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- T'es qui? - Un ami de Bérénice.
- Toi, t'es qui? - Son fils biologique.
- Oublie pas de m'envoyer le vidéo du spectacle
- de danse d'Henriette. - J'aurais voulu que tu sois là
comme d'habitude, mais pour Paul...
- C'est insécurisant. J'ai compris.
- Il est-tu vraiment réhabilité ou il faut encore s'en méfier?
- Est-ce que t'aurais des nouvelles raisons pour t'en méfier?
- Je suis enceinte. - J'ai apporté un joint de la paix.
Entre.
- J'avais rencontré une fille. Claudine.
- T'as baisé avec lui?! - Une fois, je savais pas
- qui il était vraiment. - J'aimerais ça que tu partes, Claudine.
- Non-- - S'il te plaît! Va-t'en!
(vrombissement)
(fracas) (crissement de pneus)
- Est-ce que... tu te souviens de quelque chose?
T'es pas censé être en Italie?
- J'ai pris l'argent pour le donner à une fille.
Pour qu'elle laisse Fraser tranquille.
- On peut pas se faire justice soi-même, Zoé.
- C'est criminel. - J'ai proposé à Sylvain
de déménager à Kingston.
- Pour vous prouver qu'on avance,
j'aimerais vous montrer quelque chose qui aurait pu
- appartenir à votre fille Julie. - C'est son tatou.
- Philippe Lantier, vous êtes en état d'arrestation
pour meurtre.
- Tout ça, c'est grâce à David Fraser?
- Il nous a mis sur la bonne piste, oui. - T'as aucun souvenir de moi?
Non.
Sors-moi d'ici, Anaïs.
Y en a peut-être qui pensent que je le mérite pas,
mais je veux vivre.
(brouhaha d'hôpital)
(musique inquiétante)
- Euh, excusez-moi.
David Fraser n'est plus là?
Est-ce qu'il a été transféré dans une chambre régulière
ou est-ce que... est-ce qu'il est décédé?
- Je peux savoir qui vous êtes? - Oui, Bérénice Bachand.
Je suis son amie. En fait, je suis sa première répondante. C'est à son dossier.
Ça fait une couple de jours que je suis pas venue,
mais habituellement, on m'avise quand il arrive quelque chose.
- Laissez-moi vérifier, je me suis pas occupée
- du patient dont vous me parlez. - OK.
- Je peux rien vous dire. Votre nom n'est plus
au dossier de M. Fraser.
Quoi?
(indicatif musical)
(♪♪)
- Bonjour, vous avez bien rejoint la boîte vocale
d'Anaïs Dubois-Maloba. Laissez-moi un message, merci.
- (bip) - Oui, Anaïs, c'est Bérénice Bachand.
Je suis à l'hôpital. David n'est plus là.
L'infirmière que j'ai vue veut pas ou peut pas répondre
à mes questions. Peux-tu me dire ce qui se passe?
Est-ce que David est décédé ou il est juste transféré
dans une autre aile?
Je suis inquiète, peux-tu me rappeler, s'il te plaît?
(musique dramatique)
- Hum, hum. - Merci, mais euh...
J'aimerais mieux que...
t'ailles pas à faire ça, Yamini.
T'aider à t'habiller?
- Dans mon cas, on dit juste: habiller.
(petit rire)
Je vois pas le problème.
Je veux une blonde.
Pas une préposée, tu comprends?
Oui.
Mais ça veut dire qu'on va toujours avoir
un préposé avec nous autres?
Quelque chose comme ça.
- (soupir) - Rémi.
Je sais pas si je vais aimer ça.
Si ça me dérangeait de m'occuper de toi, je serais pas ici.
- Oui, mais... (toc-toc!)
(porte qui s'ouvre)
OK, wow!
T'es prêt, mon gars.
- La prochaine fois, euh... peux-tu arriver plus tôt?
Pour... m'aider à m'habiller.
OK.
(inspiration profonde)
Vois le bon côté des choses.
Si tu n'es plus à son dossier, c'est que tu n'as plus
à te sentir responsable de lui, ou encore, à être tiraillée
entre lui et tes amis.
- Mais j'aurais aimé ça qu'il se souvienne de moi,
qu'on se fasse des adieux officiels, c'est...
avant qu'il parte ou...
avant qu'il meure.
- C'est vraiment ce que t'aurais voulu,
lui faire des adieux?
(soupir)
Béré.
Tu t'enlignais pour continuer de le voir puis ta réaction
en ce moment me le confirme.
- Bien, la vie arrange bien les choses.
(musique mélancolique)
- Y a quelqu'un qui t'attend au bistro.
- Qui? - Devine.
Pourquoi tu lui donnes pas une chance de s'expliquer?
Ça faisait mille ans que t'avais pas cliqué avec une femme.
- D'habitude, c'est Bérénice qui se mêle
- de ma vie sexuelle et amoureuse. - Ah, veux-tu qu'on l'appelle?
Si mon seul point de vue d'amie bienveillante compte pas.
- Hum. - En tout cas.
Claudine est au bistro et c'est pas moi
qui vais lui dire de partir.
Mets tes culottes, Liù-Lemieux.
(musique pensive)
- Je comprends ta peine, Bérénice.
T'as beaucoup donné à ce gars-là.
T'as cru en lui.
Tu l'as aimé.
Puis tu l'aimes encore.
- Ce qui fait aucun sens, on va se le dire.
(petit rire)
(envoi de texto)
(notification)
(envoi de texto)
(vibration de cellulaire)
(soupir)
(respiration profonde)
(brouhaha d'hôpital)
(musique inquiétante)
- I-Il est rendu où?
Mon fils, David Fraser, il est rendu où?
Il est sûrement dans une chambre quelque part dans l'hôpital.
Ça a aucun sens que je le sache pas, là, je suis sa mère!
Je suis venue plusieurs fois à son chevet.
(en anglais)
- Pouvez-vous répéter lentement?
- Allez chercher Dr Melançon. Go!
Go...
(soupir)
L'infirmier a même pas pu me dire si mon fils
- était mort ou vivant. - J'ai laissé un message
à son agente de libération conditionnelle.
- Elle devrait me rappeler. - As-tu pu savoir
- si sa mémoire était revenue? - Non, je l'ai pas visité
depuis quelques jours.
Non, moi non plus.
- Mais vous pouvez l'appeler, vous avez son numéro.
- Il m'a appelée d'un numéro masqué.
(soupir)
Comme pour se donner encore plus d'opportunité de...
de pouvoir me sortir de sa vie.
C'est ce que j'en comprends.
À moins que... (soupir)
David a eu des problèmes respiratoires.
C'est ce que j'ai pu apprendre de l'infirmier,
mais rien de plus.
- Ça se peut que David-- - Non, attends
- On peut pas penser au pire. - Entièrement d'accord.
- Je veux pas faire pitié, là, mais je vous avoue
qu'en ce moment, je me sens pas mal seule au monde.
J'ai juste un fils. Que je suis peut-être en train
de perdre pour la deuxième fois, je...
Je n'ai plus de contact avec ma famille depuis longtemps.
- Les groupes de rencontre, c'est aussi pour ça.
Vous refaire un réseau.
Oui, je sais.
Je te remercie de m'avoir suggéré d'y participer,
je vais y retourner, c'est certain.
C'est une très bonne idée.
Bon.
Merci pour votre écoute, votre respect.
J'ai pu revoir mon fils.
Et ça, bien, ça, ça a pas de prix.
(musique douloureuse)
Vous m'avez fait du bien.
(ouverture de porte)
Enfin.
Tu sais que je serais jamais partie sans te voir.
- J'ai pas beaucoup de temps à perdre, moi, Claudine.
- Je suis pas ici pour te convaincre de reprendre avec moi.
Ni pour te demander d'oublier l'aventure
que j'ai eue avec David Fraser.
Mais pour te demander si t'es partante
pour faire des pancartes avec moi.
Pour la marche qu'on fait ce soir pour les victimes
de féminicides de l'année.
(soupir) On aurait besoin
de ton talent, de...
de ta présence, Lysanne.
Qui, « on »?
Moi.
Personne d'autre.
Vania.
Puis toutes les autres qui ont connu une fin
aussi atroce qu'injuste.
(♪♪)
- Je peux pas dire non. Évidemment.
Surtout que j'avais déjà prévu y aller.
- Ah. (rires chaleureux)
- Faut que je retourne travailler.
Je veux pas t'entendre. Merci.
- Si jamais t'as des nouvelles de David, tu pourrais toujours
en donner à sa mère.
- Bien oui, c'est sûr que je vais le faire.
Mais qu'elle se sente toute seule comme ça, là,
ça m'a brisé le coeur.
- On peut pas lui parler d'Hektor, Bérénice.
- Non, non, je sais, on fera jamais ça.
- C'est à ça que tu penses quand même. Je te connais.
- Tu me connais assez pour savoir que j'y pense,
mais que je le ferai pas pour vrai.
(soupir)
Je peux pas croire qu'il m'a oubliée du jour au lendemain.
Il se passe quelque chose, je veux savoir c'est quoi.
(sonnerie de cellulaire)
- Ah, my God, OK, c'est Mélanie qui veut avoir des nouvelles
- de ma visite à David. - Elle en a peut-être eu
- de son côté. - Ouais.
Allô, Mélanie?
(musique lourde)
OK.
Hum-hum.
Oui, merci. Bye.
Elle l'a pas vu.
Puis elle sait pas il est rendu où.
- Mais ça, ça veut dire qu'on pourra pas le voir pour le remercier.
Ça a bien l'air que non.
Son numéro de téléphone n'est plus bon.
- Mais est-ce qu'il est encore vivant?
On sait pas.
Ça va?
- Oui. (petit rire)
Ma chérie.
Tu l'aimes vraiment, hein?
Ça, je ne sais plus.
Mais...
je suis enceinte.
(musique dramatique)
Oh.
(tonalité d'appel)
Bérénice Bachand, bonjour?
Allô, Bérénice, c'est Anaïs.
Je pourrais vous recevoir à mon bureau,
- si vous pouvez passer. - J'arrive.
OK.
- À tout de suite. - Bye.
(profonde respiration)
(brouhaha de bureau)
Bérénice.
- On peut se tutoyer? - Oui.
- Assis-toi.
Merci de me recevoir.
Qu'est-ce qui se passe avec David?
T'es au courant de notre lien?
- Je sais que le divorce vient d'être prononcé.
C'est moi qui ouvre son courrier depuis qu'il a été hospitalisé.
- C'est lui qui a fait enlever mon nom à son dossier?
Parce qu'il ne se souvenait plus de moi?
Exactement.
- Puis sa mère, elle? - Bien, il s'est souvenu du fait
qu'il voulait pas voir ses parents
quand il était en prison.
- Mais il s'est entendu avec Marthe pour la revoir.
- Avant de se faire frapper. - Il m'a pas parlé de ça.
Et je suis sincèrement désolée de pas pouvoir t'en dire plus.
Bien, pour le moment, du moins.
- Je trouve ça vraiment difficile.
Tu me le dirais si... s'il était décédé?
(vibration de cellulaire)
- Excuse-moi.
Oui, allô?
- Inquiétez-vous pas pour moi.
Je me sens prête à avoir un enfant.
Même toute seule.
Mais comment tu peux dire ça?
Cet enfant-là, il va avoir besoin d'un père.
Mais pas nécessairement, là.
- Mais dis quelque chose, là. (claquement de langue)
- Tu m'appelles ce soir. - Bien oui.
Papa! T'as toujours dit qu'un enfant,
- c'est un cadeau de la vie. - Mais mettons qu'il y a
des conditions plus gagnantes que d'autres.
Ça me fait pas peur.
- Tu vas lui dire quand à David? Puis comment?
- Je suis pas encore certaine de vouloir lui dire.
Ni de l'impliquer.
- Mais il a quand même des droits.
Bien, là, on verra,
parce que pour l'instant, il est introuvable.
Il est peut-être même mort.
- Allez, sois pas en retard pour ton école.
Prends soin de toi.
Tu portes la vie. (petit rire)
Bye.
(musique grave)
(ouverture de porte)
- Bon, je comprends que tu t'inquiètes, là,
mais il faut lui faire confiance.
(vrombissement)
- Mon Dieu, ça va pas? - Non, non.
Je vais aller m'allonger, OK?
(soupir)
- Excuse-moi.
Je vais pouvoir répondre à ta question, maintenant.
Je suis allée à l'hôpital après avoir eu ton message, ce matin.
J'ai pas pu voir David, mais j'ai laissé un message
pour qu'il me rappelle.
Il me donne la permission de dire qu'il est toujours vivant.
Hospitalisé à Saint-Roch,
mais dans une chambre régulière privée sécurisée.
Comme la police a pas encore retrouvé l'auteur
du délit de fuite, on craint encore pour sa sécurité.
Ça me surprendrait que tu revoies David un jour.
Il va refaire sa vie ailleurs.
Il a juste envie de retrouver un peu d'anonymat,
une vie calme, tranquille.
Comme je lui ai raconté votre histoire,
bien, ce que j'en sais, il m'a dit que ça allait enfin
te libérer toi aussi complètement de votre relation.
(petit rire incrédule)
Il pense ça?
(musique triste au piano)
OK.
- Je peux te parler? - C'est Zoé?
- Non, non, non, non. C'est juste... moi.
Tu peux me revirer de bord, si tu veux.
- Qu'est-ce que t'as?
Si, hum...
Si tu t'étais pas sentie, euh,
en partie responsable de ce qui m'est arrivé
puis obligée de t'occuper de moi--
- Rémi, on va pas revenir là-dessus.
- Laisse-moi finir. - Non, non, mais envoye, aboutis
parce que tu vas me faire pogner les nerfs.
- Penses-tu...
Penses-tu que le fait de s'occuper de moi
puis de me donner mes soins comme si j'étais un enfant,
un bébé, même... (petit rire)
c'est un turn-off?
- À la longue, je veux dire. - Mais c'est quoi, l'affaire?
T'as peur que Yamini s'écoeure de te torcher?
(rire)
Exactement.
- Est-ce qu'il peut donner des nouvelles à sa mère, au moins?
- La dernière fois qu'on en a parlé, il voulait à nouveau
couper les ponts avec elle.
Il veut vraiment recommencer à zéro.
Merci.
- Bonne journée. - Toi aussi.
(Marie-Do): Rémi.
Elle est en couple avec toi.
Ça implique ça, que ta blonde s'occupe de toi.
Même si c'est pas toujours érotisant,
c'est pas que ça non plus.
Si on le fait, si on choisit d'être en couple avec toi,
c'est parce que t'es aimable, intelligent,
sexy, malgré tout ce que t'as pas.
Puis ça, c'est vraiment injuste pour les hommes bipèdes
de ce monde qui savent pas quoi faire avec leur bouche
- pour satisfaire-- - OK, OK, arrête.
(rires)
- T'es conne. - Merci!
- (rires) - Non, non.
Toi, merci.
Merci.
Le bipède qui va te trouver va être chanceux en crisse.
(musique douce)
(rires)
- Bah, ça serait bien que ça rassure Paul
pour qu'il oublie de déménager.
- Je vais en reparler avec lui, c'est certain.
Hum.
- Là, il est pas dit que la mémoire de David
reviendra jamais.
- Ah, même si c'est le cas, j'ai le sentiment
qu'il reviendra pas vers moi.
T'sais, si on l'avait pas vu aux nouvelles,
si on avait pas eu la demande de sa mère,
je pense que je n'en aurais plus jamais entendu parler.
- À moins de l'avoir rencontré par hasard, quelque part.
- Non, même là, je pense qu'il m'aurait évité
pour pas qu'on retombe dans quelque chose de...
bien, dans quelque chose qui se peut pas.
Je vais appeler Marthe, je vais faire de l'ordre
dans mes rapports puis après, j'arrive chez moi,
je relaxe puis je prends un verre.
Ah non, encore mieux, je vais aller à la marche avec ma gang.
Allô.
Ça va, Samyr?
Je viens vous dire que...
bien, je démissionne.
Je peux finir la semaine, mais pas plus.
- Comment ça? Je comprends que c'est compliqué avec Zoé,
mais ici, t'es bien.
- Oui, mais je ne veux juste plus de contact avec Zoé.
Puis en travaillant ici, c'est presque impossible.
Vaut mieux que je trouve quelque chose ailleurs.
J'en ai parlé avec ma famille puis...
Je t'entends.
Tu vas nous manquer, Samyr.
(petit soupir)
(pépiements)
(sonnerie de cellulaire)
- Allô? (Bérénice): Madame Desrosiers?
C'est Bérénice.
David est vivant.
(halètement)
- Madame Desrosiers? - Oui, oui, je t'écoute.
Il est vivant, mais il m'a oubliée.
Il m'a oubliée aussi.
Tu dis ça pour me consoler.
- Non, c'est parce que c'est la vérité.
Vous êtes où, là?
(musique mélancolique au piano)
Devant chez lui, je...
je suis venue déposer un petit mot.
- Un petit mot? - D'adieu.
Je ne peux plus l'attendre, m'inquiéter pour lui.
Je n'ai plus d'énergie.
- Si ça vous dit, on ira prendre un café bientôt.
- Oui, ça me ferait plaisir, Bérénice.
- Merci de m'avoir appelée. - C'est la moindre des choses.
Bon courage, Marthe.
- À toi aussi. - Bye.
Bye.
(♪♪)
(respiration saccadée)
- Veux-tu que j'appelle les secours?
- Non, non, non, ce sera pas nécessaire.
Je peux pas croire que Mélanie attend un enfant
de ce gars-là. C'est un cauchemar, ça.
- Notre rôle, c'est pas de juger notre fille, c'est de l'épauler.
- Non, mais faut penser à cet enfant-là.
Un jour, il va vouloir savoir c'est qui son père.
Il va vouloir même le connaître, en plus. - Assis-toi, pour l'amour!
- Hé, en voulant éloigner Mélanie de David,
j'ai fait exactement le contraire!
- Jean, notre fille est une adulte,
elle fait ce qu'elle veut.
(respiration saccadée)
- As-tu bientôt fini? - Oui, c'est même déjà fait.
Je vais sortir en même temps que toi.
C'est beau!
Mesdames et messieurs,
ladies and gentlemen, Henriette Maurice Johnston.
- Oh! Ton spectacle de danse juste pour moi?
(rire) C'est donc bien cool!
(musique acoustique enjouée)
(musique douce enjouée)
(rire)
Bon, tu veux que je danse avec toi?
Ah, mais je suis pas bonne!
Je sais pas danser.
(rires)
- Hum. - Merci.
C'est... c'est important, ce qu'on fait là.
Merci de ma l'avoir demandé.
- J'aurais aimé ça la connaître, Vania.
(petit rire)
- J'aurais aimé ça pouvoir te la présenter.
- Ça a été elle ton premier amour.
(raclement de gorge, inspiration)
Tu sais que...
j'aimerais ça... je serais heureuse
de pouvoir être le deuxième.
Parce que tu penses que...
j'ai pas été en amour avec quelqu'un d'autre?
J'ai le sentiment que non.
Mais je peux me tromper.
- (petit rire) - C'est ça qui est terrible.
On se connaît à peine.
Mais tu te trompes pas.
(musique attendrissante)
(rumeur urbaine)
- Mais toi, tu peux demander de ses nouvelles
au service correctionnel. C'est dans tes droits.
(soupir)
- C'est peut-être le temps de laisser aller, aussi.
J'ai réglé mes comptes avec lui,
je n'ai plus peur de le rencontrer par hasard.
J'ai tourné la page, moi.
Puis c'est beaucoup grâce à toi.
Grâce à la justice réparatrice. Je niaise pas.
Ça m'a amené, euh... ailleurs.
À moins que tu veuilles que je demande
ce qui se passe avec lui.
Moi?
David, il veut tourner la page.
T'es sûre?
- Oui, je vous l'ai déjà dit, de toute façon, je pourrais pas
être en couple avec lui dans la vraie vie.
Que vous soyez d'accord ou non.
T'es revenue.
- Je m'inquiétais de vous avoir inquiétés.
J'aurais dû attendre avant de vous annoncer ma grossesse.
Je sais même pas encore si je vais le garder.
- Si tu nous en as parlé, c'est parce que ta décision est prise.
- OK, mais je pourrais aussi le perdre.
- Peu importe ce qui va t'arriver,
on va te supporter.
Hein, Jean?
Oui.
- C'est quand même bizarre qu'il t'ait complètement oublié.
Je pensais jamais dire ça, mais ça me fâche.
- Mais c'est pas arrivé pour rien.
D'être en contact avec moi, ça devait lui rappeler
constamment ce qu'il a fait. Ça devait l'empêcher d'avancer.
(Rémi): On porte un toast, d'abord?
- Hum. - Tu le portes pour moi?
Oui.
À notre présent.
Qui a de quoi nous occuper en masse.
- Tu parles de ta nouvelle relation?
Non, je parle de Zoé.
Elle en a pas fini avec la justice.
Ça, c'est sûr.
Je l'avais avertie, pourtant. (Bérénice): Hé.
On porte un toast.
(Marie-Do): À notre amitié.
- À notre avenir. - Hum-hum.
Qu'on espère beau et léger.
À un bel avenir.
- À notre bel avenir. - À notre bel avenir.
- Bon, je suis désolée, papa, de te faire vivre ça. - Non, non, c'est moi
qui suis désolé, ma chouette. C'est moi...
(musique lourde)
Je dormirai pas en paix de savoir que ma fille,
la seule qu'il me reste est avec un gars comme toi.
- Il y a une marche ce soir pour les victimes de féminicides.
On pourrait y aller ensemble, si tu te sens plus en forme.
- Bien oui. C'est une très bonne idée.
- Hein, papa? À la mémoire de Julie.
Oui...
(vrombissement)
(impact lourd)
- (fracas de couverts) - Papa? Papa! Papa! - Jean! Jean!
- Appelle le 911! Papa? - Jean!
T'es-tu correct? Papa?
- (petit rire) - Tiens.
Merci.
(musique sombre)
(petits rires)
(musique mélancolique)
Besoin d'aide?
Pourquoi pas?
- Si on veut arriver en même temps que tout le monde.
(♪♪)
(acouphène) (battement de coeur)
- On part? Lysanne puis Claudine nous attendent déjà
- pour la marche. - Mais non. Mon père est pas encore prêt.
Puis ma mère est allée aider Yamini à l'habiller.
(rires)
- Comme ça se passe, toi, avec elle?
Bah, correct, là.
On s'est pas vues souvent encore.
(inspiration profonde)
Puis je me souviens pas qu'elle ait déjà
travaillé pour mon père.
Elle était pas restée longtemps, je pense.
Ma mère devait être jalouse.
- T'as rencontré la collègue de l'enquêteur Saint-Louis?
Euh, ouais.
Je pourrais me retrouver sans accusations si...
si je participe à un programme de mesure de rechange.
- Oui. - Tu connais ça?
- Oui, c'est un programme qui permet aux contrevenants
de réparer leurs torts sans passer par le processus judiciaire.
- Fait que si je le fais, ça veut dire que pour moi,
perso, j'aurai pas de procès.
- Tes charges de complicité pourraient tomber.
Mais ça demande vraiment une bonne participation
de ta part.
T'sais, ils vont te demander de faire des ateliers
sur la gestion de colère,
- des sessions de médiation aussi. - Hum?
Avec qui?
- Bah, la personne à qui t'as causé du tort.
- David Fraser. - Mais ton intervenante
va tout t'expliquer ça, OK?
(musique douce)
Hé, on va leur mettre la pression
- pour qu'ils se dépêchent un peu? - Oui.
Euh... matante Béré.
Oui?
Je m'excuse.
De t'avoir boudée.
T'es importante pour moi.
- Hé, tu l'es tellement aussi pour moi.
Ma petite puce pleine de puces.
(respiration profonde)
(petit rire)
Allô. (Sylvain): Allô.
(musique légère de Noël)
Bonne nouvelle.
C'est quoi?
On ne déménage plus.
- (soupir soulagé) - Pour vrai?
- Je me suis entendu avec Paul. On en reparle l'été prochain
pendant les vacances scolaires des enfants.
- Mon Dieu, c'est le plus beau cadeau de Noël
que je pouvais pas recevoir. (rire)
Merci.
(rire)
- Tout est en ordre pour que tu puisses commencer
- ta nouvelle vie. - Merci.
Ton suivi médical va se faire
à l'hôpital Saint John de Calgary.
J'ai déjà procédé à ton admission
puis la carte d'hôpital est dans la trousse.
Pendant le voyage, tu vas être accompagné par un policier,
puis là-bas, tu vas être accueilli par ton nouvel agent
de libération conditionnelle. Il s'appelle Martin Smith.
Il va t'aider à t'installer dans ton nouvel appartement
qu'on t'a trouvé, à faire ton épicerie, etc., etc.
- (petit rire) - C'est vraiment un service VIP.
- (rire) - Presque.
S'il y a quoique ce soit, tu peux toujours me contacter.
- Merci pour ça. Puis merci pour tout
ce que t'as fait pour moi depuis que je suis sorti de prison.
- J'ai bien aimé travailler avec toi, David.
T'as toujours fait preuve de bonne volonté, de bonne foi.
C'est deux qualités essentielles
pour une bonne réinsertion sociale.
- Est-ce que t'es prêt à ce qu'on passe chez toi pour faire tes valises?
Euh, juste avant, j'aimerais ça te lire un courriel
que j'ai reçu de Korine en Lampron-Forgues.
« Bonjour, Anaïs.
D'abord, un beau merci à David pour les fleurs
qu'il a eu la gentillesse de m'envoyer par ton entremise.
Si t'en as l'occasion, dis-lui que je regretterai
jamais de l'avoir engagé et surtout,
qu'il m'a pas déçue.
Je lui souhaite bonne chance dans tous ses nouveaux projets.
Pour ma part, je te confirme que je serais prête à participer
de nouveau au programme de réinsertion d'ex-détenus
qui désirent se trouver un emploi dans mon entreprise.
Korine. »
(musique douce)
Merci.
- Bon, bien, je pense que j'ai pris tout ce qu'il me fallait.
Sans te dévaliser au complet.
- Je peux m'en racheter, de la vaisselle, moi aussi.
J'ai envie de repartir à neuf.
- Tu mérites amplement un beau kit de nouveaux chaudrons.
(rires)
(raclement de gorge, reniflement)
Je...
Je le sais bien que ça fait un bout que tu vis chez Lysanne.
Mais ça fait quand même...
bizarre que tu partes comme ça.
(sanglots)
- Je déménage à côté. On capotera pas.
Non, non. Non, non, on capotera pas.
Sérieux...
tu peux toujours m'appeler.
Peu importe. Le jour ou la nuit.
OK?
Toi aussi.
OK.
- Ta nouvelle vie t'attend. (reniflement)
(♪♪)
(fermeture de porte) (sanglots)
On l'ouvre?
(musique intrigante)
(David): Salut, m'man.
Je t'écris avant de partir m'établir ailleurs.
Ne t'inquiète plus pour moi.
Ne te sens plus coupable de quoi que ce soit.
Essaie d'être heureuse, toi aussi, de ton côté.
Tu en as le droit.
Peu importe ce que les gens peuvent dire ou penser.
Tu n'es pas responsable de ce que j'ai fait.
Tu as été une bonne mère.
Je t'en prie, n'en doute plus.
Merci pour ton mot d'adieu.
Ça me rassure de savoir que maintenant,
tu peux me laisser partir. » (soupir lourd)
« David. »
- « Cher Jean, j'espère que tu vas bien, ainsi qu'Amina
à qui je pense tous les jours,
en espérant sa guérison prochaine et complète.
Ne t'inquiète pas,
je ne reprendrai jamais contact avec Mélanie.
Et j'espère qu'elle trouvera un bon amoureux,
sans risques pour sa sécurité.»"
- « Je suis heureux d'avoir pu contribuer à l'arrestation
du meurtrier de Julie.
Ça me donne l'impression... » (David): ...d'avoir fait quelque chose de bon dans ma vie.
Merci à Amina et toi d'avoir cru en moi.
Je te souhaite maintenant de trouver la paix,
car je ne te dénoncerai jamais.
« C'est ta détresse, c'est ta peur... »
(David): ...que je retiens, Jean.
(impact lourd)
Pas ton geste désespéré pour me sortir de vos vies.
(respiration tremblotante)
Ma chère Béré,
j'espère que tu vas bien et que tu ne m'en veux pas trop
de pas t'avoir annoncé mon départ en personne.
Ça aurait été trop difficile.
Mais dis-toi qu'en partant, je te permets à toi aussi
une nouvelle vie.
Sans plus de secrets, de malaises,
d'espoir d'être ensemble.
Oui, bien sûr,
je t'ai reconnue tout de suite en ouvrant les yeux.
Salut.
(musique mélancolique)
Y a pas un traumatisme crânien qui sera jamais
assez fort pour oublier tout ce que t'as fait pour moi.
Malgré ce que j'ai fait à Vania et Rémi.
Y aura jamais rien ni personne
pour me faire oublier à quel point je t'aime.
Je te souhaite une belle vie, Bérénice,
entourée de tes précieux amis.
David.
(cliquetis de clés)
P.-S. Tu recevras bientôt un colis
pour bien conclure notre histoire.
Du moins, je l'espère.
(musique lourde)
C'est par là.
(Bérénice): Mes condoléances, madame Hassan.
Oh, merci.
(conversation indistincte)
Elles sont là.
Mélanie?
- Bonjour. - Enchantée.
Enchantée.
(réveille-matin de cellulaire)
Hum.
- Hé, c'est l'heure si tu veux qu'on déjeune ensemble.
- Oh non, j'ai un meeting à 9 h avec mes associés.
- Ah, bien là, il est déjà trop tard.
On se reprendra une autre fois.
- Je suis content d'être ici, Béré.
- Hum. Je suis contente que tu sois là aussi.
- Je pensais que t'étais en congé aujourd'hui.
Oui, mais c'est bientôt Noël.
Puis qu'est-ce qu'on fait quelques jours avant?
- On évite les boutiques puis les centres d'achat.
- Non. Non, non, non. On fait un gros sapin.
- Non... (riant): Oui!
Si tu veux me voir avant la fête des Rois,
va falloir que tu t'y fasses.
La fête des quoi?
Ah, tu sais pas c'est quoi?
- Tu connais pas la fête des Rois? - Non.
- Comment ça? Mais c'est quoi, ça?
Le jeu avec la petite fève!
- (rires) - De quoi tu parles, « la fève »?
(rire)
(musique légère au piano)
OK... Un peu à droite.
L'autre droite, ma chouette.
(rires)
OK, OK, on l'a.
- Bon! Enfin! - Oui.
Euh, Zoé, t'es vraiment une pro.
(rires)
- Je suis contente qu'on ait fait le sapin juste nous deux.
- Comme chez maman. - Je sais.
- Puis ça me fait super plaisir de souper avec toi et Yamini,
mais... bien, je sortirais peut-être
avec des amis après?
C'est correct?
Fais pas de folies. Hum?
- Inquiète-toi pas. (petit rire)
- Elle est croche, hein? - Ouais, vraiment.
(rires)
(petit rire)
- J'ai un cadeau spécial pour vous cette année.
Rémi m'a donné la moitié de l'argent
- de la mère de David Fraser. - Hein!
J'ai envie de vous gâter,
qu'on parte en voyage toutes les trois,
quelque part sur le bord de la mer.
Avec la photo de Vania dans nos bagages.
- Bien voyons! C'est donc bien beau, Marie-Do!
- On s'était dit qu'on irait dans le Maine
pendant l'été après le cégep.
- Oui. Puis on l'avait pas fait.
Vania n'était plus là.
Puis moi, avec Rémi, ça a été autre chose.
Mais là, un voyage de girls, je peux sans me sentir coupable!
- Go! - Go!
(propos entremêlés) (rires)
(musique d'espoir)
(David) Salut, Béré.
Si je fais fausse route, tu peux jeter le contenu de cette boîte.
Mais si mon feeling est bon et que tu crois aussi
que c'est une bonne idée,
tu pourrais un jour remettre ces souvenirs de mon enfance
à Hektor.
Il aura ainsi une petite idée de qui j'étais.
Avant.
Merci de lui avoir donné une aussi belle vie,
avec de bons parents.
Je t'en serai éternellement reconnaissant.
(musique mélancolique)
(rumeur urbaine)
(notification et vibration de cellulaire)
- Un nouveau cas des services fédéraux.
- Une femme qui a assassiné son conjoint.
- A fait 16 ans de prison. - Qui veut rencontrer
son ex-belle-mère pour s'expliquer.
Je le prends.
(musique grandiose)
Sous-titrage: difuze
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