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J'�tais le sh�rif de ce comt� � 25 ans.
C'est difficile � croire.
Mon grand-p�re �tait homme de loi. Mon p�re aussi.
Mon p�re et moi, on �tait sh�rifs en m�me temps. Lui � Plano, moi ici.
Je crois que �a le rendait fier.
Moi, j'en �tais fier.
Certains des sh�rifs d'autrefois ne portaient m�me pas de revolver.
Les gens ont de la peine � le croire. Jim Scarborough n'en a jamais eu.
C'�tait le jeune Jim.
Gaston Boykins, dans le comt� de Comanche, n'en voulait pas.
J'aimais �couter les histoires des anciens.
Je n'ai jamais rat� une occasion.
On ne peut pas s'emp�cher de se comparer aux anciens,
de se demander comment ils r�agiraient aujourd'hui.
J'ai envoy� un gar�on � la chaise �lectrique � Huntsville.
Je I'ai appr�hend� et j'ai t�moign�.
Il avait tu� une fille de 14 ans.
Les journaux parlaient de crime passionnel,
mais lui m'a dit que �a n'avait rien de passionnel.
Il m'a dit qu'il avait toujours voulu tuer quelqu'un.
ll m'a dit que s'ils le lib�raient, il s'y remettrait.
ll savait qu'il finirait en enfer.
Qu'il y serait en 15 minutes.
Je ne sais pas quoi en penser.
Je n'en ai pas la moindre id�e.
Le crime que vous allez voir d�passe I'entendement.
�a ne m'effraie pas.
J'ai toujours su que la mort faisait partie de ce m�tier.
Mais je ne veux pas jouer mon va-tout
si toutes les cartes ne sont pas sur la table.
Un homme doit �tre pr�t � risquer son �me.
Il doit pouvoir se dire: "Bon, d'accord.
J'accepte de faire partie de ce monde. "
Oui, Monsieur, je viens d'arriver.
ll avait quelque chose sur lui,
une bouteille d'oxyg�ne pour un emphys�me,
et un tuyau dans sa manche.
Une bouteille d'oxyg�ne? Pour quoi faire?
Je n'en sais rien. Vous verrez quand vous serez I�.
- J'arrive bient�t. - Bien, Monsieur. Je ma�trise la situation.
- Bonjour. Qu'y a-t-il? - Veuillez sortir du v�hicule, Monsieur.
- Que se passe-t-il? - Sortez du v�hicule.
- A quoi �a sert? - Ne...
Ne bougez pas, s'il vous pla�t.
Bouge pas.
Merde.
J'ai pas d'eau.
Je te dis que j'ai pas d'agua.
Tu parles anglais?
O� est le dernier type?
Celui qui s'en est sorti, il doit bien y en avoir un. O� est-il?
Je partirais par o� je suis arriv�.
Y a pas de lobos.
Tu t'es arr�t� pour regarder si quelqu'un te suit.
Qu'est-ce que tu attends pour me tirer dessus?
Mais si tu t'es arr�t�,
tu t'es arr�t� � I'ombre.
Ouais.
TERRAIN DE CARAVANING
Allons chez moi!
C'est le premier endroit o� Danzer et Dora iront si...
S'ils sont au courant.
- Y a quoi dans la mallette? - Plein de fric.
�a nous changerait.
- D'o� vient ce pistolet? - De nulle part.
- Tu I'as achet�? - Non, je I'ai trouv�.
- Llewelyn. - Quoi? Arr�te de brailler.
On t'a donn� quoi pour �a?
C'est pas tes oignons, Carla Jean.
- Bien s�r que si. - Si tu la fermes pas,
je t'emm�ne � I'arri�re et je te baise.
- T'es un beau parleur. - Continue.
D'accord. Je veux pas savoir.
Je veux m�me pas savoir o� tu �tais toute la journ�e.
Parfait.
Bon.
- Llewelyn? - Ouais.
- Tu fais quoi, mon amour? - Je sors.
Tu vas o�?
J'ai oubli� de faire un truc, j'en ai pas pour longtemps.
- Tu vas faire quoi? - Quelque chose
de tr�s stupide, mais j'y vais quand m�me.
Si je ne rentre pas, dis � maman que je I'aime.
Ta m�re est morte, Llewelyn.
Alors, je lui dirai moi-m�me.
- C'est combien? - 69 cents.
Et I'essence?
Vous aurez de la pluie o� vous allez?
- Et o� est-ce que je vais, � votre avis? - Je vois que vous �tes de Dallas.
En quoi �a vous regarde d'o� je viens...
...amigo?
- Je ne veux pas me m�ler de vos affaires. - Vraiment?
Je ne faisais que passer le temps.
Si �a vous d�range, je ne sais pas quoi dire d'autre.
- Vous voulez autre chose? - Je ne sais pas. Peut-�tre.
- ll y a un probl�me? - A quel sujet?
Je ne sais pas.
C'est ce que vous voulez savoir? Si quelque chose me pose probl�me?
- Vous voulez autre chose? - Vous m'avez d�j� pos� cette question.
- Je vais devoir fermer. - Vous voulez fermer?
- Oui. - A quelle heure vous fermez?
- Maintenant. - C'est pas une heure.
- A quelle heure vous fermez? - A la tomb�e de la nuit.
Vous dites n'importe quoi.
Pardon?
J'ai dit que vous dites n'importe quoi.
- A quelle heure vous allez au lit? - Pardon?
Vous �tes sourd? A quelle heure allez-vous au lit?
Autour de 21 h30. Oui, 21 h30.
Je pourrais donc revenir � 21 h30.
Pourquoi donc? Ce sera ferm�.
Vous me I'avez d�j� dit.
- Bon, je dois fermer. - Vous habitez dans la maison � I'arri�re?
- Oui. - Vous y avez v�cu toute votre vie?
Cet endroit appartenait au p�re de ma femme.
Un mariage d'argent?
On a v�cu � Temple, au Texas, pendant de nombreuses ann�es.
On a �lev� une famille. A Temple.
- On est venus il y a quatre ans. - C'�tait un mariage d'argent.
- On peut voir les choses comme �a. - Peu importe comment on voit les choses.
C'est un fait.
Quelle est la plus grosse mise que vous ayez perdue � pile ou face?
- Pardon? - La plus grosse mise perdue.
Je ne sais pas. Je ne m'en souviens pas.
- Pile ou face? - Pile ou face?
- Oui. - Qu'est-ce qu'on parie?
Pile ou face?
ll faudrait que je connaisse I'enjeu.
Vous devez choisir. Je ne peux pas le faire pour vous.
- Ce ne serait pas juste. - Je n'ai rien pari�.
Si. Vous avez pari� toute votre vie.
Vous n'�tiez pas au courant, c'est tout.
- Vous savez de quand date cette pi�ce? - Non.
De 1958. Elle a voyag� 22 ans pour arriver ici.
Et maintenant elle est ici. Et ce sera pile ou face.
Vous devez choisir. Allez-y.
Ecoutez. Je dois savoir ce que je parie.
- Tout. - Comment �a?
Vous pouvez tout gagner. Allez-y.
D'accord. Pile.
Bien jou�.
Ne la mettez pas dans votre poche.
- C'est votre pi�ce porte-bonheur. - O� voulez-vous que je la mette?
O� vous voulez, mais pas dans votre poche.
Sinon, elle se m�langera avec les autres, elle deviendra une pi�ce banale.
Ce qu'elle est.
Llewelyn?
Qu'est-ce que tu fous?
- Odessa. - Pourquoi allons-nous � Odessa?
Non, pas nous. Toi. Tu vas chez ta m�re.
Pourquoi?
C'est dimanche, minuit. Le palais de justice ouvre dans 9 heures.
lls demanderont � qui appartient la voiture avec mon num�ro de s�rie.
Et � 9h30, ils se ram�neront.
- On part combien de temps? - Apr�s combien de temps
tu arr�terais de chercher deux millions de dollars?
Je dis quoi � maman?
Pointe-toi et dis: "Maman, je suis � la maison!"
- Llewelyn. - Allez, pr�pare tes affaires.
Ce que tu laisses ici sera perdu � jamais.
Surtout, ne t'excuse pas.
C'est la vie, mon amour.
Je ne peux pas le ramener.
Tu t'assieds au milieu?
C'est son pick-up?
Vous avez un tournevis?
- Qui a crev� les pneus? - Des Mexicains. C'�tait pas nous.
- ll y a un chien mort. - Oui.
- O� est le transpondeur? - C'est moi qui I'ai.
�a sent pas la rose.
Prenez �a, s'il vous pla�t.
Tu le veux?
- On re�oit quelque chose? - Rien du tout.
Bon.
Donnez-moi �a.
- Je croyais que c'�tait une voiture en feu. - Exact.
Mais Wendell dit qu'il y a autre chose dans I'arri�re-pays.
Allez, monte.
Quand est-ce que le comt� va payer pour mon cheval?
- Je t'aime un peu plus tous les jours. - C'est tr�s gentil.
- Sois prudent. - Comme toujours.
- Ne te fais pas mal. - Jamais.
Ne fais de mal � personne.
Si tu le dis.
- �a br�le comme �a, une voiture? - Oui, Monsieur.
On aurait d� amener des hot-dogs.
Alors, Wendell, c'est un Ford 1977?
- C'est possible. - C'est bien �a. J'en suis s�r.
- L'homme tu� sur I'autoroute? - Oui. C'est sa voiture.
Un homme a tu� le sh�rif adjoint de Lamar, a pris sa voiture, a tu� cet homme,
a chang� de voiture, et la voil�! Maintenant, Dieu sait ce qu'il a pris.
C'est une analyse tr�s lin�aire, sh�rif.
- L'�ge simplifie les choses, Wendell. - Oui, Monsieur.
- Et il y a le pick-up. - Ouais.
- Tu prends Winston. - Vous �tes s�r?
Tout � fait. S'il arrive quelque chose au cheval de Loretta,
je ne veux pas �tre celui qui le chevauchait.
C'est les m�mes marques de pneus dans les deux sens, faites � la m�me heure.
On voit bien les rainures.
Quelqu'un a vol� le num�ro de s�rie sur la porte.
Je connais ce pick-up.
ll appartient � un certain Moss.
- Llewelyn Moss? - C'est �a.
- C'est un trafiquant de drogue? - Je ne sais pas.
- J'en doute. - lls se sont charcut�s I�-bas.
Bon sang, ils ont m�me tu� le chien.
L'affaire s'est mal pass�e.
Ouais. ll y a eu un petit p�pin.
- C'est quoi comme calibre? - Un 9 mm.
Et deux. 45 ACP.
Quelqu'un a d�charg� son fusil sur cette bestiole.
Comment �a se fait que les coyotes les laissent en paix?
Je ne sais pas.
ll para�t que les coyotes ne mangent pas les Mexicains.
On dirait des d�cideurs.
ll y a eu plus d'une rixe. Une ex�cution ici,
et le Far West I�-bas.
- C'est de la brune mexicaine. - Leur corps est tout gonfl�.
�a s'est pass� en premier. lls pr�paraient I'�change.
Puis il y a eu des diff�rends...
- ll n'y avait peut-�tre m�me pas d'argent. - C'est possible.
- Mais vous n'en croyez rien. - Non.
Je n'en crois rien.
C'est un sacr� bordel, sh�rif.
Oui, et c'est loin d'�tre fini.
COMPAGNIE DE T�L�PHONE SOUTHWESTERN BELL
Je peux vous aider?
- Je cherche Llewelyn Moss. - Vous avez �t� � sa caravane?
- Oui. - ll doit �tre au travail.
- Vous voulez laisser un message? - O� travaille-t-il?
Je ne sais pas.
O� travaille-t-il?
Monsieur, je ne suis pas autoris�e � divulguer ce genre d'information.
O� travaille-t-il?
Vous ne m'avez pas entendue?
On ne peut pas divulguer ces informations.
- Pourquoi jusqu'� Del Rio? - Je vais emprunter une voiture � Roberto.
- Tu ne peux pas en acheter une? - Je ne veux pas I'immatriculer.
- Je t'appelle dans deux jours. - Tu promets?
Oui.
- J'ai un mauvais pressentiment. - Moi pas. �a �galise les chances.
Ecoute, tu ne dois pas te faire autant de soucis.
Maman va faire une sc�ne. Elle va te traiter de tous les noms.
- Tu devrais en avoir I'habitude. - J'ai beaucoup d'habitudes.
- Je travaille chez Wal-Mart. - Plus maintenant, Carla Jean.
Tu as pris ta retraite.
- Llewelyn? - Oui, Madame?
- Tu reviendras, n'est-ce pas? - Je reviendrai.
Bureau du sh�rif!
Regarde-moi cette serrure.
- On entre? - D�gaine.
- Et vous? - Je me cache derri�re toi.
Bureau du sh�rif!
- lls sont partis. - Tu as raison.
- C'est un morceau de la serrure? - Probablement.
- Quand est-il pass�? - Je ne sais pas.
- �a, c'est exasp�rant. - Vous dites?
- Elle est encore froide. - Oh, sh�rif! On vient de le rater!
On doit faire circuler cette information.
Tr�s bien.
Et qu'est-ce qu'on dit?
Qu'on recherche un homme qui a bu du lait?
- Sh�rif, c'est exasp�rant! - Je I'ai d�j� dit.
Vous pensez que Moss a la moindre id�e du genre d'enfoir�s
- qui sont � ses trousses? - J'en sais rien. ll devrait.
ll a vu ce que j'ai vu, et moi, �a m'a certainement marqu�.
- Au motel! - Un motel en particulier?
Un endroit bon march�.
- Choisissez une option. - Pardon?
Choisissez une option avec le prix correspondant.
Je suis seul, la taille du lit m'importe peu.
Ici Roberto's Automotive. Je suis absent pour I'instant.
Veuillez laisser un message.
- All�? - Est-ce que Llewelyn est I�?
Llewelyn? Non.
Vous I'attendez?
Non. Pourquoi? Qui �tes-vous?
Je peux vous aider?
Oui. Vous avez des Larry Mahans, pointure 11?
- Je vais regarder. - Vous vendez des chaussettes?
- Que des blanches. - C'est tout ce que je porte. Les W.- C.?
Ne vous arr�tez pas. Continuez.
- Quelle chambre? - Faites le tour.
Je veux voir si quelqu'un est I�.
Continuez. Ne vous arr�tez pas.
Je ne veux pas �tre m�l� � une sale affaire.
Tout va bien.
Je vous d�pose ici, et on n'en parle plus, OK?
- Emmenez-moi dans un autre motel. - Ecoutez, on est quittes.
Vous �tes d�j� m�l� � une sale affaire. J'essaie de vous tirer de I�.
Emmenez-moi dans un autre motel.
Les r�sultats des tests du sang trouv� sur I'autoroute.
- Et la balle? - ll n'y avait pas de balle.
- ll n'y avait pas de balle? - Non, Monsieur. Pas de balle.
Avec tout le respect que je te dois, Wendell, ce n'est pas tr�s logique.
En effet, Monsieur.
La balle est entr�e par le front, mais n'est pas ressortie.
- Voil�. - ll a donc tir� dans la t�te de ce type,
puis a pris un couteau et lui a extrait la balle?
- Je n'ai pas envie de penser � �a. - Moi non plus.
Encore un peu de caf�, sh�rif?
Oui, Maureen, volontiers.
Les rangers et la DEA retournent sur la sc�ne du crime.
On les rejoint?
ll y a d'autres corps?
- Non, Monsieur. - Je n'ai donc aucune raison d'y aller.
CHAMP DE TIR TINA ARMES MUNITIONS TIR � L'ARC
- Calibre 12. ll vous faut des cartouches? - Oui, chevrotines 00.
- �a va faire mal! - Vous avez des articles de camping?
Des piquets? Vous avez d�j� la tente?
Plus ou moins.
Avec le num�ro du mod�le, je pourrais les commander.
- Inutile. Donnez-moi une tente. - Quel genre?
Celle qui a le plus de piquets.
- Je peux avoir une autre chambre? - Vous voulez changer de chambre?
Non. Je veux garder la mienne, et j'en veux une autre.
- Une chambre en plus? - Oui, Madame.
Vous avez un plan?
Oui, quelque part par I�.
Merci.
La 38?
ll y a la 137, � c�t� de la v�tre, qui est libre, si vous la voulez.
- Non, la 38 ira bien. - Elle a deux grands lits.
CHAMBRES AU REZ-DE-CHAUSS�E PARKING � L'AVANT ET � L'ARRI�RE
Comment I'avez-vous trouv�e?
Vous ne devriez pas faire �a.
M�me un jeune homme comme vous.
- Faire quoi? - De I'auto-stop.
C'est dangereux.
Vous connaissez Anton Chigurh de vue, n'est-ce pas?
Oui, Monsieur, je le connais tr�s bien.
Quand I'avez-vous vu pour la derni�re fois?
Le 28 novembre dernier.
Vous semblez tr�s s�r de la date. Je vous ai dit de vous asseoir?
Non, mais vous ne semblez pas �tre le genre de type � gaspiller une chaise.
Je me souviens des dates, des noms et des chiffres. Je I'ai vu le 28 novembre.
ll est incontr�lable.
On n'a pas I'argent, et nos partenaires n'ont pas le produit.
- Oui, Monsieur. - Vous pouvez retirer de ce compte
1200 dollars par jour. C'est plus de mille dollars.
Si �a ne couvre pas vos frais, j'esp�re que vous nous ferez confiance.
Bon.
- Que savez-vous de Chigurh? - Que voulez-vous savoir?
Que pensez-vous de lui, de mani�re g�n�rale?
- Est-il vraiment dangereux? - Par rapport � quoi, la peste bubonique?
ll est assez dangereux pour que vous m'appeliez.
C'est un tueur psychopathe, et alors?
ll y en a plein des comme lui.
Hier, il a tu� trois hommes � Del Rio, dans un motel.
Et deux autres types dans le foutu merdier du d�sert.
- J'y mettrai un terme. - Vous avez I'air tr�s s�r de vous.
Vous menez une vie assez charmante, n'est-ce pas, M. Wells?
En toute honn�tet�, ma vie n'a pas grand-chose de charmant.
- Je me demandais... - Oui.
Vous payez le parking?
- Vous essayez d'�tre dr�le? - D�sol�.
Vous savez, j'ai compt� les �tages de cet immeuble depuis la rue.
- Et alors? - ll en manque un.
On �tudiera la question.
Une chambre. Pour une nuit.
- �a fera 26 dollars. - D'accord.
Vous �tes I� toute la nuit?
Oui, Monsieur, jusqu'� dix heures du matin.
C'est pour vous. Je ne vous demande rien d'ill�gal.
ll y a quelqu'un qui me cherche. Ce n'est pas la police.
Appelez-moi si quelqu'un d'autre loue une chambre ce soir.
N'importe qui.
C'est pas possible.
N'ayez pas peur, je ne vais pas vous blesser.
ll faut que vous me sortiez d'ici.
FRONTI�RE DES �TATS-UNIS
- Pourquoi pas? - J'en sais rien.
Vous avez eu un accident de voiture?
500 dollars pour votre blouson.
Montrez I'argent.
Vous avez eu un accident?
- Oui. - Donnez-moi I'argent.
- ll est I�. Le blouson. - Donnez-lui I'argent.
Le blouson.
La bi�re, aussi.
Combien?
Brian, donne-lui la bi�re.
PHARMACIE MIKE ZOSS
COTON HYDROPHILE
Ne bougez pas!
...j'avais un tour de taille de 44 pouces. Mon di�t�ticien m'a parl�,
et j'ai perdu 3 kilos en une semaine!
Quand j'y repense, c'�tait facile de perdre tout ce poids,
bien que parfois, il me semblait en prendre
plut�t qu'en perdre. Mais le plus dur reste � faire.
Ne pas reprendre le poids que j'ai perdu.
C'est normal de prendre quelques kilos.
Mais si �a arrive, assurez-vous de...
N'oubliez pas de vous peser tous les jours.
Vous avez appris quelque chose sur ces voitures?
Sh�rif, j'ai appris tout ce qu'il y avait � apprendre.
Tous ces v�hicules sont immatricul�s au nom de gens qui sont d�c�d�s.
Le propri�taire du Bronco est mort il y a 20 ans.
Je me renseigne au sujet des v�hicules mexicains?
Non, laissez tomber.
Voil� les ch�ques mensuels.
L'agent de la DEA a rappel�. Vous ne voulez pas lui parler?
Je vais essayer de I'�viter autant que possible.
ll y retourne. ll voulait savoir si vous vouliez I'accompagner.
C'est gentil.
Appelez Loretta, s'il vous pla�t,
et dites-lui que je vais voir Carla Jean Moss � Odessa.
- Oui, Sh�rif. - Je I'appellerai apr�s.
Sinon, elle va me convaincre de rentrer � la maison.
J'attends que vous soyez parti pour I'appeler?
Je ne veux mentir que si c'est absolument n�cessaire.
Qu'a dit Torbert au sujet de la v�rit� et de la justice?
Qu'on s'y consacre chaque jour. Quelque chose comme �a.
Je vais m'y consacrer deux fois par jour.
Peut-�tre trois fois, si je veux r�gler cette affaire.
C'est quoi, �a?
Sh�rif?
Vous avez v�rifi� votre chargement?
- C'est un scandale. - Une courroie s'est d�tach�e.
- ll y avait combien de corps? - J'en ai pas perdu, sh�rif.
Vous auriez pas pu prendre une camionnette?
On n'a pas de camionnette � quatre roues motrices.
Vous allez me donner une contravention?
Tirez-vous!
Je suis s�r que ce n'est pas ce genre de futur que vous imaginiez
quand vous avez pos� les yeux sur cet argent.
Ne vous en faites pas, c'est pas moi qui vous en veux.
Je sais.
Je I'ai vu.
Vous I'avez vu, et vous �tes I� pour en parler?
C'est qui ce type, le diable en personne?
- Non, je ne le d�crirais pas comme �a. - Et comment le d�cririez-vous?
Je dirais qu'il n'a aucun sens de I'humour.
- ll s'appelle Chigurh. - Sugar?
Chigurh. Anton Chigurh.
- Vous savez comment il vous a trouv�? - Oui, je sais.
- �a s'appelle un transpondeur. - Je sais comment �a s'appelle.
- ll ne me retrouvera plus. - Pas de cette mani�re.
- D'aucune mani�re. - ll m'a fallu trois heures.
- Ouais, mais je suis immobilis�. - Vous ne comprenez pas.
- Quel est votre m�tier? - Je suis � la retraite.
- Avant �a. - Soudeur.
- Ac�tyl�ne? Mig-Mag? Tig? - Tous les proc�d�s.
- Je peux souder tout ce qui est soudable. - La fonte?
- Ouais. - Je ne parle pas de brasage.
- Je n'ai pas dit "brasage". - Le m�tal blanc?
Qu'est-ce que j'ai dit?
- Vous �tiez au Vi�t-Nam? - Ouais, j'�tais au Vi�t-Nam.
Moi aussi.
Et alors, �a fait de nous des potes?
Vous allez devoir me donner cet argent. Je n'ai pas d'autre raison de vous prot�ger.
C'est trop tard. Je I'ai d�pens�.
Un million et demi en putes et whisky,
et le reste, je I'ai claqu�.
Vous �tes s�r qu'il est pas en route pour Odessa?
- Qu'est-ce qu'il irait faire � Odessa? - Tuer votre femme.
C'est peut-�tre lui qui devrait s'inqui�ter... de moi.
Ce n'est pas le cas.
Vous manquez d'�toffe.
Vous �tes juste le type qui a trouv� ces v�hicules.
Je loge de I'autre c�t� du fleuve, au Eagle.
Carson Wells.
Appelez-moi quand vous en aurez marre.
Vous pourrez m�me garder un peu de cet argent.
Si j'avais voulu conclure un march�, je I'aurais fait avec Sugar.
Non, vous ne comprenez pas. On ne conclut pas de march� avec lui.
M�me si vous lui donnez I'argent, il vous tuera pour le d�rangement.
C'est quelqu'un de sp�cial.
ll a des principes qui transcendent I'argent, la drogue,
ou les choses de ce genre. Pas comme vous.
ll n'est m�me pas comme moi.
Non. ll ne parle pas autant que vous. Et tant mieux.
Carla Jean, merci d'�tre venue.
Je ne sais pas pourquoi je suis I�.
Je vous I'ai dit. Je ne sais pas o� il est.
- ll ne vous a pas donn� de nouvelles? - Non.
- Rien? - Pas un mot.
- Vous me le diriez? - Je ne sais pas.
- Vous lui causeriez des probl�mes. - C'est pas moi son probl�me.
- C'est qui son probl�me? - Des gens tr�s dangereux.
lls vont le tuer, Carla Jean. lls n'abandonneront jamais.
Lui non plus. ll n'a jamais abandonn�.
ll peut se d�brouiller tout seul.
Vous connaissez Charlie Walser, � I'est de Sanderson?
ll abattait les b�ufs en leur assenant un coup de merlin dans la t�te,
puis il les attachait et les �gorgeait.
Charlie avait ligot� un b�uf et allait I'�gorger.
Le b�uf reprend connaissance et s'affole.
280 kg de b�tail en furie.
Veuillez excuser... Enfin.
Charlie attrape une arme et lui tire dans la t�te.
Mais dans la confusion, il vise mal.
La balle ricoche et finit dans I'�paule de Charlie.
Charlie ne peut toujours pas lever la main pour prendre son chapeau.
Ce que j'essaie de dire, c'est que m�me dans un combat homme-b�te,
le r�sultat est incertain.
Quand Llewelyn appelle, dites-lui que je veillerai sur sa s�curit�.
Bien s�r, de nous jours, ils abattent le b�tail diff�remment,
avec un fusil � air comprim� qui tire une petite tige dans le cerveau,
et qui I'aspire imm�diatement. L'animal ne voit rien venir.
- Pourquoi vous me dites �a, sh�rif? - Je ne sais pas.
Je divague.
Salut, Carson.
Allons dans ta chambre.
Tu n'es pas oblig� de faire �a.
Je ne suis qu'un n�gociant. Je pourrais rentrer � la maison.
- C'est vrai. - Je te r�compenserai.
J'ai un GAB avec 14000 dollars.
Et tout le monde s'en sort indemne.
Un GAB.
Je sais o� se trouve la mallette.
Si tu I'avais, tu I'aurais sur toi.
Je peux la trouver de la berge. Je sais o� elle est.
- Je sais autre chose. - Quoi?
Je sais o� elle se trouvera.
- O� �a? - On me I'am�nera,
et on la posera � mes pieds.
Tu ne peux pas en �tre s�r.
- Je peux te I'amener dans 20 minutes. - J'en suis s�r.
Tu sais ce qui va se passer maintenant, Carson?
Tu devrais reconna�tre la situation. Ce serait plus digne.
Va te faire foutre.
Tr�s bien. Laisse-moi te poser une question.
Si ton code de conduite t'a men� ici,
� quoi t'a-t-il servi?
Tu sais que tu es vraiment fou?
Tu parles de la nature de cette conversation.
Non, je parle de ta nature � toi.
Tu... Tu peux avoir I'argent, Anton.
- All�? - Oui?
Carson Wells est I�?
Pas au sens strict du terme.
- Tu dois venir me voir. - Qui �tes-vous?
Tu le sais tr�s bien.
- Tu dois venir me parler. - Je n'ai rien � te dire.
Je crois que si.
Tu sais o� je vais aller?
J'en ai rien � foutre.
Je sais o� tu te trouves.
Ah ouais? O� �a?
Tu es � I'h�pital, de I'autre c�t� du fleuve, mais je ne me dirige pas I�.
Tu sais o� je vais?
- Ouais, je sais o� tu vas. - Tr�s bien.
Elle ne sera pas I�.
�a ne change rien.
Alors pourquoi tu y vas?
Tu sais comment �a va se terminer, n'est-ce pas?
Non.
Je crois que tu le sais. Je vais donc te faire une offre.
Tu m'am�nes I'argent, et je la laisse partir.
Autrement, elle devra aussi en assumer la responsabilit�.
Je ne te ferai pas de meilleure offre.
Je ne te dis pas que tu auras la vie sauve, parce que ce n'est pas vrai.
Je vais t'amener quelque chose.
Tu es sur mon programme des r�jouissances.
Tu n'as m�me pas besoin de venir me chercher.
- Le motel � Del Rio? - Oui, Monsieur.
lls n'avaient pas de papiers,
mais on m'a dit que tous les trois sont... �taient mexicains.
Voil� la question: ont-ils arr�t� de I'�tre, et quand?
Oui, Monsieur.
Et le cylindre de serrure?
- ll a �t� souffl�. - D'accord.
- Vous voulez y aller? - Non, c'est tout ce qui m'int�ressait.
On dirait qu'ils sont morts de causes naturelles.
- Comment �a, sh�rif? - Naturelles pour leur profession.
- Bien s�r, Monsieur. - Mon Dieu, Wendell, c'est la guerre.
Je ne trouve pas d'autre mot. Qui sont ces gens?
La semaine pass�e, ils ont coinc� un couple en Californie
qui louait des chambres � des vieillards, les tuait, les enterrait dans le jardin
et encaissait leur ch�que de la S�cu.
Parfois, ils les torturent m�me. Je ne sais pas pourquoi.
Leur t�l� �tait peut-�tre en panne.
Et �a a continu� jusqu'� ce que, je cite:
"Des voisins ont �t� alert�s � la vue d'un homme qui s'enfuyait
v�tu seulement d'un collier de chien. "
�a s'invente pas un truc pareil. T'as qu'� essayer.
Mais ce qui me d�passe, c'est ce qui a attir� I'attention de ces gens.
Creuser des fosses n'a pas suffi.
Ce n'est pas grave. Moi aussi, �a me fait rire, parfois.
Y a que �a � faire.
Dites-moi quelque chose.
Qui franchit cette fronti�re pour rentrer aux Etats-Unis?
Je ne sais pas. Les citoyens am�ricains.
Certains citoyens am�ricains. Et qui d�cide?
- Vous, je suppose. - Correct.
- Et comment je d�cide? - Je n'en sais rien.
Je pose des questions. Si les r�ponses me satisfont, ils rentrent en Am�rique.
Sinon, ils ne passent pas.
- Quelque chose vous �chappe? - Non.
Je repose la question. Pourquoi n'avez-vous pas d'habits?
J'ai un pardessus.
- Vous vous foutez de moi? - Non.
- Ne vous foutez pas de moi. - Bien.
- Vous �tes � I'arm�e? - Non, je suis un v�t�ran.
- Vi�t-Nam? - Oui, Monsieur, 2 missions.
- Quelle unit�? - 12e division d'infanterie,
7 ao�t 1966, et 2 juillet 1968.
- Wilson! - Oui, Monsieur.
Qu'on aide cet homme. ll doit rentrer � la maison.
- Alors, vous aimez ces Larry? - Oui.
- ll me faut tout le reste. - D'accord.
Beaucoup de gens viennent ici sans habits?
Non, Monsieur. C'est inhabituel.
- Elle ne veut pas te parler. - Bien s�r que si. Passez-la moi.
- Tu sais I'heure qu'il est? - Je m'en fiche,
et ne vous avisez pas de raccrocher.
Tu n'es qu'un bon � rien, et tu me g�ches la vie.
- Llewelyn? - Bonjour, ma jolie.
- Qu'est-ce que je dois faire? - Tu es au courant?
Je ne sais pas. Le sh�rif du comt� de Terrell est venu me voir. ll...
- Qu'est-ce que tu lui as dit? - Qu'est-ce que je savais?
Tu es bless�, n'est-ce pas?
Pourquoi tu dis �a?
- Je I'entends dans ta voix. - Sa voix n'est pas sinc�re!
Je veux que tu viennes � El Paso, au Desert Sands Motel.
Je vais te donner I'argent, et te mettre dans un avion.
Je ne te laisserai pas en plan.
C'est mieux comme �a. Si tu n'es pas I� et que je n'ai pas I'argent,
il ne pourra rien me faire, et je pourrai m'occuper de lui.
Je te rejoindrai apr�s I'avoir trouv�.
Trouv� qui? Je fais quoi avec maman?
- Elle ira bien. - Elle ira bien?
Bien? J'ai un cancer!
Personne ne lui causera des ennuis.
Qui �tes-vous?
- Moi? - Oui.
Personne.
Le comptable.
ll a donn� le transpondeur aux Mexicains.
ll pense...
ll pensait que plus il y avait de monde...
C'est stupide. ll faut choisir le bon instrument.
Je vois.
Vous allez me tuer?
�a d�pend.
Vous me voyez?
J'ai toujours su que �a finirait comme �a.
- ll y a trois ans, j'ai eu une vision. - �a fait m�me pas 3 ans qu'on est mari�s.
ll y a trois ans, j'ai dit: "Bon � rien. "
Et nous y voil�, il fait 32 degr�s � I'ombre,
j'ai un cancer et on est sans maison.
On va � El Paso, au Texas.
Vous savez combien de gens je connais � El Paso, au Texas?
- Non, Madame. - Autant que �a.
- Je ne trouve pas ma prednisone. - Je I'ai mise dans ton sac.
- Je ne la vois pas. - Je I'ai mise dans ce sac.
Attends-moi I�. Je vais chercher les billets et un caddie pour les valises.
Je peux vous aider, Madame?
Mon Dieu, vous devez �tre le dernier gentleman dans I'ouest du Texas.
Oui, merci. Je suis vieille et malade.
- Quel bus prenez-vous? - On va � El Paso, je ne sais pas pourquoi.
C'est rare de voir un Mexicain en complet.
Vous allez � El Paso? Je connais bien. Dans quel h�tel?
Carla Jean, comment �a va?
Sh�rif, I'histoire de Charlie Walser �tait vraie?
Charlie Walser?
Oui... � quelques d�tails pr�s.
- Mais c'est vraiment une histoire. - Bien s�r.
Sh�rif, vous pouvez me promettre quelque chose?
Oui, Madame.
Si je vous dis o� se dirige Llewelyn, vous promettez d'aller lui parler?
Vous et personne d'autre?
- Oui, Madame. Je vous le promets. - Llewelyn ne demandera jamais de I'aide.
ll croit toujours pouvoir se d�brouiller.
Carla Jean, je ne ferai pas de mal � votre mari.
Et il a besoin d'aide, qu'il le veuille ou non.
Vous avez un probl�me, mon ami?
Ouais, avec le temps, �a d�charge la batterie.
- Vous �tes du coin? - Oui, de Alpine.
- Voil�. - Quel a�roport vous utiliseriez?
- Un a�roport ou une piste d'atterrissage? - Un a�roport.
- Eh bien, vous allez o�? - Je ne sais pas.
Vous partez � I'aventure, n'est-ce pas? Je vous comprends.
H� bien, il y a les pistes d'atterrissage.
L'a�roport se trouve � El Paso.
Si vous savez o� vous allez,
roulez jusqu'� Dallas, vous n'aurez pas � changer d'avion.
Vous branchez les pinces?
Vous pouvez enlever ces cages � poules?
De quoi vous parlez?
Bonjour, Monsieur le sportif.
- Bonjour. - Vous allez � la chasse?
Oui.
J'ai des bi�res dans ma chambre.
Je... J'attends ma femme.
C'est pour �a que vous regardez par la fen�tre?
- Entre autres. - Quelle est I'autre raison?
- Je vois venir. - Ouais.
Le probl�me, c'est qu'on voit jamais rien.
A part ces bi�res!
Je vais chercher la glace. Votre mariage ne risque rien.
Non, Madame. Je sais o� m�ne la bi�re.
A plus de bi�re.
�a va?
Appelez la police.
Les forces de police locale.
On n'est pas sur la m�me fr�quence.
J'ai rencontr� sa fille �...
Je t'offre un caf� avant que tu reprennes la route?
- ll n'y avait pas d'argent? - ll n'avait que 200 dollars sur lui.
Ces hombres ont d� prendre le fric.
Je suppose.
Quoiqu'ils soient partis � toute vitesse.
Ce putain d'argent, Ed Tom. L'argent et la drogue.
�a d�passe tout.
Qu'est-ce que �a veut dire? O� va-t-on?
Tu sais, si tu m'avais dit, il y a 20 ans,
que je verrais des gamins, dans les rues de notre Texas,
avec des cheveux verts et des os dans leur nez,
je ne t'aurais tout simplement pas cru.
C'est le signe des temps.
Quand ils arr�tent de dire "Monsieur" et "Madame," c'est le d�but de la fin.
- C'est une mar�e. - Ouais.
Un vrai raz-de-mar�e qui d�truit tout.
Tout.
Rien de tout �a n'explique ton homme.
C'est un putain de psychopathe, un fou � lier, Ed Tom.
- Je ne suis pas s�r qu'il soit fou. - Qu'est-ce qu'il est, alors?
Parfois, j'ai I'impression que c'est un fant�me.
- ll est bien r�el. - Ouais.
Et ce qui s'est pass� � I'h�tel Eagle? �a d�passe tout.
Ouais. ll est impassible.
C'est le moins qu'on puisse dire.
ll tue un r�ceptionniste,
puis revient le lendemain, et tue un colonel � la retraite.
C'est difficile � croire.
ll revient sur la sc�ne du crime, comme si de rien n'�tait!
Comment peut-on faire �a? Comment peut-on se d�fendre contre �a?
Enfin, bonne route, Ed Tom.
D�sol� de ne pas avoir pu aider ton homme.
- A I'arri�re. - Comment tu savais que j'�tais I�?
Qui d'autre viendrait avec ton pick-up?
- Tu I'as entendu? - Comment �a?
Tu as entendu mon... Tu te moques de moi.
Pourquoi tu dis �a? Un des chats I'a entendu.
- Comment tu savais que c'�tait moi? - Je I'ai d�duit quand tu es entr�.
Tu en as combien maintenant?
Les chats? Je n'en sais rien. Quelques-uns.
�a d�pend de ce que tu veux dire.
La moiti�, c'est des chats sauvages, les autres, c'est des hors-la-loi.
- Comment �a va, Ellis? - Tu le vois bien.
Tu as I'air plus vieux.
Je suis plus vieux.
J'ai re�u une lettre de ta femme.
Elle m'�crit r�guli�rement pour me donner des nouvelles de la famille.
- Quelles nouvelles? - Elle m'a dit que tu d�missionnais.
- Tu veux un caf�? - Volontiers.
ll est frais?
Je le fais une fois par semaine, m�me s'il m'en reste.
L'homme qui t'a tir� dessus est mort en prison?
Ouais, au p�nitencier d'Angola.
Tu aurais fait quoi s'ils I'avaient rel�ch�?
Je ne sais pas. Rien, probablement.
A quoi �a aurait servi?
Je dois avouer que tu me surprends.
Quand on passe son temps � essayer de r�cup�rer
ce qu'on nous a pris, on perd des choses bien plus importantes.
Apr�s un certain temps, il faut tourner la page.
Ton grand-p�re ne m'a jamais pouss� � devenir sh�rif adjoint.
Loretta dit que tu d�missionnes. Pourquoi?
Je ne sais pas.
Je me sens d�pass�.
Je me suis toujours dit qu'en vieillissant,
Dieu... entrerait dans ma vie.
Mais il ne I'a pas fait.
Je ne lui en veux pas.
Si j'�tais � sa place, je penserais la m�me chose de moi.
Tu ne sais pas ce qu'il pense.
J'ai envoy� le Colt et le badge d'oncle Mac aux rangers,
pour leur mus�e.
Ton p�re t'a racont� comment oncle Mac est mort?
ll a �t� tu� sur sa v�randa, dans le comt� de Hudspeth.
Sept ou huit types sont all�s chez lui. lls voulaient quelque chose.
Oncle Mac est rentr� dans la maison pour chercher son fusil.
Mais ils I'ont devanc�.
lls I'ont abattu sur le pas de la porte.
Tante Ella est sortie et a essay� d'arr�ter le saignement.
Oncle Mac essayait encore d'attraper son fusil.
lls I'ont regard� mourir, assis sur leur cheval.
Apr�s un certains temps, I'un d'eux a dit quelque chose en indien,
et ils sont partis.
Oncle Mac savait qu'il �tait foutu, tante Ella n'en savait rien.
La balle avait travers� le poumon gauche.
Tout �tait dit... comme on dit.
ll est mort quand?
Mille neuf cent... neuf?
Non. Est-ce qu'il est mort tout de suite, dans la nuit, ou...
- Quand �a? - Dans la nuit, je crois.
Elle I'a enterr� le lendemain matin, apr�s avoir creus� dans le caliche.
Tes probl�mes, c'est rien de nouveau.
Ce pays n'est pas facile.
Tu ne peux pas arr�ter le temps.
Et le temps n'attend personne.
C'est de la vanit�.
AGNES KRACIK M�RE BIEN-AIM�E
Je savais que ce n'�tait pas fini.
Je n'ai pas I'argent.
Le peu que j'avais, je I'ai d�pens� et il y a plein de factures � payer.
J'ai enterr� ma m�re, aujourd'hui. Je n'ai encore pas pay� I'enterrement.
Je ne m'en ferais pas.
ll faut que je m'assoie.
Vous n'avez aucune raison de me faire du mal.
C'est vrai, mais j'ai donn� ma parole.
- Vous avez donn� votre parole? - A votre mari.
�a ne tient pas debout.
Vous avez promis � mon mari de me tuer?
Votre mari avait I'occasion de vous sauver.
Mais il vous a utilis�e pour essayer de se sauver.
Pas comme �a.
Pas comme vous le dites.
Vous n'�tes pas oblig� de faire �a.
Les gens disent toujours la m�me chose.
Qu'est-ce qu'ils disent?
lls disent: "Vous n'avez pas � faire �a. "
- C'est vrai. - Bon.
Je ne peux pas faire mieux.
Pile ou face?
Je savais que vous �tiez fou quand je vous ai vu dans ce fauteuil.
Je savais exactement ce qui m'attendait.
- Pile ou face? - Non.
Je ne choisirai pas.
Pile ou face?
Cette pi�ce n'a aucun pouvoir.
C'est vous qui d�cidez.
Je suis venu ici de la m�me mani�re que cette pi�ce.
Monsieur, vous avez un os qui vous traverse la peau.
Je vais bien. ll me faut juste une minute.
Une ambulance est en route. Un homme est all� t�l�phoner.
Tr�s bien.
�a va? L'os vous sort du bras.
Combien tu veux pour la chemise?
Rien, Monsieur. Je vous la donne.
Regarde-moi ce putain d'os.
Fais un n�ud.
Allez, fais un n�ud.
Ecoutez. Je vous aide volontiers.
- C'est beaucoup d'argent. - Prends-le.
Prends-le et... Vous ne m'avez pas vu.
J'�tais d�j� parti.
Oui, Monsieur.
- Une partie de cet argent me revient. - Tu as encore ton t-shirt, toi.
- C'�tait m�me pas pour �a. - Peut-�tre, mais je n'ai plus ma chemise.
- Je vais peut-�tre faire un tour � cheval. - D'accord.
- Qu'est-ce que tu en penses? - Je ne peux pas d�cider pour toi.
- Tu veux venir avec moi? - Non. Moi, je ne suis pas � la retraite.
- Je vais peut-�tre m'occuper de la maison. - ll vaut mieux pas.
- Tu as bien dormi? - Je ne sais pas. J'ai fait des r�ves.
Tu en as le temps, maintenant. lls �taient int�ressants?
lls le sont toujours, pour la personne concern�e.
Ed Tom, je promets d'�tre polie.
Bon, j'ai fait deux r�ves avec mon p�re. C'est �trange.
J'ai 20 ans de plus que lui � sa mort.
Donc, d'une certaine mani�re, c'est lui le jeune homme.
Je ne me souviens pas tr�s bien du premier r�ve.
On se voyait en ville,
quelque part, et il me donnait de I'argent.
Je crois que je I'ai perdu.
Dans le deuxi�me, on �tait tous les deux dans le pass�.
J'�tais � cheval, en montagne, c'�tait la nuit.
Je franchissais un col.
ll faisait froid, et il y avait de la neige.
Et il m'a d�pass� � cheval.
ll n'a rien dit.
ll �tait envelopp� dans une couverture, et sa t�te �tait baiss�e.
Quand il m'a d�pass�, j'ai vu qu'il avait une lanterne,
comme dans le temps, et je...
J'ai remarqu� la lanterne � sa flamme,
elle �tait couleur lune.
Dans le r�ve, je savais qu'il...
...partait en �claireur.
Et qu'il allumerait un feu quelque part, dans cette nuit froide.
Je savais que quand j'arriverais, il serait I�, � m'attendre.
Et puis je me suis r�veill�.
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