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1 Dans le système judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.
À New-York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite appelée Unité Spéciale pour les victimes.
Voici leurs histoires.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? - Regarde un peu ça.
Regarde ça.
J'ai cherché cette paire de chaussures dans toute la ville.
Je te les achèterai demain.
Il faut qu'on soit là à l'ouverture du magasin.
Attends une seconde.
Quoi encore ?
C'est pas un mannequin.
Oh, mon Dieu.
ASSASSIN
Qui est-ce ?
Robin Weller, 27 ans.
Quoi, il tenait son portefeuille sous ses mains ?
Dans la réserve, dans sa poche. Avec ses clés.
Une d'elle ouvre l'entrée.
Il travaillait ici.
Robin était manager.
Son nom était sur une liste de numéros, dans le bureau.
J'ai appelé le propriétaire. Il a fermé boutique à 19 h, hier.
Robin est parti à 17 h.
Il aurait oublié un truc, et serait revenu avec le criminel.
Ou bien le tueur est arrivé après que Robin soit entré.
Alors Robin le connaissait, et il l'a fait entrer.
Pas d'effraction.
Ça ressemble à une exécution, avec une arme de petit calibre.
Mais il n'y a pas de sang sur ses vêtements, ni sur lui.
Le tueur les a nettoyés. Cette éponge était dans l'évier.
On pense donc qu'on l'a obligé à se déshabiller,
à s'asseoir, qu'on l'a attaché avec ce câble, avant de lui tirer dessus.
Et pour la vitrine ?
Tu vois ces marques ?
Le tueur a tiré la chaise, puis a déplacé le corps dans la vitrine.
Notre gars a fait ça à la vue de tous.
Je crois que personne ne l'a vu.
Ils baissent les stores pour pouvoir changer la vitrine.
Il a pu prendre son temps pour sa mise en scène.
Et pour écrire "assassin" à la peinture.
Il s'est bien embêté pour faire passer son message.
Si notre macchabée est un assassin, qui est-ce qu'il a tué ?
ASSASSIN
LIGNE DE POLICE
POLICE DE NEW YORK
LE VIOLEUR DE L'EST CAPTURÉ
NEW YORK, UNITÉ SPÉCIALE
L'arrestation appartient aux lève-tôt. Comment ça se passe ?
Ça va prendre des semaines pour écarter les clients et le personnel.
On a une tonne d'empreintes.
Je doute qu'on trouve celles du tueur. La scène de crime est trop méthodique.
Les câbles, les chaussures, la lumière. Ça a dû lui prendre une heure.
C'est trop long pour qu'il ait pas fait d'erreur.
Je ne pense pas.
Aucun élément n'a été laissé au hasard. Tout a un sens.
Alors pourquoi les chaussures ?
DÉCOUVERTE À 3H02 DÉCÈS ENTRE 1H-2H
Elles désignent Robin, comme si une foule le regardait.
Le tueur aurait organisé ça comme une sorte de jeu malsain ?
C'est théâtral. Il cherche l'attention.
Comme s'il disait, "Regardez Robin. On est tous là pour le juger."
Il veut raconter une histoire.
Si on veut l'attraper, on doit en apprendre plus sur Robin.
Interrogeons son père.
Il va identifier le corps à la morgue.
C'est mon fils.
Il a l'air tellement vieux.
Il a même pas 30 ans.
À quand remonte votre dernière rencontre ?
Il y a six ou sept mois.
Vous étiez en froid ?
À cause du décès de sa mère.
Elle est décédée l'an dernier.
Nous n'étions pas d'accord sur les soins.
Il nous faut votre autorisation pour perquisitionner.
Bien sûr.
Écoutez… J'aimerais rentrer chez moi pour m'occuper des funérailles.
Bien sûr.
- Il nous aidera pas. - Il va culpabiliser jusqu'à sa mort.
Une querelle pour sa femme mourante, sans qu'il ait la chance de s'excuser.
Venez voir ça.
RÉSERVÉ AU PERSONNEL
Je ne vois rien.
Allumez.
Pas de fluide, pas de traumatisme sexuel, mais regardez sa main.
"Green."
On dirait un tampon
de boîte de nuit.
Le Green Ballroom Club, sur la 13e, pas loin de là où Robin a été tué.
Le tampon se serait effacé s'il avait eu plus d'une journée.
On dirait bien qu'il y était hier soir.
382 WEST 13E RUE LUNDI 26 SEPTEMBRE
Vous l'avez déjà vu ?
Je le reconnais pas, mais ça veut rien dire.
C'était bondé, hier soir. C'était une fête de circuit.
Il n'y avait que des gays.
Pas beaucoup d'hommes hétéros se sentiraient à l'aise.
On doit découvrir qui était présent.
Il me faut tous les reçus, et je dois parler aux videurs.
Ils arrivent à quelle heure ?
À 19 h, mais je peux aider.
Vous disiez ne pas le reconnaître.
Il faut une pièce d'identité pour entrer.
On les scanne pour les conserver.
Venez voir.
On nous a dit qu'on ferait faillite,
à cause de Big Brother.
Mais les gens s'en fichent.
Sauf ceux qui sont mariés.
Le voilà.
Robin Weller, ligne 71. Il est arrivé à 23h14 hier soir.
Il a pu venir avec des amis. On va comparer les noms.
Le système a coûté onze mille dollars.
On l'a mis en place après avoir vendu
de l'alcool à une mineure.
Vous me sortez la photo de la ligne 78 ?
Ken Randall.
Vous le connaissez ?
Oui, je le connais.
Papa.
Qu'est-ce qui t'amène ?
Je dois te parler de quelque chose.
J'ai de la compagnie.
C'est un mec ?
Oui.
Tu es gay.
Oui.
T'as un problème avec ça, papa ?
Je le savais.
Pour ça que j'ai rien dit.
Je dois y aller.
Il ne connaît pas Robin Weller, et il ne l'a pas reconnu.
La scientifique est chez Robin.
On y va.
Vous vouliez en savoir plus sur la victime.
J'ai sorti les photos et les mails de son ordi.
Il aimait faire la fête.
1997, quelqu'un a une belle piaule sur Fire Island.
South Beach, Palm Springs, P-Town, des hauts lieux homosexuels.
Il a commencé jeune. Regardez.
La Fête Blanche de Palm Springs. Il a tout juste 17 ans.
Et cinq ans plus tard… on lui donne la trentaine.
- Son père a raison, il a vite vieilli. - Je crois comprendre.
Vous avez trouvé ses médicaments ?
Du Ritonavir.
Ça, c'est de l'Enfurvitide.
C'est un nouvel inhibiteur de fusion.
- Deux antirétroviraux. - Alors Robin avait le VIH.
Il avait le SIDA.
Il avait très peu de cellules T.
Sa charge virale crevait le plafond. Il l'a attrapé il y a peu.
- Comment tu le sais ? - En voyant ses analyses,
j'ai demandé au Département de la Santé de me faxer sa notification.
Il a attrapé le HIV il y a six mois.
Et il aurait développé le SIDA aussi rapidement ?
C'est inhabituel.
En parlant de ça, j'ai reçu un coup de fil,
me demandant son certificat de décès.
Le corps n'est même pas froid. C'était qui ?
Une compagnie d'assurance. Son père avait souscrit une assurance-vie.
Combien ?
Cinq cent mille dollars.
On a jeté un œil à vos comptes. Vous n'avez plus un rond.
Vous ne pouvez plus emprunter. Vous êtes ruiné.
Vous pensez que j'ai tué Robin pour l'argent de l'assurance ?
Une telle somme aurait résolu tous vos problèmes.
Vous ne comprenez pas.
- On a tout dépensé pour lui. - Mais vous ne lui parliez pas.
C'est arrivé plus tard.
Robin est rentré à la maison quand sa mère était malade.
- Je l'avais pas vu depuis des années. - Pourquoi ?
Quand il avait 16 ans… il nous a parlé de son homosexualité.
Je ne l'ai pas supporté.
Je l'ai mis dehors.
Je l'ai à peine reconnu, quand il est revenu.
Il était mal en point.
Je lui ai demandé ce qui se passait. Il a parlé d'un problème de drogue.
Il n'arrivait pas à arrêter.
Vous l'avez aidé ?
On a dépensé nos économies pour ses cures de désintoxication.
J'ai même pas pu payer un enterrement décent à ma femme.
Il est jamais resté clean plus de quelques mois.
C'était une question de temps
avant qu'il fasse une overdose.
Donc vous avez souscrit une assurance tant que vous le pouviez,
pour vous rembourser ?
Je savais que Robin allait mourir.
Que ce soit de la drogue ou du SIDA.
Ou bien son compagnon.
Leur relation était violente ?
La dernière fois que je lui ai parlé, il m'a appelé depuis les urgences,
il pleurait car ce type l'avait battu.
Vous connaissez son nom ?
Lydon Grant.
LOFT DE LYDON GRANT LUNDI 26 SEPTEMBRE
- Vous êtes sûrs ? - Mec, allez.
Il n'y a personne.
On dirait une tempête de neige. Il s'est passé quoi ?
Fin.
ASSASSIN
"Assasin".
Une balle dans la tête.
Plaie d'entrée, petit calibre, comme pour Robin Weller.
- Même mise en scène, même tueur. - Il est mort quand ?
Encore tiède, la rigidité commence. Pas plus de huit heures, je dirais.
C'est pas une boule à neige qui a explosé ici.
- Du crystal ? - Métamphétamine pure à 80 %.
Drogue sexuelle de choix.
Il a fallu beaucoup de poudre pour recouvrir son loft.
- Ça coûte cher, dans la rue. - La drogue serait le mobile ?
On sait que Robin et Lydon étaient amants.
On est à chances égales. Lydon consommait, Robin aussi.
Ça explique la désintox et le coup de vieux de Robin.
- La meth, ça fait vieillir vite. - Et ça rend violent, et paranoïaque.
Un soir, défoncés, ils auraient peut-être tué quelqu'un,
et ce serait une vengeance.
Ça colle pas. On a parlé à la famille, les amis, les collègues.
Ils étaient appréciés. Pas de casier judiciaire.
Le crystal peut tout changer.
Lydon avait de la meth dans le sang à sa mort.
Il ne faisait pas que consommer.
Quand on a autant de drogue, c'est qu'on revend.
Ça peut être une guerre de territoire.
Notre tueur serait lui-même un trafiquant.
Voyons si les Stups avaient Lydon en ligne de mire.
QG DE L'UNITÉ DES NARCOTIQUES MARDI 27 SEPTEMBRE
On a rien dans le système sur ce Robin Weller.
Et ce mec, Lydon Grant, il apparaît à peine sur l'écran,
un trafiquant de bas étage. J'ai rien sur lui.
- D'où vient l'info ? - Une écoute, l'an dernier.
On suivait un portable qui était à un aspirant du GTM.
GTM ?
Gang des Tueurs de Manhattan. Des trafiquants ultra-violents.
Bon, on a deux homicides.
Le tueur a écrit "Assassin" sur le côté du mur.
Le GTM est connu pour faire ça ?
J'ai jamais vu ça, mais possible. Ce sont des sauvages, ces gamins.
- Ils touchent au crystal meth ? - Carrément.
Ils ont fait leur place en semant la mort.
- Ils cuisinent ? - Ils cambriolent.
Ils cherchent des gays accros,
les battent presque à mort, volent leur drogue
pour la revendre à des dealers gays.
C'est comme un centre commercial, les fêtes de circuit.
- Trafiquants et consommateurs. - Vous avez un indic ?
On avait un informateur. Il a reparu dans l'East River.
On a pas encore trouvé son remplaçant.
Les membres sont surtout des jeunes, des dingos blancs de banlieue.
- Assez dingos pour tuer un dealer ? - J'en doute pas.
Si le GTM s'en prend à votre gars, on en entendra parler.
En boîte, les gays savent ce qui se passe.
Merci d'être venu.
- Mon père t'envoie ? - Non.
Il ne sait pas que je suis là.
On enquête sur un meurtre qui serait relié à des fêtes de circuit.
Donc tu parles à la minorité gay ?
Tu veux quoi ?
Tu connais le GTM ?
Des petites frappes du coin.
Ils font la fête, comme s'ils étaient dans la place.
Ils sont pas gays.
Plutôt homophobes, même.
Les gamins du gang font la fête,
trouvent un mec qui a de la meth, l'attirent dehors.
Et le reste de l'équipe l'attend pour le tabasser ?
Ils lui cassent la figure, ils prennent sa drogue.
On t'a déjà blessé ?
Je touche pas à ça.
Fin doit penser que si. Encore une raison de me détester.
- Ton père te déteste pas. - Il me connaît pas.
Laisse-lui du temps, non ?
Le gang t'intéresse ?
Ce soir, il y a une soirée dans une boîte, l'Euphoria.
Les gens seront défoncés, y'aura des trafiquants.
- Le crystal, c'est létal ! - Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Qu'est-ce qui se passe ?
Une sorte de manifestation.
Le crystal, c'est létal !
C'est pas des membres du gang.
Il se passera rien avec tout ce tapage.
La boîte a dû avoir l'idée. La sortie de secours est ouverte,
pour éviter aux clients la manifestation.
Capitaine, regardez le type en blanc.
Le crystal, c'est létal.
- Le crystal, c'est létal. - Le crystal, c'est létal.
Hé, protégez-vous.
Va-t'en, laisse-moi, mec.
Hé, mon chou.
T'es tout seul ?
Il y a un mec, à 12 heures,
haut noir, jeans bleus, il s'embrouille avec un type en gris.
Il pourrait faire partie du GTM.
Ou bien ils vont coucher.
Fin, regarde.
- T'aimes ça ? - Ils s'y mettent.
Toutes les unités à Cortland Alley.
- Police ! - Restez où vous êtes.
Ne bougez pas. À terre, à terre !
À terre, et vite !
Montrez-moi vos mains.
Ne bougez pas. Restez à terre.
Menottez-le.
On y va.
Capitaine.
Regardez ça.
"Assassin."
Hé, l'Assassin.
- C'est pour un meurtre ? - C'est mon gang.
Le Gang des Tueurs de Manhattan. Ils t'appellent "l'Assassin" ?
Non. Le Roi Henry.
- Le roi de quoi ? - Garden City, Long Island ?
Henry Fanello.
Possession de drogue, vol de voiture, agression.
Vous venez d'avoir 18 ans.
Joyeux anniversaire. Vous êtes un adulte.
Vous aurez pas votre papa, vous serez jugé comme un adulte.
J'aurai une caution avant que l'homo sorte de l'hôpital.
Qui traite qui d'homo ?
Votre radar à gay est cassé.
Ou alors vous êtes un gay refoulé.
- Je le suis pas. - Vous êtes dans le circuit.
Enfin, avant qu'on vous emprisonne pour meurtre.
- Meurtre ? Hé, je les ai jamais vus. - Si.
Et vous les avez tués. Vous avez écrit votre nom.
Vous croyez que j'ai tué ces pédés ? Je les braque, c'est tout.
Pourquoi cibler des gays ?
Des cibles faciles.
Ils appellent pas les flics.
Ils veulent pas que ça se sache, pour la drogue
et pour le sexe.
Assassin. Votre surnom, votre crime.
Je jure que je l'ai pas fait. J'ai tué personne.
Je peux vous parler une minute ?
- "Assassin", j'en connais le sens. - Ouais, lui.
Doc pense que non.
Lydon Grand avait le SIDA, comme Robin Weller.
C'est pas une surprise. Ils étaient amants.
Ils avaient la même souche, qu'on appelle souche assassine.
Qui progresse de l'infection à la mort
en moins d'un an, qui résiste aux médicaments.
Première fois que je le vois.
Si Robin ou Lydon ne s'étaient pas protégés,
ils auraient pu infecter leur partenaire.
Ce qui en ferait des assassins.
C'est peut-être de la vengeance.
POSITIF VIH SOUCHE ASSASSINE
Une connaissance commune savait pour la souche.
Peut-être un partenaire qu'ils auraient infecté.
Ou un justicier qui élimine les malades.
Surtout les accros au crystal meth, qui sont homosexuels.
Le pays entier nage dans la meth. Pourquoi tuer des gays ?
Parce qu'après des années à surveiller le VIH,
la meth cause une augmentation des infections,
surtout chez les gays qui fréquentent les boîtes.
C'est le "PnP", Party-and-Play.
Avec la meth, on peut faire l'amour des heures.
Vu qu'on est déchiré, on se protège pas.
Et on propage le VIH.
Pourquoi piéger les victimes ? Il attire l'attention sur lui.
Il est désespéré.
Il veut protéger les gens du danger environnant.
Mais comment le tueur savait que Lydon et Robin avait le VIH ?
C'est pas quelque chose dont on se vante.
Un ami commun, forcément,
ou bien un docteur, ou même un soignant,
- quelqu'un qui savait pour la maladie. - Dès l'annonce du diagnostic,
ils ont transmis une liste de leurs partenaires
au Département.
SERVEURS DU DPT. DE LA SANTÉ MERCREDI 28 SEPTEMBRE
Je peux pas révéler si quelqu'un a le HIV.
On discute pas, on enquête sur un meurtre.
- Politique du département. - Quelqu'un dans ce bureau
tue des gens qui ont le SIDA.
Vous refusez, on vous cite à comparaître
et on vous arrête pour obstruction.
Bon, je vous ai rien dit.
- Ils ont dit de pas en parler. - De quoi ?
On s'est fait pirater.
Quelqu'un a les noms des malades du VIH ?
- C'est aussi arrivé en Floride. - Vous le dites pas au public ?
Les fichiers sont cryptés. Le pirate pourra pas les lire.
Il nous faut ces noms.
On reconstruit les fichiers. Il les a abîmés en les copiant.
Il ?
Vous savez qui c'est.
On peut pas le prouver, mais notre chef de nuit
a attrapé un gardien devant un écran d'ordinateur.
Comment s'appelle-t-il ?
Gabriel Thomason. On l'a viré.
Vous sauriez où il vit ?
Non, mais je sais où il passe son temps.
Il parlait d'un groupe d'entraide pour le SIDA
qui s'appelle la Division Arc-en-Ciel.
- On cherche Gabriel Thomason. - Gabe !
Y'a des gens qui te demandent.
Gabriel. Je peux vous aider ?
Inspecteur Benson, Tutuola.
On vous a vu, au club Euphoria.
La manifestation était autorisée.
Vous étiez où, ensuite ?
J'ai fait deux boîtes, je cherchais des préservatifs.
Et pour la droguerie ?
Je vérifiais leur stock.
Avant, toutes les boîtes donnaient des préservatifs.
Vous faites la police du préservatif depuis que vous avez été viré.
Il y a un malentendu.
Vous avez piraté les ordinateurs du Département de la Santé.
Vous cherchiez quoi ?
Je vérifiais mes mails, en réalité.
C'est typique. Un problème, et c'est la faute du gardien homo.
Il changera pas sa version, et on peut rien prouver.
Il sait qu'on a rien. Je parie ma paie qu'il a cette liste.
Faut qu'on parle à un membre de la Ligue des Officiers Gays.
On doit s'infiltrer dans la Division Arc-en-Ciel.
Gabriel est sur le qui-vive. Il y a anguille sous roche.
On va où, alors ?
Je te dépose à l'unité. Je dois aller quelque part.
- Un informateur ? - Peut-être.
- Je dois y aller, papa. - Une minute.
J'ai fait trop d'erreurs avec toi. Je veux pas que ça se reproduise.
Allez, je travaille sur une affaire.
Olivia m'a parlé d'une fête de circuit. C'est bien ça ?
Elle t'a parlé ?
Oui, du GTM.
Je vais te montrer la photo d'un mort.
- Je peux ? - Oui.
Pourquoi "Assassin" ?
La victime avait une souche assassine du VIH.
C'est pas par la peur que j'arrêterai d'être gay.
- C'était pas mon intention. - Alors pourquoi me parler de l'affaire ?
Il a été assassiné juste après être sorti
du Green Ballroom Club, le soir où tu y étais.
C'est comme ça que t'as su.
Tout le circuit parle de ces deux mecs.
J'en ai entendu parler.
Tu connais la Division Arc-en-Ciel ?
On voit leurs brochures partout.
Du bon travail.
- Tu les penses impliqués ? - Possible.
Ils essayent d'aider, pas de tuer.
Quelqu'un tue ces hommes, et si on les trouve pas, je te garantis
qu'il recommencera.
Tu veux que je me protège, puisque je suis gay ?
Oui.
Et j'ai besoin d'une faveur.
D'accord.
Tu étudies toujours l'informatique ?
DIVISION ARC-EN-CIEL, 40 OUEST, 16E RUE JEUDI 29 SEPTEMBRE
J'ai pas cours, le jeudi. Je pourrais venir toutes les semaines.
On fait beaucoup de manifestations.
Tes parents seraient gênés que tu sois arrêté ?
Ils seraient fiers.
Ce mec, sa famille a accepté son homosexualité,
mais ils ont détesté son côté démonstratif.
"T'es obligé d'en parler ? Tout le monde doit le savoir ?"
- Que vont penser les voisins ? - Ils avaient plus peur…
Hé, ça va ?
Les lunettes-caméra fonctionnent.
- Dans 20 ans, peut-être… - Ken parle à qui ?
- Jason. C'est le gérant. - Hé, Gabriel.
- Salut, Jas. - Hé, Gabriel.
- C'est ton homme ? - Ouais.
- Ken Randall, Gabriel Thomason. - Voilà notre ami.
Jas m'a parlé de toi.
- Pas grand-chose à dire. - On est content de t'avoir.
Tu sais, on… On a besoin de toute l'aide possible.
Voir des types tomber malade, ça me donne envie d'agir.
Cool. Tu veux entrer ?
- Ouais. - Ça ira ?
Ouais.
Jason m'a dit que tu étudiais l'informatique.
J'aimerais devenir développeur.
Sauf si je fais médecine.
Mais t'es doué, avec les ordis.
- Mes profs le disent. - Le poisson a mordu à l'hameçon.
Pas encore. Il renifle encore l'appât.
… d'un ordinateur à l'autre, alors…
Je peux t'apprendre.
Je veux aider. Vous faites du super boulot.
Bien. En fait…
J'ai un problème de logiciel.
- Quel genre ? - Un fichier qui s'ouvre pas.
Reçu par mail ?
C'est sur un disque.
D'un autre système d'exploitation ?
Tu m'as perdu.
Windows, Mac, Unix…
tu passes de l'un à l'autre, et tout finit mélangé.
Si je te donne le disque, tu peux l'ouvrir ?
Je peux essayer.
Voilà.
Y'a plus de chance que je l'ouvre sur mon ordi, chez moi.
Bon, d'accord, juste…
Pense bien à me le rendre.
- C'est quoi, ce fichier ? - Une liste de noms.
On le tient.
UNITÉ DE RÉPONSE TECHNIQUE ONE POLICE PLAZA, JEUDI 29 SEPTEMBRE
Théoriquement, le cryptage est dans un système
qui a sa propre clé de déchiffrage, mais Gabriel a corrompu le fichier.
Il l'a enregistré sous un autre format.
- C'est compressé ? - Je crois pas.
Un fichier UUE, peut-être, ou quelque chose comme ça.
Je vais essayer ça.
Et voilà. Alors, papa ? Pas mal, hein ?
On dirait bien notre liste.
Pourquoi Gabriel veut la liste ?
Pour tuer ou pour protéger les hommes ?
S'il veut empêcher la dissémination de la souche assassine du VIH,
il pourrait tuer tous les malades.
Alors on doit interroger tous ceux de la liste
et tous les partenaires de Lydon Grant et Robin Weller.
Attends. Gabriel a pour nom de famille Thomason.
Un des noms de la liste est Alexander Thomason, 23 ans.
Décédé il y a trois mois.
Avant ça, il vivait au coin de la 458e Ouest, et de la 10e rue.
C'est l'adresse de Gabriel.
Alex Thomason est son petit-frère.
Certaines familles qui ont deux enfants gays.
S'ils étaient proches…
Gabriel avait un mobile pour le meurtre de Lydon et Robin.
Il les a présentés comme des "assassins".
Mais pourquoi la liste ? Il avait déjà vengé sa mort.
Il voulait savoir qui avait infecté Lydon.
C'est une chaîne. Il la remonte à l'envers.
Allez cueillir Gabriel avant qu'il tue quelqu'un d'autre.
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Le crystal, c'est létal !
Gabriel Thomason.
CRYSTAL = LÉTAL
On est occupés, messieurs.
On peut se parler au bureau, dès demain.
Baissez cette pancarte.
On est pacifiques, mais elle veut m'arrêter.
Pour quel motif ? Vagabondage homosexuel ?
Non. Homicide.
Gabriel Thomason, je vous arrête pour les meurtres
de Robin Weller et Lydon Grant. Vous avez le droit de garder le silence.
Tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous dans un tribunal.
Je l'admets.
J'ai tué Robin et Lydon.
Mais deux vies contre des milliers
si la souche s'était répandue ?
- Vous avouez les meurtres ? - Quel choix avais-je ?
Ils sont déchirés à la meth, ils couchent ensemble
nuit après nuit, et chaque partenaire
infecte le suivant.
Comme votre frère.
Alex s'est toujours protégé.
Il se faisait tester.
Jusqu'à ce que Robin Weller le rende accro à la meth.
J'ai vu Robin au club, cette nuit-là.
Il se rappelait pas de moi, tellement il était déchiré.
Je l'ai dragué.
Il m'a ramené au magasin. Il voulait… du sexe.
Il a tué mon frère. Je l'ai tué.
Vous jouez à Dieu ?
Vous choisissez qui vit, qui meurt ?
C'est le complexe du Messie.
Gabriel croit être le seul à voir certaines choses, comme un prophète.
Donc il est fou.
Non, il sait que c'est mal, de tuer. Mais il croit ses actions justifiées.
Alors pourquoi protéger ses arrières ?
Parce qu'il n'a pas fini.
Il tue pour la cause.
Il croit en ce qu'il fait. D'où ses aveux.
Ouais, et la défense plaidera les troubles émotionnels extrêmes.
Le deuil de la mort de son frère aura rendu Gabriel temporairement fou.
Tu me crois si prévisible, Casey ?
T'arrives trop tard, Carolyn. Ton client a avoué.
Ah bon ?
Peu importe. Gabriel ne mettra pas les pieds en prison.
Tu vas t'y prendre comment ?
Tu crois vraiment que je vais te révéler mes secrets ?
On se voit à l'audience.
- Affaire numéro 497. - Écoutons le plaidoyer, Mme Maddox.
Non coupable.
La défense ne peut pas avancer sa capacité diminuée.
Gabriel Thomason a clairement admis dans ses aveux
qu'il savait ce qu'il faisait, que c'était mal.
Ce n'est pas notre ligne de défense. Votre honneur, la plaidoirie aborde
la légitime défense face à une menace immédiate,
- et un danger imminent. - Légitime défense ?
Robin Weller a été attaché à une chaise, il a pris une balle dans la tête.
Quel risque présentait-il pour Gabriel Thomason ?
Robin Weller et Lydon Grant portaient un virus mortel.
Gabriel n'a jamais couché avec eux. Il n'a jamais été en danger.
Deux hommes positifs au VIH, drogués,
ayant des relations compulsives, mettent d'autres hommes en danger.
Mon client a défendu la communauté gay face à deux hommes
dangereux pour des milliers d'autres.
Votre Honneur, c'est absurde.
C'est un argument intéressant.
Pas sûre que ça marche, mais le jury doit l'entendre.
J'autorise cette défense.
SALLE D'AUDIENCE 46 JEUDI 11 OCTOBRE
Au Centre de Contrôle des Maladies, on observe les schémas de contamination.
Alors cette nouvelle souche de VIH doit grandement vous préoccuper.
Elle pourrait être plus mortelle que tout ce qu'on a connu
depuis le début de l'épidémie.
Qu'est-ce que le CDC recommande ?
Prévenir le public, l'éduquer, ainsi que d'autres mesures préventives.
Certaines personnes proposent des solutions plus radicales.
- Comme quoi ? - Poursuivre ceux
qui infectent volontairement leurs partenaires,
ou leur faire payer une partie du traitement.
Et tuer les porteurs du virus ?
Certainement pas.
Le meurtre n'est pas la réponse.
Merci.
Le témoin est à vous.
Dr. Sloan, y a-t-il un traitement pour cette souche de VIH ?
Il résiste à la plupart des médicaments. De nouveaux traitements sont à l'étude.
Le virus a muté, il change pour combattre les traitements.
S'il se répand encore, il pourrait être impossible de l'arrêter.
Vous dites que les malades meurent très vite.
Oui.
Je crois qu'on est au bord d'une immense catastrophe,
d'une pandémie mondiale.
Que peut-on faire, tester tout le monde
et isoler les malades du VIH sur une île déserte ?
Dans les années 1990, à l'époque, le Département de la Santé
avait créé des centres de détention pour les tuberculeux
qui refusaient de se traiter.
Une bonne façon de protéger le public.
Pourquoi ne pas essayer ça ?
La loi ne nous permet pas d'enfermer les malades du VIH.
Donc les porteurs de la nouvelle souche continuent le sexe non protégé
et répandent le virus ?
Oui. On ne peut pas les arrêter.
Merci.
En grandissant, j'ai toujours entendu que les hommes gays mouraient…
dans les années 1980, avant les traitements.
Et voilà que ça se reproduit à cause du crystal meth.
Vous ressentez quoi ?
La solitude.
La peur.
Le désespoir.
Comment gérez-vous ces émotions ?
J'essaye de faire la différence.
J'apprends aux hommes à se protéger.
J'ai rejoint la Division Arc-en-Ciel pour porter ce message.
Vos efforts ont porté leurs fruits ?
Je n'ai pas pu sauver mon propre frère.
Alex a été testé positif l'an dernier, et…
il est mort en cinq mois.
Après ses funérailles, j'ai lu ses journaux,
j'ai fait la liste de ses partenaires.
Pourquoi ?
Pour leur dire de se faire tester.
Est-ce que vous avez parlé à Robin Weller ?
Oui.
Et il… il m'a dit qu'il portait la souche assassine aussi.
Qu'il était déjà positif avant sa relation avec mon frère…
Qu'il savait, qu'il ne lui a pas dit…
Et qu'il l'a infecté.
Et ça vous a mis en colère.
Oui.
Et j'ai vu Robin en boîte…
il draguait des petits jeunes.
J'ai essayé de les prévenir, mais ils étaient drogués.
Ils ne m'écoutaient pas.
J'ai pas pu les sauver.
Robin allait les tuer.
Comme il avait tué mon frère.
Et c'est pour ça que vous avez tué les deux responsables de la mort d'Alex.
Je devais protéger leurs potentielles victimes,
les hommes qu'ils auraient infectés.
Gabriel, pensez-vous avoir fait ce qu'il fallait ?
Oui.
J'ai arrêté deux vies, pour en sauver des milliers d'autres.
Merci.
"Arrêté deux vies."
C'est bien présenté.
Vous avez assassiné deux hommes, non ?
Oui.
Mais ils auraient tué des milliers d'innocents.
Comme votre frère.
Vous pensez qu'Alex était innocent ?
Bien sûr.
Votre frère n'a pas été violé.
Il a choisi d'avoir une relation non protégée.
- Vous l'accusez ? - Vous avez entendu le docteur,
la responsabilité personnelle entre en jeu.
Robin Weller ne s'est pas montré responsable.
Mais votre frère non plus.
Alex… il ne savait pas.
Il était jeune, drogué-
Tout comme Robin Weller.
Vous accusez l'un, vous accusez les deux.
Et si Alex n'était pas mort ?
S'il avait continué la drogue et les soirées ?
Il aurait pu en infecter d'autres.
Auriez-vous "arrêté" sa vie ?
Répondez à la question.
Auriez-vous tué votre propre frère ?
Il n'y a aucun mystère.
Deux hommes sont morts.
Gabriel Thomason a avoué avoir tué les deux hommes par balle,
ainsi que ses raisons.
En 1981, 41 hommes homosexuels ont reçu un diagnostic de cancer rare
qu'aucun docteur n'avait jamais vu.
Aujourd'hui, 40 millions de personnes portent le VIH.
Quarante millions.
Homosexuels comme hétérosexuels.
On continue à espérer une réponse avant qu'il soit trop tard,
mais personne ne fait rien.
C'est pour ça que Gabriel Thomason a pris les choses en main.
Robin Weller et Lydon Grant ont infecté des dizaines d'hommes.
Ils auraient pu en infecter des centaines d'autres, dans leur folie.
C'étaient des terroristes.
Je vais vous le dire autrement.
Vous sortez d'ici ce soir, et sur les marches du tribunal
se trouve Oussama ben Laden, une bombe sale dans les mains.
Tout ce que vous connaissez de lui vous dit qu'il va l'amorcer,
et faire de Manhattan une friche nucléaire.
Vous avez un pistolet.
Vous lui tireriez dessus ?
Aux grands maux les grands remèdes.
Gabriel Thomason a fait ce qu'il fallait pour sauver des vies innocentes.
À votre tour, maintenant.
Faites ce que vous avez à faire.
Déclarez-le non coupable.
Des millions de morts du VIH, c'est une tragédie.
Pour autant, est-ce que deux morts de plus,
deux meurtres, ne comptent pas ?
La défense fait valoir que les meurtres sont justifiables
au regard des futures morts.
Ça pourrait paraître rationnel. Mais considérez la situation.
Les producteurs de tabac font des cigarettes.
Et des centaines de milliers de fumeurs
meurent du cancer du poumon.
Est-ce qu'on peut alors tuer tous les producteurs de tabac ?
Si vous pensez que les deux situations ne se valent pas, réfléchissez encore.
Les gens qui fument connaissent les risques.
Et ils choisissent de fumer quand même.
Comme ceux qui se droguent avant d'avoir des relations non protégées.
N'accusez pas les victimes.
Gabriel Thomason a violé la loi. Il a assassiné deux hommes.
Il savait ce qu'il faisait. Il savait que c'était mal.
Tenez-le pour responsable.
Deux contre un, non coupable.
Mauvaises probabilités pour un double meurtre.
Joue-la sécure, de 25 ans à perpète.
T'as pas vu Gabriel à la barre. Quand il a pleuré, le jury l'a cru.
Non, pas du tout.
Coupable. Des deux meurtres.
Le jury n'a pas cru à ses larmes.
Ils vont demander le max. Gabriel va prendre de 50 ans à perpète.
Elle peut encore abandonner les charges.
Pas après le témoignage du père de Robin Weller.
Il cherche une vengeance. Elle va lui donner.
AUDIENCE DE CONDAMNATION, SALLE 46 JEUDI 13 OCTOBRE
Votre Honneur, le père de Robin Weller a une déclaration à faire,
avant la prononciation de la peine.
JUGE LENA PETROVKSY
Avancez, M. Weller.
Mon fils me manque.
Il me manque tous les jours.
On ne s'est pas parlé pendant plusieurs années.
Je lui en voulais pour ses choix de vie.
Pour son comportement.
Mais je le regrette.
Chaque journée est douloureuse.
Il m'a jamais autant manqué
que ces six derniers mois,
parce qu'il n'était plus mon fils.
Son addiction avait pris le dessus.
Et le Robin que je connaissais avait disparu.
J'ignore combien d'hommes ont été infectés par Robin
ou combien d'autres l'auraient été s'il avait vécu.
Je n'approuve pas les actes de Gabriel.
Mais je comprends ses motivations.
Je ne pensais pas le voir comme ça.
Je pensais vouloir une vengeance.
S'il vous plaît…
ne le punissez pas trop sévèrement.
Merci. La cour apprécie votre déclaration.
Je n'ai pas pu rester pour le verdict.
Il a pris combien ?
Quinze ans.
C'est le minimum, pour un meurtre.
Il aurait pris plus si vous n'aviez pas parlé.
J'ai tout fait de travers, avec Robin.
Vous avez fait de votre mieux.
Quand il m'a parlé de son homosexualité,
je lui ai dit que j'aurais préféré qu'il soit mort.
Je donnerais tout pour une deuxième chance avec mon fils.
CETTE HISTOIRE EST FICTIVE. PERSONNE, NI AUCUN ÉVÉNEMENT RÉELS N'Y SONT DÉPEINTS.
Sous-titres : Eve Dubouchet
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