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Zulu
Une seule erreur et on est morts.
Non !
Fuis.
Cardinal de Rohan, vous êtes sous mandat d'arrêt.
Jeanne a écrit les lettres.
Trouvez cette femme et arrêtez-la.
- Cagliostro avait raison. - Il est accusé de complicité.
Vous devez retrouver le garde.
Utilisez le réseau.
Sa colonne vertébrale s'affaisse.
- Il faut le dire à Antoinette. - Pas encore.
- Madame de Rohan. - Vous avez arrêté mon petit-neveu.
Libérez-le ou vous en subirez les conséquences.
Nous le traduisons en justice.
Nous avons tant de choses en commun.
Aux nouveaux amis.
Longue vie au roi ! Dieu protège le roi et la reine !
- Madame de Rohan. - Vous aviez promis
- de ne pas en faire un spectacle. - Que dire ?
La persécution du roi envers le cardinal
a enflammé l'opinion publique.
Nous tolérons votre avocat libéral,
mais vous utilisez ce procès pour propager vos idées radicales.
Je vous conseille de faire innocenter mon neveu
ou je vous dénoncerai comme traître auprès de vos pairs.
Tu devrais leur dire la vérité.
Sans témoin, on ne peut innocenter Rohan.
Etes-vous sûre de vouloir y assister, Majesté ?
Je veux voir Rohan avouer.
Vous pouvez observer d'ici.
Levez-vous pour le président !
- As-tu besoin de coussins ? - Tout va bien.
En tant que président du Parlement de Paris,
je déclare le procès de la couronne contre le cardinal de Rohan
à présent ouvert.
Quel comédien !
Ridicule.
J'espère que les parlementaires
- ne sont pas dupes. - Sûrement pas.
Que justice soit faite.
Par conséquent, nous en concluons
que le collier de diamants a été remis à un complice
du cardinal
se faisant passer pour le garde de la reine.
Ce complice n'a plus été vu depuis sa fuite,
sans aucun doute sur ordre de l'accusé.
Ou de son magicien,
Cagliostro, qui comparaîtra plus tard
comme complicité dans ce complot.
- Le dossier est solide. - Tant que le garde manque à l'appel.
La rumeur dit qu'il est mort.
Je préférerais en être certain.
M. Target, pour la défense, vous pouvez interroger l'accusé.
Merci, monsieur le président.
Déclinez votre identité.
Louis-René-Edouard,
cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg,
proviseur de la Sorbonne et grand aumônier de France.
La défense prouvera que le cardinal a été victime d'un abus de confiance.
Désirant être un sujet loyal,
il a été abusé par une femme rusée et manipulatrice.
Qui a volé le collier, cardinal ?
Pour autant que je sache, et selon les preuves dont je dispose,
le voleur est la reine Marie-Antoinette.
Silence ! Silence !
J'aurais dû me douter qu'il mentirait.
Ils doivent rétablir la vérité.
C'est une tactique de défense. Personne n'est dupe.
Pourquoi soupçonner la reine ?
Je n'étais pas dans ses faveurs
et j'espérais me racheter.
J'ai fait un don à une de ses oeuvres dirigée par la comtesse de Valois.
- Vous voulez dire Mme de La Motte ? - Oui, excusez-moi.
Elle se prétendait comtesse.
Nous entendrons cette La Motte comme témoin présumé. Poursuivez.
Suite à mes dons,
j'ai reçu un mot de la reine.
J'ai répondu et nous avons entamé
une correspondance.
Ses lettres étaient rédigées sur du papier bleu pâle.
Il ne serait pas courtois de révéler leur contenu.
Je dirai seulement que je croyais être son ami intime.
C'est une grave accusation, cardinal.
Quelle preuve avez-vous que Sa Majesté a écrit ces lettres ?
Car je l'ai rencontrée dans les jardins.
Si personne ne l'arrête, partons.
- Ca va aller. - Elle m'a offert une rose.
Je l'ai faite sécher.
Nous n'avons enfreint aucune règle.
Je suis un homme d'Eglise.
Mais...
pourquoi la reine ferait-elle cela ?
Je comprends maintenant qu'elle voulait exploiter ma loyauté.
Elle ne pouvait acheter le collier publiquement
après les critiques pour son achat de Saint-Cloud.
Comment ose-t-il ?
Je reconnais
avoir négocié la vente du collier et l'avoir remis au garde de la reine
selon ses instructions précises, mais...
c'est la dernière fois que j'ai vu le collier et les diamants.
Mon seul crime est d'avoir été trop loyal envers la couronne.
Couronne que je crains à présent pervertie.
Silence !
Tu es pâle. Tu devrais rentrer te reposer à Versailles.
Ca va aller.
- Je crois vraiment... - Ca ira.
Veux-tu rentrer t'occuper des enfants ?
Je me sentirai mieux si je sais que tu es auprès d'eux.
Monsieur le président, je suggère une pause.
Libérez le cardinal ! Sur-le-champ !
- La rencontre dans les jardins ? - Insinuez-vous que... ?
Il convient de réfuter cette allégation.
Si vous pouvez nous dire où vous étiez cette nuit-là.
Je ne l'ai pas rencontré dans un jardin.
Il ment pour couvrir sa propre culpabilité.
Mon Dieu...
Laissez-nous.
Fersen était ici début juin.
Comment répondre aux mensonges de Rohan sans mentir nous-mêmes ?
Je ne sais pas.
Il semblait convaincu de ce qu'il disait.
Et si...
S'il avait bien rencontré quelqu'un ?
Je ne comprends pas.
Quelqu'un qui se serait fait passer pour moi.
Un jour, j'ai vu une femme sur la scène du Palais-Royal.
Elle était...
Il y a des imitateurs qui s'habillent
comme moi et imitent mes manières.
Donc si Rohan a rencontré une femme
en pensant que c'était vous,
cela fait de lui un imbécile, mais pas un voleur.
- Pouvez-vous enquêter ? - Officieusement ?
Oui.
Si c'est exact, nous serons en banqueroute d'ici 6 mois ?
Je le crains.
- Sauf si le prêt est accordé. - Qu'attend le Parlement ?
Le procès de Rohan.
Ils pensent que vous persécutez la noblesse dans votre intérêt.
Et je crains que la rumeur ne circule au Parlement
- que nous préparons des réformes. - Comment ?
Comment le Parlement a-t-il appris ces réformes ?
Seuls vous, Vergennes et moi le savions.
Je n'en ai aucune idée, mais...
nous avons besoin de ce prêt.
Ne confirmez pas leurs suspicions avant que nous n'ayons l'argent.
- Avez-vous dévoilé nos plans ? - Bien sûr que non, Sire.
Qu'y a-t-il ?
On s'est levé du mauvais pied.
Ces murs parlent. As-tu...
As-tu fouillé dans mon bureau ?
Pourquoi ferais-je cela ?
Je n'y trouverais aucun intérêt,
à part ton passionnant journal de chasse.
Non. Je te rapporte la dernière aberration du Palais-Royal.
D'autres attaques contre ton autorité.
Ils veulent la séparation de l'Etat et de l'Eglise.
Tu es débraillé, mon frère.
C'est indigne d'un roi.
"Pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat"
Veuillez vous asseoir.
Procureur Fleury, votre témoin.
Déclinez votre identité.
Jeanne de Valois.
Quelle relation entretenez-vous avec le cardinal de Rohan ?
Je comprends que ce soit difficile, mais
nous sommes ici pour la vérité,
madame.
Le cardinal a exploité ma pauvreté et mon innocence.
Poursuivez.
Je viens d'une famille noble.
Mon père possédait des terres en Champagne.
Mais nous avons connu des difficultés.
Enfant, j'étais contrainte de mendier dans les rues.
Les gens prenaient en pitié la pauvre fille que j'étais,
descendante directe d'Henri II de Valois,
roi de France.
Et vous êtes venue à Versailles.
- Où vous avez rencontré le cardinal. - Oui.
Est-ce là qu'il a commencé à vous exploiter ?
J'ai demandé conseil au cardinal.
Il m'a donné de l'argent
et m'a fait collecter des dons à la cour pour son oeuvre de charité.
Je le pensais gentil...
Et le collier ?
Non, j'ignorais tout du collier
jusqu'à l'arrestation du cardinal.
Mais vu ce que je sais aujourd'hui,
les dettes colossales du cardinal,
que sa charité et tout le reste était un mensonge,
je pense qu'il a organisé
le vol du collier avec l'aide du comte de Cagliostro.
Merci.
Je pense que cela conclut ce témoignage, M. le président.
J'aurais dû dire la vérité.
J'ai davantage énervé la reine et Jeanne sera libre.
Nous devions accuser la reine. Sans autre témoin,
c'est vous contre Jeanne.
Elle est plus crédible que vous.
- Comment osez-vous user de ce ton ? - Il a raison.
Pourquoi n'avez-vous aucun autre témoin ? Le garde.
Celle qui s'est faite passer pour la reine.
Accuser la reine était votre idée.
Calmons-nous tous.
Ce procès n'est pas encore perdu.
Le garde est introuvable,
mais nous pensons connaître la femme du jardin.
Elle s'est enfuie, mais mes hommes la pourchassent.
Mais si vous n'avez pas besoin de moi, je me retire.
Vous n'en ferez rien. Votre réputation aussi est en jeu.
Alors faites-moi confiance.
Mais il faut changer de stratégie.
Tu as demandé ce procès pour connaître la vérité.
Mais peut-être y a-t-il des choses
qu'on ne veut pas savoir ?
C'est le risque d'un procès public.
Tu es censé me soutenir.
Tu veux que je te flatte comme tout le monde ?
Tu es déterminée, et c'est une force,
mais tu agis sans penser aux conséquences.
Je ne t'ai pas demandé une leçon.
- Le cardinal peut-il être innocent ? - Impossible.
Nous l'avons accusé publiquement.
Je vous en prie, restez assis.
La journée s'est bien passée.
Très bien.
J'ai adoré être accusée d'avoir volé le collier.
C'est un geste désespéré.
Ne croyez-vous pas ?
Je le crois, oui.
Cette affaire sera bientôt derrière nous, j'en suis sûr.
Oui.
Je t'accompagnerai demain.
- Tu ne dois pas... - Non.
Je dois être là.
La moitié de Paris pense qu'elle a volé le collier.
Oh, vous voilà. Vous devez tout nous dire dans le détail.
Jeanne a-t-elle témoigné ?
Oubliez donc Jeanne. Parlez-nous de M. Target.
On le dit plutôt fringant pour un libéral.
Si on aime les prétentieux.
Mesdames.
Louis devient paranoïaque. Il faut le dire à Malherbe.
Ecoutez.
Si Antoinette est blâmée pour le vol du collier,
la régence me reviendra incontestablement.
Où en sommes-nous ?
Les magistrats croient Jeanne de La Motte sur parole.
Elle fait passer Rohan pour un pécheur coupable.
Bien. On ne veut pas que la couronne perde ce procès.
Mais si Rohan tombe, le peuple aura de la compassion pour Antoinette.
De la compassion ?
Il faut l'éviter à tout prix.
L'objectif est de lui nuire.
Jeanne pourrait-elle nous y aider ?
N'en avez-vous jamais assez de comploter ?
Ce complot nous sert à tous les deux.
Vous voulez revoir Marguerite ?
Alors...
je dois trouver un moyen de contacter Mme de La Motte.
Où est-elle ?
La Bastille.
Peut-on envoyer quelqu'un ?
Un espion.
Beaumarchais ?
Charmante assurance.
Vous avez fait une belle performance.
Vous m'en voyez flattée.
Ce n'était pas une performance.
Vous avez pourtant allègrement admis
avoir volé la moitié de Versailles.
Sous les ordres du vil cardinal.
Néanmoins un crime.
Vous devez espérer la clémence d'une personne très puissante.
Si c'était le cas,
- je ne vous le dirais pas. - C'est vrai.
Mais si cette personne devait être la reine,
je me dois de vous prévenir
que son inconstance est notoire.
Avez-vous mieux à offrir ?
Marie-Antoinette ne détermine pas la peine, ce sont les parlementaires.
Des factions du Parlement seraient ravies d'entendre
tout ce qui nuirait à la reine.
Je ne suis pas stupide.
Le cardinal vous envoie pour que je confirme
- ses accusations ridicules. - C'est faux.
Mes amis veulent voir tomber le cardinal,
à condition que la reine tombe avec lui.
- Comment vous croire ? - Vous ne pouvez pas.
Mais vous êtes sur la corde raide.
Vous avez vu que la cour était prête à croire la reine coupable.
Pouvez-vous compter sur elle pour vous sauver ?
Madame Jeanne de La Motte, épouse de Nicolas de La Motte.
Mon nom est Jeanne de Valois.
Vous avez dit à Versailles que vous étiez la comtesse de Valois.
D'où vient ce titre ?
Le cardinal m'a dit de l'utiliser.
Bien qu'il ne soit pas inapproprié. Je suis d'ascendance royale.
Le cardinal est donc à l'origine de tous vos mensonges ?
Une héritière déshéritée, vivant dans la rue...
Votre vie est un véritable roman, n'est-ce pas ?
J'ai dit l'exacte vérité.
L'exacte vérité !
Dieu merci.
Je pense que vous avez tout inventé. Nous vous savons convaincante.
Après tout, vous avez dupé
la moitié de Versailles avec votre fausse charité
pour laquelle vous allez être jugée.
C'était l'oeuvre de charité du cardinal.
La vérité, c'est qu'avant Versailles,
vous étiez dans la misère.
Vous étiez endettée jusqu'au cou, ne pouvant manger que grâce...
à la pitié d'un bienfaiteur.
Je m'étonne que votre santé vous aie permis
de passer pour une comtesse.
J'ai mis tout mon argent pour récupérer mes terres ancestrales.
Vos terres ancestrales ? Lesquelles ?
La moitié d'un champ en Champagne occupé par quelques cochons.
Est-il exact
qu'il y a six ans, vous avez falsifié des lettres de recommandation ?
- C'était une calomnie à mon égard. - Bien sûr.
Et les marchands qui rapportent vos nombreuses dépenses
peu après le vol du collier ?
Meubles, bijoux, robes... Aussi de la calomnie ?
- La vérité, Mme de La Motte... - De Valois.
C'est que vous êtes une fabulatrice.
Une fabulatrice et une criminelle.
- C'est faux. - Qui devons-nous croire ?
Le cardinal et ses nombreuses dettes,
mais aussi ses relations, persuadées
qu'il ne faisait que servir sa reine ?
Quel besoin a-t-il de tricher
et de voler ? Alors que vous...
n'êtes absolument rien sans ces mensonges.
Il est obsédé par la reine.
Sexuellement. C'était son seul motif.
Qu'a-t-elle dit ?
Le cardinal a témoigné être un sujet loyal.
Il se vantait pourtant de ses visites au Petit Trianon.
Il traversait une planche au-dessus d'un fossé pour s'y rendre.
Une fois, il est tombé et a souillé sa soutane de boue.
C'est votre fantasme, madame...
Si fantasme il y a, c'est le sien.
Tout peut-il être un fantasme ?
Il a parlé du mur de diamants
dans sa chambre. Elle achète des bijoux
dans le dos du roi.
Il n'y a pas de mur de... Que dit-elle ?
Votre Majesté, restez discret.
Louis, je t'en prie.
Pas étonnant que Rohan pense pouvoir la blâmer.
Elle aime tout ce qui brille.
Vous calomniez la reine !
Je ne fais que rapporter ce que le cardinal de Rohan m'a dit.
Il se vantait de l'appétit insatiable de la reine et de son éclectisme.
Il disait qu'elle enchaînait les prétendants
et apprendrait le suédois.
Bien que j'ignore à quoi cela pourrait bien lui servir.
Il dit qu'heureusement, le roi aime être cocu.
Il aurait même fait placer un judas dans son placard royal.
- Arrêtez le procès. - On pensera que vous avez
- quelque chose à cacher. - Louis. Assieds-toi.
Pour écouter cela ?
Ils nous ridiculisent publiquement.
Je témoignerai et réfuterai. Je dirai que j'étais
avec toi ce soir-là.
Je ne te laisserai pas te parjurer.
Nous partons.
Je dois tout entendre.
Yolande va t'accompagner.
Cette femme a clairement une idée en tête.
Au moins, elle maintient la culpabilité de Rohan.
Du nouveau sur la rencontre dans les jardins ?
La femme qui se faisait passer pour vous a disparu.
Mes espions la recherchent.
S'il s'avère qu'elle a piégé Rohan,
nous ne pouvons pas la faire comparaître.
Louis est vite parti.
Vous auriez dû voir la tête qu'il faisait !
Te voilà ! On espérait que tu te joignes à nous.
Et moi, j'espérais une soirée tranquille
sans que mon salon serve encore de tribune politique.
Il est bougon parce que Rohan perd le procès.
Au moins, il entraîne Antoinette dans sa chute.
Sa réputation ne sera jamais rétablie.
Tu es trop préoccupé par la chambre de la reine.
Rejoins-nous et parlons des vrais problèmes politiques.
Avez-vous rallié la reine à l'abolitionnisme ?
Il faut les signatures royales pour abolir esclavage.
Mais on n'attendra pas qu'ils convainquent la société.
N'est-ce pas toi qui parlais du pouvoir du peuple ?
Ton cardinal n'est qu'une...
distraction des vrais problèmes,
mon ami.
Il a raison.
- On ne vise pas à humilier la reine. - Je sais !
Je ne suis pas l'idiot que vous croyez.
J'essaie de diviser
le Parlement et la monarchie absolue.
- Aide-moi, sinon va-t'en. - Je peux t'aider.
Mais j'ai besoin d'une chose.
Que veux-tu ?
Une promesse.
Si tu deviens roi, hommes et femmes seront égaux.
Tu plaisantes ?
Je peux te faire gagner ce procès.
Alors ?
Suis-moi.
- Qui est-ce ? - Le garde qui avait disparu.
- Tu ne m'as rien dit ? - Je ne l'ai dit à personne.
S'il avait parlé, Rohan aurait été disculpé et le procès annulé.
Alors que maintenant, le monde entier nous regarde.
Je ne dirai rien qui nuira à la réputation de Jeanne de Valois.
La Bastille vous attend.
Il y a quelque chose que vous devez voir.
Tu as l'air en forme.
Pour un cadavre.
Dieu merci, nous pouvons compter
sur le vote du Parlement.
Je n'en suis pas si sûr.
Pardon ?
Le Parlement a appris
que j'allais imposer le clergé et la noblesse.
Certains parlementaires
pensent que je gère mal les finances.
Est-ce le cas ?
Nous sommes passablement endettés.
Alors tu...
Tu crois que ces parlementaires pourraient utiliser le procès
- pour te punir ? - Peut-être.
Oui.
Oui, et nous devons nous y préparer.
Ils pourraient me défier
et voter l'innocence de Rohan.
Pardonne-moi, je...
Je ne t'ai rien dit pour te protéger.
Je voulais te préserver de la politique.
Louis, s'il te plaît.
Tu ne voulais pas me préserver, tu me pensais incompétente.
Le Parlement ne peut pas voter contre nous.
Cela indiquerait que j'ai perdu la main.
Alors ce procès n'a rien à voir avec le collier.
C'est un référendum.
Sur notre règne.
C'est la catin du Palais-Royal.
Elle ne peut pas comparaître. Elle va...
Comment l'ont-ils trouvée ?
Je t'avais dit que je la retrouverais.
Pardonnez-moi, Majesté, j'ai échoué.
Je suis désolé.
Quel est votre nom ?
Mademoiselle Nicole d'Oliva.
J'ai demandé la vérité.
Je suppose que je dois l'entendre.
Avez-vous déjà rencontré le cardinal de Rohan ?
Oui.
On m'a payé pour me faire passer pour la reine dans le jardin.
- Qui vous a payée ? - Je l'ignore.
Il n'a pas dit son nom.
Il a seulement dit qu'il voulait jouer un tour au cardinal.
Est-il plausible que le cardinal ait cru voir la reine ?
J'ai regulièrement joué ce rôle.
Je le faisais tous les soirs sur la scène du Palais-Royal.
Et dans le lit des messieurs, après les spectacles.
Vous seriez surpris
de ce qu'ils veulent faire faire à la reine.
Des choses salaces.
La faire supplier,
la faire ramper sur le sol devant eux...
L'un d'eux m'a même obligée à l'appeler
"Votre Majesté".
Ce tour de passe-passe ne prouve rien !
La défense a payé une prostituée pour étayer sa version grotesque !
Silence ! Silence !
M. Target, je n'en tolèrerai pas davantage.
Pardon de vous décevoir, M. le président,
mais je vais ressusciter un mort.
J'espérais tant te revoir, Villette.
- Je te croyais mort. - Nous sommes deux, dans ce cas.
Quand Nicolas m'a poignardée, j'ai perdu connaissance.
A mon réveil, vous aviez disparu. Il nous a trahis tous les deux.
Ecoute, j'ai passé un accord.
J'ai dit que Rohan avait tout orchestré.
Raconte la même version et nous serons libres.
Dis la vérité et on tombe tous les deux.
Et il n'y aura personne pour nous sauver.
Si tu veux sauver ta peau, tu t'en tiens à ma version.
Veuillez vous asseoir.
Déclinez votre identité.
Je m'appelle Rétaux de Villette.
J'ai falsifié des lettres et...
me suis déguisé en garde pour voler le collier.
Sur les ordres de qui ?
Jeanne de La Motte.
Et j'en détiens la preuve.
Ceci
a été retrouvé en possession de notre homme.
Monsieur Villette.
Dites-nous ce que c'est.
Le brouillon d'une fausse lettre que Jeanne
a envoyée à Rohan,
que j'ai recopiée sur le papier de la reine.
Il est écrit de sa main.
Silence !
- Silence ! - Cela suffit.
Silence ! Silence !
Eh bien...
L'innocence de Rohan a été prouvée.
Même vos plus fidèles parlementaires auront du mal à le condamner.
Ne renoncez pas.
Nous oeuvrons en coulisse pour obtenir leurs votes.
Beaucoup sont encore loyaux.
Je vais perdre toute mon autorité.
On ne peut prouver que Rohan a volé le collier,
mais nous pouvons émettre une nouvelle accusation.
Il s'est tenu face au Parlement
en m'accusant de vol.
Suggérez-vous que nous accusions Rohan
de crime de lèse-majesté ?
Oui.
Exactement.
C'est un crime capital.
Vous risquez de faire de Rohan un martyr.
Non.
Non.
Accusons-les tous.
Ce procès est un véritable cirque. Le monde entier nous regarde.
Voulez-vous vraiment risquer une exécution publique ?
Cela vaut mieux que de perdre le pays.
Messieurs, silence, je vous prie.
Monsieur Target.
Les preuves montrent que le dernier accusé a été arrêté
à tort pour le vol du collier.
Mais il a le droit d'être entendu.
J'appelle le comte de Cagliostro.
- C'est lui... - La parole est à vous.
Cagliostro ?
Je n'ai rien à voir avec le vol de ce collier.
Je suis jugé à cause de ma réputation.
J'ai été maltraité, j'ai été moqué.
Parce que je recherche la connaissance...
Il était à Versailles, je l'ai vu.
Je suis un homme de mon temps.
J'explore
ce que vous considérez comme occulte.
J'essaie de guérir les gens.
Même les plus haut placés.
Même ceux sans espoir.
- S'est-il occupé du dauphin ? - Bien sûr que non.
S'est-il occupé du dauphin ?
Non.
Préparez ma calèche. Je dois me rendre quelque part.
Votre Majesté...
Nous avons la preuve que Jeanne de La Motte et de Villette,
avec l'aide involontaire de Mlle d'Oliva,
sont coupables d'avoir volé le collier.
Le cardinal de Rohan et le charlatan,
le comte de Cagliostro, sont innocents.
Il y a du nouveau.
La couronne demande au Parlement
d'examiner un autre crime, plus grave, des accusés.
Ont-ils terni le nom de la reine ?
Ils savent qu'on va gagner pour le vol.
Pourquoi prendre ce risque ?
- M. Target ? - J'ai besoin de temps
- pour étudier cela. - Il n'y en a pas.
Prononcez-vous.
Les actes du cardinal de Rohan et des autres suspects ont-ils nui
à la réputation de la reine ?
Cette affaire a dépeint la reine
comme une femme adultère, extravagante et fourbe.
Mais ces accusations sont-elles nouvelles ?
La reine n'est-elle pas connue pour ses dépenses démesurées ?
Depuis son arrivée en France,
elle a dilapidé nos ressources
et fait des achats dans le dos de son mari.
Il est aussi notoire qu'elle a des amants,
entretient des correspondances intimes
et qu'elle a des relations sexuelles scandaleuses.
Les actes des accusés
n'ont en rien porté atteinte à l'image de reine.
Cela fait longtemps qu'elle a elle-même terni son nom.
Doivent-ils payer pour les péchés de la reine ?
C'est ce que vous devez décider.
Je dis qu'ils ne devraient pas.
La faute n'est pas ici,
mais à Versailles.
Veuillez m'excuser.
Pour un travail bien fait.
Maudit soit Louis pour cette autre accusation.
La couronne ne peut perdre deux fois.
- Que dois-je faire ? - Comme tu l'as dit,
l'objectif est de lui nuire.
Le Parlement est divisé.
Mes amis et moi voulons voter contre le roi, mais on s'inquiète.
Une défaite serait un coup sérieux pour la monarchie,
et nous voulons absolument éviter de donner du pouvoir
à Orléans et sa populace.
Nous voulons un roi avec qui collaborer,
mais sans risquer de perdre la monarchie.
La France ne peut pas suivre l'Amérique dans l'anarchie.
Si nous affaiblissons Louis
et qu'il ne s'en relève pas,
seriez-vous disposé à endosser son rôle ?
Vous devez prendre une décision.
Sur le premier chef d'accusation,
le vol du collier, la cour déclare l'accusé,
le cardinal Louis-René-Edouard de Rohan,
et le comte de Cagliostro,
non coupables.
Silence. Silence !
Jeanne de La Motte,
vous êtes reconnue coupable de vol,
d'avoir honteusement trompé le cardinal
et d'avoir, avec votre mari, entraîné vos complices,
M. de Villette et Mlle d'Oliva.
Sur le second chef d'accusation
passible de mort, l'atteinte à la réputation de la reine,
tous les accusés sont déclarés...
Ils sont non coupables.
Non coupables.
Rétaux de Villette,
vous êtes banni du royaume. Nicolas La Motte est condamné
par contumace aux travaux forcés à vie
dans les galères du roi.
Jeanne de La Motte,
vous êtes la pire des criminelles,
endurcie depuis la naissance.
Vous serez battue, marquée du signe des voleurs
et incarcérée à vie à la prison de la Salpêtrière
où vous regagnerez peut-être un peu d'honneur.
Emmenez-la.
Victoire !
Comte Fersen.
Celui pour qui la reine apprend le suédois.
Vous n'allez pas me gifler ?
Tout ça parce qu'elle vous rejette.
Ca va... Ca va !
Allez au diable.
Peu royal comme attitude, cousin.
C'est ce que voit le peuple qui importe.
Il voit en moi l'avenir.
Dommage qu'il ne puisse pas choisir qui le gouverne.
Pas encore.
Que le meilleur gagne.
Sacré feu que vous avez allumé.
Vous restez ?
Mieux vaut partir avant que le roi ne m'expulse.
Je vous dois ma liberté.
Vous m'avez un jour demandé
quel était le secret de ma confrérie.
Il n'y a pas de secret.
Seulement la compréhension du fait
que l'illumination, le véritable changement,
vient de l'union des hommes.
Des hommes, non des femmes.
Personnellement, je désapprouve, mais la plupart n'en veulent pas.
Alors nous les y contraindrons.
Je me fiche du verdict
et qu'il soit acclamé de tous,
Rohan est banni.
Sire, cette défaite montre
que nous ne pouvons compter sur le Parlement
pour approuver l'impôt foncier ou tout autre prêt supplémentaire.
Oubliez le Parlement !
Il y a une autre instance décisionnaire.
Vous devriez convoquer une assemblée de notables
pour faire passer les réformes.
- Pas maintenant... - Laissez-nous.
- Majesté... - Tous les deux.
- J'ai banni Rohan. - Combien de temps a-t-il ?
Combien de temps ?
Pas plus de deux ans.
Depuis quand le sais-tu ?
- Je... - Je ? Je ?
Je ne pouvais pas...
supporter de te le dire.
Tu m'as menti ?
Tu m'as dit qu'il allait guérir.
Comment as-tu pu faire ça ?
Je suis désolé.
- Je suis tellement désolé, je... - Tu m'as volé du temps.
Tu m'as volé tellement de temps.
- Comment as-tu pu ? - Je voulais te protéger.
Tu ne peux pas !
Tu ne peux pas me protéger ! Tu ne peux pas me protéger !
Tu ne peux pas !
Pas de cela.
Ni de quoi que ce soit.
Je suis désolé, pardonne-moi. Je t'en supplie.
Comment allons-nous survivre à cela ?
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