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- Tu peux le faire. Tu es Charlie Brenner. - C'est bien le problème.
Tu es Charlie Brenner. Et elle, qui est-ce ?
Une fille banale qui bosse dans un café banal et fait du café merdique.
- Du café merdique. - Du café merdique !
- Je peux vous aider ? - Un petit café, s'il vous plaît.
- De la crème ou du sucre ? - Ce serait génial.
Les deux.
Un dollar cinquante.
Voilà. Gardez la monnaie.
Hé !
Vous avez oublié vos clés.
- Merci. - Pas de problème.
Attendez.
Je ne dois pas prouver qu'elles sont à moi ?
Et si je dis qu'elles sont à moi, mais que c'est faux ?
Enfin, ce sont mes clés. Je ne suis pas un voleur.
Ce que je veux dire, c'est qu'on ne sait jamais, de nos jours.
- Passez une bonne journée. - Comment vous appelez-vous ?
- Amber. - Amber. Moi, c'est Charlie.
Je ne veux pas vous prendre au dépourvu,
je voulais vous dire que je vous vois toujours ici quand je prends mon café,
et il est très bon, et je...
Je vous trouve vraiment...
Vous êtes vraiment spéciale.
- Spéciale ? - Dans le bon sens du terme.
- Non, je ne voulais pas... - Vous auriez pu dire pire.
C'est ce que je pensais, je voulais être...
- Passez une bonne journée. - Attendez.
Ce ne sont pas vraiment mes clés.
Merci.
- Docteur. - Docteur.
- Ça sent bon ! - C'est presque prêt.
Quoi ?
Rien.
Ce n'est pas ce jeu de cartes, là ? Tu n'as pas besoin des cartes.
- Maman ? - Oui ?
Tu as déjà souhaité la mort de quelqu'un ?
Mort ? Non, mon chéri, bien sûr que non. Pourquoi tu me demandes ça ?
Charlie, sérieux ?
Steven !
- Chéri, pourquoi tu me demandes ça ? - C'est ce que papa a dit l'autre jour.
Il a entendu un de mes coups de fils professionnels.
Il a dix ans. Il sait que je plaisantais.
Et bientôt, il va courir dans la maison avec six grenades à main.
S'il le fait, il le fait. Qu'il poursuive ses rêves.
Bien dit, Ross. Vraiment.
La grande classe.
Waouh, brillant.
Charlie.
Tu es déprimé ?
Tu es folle, maman. Je vais bien.
Tu as repensé à terminer ta candidature pour ce restaurant à Vernon ?
Je sais. Je dois m'occuper de mes oignons. Je suis énervante.
Ton père a appelé, aujourd'hui.
- Qu'est-ce qu'il voulait ? - Qui sait ? J'ai vite raccroché.
- Il va bien ? - J'en doute.
- C'est Heather. - Ok, je m'en occupe.
- Tu es sûre ? - Amuse-toi bien. Merci pour le dîner.
Pitié !
- Non ! - C'est du joli, les garçons.
- Salut. - Salut.
Tu vas chez Brook, demain ? Tout le monde sera là.
Super, je pourrai dire à tout le monde
que je vis chez ma mère alors qu'ils sont PDG.
Allez, Charlie. Ce sont les mêmes crétins qu'avant, et ils le resteront.
En plus gros.
Qu'est-ce que tu as sur le visage ?
- Pas touche. - Ok, désolée. Espèce de taré.
Je t'enlevais juste une miette.
Tu devrais venir, demain. Ben sera là.
- C'est qui, Ben, mon amant ? - Comme si c'était faux.
- Je peux amener quelqu'un ? - Oui, moi.
Qui d'autre voudrais-tu amener ?
Salut.
Brad a appelé ? Je n'ai plus de batterie.
- Peut-être. Je n'ai pas décroché. - Pourquoi ?
Je me teste pour voir combien de temps je tiens sans les appareils modernes.
Comme un homme des cavernes.
Tu regardes la télé. C'est vrai.
- Tu es bourré ? - Ouais !
Pousse-toi, s'il te plaît.
Merci.
Je suis rentré à la maison !
Comment ça s'est passé, aujourd'hui ?
Quand Brad a fini le 100 mètres, je nous ai crus foutus,
mais Adam Smith a gagné le 200 mètres, Adam Bedilia est arrivé 2ème, donc, ça va.
- Adam Bedilia ? - Oui, pas très grand, un peu maigrichon.
Je croyais que c'était Adam Small.
Non, Adam Small est petit et Adam Bedilia n'est pas grand.
- Ok. - Ouais.
J'ai renversé une théière pleine au boulot et j'en ai mis partout.
- Ça va, tu ne t'es pas brûlée ? - Non, mais j'ai eu honte.
Il y a Adam Green aussi, quand j'y pense. Un nouveau, c'est une autre histoire.
- Son père a payé sa place dans l'équipe. - Je vois.
Il est trop lent.
- Désolée pour le retard. Comment ça va ? - Bien, et toi ?
- Quoi de neuf, mec ? - Salut.
- Salut, comment ça va ? - Bien.
- Comment s'est passée ta journée ? - Bien. J'ai eu mon truc d'orientation.
Ce sont nos dernières semaines ensemble, ça me rend triste.
Je sais, mais on se verra pendant les vacances.
Oui, je sais. Mais tu penses qu'on sera toujours nous-mêmes ?
- Comment ça ? - Je ne sais pas, je pense beaucoup
à la manière dont on va changer,
et j'espère que mon moi futur appréciera toujours ton toi futur.
Ne pense pas à ces choses-là. On a encore du temps.
Oui, et sans t'en apercevoir, tu es grand-mère et tu es morte.
Je ne sais pas, j'espérais qu'il y aurait quelque chose avant ça.
Il y a toujours l'athlétisme.
Vas-y et demande-lui, mec. Elle ne fait que servir du café.
- Et du café merdique, en plus. - Du café dégueulasse.
- Vraiment le pire. - Elle ne mérite même pas de me parler
- après avoir servi un café aussi dégueu. - Elle mérite la mort pour ça.
- Salut. - Salut.
La dernière fois que je suis venu, vous essuyiez aussi le sol.
- En fait, je passais le balai. - Exactement. Vous passiez le balai.
Vous passiez le balai, si on réfléchit bien.
Écoutez, je ne voulais pas vous paraître bizarre, l'autre jour.
Pas de problème.
Vous êtes de... D'où venez-vous ?
- D'ici. - Ah bon ? Moi aussi.
- Super. - Vous êtes étudiante, ou bien...
Je vais entrer à la fac à l'automne.
- Je vais à l'université de New York. - C'est une bonne fac, je connais.
L'université de New York. Je voulais juste...
Ok, passez une bonne journée.
Alors ? Elle vient à la fête, hein ?
Peu importe.
Elle m'a servi un café crème la semaine dernière. Il était dégueu.
- On peut s'en aller ? - Ouais.
- Sur place ou à emporter ? - À emporter.
- C'était quoi, ça ? - Juste un mec.
Si c'était « juste un mec », tu ne te serais pas cachée.
J'ai un copain, donc...
Donc, parler à ce pauvre gars, ce n'est pas le tromper.
J'ai été méchante ? Je suis désolée, je...
Je ne sais pas, je ne suis pas douée pour ces trucs.
Quels trucs ? Être sympa ?
Merci. J'espère que votre café vous plaira et que vous passerez une super journée.
Oui. C'est ça.
Tu vois ? Être sympa.
Écoute. Arrête.
- Chérie. - Tu peux ouvrir ?
- Quoi de neuf, Jack? - Ça va.
- Salut. - Salut.
Doucement, j'ai encore la nausée.
On peut manger italien, ce soir ? Il me faut mes glucides pour demain.
Je croyais qu'on allait à la fête de la sœur d'Amanda, ce soir.
Je ne peux pas. J'ai une course, demain.
Je ne sais pas. J'étais contente d'y aller.
Ne sois pas égoïste.
On va à une fête, si tu veux venir.
- Il ne veut pas venir. - Qui a dit ça ?
L'adresse est sur mon bureau, mais ce n'est pas ton genre de truc.
- J'en jugerai par moi-même. - Super.
À plus tard.
Dis-moi ce que je dois faire.
Il y a quelqu'un qui fume. Continue d'avancer.
Vous pouvez tenir la porte ?
Merci.
- Merci. - Pas de problème.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? - Hein ? Rien.
Non, quelque chose ne va pas. Je t'ai dit, pas de deuxième hamburger, tu sues.
Tu viens à ma course, demain ? Ou tu travailles au café ?
- Quoi de neuf avec la fille du café ? - Je ne sais pas de quoi tu parles.
Celle que tu étais pratiquement en train de harceler.
Ben a dit que tu as mis une heure pour lui parler, puis que tu as flippé.
Je ne veux vraiment pas parler de ça maintenant.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? - Rien, je suis juste
en train de me concentrer pour me provoquer un anévrisme.
Tu es trop bizarre.
- Tu vas bien ? - Oui, ça va.
- Excuse-moi. Tu es sexy. - Merci.
- Comment tu t'appelles ? - Merci.
Tu es sexy. Non, toi, tu es sexy.
- Quoi de neuf, Todd ? - Rien du tout.
Juste un nouveau chapitre dans le livre intitulé À la poursuite des beaux culs.
- Ton existence est futile, mec. - Tu n'as pas idée.
Je reviens tout de suite.
Mesdames, votre Todd est là, ne craignez rien.
Vous faites des duos, non ?
- Salut. - Salut. Enfin réunis.
- Comment ça va, Ben ? - Au poil. Quoi de neuf ?
- C'est bien qui je crois ? - Oui. Ne demande rien.
- Ce mec était notre meilleur coureur. - Qui ?
Comment ça, qui ? C'est Brad Parker.
Tu es aveugle ? Regarde qui arrive juste derrière lui.
Merde.
Il te faut un verre.
Salut.
- Comment tu t'appelles, déjà ? - Charlie.
- Charlie. Je suis Amber. - Je sais.
Je voulais juste te dire bonjour après ce qui est arrivé tout à l'heure.
- Tu n'étais pas obligée. - Tu aurais pu le dire plus tôt.
Tu m'aurais épargné le périple à travers le toit.
- C'est ton copain ? - Oui.
Ce n'est pas un grand coureur ?
Un roi de l'athlétisme ?
Oui, mais ne lui dis pas ça. Sa tête ne passerait plus la porte.
Et toi ? Tu es avec cette fille ?
Heather ? Non, on est juste amis.
Nos mère se sont rencontrées en cours de méthode Lamaze.
C'était un marché du genre « damnation éternelle. »
- Mince. - Quoi ?
Mate-moi cet endroit !
- Charlie, voici mon cousin, Jack. - Enchanté.
Merde, c'est le mec au pop-corn !
Il travaille au cinéma à Doffin. Il refuse que je joue à l'attrape-peluche.
On a une politique concernant les gens qui refusent d'acheter leur billet.
- Tu travailles au Revival Theater ? - Oui.
- Tu devrais y chercher du travail. - Ne me dis pas ça, c'est lui le manager.
Je ne suis que l'assistant manager, donc je ne peux pas vraiment...
Je ne peux pas...
Oui, tu devrais...
Ok, viens dans la semaine et je verrai ce que je peux faire.
- Ça marche. - Ça marche.
- On a un marché. - Oui, on a un marché.
- Excuse-moi. - Non... Ok.
- Tu es sexy. - Tu es bourré.
- Pas moi. - Todd, viens là.
Todd, tu n'as pas fini de me raconter ton histoire, tout à l'heure.
- Quelle histoire ? - Ton opération.
- C'était vraiment génial. - Viens.
- Alors... - On peut y aller ? Il se fait tard.
- Brad, voici Charlie. - Salut. Ça va, Charlie ?
- Tu es ce mec-là ! - Quel mec ?
- C'est dégueulasse, qui a vomi ? - Ce mec-là.
C'est ce mec qui a fait ça, vous avez vu ? Il faut nettoyer ça, mec.
- Viens. Désolé. - Nettoie ça !
Pas très festif, mec.
- On peut y aller, maintenant ? - Oui.
On y est. Je te tiens.
Mettez-le à l'arrière.
- Merci. - Ok.
- C'est sympa. - On arrive à la voiture.
- La tête. - Attention à sa...
- Merci pour ton aide. - Pas de problème. Donnez-lui de l'eau.
- Ne vomis pas. - Oh, mon Dieu.
Tes chaussures, ça va ?
C'est drôle, j'avais demandé le modèle couvert de vomi à l'achat,
mais ils n'en avaient plus en stock.
Viens, chérie. Je dois vraiment y aller.
- À un de ces quatre. - À un de ces quatre.
Tu as l'air heureux !
- Ça aurait pu être pire. - Pas vraiment.
Connards. J'ai cru que vous m'aviez laissée.
Presque ! On a failli s'en tirer !
Charlie, qui était cette jolie fille à qui tu parlais ?
Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?
Merci.
Bon film.
Un cheeseburger.
- Comment va ta mère ? - Bien.
- Et toi, tu cuisines toujours ? - Ça m'arrive.
Mon petit garçon, le chef étoilé.
Tu es déprimé, Charlie ? Tu ne sembles pas toi-même.
De quoi tu parles ? On ne s'est pas vus depuis deux ans.
Deux ans, ce n'est pas si long.
Tu bosses toujours dans ce trou à rats. Il te faut une carrière.
- C'est toi, qui as besoin d'une carrière. - J'en ai une.
- Détective privé. - Tu es détective privé ?
Je crois que j'ai trouvé ma voie. Je n'ai pas encore été engagé,
mais j'ai un bon pressentiment.
J'apprends vite.
- Tu es en ville pour longtemps ? - Deux jours, une semaine ou deux au plus.
Je loge au Bryson's Motel, sur l'autoroute 65, mais je me demandais
si je pourrais venir chez toi. Ça dérangerait ta mère ?
- Je n'ai pas beaucoup d'argent. - C'est hors de question.
Charlie, je suis ton père. Parle-lui.
- C'est hors de question. - Parle-lui, juste.
- C'est hors de question ! - Ce ne serait que pour quelques jours.
C'est ce qu'il avait dit il y a 30 ans et on a fini mariés !
- Il pourrait dormir dans ma chambre. - Charlie, non.
Maman, s'il te plaît.
- Regarde-moi ça. Tu l'as toujours. - Oui.
Fais-moi voir. Ramène ça par là.
Quatre-vingt quinze.
La dernière fois qu'Orlando a remporté les championnats.
- Tu te rappelles quand je l'ai achetée ? - Oui.
- Je vais dormir sur le canapé, en bas. - Non, reste ici avec moi !
- Trop de monde. - Trop de monde, à deux ?
Ta mère est fâchée ?
Ne lui traîne pas dans les pattes. Elle s'en remettra.
Ce ne serait pas la première fois.
- Ça pue l'âne, ici. - Tu n'étais pas obligée de venir.
C'est encore cette fille ?
Oh, mon Dieu. Tu es malade, je vais appeler les flics.
Ok, très bien. Au moins, en taule, je n'aurai pas à t'entendre tout le temps.
- Pourquoi ne pas lui dire bonjour ? - Je me sentirais glauque.
Tu l'es !
Non ! Je...
Mon Dieu, c'est quoi, ton problème ?
Je t'embête, c'est tout. Tu devrais aller lui parler.
Tu es le meilleur gars au monde, Charlie.
- Elle a un copain et c'est une star. - Et alors ?
Merde.
Il est rapide.
- Tu vas bien ? - Oui, c'est encore mon estomac.
- Tu es peut-être enceinte. - Je ne suis pas enceinte.
- Comment tu le sais ? - Je fais attention.
Tu imagines ? Brad se suiciderait.
C'est un signe que tu es dans une relation saine.
Salut. Quoi de neuf ?
Rien.
Je passais juste te dire bonjour. J'étais dans le coin.
Ok. Je suis vraiment occupée, là.
On commence à avoir du monde, donc...
- Je vois. - Oui.
On se voit plus tard.
Prends soin de toi.
Alors là, ce n'était pas du tout bizarre.
J'ai besoin d'une douche après avoir vu cette scène.
Charlie !
Hé, je termine à 18 h, demain.
Je vais voir une amie en ville, mais tu voudrais peut-être m'accompagner ?
Si tu es dans le coin ?
Ouais.
Tu es le chef.
Oh ouais, les gens t'adorent.
Les filles t'adorent.
Elles t'adoreraient si tu en connaissais, mais tu es un loser qui vit chez sa mère.
Non. Allez !
Allez, Charles !
Tu es un mec bien, tu es humble.
Admettre être humble à ton reflet est la chose la moins humble au monde,
mais tu dois te détendre. Détends-toi.
Tu as une vie parfaitement normale.
Tu manques juste d'un peu de fierté.
De la fierté.
De la...
De la...
De la fierté !
Salut, mon grand. Désolé.
J'ai oublié ma serviette sur le lit.
Je me déplace presque toujours à pieds.
- Ça m'aide à réfléchir. - Et à quoi tu penses ?
Je pense à tout ce que je pourrais faire si j'arrêtais de réfléchir.
- Oh. - Quoi ?
Rien, c'est original. Mais c'est énervant que ce soit si autodestructeur. Désolée.
Non, je pensais que tu allais me sortir des conneries
sur le fait que tu penses aux animaux, à la paix dans le monde, un truc du genre.
Tu n'avais pas saisi ?
Ce moment prétentieux était une métaphore de mon amour pour les animaux.
- Et la paix dans le monde. - Et la paix dans le monde.
En fait, je veux la paix dans le monde pour tous les animaux.
Je fais un projet Arche de Noé, si tu veux m'aider.
Il ne te prendra que 40 jours et 40 nuits, à peu près.
Après 40 jours, ton arche est construite, c'est ça ?
Ou après 80, mais qui va compter ?
Moi, je ne compte pas.
- Tu es déjà venu ici ? - Oui, quelques fois.
Quand j'étais petit, je rêvais d'ouvrir mon restaurant.
- Plus maintenant ? - Je ne sais pas.
- Tu cuisines bien ? - À ce qu'il paraît.
J'aimerais savoir cuisiner. J'ai du mal même avec les céréales.
- Ou le café. - Connard.
Attends, pourquoi tu travailles dans un cinéma et pas dans un restaurant ?
- Sujet sensible ? - Non, pas vraiment.
Je n'ai pas encore la réponse.
- Où habites-tu ? - Sur Charles Street, avec mon cousin.
Ma famille est en Floride.
Ils ont déménagé l'année dernière, à cause du travail de mon père.
Mais j'ai décidé de rester ici pour finir le lycée et être avec Brad.
- Vous êtes ensemble depuis longtemps ? - Presque quatre ans, oui.
Maintenant que j'y pense, je n'ai pas été célibataire depuis l'école primaire.
Ça ne me surprend pas.
Tu sais ce qui est bizarre avec toi ? D'un côté, tu es douloureusement timide,
et de l'autre, tu dis des choses que je ne pourrais jamais dire.
- Des choses comme quoi ? - Comme ce que tu viens de dire.
Ce n'est pas une mauvaise chose. Tu es simplement différent.
- Différent ? - Tu sais ce que je veux dire.
Différent. Je peux vivre avec ça.
Différent.
Je dirais... « peut-être. »
Peut-être. Oui.
Eh bien...
- On y est. Merci pour la balade. - Quand tu veux.
Ce serait déplacé de te demander ton numéro ?
Et si tu me donnais le tien ?
- Tiens. - Ok, cool. Je me suis bien amusée.
Moi aussi. On devrait remettre ça.
Oui...
Ok, je ne sais pas comment dire ça sans passer pour une connasse,
- mais... - Non, tu as un copain que tu aimes
et on sera juste amis, je comprends, je n'attends rien.
- Super, ok. - Vraiment.
Je t'appelle.
- Salut. - C'était qui ?
Juste un habitué, on prenait la même route.
- Il est plutôt mignon. - Tu trouves ?
Oui, plutôt.
C'est un choix osé. Tu as du sel de truffe ?
Je vais m'absenter un moment.
Qu'est-ce que tu regardes ?
Désolé.
Quand je te regarde, je me sens à nouveau jeune.
- Tu vas rester longtemps ? - Pas trop.
- Je compte partir dans la journée. - Bien.
- Salut, chéri. - Salut.
- Elle ne m'accorde pas même un regard. - Laisse-la tranquille.
Une, s'il vous plaît.
Une candidature, je veux dire.
9-15, 10-15.
On dirait que ce mec n'arrive pas à garder un emploi plus de deux mois.
- Donne-lui sa chance, je suis son garant. - Tu lui dois une faveur ?
Non, c'est juste comme ça.
Incompréhensible.
Tu vas le former ?
Ok, petit bâtard.
Notre voyage s'achève ici.
Aujourd'hui, tu es à moi.
Salut !
Merde ! Quoi ?
Tu veux le boulot, ou pas ?
Ok.
Donc, le popcorn. C'est facile, hein ?
Mais si on te demande du beurre, tu mets deux giclées au milieu et trois en haut.
Si tu en mets plus, on doit facturer 20 cents de plus.
Tu savais que les émeus sont les seuls animaux enclins à coucher avec un humain ?
Pense à ça.
- Tu y penses ? - Non, pas vraiment.
Pense rouge.
Salut, c'est Brad. Désolé, je ne peux pas répondre pour le moment.
Salut, Brad. C'est moi, Amber. Appelle-moi.
C'est Leslie. Je ne peux pas répondre, laissez-moi un message, je vous rappelle.
Salut, Leslie. C'est Amber. Appelle-moi.
Salut, Amber. Comment ça va ?
Je vais bien. Ça va.
Tu fais quoi, ce soir ?
Ce soir ? Je prépare à dîner et...
C'est vrai ?
Tu vas manger quoi ?
- Comment vous êtes-vous rencontrés ? - À mon travail.
- Je travaille dans un café. - Moi aussi, quand j'étais jeune.
- C'est parti. - On faisait le meilleur café de Brooklyn.
« Vous voulez un bon café ? Alors venez. »
Tu as grandi en Géorgie.
Je sais où j'ai grandi, je veux juste épicer un peu l'histoire, mon Dieu.
- C'est super bon. - Merci.
- C'est un génie de la cuisine. - Comme si tu pouvais le savoir.
Amber, je vais te montrer ce que Charlie a gagné dans un grand concours.
C'était juste organisé par la ville, et je suis arrivé deuxième.
Maman !
Sympa, hein ? Il y a son nom dessus, avec une médaille.
Sympa.
Et un des jurys, Trevor...
je ne sais plus son nom, il écrit pour un magazine de cuisine à New York.
Il est venu voir Charlie, à la fin, et il lui a dit qu'il pensait
qu'il était un des chefs amateurs les plus talentueux qu'il ait vu.
Il m'a donné la médaille. Et alors ?
Et ensuite ?
Eh bien, il a donné son numéro à Charles.
Il a dit qu'il était toute ouïe si jamais il voulait discuter.
Mais je ne l'ai jamais appelé, on sait. Merci, maman. Je suis un connard.
Surveille ton langage !
- Steven Jacobs ! - Pose ça.
Ne donne pas d'ordres à mon fils.
- Il se comporte comme tu lui as appris. - Tu as dit quoi ?
- Hein ? Non, rien. - Les gars.
- Steven, pose ça. - Doucement. C'est juste un gosse.
Quand tu seras chez toi, tu dicteras tes règles.
Steven. Allez, donne-moi ça.
Hé, pas la dame. Prends-moi.
C'est du joli, tous les deux.
Très joli. Vous pourriez gagner un oscar.
Amber, je suis désolée, chérie.
Allez.
Vraiment désolée pour ce qui s'est passé. C'était très gênant.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je n'arrive pas à croire que je te dis ça, je te connais à peine.
J'ai fait un test de grossesse.
Il était négatif, mais...
Cette seule idée a fait que ma vie a défilé devant mes yeux.
- Il t'arrive de craindre l'avenir ? - Moi ?
Non.
Je suis bien installé. J'ai 55 ans.
Je bosse dans un cinéma merdique, je vis chez mes parents.
Je ne comprends pas pourquoi. Tu es bourré de talent.
Je pense que tu pourrais avoir du travail dans le restaurant de ton choix.
Je suis heureuse de t'avoir rencontré, Charlie.
Un ami organise une fête mardi, si tu veux venir.
Il a passé le barreau, on fête ça.
Mardi soir, je sors avec ma copine Leslie et Brad.
- Alors viens avec eux. - Ah oui ?
Oui. Tu peux aussi amener Jack, si tu veux.
Je lui en ai parlé sans faire exprès, de toute façon.
C'est vrai. J'avais complètement oublié, tu lui as décroché ce poste.
Ce n'est rien.
Merci.
Ok, on se voit mardi, alors.
Ok. À mardi.
- Ok. - Très bien.
- Il te faut quelque chose ? - Non, ça va, mais entre.
Assieds-toi. Discutons un peu.
- C'est quoi le problème du mari ? - Arrête, c'est un mec bien.
Il n'y a pas de raison de se sentir tendu.
Tu sais...
- Comment va ta petite amie ? - Amber. C'est juste une amie.
Tu n'as rien à cacher à ton vieux père.
J'ai vu comment elle te regardait.
- Non, tu n'as rien vu. - Si.
C'est là que je veux en venir.
Tu devrais peut-être être plus direct avec elle.
Parfois, même si c'est difficile, il faut mettre les pieds dans le plat.
On dirait un message vaseux sur un t-shirt.
Hé !
J'ai parlé avec un monsieur de la Nouvelle-Orléans, aujourd'hui.
On dirait que j'ai mon premier client.
Il va me loger, et tout. Ton vieux va résider à la Riverview Plaza.
Eh bien, c'est super.
Il pense que sa femme le trompe avec son patron.
- Il y a beaucoup de gens perturbés. - Comme toi ?
La vie est compliquée, Charlie.
Les choses ne sont pas toujours aussi simples qu'elles le paraissent.
Tu devrais le savoir mieux que quiconque, surtout après ce que tu as traversé.
Bonne nuit.
Charlie...
Je t'aime.
Je t'aime aussi.
Merci.
- Le vin rouge, ça ne compte pas. - C'est sophistiqué.
- C'est vrai. - Tous les gens cool...
Elle arrive, comme ça. Ça se présente mieux. Elle entre.
Salut.
Salut.
Tu connais Brad, et voici Leslie.
- Enchanté, Leslie. - Il me faut un verre.
Salut, mon pote. Ça fait plaisir de te voir.
- Vous voulez quelque chose ? - Juste de l'eau, merci.
De l'eau ?
- Comment ça va ? Brad. - Heather.
- Bonsoir. Leslie. - Ça fait plaisir.
- Tu es avec le machin ? - La fête ? Oui.
- Je suis une amie de Charlie ? - Tu connais Charlie ? Moi aussi !
Je travaille au cinéma avec lui.
J'adore la culture pop, donc c'est cool. C'est un bon plan. Pas mal.
- Cool. - Oui.
Tu veux un verre ?
Ne t'en fais pas, je m'en occupe.
Oh, cool. Un whisky avec des glaçons.
Non. En fait, j'allais m'en prendre un.
Un whisky avec glaçons.
Je n'arrive pas à croire que tu aies enfin fini.
Ne me porte pas la poisse, je n'ai pas encore réussi.
Mais si j'y arrive, tu devrais penser à venir à New York.
Ce n'est pas si facile de prendre ses affaires et partir.
Pourquoi ? Tu es le maire ?
Qu'est-ce que tu as de si important, ici ?
Tu ne peux pas laisser la peur de l'échec te dicter ta vie.
C'est un bon exemple de prise de risques.
C'est marrant. C'est la seule fille que j'aie eu envie de charmer.
- Tu n'es pas charmant. - C'est le problème. Je sais.
Désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris.
Il y a quelqu'un ?
On s'amuse bien, pour une fête de vieux.
Je trouve que ce Charlie est plutôt sympa, d'ailleurs.
Oui, il est sympa, mais il a de gros problèmes.
Enfin, il ne pense pas à mal, il est juste paumé.
- Depuis quand tu juges comme ça ? - Mais non, c'est juste que...
Ok, il veut avoir un restaurant, un truc du genre,
mais il est si tordu qu'il ne veut même pas en parler.
C'est un super cuisinier, mais il ne prend pas ça au sérieux.
C'est triste.
Je ne sais pas. Je ne pourrais jamais être avec quelqu'un comme ça.
Heureusement pour toi, ce n'est pas une option.
Ouais.
- Où vas-tu ? - Chercher mon fils à l'école.
- Tu veux de la compagnie ? - Non.
Et si je t'emmenais petit-déjeuner demain pour te remercier de me loger chez toi ?
Si ça n'en tenait qu'à moi, tu n'entrerais même pas dans cet État.
Ouais.
Sam, je regrette ce que j'ai fait tous les jours.
Tu m'as manqué pendant longtemps, c'est vrai même si tu ne me crois pas.
- On a eu de bons moments. - Oui, puis tu as vidé mon compte bancaire
- et tu m'as laissée avec notre fils. - Et j'ai toujours voulu te rembourser.
Les choses ne se passent pas toujours comme on voudrait.
- Pourquoi tu es revenu ? - J'ai du boulot à la Nouvelle-Orléans.
Je voulais vous voir.
- Et je n'avais nulle part où aller. - Oui, c'est déjà plus plausible.
Eh bien, je me suis attiré des ennuis.
Je dois de l'argent à des gens.
- Tu vas grandir un jour ? - Je ne sais pas, j'essaie.
Je veux reprendre à zéro.
Tu m'as tellement brisé le cœur. Je ne savais plus comment vivre.
- Tu le savais ? - Oui.
Je reçois une lettre ou un truc du genre tous les deux ans depuis 20 ans,
et soudain tu te pointes comme un invité chez une vieille amie ?
S'il te plaît, je vais être en retard.
Tu ne me pardonneras jamais, hein, Sam ?
Je ne me souviens pas que tu m'aies demandé pardon.
Je te le demande maintenant.
Non, allez ! Je te tenais !
Je l'avais.
- Tu avais qui ? - La baleine blanche du capitaine Achab.
Je la tenais, et elle est partie.
- Tu es bourré ? - Non.
Oui.
C'est quoi, l'histoire avec Heather ? Elle est franchement canon.
- Je peux tenter mon coup ? - Tenter ton coup ?
Tu veux décrocher un rendez-vous ou renverser un gouvernement ?
Merde, c'était juste une question. Il faut que tu te détendes.
- Qu'est-ce que tu as ? Tu es déprimé ? - Je vais bien, ok ? Merci.
C'est Amber, hein ?
J'ai vu juste !
Tu veux savoir comment j'ai deviné ?
Tu es le premier depuis longtemps à avoir fait des efforts pour moi.
Je ne fais pas trop Prince Charmant, donc ce n'est pas pour moi.
Je parie sur Amber. Tu essaies de l'impressionner, une connerie du genre.
Le problème c'est qu'elle a un copain, en meilleure forme, plus beau, bel avenir.
Tu ne sais pas de quoi tu parles.
C'est bon, ça va.
- Tu le trouves plus beau ? - Mais oui, regarde-le.
Mâchoire carrée, sa bite a probablement des tablettes de chocolat.
Ok, c'est bon, ça suffit ! Mon Dieu.
C'est toi qui as demandé.
Tu as loupé un bout, là-bas.
Comment ça va ?
- Ça fait un bail, tu m'as manqué. - J'étais occupé.
Je suis débordé.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Je t'ai entendue discuter dans les toilettes au bar.
J'ai entendu ce que tu as dit sur moi.
- Ce n'est pas ce que tu crois. - Si, bien sûr.
Mais ça va.
Ce sont tes sentiments. Je peux gérer.
Je suis vraiment désolée. C'est normal que tu sois fâché.
Je ne suis pas fâché, je suis gêné.
Et fâché, bien sûr. Je suis fâché.
- J'ai dit ça car je te trouve génial. - C'est évident.
Ne réagis pas comme ça.
Ce que je voulais dire, c'est que je ne te comprends pas.
Tu as tant de choses pour toi, c'est frustrant.
Tu es intelligent, sympa, mignon.
- Tu es drôle. - Je ne suis pas drôle.
Peut-être pas intentionnellement.
Quoi ?
Salut, les jeunes. Ma serviette est sur le lit.
- C'était une erreur. - Je sais, je suis vraiment désolé.
- Ok. - Ok.
- Ok. On se parle bientôt. - Ok.
Je ne fais pas ça, d'habitude.
Oui, moi non plus.
Désolée d'avoir dit ces choses-là.
Tu es déjà allé en école de cuisine, un truc du genre ?
Je suis allé à la fac, mais je n'ai jamais terminé.
Pourquoi ?
Pourquoi tu ne veux pas m'en parler ?
Je suis rentré à la maison pour l'été après ma première année.
Ben et moi, on rentrait d'une soirée.
Je ne me souviens plus de quoi on parlait.
Cette voiture...
Les phares de cette voiture sont sortis de nulle part.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous buviez ?
Non.
Non, mais la fille dans l'autre voiture, oui.
Julie Redding.
Elle a grillé le feu rouge et a essayé de dégager de notre voie
mais je n'ai pas pu réagir à temps.
Elle va bien ?
C'est...
C'est incroyable.
On dit que ça arrive très vite, et c'est vrai.
On vit sa vie et l'instant d'après, plus rien n'est pareil.
Je ne me souviens plus comment j'étais avant ça. Pas vraiment.
Quand je pense à moi à cette époque, c'est comme penser à quelqu'un d'autre.
J'essaie de retourner en cours, mais...
j'étais dévasté, donc je suis rentré à la maison.
Je n'étais censé rester qu'une minute, mais une journée est devenue une semaine,
une semaine est devenue un mois, un mois est devenu...
C'était un pacte avec le diable.
Je pouvais avoir le réconfort éternel en échange de ma motivation, j'ai accepté.
- Ce n'est pas vrai. - Si, c'est vrai.
Mais ce n'est pas grave.
Tu avais raison à mon sujet. J'ai peur.
J'ai peur.
Tu crois que je ne vois pas ce qui se passe autour de moi ?
Tu crois que je ne vois pas le monde avancer chaque jour ?
Je suis terrifié, terrifié d'être si satisfait.
Terrifié de ne pas l'être du tout.
Tu comprends ce que je veux dire ?
Tu sais, je n'ai pas dit à Brad que j'ai fait ce test de grossesse.
Ce n'est pas grave. Ce serait autre chose s'il avait été positif.
Oui, mais le truc, c'est que je devrais pouvoir tout lui dire.
Surtout quelque chose comme ça. Mais je ne peux pas.
Ce n'est pas grave.
Tu me l'as dit, à moi.
Je t'aime vraiment bien.
Je dois y aller.
- Tu étais où ? - J'étais sortie avec Brad.
C'est marrant, parce qu'il a passé la soirée à appeler et à te chercher.
Tu vis une double vie, Pinocchio ?
Allons.
Ne t'en fais pas, les gens me trouvent aussi douteux, crois-le.
- Je pense toujours à ton amie Heather. - Ah ouais ?
- Je peux avoir son numéro ? - Je dois lui demander avant de le donner.
Ne fais pas ton enfoiré.
Désolé, ce n'est pas ce que je voulais dire.
Comment va Amber ?
C'est marrant. Elle a posé la même question hier soir.
Oui, c'est marrant. Tu lui as dit quoi ?
J'ai dit que tu allais bien.
Je t'apprécie un peu plus chaque jour, petit chef du popcorn.
Bonne nouvelle.
Charlie !
Et ce numéro ?
Tu bois beaucoup, non ? Tu es tout le temps malade ?
Tu es malpolie.
Non, je me sens mieux comme ça.
Arrêtons de tourner autour du pot. C'est quoi, ton histoire ?
- Mon histoire ? - Oui. Ta situation avec les mecs.
Ok...
Je dirais qu'elle est plutôt standard.
J'ai connu plein de relations sans avenir, etc.
Je suis une romantique.
Mais je trouve que dépendre de l'autre, c'est pathétique.
Donc je garde mes distances, sauf si le mec en vaut vraiment la peine.
C'est noté.
Et toi ?
Je ne sors pas vraiment avec des filles.
J'ai été fiancé, elle m'a quitté deux semaines avant le mariage.
Oh...
Sérieux ?
Elle a dit qu'un jour, je comprendrais, et elle a raccroché.
- Tu as compris ? - Non.
Non.
Waouh. Je n'arrive pas à croire que tu allais presque te marier.
Mais « presque », ça ne compte vraiment, hein ?
- Tu lui parles encore ? - Non, chef, pas du tout.
C'est logique.
Je ne crois pas qu'on puisse vraiment tourner la page.
C'est comme le dernier repas d'un condamné.
Tu sais ça parce que tu t'es fait exécuter ?
Chris ? Merci.
Non.
Désolée. J'essayais d'être sympa.
Ok, Jack. Est-ce qu'on va arriver à ce moment de la soirée
où tu abats ce mur qui dit : «Je suis un connard mal dans sa peau» ?
Ou est-ce que je m'en vais ?
Je sais que les gars comme toi font ça.
Mais là, je me demande pourquoi tu m'as appelée.
Ok. Je vais y aller. Désolée.
Holà.
Holà veut dire « bonjour », abruti.
Ouais.
- Quelque chose te tracasse ? - Je me sens dépassée.
Tu veux en parler ?
C'est à propos de Brad ?
- Salut. - Salut.
- Comment ça va ? - Bien.
On peut parler ?
Alors, qu'est-ce qu'il y a ?
Alors, voilà. Je pars étudier dans quelques semaines
- et j'ai beaucoup à réfléchir. - Je sais.
Ah bon ?
Qu'est-ce qui se passe, là ?
Je n'aurais jamais dû me mettre dans cette situation.
Je pense qu'on ne devrait plus se parler.
Je suis désolée. Je dois y aller.
Amber.
Le jour où je t'ai dit que les clés n'étaient pas à moi,
j'étais juste trop nerveux.
Ça fait un mois que j'essaie d'entrer chez moi par effraction.
Salut, les gars.
Steve-o, j'ai une question pour toi. Ne me mens pas.
- Tu aimes les jeux vidéo ? - Oui !
La salle d'arcade Government St. est toujours ouverte ?
Je veux que vous y alliez, je vous donne de quoi jouer.
Le job à la Nouvelle-Orléans est arrivé et j'ai récupéré un peu d'argent.
Ok, doucement, mon grand, ça sort du pressing.
Allez fêter ma réussite.
Il était temps que je fasse plaisir à quelqu'un dans le coin, non ?
Ouais ! Viens !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je suis juste préoccupé.
- Par quoi ? - Tu sais...
L'anxiété. Le rejet.
L'infériorité. L'immobilisme. Les problèmes comportementaux et moraux.
Les trucs de la vie.
Je n'avais jamais été un méchant bougre, jusque-là.
Mais moi, je t'aime.
Je t'aime aussi, mon grand.
Merde, Steven !
Viens là, chéri.
Charlie...
Que s'est-il passé ?
Je faisais des courses, et j'ai trouvé la maison comme ça.
Où est papa ?
Les voisins ont dit l'avoir vu devant avec un camion de déménagement.
Vous savez comment on peut le joindre ?
Non.
Désolé, maman.
Ce n'est pas ta faute, chéri.
« Cher Chucky.
Je vous rendrai tout, tu as ma parole.
Assure-toi que ta mère ne s'énerve pas trop.
Je sais qu'au fond, elle comprend. Je t'aime. »
Tu es sérieux, là ?
- C'est quoi, ton problème ? - Rien.
Ok.
Brad ! Ça va ?
Charlie ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Oh, mon Dieu.
C'est une sale fracture.
Sa carrière n'est pas en jeu, mais sa saison est terminée.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Un accident. On a fait la course.
- Vous faisiez la course ? - Tu vois, il était...
Je faisais mon connard.
Comment ça va ?
- Mis à part ça. - Mis à part ça ?
J'ai beaucoup pensé à toi.
Tu trouves que le moment est bien choisi ?
Non.
Non, mais j'ai l'impression que c'est la seule fois où je te reverrai.
Quand pars-tu pour tes études ?
Mon père vient me chercher la semaine prochaine.
- Ok, je dois retourner auprès de Brad. - Oui, bien sûr.
Dis-lui que je suis vraiment désolé.
D'accord.
Hayden.
Non !
Je l'ai eue !
Je l'ai eue.
Ça te fait bizarre ? J'ai eu des béquilles quand...
- Tu faisais quoi avec ce mec, Charlie ? - Rien.
- Tu l'aimes bien ? - Oui, c'est mon ami.
- Mais est-ce que tu l'aimes bien ? - Oui, bien sûr.
Est-ce que tu l'aimes bien, Amber ?
Tu me prends pour un idiot ?
Comment as-tu pu me faire ça ?
Tu ne m'aimes plus ?
Je ne sais pas. Les choses sont compliquées, en ce moment.
Ce genre de conneries, ça n'arrive pas.
On ne peut pas arrêter d'aimer quelqu'un, c'est impossible.
Tu l'aimes ?
Non, mais...
Je ne sais pas.
J'ai l'impression de perdre la tête.
- Tu as couché avec lui ? - Non !
Comment peux-tu me demander ça ?
Qu'est-ce que tu veux que je dise ? Dis-moi ce que tu veux entendre, putain.
Je veux que tu me dises que tu t'en fous de ce mec
à cause de qui, au passage, je suis en putain de béquilles.
J'ai besoin de respirer.
J'ai l'impression de ne pas avoir vraiment respiré depuis longtemps.
Tu te fous de ma gueule.
Désolée. Je ne sais pas.
Je sais que tu ne sais pas. Tu l'as déjà répété 15 fois.
Ok, je...
Je veux juste que tout aille bien entre nous.
- D'accord ? C'est tout ce que je veux. - Ce n'est pas le cas.
Tu crois que tout va bien ? Que tout ça me va ?
Laisse-moi deviner. Tu ne sais pas.
Hein ? Tu ne sais pas.
- Fais-moi signe quand tu sauras, ok ? - Brad !
Comment ça va ?
Au moins, j'ai un bon bouquin.
Je vais récupérer nos affaires.
- Ce n'est pas grave. On est assurés. - Si, c'est grave.
Tu sais où est ton père ?
Charlie, qu'est-ce que tu fais là ?
Entre.
- Comment tu as su que j'étais là ? - Tu me l'as dit.
Ah oui, c'est vrai.
- Comment se passe ton boulot ? - Je ne l'ai pas décroché.
Ils ont pris un mec plus expérimenté. Qu'est-ce qu'on y peut, hein ?
Alors comment ça se fait que tu loges encore ici ?
J'ai vendu la télé de ta mère pour me payer la chambre.
J'avais si hâte d'être au Riverview Plaza. Je me suis dit que je me devais bien ça.
- Au moins, je suis honnête. - Arrête, tu n'es pas honnête.
J'ai quelque chose pour toi.
- Mets ça, tu vas adorer la sensation. - Papa.
Essaie-le pour faire plaisir à ton vieux père.
Oh ouais. Viens par là.
Ok ? Te voilà.
C'est de ça qu'il s'agit.
Tu as la classe.
Je ferai un chèque à ta mère dès que j'aurai les moyens.
Pour le double de ce que je lui dois.
Son avocat de mari peut lui acheter tout ce qu'elle veut.
Il ne s'agit pas seulement d'elle. Et moi, dans l'histoire ?
- Allons, un peu de compassion. - Je t'emmerde, papa !
Je t'emmerde.
Je me suis vraiment mis dans le pétrin, cette fois, Charles.
Ces gars allaient me faire du mal si je ne payais pas.
Alors, tu as fait du mal aux autres. Ça s'arrête où ?
Tu as des problèmes aussi. Encore pire que les miens.
De quoi tu parles, bordel ?
Je sais pour ta copine, je sais qu'elle a avorté.
Je ne peux qu'imaginer ce que tu traverses.
- De quoi tu parles ? - Tu n'as rien à me cacher.
Je ne dois pas me mêler de tes affaires, mais je me suis entraîné pour le boulot
que j'aurais d'ailleurs dû décrocher, et je l'ai suivie.
Elle était un sujet comme un autre.
J'ai aussi travaillé un peu sur Benny. Félicite-le pour son examen de ma part.
- Il n'a pas encore eu ses notes. - Si, et il s'est très bien débrouillé.
Je n'ai pas pu m'en empêcher.
Ce n'est rien. J'ai pris l'enveloppe, je l'ai scellée et lui ai envoyée.
Il ne l'a pas encore reçue ? Non, c'est pour toi.
- Où sont les meubles ? - C'est pour toi.
Dans un garde-meubles.
- Je les reprends. - Non.
- Non. - Si.
- Non, Charlie, s'il te plaît. - Attends que je sois à nouveau sur pieds.
Je te laisse cette chance, papa. Fais ce qui est juste.
Attends que je sois à nouveau sur pieds.
Charles.
Allez.
- Salut. - Allez.
Tu comprends ?
Je commence à me dire que je suis peut-être déprimé.
- Tu vas bien. - Lâche-moi, connard.
Regarde la... Concentre-toi.
Tu devrais vraiment venir à New York avec moi si je passe le barreau.
T'éloigner de toutes ces conneries te ferait du bien.
Peut-être que je viendrai.
Sérieux ?
Merde, maintenant, j'espère vraiment avoir réussi.
Fais-moi confiance là-dessus, ok ? Tu as réussi.
Je suis désolé.
Des roses ? On peut faire plus cliché ?
J'ai ma réponse.
J'ai chassé ce petit bâtard pendant longtemps.
Je l'ai enfin attrapé, mais le truc, c'est que j'aurais préféré ne pas l'avoir.
Une fois capturé, j'ai vu que je n'avais pas avec qui partager ce joli petit bout.
- Tu es vraiment taré. - Oui.
Je ne suis pas doué pour ces conneries.
Mais, Heather, je t'aime bien.
Je te trouve cool, et plutôt jolie, et...
Je veux dire, je te trouve jolie. Extrêmement jolie.
Je suis désolé de m'être comporté comme un connard.
Et je sais que j'ai des problèmes.
Et je sais aussi qu'il ne suffit pas de le savoir.
Mais je pense que c'est un premier pas.
Donc...
Tiens.
Donne-moi ça.
- Allô ? - Trevor ?
C'est Charlie Brenner. J'étais dans ce... Enfin, j'ai...
Charlie. Charlie Brenner ! Oui, je me souviens très bien de toi.
- Comment ça va, fiston ? - Bien. Je vais bien.
En fait, je déménage. Je déménage à New York.
C'est par ici.
Salut. Je peux te parler ?
Écoute. J'apprécie tout ce que tu as fait pour moi.
Mais je déménage à New York avec un ami.
Je suis prêt à commencer un nouveau chapitre.
- Tu n'es pas fâché ? - Non.
De toute façon, tu n'étais plus assez passionné par ton travail.
Je m'ennuie. On peut fermer, putain ?
Premièrement...
occupe-toi des chiottes pour femmes, monsieur l'assistant manager.
- Ah ouais ? - Au boulot.
Joli !
Ce que tu as vu, là ? C'est ça, la passion.
Charlie ! Salut.
Salut.
Je vais chercher Jack au travail.
J'étais justement avec lui. Vous faites quoi ?
Amber organise sa fête d'adieu ce soir au Cow Fiend.
Tu veux venir ?
Non, j'ai des cartons à faire. Mais amusez-vous bien.
- Tu es sûr ? - Oui.
- D'accord. Je t'appelle plus tard. - Ok.
- Salut ! - Salut.
Je ne suis pas enceinte.
- Amber ! - Salut.
- Salut. On est arrivés. - Salut.
Merci.
- Comment ça va ? - Bien.
- Et toi ? - Bien aussi.
- J'ai trouvé du travail, à New York. - Waouh.
Je serai assistant du chef dans un nouveau restaurant du centre-ville.
- C'est génial. - Ça sort un peu de nulle part.
Mais c'est bien.
C'est un pas dans la bonne direction. Ou dans une direction.
Comment va la jambe de Brad ?
J'espère que ça va. En fait, je ne sais pas.
On fait une pause.
On a beaucoup à réfléchir.
- Je veux que tu saches... - Je sais.
Je traverse une passe difficile. Peut-être plus difficile que tu ne penses.
Je ne veux pas rentrer dans les détails,
mais ça a été difficile.
Bon.
On se reverra peut-être un de ces quatre.
À New York, ou ailleurs.
Oui, ça me ferait plaisir.
Passe-moi ton téléphone.
Alors, voilà mon nouveau numéro
et un des chiffres est faux, je crois.
Je vais prendre ça comme un indice clair.
À un de ces quatre.
À un de ces quatre.
Ok.
Eh bien, je crois qu'on y est.
Mieux vaut tard que jamais, non ?
Tu vas me manquer plus que tu ne peux l'imaginer, mon grand.
- Je t'aime, Charlie. - Je t'aime aussi.
- Tu vas être génial. - On verra bien.
Je le vois déjà.
Merci, papa.
- Au revoir ! - On t'aime !
- Moi aussi. - Au revoir.
Salut ! Fais de bonnes pâtes !
Très joli, Steven.
Tu vas bien ?
Oui, je respirais juste un coup.
À quoi tu penses ?
À plein de choses.
Surtout aux animaux et à la paix dans le monde.
Tu es un type bizarre, Charlie. Tu sais ?
Pas si bizarre.
Peut-être juste un peu différent.
Sous-titrage : VDM
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