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- Matricule 76, vous avez fini au premier rang de la Hell Week.
Félicitations!
Bienvenue dans JTF16.
- Tu vas me manquer, Germaine. - Toi aussi, Rambo.
(cri, grognements)
- Quel osti de pourri ça prend
pour montrer à un qui est de 17 ans
ses parents en train de tuer quelqu'un!
(coup de feu)
- Dans 24 heures, je n'existerai plus.
Et quand je vais sortir de JTF,
je n'existerai pas plus pour vous autres.
- 339, rue Martin, c'est quoi?
- Un garage. Pas d'enseigne, pas de clients.
Ca m'a pas l'air d'un commerce legit.
- Et ce qu'il y a en dessous du véhicule, c'est ce qu'on pense?
- Il y a du cyrillique dessus.
- Pourquoi ils veulent faire sauter le char d'une soldate?
- What the fuck? - Un véhicule bélier.
Elle va pouvoir l'amener ou elle veut sur la base
et faire exploser la bombe ou ils veulent.
- Un attentat? - C'est notre hypothèse.
Craig va préparer JTF16 pour intervenir dans les 12 heures.
Tout ce qui manque, c'est votre autorisation.
- Vanier, debout.
Je te veux habillé et prêt dans le corridor.
T'as 2 minutes. Mission spéciale.
- Les Russes ont capturé les membres d'un OBNL canadien.
Le PM veut négocier un échange de prisonniers.
Ca prend des otages.
- Savard. Savard!
Debout.
Habillé et prêt dans le corridor, t'as 2 minutes.
Mission spéciale.
- Adjudant-chef.
- "Confirmation de l'adhésion de Ivan Savard à l'unité JTF16.
"Nous tenons à vous informer que votre fils, Ivan Savard,
"a été officiellement intégré à l'unité opérationnelle JTF16.
"A compter de cette date,
"toute référence à l'existence de Ivan doit être effacée.
"Mentions, photos ou données relatives à Ivan
"devront être retirées ou anonymisées
"de façon irréversible.
"Exigence de discrétion absolue est imposée pour assurer
la sécurité de l'opération, de l'agent et de l'unité JTF16."
- Qu'est-ce que tu penses qu'on fait?
- On va le savoir tantôt.
Hé...
Tu vas être avec les meilleurs soldats au pays.
Si t'es là, c'est que t'en fais partie.
"Truste" le processus.
(ouverture de porte)
(pas approchant)
- Vanier.
Meeting d'urgence JTF16.
Suivez-moi.
- On va prendre les 2 sections régulières de JTF16.
Une pour intervenir au garage...
L'autre pour intercepter Elliott Dauphin sur la route.
Il faut que le char soit sorti du garage.
Je veux pas que ça sorte pendant que mes gars interviennent.
- Et est-ce que vous voulez qu'on suive
Dauphin quand il sort de chez eux?
- Non.
Vous allez aider Boivin à fouiller sa suite,
voir s'il y a des choses de plus à savoir sur lui.
Caron va être là pour vous ouvrir.
(bips)
- Je vous rappelle que ça prend un maximum de prisonniers.
C'est une demande qui vient du premier ministre lui-même.
- On va tout faire dans ce sens-là. Des questions?
Je vais aller préparer mes gars. Let's go.
Groupe!
- Avant de vous parler de la mission,
je veux vous présenter les 2 nouveaux membres de JTF16.
Mick, Ivan, je sais que vous avez ce qu'il faut
pour vous adapter rapidement.
A vous de le prouver.
OK, les choses sérieuses astheure. Approchez.
Ca, c'est le plan du garage. OK?
Le char...
♪ ♪ ♪
(bip du cellulaire)
- Oh, shit! Santiago s'en va.
- Santiago Garcia, le sergent au poste?
- Ouais, bien... il veut rentrer à l'infanterie.
- Je l'ai jamais entendu parler de ça.
- Non. Moi non plus.
- Mais c'est ton partner.
- Hum, hum. Je sais pas d'ou ça sort. Je l'ai su hier soir.
Hé!
- Dauphin sort de chez lui.
- Copy. - OK, let's go.
(sonnerie de cellulaire)
(raclement de gorge)
- Ca va?
- J'y arrive pas.
- Mon amour, on n'a pas le choix.
- Je l'ai porté dans mon ventre.
Je ne peux pas juste oublier qu'il existe
parce qu'il rentre à JTF16.
- T'as lu la lettre.
On pourrait aller en prison juste parce qu'on a laissé
une photo de lui sur notre mur.
De toute façon, dis-toi que lui, il ne veut plus nous voir.
- Je peux pas arrêter de l'aimer.
- Dauphin est arrivé au target.
- OK, faut que je te laisse. Fais ce qu'on te demande.
(bips du téléphone)
Copy.
- Cinq gars dans le garage, pas d'armes en vue.
- Copy, copy, copy. En position.
(coups à la porte)
(raclement de gorge)
- Oublie pas. Une fois assis, là, tu ne peux plus te relever.
Hé! Allô?
- Oui, c'est bon, j'ai compris, osti, là.
(vrombissement du vérin)
- Minute, minute, minute.
Faut que j'ouvre la porte.
- La porte du garage s'ouvre.
Là, c'est bon.
(soupir)
(démarrage du moteur)
- Le VUS de Lecours s'en va.
- Copy.
- Direction nord-est.
- Copy.
- Mme Boivin? - Un instant.
- Qu'est-ce qu'il y a?
- J'ai trouvé ça dans le salon.
C'est du lourd.
- On a le target en vue.
Contact en 30 secondes.
(crissement de pneus)
- Les mains sur le volant! - Je veux pas mourir!
- Les fucking mains sur le volant!
- C'est bon, je bouge pas, osti.
- Target intercepté. Stand by. Extraction en cours.
(sonnerie de cellulaire)
- Oui?
- Dauphin va faire un attentat suicide.
- Quoi?
- C'est pour ça que Sofianne Lecours
leur donnait de l'information sur la Hell Week.
Il est supposé foncer dans le dortoir,
faire sauter le monde de JTF16 avec lui.
Sinon, ils tuent sa blonde à Montréal.
- OK.
Eloigne tes gars, il va se faire sauter avec eux!
- Back off! Back off! Back off!
Back off!
- Aidez-moi, s'il vous plaît!
- Il veut se faire sauter!
- Back off! - Aidez-moi, s'il vous plaît!
Je veux pas mourir, osti! - Non, non, non, non, non!
Tirez pas! J'arrive!
- On l'a en joue. - Non, non!
- Fuck!
♪ ♪ ♪
- Hé, hé, hé!
- Vous retardez l'inévitable et risquez la vie de mes hommes.
- C'est un membre des Forces.
- Il veut tuer mes gars.
- Il a été contraint par les Russes.
S'il meurt, ça va donner raison à l'ennemi,
puis ils vont recommencer.
- Qu'est-ce que vous faites, là?
Hé!
Colonel!
- Approchez pas! - Soldat.
- Approchez pas! - Je vous veux pas de mal.
- Moi non plus. Fait qu'approchez pas.
- Je veux juste parler.
- Back off, esti!
- On sait qu'il y a une bombe en dessous de la voiture.
On veut vous aider.
On sait aussi que vous faites ça pour sauver votre blonde.
Je peux envoyer la police pour la protéger,
mais il faut sortir du véhicule.
- Ca donnera rien.
- On a des ressources.
- Si vous la protégez 2 jours, ils vont la tuer au troisième.
- Je suis en contact direct avec le haut commandement.
Il y en a, des solutions.
(cris entremêlés)
- Non, back off, esti!
- Soit vous sortez, soit le JTF16 s'occupe de vous.
- Je veux mourir.
- Ca arrivera pas.
Faut juste sortir du véhicule.
- Dès que je me lève du siège, le char explose.
Je peux pas bouger.
Je peux pas bouger.
(cris entremêlés)
(sirène au loin)
(démarrage du moteur)
(crissement de pneus)
- Je veux pas mourir. Je veux pas mourir.
(sanglots)
Je veux pas mourir! Osti!
- Vous mourrez pas. Soldat, regardez-moi. Soldat!
Regardez-moi.
Vous me faites confiance?
- Oui.
- Je vais aller chercher de l'aide. Je reviens.
Allez chercher les techniciens de neutralisation d'explosifs.
- Vous faites une erreur. - C'est un ordre.
- Oui, envoyez un démineur. - Bien reçu.
- Yulia Oksamytna, c'est une activiste ukrainienne
qui habite à Montréal.
Faut la mettre en lieu sûr et lui offrir une protection.
- Je peux pas confirmer que ça va être fait rapidement.
C'est compliqué de travailler avec des policiers.
- Je m'en fous. Passez par le PM, s'il faut.
Faut que je vous laisse. On se reparle.
(bips)
Elliott?
Je peux t'appeler Eliott?
Ca te va? - Oui.
- Un démineur va aller voir en dessous de la voiture.
- Ma blonde va être correcte? - Oui, elle va être correcte.
On est tous en train d'organiser ça.
- Tant qu'elle est pas safe,
je veux pas que personne la prenne du char.
- Je comprends, mais là, nous autres,
on sait pas ce qu'il y a en dessous du char.
On sait pas si ça peut pas sauter d'une seconde à l'autre.
Je veux pas prendre le risque de te perdre, Elliot.
OK?
Elliott, j'ai besoin que tu me dises que c'est correct.
- C'est correct!
- Go.
Tout va bien.
(sanglots)
Tout va bien, mon grand.
Elliott, garde tes... Elliott, garde tes mains sur le volant!
Elliott, garde tes mains sur le volant!
OK? Reste avec moi!
Regarde-moi!
Yulia! Ca fait combien de temps que vous êtes ensemble?
(balbutiements)
Combien de temps que vous êtes ensemble?
- Ca fait 3 ans. - Trois ans.
Comment vous vous êtes rencontrés?
- Dans un bar. Elle est venue me voir pendant que je dansais.
- OK. Moi aussi, mon homme.
Même chose pour moi.
Et ma blonde, en plus, est d'origine russe.
- Pour vrai? - Oui.
Ca fait longtemps. Regarde.
On est mariés, maintenant.
- Avez-vous des enfants?
- Non. Elliott, Elliott.
Je comprends ce que tu vis, là.
Moi aussi, j'ai risqué ma vie pour elle.
Regarde-moi, je suis vivant. Elle est vivante.
Notre couple n'a jamais été aussi fort.
Et il va t'arriver la même chose.
Je te le promets. OK?
Tout va bien.
- A l'écoute.
- Colonel, il y a un compte à rebours de 3 minutes.
- Combien? - Trois minutes et moins.
- Es-tu capable de faire ça plus vite?
- Ca va être short.
- Colonel!
- Elliott, garde tes mains sur le volant.
Je reviens.
Je suis avec toi, mon grand.
- Le démineur dit que s'il n'a pas fini en 3 minutes,
ça va sauter.
- Peut-il le faire en une minute?
- Ca va être tight.
Si je le sors pas dans une minute, il pourra pas se sauver.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Rien, tout est beau.
Qu'il fasse son possible.
Je vais continuer à lui parler.
- Je vous suggère de vous cacher tout de suite.
- Je vais rester avec lui jusqu'à la dernière seconde.
- Vous mettez votre vie en danger.
- C'est peut-être ses derniers moments,
il les passera pas tout seul.
- OK.
Il se passe quelque chose, hein, colonel?
- Non. Si ça allait pas, est-ce que je m'approcherais du char?
(sanglots)
Elliott, est-ce que tu me laisses
aller parler avec le démineur,
juste pour voir s'il est correct?
- Oui.
- Garde tes mains sur le volant, mon homme.
- OK. - Je reviens tout de suite.
- C'est bon.
- Qu'est-ce que vous faites là?
- Pensez-vous êtes capable de finir en une minute?
- Ca va être short.
- Si vous restez, je reste avec vous.
(gémissement)
- Eliott? Eliott!
Je vais rentrer dans l'auto.
- OK.
- Colonel!
Back off, back off, back off!
- Qu'est-ce qu'ils font?
- Tout va bien.
- Mais pourquoi ils se cachent?
- Tout va bien.
(sanglots, halètement)
(coup de klaxon)
Hé! Hé! Hé! Hé!
Non! Elliott!
Faut que tu restes assis.
Faut que tu me fasses confiance.
- Pourquoi vous restez avec moi?
- Parce que j'ai déjà causé
la mort de mes frères d'armes en Afghanistan.
Et je veux pas que ça arrive une 2e fois.
OK? - OK.
(soupir)
- Respire.
Parle-moi de ta blonde. Qu'est- ce que t'aimes le plus d'elle?
- Son rire. Son rire. Son rire. Ca...
- Je comprends. - J'aime la faire rire.
- Je comprends, je comprends.
(sanglots)
Hé! C'est quoi, la première affaire
que tu vas lui dire quand tu vas la voir tantôt?
- Que je l'aime.
Je l'aime en tabarnac.
Puis je quitte les Forces.
(sanglots)
Vous, vous, qu'est-ce que vous allez dire à votre femme?
- Que je me suis racheté.
L'uniforme, hein!
Bravo, mon homme.
Je suis fier de toi.
- Job done.
- Allez rejoindre votre blonde, soldat.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
- Vanier.
C'est toi qui as neutralisé l'ennemi au garage?
- Oui, colonel.
- Habituellement, on fait des débriefings de groupe
après chaque opération.
Mais là, je veux que tu m'en parles à moi.
- Je sais que vous vouliez faire des otages,
mais j'ai voulu bien faire.
- T'es pas on the spot.
Je veux juste savoir comment ça s'est passé.
C'est ton premier kill, c'est un moment important.
Je veux te laisser du temps.
Pour pas avoir à en parler devant eux autres.
- Il a sorti un handgun de ses pantalons.
J'ai crié "gun"
comme c'était supposé et j'ai tiré tout de suite.
J'ai pas réfléchi.
J'ai fait ce qu'on me montre
à tous les jours depuis que je suis rentré dans l'armée.
J'ai neutralisé la menace.
J'ai protégé mes frères d'armes. C'est ça que j'ai fait.
- Je te l'avais dit que t'avais ce qu'il fallait.
(petit rire)
Va rejoindre ta gang.
- Vanier est dépucelé! Good job!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Vous pourriez être à Valcartier.
Vous pourriez être à Gagetown.
Mais vous avez le privilège de faire
votre cours de recrue d'infanterie
sur la base des Forces militaires de Kanawata.
Ca, ça veut dire qu'on vous a remarqué,
qu'on pense que vous avez ce qu'il faut
pour faire votre marque.
Mais vouloir, c'est une chose. Le faire, c'en est une autre.
Je vous présente l'adjudant-chef Jean-Molse Caron,
qui va s'occuper de votre formation
d'une durée de 12 semaines.
Adjudant-chef. - Capitaine.
En levant la main, y a-t-il quelqu'un dans la gang
qui peut me dire c'est quoi le surnom
de la base des Forces militaires de Kanawata?
Oui?
- Les portes de l'enfer, adjudant-chef.
- Les portes de l'enfer.
- Ah, je t'ai eu.
(petit rire)
(rire)
- Maria. - Il part dans le Nord demain.
- Viens manger, OK?
Il faut faire comme s'il n'existait plus.
- Je serai jamais capable.
- On s'est entraînés plusieurs fois
dans des carrières de sable pour recréer les conditions.
On a été en Afrique du Sud une fois,
puis en Rwanda 2 fois
pour que mes gars s'habituent à la chaleur.
Mes gars sont prêts.
Ils ont faim.
- Le vol de départ a lieu demain matin à Bagotville.
Il va faire escale en Allemagne,
puis il va se poser
sur la base aérienne de Tel Nof, en plein coeur d'Israel.
- Une fois là-bas,
les Israéliens vont vous prendre en charge.
Avec notre assistance, évidemment.
- On compte sur vous, adjudant-chef.
Aucun doute que vous allez réussir.
- Merci, colonel.
- Premier jour, ouais.
Police militaire. - Oui. Est-ce qu'elle aime ça?
- Bien, c'est son premier jour.
(rire)
- Non, mais Rose va être mieux en MP, aucun doute là-dessus.
- Moi aussi, je pense.
- Soldat Lecours? - Oui, capitaine?
- Je vous demande de me suivre immédiatement.
- Oui, capitaine.
Ah!
- Ma soeur!
(rires)
- J'ai tellement eu peur. - Ca va.
- Je pensais que...
- Hé! Je suis là, OK?
(petit rire)
Maman et papa sont à Kanawata, en plus.
(rires)
Je vais en avoir long à vous compter.
(reniflement)
- On vous donne 2 jours de permission.
Profitez bien de votre famille.
- Merci, capitaine.
- Prends soin de toi.
(petit rire)
(rires)
- Comment ça se passe de votre côté?
- La préparation suit son cours.
- C'est-à-dire?
- Qu'elle suit son cours.
C'est JTF16, j'ai pas l'obligation
de vous donner des détails.
- Dallaire vient de le faire avec les Américains.
- On a des comptes à leur rendre, pas à vous.
- Vous êtes pas obligé de donner de détails,
mais on est à une journée du déploiement dans le Nord.
On veut avoir si vos gars sont prêts.
- Ils sont prêts.
Votre performance est inacceptable!
C'est ça, les meilleurs soldats au pays?
C'est gênant!
Vous êtes mous!
Pas de guts!
Pas de concentration!
On refait le drill dans une heure!
Quand je reviens, je veux voir des machines à tuer.
- Tabarnac! J'ai l'impression d'être sur un catwalk!
Que c'est, Garcia? As-tu chaud?
Une belle journée de même!
Une petite promenade!
Mes 2 vieilles canisses!
Crisse! T'as donc bien l'air bête!
Je te dérange?
Faudrait pas que je te dépeigne!
Envoye, la vieille poche!
Deux vieilles poches!
Bon matin, tabarnac!
- Bonjour! - Bonjour!
- Permis de conduire et assurance du véhicule,
s'il vous plaît.
- Oui, sans problème.
- Vous savez pourquoi je vous arrête?
- Non.
- Vous avez brûlé un stop.
- Je l'ai pas brûlé.
- Vous avez ralenti, mais pas assez.
Il faut une immobilisation complète
du véhicule à l'intersection.
- Non, mais c'est un stop problématique depuis des années.
Tout le monde le brûle sur la base.
- Ah! Euh... je savais pas.
- Je vous demanderais de rester
dans votre véhicule, s'il vous plaît.
Juste un instant.
Jamais laisser la place au doute.
- OK. - On représente l'ordre.
L'ordre, c'est des certitudes.
Je savais pas que l'emplacement du stop était problématique.
- C'est pas notre problème.
Notre job, c'est de s'assurer que le monde fasse le stop.
Je peux te garantir qu'elle,
astheure, après avoir eu un ticket,
la prochaine fois, elle va le faire.
- Compris.
- Le reste, c'était parfait.
Voix, posture, phrases courtes. C'était parfait.
- J'ai tellement de questions, ç'a pas de sens.
- Si tu veux, après le shift, je peux essayer de répondre à ça.
- OK. Oui, merci! - Fait plaisir.
(explosion au loin)
C'est JTF16, ils s'entraînent
avec du gros stock depuis un mois.
Il y a de quoi qui pète à tous les jours.
- Donc, c'est normal?
- Il paraît.
- Base à patrouille, on a un blessé grave à la zone JTF.
Besoin d'un premier répondant d'urgence.
- Copy.
Tu termines ça? - Oui.
- Merci! Circulez.
- Merci!
- Envoye, tabarnac!
J'ai pas dit d'arrêter, osti!
C'est pas l'heure du break!
(sirène)
- Il vient d'y avoir une explosion à JTF16.
- Quoi?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Move, move, move, move!
- Que s'est-il passé? - Accident d'entraînement.
Un gars a échappé une grenade dans le dépôt.
- Qui s'est blessé? - Je peux pas vous le dire.
Protocole JTF. - Fuck ton protocole! C'est qui?
- Je vous demande de vous saisir.
La sécurité nationale passe avant vos inquiétudes.
- Est-ce que c'est Ivan? - Wô, wô, on recule!
- Accès interdit! - Laissez-moi passer, soldat.
- Accès interdit, j'ai dit.
- Je veux juste savoir si c'est mon gars.
- OK. On se calme. On se calme. On recule, commandant.
(halètement)
(sanglots)
- What the fuck? Qu'est-ce qui est arrivé?
- Bière sans alcool.
Le monde paranole, man.
Il y a du monde qui dit
qu'il y a un gars de GTF qui aurait fini à l'urgence.
- J'ai pas le droit d'en parler.
- Il va falloir que quelqu'un le fasse.
- Dude, je suis déployé demain.
On peut-tu juste prendre une bière relaxe
d'un coup que je revienne pas?
- Tu vas revenir, man.
Tu crèveras pas parce que t'es fucking Thomas Dallaire.
- Comment ça se passe avec les recrues?
- J'essaie de trouver la ligne entre "mou" et "malade mental".
- Entre Wesley et moi, dans le fond.
Je peux te demander de quoi?
D'un coup que je reviens pas.
- Non. Parce que tu vas revenir.
- Arrête de niaiser.
- OK, tu... tu veux vraiment aller là?
- Oui.
Peux-tu parler à mes parents?
A ma famille?
Leur dire que j'étais bon dans ce que je faisais?
Tu sais, mettons que ça se passe pas comme...
comme je veux là-bas, là.
Tu leur dis que...
que j'étais pas aussi cave qu'ils l'ont dit,
que je servais à de quoi.
- Je vais leur dire la vérité.
Que t'es le best.
Si tu vas là, est-ce que j'ai le droit d'aller là, moi, avec?
- Dude, t'es ce que j'ai de plus proche d'un frère.
- Quand t'as fait ton sevrage...
j'ai eu peur de te perdre.
Ca m'a fait me rendre compte
que... il y a 2 affaires qu'il fallait que je te dise.
La première, c'est de parler de ma montre.
Petite montre qui a l'air de rien,
mais j'ai crissé un écran saphir là-dessus.
Ca fait que du monde pourrait la sous-estimer,
mais elle est pas tuable.
L'autre affaire que j'ai faite comme modification,
toi, tu dois être capable de lire ça.
Toi, t'es smart, tu dois être polyglotte.
Osti, le latin et l'anglais,
t'es sûrement capable de lire ça.
Peux-tu me dire ce qui est écrit là-dessus?
- "Acta non verba".
"Tough love".
- Je vais sûrement m'en faire une autre pareille.
Celle-là est à toi.
Comme ça, on aura un reminder
des affaires qui sont vraiment importantes.
- OK.
- Ensuite de ça...
Je revois mon ex.
Et j'aimerais ça vous présenter, tous les deux.
- T'es en couple?
- On n'était plus ensemble depuis un an,
mais là, ça fait un petit bout que...
- Voyons donc, esti!
Je veux bien croire que Craig
dit que les filles, c'est une distraction,
mais de là à me cacher que t'es en couple...
- J'étais pas avec une fille.
- Mais tu viens juste de me dire que t'étais en couple.
Mais non.
- Ouais.
- Mais non.
- Si c'est trop weird, là, on n'a pas du tout à en parler.
- Attends, là!
- Léa, je t'ai vu bouffer en face, osti!
Chelsea! - Ouais, ouais.
Ouais, je fourre des filles avec.
- Ah, ouais. OK.
OK. Non, c'est juste l'affaire des gars,
j'ai pas vu ça venir.
Pourquoi tu m'en as pas parlé?
- Euh, Tom... quand on s'est rencontrés..
On se "shottait" sur la gueule,
mais on s'envoyait chier pour le fun.
C'est de même qu'on est devenus chums, tu sais.
Que je t'écoeure avec tes parents frais chié
ou que tu me niaises avec mon père
qui est un tas de marde, c'est une affaire, mais...
Mais ça...
ça me tentait pas de commencer
à te raconter les fois ou je suçais des graines.
Et les jokes de tapettes de fifs,
j'en ai entendu 2, 3 et c'était rarement glorieux.
- Attends, c'est pas toi.
"Fif", c'est une expression.
- Ouais, ouais, je veux bien, mais un moment donné...
- T'es le fif le plus badass au Canada.
- Calisse que t'es cave!
- Excuse, hein, j'ai eu un appel de mon chum.
Il voulait savoir comment a été ma première journée.
- Ca va, je suis pas à 5 minutes près.
(bips)
A ta première journée, partner.
- Merci, partner!
(rires)
- C'est normal que tu trouves ça gros au début.
Tu vas finir par pogner le beat.
C'est pas la job qui t'inquiète, hein?
- Il y a quelqu'un à qui je tiens
qui se fait déployer demain.
Je sais qu'il ne faut pas en parler, mais...
- C'est correct.
On va dire que t'as un ami qui part en voyage, mettons.
- C'est ça.
Il part en voyage, mais je sais pas ou,
je sais pas combien de temps.
Je sais juste que c'est un pays dangereux.
- Hum. Il faut faire confiance au guide de voyage.
Il a de l'expérience.
- C'est juste qu'il est arrivé quelque chose tantôt
qui me fait demander si le guide est bien préparé.
Puis il y a une partie de moi qui se demande
si j'aurais pu l'empêcher de partir.
- Le monde qui aime voyager,
ils vont toujours partir d'une manière ou d'une autre.
Il y a pas grand-chose qu'on peut faire.
- J'imagine.
Mais j'ai peur pour lui, pareil, puis...
j'ai l'impression que je sers à rien.
Que pendant qu'il voyage, je peux juste croiser les doigts
pour que ça se passe bien, puis donner des tickets.
(petit rire)
- Tu penses que c'est juste ça qu'on fait, donner des tickets?
- Façon de parler, mais...
je peux juste faire ma job puis attendre...
sans influencer le cours des choses.
- Les 2 filles dans le couloir, tantôt?
- Sofianne, oui, j'étais avec dans l'infanterie.
- Mais la fille avec, c'était sa soeur,
qui était prise en otage en Russie
il y a une couple de semaines.
J'entrerai pas dans les détails,
mais... il y a quelques mois,
j'ai escorté un prisonnier vers sa cellule.
Une job banale, quoique le contexte l'est un peu moins.
Mais juste ça, juste d'amener un prisonnier en cellule,
ç'a déclenché une série d'événements
qui ont mené à ce que la soeur de Sofianne Lecours
soit libérée puis rapatriée au pays.
S'il y a quelque chose qui arrive, on appelle la police.
Si la police pourrait rien faire, on appelle l'armée.
Si l'armée déconne, c'est nous autres qu'on appelle
pour venir mettre de l'ordre.
Si t'arrives à maintenir l'ordre ici,
ton ami va pouvoir se concentrer sur son voyage
et s'arranger pour revenir.
- J'avoue que c'est romantique. - Hum, hum.
Je le suis, des fois.
(rires)
(bips d'un camion)
(vrombissement du moteur)
- T'es sûr que tu veux faire ça?
- Juste si toi tu veux.
Colonel, je veux vous parler dans mon bureau.
- Il manque un gars pour la mission dans le Nord
et on part demain.
J'ai pas de temps à vous consacrer.
- Justement, j'ai une solution.
Ivan arrêtera jamais d'exister.
- Je vous écoute. C'est quoi, votre solution?
- Moi.
- Etes-vous tombé sur la tête?
- J'ai un passé irréprochable comme soldat.
Vous savez très bien
que j'ai toutes les qualités recherchées à JTF16.
Drouin va s'opposer,
On va se servir de la carte de la contrainte de temps
pour justifier la proposition.
Votre avis va avoir...
- Non, non, non, c'est non.
- Vous avez pas d'autres options.
On a coupé des candidats de qualité
les 2 derniers jours de la Hell Week.
On va piger là-dedans.
- Leur faites-vous confiance?
Ils ont pas prouvé grand-chose au front. Moi, oui.
- Vous vous prenez pas pour de la marde.
- Colonel, vos gars sont visiblement mal préparés.
J'ai plus d'expérience, plus de leadership.
Ma présence va les rassurer.
- J'en ai assez entendu.
- Dans ce cas-là, je vous amène en cour martiale
et je vous fais tomber.
- Si vous faites ça,
vous compromettez la mission dans le Nord.
- Je m'en fous.
Je veux aller au front avec mon fils.
Je suis prêt à tout pour le protéger.
(vrombissement de l'hélicoptère)
(sonnerie de téléphone)
Sous-titrage: MELS
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