All language subtitles for Le Prix Du Passage (2022).1080p.WEB.x264.AAC-YTS.FR

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Original subtitles

- Retire ton caleçon et tes chaussettes.

- T'es sûre ? - Ouais, trois jours sans te laver !

- Maman... - Allez !

Tu vas voir, c'est rien. - S'il te plaît.

- Enzo, un peu de courage, s'il te plaît. Allez !

- Mais ça va pas ? T'es folle, elle est froide !

- Oh, Enzo...

Elle râle. - Non ! C'est trop froid.

- Bon, OK. On oublie la douche pour cette fois.

Enfile ça. Tu vas attraper la mort.

Mais c'est quoi, ça ?

C'est quoi, ce petit ventre ? C'est quoi, ce ventre ?

Allez, viens.

On frappe.

- Delgarde ? C'est Besnard. (- Chut ! Putain...)

- Delgarde, ouvre.

Besnard tambourine.

- Je pars pas d'ici sans mon loyer.

Besnard frappe.

Delgarde ?

Un chien aboie.

Delgarde ?

Merde...

? "Posti Segreti"

- Tu accanto a me

Mi sfiori la mano Ti lancio un sorriso

Sei qui vicino a me

Sembra talmente evidente che in fondo anche io

Ho bisogno di te

E tu

Hai bisogno di me

Tu mi canterai

Una vecchia canzone

La sussurrerai

Les CRS déclenchent leur sirène.

- Waouh, t'as vu ? Ils vont où ? - Je sais pas.

Des cris s'élèvent.

- Avance !

- Ca va pas ?

T'es malade ?

Les fuyards parlent arabe.

- Ils font quoi, maman ?

- Pff... Le ménage.

Brouhaha agité

Allez...

Elle fait vrombir le moteur.

Des sirènes de police approchent.

Un poids lourd klaxonne avec véhémence.

Les mouettes criaillent.

De l'eau ruisselle.

- Vous voulez de la soupe ?

- Je te donne pour lui, tu lui donneras.

- Bon appétit.

- Merci.

- Et voici.

- Ah non, là, s'il me vire, je suis dans la merde.

Et je m'inquiète pour Enzo.

Il dit rien, mais ça le stresse. - Ca va, il en verra d'autres.

Bon, j'y vais. - OK.

- Bonjour.

- Oh, t'es fatigant ! C'est fini.

- Vraiment,

c'est quand ça t'arrange ! - Allez, oust ! J'ai du travail.

- C'est ça, ouais !

- Je vous sers quoi ?

- Deux thés noirs, merci. - C'est tout ?

(Ils parlent arabe.)

- Euh... ca, c'est poulet, ça ?

- Non. Ca, c'est... crudités-fromage.

- Deux, s'il te plaît.

- 9 euros 30.

Il manque un euro, là.

- Tu sais où c'est possible de se doucher, avec mon cousin ?

- Quoi ?

- Tu sais où je peux me doucher avec mon cousin, dans le coin ?

- Non, aucune idée.

Les tasses tintent.

- Madame ?

Tu peux charger notre téléphone ?

- C'est un euro, ça.

- Ca, un euro ? - Mhm.

- C'est le dernier.

- C'est 20 euros.

- Mhm ? - Pour la douche.

Pour la prendre chez moi, c'est 20 euros.

- Non, 10 euros.

C'est trop cher, madame. 10 euros.

- Non, 15.

A prendre ou à laisser.

Et ça sera le soir, après le service.

Les mouettes criaillent.

Enzo sonne.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Ca va, mon coeur ? - Y a des poux à l'école.

- On n'a plus d'eau chaude. On peut prendre un bain ?

- Bien sûr. - T'inquiète.

On reste pas. - Ca va, t'es chez toi.

*- C'est important, de récupérer un lit d'enfant.

- C'est quoi, le problème de la chaudière ?

- Je sais pas. Pff... Elle marche plus.

Je suis pas plombier. - Vous allez faire comment ?

Sans eau, sans chauffage, en hiver...

Le petit était gelé, en arrivant. Toi aussi, t'es gelée.

On était bien, à trois. - Non !

Toi, peut-être. Moi, j'ai besoin d'air.

- Je sais pas, c'était plus simple.

- Arrête de t'inquiéter pour Enzo. Je suis sa mère, je gère.

J'ai besoin de temps.

*- C'est par ici !

*- C'est lui. - Allez, on y va.

Allez ! Debout, Enzo.

- On reste pas pour manger ? - Non.

On va chez le Chinois. - Non !

- Il me fait crédit, je le charme.

- C'est bête, j'ai fait un gratin. - Super !

J'en ai marre, des nouilles. - Voilà !

- Non ! On reste pas dîner, non. Allez, grouille.

- Pourquoi on dîne pas ? J'ai faim. - Enzo, tu te lèves.

- Mais j'ai faim ! - Enzo, obéis.

Viens mettre ta doudoune. - Non !

Enzo, ça suffit. - Non !

- On rentre. - Laisse-moi !

- Là, tu me soûles. Tu mets ta doudoune.

- Je veux du gratin. - Enzo !

- Arrêtez de vous chamailler !

- On reste.

- Pff... Allez, super.

Merci, maman.

- Quoi ? Ca va être de ma faute ?

Mettez la table. C'est prêt dans dix minutes.

Les poids lourds grondent.

Le chauffeur klaxonne.

Walid crie.

Un chien aboie et grogne.

Sami gémit.

La sonnerie tinte. - File.

- A tout'. - A tout'.

- Allez, Enzo. On se dépêche. - Bonjour.

- Ah, voilà !

C'est bon pour la fuite.

- Ah ! - La chaudière est morte.

Tout est rouillé. Faut la changer.

- T'es sûr ? - Sûr.

- Oh, non ! Non...

- Y en a pour combien, là ?

- Bah, je dirais 1 500, 2 000 max. - Quoi ?

Attends, mais je peux pas payer ça, moi.

Je dois déjà deux mois de loyer à Besnard, ma mère payé la cantine.

Putain ! Non...

Fait chier !

Tu me prêtes de la thune ?

- Nat, et pourquoi tu reviens pas vivre avec moi ?

On se marrait bien, non ? - Ouais, non. Non.

Fini les conneries. Ma priorité, c'est Enzo.

- Il a qu'à habiter chez ta mère, elle demande que ça.

- Oh, non... Arrête ! T'es lourd.

Bon, tu peux ou pas ? - Non, j'ai rien. Je suis à sec.

- Pff ! T'es vraiment trop nul. Qu'est-ce que je foutais avec toi ?

*- Le 2e essai a réussi !

? Le Français Franky Zapata a réussi l'exploit

? de traverser la Manche debout, sur son flyboard. Dimanche,

? il a volé à 20 mètres au-dessus de la mer en 20 minutes seulement.

? Il a relié Sangatte à Douvres, en Angleterre.

Les mouettes criaillent.

- Regarde, à nouveau un manque de 26 euros.

Et encore 15,50 euros.

Là, 22 euros. Ca continue des semaines.

- J'allais te le rendre. C'est un emprunt.

- Prends-moi pour un con !

- Fallait pas me refuser mon avance. J'étais dans la merde.

- Dehors et tu reviens plus. - Tu fais quoi, là ?

- Dehors ! - Oh ! Tu vas me payer mon mois.

- Oust ! Tu t'es assez servie, non ? - Je peux dénoncer tout mon black.

- Dégage ! - Hé, tu sais quoi ?

Va bien te faire enculer, va, sale bâtard de merde !

Connard !

C'est bon, c'est bon, c'est bon. Ca va.

Ah, c'est pas ma semaine.

Qu'est-ce que tu veux ? - Je viens pour la douche.

Tiens.

- Vas-y, monte.

T'es quoi ? T'es afghan ? - Non, je suis irakien.

- Ah bon ?

Vous êtes pas tous afghans ?

- Eh ben non, je suis irakien, de Mossoul.

- Et alors ? Tu veux passer en Angleterre ?

C'est con, non ?

Tu fuis la guerre là-bas et tu risques de crever ici.

Y en a encore deux qui sont morts en traversant la Manche en canot.

En plein hiver, aussi !

Walid pousse de petits cris.

(Il jure en arabe.)

Walid entre.

- Oh, putain...

- C'est pas l'eau chaude, en fait ?

- Vas-y ! Répare la chaudière, te gêne pas.

- Mais je sais pas faire ça, moi. Je suis étudiant en littérature.

- Tu pars quand en Angleterre ? - J'attends mon frère, Ziad.

On part avec mon cousin, à trois.

C'est cher, le passage. - Quoi ?

C'est combien, un passage ?

- 5 000 euros.

- 5 000 ?

Par personne ? - Mhm.

- Tu te fous de moi ? - Non. Ca, c'est passage VIP.

Si tu veux passer avec le bateau ou le camion, c'est moins cher.

Mais c'est pas sûr que t'arrives.

- Putain !

Tss ! Y en a qui s'emmerdent pas, quand même, hein !

Toi, t'as l'argent ?

T'es plus riche que moi, en fait ! - Non, j'ai pas l'argent.

Tu as un enfant ? - Ouais.

- Comment il s'appelle ? - Enzo.

- C'est joli. Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Bah, rien ! T'as de ces questions !

C'est italien.

- Ah, t'es italienne ?

- Non. Non, mais j'adore l'Italie.

(Accent italien) Napoli, Roma, Sicilia.

Come si chiama la signorina ?

Mi chiamo Natacha.

- T'y vas souvent ?

- Bah non ! J'ai jamais quitté la région.

- Et pourquoi ?

- Bah, je sais pas.

- T'en retrouveras, du boulot. T'inquiète. Tu sais où chercher ?

- Ah non ! Je sais pas du tout.

Je pourrais devenir mannequin. Enzo rit.

- Bah, quoi ? J'ai ce qu'il faut.

- L'agence te reprendrait peut-être. - Ah ouais, non merci !

- Bah, faudra faire un effort. - Oh, maman...

Passer le balai à 3h du mat' ou torcher le cul des vieux, ça va !

- Y a pas de honte à ça, hein. Torcher les vieux...

Comment j'ai fait, pour t'élever seule ?

- Toi, c'est toi. Je suis pas toi. - Ca, on s'en était aperçu !

- Vas-y, laisse tomber ! OK ?

- Maman ? - Mhm ?

- On fête mon anniversaire au bowling !

- Tu m'expliques ?

- On surveillera en buvant un verre.

C'est sympa. Non ?

- On ira à la foire aux manèges.

- T'en parlais plus. - Ah ouais, OK...

Je t'en parle plus donc tu décides sans m'en parler.

J'existe pas, en fait, c'est ça ? - Arrête ton cinéma ! On t'en parle.

- Putain...

Qu'est-ce qu'il y a ? Hein ?

- Rien.

Ca te dit,

le bowling, toi ? - Ouais.

- Bon, bah... OK.

J'avais pas la thune, pour la foire.

Je t'ai pas demandé, t'as des devoirs ?

- Ben ouais, je crois. - Oh...

Oh, non ! Ta maîtresse, elle va encore me faire chier.

- Je les ferai demain.

- Tu les feras sur le trajet de l'école.

- Ben, t'es sûre ?

Tu vas retrouver un travail ?

- Evidemment que oui !

- On va pas repartir avec Eric, hein ?

- Non.

Non, je vais pas repartir avec Eric. On se quitte plus, toi et moi.

- OK...

Sinon, je le bute.

Elle rit.

- Allez, couche-toi.

Je vais mettre ça, aussi.

Bonne nuit, mon grand.

- Bonjour. - Bonjour.

- Vous cherchez pas une serveuse ?

Merci.

- Bonjour ! Vous cherchez pas une serveuse ?

- Non. - Non ? Sûr ?

OK... Merci.

Oh, non, non...

- Allô ? *- Allô ? Enzo est avec toi ?

- Bah oui ! Il serait où ?

Soupir

Allez ! Sois gentil, parle-lui.

- Allô ?

- Je cherche du taf, j'ai pas vu l'heure.

? Je suis désolée.

- C'est pas grave. La maîtresse a appelé mamie.

- T'es pas fâché ? *- Je suis pas fâché.

? Je peux dormir ici, ce soir ? - Non ! Je viens te chercher, là.

*- S'il te plaît. Demain, y a pas école.

- Ca te ferait plaisir ? *- Ouais.

- OK, OK. *- Merci maman ! Bisous, au revoir.

- Bisous.

Déclics successifs de briquet

Putain...

Des câbles tintent au vent.

Putain, mais y a rien...

Une corne de brume s'élève.

? "Dlin Dlon" Ohmaroo

Le camion klaxonne.

Waouh !

- Fais le tour !

Les portes se referment.

Les mouettes criaillent.

- Salut. - Comment ça va ?

- Je te cherchais.

J'ai réfléchi à cette histoire de passage.

Je vous emmène pour 2 000 euros. Ca paye ma chaudière.

Qu'est-ce que t'en dis ?

- Tu te marres ?

T'imagines pas, c'est dangereux.

- Bah, si. Je sais.

T'as jamais fait ça. Mhm ? Comment tu vas faire ?

- Planquer un type dans un coffre, ça va !

J'ai connu plus difficile, hein.

- Comment je peux te faire confiance ?

- Je ferai ce qu'il faut.

Pas envie de me faire choper.

Je rêve ou ton pote est pour ?

- J'attends mon frère. Mille euros pour lui.

- Non, non, c'est mort. J'ai besoin de 2 000 balles.

J'en fais passer un ou quatre,

mais pour 2 000.

- Il peut pas plus.

- OK. Bah, tant pis.

Merci.

- Alors ?

C'est bon, c'est réservé.

- Je t'ai envoyé l'endroit GPS où tu le laisses en Angleterre.

Ca, c'est 2 000, Natacha.

Il te les donne en Angleterre.

Si la police t'arrête, faut pas que t'aies le cash sur toi.

- On dirait que t'as été passeur toute ta vie !

- Dis pas ça. Ces gens, c'est des pourris.

- C'est pour quoi, ça ? - Les toilettes.

- C'est mieux qu'il y aille avant. - Non, t'inquiète.

- Allez, on y va.

Walid et Sami conversent en arabe.

Natacha ?

Pense à t'arrêter au parking Leclerc.

Sors, va acheter quelque chose, tu reviens dans la voiture.

OK ? Si la police t'arrête, tu savais pas pour lui.

Ca va aller ? - Ca va !

- Allez...

Natacha démarre.

Son portable sonne.

- Oh, putain...

Allô ? *- Oui, allô ?

- Ah, mon grand ! Ca va ? *- Ca va. Et toi ?

- J'allais appeler Irène, je pourrai pas venir.

*- Pourquoi ? - J'ai un entretien.

- Tu vas voir Eric ? *- Non, je vais pas voir Eric.

? C'est pour trouver du travail. Tu comprends ?

Tu m'en veux pas ?

- Non.

Et mon anniv ?

- Bien sûr que je serai là ! Qu'est-ce que tu crois ?

Soupir Hé...

? T'es avec mamie Irène, là ? Tout va bien, non ?

? T'es sage avec elle, tu promets ? - Je te promets.

- Je t'aime, je t'aime. Je t'embrasse.

Le moteur démarre.

Conversation lointaine

- Avancez ! Allez !

Stop, stop !

- Bonne journée. - Circulez, s'il vous plaît !

- Bonjour. - Madame.

Merci.

Un chien aboie.

Sami halète.

Les aboiements se poursuivent.

- Bonne journée. - Merci !

- Allez-y, madame.

Le moteur vrombit.

Le moteur cale.

- Non, mais c'est pas vrai !

Natacha démarre.

- Bonjour.

- How long do you intend

to stay in the UK? - Pardon ?

- Combien de temps vous resterez

en Angleterre ? - Ah ! Oh...

Euh, juste quelques jours. Je vais visiter.

- All right.

Bon voyage. - Thank you.

Elle rit.

- Ce sera le pont supérieur.

*- Attention, attention.

? It is forbidden to stay in your car for the journey.

? Please head to the passenger areas

? on the upper deck.

? Attention, attention ! Il est interdit de rester à bord

? de votre véhicule. Dirigez-vous vers les ponts supérieurs.

Sami peine à respirer.

Une alarme s'élève.

La corne de brume gronde.

On klaxonne.

...

- Pardon !

Natacha rit.

Le cri de joie de Sami résonne.

- Tes cadeaux sont beaux. Je vais te chercher à boire.

- Mon petit coeur !

Mon amour !

Tu vois que je suis là ? Hein ?

Tiens ! Regarde ce que je t'ai apporté.

- J'en veux pas, t'es en retard. - Oh, non...

Enzo ! Juste un tout petit peu.

Allez, ouvre-le !

Tiens, regarde.

Quelque chose me dit que ça va te plaire.

Alors ? Je le trouve chouette.

Alors ? Il te plaît pas ?

Bon ! OK...

Tu fais la gueule.

T'as tes raisons, mais tu vas pas te gâcher la fête pour ça ? Hein ?

Allez, enfile-le.

Fais voir. Oh...

Mais qu'est-ce que t'es beau ! On se fait un bowling ?

- D'accord. Va chercher une boule. - OK !

- T'étais où ?

- Je t'expliquerai. Tiens, regarde. J'ai même pensé à toi.

- Merci... Ca vient d'où, tout ça ?

T'as pas fait de connerie ? - Mais non !

J'ai eu de la veine, pour une fois.

Allez !

On laisse passer la patronne.

Elle s'exclame.

- Waouh ! - Bravo, madame !

- Eh ouais !

Allez.

Ils s'exclament.

- Non ! - Non !

- Allez !

Oh, attends !

Non... - Ah, dommage.

- Allez !

Elle s'exclame.

Viens là.

Je t'aime si fort.

- Allez !

- JOYEUX ANNIVERSAIRE, ENZO !

- Bon anniversaire, mon coeur.

Natacha halète.

- Natacha !

- Oh, putain ! Tu m'as fait peur. Tiens, aide-moi. Prends ça.

- C'est son anniversaire ? - Oui. Tiens, prends ça aussi.

Elle pouffe.

Mais enfin, pose ça là !

- C'est ton fils, Enzo ? - Ouais.

- Il est beau, félicitations. - Merci. T'en veux une ?

- Merci.

- Pourquoi t'es là ? - Comment ça s'est passé avec Sami ?

- Un vrai jeu d'enfant.

Ce passage a été mon premier voyage à l'étranger.

C'est dingue.

T'es passé par où, pour arriver ici ?

- Turkiye.

Grèce. Macedonia.

Euh... Serbia, Budapest.

Austria. Elle pouffe.

Germany. Calais.

- Waouh !

Qu'est-ce qu'il y a ? Ca va pas ?

- Ziad s'est fait arrêter en Grèce. On lui a pris l'argent.

- Oh...

- Tu peux me donner mon argent ?

- Quoi ?

- L'argent pour Sami, tu me le donnes ?

Elle s'indigne.

- Attends, mais t'es fou ! Pourquoi je te le rendrais ?

- Après, je te rends. - Non, non ! Attends, oh !

Elle s'exclame.

Ca se passe pas comme ça ! On avait un deal.

- Quand je t'ai donné, je savais pas pour mon frère.

- Je t'arrête tout de suite ! J'en ai rien à foutre, OK ?

C'est pas mon problème.

- L'argent, l'argent !

T'es comme tout le monde. - Putain !

- C'est pas la peine. - Vas-y, Walid. OK, c'est bon.

Reviens.

Oh, putain... Vas-y, assieds-toi. On va trouver.

Oh, putain...

Je l'ai plus, la thune, moi.

T'as pas d'autres clients à passer ? - Pas question.

- Pourquoi ? On a besoin de thunes. - C'est dangereux. Là, ça a marché.

- Je peux.

- Non ! Tu comprends pas. Je fais pas ça.

Passeur, c'est dégueulasse. - Où est le problème ?

Tes potes ont besoin de nous. On a besoin de thunes. Facile !

- T'as plus l'argent, toi ? - Non.

- OK, d'accord. Fifty-fifty.

- Non ! Pff ! Jamais.

70-30.

- 60-40. Sans moi, pas de clients.

- Mais sans moi, y a pas de passage.

Moi, je risque gros. 70-30.

- 65-35.

- Deal.

- Deal ?

- Deal.

- T'es forte en négociations.

Allez, bonne nuit. - Bonne nuit.

La corne de brume sonne.

- Voilà, c'est bon. - Ah, c'est super !

Et pour le chauffage aussi ? - Oui, bien sûr.

- Tenez. 1 500. - Merci.

- Génial !

Oh, quel kif !

Ah, quel kif !

- You got in the car at the supermarket. Good luck.

- Merci, maman. Elle est trop belle. - Tss... Elle te plaît ?

- Elle est mieux que celle de mamie. - A ton avis !

Ca va pas rentrer, là. Va baisser la banquette.

Je vous dois combien ? - 300, s'il vous plaît.

- Tenez. - Merci, bon voyage.

- Merci !

- Just take your bag, OK? You'll do that? Good luck.

- See you.

- C'est la dernière fois. On va déménager.

- T'as touché un héritage ? - J'en peux plus, de ce taudis.

Allez, Enzo, là !

L'eau ruisselle.

Alors ? Ca va, c'est cool ?

- Bonjour. - Bonjour.

- Merci.

C'est bon. Bonne journée. - Merci.

Un bébé se met à pleurer.

On tapote à la vitre.

On klaxonne.

Un agent siffle.

- Can you turn it down? Baissez le son, merci.

Baissez le son. - Ah !

Ah ! Ah, mais...

- Baissez le son. - Sorry, it's because...

I love this music.

Natacha baisse un peu le volume.

OK, thank you.

Le bébé pleure et babille.

...

- Oh, je le crois pas !

Le bébé pleure.

- S'il vous plaît !

- Donne-moi le bébé.

- Mademoiselle ! - Give him to me!

- Mademoiselle ? - No, please, please!

- Il faut monter.

- Pardon, fallait juste que je la change.

Le bébé pleure.

Le bébé pleure.

Chut...

- Voilà pour vous, s'il vous plaît.

Bonjour, madame. Merci.

Et voilà. Merci.

Le bébé râle.

Le bébé pleure.

...

Le bébé crie.

- Oh, merde...

Le bébé crie.

Elle vomit.

- Mais calme-toi !

- Comment t'as pu me faire ça ? - Arrête !

- Comment ? Comment t'as pu me faire ça ?

- Calme-toi, calme-toi.

- Comment t'as pu me faire ça ? - Calme-toi !

Attends ! J'avais pas le choix. Je pouvais pas les laisser comme ça.

- Arrête ! Tu fais ça pour le fric.

- Tu laisserais Enzo, toi ?

Tu l'abandonnerais ?

Ton fils !

- Je finirai en taule !

- Sinon, ils se feront expulser. En Afghanistan, ils sont morts.

J'avais pas le choix.

Oui, c'est dangereux. Je te l'ai dit ou pas ?

- C'est ça, ouais !

- Qu'est-ce qu'on fait ? On arrête ?

- J'ai pas dit ça, non.

- Tu veux quoi, alors ?

- Qu'on soit clairs.

Fais pas de trucs dans mon dos.

Tu me dis tout.

- Thank you.

- On y va.

- Et maintenant, je fais quoi ?

- Maintenant, tu mets des épices.

Encore.

- Tu parles bien. T'es là depuis ? - Euh... quatre ans.

- Quatre ans ? - Euh, quatre ans en Europe.

Ici, presque un an.

Et avant, j'étais en Allemagne.

Et j'apprends le français.

On va aux cours de l'association, avec Walid.

- Et t'attends quoi, pour passer ? - Euh...

J'ai déjà essayé.

Mais je n'ai pas la famille là-bas.

Et j'aime bien ici. J'aimerais bien rester.

Mais je suis "dubliné".

- "Dubliné" ? - Euh...

Je ne peux pas redemander l'asile.

- Allez ! A table ! Tiens.

Enzo, ramène les fourchettes. - OK.

- Comme ça, tu sais cuisiner ? - Je sais pas cuisiner.

C'est Asim, c'est sa recette.

- Maman sait cuisiner ?

- Non. Les hommes rient.

- Allez, je vous sers.

- S'il vous plaît.

- C'est gastronomique, hein !

Tous ricanent.

Y a rien, dans l'assiette ! - C'est petit.

- Ma carotte, j'en donne à Enzo. - Non, mange ta carotte !

- C'est bon, la gastronomie, hein ?

Tous rient.

T'étouffe pas, Enzo !

- T'as passé une bonne soirée ? - Ouais, c'était génial.

- Par contre, faut que tu dormes. C'est un peu tard.

Son portable sonne.

Les invités rient.

Allez, bonne nuit. - Bonne nuit.

- Attends, jette pas.

- Ce sera mieux, en Angleterre ?

Pourquoi tu restes pas ici ? - Je peux pas. J'ai pas les...

J'aurai jamais les papiers.

Ma famille s'est sacrifiée pour qu'on fasse notre vie là-bas.

Je vais faire les études avec Ziad. Sami nous attend.

- Et tu regrettes jamais ?

Tu te dis pas qu'en fait, ça valait pas le coup de partir ?

- Non.

Je peux pas. Mes parents comptent sur moi.

Faut que je réussisse.

Si je regarde derrière, je deviens fou.

A cause des morts, à cause de la peur, à cause de...

Je veux pas, je peux pas.

Je suis un survivant, moi, pas une victime. Comme toi !

- Pff, moi ? Non... - Bah oui, comme toi.

- J'aimerais tout plaquer, me barrer.

- Pourquoi tu fais pas ?

- Parce que je peux pas.

- Tu peux pas ? - Je l'ai déjà fait.

L'année dernière, je me suis barrée pour un pauvre type.

J'ai laissé Enzo six mois chez ma mère.

Je croyais pouvoir vivre ma vie tranquille.

Rien ne s'est passé comme je voulais.

Le petit, il a fait que des conneries.

Moi, j'étais pas heureuse.

En plus, il me manquait trop.

Alors,

je reste là, quoi. Tu vois ?

Dans ma petite vie...

Mais avec lui.

- Ferme les yeux. - Pourquoi ?

- Ferme-les. - Tu vas me faire quoi ?

- Pas t'agresser. Ferme les yeux.

- Tu me fais un sale coup, moi, je t'en mets une !

- Donne-moi ta main. - Déjà ?

- Choisis et ne triche pas.

- Elle.

Tss...

Sicilia.

- C'est là que tu dois aller.

- Ah, ben ouais ! Dit comme ça, ça paraît simple.

- Facile. T'as un passeport, t'es libre.

"L'homme est libre du moment qu'il veut l'être."

C'est de Voltaire, pas de moi.

- "Je suis tombé par terre."

Tu connais pas ? - Non.

- "Je suis tombé par terre, la faute à Voltaire. Dans l'eau,

"la faute à..." Tiens, à Toto ! On chantait ça, à l'école.

Moi aussi, j'en connais, des trucs.

- Gimme the money.

Thank you.

- Elhadj ?

Tiens, mets ça dans tes poches.

- Voilà...

- Maman ?

- Quoi ? - A quoi il sert, le café ?

- A rien. - Maman ?

Je sais que tu les fais passer en Angleterre.

- Ca, c'est un secret,

Faut en parler à personne, Enzo, d'accord ? Même pas à mamie.

- D'accord. Et le café dans les poches ?

- C'est contre les chiens. Comme ça, ils sentent plus rien.

C'est grave, ce qu'on fait, mon coeur.

C'est interdit. N'en parle pas. Tu me promets ?

- Je t'emmène à l'école, t'es en retard. Ton cartable.

Je reviens.

- Elhadj ?

- Dépêche-toi.

Allez, bisous ! - Bisous !

Bonjour !

La sonnerie retentit.

- OK, brother?

- Regardez ce que j'ai trouvé !

Natacha fait mine de s'extasier. Il vit encore ?

- Euh... là, il bouge plus beaucoup, hein.

- Mets-le à l'eau. - Beurk !

Natacha crie, Irène rit. - Arrête ! T'es bête. Allez, file !

Un portable sonne.

- Tu réponds pas ? - Non.

- C'était qui ? - Personne.

- Arrête ! Tu me mens, maintenant ? - Quoi ?

- C'était Roland, je parie. - Arrête !

- Il te kiffe.

Ca te ferait du bien. Et tu me lâcherais la grappe.

Irène rit. - Hé !

- Pourquoi t'as pas refait ta vie ? - Fallait que je m'occupe de toi.

Puis les hommes, là, j'en avais ma dose.

Il m'en a bien fait baver, ton père, hein.

- Ils sont tous comme lui.

Son portable sonne. - Ce petit homme-là me suffit.

- Eh ben ! Il insiste, hein. - Mhm.

- Allez, vas-y, réponds. C'est trop bête. Réponds !

- Allô ?

Ouais ! - Eh ?

Mamie a un amoureux en cachette. - Ah bon ?

- Eh ouais, je crois bien.

On fait la course ? - Oui !

- Tu m'attrapes ?

Ils rient.

- Pour la Grèce.

Pour Ziad Asultani.

Merci.

Walid geint de douleur.

- Démarre.

Walid grommelle.

On frappe. - Vas-y, file.

Va dans ta chambre, mettre ton pyj. On frappe.

- Ouvre-moi, c'est Eric.

Allez, Natacha. C'est débile. Faut qu'on se parle.

- Tu veux quoi ?

- Pourquoi tu me réponds plus ?

J'entre ?

- J'ai pas le temps.

- Tu me manques trop, là. - Maman !

Viens, s'il te plaît !

- C'est mieux que tu partes. - Laisse-moi cinq minutes.

- Vas-y, attends là.

Mon coeur, il va partir, t'inquiète.

Natacha embrasse Enzo.

Bon, allez, vas-y.

Habille-toi, tu vas prendre froid.

On frappe.

- T'es qui ? Tu veux quoi ? - Je me suis trompé.

- Non, mais je te connais, toi. Non, non, viens. Reste là.

D'où il sort, lui ?

Je t'ai vue avec lui, l'autre jour. - Désolé.

Je pars. - T'as fait quoi ?

- C'est rien. - Tu m'expliques ?

- Il est blessé ! Ca va ? - Tu te fous de moi ?

- C'est rien, t'inquiète. - Vas-y, dégage !

- Eric...

- Allez, dégage. - Eric.

Attends !

- Raconte. - Putain, ça te regarde pas !

- Ah non ?

- Il me paye pour se doucher ici. Je sais pas son nom.

- Une douche ?

Donc tu fais dans l'humanitaire ?

- Casse-toi.

- Cette thune tombe pas du ciel. Soit tu fais la pute,

soit t'es en cheville. - Pardon ?

- T'es passeuse ?

- Mais t'es malade ?

- Les autres ont fini en prison.

- J'ai trouvé un taf dans un hôtel. Je me fais de la thune en pourboire.

- Pourquoi tu mens ? - Tire-toi !

- Et tu leur fais confiance ?

Tu les amènes ici, on sait pas d'où ils viennent !

Tu sais ce que tu risques ?

Pauvre conne, va.

- Maman ?

Ca va ?

Ouais... Ouais, ça va, mon coeur.

Va te coucher, j'arrive.

Brouhaha en langues étrangères

Walid.

Walid.

Je t'ai cherché partout. - Pourquoi t'es là ?

- Tu me réponds pas. - Mon frère, Ziad, vient d'arriver.

- Bonjour. - Hi.

- Quoi ? - Tu me réponds plus.

- Désolé, je peux pas.

Tu veux quoi ? - De nouveaux clients.

- Non, on arrête.

- Pourquoi ? - Un passeur

a tout compris.

- C'est lui qui t'a fait ça ? - Ouais.

Faut qu'on arrête, là.

- Y a rien à faire ?

- Non, il nous a vus ensemble.

Pour toi et ton fils, c'est dangereux.

- On fait un dernier passage. On en fait passer deux d'un coup.

On sera prudents.

Allez.

Putain, c'est pas vrai ! Où je l'ai foutu ? Merde !

Elle fout quoi, Irène, là ? Je dois y aller.

- Maman, tu vas où ? - Euh, à un rendez-vous de travail.

- Tu restes pas avec nous ? - S'il te plaît, Enzo, je cherche.

OK. Ca, c'est bon. - Je veux pas que t'y ailles.

- Coucou ! - Oh, la voilà.

Mon coeur ! Je te laisse avec mamie. C'est quoi, le problème ? Hein ?

Oh, non ! Vas-y, Enzo. Arrête de faire le bébé. Ca va !

- Y a un problème ? - Non, mais je suis en retard.

- Bah quoi ? Tu boudes ?

Qu'est-ce qu'il a ? - Rien ! C'est rien.

Fais-moi un bisou.

Fais-moi un bisou !

Son portable sonne. A toi de voir.

Je le récupère à 19h. - Ca va pas ? T'es énervée.

- Non, je suis en retard. - Tu peux me parler.

- Mais de quoi ? Y a rien à dire ! Allez, j'y vais.

- Où tu vas, encore ? - Oh, putain ! Mais t'es relou !

Tu me laisses vivre ? - Baisse d'un ton et raconte.

- Mais y a rien à savoir, OK ? Rien !

Ca va ? - Maman fait le taxi !

- Enzo !

- C'est quoi, cette histoire ? - Rien, il dit n'importe quoi. Bon !

- Ce que tu trafiques est pas net. N'y mêle pas Enzo.

- Me fais pas la leçon, va !

- Tu l'as déjà abandonné. Vu sa mère, je préfère qu'il reste !

- Avec toi ? Il est là grâce à moi. Tu voulais même pas que je le garde.

- Tais-toi. - Vas-y, dégage.

- Arrêtez !

- Putain, dégage. - Arrêtez !

- Tu ne pars pas ! - Dégage ! Dégage !

- Mamie !

Le portable de Natacha sonne.

- Pourquoi on fait ça ici ? - On est déjà en retard.

Allez, allez. - Walid !

Ahmet !

- Quoi ? - Ahmet !

- Non ! Non !

Walid gémit.

- Non, non !

Cris en arabe

Natacha hurle.

...

Vite, vite !

Sirènes

Non, non, non ! Asim, Asim !

- Asim...

Sirènes de police

- Enzo ?

Enzo !

Enzo !

Natacha pleure.

Walid crache.

- Ahmet, il va nous trouver.

Et il va nous tuer. C'est dangereux pour toi et pour Enzo.

On va à Hazebrouck, là où les Africains passent.

C'est pas cher.

Walid geint.

- Maman !

- Qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'ai tout dit à mamie, j'ai cafté. - C'est pas grave.

C'est pas grave, mon coeur.

Son portable sonne. Attends.

Allô ? *- Enzo est avec toi ?

- Oui, c'est bon, il est là, à la maison.

*- Raconte. - T'inquiète pas.

Walid court.

- Donne les clefs de la maison ! - Pourquoi ?

- C'est Ahmet, devant la maison !

On fait quoi ?

Ahmet frappe. - Vite, Enzo !

On frappe.

- Je te tiens.

Viens.

- Ahmet ! Ahmet !

Natacha démarre.

- Maman, ils sont déjà derrière. - Je sais, Enzo.

- Qu'est-ce que tu fais, là ? - Tais-toi.

- Tu fais quoi, avec la police ? - Tais-toi !

Derrière les flics, on craint rien.

Oh, putain.

- Oh, non ! Merde, merde !

Attendez, y a qu'un endroit où ils peuvent pas venir.

- Non.

Tu peux pas faire ça, Natacha.

S'il te plaît, arrête-toi. - Tais-toi, OK ?

Je sais ce que je fais.

- Comment ça ? - Enzo, ici. Assieds-toi derrière.

S'il te plaît ! - Qu'est-ce que...

- Allez dans le coffre.

- Non ! Qu'est-ce que tu dis ? - Walid !

Dans le coffre ! - Je peux pas te demander ça.

- On a le choix ?

Enzo, remonte la banquette, s'il te plaît.

- Maman, ils nous suivent toujours. - Je sais.

Assieds-toi, Enzo. Assis !

- T'inquiète, hein ? Ca va aller...

Un chien aboie.

On tapote à la vitre.

- Bonjour, madame. Vos papiers. - Bonjour. Bien sûr.

Les voilà. - Merci.

Un chien aboie. - Vos papiers !

- OK, bonne journée. - Merci.

- Passez sur la file de droite.

A droite.

- T'inquiète pas, hein ? Ca va aller.

Un chien aboie. Walid murmure en arabe.

On tapote.

- Bonjour. - Bonjour.

- Maman ?

- Ouais ? - Je dois aller

aux toilettes. - Ca attendra. T'iras dans le ferry.

- Ca va pas, le gamin ?

Il est malade ? - Ah non, c'est...

Les chiens.

Il en a peur depuis tout petit, alors...

Enfin, bref !

C'est pas grave.

Un chien aboie.

- Vous transportez quoi ?

- Bah, rien. Enfin...

Juste nos affaires, quoi, on part deux jours.

- Ouvrez le coffre, s'il vous plaît.

Enzo halète.

- Ah, quelle conne ! Les clefs.

- Allez, vite ! Y a du monde, merci. - Pardon, pardon.

- On avance !

Le chien aboie. - Arrête-toi !

- Christophe, aide-moi !

- Avancez, s'il vous plaît. Natacha démarre.

Les chiens aboient.

- Vas-y, lève.

Baisse la barrière.

- Hello.

Un chien aboie nerveusement.

- Thank you. - Thank you.

On lève la barrière.

On déverrouille le coffre.

(Ils parlent arabe.)

- Tarek !

- Bon, Enzo, je vais y aller.

Tu viens me voir à Londres, promis ? - Promis.

- On ira voir un match d'Arsenal. - Ouais !

- Prends bien soin de maman. OK ? - D'accord.

- Bon, je vais y aller.

Merci, Natacha. Merci beaucoup.

Tarek et Ziad rient.

Walid dit une phrase en arabe.

- Ca veut dire quoi ?

- Je te dirai un jour.

- Allez, Enzo. On y va.

- Come on. - Bye-bye!

- Natacha Delgarde ?

- Oui.

- On a quelques questions.

On peut entrer ?

On déverrouille une grille.

Claquement métallique glaçant

- Maman. - Oh, mon coeur.

La porte claque.

Des oiseaux criaillent.

La sonnette tinte.

- Enzo ?

On va à la grande plage, avec Enzo.

Hein, Enzo ?

Ca te plaît, hein ?

Et tu t'es baigné, aussi. - Mhm...

- C'est vrai qu'on a beaucoup de pluie, cet été.

Un peu de soleil, ce serait bien.

On a fait du bateau avec Roland.

Ca aussi, ça t'a plu.

Enzo, va te coucher. Il est tard.

- Oh, non... - Allez ! File te brosser les dents.

Bonne nuit ! - Bonsoir.

- Je vais t'aider.

- Merci.

Prends ça.

Tiens.

J'ai récupéré ça,

en vendant tes affaires.

Tu lui as beaucoup manqué.

Il a besoin que vous vous retrouviez.

- Je sais.

- On va où ? - Là-bas.

- Et on va faire quoi ?

- Je sais pas encore.

C'est grave ? - Non !

- Je vais trouver, hein !

Faut juste que je réfléchisse.

*- Hé, Natacha ! - Hé !

- T'es où ? *- On va en Sicile !

Regarde !

*- Beautiful!

Tu viens me voir quand à Londres ?

- Tu dis ? Ca passe mal.

*- Tu viens quand ?

Ca marche pas.

Enzo !

Walid envoie un bisou.

Comment ça va ?

- Tu t'en sors ? C'est comment, l'Angleterre ?

*- Ca marche pas, ça passe pas.

- C'est pas grave.

*- Tiens ! Regarde la mer.

*- Beautiful!

? Merci, Natacha.

? Merci.

- Tu accanto a me

Mi sfiori la mano ti lancio un sorriso

Sei qui vicino a me

Sembra talmente evidente che in fondo anche io

Ho bisogno di te

E tu

Hai bisogno di me

Tu mi canterai una vecchia canzone

La sussurrerai per farmi addormentare

Dammi la mano cammina con me

Ti mostrero i miei luoghi segreti

Non ho paura mi fido di te

Lasciati amare

Tu

E io accanto a te

Non ho paura di andare a dormire

Se tu resti con me

Sembra talmente normale Sapere che io

Ho bisogno di te

E tu

Hai bisogno di me

Tu mi canterai una vecchia canzone

La sussurrerai per farmi addormentare

Dammi la mano Cammina con me

Ti mostrero i miei luoghi segreti

Non ho paura mi fido di te

Lasciati amare tu

Le chanteur vocalise.

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