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"FILM POLSKI", Varsovie
pr�sente :
M�RE JEANNE DES ANGES
D'apr�s le roman :
Avec :
Sc�nario :
Prises de vues :
R�alisation :
La cloche !
Pourquoi on sonne ?
C'est l'habitude. � l'intention des voyageurs �gar�s.
Ordre de l'�v�que.
Pour ceux qui s'�garent dans la for�t.
- Tu t'appelles comment ? - Juraj.
Tu repars demain ?
S�r. Faut que je reparte aussit�t.
C'est loin chez vous.
On a mis toute une journ�e.
Comme vous le coupez fin, votre pain, mon P�re.
Vous ne sentez m�me pas ce que vous mangez.
Chez nous, au couvent, on le coupe toujours ainsi.
Et pourquoi �a ?
Et pourquoi se bourrer de gros morceaux ?
Vous m'avez l'air pourtant d'un fameux gourmand, non ?
Alors, tu ne veux pas lui dire la bonne aventure ?
Et pourquoi pas ?
�a leur arrive aussi, les bonnes aventures.
M�me que
plus d'une jeune fille...
vient les consulter avant d'entrer au couvent.
Il voudrait bien conna�tre l'avenir,
mais il ne peut pas.
Dis-lui quelque chose.
Et quoi donc ?
Dis-lui tout.
Si son voyage r�ussira,
s'il fera des rencontres...
Il verra une fille qui sera m�re.
C'est pas ce qui manque en Pologne.
Pauvret, oh, pauvret !
Tu aimeras une bossue.
Dieu soit b�ni, mon p�re.
Dans les si�cles des si�cles.
Ces dames vous attendent, mon p�re.
Impatiemment.
Personne n'�tait au courant de ma venue.
Elles savent bien tout, allez.
Sauf qu'elles mentent quelquefois.
Vous �tes venu pour les dames du couvent ?
Vous n'�tes pas sans savoir ce qui s'y passe ?
De saintes, elles n'ont plus que le nom.
Taisez-vous, vous n'y entendez rien.
Nous, th�ologiens, y voyons � peine. Taisez-vous et priez.
La s�ur touri�re, n'a pas voulu fermer la porte de la nuit.
Elle vous attend comme le Messie.
Vous en savez des choses, vous !
Faut bien, je suis domestique au couvent.
Les hommes y sont admis ?
Elles sauraient couper du bois, toutes seules ?
�gorger un b�uf ou un mouton ?
Elles mangent de la viande ?
Pour s�r. C'est le diable qui les tente.
Dieu nous garde de m�dire !
Je crois en notre Sainte M�re l'�glise,
foi de Wolodkowicz.
Dans mon village, mon p�re,
on est tous plus pauvres les uns que les autres.
La terre est pauvre, tout juste s'il vient du lin, de l'orge.
Les pommes sont sures...
Le lin minable...
L'orge pel�...
Seule l'eau de vie y est buvable.
� la sant�
de monsieur le Chanoine.
- Je ne suis pas chanoine. - Vous le serez bien.
Pour moi,
il est temps d�j�.
Toi aussi, Juraj, va te coucher.
Tu te l�ves t�t, demain.
On t'a dit de rentrer aussit�t.
Il me faut aller au couvent.
Kaziuk vous conduira.
Il y a go�t� � l'eau de vie.
Il n'est pas si continent qu'il le dit.
Ils sont tous pareils, allez !
Vos saintes dames, mangent-elles aussi du porc ?
Du porc ? Elles ont bien d'autres r�jouissances.
T'as bien besoin d'en parler.
S�r que �a attire le malin.
Ma parole, racontez-nous un peu
ce qui s'y passe, au couvent ?
Qu'est-ce que les diables y fabriquent ?
Taisez-vous donc.
On ne plaisante pas ici.
Il y a des espions partout
qui rapportent aux pr�tres.
Ils sont nombreux au couvent ?
Quatre exorcistes, et puis celui-l�, le cinqui�me.
Mais pour juger feu monsieur le cur�,
ils �taient plus de douze
pour le condamner au b�cher.
Ce cur�, ils l'ont br�l� sans raison aucune.
Ces dames n'ont pas cess� de danser, hein ?
Elles font mieux encore maintenant.
Mais c'est-y vrai qu'il �tait sorcier ?
Ma parole, mais vous le regrettez !
On peut pas dire �a, mais c'est dommage.
M�me s'il avait �t� pire.
Et il �tait comment, lui ?
Oh, c'�tait pas un saint.
Il gr�sillait comme un cochon.
Br�ler un homme, tout de m�me !
Mange, mange !
Comment qu'ils ont fait ?
L'ont pris, l'ont entra�n� et l'ont br�l� ?
Et ses v�tements ?
Les v�tements prennent feu les premiers
et l'homme reste nu.
Bonjour, p�re Joseph !
Je suis la gouvernante de monsieur le cur�.
Oui, mon petit. Mais laisse-moi avec mon invit�.
Un cur�, c'est pas un invit�.
Alunio, va un peu jouer avec elle.
Pauvres gosses. C'est toute ma joie � pr�sent.
Orphelins ?
La m�re vit encore.
Le p�re a �t� br�l�.
C'est les enfants de Garniec.
Qu'est-ce qu'ils vont devenir ?
Les enfants d'un pr�tre sorcier.
Vous croyez � ces mauvaises intentions ?
Peut-�tre pas � sa magie, mais quant � ses intentions...
Satan est en lui.
Un rude labeur vous attend ici.
J'ai pass� tout l'automne � je�ner et � prier.
Je prie, je prie sans cesse... Et pourtant, j'ai peur.
De quoi ?
Du malin.
Je mets jamais les pieds l�-bas,
j'ai mon �glise et ma cure.
Garniec n'y allait pas non plus, et pourtant....
Ces bonnes fem... Ces nonnes l'ont perdu.
Mais l'abb� Garniec �tait bel homme.
Tandis que moi...
La sup�rieure ne risque pas de r�ver de moi.
Elle r�vait de lui ?
Apparemment...
M�me qu'il passait � travers les murs du couvent !
Qu'est-ce qu'elles vont pas inventer !
Vous croyez que c'est des inventions ?
Entre nous, je le crains.
Elles avaient envie que Garniec vienne les voir.
Nos dames ou les diables qui les tiennent,
racontent de ces choses...
Elles les crient devant tout le monde.
O� ils sont et par quoi ils les tiennent.
Et �a, � l'�glise, lors des exorcismes !
Quel scandale ! � l'�glise !
Essayez de le dire aux exorcistes.
Ils disent : "Quand le peuple voit le diable,
il n'en croit que mieux en Dieu."
Aussi, ils font d�monstration
de leurs tours de foire.
Faire r�gner Dieu par le d�mon ?
Qui sait, qui sait, p�re Joseph...
C'est aussi une m�thode.
Elle peut faire des saints aussi.
� moins, � moins...
qu'il n'y ait pas le moindre diable l�-dessous.
Cette inclination naturelle des femmes vers la chute...
Mais aussi vers la saintet�.
Quand on contemple un peu ce monde...
Je ne connais pas le monde.
Que puis-je en dire ?
Une m�re carm�lite, deux s�urs religieuses.
Toujours entour� de saintes femmes.
C'est bien que vous soyez si pieux
et connaissiez si peu les femmes.
Mais vous passerez ici des moments difficiles.
Priez pour moi.
Que puis-je pour vous ? Ma pri�re vole bas.
Mais je prierai, je prierai.
B�nissez-moi, mon p�re.
Allons, les enfants, on rentre.
Je voulais vous accompagner.
Ce n'est pas la peine.
C'est plus digne pour un pr�tre.
�a m'est �gal.
Mais nous y tenons, nous.
Je vous accompagnerai toujours. On est des braves gens.
Tous ?
Peut-�tre pas tous.
Mais c'est au soir qu'on juge la journ�e.
Voil�, c'est ici.
La s�ur touri�re vous ouvrira.
Marguerite Accroch�e.
La m�re sup�rieure vous attend depuis hier soir.
Je suis heureuse de vous voir, mon p�re.
Nous vous attendions comme le Messie.
Nous allons prier ensemble.
Prenez-place, je vous prie.
Nous sommes ici en proie � un grand malheur.
Les pr�tres que nous avons ici
s'avouent impuissants.
Vous �tes notre seul espoir.
Tu m'es recommand�, ma fille.
Les autres s�urs ont les exorcistes.
Ah bon ! Si le d�mon me quitte, il quittera aussi les autres.
C'est par moi que tout a commenc�.
J'essaierai de chasser ce d�mon.
Ils sont huit.
B�h�mot, Balaam, Isaacharon,
Gr�sil, Aman, Asmod�e, B�h�rit, L�viathan et Allumette.
Ne les crois pas ma fille.
Le malin aime � se d�guiser.
Quand vous �tes-vous confess�es ?
Pas depuis six mois.
C'est long. Pourquoi avez-vous tant attendu ?
Pas nous, mon p�re.
Les d�mons nous l'interdisaient.
N'est-ce pas plut�t votre paresse
incarn�e dans ces d�mons ?
Vous ne me croyez pas vraiment poss�d�e ?
Il faut bien que j'y croie, h�las.
Mais Satan est rou�, il conna�t nos faiblesses.
C'est un prince de l'Enfer, le mien.
On ne sait rien sur leur nature.
Et ce qu'en disent les poss�d�s
ne m�rite pas de cr�dit.
Ils sont les fils du mensonge.
Qu'est-ce qui est mensonge, qu'est-ce qui est v�rit� ?
Chaque chr�tien en sa conscience
d�finit la fronti�re entre le noir et le blanc.
Que Garniec ait p�ri par ma faute, est-ce mal ?
Interroge l�-dessus ta conscience.
Si je te disais tout ce qu'il m'a fait faire,
toutes les horreurs...
Il faut que je te le dise un jour.
Pour que tu connaisses
ma souffrance et mon angoisse.
� toi de me tirer de cet ab�me o� Dieu m'a pr�cipit�e.
Calme-toi, ma fille.
Nul n'est jamais seul au monde.
J'ai vu mon Ange gardien
aupr�s de mon lit.
Il ressemblait � Kaziuk, le gar�on de l'auberge.
Mais il avait de longs cheveux jusqu'aux �paules.
Il se pencha sur moi, me toucha la poitrine.
Et ma chemise, depuis, sent un baume parfum�.
Pardon. Je n'ai personne � qui dire ma peine et mon effroi.
Prot�ge-moi, mon p�re.
Va maintenant � tes affaires.
Moi, je vais prier Dieu,
puis nous ferons ensemble acte de contrition.
Mon ch�ri, ne crois pas qu'il te sera facile
de me d�loger de ce beau petit corps.
M�re Jeanne...
Je ne suis pas m�re Jeanne.
Je ne suis personne.
Tu crois que j'ai peur de ton eau b�nite, de ton latin ?
Vieille chiffe !
Apage satanas !
On ne vous attendait plus.
J'ai failli ne pas venir, tous ces exorcismes...
Les autres ne font que prier, mais travailler nenni.
Je suis tout essouffl�e.
L�, dans un coin, je suis bien.
La compagnie est agr�able.
Je suis heureux de saluer
une repr�sentante de ce clo�tre fameux.
Vous avez des choses int�ressantes � raconter.
En quoi puis-je vous int�resser ? C'est vous qui venez du grand monde.
Mais sans vous, sans votre clo�tre,
nous ne serions pas ici.
Les exorcismes nous attirent ici.
Oh, sur moi les diables n'ont pas prise.
Je dois avoir l'�me coriace
et le corps peu app�tissant.
Les exorcismes vont commencer avec le nouveau pr�tre.
Pour moi, il n'est pas de force.
Il �tait p�le comme un linge en sortant.
Apr�s le coup de la poign�e noircie de suie.
Elle dissimule donc, la m�re Jeanne ?
Ce n'est pas le diable
qui lui fait noircir la poign�e ?
Est-ce une tricherie ? �a doit �tre vrai !
Qu'elle ne triche pas !
Qu'est-ce que nous faisons ici ? Plut�t aller � la foire.
Ces nonnes du diable ne me disent rien.
Si encore elles se baladaient toutes nues.
Parfois elles se d�shabillent...
Du temps de Garniec,
elles gambadaient � poil, dehors, en criant apr�s lui.
Il faut apprendre � boire � cette nonne.
Buvez donc un verre, ma s�ur.
Vous �tes pire que des Sarrasins !
Allons, un seul verre !
- � la sant� du clo�tre ! - Et de la m�re Jeanne !
J'aime mieux, petite m�re Au couvent m'en aller
Plut�t qu'un m�chant homme Pour la vie �pouser
Tout le jour, il me battrait � coup de trique cajolerait
J'aime mieux, petite m�re, Au couvent m'en aller
J'aime mieux, dans le ch�ur Avec les nonnes chanter
Que prendre de mon mari Racl�e apr�s racl�e
J'aime mieux chanter matines Laudes et v�pres
Mais intacte Garder la peau de mon derri�re
Le p�re Joseph !
Que fais-tu l�, ma fille ?
J'avais une course � faire.
Va, ma fille, et ne p�che plus.
Le diable est ici et en face.
Le monde est ainsi fait.
Tu le connais, le monde ?
Et vous mon p�re ?
Moi ? Non plus.
Au couvent depuis l'enfance.
Attention, Kaziuk !
C'est le diable qui l'a mise l�.
Tu enrages que je sois venu te livrer bataille.
C'est ton royaume, mais je viens au nom du Seigneur.
Je suis d'un autre royaume, celui de la lumi�re,
comme toi des t�n�bres.
Je suis du bien, toi, tu es du mal.
Tu y crois, toi, au diable ?
J'y crois.
Tu l'as vu souvent ?
Oui.
Il avait des cornes.
T'es b�te.
Il avait des ailes.
Et le visage de m�re Jeanne.
Mais comment qu'il �tait, le diable ?
T'es trop curieux.
Dis-le quoi, je l'ai pas vu.
Moi non plus.
Le diable, je l'ai pas vu.
Mais je l'ai vu faire danser les s�urs.
Et surtout la sup�rieure,
la m�re Jeanne des Anges.
- Elle s'appelle ainsi ? - Oui.
M�re Jeanne des Anges.
M�re Jeanne, oui, des diables et non des anges.
On a peur quand on est seul au monde.
Si le diable s'emparait de moi ?
Des gens comme nous, �a l'int�resse pas.
Qu'est-ce que t'en sais ?
Des fois je d�teste tellement mon vieux que je le tuerais.
Et si on tue son p�re, le diable ne vous l�che plus.
� quoi bon tuer son p�re ?
Il mourra bien tout seul.
Mais il est si mauvais.
Il bat ma m�re, et moi aussi.
Prie pour lui, plut�t.
Dis voir : Au nom du P�re, du Fils et du Saint Esprit, Mon Dieu
ayez mon p�re en sainte garde.
Je veux bien : Mon Dieu, ayez mon p�re...
Et maintenant, dors.
Satan !
Je t'ordonne de sortir du corps
de la r�v�rende m�re Jeanne des Anges !
Sors !
Sors, Satan !
Je ne sortirai pas !
Balaam, Isaacharon, Asmod�e,
Gr�sil, Aman, L�viathan.
R�ponds, qui es-tu ?
C'est moi, Allumette, pour te servir.
R�ponds, Allumette, es-tu pr�t
� quitter sur mon ordre le corps de cette femme ?
Sur le champ. Mais que feras-tu de mes fr�res ?
Balaam est dans ma t�te, Gr�sil dans mon ventre.
Asmod�e dans mon...
Satan ! Je t'ordonne de sortir !
Allumette m'a quitt�e.
Je ne suis pas la m�re Jeanne.
Je suis Satan, j'ai nom Gr�sil.
Gr�sil ! Satan !
Dieu a voulu que tu p�n�tres dans ce corps !
Ob�is � ceux qui t'ordonnent en son nom.
Ob�iras-tu ?
Oui.
Esprit du mal, montre comment les S�raphins r�v�rent Dieu !
Gr�sil, montre-nous
comment les Tr�nes rendent gr�ce au Tout-Puissant.
Gr�sil, je te somme, au nom de Dieu, de te prosterner
devant le symbole de notre r�demption.
�a, jamais, mon p�re, il me fera par trop souffrir !
Prosterne-toi ! Je te somme.
Non, je ne veux pas.
Je ne me rendrai pas.
Aucune puissance terrestre ou c�leste ne m'y forcera.
Humilie-toi.
Non, non.
Maudit soit le P�re, le Fils, le Saint Esprit,
la Sainte Vierge et tout le royaume des Cieux !
� sainte croix ! � tr�s sainte Vierge !
Pardonne-moi ces blasph�mes !
Mon Dieu...
Seigneur, gardez-moi de Satan !
- Vous m'avez fait peur ! - Alors, fini les exorcismes ?
Pas du tout, mais...
La Sup�rieure va �tre isol�e.
Agenouillez-vous, m�re Jeanne.
Agenouille-toi, ma fille.
Nous allons prier ensemble.
Je dirai mes pri�res et toi,
essaie de me rejoindre en esprit.
Que la paix descende sur toi.
L'amour chasse le mal.
Tu n'as qu'� t'en remplir.
L'amour peut-il rester sourd � l'Amour ?
Notre P�re qui �tes aux cieux,
que votre volont� soit faite...
Je vous salue, Marie...
On a nettoy� comme on a pu,
mais ces pigeons sont impossibles.
Dites � Odrym de r�parer la toiture.
Ils se sont mis partout, ces oiseaux.
Mais ici, vous serez tranquilles.
Seule, tu humilieras mieux ton orgueil.
Ton plus grand p�ch�.
Quand tu es parmi les hommes,
tu ne penses qu'� ta superbe.
Que suis-je, moi ? humble servante du Seigneur,
qui v�n�re Dieu dans ce couvent oubli�.
Je suis un pauvre nonnain.
Sans doute mon p�re est prince, mais pauvre.
Il ne quitte pas ses marais de Smolensk et ne voit personne.
Qu'ai-je fait, pour que huit d�mons
� la fois m'assaillent ?
Sois bonne comme un enfant.
Heureuse comme un enfant.
Car Dieu nous a aim� et nous aime.
Et si Satan me quitte pour entrer en toi ?
Dieu, aie piti� de mon �me p�cheresse !
La v�rit� n'est pas de ce monde.
Tu reviens � tes aberrations.
Apr�s tant de pri�res tant d'humilit�.
Laisse.
Les diables s'affolent en moi.
Tu es Satan toi-m�me !
Laisse-moi, laisse-moi.
Le p�re n'est pas l�.
Je viens juste une minute.
Tu n'as pas id�e de ce qui se passe chez nous.
Pas moyen de risquer un �il !
Et cette grille, c'est pour le P�re.
La m�re est poss�d�e plus que jamais.
�a recommence comme avec Garniec.
Tais-toi !
Parle pas de �a ! �a porte malheur !
Qu'est-ce qu'il a celui-ci
� aller et venir dans ce coin perdu ?
Il n�gocie un emprunt chez lez Juifs, dit-on.
T'es fou ?
Il s'occupe pas de �a.
Qu'est-ce que t'en sais, toi ?
Pardi que je sais. Pour Garniec...
Tu t'�tonnes de me revoir ici ?
Un aimant m'y attire.
Vous �tes si curieux de notre couvent ?
Voil� mon p�re, c'est ici.
Qu'est-ce que je fais ici ?
Qui sait ? C'est un sage, lui.
Il dit toujours : "Le souci, il faut pas lui ouvrir la porte.
Il entre tout seul par la fen�tre."
Reb Ich� vous attend.
�a t'�tonne, hein ?
Non, je m'attendais depuis longtemps
� ce que l'un de vous vienne me voir.
Vous �tes au courant ?
Oui.
Qu'est-ce que c'est ?
Ainsi, monsieur l'abb�, vous venez
demander � un pauvre rabbin ce que c'est que les d�mons ?
Vous ne savez pas, vous, pr�tre ?
Au lieu de d�mons, c'est peut-�tre une insuffisance des anges ?
Les anges ont quitt� la m�re Jeanne et elle est rest�e seule.
Ce n'est peut-�tre que la nature de l'homme ?
Ne ricane pas, Juif !
Tu es tranquille sous ton cierge, parmi les livres.
�a t'est bien �gal que les hommes peinent,
que les femmes...
que les femmes peinent ?
Qu'elles peinent. C'est leur destin�e.
Et on ne fuit pas sa destin�e.
Dis-moi, que sais-tu des d�mons ?
Assieds-toi, Abb�.
Dis-moi, ce que tu nommes esprit du mal ?
O� loge-t-il ? Quel est-il ? D'o� vient-il ?
Et qui l'a cr�� ? Adona� ?
Dieu.
Qui d'autre aurait pu ?
Et si Satan a cr�� le monde ?
Arr�te.
Car si c'est Dieu qui l'a cr��...
Pourquoi est-ce que �a va si mal ?
Et la mort ? Et la maladie ? Et la guerre ?
Pourquoi pers�cute-t-on les Juifs ?
Pourquoi tue-t-on nos fils ?
Et viole-t-on nos filles ?
Le p�ch� originel ?
La chute des premiers hommes ?
Que de fois les hommes sont tomb�s et se sont relev�s ?
Que de fois le patient Abel a �t� tu� par Ca�n ?
Tout le mal que font les hommes n'est rien
en comparaison du mal qui les travaille.
La chute du premier homme...
La chute du premier ange...
Pourquoi les anges sont-ils descendus du ciel ?
et ont procr�� des g�ants sur terre ?
Pourquoi ? Dis-le-moi, abb� ?
Les anges
sont des natures incompr�hensibles.
Ta religieuse s'appelle Jeanne des Anges.
Mais que sait-elle des anges ?
Qu'est-ce que les anges, mon p�re ?
Dieu les envoie sur terre.
Mais le diable, il l'envoie aussi.
Il ne peut poss�der un homme contre sa volont�.
Et quand Satan poss�de-t-il une �me ?
Lorsqu'elle en devient amoureuse.
Amoureuse ? de Satan ?
L'amour est au fond de toutes les choses de ce monde.
Il y avait ici un Juif qui �tait tellement
mais tellement amoureux d'une belle Juive,
que lorsqu'il est mort, il est entr� en elle !
On me l'a amen�e, il se tenait l�, � votre place...
et je disais � cet esprit de la quitter.
Mais il n'a pas voulu sortir.
Tu vois bien.
Il m'a dit qu'il ne sortirait pas,
et elle en est morte.
L'amour est fort comme la mort m�me.
Tu ne m'apprendras rien.
Toi, tu voudrais tout savoir d'un coup.
Ce que mon p�re a appris de son grand-p�re,
et celui-ci de son arri�re grand-p�re,
ce que nous enseignent les parchemins, et Zohar, et Temureh,
tu veux que je te le dise, en deux mots, tout �a ?
March� conclu, contre quittance, contre re�u ?
Tout sur les d�mons ?
Sur ceux qu'a cr��s l'�ternel Adona� ?
Et sur ceux qui sont n�s des anges et des mortelles ?
Et sur ceux qui surgissent en toi ?
Qui troublent ton esprit,
qui te ravissent ta sagesse,
et qui sont l�, � pr�sent, dans ton c�ur ?
Tu veux tout savoir sur les d�mons ?
Ouvre-leur encore ton �me !
Mes d�mons, c'est mon affaire, et mon �me est � moi.
Moi, je suis toi. Toi, tu es moi.
Dieu, que dis-tu ?
Abb�, tu ne sais rien, tu erres dans les t�n�bres.
Ton ignorance est comme la nuit noire.
Je ne puis rien t'apprendre, ma science n'est pas la tienne.
Tu es moi...
Hors d'ici !
Moi aussi, je ne sais rien.
Rien, rien.
Dites � la m�re sup�rieure de me rejoindre au parloir.
Dites-lui aussi qu'il n'y aura pas d'exorcismes.
Je t'ai pris par la main
pour t'amener du bout du monde,
et je t'ai invoqu� du fond du d�sert.
Je t'ai �lu et non pas rejet�.
N'aie crainte car je suis avec toi.
Pourquoi m'as-tu appel�e ?
Je veux ton salut.
O� est le salut ?
Le plus dur, c'est de parler franchement.
Parle, je prends tout sur moi.
J'assume tous les p�ch�s.
Le pire, c'est que je me plais avec Satan.
La possession me r�jouit.
Je suis fi�re d'avoir �t� choisie.
D'�tre plus en proie � ces d�mons qu'une autre.
Encore un p�ch� d'orgueil, humilie-toi.
Nul ne peut me sauver.
Ce n'est pas vrai, je suis fort.
Presse-toi, suis-moi.
O� me conduis-tu ? Quel est ce chemin ?
Tu veux que je me rabougrisse,
que je ressemble aux autres nonnes.
Eh bien soit !
Je vais te dire.
C'est moi qui ouvre mon �me aux d�mons !
Toi, tu veux me rendre comme ceux
qui errent sans but de par le monde.
Tu veux me voir prier du matin au soir !
Et je�ner, je�ner sans cesse !
Et qu'est-ce que tu me promets ?
Le salut ? Je n'en veux pas.
Si je ne peux pas �tre une sainte, autant �tre damn�e.
Ah, si tu pouvais faire de moi une sainte ! Comme je voudrais !
Tu te rends compte ! Tout comprendre !
Baigner dans la lumi�re divine et rester pourtant sur terre.
Sur les autels, parmi les cierges et l'encens.
Revenir en pri�res sur toutes les l�vres.
�a, c'est la vie !
La vie �ternelle.
Mais �a ?
Plut�t me livrer aux diables !
Jeanne, calme-toi, ma fille !
L'amour rach�te tout.
L'amour est fort comme la mort m�me.
Fais de moi une sainte.
Non, ce n'est pas en mon pouvoir.
Pi�tinez pas le grain !
Je fais peur au loup.
Pourquoi elle pleure ?
Elle a fait pipi, mon p�re.
Rentrez, elle va prendre froid.
Je pense que cette bi�re douce
est aussi une invention diabolique.
Car si le mal existe, il peut �tre plus ou moins grand.
Le grand diable s'appelle B�h�mot.
Et le petit, "petite bi�re", peut-�tre ?
Oui, pars p�re Joseph, pars sur le champ.
Le voyage te fera du bien.
Tu retrouveras ta cellule, tes livres...
et peut-�tre les d�mons te quitteront peu � peu.
Je ne veux pas
qu'il reste en moi.
Moi, je suis lui. Lui est moi.
C'est Satan qui poss�dait son �me et son corps.
La cloche.
� l'intention des �gar�s.
Elle porte loin.
J'aime bien cette sonnerie, moi.
C'est tous les jours comme �a.
T'avais peur, dans les bois ?
Les loups hurlent. Le diable veille.
Elle s'est d�j� chang�e.
Souviens-toi, on file � l'aube.
J'aime mieux, petite m�re Au couvent m'en aller
Plut�t qu'un m�chant homme Pour la vie �pouser
Ne vous interrompez pas.
Continuez � danser. Dieu vous pardonnera.
Vous ne savez pas ce que vous faites.
L'homme est un dr�le d'oiseau.
Ta m�re Jeanne, que va-t-elle faire ?
Restera nonne, comme avant.
Et le diable, alors ?
Il trouvera � s'employer, va.
Il a quitt� la m�re Jeanne pour s'emparer de l'abb�.
Et sans doute aussi de s�ur Accroch�e.
C'est elle qu'il est venu chercher.
Lui aussi, il est poss�d� : elle est moche.
Eh ! Pas tant que �a.
Elle est forte.
Et ton p�re ?
Il boit et nous bat.
Tu pries pour lui ?
Non.
Alors r�p�te avec moi.
Mon Dieu, ayez mon p�re en votre sainte garde.
Je veux bien. Mon Dieu,
prenez mon p�re en votre sainte garde.
Et nous tous.
Dors maintenant.
Tu es encore l� !
Va-t'en !
Ne me tourmente plus.
Non, reste !
Je sais que si tu me quittes,
tu rentreras en m�re Jeanne.
Reste !
Qu'elle soit libre, elle. Qu'elle soit sainte.
Prends-moi.
Mais ne retourne jamais chez m�re Jeanne.
Tu ne me quitteras jamais ?
Que dois-je faire ?
Non, pas cela, pas cela.
Reste.
Oui, je me souviens de cette hache.
�a pue le sang � l'�curie.
Allons donc !
- Les chevaux sont inquiets. - Monte !
Et la nonne ?
Allez, au galop.
Le chambellan est parti.
Il m'a abandonn�e.
C'est votre faute.
Vous m'avez port�e au mal.
Le chambellan m'a abandonn�e.
On a tu� les gar�ons.
Kaziuk et l'autre... Assassin�s !
Le P�re... Il faut le pr�tre !
Chut !
Ils �taient innocents.
Ils sont d�j� au ciel.
Mon Dieu, me voici � jamais aux mains de Satan.
Mon p�re, le chambellan m'a plaqu�e.
Rentre.
Je n'y retournerai jamais.
Je ne peux pas.
Je ne veux pas.
Va et dis � la m�re Jeanne que c'est pour elle.
Pour son bien, pour son salut.
Pour d�tourner les d�mons qui voulaient la rejoindre.
Dis-lui... N'oublie pas.
Dis-lui...
que c'est par amour.
Sous-titrage : C.M.C.
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