All language subtitles for Im Still Here 2024 1080p WEBRip

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Original subtitles

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Je suis toujours là

Sous dictature militaire

Vas-y, Marcelo !

Jolie tête.

Bien joué, Eliana !

Allez !

À moi !

Joli !

À qui est le chien ?

Virez-le du terrain !

Encore lui ?

Virez-le !

C'est le vôtre ?

Non.

Marcelo !

Tiens-le. Il gêne la partie.

- Trop mignon ! - Adorable !

On pourrait le garder.

Ouais.

C'est qui, le mec mignon…

Marcelo !

Regardez mon nouveau chiot !

Maman te laissera pas garder ce sac à puces.

- Elle est où ? - Aucune idée.

Encore un peu.

Dalal nous tuera si on arrive au ballet bronzées.

Ça sert à ça, le fond de teint.

Allez !

Attention à la route, Marcelo !

Allez !

Pardon !

Essuyez-vous les pieds ! Je viens de balayer.

Je peux le porter ?

- C'est quoi, ça ? - Notre nouveau chiot.

Il est dégoûtant ! Ta mère est au courant ?

Papa est là ?

Il est dans son bureau avec M. Boca. Ne le dérange pas.

C'est urgent.

Il va me gronder !

Trop mignon !

C'était dingue de se lancer dans un tel projet.

On ne cherche pas la facilité.

- Moi, si. - J'en doute pas !

- Bien entendu. - Papa ?

Entrez !

Pas de chien dans la maison. Hors de question !

On peut le garder, s'il te plaît ?

- Maman a dit quoi ? - De te demander.

Pourquoi moi ?

- Prends-le. - Moi ? non.

J'ai un tunnel à construire. Dalal va me virer !

Je dirais que ce petit brigand

a une tête de…

Pimpão !

Montre-moi.

Je sais comment faire.

Arrêtez.

C'est quoi ?

Écrase le joint, Reyna.

- Rabattez-vous. - Une seule file.

- J'ai dit une file. - Rabattez-vous.

- À gauche. - Deux suspects à moto.

Vérifie les voitures signalées.

À toutes les unités. Véhicule suspect.

Contre le mur !

Contre le mur ! Vos papiers.

Vous avez déjà ma pièce d'identité !

La ferme !

Là, à côté de la voiture jaune !

Vous, garez-vous là !

Coupez le moteur.

Baisse la caméra, bon sang.

Allez !

Sortez.

- Mains sur le mur. - Sur le capot.

- Le mur, hippie. - Face au mur.

Face au mur.

Allez !

Ferme-la, gamine.

Tournez-vous.

RECHERCHÉS TERRORISTES ET MEURTRIERS

Vos papiers.

- Le poussez pas ! - Papiers !

Ils sont dans la voiture. Je peux ?

Vas-y !

Dégage ton visage.

Tes cheveux !

Babiu, rouge ou argent ?

Le rouge, c'est mieux.

Le film de Veroca finissait à quelle heure ?

Du calme. Elle sera bientôt là.

Pimpão a dû déposer les autres d'abord.

Enlèvement à Rio de Janeiro.

Eliana, monte le son.

La voiture de Giovanni Bucher

a été détournée en route pour l'ambassade

juste avant 9 h aujourd'hui.

Les kidnappeurs ont enlevé l'ambassadeur suisse

et ont blessé le garde du corps

en lui tirant dans la tête, son état est critique.

Au cours d'une opération rapide et violente,

huit hommes et femmes ont utilisé une Willys Aero

pour bloquer la voiture de l'ambassadeur à Laranjeiras.

Ils ne l'avaient pas relâché ?

C'était l'Allemand, ça.

Celui-ci est suisse.

… ont dit qu'après avoir entendu des tirs,

ils ont vu une Volkswagen à deux portes

roulant à grande vitesse en direction de Flamengo.

Des pamphlets ont été laissés sur les lieux,

signés par les kidnappeurs,

se proclamant de l'Alliance de Libération nationale.

Il est trop mignon.

Mais qui va s'occuper de lui ? Aide-moi !

Que s'est-il passé ?

Je tremble encore. C'était la merde.

Que s'est-il passé ?

Surveille ton langage, Veroca. Où étais-tu ?

On ramenait Helena chez elle, il y avait un barrage militaire.

Ils étaient agressifs, ils fouillaient tout le monde.

C'était horrible.

Un ambassadeur a été enlevé.

Encore ?

Ils en parlaient à la télé.

Heureusement, Pimpão avait la carte ABB de son père.

C'est quoi, l'ABB ?

C'est pratique, un avocat dans la famille.

L'association brésilienne du barreau.

Je te sers à manger ?

J'ai pas faim, Zezé, mais merci.

- Elle ne mange pas du tout. - T'es grillée.

Va parler à ton père. Il était inquiet.

Donne.

Ce truc avec l'ambassadeur, c'est fou.

Veroca !

Papa l'a appelé Pimpão.

Lui dis pas.

Il est où ? Il a dit que je peux monter dans la Dodge.

- Une autre fois. - Mon petit !

Ne monte pas dans cette voiture de playboy.

Très drôle.

Je pensais qu'un playboy buvait du whisky

et fumait des cigares toute la journée…

Non, chérie. C'est moi qui paie pour toi.

Quel film t'as pas vu ?

Blow-up. Le son était nul.

Ta mère était morte d'inquiétude.

Alors, tu vas m'enfermer ?

Dis-lui, bon sang !

C'est ma faute si l'armée harcèle les gens ?

Combien de prisonniers ils réclament ?

- Je ne sais pas. - Tout le monde au lit.

Je veux voir les infos.

Non. Au lit.

Bien essayé, Marcelo. Le chien reste au garage.

J'appelle Dalva pour voir si Helena est rentrée.

Ça devait pas être beau à voir.

Dalva veut nous convaincre de partir à Londres avec eux.

Puis elle a proposé d'emmener Veroca.

Ça peut être une bonne idée.

Vraiment ?

Elle va rentrer à l'université. Tu sais ce que c'est.

Je sais ?

Elle va sûrement participer à la vie politique étudiante.

On devrait attendre un peu. Laissons-les s'installer.

On verra ensuite. Rien ne presse.

Alors, pourquoi Gaspa et Dalva partent si soudainement ?

Gaspa est parano, il croit être surveillé.

Laissons-la partir avec eux.

Le temps que cette phase se termine.

Ce sera vite terminé.

La phase macrobiotique

a duré deux semaines.

Mais personne ne se fait arrêter pour ça.

C'est vrai.

Je vais parler à Gaspa.

C'est vrai ?

Ça va aller.

Allô ?

- Rubens, feu vert ? - Oui.

- C'est pour la livraison. - Une minute.

Le boulot. Je descends. Raccroche pour moi.

Vas-y.

Le 80, Delfim Moreira.

- La maison à l'angle ? - Oui.

Tu y seras ?

Non. Tu peux laisser ça au bureau.

À côté de Cinelândia ?

En centre-ville. Tu as l'adresse ?

Oui. Y a pas mal d'enveloppes, cette fois-ci.

- On en parle demain. - D'accord.

Bien.

Salut.

Que fait ce petit écureuil encore debout ?

- J'ai senti ton cigare. - Un flair de limier.

Ça sert à quoi ?

C'est pour faire des maths

ou mesurer le nez d'un menteur.

Et à qui tu parlais ?

Papa a une mission secrète.

Tu sais quoi ?

On a conclu que tu peux pas me battre au baby-foot.

T'as aucune chance.

- Je te prouve le contraire ? - Maintenant ?

Allez.

Tu vas pas les réveiller ?

Je t'en prie.

- Après toi, vantard. - Allez !

- Pleure en silence. - Gros bébé.

Ne réveille pas tes sœurs.

- Un partout. - Non !

Attention ! Un partout !

Devant tout le pays !

Qu'est-ce que vous foutez ? On veut dormir !

- Quel remontée fantastique ! - Ça, c'est un arrêt !

Lavez-le bien. Frottez, les enfants.

Il sentira bon, comme ça.

Frottez.

Ton lit doit être dégoûtant,

maintenant que le chien a dormi dedans.

Alors, tu as dormi avec…

Tu rencontreras un Anglais.

Le prochain John Lennon ! Tu reviendras jamais.

Je vais revenir ! Je veux étudier la sociologie.

Tu n'as pas besoin de décider maintenant.

Tu décideras quand tu reviendras.

C'est décidé, maman.

Rhum-raisin pour ma Méditerranéenne.

Comment tu l'as appelée ?

Méditerranéenne.

Un mélange italien, espagnol, grec et turc.

La plus belle femme qui soit.

C'est moi.

Veroca, trouve-moi un petit ami anglais.

- Nalu, t'es trop jeune pour ça. - Mais non !

Je vais te manquer ?

Bien sûr, ma chérie !

- Et moi ? - Non !

Arrête.

Le pauvre !

Veroca.

Si, tu vas me manquer.

Ça, c'est pour toi.

Merci, Dalva !

Veroca a promis de ne pas causer d'ennuis.

Il n'y aura pas de problème.

Sinon, je peux partir à sa place.

J'adorerais que vous veniez tous.

Quand la maison sera terminée, on viendra.

C'est ça, Eunice !

Une fois installés, vous ne quitterez plus Rio.

C'est pour Babiu ?

Non, c'est celui-ci pour elle. Et ceux-là,

ils sont pour toi.

C'est devenu trop dangereux, ici, Rubens.

On est des cibles immobiles.

Vous devriez venir avec nous.

J'envoie Veroca, pour voir si ce n'est pas une arnaque.

Qui sait ?

Tu veux héberger toute une famille à Londres ?

- Où ça ? À Buckingham Palace ? - Vous êtes ma famille aussi.

Vous reviendrez bientôt.

Tu rouvriras la librairie, la maison d'édition…

Ça ne durera pas.

Tu verras.

Salopard.

- Je t'aime, mec. - Je t'aime.

- Tu les prends tous ? - Non.

Seulement celui-ci.

Tiens.

Vraiment ?

Laisse pas Eliana les toucher.

Vera.

Ouah !

Ne dépense pas tout pour des disques.

Achète des bottes. Il t'en faut une bonne paire pour le froid.

Merci.

Tu as encore ton manteau marron ?

- Lequel ? - Celui avec la fourrure.

Celui-là.

Il est vieux.

Il a l'air neuf.

Un cadeau de ton père. Notre lune de miel à Bariloche.

Tu me le prêtes ?

Tu as intérêt à être sage, là-bas.

Dalva a assez de soucis, ne fais pas de bêtises.

Je sais me tenir.

Prends soin de mon manteau aussi.

- Je veux le récupérer. - Promis.

Ne pars pas. Je vais te faire un soufflé.

Nalu !

But !

Un à zéro !

Tu as vu ça ?

Meilleur que son père. C'est pas dur.

La maison intéresse quelqu'un ?

Toi, c'est ça ?

Je cherche un endroit comme ça dans le quartier.

Rubens n'a pas encore commencé la nouvelle maison.

Mais je peux te présenter un excellent agent immobilier.

Oui ! On ne peut plus accueillir les nouveaux étudiants.

J'ignore comment Dalal fait pour gérer l'école seule.

Je n'ai pas cinq enfants.

- Six, si tu comptes… - Rubens !

Quelle odeur délicieuse.

Comment tu fais pour pas que ça colle au plat ?

Je te l'ai dit !

Passe une lame de couteau sur le rebord,

le four doit être très chaud, et il ne faut pas l'ouvrir.

- Quoi ? - C'est tout !

C'est trop chou, les filles dansent.

Elles ne comprennent pas le français, heureusement.

Je montrais à Cris.

Où est ta sœur ?

- Dans sa chambre ? - Non.

- Touche pas ! - Elle va tomber.

Laisse faire. Y a quelqu'un en haut ?

Non.

Brasília est une bombe à retardement.

Les militaires vont frapper fort.

Un ambassadeur contre 70 prisonniers.

Ils jouent avec le feu.

- Comment ça se présente ? - Très mal.

Ils n'ont jamais demandé la libération d'un tel nombre.

Si les militaires refusent, ils le tueront ?

Non, chérie.

Dans l'immédiat, l'ambassadeur est probablement…

Comment il va, Baby ?

Félix, montre-lui.

L'ambassadeur fume un gros cigare.

Il est quasiment à Genève !

Qui a faim ? Le soufflé est au four.

Au fromage suisse !

Eliana, un maillot mouillé sur le canapé ? Va te changer.

- Il fait trop chaud. - Non.

Je lui ai dit.

- Veroca a disparu. - Laisse-la vivre.

- J'allais me casser le bras. - Quoi ?

Je suis tombé sur mon bras…

Tes histoires sont longues et confuses.

Raconte-nous cette nouvelle histoire longue et confuse !

Priez pour moi !

Babiu est plus calme. Mais celui-ci…

J'ai l'impression…

- Ta première ? - Et toi ?

J'en ai pris trois fois !

Je fais semblant d'aimer le soufflé.

Papa, c'est ma fête, non ? Je choisis les chansons !

De quoi elle se plaint, Mlle Peace & Love ?

Tu en auras vite marre de la musique des gringos.

Je peux t'emprunter la dame ?

Pourquoi tu lui demandes ?

- Je demande à la dame. - Aucune chance.

Dire qu'elle va partir.

On sera bientôt seuls.

Ma dent est tombée !

- Babiu ! - Montre-lui.

Babiu !

Et si quelqu'un la trouve ?

Impossible, chérie.

Regarde comme la plage est grande.

- Et si on la retrouve pas ? - On la trouvera.

J'ai compté les pas de la maison à ici.

Prenons une photo !

Babiu !

Babiu !

Viens, on prend une photo.

Viens, Rubens !

Serrez-vous !

Allez !

Eunice.

Je prends la photo. Tu dois y être.

Attention.

Vous êtes prêts ?

Pas de têtes sérieuses.

Allez.

Attention. "Virez les dictateurs !"

Un, deux, trois et…

Veroca !

L'ambassadeur suisse, Giovanni Bucher,

a été libéré aujourd'hui contre 70 prisonniers politiques

qui ont été envoyés au Chili.

Je réponds, Zezé.

Allô ?

M. Paiva est là ?

Il est sorti.

Qui est-ce ?

Allô ?

Rubens,

ceci est arrivé pour toi.

Merci, Geraldo.

Pour Rubens de Vera

"Ceci n'est pas une lettre ordinaire,

"mais une expérience sensorielle digne d'un concert des Mutantes.

"Voici notre maison.

"Elle est drôle, comme dans Blow-up. Les maisons

"sont toutes pareilles."

Je m'y perdrais !

Ça a l'air ennuyeux.

"Seules les portes changent.

"Noël sans la plage, c'est bizarre.

"Mais la neige, c'est chouette aussi.

"On a fait notre premier bonhomme de neige.

"Il vous rappelle quelqu'un ?"

Un nouveau papa amélioré.

"Et cette rue ?"

C'est palpitant !

"Nalu,

"mes pieds ont foulé le même sol que ceux de John Lennon !"

Pas croyable !

"Les Beatles ont enregistré ici !"

Attention au bus !

Mon petit ami anglais !

Tu ne parles même pas anglais !

"Regardez ce magasin de disques.

"Je pourrais vivre ici.

"On est restées jusqu'à la fermeture.

"J'ai juste acheté un single, maman.

J'en doute.

"Et c'est même pas pour moi. C'est pour Pimpão."

Le prix de consolation !

"Il va adorer.

"C'est la fin de ma première lettre.

"J'espère que vous allez bien.

"Je vous embrasse. Vous me manquez.

"Vera Lennon."

Remets-le.

Encore ? Attends, je dois rembobiner.

Ça rembobine.

Attends… Voilà.

- Je peux lire, cette fois ? - Oui.

- On peut ? - Je vais éteindre.

Je peux commencer ?

"Voici notre maison.

"C'est drôle, les maisons sont toutes pareilles.

"Comme dans Blow-up.

"Les portes changent…"

- Tu attends qui ? - Reste là.

Pousse-toi !

"Noël sans la plage, c'est bizarre.

"Mais la neige, c'est chouette aussi.

"On a fait notre premier bonhomme de neige.

"Il vous rappelle quelqu'un ?

"Et cette rue ?"

Je dois classer les photos ou tout va se mélanger.

Chéri, on peut mettre la clim' dans la chambre des enfants ?

Pas besoin. La maison sera bien aérée.

Il y aura un mur de cobogó, une grande véranda…

Tu réponds ?

C'est mon tour.

- Allô ? - M. Paiva ?

J'ai une livraison à faire.

D'accord.

- Delfim Moreira ? - L'angle d'Almirante Guimarães.

On y sera tout l'après-midi.

- J'arrive. - Bien.

Merci.

Il y a un bon film au Pax ?

On va dîner chez Dalal. Baby ne t'a pas dit ?

On ira après.

Prêt ?

Toujours.

- Où vas-tu ? - Vérifier le déjeuner.

M. Paiva, des hommes…

Que se passe-t-il ?

Député Rubens Paiva ?

Je ne suis plus député depuis des années.

Venez avec nous.

- Où ça ? - Faire votre déposition.

C'est la routine.

Une déposition pour quoi ?

C'est bon.

- Je vais me changer. - Bien sûr.

Escorte M. Paiva.

Qui d'autre est là ?

Juste mes enfants.

Ils sont en haut. Pas besoin d'armes.

- Salut, maman. - Salut, chérie.

Où est papa ?

En-haut.

- D'accord. - Je prends un verre d'eau.

J'y vais.

Bonjour.

- Papa. - Oui !

- Papa. - C'est moi.

Je peux t'emprunter ça ?

J'ai le choix, Nalu ? Vas-y.

Et mon bisou ?

Voilà.

Où vas-tu, habillé comme ça ?

Au bureau.

Mais c'est les vacances.

Je vais aider ces messieurs.

Je reviens vite, chérie.

D'accord.

J'ai changé d'avis.

Dors chez Cris. Vous irez au ballet ensemble, demain.

Merci !

Cristina, demande à Sebastião de passer.

Je lui dirai.

Je peux l'accompagner ?

Votre mari reviendra bientôt.

À l'heure pour le soufflé.

Où a lieu la déposition ?

Je ne sais pas.

Et vous ?

Nous allons vous tenir compagnie.

- Salut. - Salut, chéri.

- Tu as bien dormi ? - C'est qui, ces types ?

Ils chassent les nuisibles.

Tu as faim ?

Je vais chercher ton petit-déjeuner.

Un lait chocolaté ?

Papa est à la plage ?

Il est sorti un moment. Il reviendra bientôt.

Seigneur. Que se passe-t-il ?

Où sont les téléphones ?

Un dans le bureau et l'autre en haut.

Si c'est pour votre mari, dites qu'il est en voyage.

Allô ?

Salut, Dalal.

Oui, mais pas aujourd'hui.

Rubens a dû partir subitement.

Rien de grave.

Problème familial, il sera rentré demain.

D'accord.

Embrasse Baby pour moi.

On n'a pas été présentés.

Je m'appelle Eunice.

Schneider.

Vous restez déjeuner ?

Ne vous dérangez pas.

Si, j'insiste.

Une voiture ouverte est une incitation au vol.

Babiu.

Mange.

Que faites-vous, au juste, M. Schneider ?

Je suis parapsychologue.

Parapsychologue ?

Maman, pourquoi tout est fermé ?

Eliana, va prendre ton bain.

Après le match. Je viens chercher le ballon.

Pas maintenant, chérie.

Qu'y a-t-il ?

Restez ici pour attendre votre père.

- Où est papa ? - Allons dans ta chambre.

- Ils m'attendent. - Tu joueras plus tard.

Mais j'ai le ballon !

Non !

C'est qui, ces types ?

Je peux pas sortir ?

Ils ont emmené papa.

- Où ça ? - Je ne sais pas, chérie.

Ils ont dit qu'il devait répondre à des questions.

Ce sont des policiers ?

Je pense que c'est l'armée.

Calme-toi, chérie.

Viens là.

Ça va aller.

Ne dis rien aux petits.

Babiu, tu viens m'aider en cuisine ?

Allez.

Ça suffit !

Une seconde.

Non, ta sœur est au lit. Maintenant.

On finira demain.

Ces messieurs ne seront plus là demain.

Tu as gagné.

Je peux faire autre chose pour vous ?

Il y a à manger dans le frigo. Servez-vous.

Ça ira. Merci.

Vous pouvez vérifier si Rubens est sur le retour ?

Il est tard. Je m'inquiète.

Je ne peux pas.

Malheureusement.

Allons nous coucher.

- Ils sont armés. - Je sais, chérie.

Je peux dormir avec toi ?

Reste avec les petits, s'il te plaît.

Changement d'équipe.

Retournez dormir.

Je n'ai pas sommeil.

Eliana.

Chérie.

Papa est rentré ?

Non, chérie.

Ils veulent nous interroger aussi.

- Moi aussi ? - Oui.

Enfile ça.

Mais ne t'en fais pas, on rentrera bientôt.

Veille sur les enfants.

Mettez ça.

Où est ma fille ?

Eliana est dehors. Désolé pour la capuche.

Cigarette ?

Où est mon mari ?

DOSSIER CONFIDENTIEL

Vous êtes mariés depuis longtemps ?

Je veux le voir.

Il est écrit 18 ans.

Il était déjà associé aux communistes ?

Mon mari était du Parti travailliste,

et j'aimerais parler à mon avocat.

Inutile. Ce sont des questions de routine.

J'y répondrai après avoir vu ma fille et mon mari.

Il est en haut.

Il nous a tout dit. Vous devez juste confirmer.

Confirmer quoi ?

Qu'il a quitté le pays en 64

après avoir conspiré.

Rubens était député.

Il a été évincé.

Il a dû s'exiler.

Depuis son retour, il ne fait plus de politique.

Pourquoi est-il lié à des terroristes ?

Ce n'est pas du tout le cas.

Vous allez me tuer !

On a surveillé de près les allées et venues chez vous.

On aime recevoir nos amis.

Certains de vos amis sont-ils là-dedans ?

Non.

Eunice.

J'essaie de m'assurer

que vous puissiez continuer à vous occuper de votre foyer,

à emmener vos enfants à l'école

et à jouer au backgammon.

C'est mon boulot.

Comment va Vera à Londres ?

Vous lui avez fait du mal ?

- Elle a des ennuis ? - Non !

Alors, pas d'inquiétude.

On recommence ?

Qui est-ce ?

Rubens.

Vous voyez ? C'est pas difficile.

Qui d'autre connaissez-vous ?

Regardez bien.

C'est Martha.

L'enseignante de mes filles.

J'ignore ce qu'elle fait là.

Elle a été interceptée à l'aéroport.

Son fils fournit la logistique aux opposants au Chili.

Ça ne peut pas être elle.

Elle a apporté des lettres à Rubens.

Je veux savoir comment il les transmet aux terroristes.

Je vous ai dit que Rubens n'a aucun lien avec des terroristes.

Eunice, vous allez devoir changer d'attitude.

Je peux voir ma fille ?

- C'est quoi, ça ? - Le protocole.

Vous avez dit que je verrais ma famille.

On n'a pas terminé.

Ma fille est là ?

- Ma fille est là ? - Maman ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Assise !

Quelques questions et on rentre.

Allons-y, madame.

Laissez-moi…

Ma fille !

C'est juste une enfant !

Juste une enfant.

Ne les laissez pas lui faire de mal.

Silence.

Vous allez les énerver.

Eliana.

À toi.

Nom ?

Je suis là depuis quand ?

Votre nom.

Eunice Paiva.

Votre nom complet.

Maria Lucrécia Eunice Facciolla Paiva.

Je veux parler à mon mari.

Regardez à nouveau.

Je vous ai dit ce que je sais.

Je veux juste me changer…

Encore.

Ma fille.

Où est-elle ?

Je n'ai pas cette information.

Vous reconnaissez quelqu'un ?

Eliana.

- La ferme ! - Eliana !

- Silence ! - Eliana !

Votre fille n'est pas là.

Elle est restée une nuit.

- Je suis là depuis quand ? - Cinq jours.

Et mon mari ?

Il s'appelle Rubens. Vous l'avez vu ?

Samba

Noire, forte et audacieuse

Poursuivie où que tu sois allée

Au coin de la rue Au bar, à l'église

La ferme, bon sang !

Je ne sais rien !

Assassins !

Arrêtez !

Nom complet.

Maria Lucrécia Eunice Facciolla Paiva.

Où vous m'emmenez ?

Sachez que je n'approuve pas.

Chérie.

Viens là.

Où étais-tu ?

Chérie…

Chut.

Tu veux manger ?

Maman

a besoin de dormir.

D'accord ?

Demain, on prendra le petit-déjeuner.

Que se passe-t-il ?

Eliana ?

Eliana ?

Quoi ?

Maman est revenue.

Et papa ?

Non.

Elle est au lit ?

Personne ne doit entrer.

Je peux dormir avec toi ?

Bien sûr.

Je voulais t'attendre.

Ils m'ont pas laissée.

Je suis désolée.

Ils t'ont fait du mal ?

Ils ont posé beaucoup de questions.

J'ai dit que je savais rien.

Tu as vu ton père, là-bas ?

Les journaux disent qu'il a fui.

Qu'il a fui ?

Lino dit que c'est faux.

Lino est venu ?

Non. C'était chez Baby.

J'y vais tous les jours après l'école.

Ils y sont tous, pour te retrouver.

Maman, non.

Pas le téléphone. Allons-y. Je t'accompagne.

Non. Tu vas à l'école.

- Je dois savoir… - Eliana, tu vas à l'école.

Mais je les aide.

Ta mère s'en occupe, dorénavant.

- Maman ! - Maman !

Mes bébés !

Où est papa ?

Cette histoire est bidon.

Mais ils ne peuvent plus nier l'arrestation.

Ils ont nié avoir arrêté Rubens ?

Et que l'armée était impliquée.

La même chose est arrivée aux Pasquim, et ils vont bien.

Exactement. Ils ont disparu deux mois, puis ont été libérés.

La communauté internationale surveille de près.

Et une photo de famille sans le père ?

- Bonne idée. - Bien sûr.

- Mets-la en couverture. - On ne peut pas.

Pourquoi ?

Le journal publie ce que dictent les militaires.

Je pense au New York Times, au Monde.

- Tu parles français ? - Pour dire quoi ?

Parle de ton arrestation et de celle d'Eliana.

- Elle ne voulait pas venir ? - Je l'ai envoyée à l'école.

- Elle va bien ? - Oui, ça va.

Elle a un peu peur. C'est normal.

Détends-toi. C'est un ancien député.

Il ne risque rien. Ça ferait trop de vagues.

On maintient la pression, on surveille.

Il faut faire plus que ça.

Il faut des preuves concrètes de son arrestation,

ou on ne pourra pas faire grand-chose.

- Sa voiture. - Oui, quoi ?

Elle est garée au parking militaire.

Je l'ai vue hier.

Eunice. Lino est là.

Je fais du café ?

Non, je vais sortir.

Je vais chercher les enfants à l'école.

Prépare le déjeuner, s'il te plaît.

- Je prépare quoi ? - Peu importe.

Balancer un peu de lacrymo

Pour mater le troupeau Ils se plaindront plus trop

Pour mater le troupeau Ils se plaindront plus trop

Coup de matraque sur la tête Puis essence et allumette

Coup de matraque sur la tête Puis essence et allumette

Réduire les os de ces bandits En poussière

Des vêtements de rechange et des médicaments.

Mon mari est diabétique, il en a besoin.

Il n'y a pas de Rubens ici.

Pouvez-vous nous dire où il a été transféré ?

Faites une demande auprès de la police fédérale.

D'accord. Merci.

On peut avoir le reçu ?

Merci.

Où fait-on cette demande ?

Pas la peine. Ils vont la rejeter, ça ira au tribunal.

Mais au moins, avec ça,

je peux déposer la requête en habeas corpus.

J'aimerais la lire.

Je peux la garder ?

C'est pire que du grec. Tu es sûre ?

Oui.

Je vais récupérer les enfants à l'école,

puis je passerai au bureau te la rendre.

Inutile. J'en ai une copie.

S'il y a du nouveau, je te préviens.

Juste une chose. J'ignorais que Rubens était diabétique.

Il ne l'est pas.

En voyant votre mari, j'ai su pour qui étaient les lettres.

Vous avez vu Rubens là-bas ?

On était dans la même voiture.

Pour aller où ?

Je ne sais pas.

- Ils nous ont mis… - Des capuches.

À moi aussi.

C'est si difficile de les ranger ?

Vous devez le dire à la police.

C'est elle qui nous a arrêtés.

Je sais. Mais ils prétendent le contraire.

Désolée. Je ne peux pas être impliquée.

Vous êtes la seule à l'avoir vu là-bas.

Vous devez m'aider.

Sans preuve de son arrestation…

Vous devez partir.

Mon mari est en danger, Martha.

Nous sommes tous en danger.

- Je peux y aller à pied ! - Ça suffit, Nalu !

La voiture de papa est là, mais pas lui ?

Il est encore en voyage.

Mais c'est sa valise !

Laisse-la ici.

J'ai raté les répétitions. Cris dit que je peux l'accompagner.

Dorénavant, vous rentrez directement de l'école.

Personne ne sort seul.

- Et le volley ? - J'ai arrêté.

Pourquoi ?

J'ai pas envie de m'entraîner.

La recherche des kidnappeurs de l'ambassadeur suisse…

C'est sur l'ambassadeur !

Pas si les enfants sont là.

Zezé, rentre.

Où est la clé de ce portail ?

Il y a une clé ?

Je vais la chercher.

Pimpão !

Allez. Viens, petit brigand.

Petit brigand !

Non ! Pas gentil !

C'est qui, les hommes dans la voiture ?

Ils sont là depuis des jours.

Que font-ils ?

Ils restent là.

Ils observent toute la journée.

Ton tablier est effiloché.

Je t'ai dit d'en acheter un neuf.

J'ai utilisé l'argent en réserve pour les courses…

Il ne restait pas assez.

Bien sûr.

Je passerai à la banque et je t'en prendrai un autre.

Eunice…

Vous pourrez voir pour ma paie ?

Je sais que vous êtes soucieuse,

mais M. Paiva ne m'a payée que jusqu'à décembre.

Désolée, Zezé.

Je m'en occupe.

Merci.

- Merci. - Asseyez-vous.

Rubens peut appeler pour autoriser le retrait.

Il n'a pas accès à un téléphone.

Il a dû rester pour superviser la construction.

Tu ne peux vraiment pas m'aider, Ritor ?

Sans sa signature, je ne peux pas.

Et Miriam ? Comment va-t-elle ?

Bien.

On devrait sortir, un de ces soirs.

Oui.

J'ai apporté

quelques dollars et quelques livres qu'on avait.

On peut me les changer ?

Bien sûr. Quelqu'un va s'en occuper.

- Merci. - Excuse-moi.

Maman ?

Salut.

Salut.

Tu sais où est maman ?

Non.

Je peux ?

Non.

- Allez ! - Non.

Crâneuse !

Gilda a encore appelé Varig.

Vera sera sur liste d'attente pour la semaine prochaine.

Au fait, tiens,

la lettre de Veroca.

Je la lirai plus tard.

Ce serait bien qu'elle reste un peu plus longtemps.

Tu sais combien coûte le billet ?

J'arrangerai ça avec Rubens à son retour.

J'espère qu'il reviendra bientôt régler tout ça.

Le salopard !

Tu passes à la maison ?

Tout le monde est là.

Viens voir tes amis.

Pourquoi Rubens a été arrêté ?

Je ne sais pas.

Les militaires s'en prennent

à n'importe qui.

Ne fais pas ça.

J'y étais.

J'ai vu l'endroit.

J'ai le droit de savoir ce que Rubens manigançait.

Tu ne crois pas ?

Si.

Eunice.

On ne peut pas rester les bras croisés.

Surtout nous.

On connaît du monde,

et on a les moyens d'aider.

Alors, Rubens, Gaspa, Raul et moi…

L'un parle à la presse étrangère,

un autre héberge les gens,

un autre livre les lettres aux familles.

On fait ce qu'on peut.

Mais on ne participe pas à la lutte armée.

Rubens, encore moins.

Vous avez décidé de ne rien nous dire,

à Dalal, Dalva, moi…

Pour nous protéger.

Bien sûr.

Tu penses que Rubens sera libéré ?

Oui.

Il reviendra bientôt.

Viens dîner avec nous.

Dalal veut te voir.

Je ne suis pas d'attaque.

J'ai trop d'enfants.

Merci.

"Ces photos, c'était dans le métro.

"Une dehors, l'autre dedans.

"On allait à une fête chez Arrae."

Donne.

"Vous ne croirez jamais qui était là !"

- Qui ? - Qui ?

- Dis-nous ! - Devinez.

Caetano !

- Gil. - Gilberto Gil.

"Il portait un pantalon en velours à pois,

"une chanson de Bob Marley a commencé,

"et Gil m'a invitée à danser."

- C'est pas vrai. - Menteuse.

"C'était incroyable !

"La plage me manque, les soufflés aussi, et vous.

"Tout me manque.

"Vera."

C'est tout ?

Je peux la voir ?

Restez tous là.

Marcelo.

Pimpão !

Vous regardez quoi ?

Vous voulez quoi ?

Où est mon mari ?

Allez-vous-en !

Fichez le camp ! Partez !

Partez !

Zezé ?

Une couverture, s'il te plaît.

"Les exilés brésiliens posaient des questions sur papa,

"maman et Eliana.

"Je ne sais pas quoi dire.

"J'ai un sentiment horrible.

"Pourquoi tu ne me dis rien ?

"J'ai découvert vos arrestations dans les journaux.

"Que se passe-t-il ? Je veux rentrer."

Tu n'as pas tout lu.

Donne-moi cette lettre.

Non. Tu as sauté la partie où Vera parle de papa et moi.

- Ils parlent de nous. - Donne-la-moi.

Vera ne sait rien !

- Donne ! - Tu nous mens !

Va dans ta chambre !

Cour suprême militaire

Eunice Paiva relâchée

Une cellule privée demandée pour Rubens Paiva

On ignore où il se trouve

Je ne peux toujours pas décrire

les heures atroces passées en prison,

mais je peux vous assurer que votre mari y était.

Je ne le voyais pas, mais je l'entendais dire :

"Rubens Beyrodt Paiva."

Avant d'être transférée,

j'ai entendu une dernière fois sa voix, demandant de l'eau.

J'espère que votre famille sera bientôt réunie.

Saluez mes anciennes élèves,

Vera, Eliana et Nalu.

Lino ?

C'est moi. Désolée d'appeler si tard.

Que se passe-t-il ?

On a la preuve que Rubens a été arrêté.

Quelqu'un veut venir nager ?

- Il est tard. - J'ai faim.

Zezé.

Inutile de cuisiner. On sort manger une glace.

Super !

D'accord, Marcelo ?

Je veux des frites.

Une glace à la fraise.

Assieds-toi.

Maman !

Maman !

Mort au combat.

Le président l'a dit.

C'est tout.

Tu peux le publier ?

Non, pas encore.

Ils n'admettront pas.

On doit parler à Lino.

Il saura quoi faire.

Il n'y a rien qu'on puisse faire.

Comment ça ?

On doit les forcer à admettre publiquement.

Une assignation, une ordonnance du tribunal.

On pense

qu'il faut continuer à demander sa libération

comme si on ne savait rien.

Pourquoi ?

Pour que ma maison soit surveillée,

une voiture garée à la porte ?

Pour que mon téléphone soit sur écoute ?

Tu n'es pas seule.

Et le corps ?

Je ne sais rien de plus.

Que s'est-il passé, selon toi ?

Dis-le.

J'ai entendu des choses.

Enterrés dans la forêt, jetés en mer d'un hélicoptère.

Des charniers.

Ce sont des rumeurs. Impossible de savoir.

Personne ne parle. Ils ont trop peur.

Ça t'embête si je ne te raccompagne pas ?

Je suis désolé.

J'espérais de meilleures nouvelles.

Je sais.

- Au revoir. - Au revoir.

De quoi vous parliez ?

J'ai apporté quelque chose à ta maman.

Vous avez retrouvé mon père ?

Pas encore.

Prends soin de toi.

C'est nul, les infos !

Va jouer à la poupée !

Marcelo.

Imbécile !

Marcelo.

Maman.

Qu'y a-t-il, chérie ?

Marcelo a cassé ma poupée.

Assieds-toi.

Tu pleurais ?

Non.

Tiens.

- Prête pour la glace ? - Oui.

Dis aux autres de se préparer.

- Et toi ? - T.

G.

- S. - Non.

Allez, Babiu.

- R. - R ?

Tu es sûre ?

Si on attend que l'acte soit en règle,

on en tirera un meilleur prix.

J'ai trop à faire.

Je préfère faire comme ça.

Je peux t'avancer l'argent. Pas de problème.

Cette propriété est une pépite.

Tu peux construire là-bas.

Merci d'avoir géré la vente sans tous les documents.

Je suis désolé.

J'aurais aimé faire plus.

Ce n'est pas ta faute.

S'il te faut quelque chose,

quoi que ce soit,

pour les enfants et toi,

tu me préviendras ?

Bien sûr.

Un dépôt ?

Un retrait.

Merci.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Je peux entrer ?

Bien sûr.

Mademoiselle.

Vous m'avez tant manqué !

Comme vous avez grandi !

Chérie…

- Tu m'as manqué. - Toi aussi.

- Pimpão est mort. - Marcelo !

Le chien.

Le pauvre !

- Je peux avoir un pin's ? - Autant que tu veux.

Où sont Nalu et Eliana ?

À la maison, avec des journalistes du Manchete.

Qu'est-ce qu'ils font chez nous ?

Une photo de famille pour le prochain numéro.

Maman.

Oui, chérie ?

J'ai laissé ton manteau à Londres.

Helena m'a suppliée, je lui ai laissé.

C'est pas grave.

Vraiment ?

Vraiment.

Elle en aura plus besoin que moi, là-bas.

Est-ce que ça va ?

Oui, chérie.

Ça va.

- Tu as des nouvelles ? - Vera.

À Londres, ils en parlent partout.

Pas ici ?

Chérie.

Un peu plus près, s'il vous plaît.

- On voit tout le monde ? - On y va ?

Rapprochez-vous un peu.

Plus près. Voilà.

- Bien ? - Oui. Allons-y.

Trois, deux, un.

Inutile de sourire.

Pourquoi ?

- L'éditeur l'a demandé. - Quoi donc ?

Il a demandé une photo plus…

Enfin, moins joyeuse.

Il veut une photo triste.

Non, pas triste, mais pas besoin de sourire.

Nous, tristes ?

On va sourire.

Souriez !

Essayons plus sérieux.

Souriez !

Regardez ici.

Souriez.

Trois, deux, un.

Encore une.

Je ne comprends pas pourquoi dans un pays

dont le système judiciaire est censé fonctionner,

quelqu'un peut entrer chez vous,

embarquer votre mari,

un père de famille, un ingénieur,

le jeter en prison, puis dire :

"Il est parti."

L'enquête a récemment été classée, c'est ça ?

Mon avocat a fait une demande pour la rouvrir.

Ce comportement de l'État est inacceptable,

et il est protégé par de fausses informations,

conçues pour couvrir les actes illégaux

commis par ses propres agents.

Zezé est en repos ?

Elle ne travaille plus ici.

Pourquoi ?

On ne peut plus la payer.

Elle travaille à l'école de Dalal.

Alors, laisse-moi t'aider.

Pas la peine. Demain, tu auras des corvées aussi.

Je peux faire la vaisselle.

Si tu insistes.

Comment ça va ?

Je sais qu'ils vous ont emmenées.

Que se passe-t-il ? Personne ne dit rien !

On n'en parle pas ici.

J'aurais aimé te faire un soufflé.

C'est pas grave.

Je n'ai pas eu le temps. On mange ?

Comment on va faire ? Veroca est revenue, mais j'ai sa chambre.

Peu m'importe.

Eliana peut dormir avec Marcelo et Babiu…

- Sûrement pas. - Tu y es déjà !

Mes affaires sont dans l'autre chambre.

- Elles rentreront pas. - Mais si !

Ça ne sert à rien de vous disputer.

Personne n'aura sa propre chambre.

Pourquoi ?

Parce qu'on déménage

- à São Paulo. - Quoi ?

- Tu es sérieuse ? - Oui.

Mamie et papy sont là-bas.

Les cousins.

Et parfois, je vous laisserai un peu avec eux,

car je retourne à l'université.

Quoi ?

- J'irai pas ! - Eliana.

- J'irai pas ! - Eliana.

Et la maison neuve ?

Ça va devoir attendre, chérie.

Et papa ?

Ce sera un long processus.

C'est difficile à comprendre, il faut être patients.

Et s'il revient et qu'on n'est pas là ?

Cette maison est déjà louée.

Elle va devenir un restaurant.

Je veux que chacun prépare sa valise,

et vendredi, un camion va se garer devant.

On retourne à São Paulo.

Passe-moi le sel.

Le gouvernement nie

Salut, l'as.

Salut.

Salut, Luquinhas !

- Tu gardes ça pour moi ? - Tu reviendras, hein ?

Oui.

Comment tu l'as trouvée ?

Y a que papa qui savait.

Je sais beaucoup de choses aussi.

On y va ?

- Nalu, tu as vu Eliana ? - Non.

Monte en voiture.

Eliana ?

Eliana.

Chérie ?

25 ans plus tard

Tu es en avance.

Salut, chérie.

J'ai changé mon vol.

Bien.

Je vais dîner avec Daniel. Tu veux venir ?

Je peux pas, Babiu. Je me réchauffe quelque chose.

Merci.

C'est ton voyage ?

Je t'imagine pas dans ces petits avions.

En voiture, c'est impossible.

Il faut trois jours, et le coin grouille de spéculateurs.

Tu les avais pas virés, la dernière fois ?

Je le croyais.

Bon…

Tu pars quand, demain ?

Manuela passe me prendre à 6h40.

Je n'ai même pas commencé mon discours.

On prendra le petit-déjeuner ensemble.

D'accord.

On a des outils juridiques pour essayer d'éviter

l'occupation illégale de ces zones,

et toute la région est affectée par la route transamazonienne.

Il faut d'abord demander une annulation

des contrats frauduleux des spéculateurs,

comme Manuela et moi l'avons fait pour le Pataxó.

Il faut appliquer la Constitution de 1988,

qui impose au gouvernement

de garantir aux indigènes le droit à leurs terres.

Un appel urgent pour vous.

Allô ?

Tu ne pouvais pas te coiffer, Marcelo ?

J'ai mis une cravate.

- Vous avez vos papiers ? - Oui.

- Dans ma poche. - Bien.

Bonjour, Marlon.

- Bonjour. - Excusez-moi !

Ce sont mes enfants, Marcelo…

Comment allez-vous ?

Beatriz.

- Votre petit va mieux ? - Oui, il est à l'école.

- Saluez Ivone pour moi. - J'y manquerai pas.

Mme Paiva ?

Félicitations.

Allez, Marcelo.

- Il est vraiment là ? - Oui.

Tu peux aller chercher le dossier de Mme Paiva ?

Pardon, comme votre mère a dit que vous veniez,

- vous pourriez… - Bien sûr.

- C'est Carla ? - Oui, avec un "C".

Il vous a plu ?

J'ai beaucoup pleuré.

Vraiment ?

Il était censé être drôle.

L'histoire de votre accident m'a beaucoup touchée.

Il y avait trop de gros mots ?

- Non. - Non ?

- Non. - Tu vois ?

Elle me le reproche.

CERTIFICAT DE DÉCÈS

La presse est là.

Ils peuvent entrer ?

Oui.

C'est étrange,

d'être soulagée par un certificat de décès.

Comment avez-vous géré le vide laissé par votre mari ?

Les disparitions forcées

étaient l'un des actes les plus cruels du régime,

car on tue une personne,

mais on condamne les autres à une torture mentale éternelle.

Après le retour de la démocratie,

le gouvernement n'a-t-il pas

mieux à faire que de réparer le passé ?

Non.

Il est nécessaire d'indemniser les familles,

et surtout,

de tirer au clair et juger

tous les crimes commis pendant la dictature.

Sans cela,

ils continueront à être commis en toute impunité.

Photo !

Maman, pas le Scotch au rabais, hein ?

C'est le vrai ?

Après le troisième, ce sera pareil.

Maintenant que c'est fini, tu prends ta retraite ?

- Quelle retraite ? - Fais une pause.

Viens nous voir à Berne, Daniel et moi. Repose-toi.

Pour me reposer, je dois être à la plage.

Alors, vas-y.

Maman, tu as réussi.

C'est le bon !

- Oui. - Je te l'ai dit.

- N'ouvre pas ça maintenant. - Trop tard.

Je dois tout trier.

Le journal veut une photo de papa.

J'appelle Vera. Les enfants ont dû rentrer de l'école.

Embrasse-la pour moi.

Et salue George.

Regarde Pimpão et Zezé !

C'était quoi ? Tu te rappelles ?

L'anniversaire de Nalu ?

Non. Dalva et Gaspa n'y sont pas.

Moi, toi et papa.

Quand l'as-tu enterré ?

Comment ça ?

Quand as-tu compris qu'il ne reviendrait pas ?

Quand j'ai vu maman donner ses vêtements.

Un an et demi plus tard.

Vraiment ?

Et toi ?

Quand on a quitté Rio.

Si tôt ?

Je crois.

En voyant la maison vide.

Vera vous embrasse.

On prend une photo pour vos sœurs ?

Oui !

- C'était quand, ça ? - Ça ?

L'anniversaire de Vera.

Elle gère le retardateur ?

On va le savoir.

C'est bon ?

Souriez !

Je t'aide, maman ?

Vérifie. Je crois que tout est en ordre.

Dès que j'aurai le prêt, je te rembourserai.

Tout est consigné ici.

Allons-y avant l'heure de pointe.

Ce n'est pas la peine.

Daniel passe me chercher.

D'accord.

Tu m'appelles quand tu arrives ?

Oui.

- Tu seras sage ? - Non.

Tu vas me manquer.

Toi aussi, chérie.

Prépare-toi.

J'y vais.

QUI A TUÉ RUBENS PAIVA ?

la vérité

Affaire Rubens Paiva

UN VOYAGE DANS LE MONDE DE LA TORTURE

Fête de départ de Veroca Décembre

Envoie un bisou à papa !

Pas toi, Juca !

Marcelo, j'ai celle du Manchete, celle à la plage…

J'ai celles de l'université.

Il en reste, de Brasília ?

Je ne crois pas. Elles n'ont pas survécu.

Il y a celle avec les pigeons.

- Parfait, en couverture ! - C'est l'éditeur qui décide.

Je vérifie ce que j'ai, je les scanne et je les envoie.

Eliana, mets-les-moi sur clé USB, s'il te plaît.

On a un soufflé !

Complètement raté !

Il s'est dégonflé !

Attention, c'est chaud.

Pas de blague, d'accord, Veroca ?

J'ai apporté de la glace.

C'est triste, hein, Mme Paiva ?

Si elle avait noté la recette…

C'est sa faute ?

Maman, tu as assez mangé ?

Babiu a apporté de la glace. Tu en veux ?

- Chico, tu en veux, toi ? - Oui.

- Moi aussi. - Tiens.

Juca.

Vous allez emmener vos amis ?

C'est difficile à prévoir.

C'est les vacances ! On en a parlé.

C'est quand ?

Raquel, tu peux amener maman ?

Bien sûr.

Plus de vin ? Non ?

Tiens, ma cousine.

Tu essaies de me soûler ?

Merci.

Maman semble moins irritée, non ?

Plus calme.

Je trouve aussi.

Juca l'apaise.

Quatre mois, mais j'ignore si c'est officiel.

Il dit que personne n'embrasse mieux qu'elle.

Allez, Juca !

Un bon sept, je dirais.

Salopard.

- Comment ? - Tu l'as embrassée aussi ?

Non. Je plaisante. Juste lui.

Ça allait, cette semaine ?

Des fois, oui. D'autres fois, elle perd complètement pied.

Vingt-et-un ans de dictature au Brésil,

et les innombrables crimes

commis contre ceux qui s'y opposaient.

La Commission a entendu plus de 1 200 témoins,

des membres du régime et des victimes de la dictature.

Le document révèle la torture et le meurtre systématiques

dont plus de 20 000 personnes ont été les victimes,

et les centaines de disparus.

Le rapport a identifié 230 lieux

où ces crimes ont été commis,

comme des casernes de l'armée,

ainsi que des zones utilisées pour déposer les corps,

comme Marambaia, à Rio de Janeiro.

Certaines victimes sont devenues des symboles de la résistance

contre le régime militaire,

comme le journaliste Vladimir Herzog,

l'étudiant Stuart Angel

et le député Rubens Paiva.

Le corps de Paiva,

comme au moins 200 autres,

n'a jamais été retrouvé.

Prenons notre photo.

Approchez, c'est l'heure de la photo !

Allez, la famille Facciolla !

Allez, les Facciolla, c'est la photo de l'année !

Ça va ?

Juca, tu étais où ?

Tout le monde est là ?

Allez, les Facciolla !

Ici !

Maman.

Regarde là-bas !

Allez.

Souriez !

Le gouvernement a admis

l'assassinat de Rubens Paiva

dans la caserne

de l'armée à Rio de Janeiro

du 21 au 22 janvier 1971.

En 2014, cinq officiers

ont été inculpés de torture et de meurtre.

Aucun d'entre eux n'a été arrêté ou puni à ce jour.

Eunice Paiva a obtenu son diplôme de droit à 48 ans

et a voué sa carrière aux droits de l'homme.

Elle est devenue experte en droits indigènes

pour le gouvernement fédéral du Brésil,

la Banque mondiale et les Nations Unies.

Eunice est morte en 2018 à l'âge de 89 ans à São Paulo,

après avoir vécu 15 ans avec la maladie d'Alzheimer.

INSPIRÉ DE LA BIOGRAPHIE DE MARCELO RUBENS PAIVA

Sous-titres traduits par : Michael Puleo

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