs jaunes..."

"et rouges."

Très bien !

Bordel de merde !

Il y a un mort !

Vous l'avez pas vu ?

Mais c'était qui ?

À ton avis, ça pouvait être qui ?

C'était un syndicaliste, un policier ou un bandit.

Ou peut-être que c'était un fils de pute.

Bon sang, quel visage.

Citoyens de Realzisa.

Les studios Universalia de Rome

saluent chaleureusement votre belle terre de Sicile.

Hommes, femmes, jeunes, vieux, enfants...

Attention, ne te fais pas mal.

Les studios Universalia de Rome

sont ici pour vous offrir un grand avenir !

Une carrière sûre !

Sortez de vos maisons !

Votre succès est arrivé !

Vous comprenez l'italien ici ?

Citoyens de Realzisa !

Votre jour de chance est arrivé !

Il est arrivé et ne vient qu'une seule fois !

Et parfois même il ne vient jamais !

Vermine porteuse de chance, vermine !

La question du travail manuel

est la préoccupation principale

des fermiers de Realzisa.

Mr. le maire,

vous ne pouvez continuer de jouer avec des dés truqués.

Soumettez au vote l'ordre du jour de notre parti

et des travailleurs.

Très bien !

Voyons qui a tort et qui a raison.

À main levée.

Qui vote pour ?

Et contre ?

Deux pour

et treize contre.

La motion est refusée.

Espace public et installations électriques.

Quel visage !

Vous avez un grand avenir.

Et vous ne le savez même pas.

Citoyens de Realzisa !

Les studios Universalia de Rome

vous invitent à participer à la grande sélection

des "Nouveaux Visages du cinéma" !

New face for the cinema!

Hommes, femmes, vieux, jeunes, enfants...

Le succès vous attend !

Avec un simple essai de récitation,

nos producteurs

vous offriront

une carrière sûre !

Savez-vous combien d'argent gagne un acteur de cinéma ?

Vous le savez ?

Cent millions l'année !

Votre serviteur est Joe Morelli.

Découvreur de talents en Italie et en Amérique.

Fausco Giacchetti.

Annamaria Pietrangeli.

Lex Baxter.

Sans vouloir me vanter, je les ai découverts.

Sans moi, ils laveraient encore le sol.

Amedeo Nazzari, vous connaissez ?

Son vrai nom est Angelo Buffa.

Il est sarde.

Et qui a dit

qu'un Sarde pouvait être une star de cinéma et pas un Sicilien ?

Chers amis de Realzisa, aujourd'hui vous êtes inconnus.

Mais demain...

Vos magnifiques visages siciliens

glorifieront

le cinéma italien et international.

Pour la modique somme de 1 500 lires

permettant de rembourser les frais de production,

votre essai cinématographique

sera visionné par les plus grands artistes de la capitale !

Changez votre destin !

Un miracle vous attend !

Accueillez cette aubaine

et participez à la grande sélection

des "Nouveaux Visages du cinéma" !

Si vous m'aviez faite jolie, j'essaierais tout de suite.

Santina pourrait peut-être le faire.

Santina a peur de son ombre !

En plus, elle ne sait ni lire ni écrire.

Gens de Realzisa !

Avec un simple essai de récitation,

nos producteurs de la capitale...

Pour bien prendre la lumière,

il faut assombrir les joues, comme ça.

Sinon ça paraît enflé, comme si vous aviez mal aux dents.

S'ils font un film en Sicile,

ils auront ton visage et te donneront un petit rôle.

Et tu te feras 100, 200, 350 000 lires.

Oui, mais il faut quand même savoir réciter.

Vous avez vu Autant en emporte le vent ?

Oui.

Je vais vous apprendre la toute dernière ligne.

"Après tout, demain est un autre jour" ?

Ça, c'est la vocation, messieurs-dames.

Elle est bonne, elle va bien.

Je le savais.

Je vous en prie, entrez.

– Pourquoi seule là-dedans ? – Parce qu'aujourd'hui on tourne.

Et quand on tourne,

il faut silence et concentration !

Madame, attention au maquillage.

Et pour qui veut tenter sa chance,

apprenez par cœur ces lignes d'Autant en emporte le vent.

Bleu pour les hommes, rose pour les femmes.

Joe Morelli est ici pour vous !

À votre service !

D'Acquisto, première.

Profil droit.

Profil gauche.

Profil central.

Action.

"Après tout, demain..."

"Demain..."

Demain je me tuerai !

– Je me tuerai. Je m'enfuirai. – Du calme.

Actrice, serveuse, n'importe quoi pour partir !

Mais pourquoi ?

Il m'a quittée !

Il m'a quittée comme Rhett quitte Scarlett !

Il est parti vers le nord.

Comment dois-je l'annoncer chez moi ?

La chose...

C'est arrivé ?

– Oui. – Seigneur...

Écoutez...

Écoutez !

Écoutez.

Pleurez moins fort.

Vous avez ce qu'il faut. Vous avez ce qu'il faut !

Dans un mois ou deux vous serez à Rome.

À Cinecittà !

Alors je n'aurai rien à dire chez moi.

Ne vous inquiétez pas. Pas un mot.

Du calme.

Oui, c'est bon.

"Scarlett, je vous ai attendue avec une patience qui me stupéfie."

"Je suis un soldat du Sud qui vous aime."

"Envoyez-moi à la mort...

avec un doux souvenir."

"Embrassez-moi !"

"Tara..."

"Rentrons."

"Rentrons chez nous."

"Je trouverai un moyen de le reconquérir."

"Après tout, chaque jour est un nouveau dimanche."

Mais de quel dimanche tu parles, idiote !

Comme ça :

"Après tout, un jour en vaut un autre."

Allez, réessaye.

"Chère Scarlett..."

"Bien que j'aille à la mort,

tu m'en veux encore."

Mais non, crétin !

"Scarlett, que devons-nous attendre pour nous embrasser ?"

Iachino, dis-lui qu'avant de le mettre, il doit le nettoyer.

"Que vous le vouliez ou non, Scarlett,

tôt ou tard vous serez mienne."

"Je suis du Sud, et la Mort elle-même ne saurait m'arrêter."

"Embrassez-moi."

C'était bien ?

Si j'étais Scarlett, je t'aurais déjà épousé !

"Scarlett,

je vous ai attendue avec une patience infinie."

"Je suis un soldat du Sud et je vous aime."

C'est un soldat au front et il veut un baiser.

Alors elle lui dit que demain est un autre jour.

Elle a dit quoi ?

Elle a dit que demain est un autre jour.

Évidemment que demain est un autre jour !

Vous vous croyez inventeurs ?

Alors Scarlett lui dit :

"Ne sois pas triste."

"Demain le Soleil se lèvera."

"Et puis, pourquoi se presser ?"

Et l'homme lui répond :

"Assez tergiversé, Scarlett !"

"Rien hier, rien aujourd'hui..."

"Rien demain..."

"Rien après-demain..."

"Assez, Scarlett."

"Je n'en peux plus, je ne peux continuer."

"Donne-le moi, Scarlett."

"Donne-le moi, je t'en prie, donne-le moi."

"Si tu ne me le donnes pas, va crever hors de ma vue !"

Et Scarlett répond :

"Tu n'aurais pas dû dire ça."

"Lâche ! Parasite !"

"Remercie le ciel que je sois une femme,

"ou je t'aurais refait le portrait !"

Céleri, menthe !

Persil !

Basilic !

Pardon. Ça sert à quoi ?

À attirer ?

C'est ça, c'est ça.

Mon petit-fils Filippo est le plus beau garçon du village.

Comme moi à son âge.

Écoutez.

Faites de lui un Rudolph Valentino.

– Vous ne le regretterez pas. – Mon ami, je ne peux rien promettre

car le cinéma est cruel et je ne veux décevoir personne.

Asseyez-vous là.

J'ai déjà 19 ans d'expérience

et je peux vous dire une chose :

si derrière ce visage il y a du talent,

même Dieu ne pourra l'arrêter.

Il y en a. Il y en a !

Bordonaro, première.

Profil droit.

Profil gauche.

Profil central.

Parle.

"Scarlett !"

"Je vous ai attendue avec une patience

qui me stupéfie."

"Je suis un soldat du Sud qui vous aime !"

"Envoyez-moi à la mort

avec un doux souvenir."

"Embrassez-moi."

Excellent. Très bien.

Maintenant joue la peur.

Moins. Un peu moins.

Voilà.

Joue un orgasme.

Parle, parle ! Dis ce qui te vient.

"Scarlett !"

"Je vous ai attendue avec une patience

qui me stupéfie."

"Je suis un soldat du Sud

qui vous aime."

"Envoyez-moi à la mort

avec un doux souvenir."

"Embrassez-moi."

Frères Nasca, première.

Profil droit.

De l'autre côté.

Profil de face.

On doit s'excuser, Mr. Morelli.

On a oublié les mots.

Ça ne fait rien, dites quelque chose.

Parlez de votre famille.

À propos de notre famille,

on ne peut pas dire grand-chose.

Seulement...

que nos parents

se sont mariés en 1923.

L'année d'après,

je suis né.

En date du 18 février.

L'année d'après est né un autre petit frère

qu'ils ont appelé Benito.

En janvier 1925,

nos parents

ont fait un autre petit frère

qu'ils ont appelé Francesco.

– Et puis en juin 1927... — 26.

26, nos parents ont fait un autre petit frère

qu'ils ont appelé Calogero.

Mais combien de frères vous ont-ils fait ?

– 18 petits frères. – Et une petite sœur.

Une nonne s'en fut à la fontaine,

Il fallut bien qu'un moine s'en vienne,

Le vent s'en mêla qui les mit nus,

Et de la nonne fit voir le cul.

Profil droit.

Profil gauche.

Profil de face.

Autant en emporte le vent.

"Scarlett, dois-je attendre ton absence pour pouvoir t'embrasser ?"

Je la refais ?

"Tara..."

"Rentrons. Rentrons chez nous."

"Je trouverai un moyen de le reconquérir."

"Après tout, demain est un autre jour."

Je dois faire la musique aussi ?

"Scarlett, d'une façon ou d'une autre vous serez mienne."

"On ne me résiste pas."

"Car ma façon de faire jouir une femme, sans mentir,

n'est égalée par nul autre."

"En toute modestie, avec moi,

deux coups, et c'est fini."

On n'a rien compris.

En toute modestie, avec moi...

Deux coups

et c'est fini.

Mr. Morelli, comme l'éclair !

Profil droit.

Profil gauche.

Profil de face.

Peuple de Sicile !

Sens le changement qui arrive.

Sens que les jours d'humiliation sont passés.

Sens qu'aujourd'hui est un jour nouveau !

Sens que

la position de l'Italie s'est améliorée !

Aujourd'hui nous n'avons plus honte

d'être italiens.

Nous en sommes fiers !

Du calme, dehors !

Vous en avez pas eu assez ?

Du calme !

Ne vous occupez pas d'eux, Cavalieri.

"Envoyez-moi à la mort

avec un doux souvenir."

"Embrassez-moi !"

Excellent !

Maintenant, dites-le avec bonheur.

Je suis désolé, je ne sais pas être heureux.

Anna !

Montre à Mr. Morelli quelles belles jambes tu as.

– Voilà. – Ne bouge plus.

Tourne-toi.

Tourne-toi, ma chérie !

Tourne-toi.

Voilà, comme ça.

Vous avez vu ?

Ce n'est pas parce que c'est ma fille

mais elle est bien meilleure que ces danseuses de variété

qui sont à vous donner la nausée.

Très bien.

Qu'est-ce que c'est ?

Le reçu, madame.

— Le reçu ? — Oui.

Anna, attends dehors.

Elle a ce qu'il faut,

elle est bien,

expressive,

elle a un beau physique.

Je verrai ce que je peux faire

pour dire du bien d'elle, mais...

Vous comprenez ? Je ne promets rien.

Voilà le reçu. Gardez-le.

Dans un mois vous aurez la réponse de Rome, d'accord ?

– Merci. – Je vous en prie.

1 500 lires.

Je n'ai pas une lire.

Madame, je suis un professionnel sérieux.

On ne joue pas à ça avec moi, compris ?

Mon mari est en prison depuis 11 mois et 8 jours.

Il sort quand ?

Laissez.

Et qui va me payer mes frais ?

Je pourrais faire acteur ?

Vraiment ?

Et moi, je suis pas un réalisateur né ?

Attention.

Attention, le cinéma n'est pas pour tout le monde.

Mais il suffit d'un homme, qu'il gagne de l'argent,

et tout le monde en fait un plat !

Comme l'émigration ?

Exactement, comme l'émigration.

Par exemple : l'un de vous va en Amérique,

puis envoie de l'argent à sa famille.

La famille s'achète un bout de terrain.

Puis il a besoin de construire une maison,

alors il a besoin d'ouvriers.

Et il appelle qui ?

Il appelle toi, et toi.

Et puis toi. C'est un cercle.

Vous comprenez ? Une chaîne.

La note, s'il vous plaît.

Messieurs, il se fait tard et j'ai encore du travail.

Bonsoir.

Merci, Mr. Morelli, c'était un honneur pour nous.

– Le dîner est offert. – Merci !

Bon sang !

Vous, vous pouvez faire du cinéma. Regardez.

Ce beau visage d'empereur romain !

Vous méritez une audition gratuite !

Le roi reviendra ?

Il reviendra ?

Prends-la.

Prends-la !

Prends la petite.

Je ne veux pas qu'elle finisse comme moi.

Elle doit y arriver !

J'ai essayé une fois.

À Palerme.

Ils faisaient un film de pirates.

J'étais jeune.

Ils m'ont prise.

Mais je n'ai jamais joué.

Je n'ai vu que leurs membres !

Mais pas comme le tien.

Pas comme le tien.

Le tien est bien.

Que devais-je faire ?

Les gens ont parlé.

J'ai fui

chez un oncle qui me touchait depuis que j'étais petite.

Il me répugnait.

Mais je l'ai épousé.

Tais-toi, salope. Tourne-toi !

Tout ce que tu veux.

Fais-moi mal ! Fais-moi mal !

Fais-moi mal !

Mais prends ma petite fille !

Prends-la ! Je te laisserai être son premier.

Il veut quoi, lui ?

Papiers du véhicule.

– Je viens de Realzisa, je suis d'Universalia. – Je sais.

Que cherchez-vous, brigadier ?

Dites, Morelli...

Où et quand développez-vous la pellicule des auditions ?

– Vous vous y connaissez en cinéma ? – Tout à fait.

Quel plaisir de parler à quelqu'un de compétent !

Chaque semaine, j'envoie les négatifs à Rome

où mon collègue de la Universalia, Mario Cotone,

les fait développer et tirer.

Et après ?

Après...

Ils font une première sélection

et les rushs sont mis à disposition des producteurs et réalisateurs, qui...

Qui quoi ?

Qui font les films.

Même De Sica ?

Bien sûr, diantre, De Sica !

J'ai même une photo dédicacée de Vittorio, vous voyez ?

Écoutez.

Moi, ici,

je représente la loi.

Je n'en doute pas, mais quel rapport avec moi ?

Et personne ne doit le savoir.

Brigadier Mastropaolo, prise 27.

"À travers moi, l'on va à la peine éternelle."

"À travers moi, l'on va à l'éternelle douleur."

"À travers moi l'on va à ceux qui sont perdus."

"Abandonnez ici votre méfiance et vos doutes."

"Toute couardise

doit être vaincue."

"Vous êtes arrivé

où vous deviez arriver."

"Où vous pourriez voir les gens dans leur douleur

qui ont sacrifié l'orgueil de l'intellect."

Dante Alighieri, La Divine Comédie.

Je l'ai traduite en sicilien.

Et en sicilien, je traduis aussi Othello de Shakespeare.

Génial, brigadier, génial !

Dites quelque chose en italien,

quelque chose de spontané, qui vient du cœur.

Chers Rossellini, Visconti...

Cher De Sica...

Je ne suis carabinier

que parce que mon père l'était.

Mais je vous jure que cette vie n'est pas pour moi.

Je voudrais avoir de l'ambition,

mais ici, à quoi cela sert-il ?

Il est plus probable qu'un de ces jours,

je serve d'ambition à un bandit

et adieu Michele Mastropaolo.

Stop.

Brigadier, je suis sans voix.

J'en ai les larmes aux yeux.

Quel trou, cette Sicile de merde.

Avec quelques Indiens, on ferait un western.

Allez, avance !

Avance !

Que me voulez-vous ?

Range ton engin, ducon.

Et file ton blé.

Je ne suis personne, je fais des films.

– Fouille-le ! – Pourquoi vous en prendre à moi ?

Un continental ?

Oui, de Rome.

Tous des voleurs, vous nous avez tout pris.

Je vois ça.

Pas de blagues, le continental. Y'a quoi dans ton camion ?

Quel camion ?

Ah, rien du tout.

Y'a quoi dans ton camion ?

Mon Dieu, quels visages !

Quels yeux !

Vous êtes frères ?

Pourquoi, ça se voit ?

File ton blé ou je te mets une balle dans la tête.

Vous êtes assis sur une montagne d'or et vous ne le savez même pas !

Quelle chance ! Quelle grande carrière !

Donne ton blé.

Du blé ? Des champs, oui !

Ferme-la et donne-nous ton blé !

Je ne parle pas de blé, mais de richesse !

Des dollars, vous comprenez ?

– Des dollars ? C'est du blé. – Oui, c'est la même chose.

Les dollars, c'est comme du blé ?

On est assis sur une montagne de blé ?

Vous comprenez ?

Profil droit.

Profil gauche.

Profil central.

Parlez.

Qu'est-ce qu'on dit ?

Inventez quelque chose.

N'importe quoi. Faites semblant.

Je peux inventer qu'on est les frères Badalamenti et qu'on était sept.

Le premier, Michelangelo, est mort dans les bombardements allemands.

Un autre, Giovanni, est mort dans les bombardements américains.

Mariano a été tué par la mafia.

On l'a trouvé avec la tête enfoncée dans une meule de foin.

Le plus petit, Giacomino, a été tué par la police.

Nous trois, on vit encore.

Tout le monde nous déteste.

La mafia, l'Église, les flics, les monarchistes, les fascistes,

les socialistes, les séparatistes, les démocrates,

les communistes et les libéraux.

Tout le monde.

Presque tout le monde.

Mais nous savons ce que nous devons faire.

Nous devons tous leur trancher la gorge.

On en a déjà tué 45

et ce n'est qu'un début, Mr. Morelli !

Stop !

Quelle imagination !

Imagination mon œil. C'est la foutue vérité !

Dites-leur, à Rome, que s'ils ont besoin de filmer

une fusillade, un massacre ou un meurtre,

personne ne les fait comme les frères Badalamenti !

Mes frères, à une nouvelle vie !

Mr. Morelli, que Dieu paie pour vos peines !

– Comment ça non ? – On ne s'est pas compris.

Vous devez me payer.

Je vous fais un prix.

3 000 lires pour les trois.

On ne te prend rien,

on ne te poignarde même pas, et tu veux du blé ?

Ça coûte de l'argent de développer un film, et je n'ai pas une lire.

Sans ça, votre audition ne sert à rien.

Bon, vous voulez me tuer ?

Tuez-moi ! Le numéro 46 me va très bien.

Mais vous serez bandits toute votre vie.

Toute votre vie.

Frangins...

Peut-être que Mr. Morelli a raison.

Le pain est le pain.

Par contre...

Tu mets 1 500 lires

et on met 1 500 lires.

Payez-le.

Morelli, mon brave, tu l'as fait de nouveau.

Tu es comme le phœnix.

Tu renais toujours.

Toujours.

Profil droit.

Profil gauche.

Profil central.

Action.

Allez, D'Azzo !

Dis ce que tu veux !

Devant elle, vous pouvez parler en toute liberté.

Je suis berger.

Ça, je peux le dire.

Parfait.

Parle de ton métier.

Ce qu'il y a de mieux à être berger,

c'est que vous pouvez parler avec les étoiles.

Les gens du village

ne regardent jamais les étoiles.

Mais pour les bergers,

à la campagne, la nuit,

c'est différent.

Parfois, je regarde les étoiles

et je parle.

Le monde existe-t-il vraiment ?

Je ne crois pas que le monde existe,

je crois qu'il fait semblant.

Je pense que lorsque je regarde un lapin mort,

les yeux paraissent vivre encore.

Et ils me regardent,

comme on regarde une peinture.

Une fois, j'ai vu une peinture.

Mais quand je regardais d'un côté puis de l'autre,

elle me regardait toujours, moi.

Cottone, première !

Je vais parler du 8 septembre 1943.

L'armistice.

Je me trouvais à Serbinico.

Ça se trouve en Dalmatie.

Nous étions une soixantaine de marins.

Soudain, le 10 septembre, les Allemands nous ont attaqués.

13 d'entre nous en ont réchappé

et les ils allaient en fusiller 13.

Ils nous ont mis en ligne

et les mitrailleuses se sont apprêtées à tous nous tuer.

Ils nous ont demandé si l'on se battrait à leur côté

et on a tous dit "non !"

Lo Coco, première.

La première fois que j'ai mangé de la viande, j'avais 23 ans.

Ma vie, c'est le travail, et c'est tout.

Je bine et je brode.

Mes mains paraissent avoir 60 ans

mais j'en aurai 30 en mai.

Personne ne m'épousera

car on dit que j'ai couché avec les Américains.

C'est faux !

Même les ordures ont le droit de parler !

Ma mère lavait les vêtements des soldats

et quand ils venaient, ils me souriaient.

"Very good, bonne fille", ils disaient !

Une fois, j'étais seule

et un Américain est venu en uniforme.

"You very nice girl."

"I love you."

Et il m'a mis la main entre les cuisses.

Je me suis enfuie, et il ne s'est rien passé.

Mais ils ne me croient pas,

car lorsque les Américains sont partis,

il a donné au prêtre une enveloppe pleine de dollars pour moi !

Fermez-la, vous la faites pleurer !

C'est la vérité !

J'ai fait ma propre dot de 8 draps,

6 nappes pour douze, et 6 nappes pour six, tout brodés.

Voyez si mes compatriotes sont galants !

Stop !

Tu veux être actrice ou te marier ?

L'un ou l'autre, du moment que je sors de ce trou à rats !

"Après tout, demain est un autre jour !"

C'est qui, lui ?

C'en est un qui se mêle de ses affaires.

Personne ne l'a jamais entendu dire un mot,

mais il sait tout.

Dommage qu'il soit vieux.

– Il est muet ! – Je vois, vous l'auriez épousé sinon ?

C'est l'oncle Leonardo ! C'est l'oncle Leonardo ! Dépêchez-vous !

Attention au matériel !

Faites faire une audition à l'oncle Leonardo ! Il a 112 ans.

Ça nous en fera un souvenir.

Il était avec l'expédition des Mille !

On s'est cotisés. Allez, filmez-le !

Filmez-le !

Il n'est pas magnifique ?

Il n'est pas magnifique ?

Il n'est pas magnifique, l'oncle Leonardo ?

Oncle Leonardo ?

Oncle Leonardo ?

Qu'a dit Garibaldi à Nino Bixio ?

"Nous pendrons le dernier roi avec les boyaux du dernier pape."

– Il est muet ? – Non.

Il peut parler.

Avant, il était professeur.

Puis il est allé à la guerre,

et quand il est revenu, il n'a plus parlé.

Pourquoi ?

Personne ne le sait.

Mais il est gentil. N'aie pas peur.

Tiens.

Prends ça, tu peux partir maintenant.

Joe, tu t'en vas demain ?

Oui.

Et tu ne reviendras pas ?

Qui sait...

Le cinquième, le cinquième !

Le cinquième régiment.

Le cinquième régiment

de ma vie.

Le cinquième régiment

de ma mort.

18 juillet.

Dans la cour d'un couvent

Le peuple madrilène

rejoint le cinquième régiment.

Avec Lister.

Avec El Campesino.

Avec Galón.

Avec Modesto.

Avec le commandant Carlos.

Personne n'a peur !

Allez, courage !

On entend une mitrailleuse.

Et Franco peut aller se faire voir.

Avec les quatre

bataillons

défendant Madrid.

C'est l'élite

de l'Espagne.

La fleur la plus rouge du peuple.

Avec le cinquième, le cinquième...

Avec le cinquième régiment.

Mère.

Je m'en vais au front.

À travers les lignes

de feu.

Allez, courage !

On entend une mitrailleuse.

Et Franco peut aller se faire voir.

Pas mal pour un muet.

Mais ils sont fous ici !

Complètement fous.

Personne ne peut les sauver.

Pour de l'espagnol, c'était de l'espagnol.

Regardez-moi ça ! Qu'est-ce qu'il aura dit ?

Qu'est-ce qu'il aura dit ?

Regardez-moi tout ça !

Une belle salade variée.

Et toi, l'Espagnol, t'es là-dedans, au milieu des autres.

Et quand ils se mettent à pleurer,

mais quels casse-pieds !

Allez, bonne nuit.

Sauvages !

Des sauvages ignorants.

Des gueux.

Bien sûr qu'ils veulent tous faire du cinéma...

Moi aussi je voudrais bien.

Si j'avais une foutue idée de comment on fait...

Bonjour. Je suis le docteur Mistvetta.

J'ai un malade grave à San Vincenzo.

Vous pouvez m'emmener ?

– Bien sûr. montez. – Merci.

Malheureusement, ça arrive à toute heure.

Quand le travail nous appelle...

Une missionnaire, elle aussi !

Regardez-la.

Elle arrive de Palerme tous les mardis.

Les célibataires, les paysans, les mineurs...

Ils l'attendent toute la semaine.

Elle arrive, et en une nuit elle les fait tous.

Au matin, elle s'en va,

et le soir elle commence dans un autre village.

Les pauvres !

Et oui...

Pauvres et trompés.

Trompés par tous.

Par Dieu, par l'État.

Par les hommes.

Et si vous me permettez, par vous aussi, Mr. Morelli.

Mais que...

Que voulez-vous dire, docteur ?

Je suis un professionnel sérieux.

Je sais que vous êtes un professionnel du cinéma.

Je ne voulais pas vous offenser

mais sur le plan moral et social

pensez-vous qu'il soit juste de promettre monts et merveilles

à ces pauvres gens qui ont besoin de travail, de pain,

de paix, de progrès et de justice ?

Mr. Morelli, on se voit à Rome !

Dans six mois, on les tue tous

et les frères Badalamenti s'évaderont !

Ils sont peut-être pauvres et trompés, docteur,

mais depuis que je suis ici, je ne vois que des fous comme ceux-là.

Des bandits, des fanatiques, des policiers,

des criminels, des espions, des révolutionnaires...

Et ils ne s'arrêtent jamais !

Ils ont toujours quelque chose sur le feu !

Mais que font-ils, merde !

Pardon de m'exprimer ainsi,

mais c'est quoi, cette Sicile ? C'est quoi ?

Une marmite qui bout ?

Et qui sait pourquoi ?

Dites-moi pourquoi !

Mon cher ami...

On ne comprend les choses que lorsqu'il est trop tard.

Je ne sais pas ce qui bout dans la marmite.

Mais...

Je ne veux pas qu'une poignée d'hommes,

des vendeurs de rêve comme vous,

organisent une grande et belle fête pour quelques privilégiés.

Vous essayez de nous tuer ?

Vous n'aviez pas un malade grave ?

Allez doucement.

Le pauvre homme va mourir de toute façon.

On dirait qu'on n'a plus rien à faire ici.

Si.

Je dois faire le certificat de décès.

Sinon, personne ne me paiera.

Merci à vous, au revoir.

Citoyens de Scardizzi !

Les studios Universalia de Rome

saluent chaleureusement...

– Quel est ce bruit ? – J'ai entendu "cinéma".

– Oui, c'est le cinéma. – C'est le cinéma !

Le cinéma, c'est le cinéma !

Beata, ma fille, tu m'as abandonnée !

Dépêche-toi, tu dois encore faire le bain de Stefano !

Avec sa maladie et le sirocco, il pue comme un bouc.

Ne me coupe pas.

"Les studios Universalia de Rome

sont ici pour vous offrir la chance de votre vie."

Vito Strazzeri, première.

C'est "Strazzèri".

Je dois regarder

le verre ?

Qu'est-ce que c'est, du rouge à lèvres ?

Je croyais qu'il fallait se maquiller pour le cinéma.

Seigneur ! Il y a "maquillage" et "masques".

Si je vous dégoûte, vous pouvez me le dire.

J'y suis habituée, je ne me vexerai pas.

Ce n'est pas une question de dégoût.

Moi, les acteurs comme vous,

un peu...

J'en ai connu plein.

Mais ils ne se font pas remarquer.

Vraiment ? Mais alors, je m'en vais ?

Ce n'est pas comme ça. Gardez votre argent.

C'est contre mes intérêts, mais gardez votre argent.

J'ai de l'argent, vous savez ?

J'ai de l'argent, qu'est-ce que vous croyez ?

Je peux payer pour dix auditions, vous entendez !

Regardez ce que les Allemands m'ont fait pour ce que je suis !

– Regardez ! – Attendez, attendez !

Soyez vous-même.

Tout est pardonné.

À tout le monde.

Bandits, cocus, putes...

Ils sont courageux.

Ou lâches, au besoin.

Les tantes, non.

Les tantes ne peuvent pas exister.

Être une tante, dans ce pays...

Si tu l'es, tu es une merde.

Tu dégoûtes.

Vous devriez les voir

quand ils viennent pour se faire couper les cheveux.

"Vituzzo, rappelle-toi,

une coupe comme la tienne qui dure une semaine."

"Vituzzo,

des favoris en pointe."

"Vituzzo, une coupe ample."

Et Vituzzo le fait.

Vituzzo est gentil.

Mais dès qu'il regarde un jeune homme,

on se met à le siffler.

On l'injurie.

On le taquine.

Je veux m'en aller, je veux m'en aller.

Dieu merci, je vous ai rencontré, Mr. Morelli !

C'est ma chance. C'est ma chance !

J'ai dit que je ne promettais rien.

Non, Mr. Morelli.

Vous m'avez fait comprendre.

Il y a un monde loin d'ici

où l'on comprend les gens comme moi.

Bravo ! Très bonne récitation !

Alors je vais m'en aller ?

Vous en aller où ?

Pour faire quoi ?

Je vais vous faire un reçu. 1 500 lires.

Vous les entendez ?

Occupez-vous de vos affaires, idiots !

Attendez. Oui, quoi ?

Vous feriez une audition pour 300 lires ?

Oui. Hein, quoi ?

300 lires.

300 coups de pied au derrière, oui !

Vous me prenez pour un mendiant ?

– Crétin ! – Messieurs, je vous en prie, entrez.

Qui c'est ?

Bonjour, Don Gino.

Qu'est-ce que tu veux, Babba ?

Tu as fait le ménage ce matin ?

Donnez-moi 1 500 lires.

Pour acheter quoi ? Une robe de soirée ?

Pour le ménage, vous me donnez 300.

Je t'en donne 100 si tu me montres tes nichons.

D'accord.

Si tu me montres tout.

Toute nue ?

Tout ou rien.

Non.

Dépêchez-vous !

Demain est le dernier jour !

Tout.

Commence.

L'argent d'abord.

On t'appelle Babba [idiote]

mais t'es finaude comme minette.

Approche.

Doucement, doucement.

Tout.

Doux Jésus.

Tu es une statue.

Tourne-toi.

Je te veux, tout de suite ! Combien tu prends ?

Cochon !

Le spectacle est terminé.

Lavez-vous les mains d'abord.

Plus ils en veulent, plus ils sont nuls.

Des meurt-de-faim !

Beata, première.

Je dois faire les profils ?

Oui.

Droite.

Gauche.

Centre.

Beata... Pourquoi un nom aussi religieux ?

Maman et papa n'en avaient pas d'autre ?

Je suis fille de la Vierge Marie.

Je suis née chez les sœurs.

Compris.

Tu as quel âge ?

Je ne sais pas.

Peut-être 15, ou 18.

Je ne m'en rappelle pas.

Je ne sais compter que jusqu'à 10.

Fiancé, mari, parents ?

Je n'ai personne, je dors au couvent.

Comment as-tu trouvé l'argent ?

De Don Gino, le percepteur.

Il m'a mirée nue et il m'a payée.

"Mirée" ? Ça veut dire quoi, "mirer" ?

Il m'a regardée, c'est tout.

Il t'a regardée nue ?

Il t'a forcée.

Non.

Je fais le ménage.

Les maisons, les magasins.

Je lave les malades

et à chaque fois, quand ils me payent,

ils demandent de mirer.

Les jambes ou la poitrine.

Tout.

Mais je ne les laisse jamais toucher.

Alors, ce matin, pourquoi tu ne m'as pas laissé te regarder ?

Si tu n'avais pas l'argent ?

Vous ne me l'avez pas demandé.

Joue la peur.

– La peur ? – Oui.

Tu veux bien devenir actrice, non ?

Si vous m'aidez, oui.

"Après tout, demain est un autre jour."

Quel genre de films tu préfères ?

J'aime bien les films romantiques

où tout le monde s'embrasse

et où les fins sont toujours heureuses.

Tu saurais faire une scène d'amour ?

C'est tout ?

"C'est tout ?"

Tu voulais faire La Charge de la brigade légère ?

De toute façon, tu es photogénique.

– Ça veut dire quoi ? – Ça veut dire que tu es belle.

Tu peux être belle.

Diantre, regarde-moi cette manne de cheveux.

Toi.

Sur la pellicule.

Tu peux être ravissante.

Tu peux me croire.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je vais te dire ce qu'il y a.

– Vous faites quoi ? – Ne t'inquiète pas.

Bouge pas.

Attends, je vais filmer un peu plus.

Qu'est-ce que je fous ?

Va-t-en, il n'y a pas besoin.

Alors je n'étais pas bien ?

Tu étais magnifique.

Maintenant va-t-en.

– Et l'argent, vous n'en voulez pas ? – Va-t-en !

Dans un mois, tu auras la réponse de Rome. Va-t-en !

Merci beaucoup.

Elle est belle.

Tu es tellement belle.

Beata, tu sais que tu es une beauté ?

Quand est-ce que tu viens au théâtre ?

Dépêchez-vous, la route sera longue.

Vous savez ce qu'il se passe ?

Monsieur Morelli ?

Nous aurions une requête à formuler.

Pardon.

Faites place.

Merci.

Un homme d'honneur. Le plus grand !

Don Mariano Guarnero, de son vivant, n'a jamais,

jamais autorisé qu'on le photographie.

Même pas un portrait.

Vous seul

aurez cet honneur.

Mais je ne fais pas de photographies, je fais des films.

– On ne le verra pas ? – Si.

Et alors ?

Alors, Dieu du ciel, faites, faites !

Les parents, je les fais aussi ?

Jamais ! Juste lui.

Lui seulement. Toujours lui.

Son visage, son corps, de près, de loin.

Toujours lui, et lui seulement.

Allons, tout le monde, levez-vous.

Madame Maria, nous reviendrons après.

On dirait qu'il dort.

Pas assez de lumière. On ne pourrait pas ouvrir un peu ?

Il sera laid ainsi.

Moteur.

Quel visage, bordel.

Ceci est le plus beau film

que vous ferez de toute votre vie.

– Combien pour votre peine ? – À vous de voir.

Très bien.

Quand le film sera prêt, envoyez-le au maire de Scaridizzi,

marqué "personnel" et scellé avec de la cire.

– N'oubliez pas. – Ne vous en faites pas.

Merci.

Quelle grande perte. Mais quelle perte !

Ne m'en parlez pas.

Monsieur Morelli !

Venez, venez, asseyez-vous.

Faites donc une partie avec nous.

Une demi-heure et vous serez au lit.

Quelque chose de tout à fait léger.

Voyons ça.

Couleur.

Même un full !

Je suis navré, messieurs. Je vous offre une revanche ?

"Faites une partie" !

Je vais vous montrer, "une partie" !

"Je vous offre une revanche" !

Qu'est-ce que tu fais là ?

Vous m'avez dit l'autre jour

que j'étais photographique.

– Allez, va-t-en. – Je viens avec vous à Rome !

Comme ça, je n'aurai pas à attendre un mois pour être actrice.

Allez, retourne chez toi.

Je jure que je ne vous dérangerai pas.

Je vous aiderai. Je laverai vos vêtements.

Je ferai la cuisine.

Vous êtes seul.

Retourne chez toi ! Ça change quoi, que je sois seul ?

Et si vous voulez, je vous ferai mirer.

Tu es folle ?

Et je vous caresserai.

Tu n'as pas honte ?

Si tu commences comme ça, c'est pas actrice que tu vas faire !

Pardonnez-moi.

Je ne pense pas à mal.

Tu seras actrice si c'est ton destin, sinon tu feras le trottoir.

Ne fais plus ça.

Ne le fais plus.

Alors, vous m'emmenez à Rome ?

Pourquoi je ne t'y emmènerais pas ?

Parole de Joe Morelli.

Si l'audition est bien.

Et l'audition est bien, tu peux me croire.

Je reviendrai et je t'emmènerai, OK ?

Sors ici. Il vaut mieux qu'on ne nous voie pas ensemble.

Je vous fais honte ?

Mais que dis-tu !

Tu ne sais pas ce que tu dis.

Embrasse-moi, allez.

Je pourrais être ton oncle. Va, maintenant.

Comme vous voulez.

Allez, allez, je vais faire de toi une grande actrice, ne t'en fais pas !

Je viendrai pour toi en Cadillac.

Une fille de la Vierge Marie !

C'est une lubrique, la petite orpheline !

Revenez vite.

Oui.

Je vous attendrai.

C'est ça, c'est ça.

Je ferai tout ce que vous voudrez.

Ne t'en fais pas !

Ne me laissez pas ici !

Je suis bête. Je suis trop gentil.

J'aurais pu en profiter.

Ouvrez, c'est moi !

Arrête et va-t-en ! C'est mieux pour toi.

Mère Supérieure, où dois-je aller ?

Va avec l'homme des films. Dévergondée !

Camion de merde.

Maintenant tu abandonnes ?

Complètement foutu.

Va te faire foutre et toutes les Fiat avec.

Monsieur ?

Monsieur, vous avez besoin d'aide ?

Pardonnez-moi, madame, mais où allons-nous ?

Il n'y a personne ici !

Ne vous en faites pas, Antonio va réparer votre voiture.

Entendu, mais qui est ce...

C'est quoi encore, cette musique ?

– Le fourgon de Mr. Morelli, jetez-y un œil. – Certainement, madame.

Pardonnez ma curiosité.

Qui est-ce ?

Le Prince de Monteiuso.

Mon mari.

Je suis désolé.

Cette ville est la sienne.

Une fois par mois, il y vient et reste toute la journée.

Le reste du temps, il ne quitte pas le château de Monteiuso.

Beau brin de dame.

Nobles sûrement, mais on ne sait jamais.

Antonio, quand pensez-vous qu'il sera prêt ?

Dans quelques heures, madame.

– Mr. Morelli ? – Oui ?

J'ai parlé de vous à mon mari

et nous aimerions que vous dîniez au château ce soir.

Ce soir, en fait...

Je dois m'en aller.

Dommage.

Alors... bon voyage.

Vous avez beaucoup voyagé.

C'est beau de voyager.

Vous n'avez pas voyagé depuis longtemps ?

Hélas.

Vous avez vraiment connu toutes ces femmes ?

Oui.

– Comment est Rita Hayworth ? – Grande.

Vous n'êtes pas d'ici, n'est-ce pas ?

Depuis combien de temps êtes-vous mariée ?

Restez avec nous.

Je répondrai à toutes vos questions.

Mais le Prince...

Prince de Monteiuso, première.

Prince !

Dites quelque chose.

Je vous en prie, Prince.

Prince !

Buvez. Buvez quelque chose.

Buvez à ma santé.

Pardon...

Mais qu'êtes-vous ? Un metteur en scène ?

Voilà la nouvelle aristocratie !

Le cinéma et les charlatans.

Ma femme et moi sommes très fiers

de n'avoir jamais posé un pied

dans une salle de cinéma.

Non, Prince. Pardon.

Je ne fais pas vraiment des films.

Non.

Je cherche des visages.

Un dur labeur. Mais vous me comprenez, vous êtes riche !

Oui, tout ici est à moi.

Était tout à moi.

La guerre a tout détruit.

De la Sicile, ils ont fait de la bouillie.

Et aussi de mon patrimoine.

L'unique chose qu'il me reste,

c'est elle.

Ma seule et unique joie.

Et mes illusions.

Voici où est parti mourir mon argent, attendez.

Vous n'allez pas y croire.

D'autre part, personne n'y a jamais cru.

J'ai acquis ceci d'un architecte finlandais.

Un génie !

Il voulait construire le pont de Messine.

Sur le détroit

qui unit la Sicile à l'Italie.

Mais il n'a trouvé que portes closes, ignorance et méfiance.

Un rêve séculaire.

Mais personne n'a voulu le réaliser.

Seule une chose peut être réalisée.

Ceci.

Vous avez perdu la tête ?

Merde. Ça ne marche jamais.

C'est loin Messine ?

Pas si loin que ça, fillette.

Mais je m'arrête à Mussari.

Que vas-tu faire à Rome ?

– Trouver mon fiancé. – Un chanceux !

Arrête-toi !

Attends-moi, Joe !

C'est moi !

Qu'est-ce que tu veux, gamine ?

C'est une blague ?

Enfoirés, voleurs, criminels, salopards,

bandits, ordures, bouseux, mendiants,

salopes, maquereaux !

Vous êtes où, nom de Dieu ?

À l'aide !

C'est bon d'avoir Joe Morelli ici !

Tout le monde lui cire les pompes.

Et maintenant

que Joe Morelli a besoin d'aide,

vous êtes où, merde ?

Apprenez vos manières, bande de salopards.

Allez vous faire voir.

Regarde les belles mines qu'il y a par ici.

Elles sont très connues.

Le paysage est fantastique.

Je vais le photographier.

Je veux le photographier lui, aussi. Il a un visage intéressant.

Beau visage. Beau visage.

Fais une belle photographie.

Vous faites quoi ?

Je fais un rapport sur les Siciliens.

Qu'est-ce que ça peut me faire ? Je suis romain.

Mais vous avez un visage très intéressant.

Vous voulez un nu, tant que vous y êtes ?

Ils ont les nerfs en pelote, les Siciliens.

Tu veux quoi, toi ? Est-ce que je te parle ?

Mr. Morelli !

Alors je me le coltine aussi, lui ?

C'est le destin, vous savez. C'est le destin, Mr. Morelli !

– Où allez-vous, Mr. Morelli ? – À Mussari, je vais à Mussari.

Ah, Mussari !

Je dois vous remercier.

Mr. Morelli, j'ai trouvé le courage de partir !

Vous savez où je vais ? À Messine !

Et puis de Messine...

À Busto Arsizio !

Bien, très bien.

On ne peut pas rester ici.

Vous avez vu l'homme au fond ?

Mirez-le, mirez-le.

C'est Bonocore, le greffier de la commune de Realzisa.

Il avait un fils mongolien.

25 ans de martyre, le pauvre !

Hier matin, il s'est réveillé,

l'a embrassé,

et lui a tiré une balle dans la bouche.

Maintenant, ils vont dire qu'il est fou.

Qu'y a-t-il, Mr. Morelli ?

On vous a pris quelque chose ?

Non, il ne manque rien.

Il ne manque rien, je suis juste un peu fatigué, vous comprenez.

Tant mieux.

La police a su tout de suite qui avait fait le coup.

Des professionnels de l'arnaque.

Pas la même filière que le cinéma.

Vous n'allez pas y croire, mais avec les ruines de la guerre,

ils ont fait fortune,

le Prince et la Princesse !

Mr. Morelli, nous n'avions jamais réussi à les arrêter.

Si le pompiste et votre petite amie n'avaient pas été là...

La pauvre. Ils l'ont un peu... maltraitée.

Mais pas gravement.

Joe !

Encore des voleurs ?

Allez-vous-en !

C'est interdit de mirer ?

C'est interdit, oui. On ne regarde pas, et on ne touche pas.

On est pas des voleurs, on est avec les chrétiens démocrates.

Je m'en fous, d'accord ?

Voleurs et bandits !

– Faites attention à ce que vous dites. – Pourquoi ?

Laissez-le ! Mon fiancé a une fièvre nerveuse.

Fiche-moi la paix. Compris ?

Fiche le camp !

J'étais déjà en chemin pour Rome.

Rome ? Pourquoi ?

Pour vous trouver et devenir actrice de cinéma.

Dieux du ciel.

Je suis allée à la police pour vous !

Si je n'avais pas été là, vous auriez tout perdu,

vos machines de cinéma !

Et ils m'ont frappée !

Vous me remerciez comme ça ?

C'est comme ça que je remercie ceux qui devraient se mêler de leurs affaires.

Leurs affaires !

Qu'ai-je fait pour mériter ça ?

Allez, arrête de pleurer.

Essuie-toi le visage.

Souffle. Souffle !

Tu es folle ? Qu'est-ce que tu fais ?

Tu n'aimes pas ça ?

Tu ne sais pas embrasser.

Tu ne sais pas embrasser ?

Je t'apprends ?

Que tu es belle.

Vous êtes beau aussi.

Ne me dis plus "vous".

Tu me fais sentir vieux.

Ouvre.

Ouvre les jambes.

Je ne te ferai pas mal. Ouvre.

Calme-toi, je ne te ferai pas mal.

Tu aimes ?

Citoyens de Treportoni !

Les studios Universalia de Rome

saluent chaleureusement votre belle terre de Sicile.

Hommes, femmes, jeunes, vieux, enfants...

Accourrez !

Le succès vous attend !

Sortez de vos maisons !

Ouvrez vos fenêtres !

Les gens ici ont résolu le problème.

Ils se sont suicidés en masse.

Regarde !

Quoi ?

Quelqu'un nous appelle.

Venez ! Ils sont tous là.

Il n'y a personne au village.

Il n'y a personne au village, ils sont tous là !

Venez voir !

Ils sont là !

Il n'y a personne au village, ils sont là !

Ils sont là, venez voir.

Ils font quoi, la révolution ?

Mieux que ça. Ils reprennent la terre !

Joe, il faut filmer ça !

Pêcheurs de Collemare,

votre succès est arrivé !

C'est l'homme des films !

Le miracle de la richesse !

Vous savez combien peut gagner un acteur ?

Vous le savez ?

Cent millions l'année !

Calogero Destino, première.

Profil droit.

Profil gauche.

Profil central.

Action.

Je suis un peu nerveux.

Ne t'inquiète pas, tu as du talent !

Quand derrière le visage il y a du talent,

il n'y a pas de problèmes.

Détends-toi.

"Scarlett, je... Scarlett..."

"Scarlett..."

Je suis un peu nerveux.

"Je suis un soldat du Sud."

"Et pas..." Et merde.

Allez, Calogero !

Pardonnez-moi, professeur.

Arrêtez la caméra, je me suis fait dessus.

J'étais un peu nerveux.

Viens ici, il faut que tu payes.

Viens ici et paye-moi.

Le maréchal veut vous parler.

Ah, ce n'est pas que le maréchal veut faire des films, si ?

Dis au maréchal que je suis à lui dès que j'ai fini.

Continuons ! À qui le tour ?

Qui veut essayer ?

Tu as déjà fini ici.

Qui est-ce ?

Content de te revoir, brigadier.

Maréchal, s'il te plaît.

J'ai été promu.

Toi, par contre, tu es tombé.

Joe Morelli, au nom de la loi,

je te déclare en état d'arrestation.

C'est une blague ?

Joe, que se passe-t-il ?

Giuseppe Morelli, né Romolo,

né à Albano le 18 août 1913.

Vous avez été condamné pour vol, effraction,

fraude, vol à main armée,

– et pour avoir joué de l'argent, – C'est faux !

à sept ans et quatre mois de prison.

Émigré clandestinement aux États-Unis en 1947,

déporté pour proxénétisme,

subséquemment engagé comme responsable de l'équipement...

Silence !

pour la production du film Quo Vadis,

puis licencié pour contrebande de cigarettes et de drogue

au bénéfice de l'équipe de tournage.

Va-t-en !

Joe, ne me laisse pas !

Ne me laisse pas !

Allez-vous-en !

Les studios Universalia n'ont jamais entendu parler de toi.

Tout ton équipement est volé.

Et ta pellicule est périmée depuis des années.

– Allez. – À vos ordres.

Signe ici.

Entre toi et moi, maréchal...

On parlerait mieux en privé.

Ça, c'était privé.

Pour mon audition.

Est-ce que je te l'ai demandée ?

Tu me l'as demandée.

On me dit "vous", Morelli !

Vous me l'avez demandée. D'accord comme ça ?

C'est vrai.

Tu as raison.

Nous sommes pathétiques...

Les jeunes filles, les fermiers, les étudiants...

Et même les carabiniers !

Il suffit que quelqu'un nous promette

le succès ou la richesse, et on tombe dans le panneau.

Renvoyez la fille chez elle.

Elle n'a rien à voir avec ça.

Je suis un pauvre bougre, maréchal.

J'ai honte de moi.

Tu fais honte parce que tu es un crétin, Morelli.

Vous profitez que j'aie les menottes ?

Non, non.

Morelli...

Ils se sont tous confiés à toi.

Ils t'ont donné

leur sincérité.

Peut-être qu'ils ne le feront plus jamais de leur vie.

Et toi, tu n'y as rien compris.

Ils t'ont fait confiance, Morelli.

Je t'ai fait confiance aussi.

Et toi, tu ne pensais qu'à l'argent.

Je croyais que votre boulot était

de chercher la vérité.

Pas de...

Pas de faire des sermons.

La vérité !

Les gens sont plus à même de dire la vérité devant une caméra

que devant une paire de menottes !

Mais...

Si la caméra

est vide...

Hein, Morelli ?

Maréchal, regardez.

Que veulent-ils ?

Que faites-vous là ?

Hors de la route, s'il vous plaît.

Bonjour, maréchal.

Nous voudrions vous toucher un mot.

Voyons ça.

Vous voulez ma ruine ?

Quelle chaleur.

On dirait que l'été est revenu.

Excellence, il y a un bar juste là.

Vous venez prendre un café glacé avec moi ?

Faisons ça vite.

Allez.

Arrêtez-le ! Ne le laissez pas s'échapper.

Tu n'iras nulle part, salopard.

Faites-lui cracher ses tripes !

Laissez-le !

Laissez-le !

Ça t'apprendra à jouer avec l'honneur des morts.

Réveille-toi, ouvre cette grille !

Bouge-toi, Turiddu, j'ai sommeil.

Quel casse-pieds.

T'as de la veine que ç'ait été que deux ans, Joe !

Salue ta petite amie de ma part, Joe.

À qui je donne ça ?

Au magasinier.

– Bonne chance, le Romain. – Merci.

T'as fait dormir des animaux dans mon camion ?

Tu voulais un loyer ?

Il voulait un loyer !

Fais payer celle qui y a dormi et mangé pendant six mois,

dans ton camion !

Qui ça ?

Comment elle s'appelait, déjà ?

L'actrice !

Comment elle s'appelait, ta copine ?

Comment le saurais-je ?

Elle ne faisait que répéter que le camion était à elle.

Elle gardait la bouche fermée !

Fermée ? Elle la gardait pleine !

Toujours pleine !

Je peux vous aider ?

Pardon, jusqu'à...

deux ans de ça...

Il y avait un couvent ici.

Il n'y a plus de couvent.

Cela fait... plus d'un an maintenant.

Tu m'as volé mon argent.

Que veux-tu ! Celui de demain est meilleur.

Mais, ce n'est pas Mr. Morelli ?

Non, je ne suis pas un Monsieur.

Que voulez-vous ?

Je cherche Beata, la fille du couvent.

Celle qui venait toujours voir des films ici.

Ah, oui !

La fille de la Vierge Marie.

Qui sait ?

Elle est partie quand vous...

Enfin, depuis...

Personne ne l'a plus revue.

Vous n'avez pas une petite idée ?

Pas la moindre.

Et même si je le savais,

je ne vous le dirais certainement pas.

Ça vaut pas la peine...

Écoutez, je n'ai pas une lire.

Mangez et profitez,

Mr. Morelli.

Il y a assez de place au paradis pour les deux d'entre nous.

Beata est chez les fous.

Entrez.

Vous êtes un ami, d'accord ?

Ne causez pas de problèmes.

Remerciez le directeur.

Moi, je ne vous aurais pas laissé la voir.

Beata, c'est Joe.

Joe est mort.

C'est faux, regarde-moi.

C'est moi.

Je t'emmène ?

À Rome ?

J'y ai été, à Rome.

Pendant des années

et des années.

Quand j'étais riche.

Et photogénique.

J'avais tant de bagues.

De colliers, de robes.

Une voiture américaine.

L'Amérique !

Tout ce qu'il me manquait.

Ma villa

avait une trop grande baignoire.

Joe

l'appelait la piscine.

Nous avons vu le monde, Joe et moi.

Et puis

ils nous ont séparés.

Et Joe est mort.

Tu as raison.

Je ne suis pas Joe.

Mais

j'étais son meilleur ami.

Il m'a envoyé te voir.

Vous avez une cigarette ?

Tu as pris un vice ?

Je suis content.

Ça veut dire que tu vas mieux.

Vous voulez la fumer ?

Écoute.

J'ai parlé à Joe avant qu'il meure.

Il m'a demandé de te chercher et de te dire une chose.

Que tu es la seule femme que...

qu'il ait vraiment aimée.

Il m'a dit de te dire

que quand vous étiez ensemble, il ne le savait pas.

Parce qu'il est lent pour comprendre les choses.

Pauvre Joe...

Il était beau, Joe.

C'était un salopard, Joe.

C'est mieux que vous vous soyez perdus.

Qui sait quelle sera notre fin ?

Ça suffit. Dehors.

Écoute.

Écoute-moi bien.

Maintenant, je vais chercher un travail.

Quand j'aurai de l'argent, je reviendrai.

Je te le promets.

Et je m'occuperai de toi.

Tu es contente ?

Je te ferai guérir.

Je t'emmènerai d'ici, et si tu veux nous vivrons ensemble.

Je vais m'occuper de toi.

Merci.

"Les années m'ont échappé."

"Elles m'ont échappé et j'ignore où elles sont parties."

"Et maintenant que

j'ai 80 ans,

j'appelle les vivants, et

les morts me répondent."

Une nonne s'en fut à la fontaine,

Il fallut bien qu'un moine s'en vienne,

Le vent s'en mêla qui les mit nus,

Et de la nonne fit voir le cul.

"Après tout, demain..."

"Demain..."

Demain je me tuerai !

"Scarlett, dois-je attendre ton absence pour pouvoir t'embrasser ?"

...que nos parents se sont mariés en 1923.

L'année d'après, je suis né.

En date du 18 février.

Mariano...

Il a été tué par la mafia.

On l'a trouvé avec la tête enfoncée dans une meule de foin.

"Après tout, demain est un autre jour."

Je dois faire la musique aussi ?

Ils nous ont mis en ligne

et les mitrailleuses se sont apprêtées à tous nous tuer.

Ils nous ont demandé si l'on se battrait à leur côté

et on a tous dit "non !"

"Je suis un soldat du Sud qui vous aime !"

"Envoyez-moi à la mort

avec un doux souvenir."

"Car ma façon de faire jouir une femme, sans mentir,

n'est égalée par nul autre."

"En toute modestie, avec moi,

deux coups, et c'est fini."

"Nous pendrons le dernier roi avec les boyaux du dernier pape."

Nous trois, on vit encore.

Tout le monde nous déteste.

La mafia, l'Église, les flics, les monarchistes, les fascistes,

les socialistes, les séparatistes, les démocrates,

les communistes et les libéraux.

Mes mains paraissent avoir 60 ans

mais j'en aurai 30 en mai.

Personne ne m'épousera

car on dit que j'ai couché avec les Américains.

Je suis désolé, je ne sais pas être heureux.

Cinquième régiment de ma vie...

Cinquième régiment

de ma mort.

Aujourd'hui nous n'avons plus honte

d'être italiens.

Nous en sommes fiers !

Il voulait construire le pont de Messine.

Sur le détroit

qui unit la Sicile à l'Italie.

Mais il n'a trouvé que portes closes, ignorance et méfiance.

"Où vous pourriez voir les gens dans leur douleur

qui ont sacrifié l'orgueil

de l'intellect."

Je veux m'en aller, je veux m'en aller.

Parfois, je regarde les étoiles

et je parle.

Le monde existe-t-il vraiment ?

Je ne crois pas que le monde existe,

je crois qu'il fait semblant.

J'aime bien les films romantiques

où tout le monde s'embrasse

et où les fins sont toujours heureuses.

~ Traduction et synchronisation : Ywan Cooper ~

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