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L'armée russe vient de libérer Auschwitz.
Les SS oeuvrent sans relâche à l'exécution des prisonniers.
Il n'y a pas assez de crématoires,
aussi les incinèrent-ils à l'air libre.
Les Polonais entrent dans le camp
et découvrent les atrocités qui ont été commises.
Les prisonniers étaient tatoués pour être identifiés.
Certains ont fait l'objet d'expériences médicales :
inoculations de microbes,
implantations de tumeurs ou greffes de peau.
Ces expériences concernaient surtout les enfants.
Une trépanation a rendu celui-ci h émiplégique à vie.
Ces images,
filmées par les SS eux-mêmes,
montrent des prisonniers contraints de porter
les cadavres de leur famille.
L'utilisation de pelles mécaniques témoigne
de l'ampleur du génocide.
D'après ces documents,
près de 1 00 000 personnes ont péri à Auschwitz,
dont 40 000 étaient des enfants de moins de 1 4 ans.
A la libération du camp, il ne restait que 2385 enfants,
la plupart souffrant de tuberculose ou d'anémie,
conséquences du manque de nourriture et de soins.
L'indépendance indienne a entraîné L'exode de millions de personnes,
ainsi que des escarmouches et des représailles
débouchant sur un conflit larvé
qui a déjà fait 1,5 millions de morts.
Il n'y a pas que la guerre qui fasse des victimes.
Les populations immigrées laissées sans refuge
se regroupent dans des camps de fortune
où l'eau et la nourriture font défaut.
Nous voyons ici un camion
transportant vers les fosses communes
des cadavres de vieillards et d'enfants.
L'aide proposée par les Nations Unis à l'Inde et au Pakistan
n'est pas suffisante.
L'Unicef signale
que dans cette partie du monde,
un enfant meurt toutes les 5 secondes.
Après plus de trois ans de lutte,
l'armistice du 27 juillet a mis fin à la guerre de Corée.
Après la paix,
les orphelins coréens ont obtenu protection et nourriture
grâce aux organisations caritatives américaines
et à l'aide sans retenue de Washington,
qui a construit des hôpitaux et des centres de rééducation.
Les enfants y sont soignés et font l'objet d'une rééducation
aussi bien physique que psychologique.
Ils apprennent à se débrouiller seuls et à faire du sport.
Avec la guerre derrière eux et grâce à cette aide,
des milliers de petits orphelins coréens
envisagent désormais avec optimisme un avenir plus paisible.
La guerre se poursuit en Indochine.
Dans de nombreuses villes du Sud-Vietnam,
ont lieu des manifestations contre le gouvernement actuel.
Des grenades explosent en pleine rue,
fauchant hommes, femmes et enfants.
a dépêché 500 000 soldats dans le pays.
Ces forces combinées à la puissance des armements modernes
apporteront la paix dans le sud-est asiatique.
Des objectifs militaires sont bombardés chaque jour,
mais parfois, comme le montrent ces images,
les bombardements affectent la population civile.
Dans le village de Tien Goa,
des centaines de femmes et d'enfants ont été brûlés au napalm.
La guerre civile au Nigéria dure depuis deux ans.
Les tribus du sud encerclent la région du Biafra,
la plus touchée par le conflit.
Les populations fuient vers le nord,
se réfugiant dans des camps de concentration,
mais le manque de soin et de nourriture
les rapproche de l'issue fatale.
A cela s'ajoute la sécheresse qui depuis 6 mois
touche la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad.
Plus de 11 millions de personnes
risquent de mourir de faim ou de soif.
L'aide envoyée n'est pas suffisante.
Il faut une aide médicale urgente et des vivres.
Comme toujours,
les première victimes de la tragédie sont les enfants.
La Croix-Rouge estime que jusqu'ici,
le manque d'eau et de nourriture
a coûté la vie à plus de 300 000 enfants.
Elle s'est noyée.
Regarde ça.
Et ça.
Ce sont des coups de couteau ou de canif.
Elle en a quatre autres dans le ventre.
Elle est étrangère.
Elle a dû tomber d'un yacht
et être emportée par le courant.
Il y a d'autres blessures sur la cuisse.
Sûrement l'oeuvre d'un fou.
Réveille-toi.
Réveille-toi.
Benavis.
Que se passe-t-il ?
C'est jour de fête.
Je n'ai plus de pellicule.
D'abord, il nous faut un hôtel.
De ce côté.
Serait-il possible de louer une chambre ?
- Pour quelques heures ? - Non.
Je regrette.
- Nous sommes complets. - Complets ?
Oui, tous les hôtels sont pleins à craquer.
- Tous ? - Oui.
Je vais vous donner une adresse.
C'est un particulier qui fait chambre d'hôte.
C'est dans la vieille ville. Ça vous plaira.
C'est très pittoresque.
Merçi, au revoir.
Merçi. C'est juste à côté ?
- Bien sûr. - Merçi.
Qu'est-ce que c'est ?
On appelle ça une piñata.
Si seulement les enfants étaient là.
C'est ma dernière chambre.
Ça ira.
Elle donne sur la rue, mais elle est très claire.
Tenez.
La salle de bains est au bout du couloir.
Merçi.
Vous comptez rester longtemps ?
15 jours.
Ici à Benavis ?
Nous voulons nous reposer.
Il y a trop de touristes ici.
Où irez-vous alors ?
Sur l'île d'Almanzera.
- Où ça ? - Almanzera.
Almanzora.
Ici, nous sommes à Benavis.
Almanzora, c'est plus ou moins par là.
Si vous voulez être tranquilles,
c'est l'endroit rêvé. Aucun touriste ne s'y rend.
C'est à quatre heures en bateau.
Je connais un peu l'île. J'y suis déjà venu il y a 11 ans.
Dites-moi, où peut-on trouver une barque ?
- En louer une ? - Oui.
Le facteur se rend à Almanzora deux fois par semaine.
On ne veut pas être dépendant de quelqu'un,
si on a envie d'une balade en mer.
Alors allez au port et demandez Enrique Amoros.
C'est lui, le facteur.
Il loue également des barques aux touristes.
Enrique Amoros.
Votre épouse vous accompagne ?
Bien sûr.
Je crois qu'il n'y a pas de médecin sur Almanzora.
Je m'y connais en médecine.
Je suis professeur de biologie.
Alors tout va bien.
- Une carte ? - Oui, merçi.
- Merçi. - A votre service.
Je trouve Benavis ravissant.
Oui, mais je préfère Almanzora.
Moi, j'aime bien Benavis.
Il y a trop de monde. Les plages sont sûrement bondées.
- Je vais faire une photo. - D'accord.
Ici, c'est parfait.
Comme ça, ça va ?
On a oublié les pellicules.
Je peux vous aider ?
Je voudrais six pellicules pour cet appareil.
- Couleur ? - Oui.
Tom...
Qu'est-ce que c'est ?
Ce sacrifice en signe de protestation
a été inutile.
Civils et militaires thaïlandais fuient vers le port de Phuk et,
en espérant que la flotte américaine
pourra les conduire aux Philippines.
Bangkok est tombé
et un pont aérien permet d'évacuer la capitale,
qui a sombré dans le chaos.
Les cadavres se multiplient alors que l'Unicef et la Croix-Rouge
cherchent à sauver 30 000 enfants blessés ou orphelins.
La chute de la Thaïlande...
Vous m'avez dit six rouleaux ?
Oui.
Le monde est fou.
Ce sont toujours les enfants qui trinquent.
Une guerre ? Les enfants.
Une famine ? Les enfants.
C'est vrai, c'est horrible.
Oui.
- Ils ont dit 30 000 ? - Oui.
1032 pesetas.
Belle journée pour la photo.
Evelyn, où vas-tu ?
Prends une photo de ma première baignade à Benavis.
- Elle est bonne. - Tu as dit quoi ?
Laisse tomber.
Que se passe-t-il ?
Aucune idée.
Tu es contente ?
Tu es contente ?
Ceux-là ne vont pas à la plage.
Ils vont faire la fête.
On s'assoit ?
Où ça ? C'est plein à craquer.
Tu l'es aussi et alors ?
Qu'y a-t-il ?
Rien.
Qu'y a-t-il ?
Rien, rien.
Je regardais la mer.
- Almanzera est... - Almanzora !
Là-bas à l'horizon.
- C'est tout ? - Comment ça ?
Tu penses à autre chose.
Je pense à ce que disait le type du magasin.
Le monde est devenu fou.
Ceux qui en souffrent le plus sont les enfants.
La guerre en Thaïlande, l'Asie aux mains des communistes,
l'imminence d'une guerre civile en Chine...
C'est en Asie. Il n'y a pas de guerre ici.
Il y a déjà eu la guerre civile à Benavis.
Ça pourrait recommencer.
Tu te souviens de La Dolce Vita ?
- La quoi ? - La Dolce Vita.
Un vieux film italien.
Ça raconte l'histoire d'un type, un homme sage et paisible.
Il est marié avec deux enfants,
il aime sa femme, il n'a pas de problèmes
et une nuit,
il prend une arme, tue ses enfants et se suicide.
Pourquoi ?
Sans doute pour les sauver du monde de demain.
Tu voudrais tuer celui-ci ?
On en a déjà deux.
Avec lui, ce sera trois.
Sans ça, nous irions à Almanzora.
Tu le regrettes ?
Bien sûr que non.
Il tue ses enfants pour qu'ils échappent à la folie des hommes.
Qui était le réalisateur ?
Fellini.
- Italien ? - Oui.
Sûrement un fasciste comme Mussolini.
Ils étaient tous fous.
Bonne nuit.
C'était quoi ?
Encore des pétards.
Tu as raison.
A quel sujet ?
On sera mieux à Almanzora.
Il y a trop de bruit ici, trop de gens.
A demain.
A demain.
Il y a trop de bruit. Beaucoup trop de bruit.
Le moteur a été révisé il y a deux jours.
- Vous savez naviguer ? - Oui.
Demande-lui où on peut dormir.
C'est difficile de trouver un hôtel à Almanzora ?
Il y a une pension.
Si vous êtes déjà venu, vous devez connaître La Estrella.
Elle est toujours à moitié vide.
Donnez-moi la valise.
Votre main.
Pas ici, mettez-vous à la proue.
Pourquoi ?
Votre mari restera là pour tenir la barre.
Ici ?
- Attention. - Merçi.
Vous êtes sûr que ça ira ?
Oui, pas de problème.
Dites à Cesario que j'ai reçu les caisses de bière.
- Cesario ? - Le cafetier. Non, laissez.
Je lui dirai demain, quand j'irai porter le courrier.
La mer est calme. En quatre heures, vous y serez.
A bientôt.
Bon voyage.
Je vous verrai dans quinze jours.
Tu n'as pas entendu ce qu'il a dit.
Il passe demain pour le courrier.
D'accord.
A demain, bonne journée !
- J'aimerais tant me baigner. - Mouille-toi un peu.
C'est pas pareil.
L'eau est si limpide, le fond doit être superbe.
Regarde une fleur.
Elle doit être d'Almanzora.
D'Almanzora ?
Le courant entraîne souvent jusqu'à la mer
des branches ou des feuilles.
Je crois qu'on sera bien là-bas.
C'est là.
Ça a l'air tranquille.
Comment tu le sais ?
Bien après avoir quitté la côte,
on entendait encore des cris.
A côté, cette île paraît déserte.
On n'entend que le vent.
Je vous donne un coup de main ?
Fais attention.
Soyez prudents.
Attrapez-la.
Aide-moi à monter.
Merçi, gamin.
Venez, les gars, on va se baigner.
Dépêche-toi, Manolo, on y va !
Alors, petit, ça mord ?
Dis-moi, ça mord ?
Fais voir ce que...
Viens, Tom.
Viens, il fait très chaud.
J'ai pas pris de chapeau.
On pourra en acheter un ici.
Ecoute.
Quoi ?
Rien.
Rien que la mer, les mouettes...
Et le soleil. Il fait très chaud.
Ces arches sont magnifiques.
Madame, permettez-moi de vous présenter
la grand place.
- Très joli. - Le café, le poste de douane...
Rien n'a changé depuis 11 ans.
Tom, qu'est-ce que c'est ?
Quoi ?
- Un vendeur de glaces. - J'en veux une.
S'il vous plaît ?
Il y a quelqu'un ?
- Il n'y a personne. - Peu importe.
Servons-nous et payons.
Elle a fondu.
Allons voir dans ce bar.
Personne ici non plus.
Ils ont l'air d'être partis en catastrophe.
C'est bizarre.
Quoi ?
Il n'y a personne depuis longtemps.
Qu'en sais-tu ?
Regarde, ça tourne depuis des heures.
Tom, j'ai faim et j'ai soif.
Je vais voir ce qu'il y a.
Si tu veux boire, il y a du coca
et de la bière au frais.
Et si tu veux manger...
Je ne sais pas.
Je ne vois que du sucre et du poulet brûlé.
Je crois qu'il y a un magasin plus loin.
Juste à gauche.
On y va ?
Vas-y, toi, il fait chaud et je suis fatiguée.
Je vais rester ici.
Très bien.
Je reviens.
Bonjour.
Bonjour.
Approche.
Comment tu t'appelles ?
Comment tu t'appelles ?
Allez, dis-le-moi.
Comment tu t'appelles ?
Lourdes.
J'attends un bébé.
Pourquoi fais-tu ça ?
Un jour, ce sera ton tour.
Ne t'en va pas.
S'il te plaît.
Reviens.
Reviens !
Allô ?
Allô ?
Allô ?
Tu as vu quelqu'un ?
Non.
Mais ce n'est pas possible.
Il arrive souvent que pour une fête,
ils s'en aillent tous sur une plage à l'autre bout de l'île.
Et toi ?
- Quoi, moi ? - Tu as vu quelqu'un ?
J'ai vu une gamine qui est partie comme elle était venue.
Regarde ce que j'ai trouvé : du pain,
des saucisses,
des fruits
et des sardines.
Un chapeau pour toi.
Et une poupée folklorique pour Rosie.
Elle te plaît ?
Qu'allons-nous faire ?
D'abord, manger et ensuite, chercher la pension.
S'il te plaît, approche.
Approche.
Attends.
Attends, ne t'en va pas.
Ne t'en va pas.
Il doit bien y avoir quelqu'un.
- S'il y a des enfants... - On a coupé le courant.
La broche ne tourne plus.
Je l'ai arrêtée.
Ce que je veux dire...
Notre premier repas à Almanzora.
Il y a tout ce qu'il faut : des assiettes, des couverts...
Veuillez me suivre, madame.
Asseyez-vous.
Je serai votre cuisinier
et votre maître d'hôtel.
Une serviette en papier...
Il a déjà sonné tout à l'heure. J'ai répondu, mais on a raccroché.
Allô ?
Je ne comprends pas. Que dites-vous ?
Vous parlez anglais ? Je ne comprends pas.
Vous pouvez parler plus fort ?
En anglais ou en espagnol.
Vous m'entendez ?
Qui était-ce ?
On aurait dit une voix d'enfant.
Il parlait quoi ?
Allemand ou néerlandais, je crois.
Ils ont le téléphone ici ?
Ils ne sont pas raccordés au continent,
mais il y a sans doute un réseau local.
Au moins, nous ne sommes pas seuls dans le village.
C'était la même voix ?
Oui.
Combien y a-t-il d'habitants ?
Entre 100 et 200 personnes.
Et tu dis que les jours de fête,
ils laissent le village aussi désert ?
On me l'avait dit mais je n'ai jamais vérifié.
Ces fêtes étaient formidables.
Il y avait des musiciens, des chanteurs,
des feux d'artifice.
Qu'as-tu vu ?
Rien.
- Tom. - Oui ?
C'est ici, non ?
Oui.
Entrons.
Il doit bien y avoir quelqu'un ici.
On fait quoi ?
On attend.
Ici au moins, on est au frais. Quelqu'un va venir.
Il y a une salle de bains ?
Quoi ?
Je suis couverte de sueur. Je donnerais n'importe quoi
pour une douche.
Il y a d'autres touristes.
Des Anglais ?
Des Allemands.
Un couple avec une fille.
- Ça pourrait coller. - Quoi donc ?
Tu disais qu'au téléphone, c'était de l'allemand.
Où vas-tu ?
Il manque la clé de la 6 et de la 7. Je monte voir.
Tom, viens voir !
Tu vois bien que le village n'est pas désert.
Je ne vois rien.
Il n'y a personne.
Je viens de voir un vieux monsieur traverser la rue.
Regarde, on aperçoit sa canne.
Je vais voir.
Regarde, une petite fille !
Mais que fait-elle ?
Pourquoi ?
Pourquoi tu as fait ça ?
Pourquoi tu as fait ça ?
Réponds ! Pourquoi tu as fait ça ?
Reviens.
Reviens !
Que s'est-il passé ?
Rien.
Comment ça, rien ?
Rien.
Dis-moi ce qui est arrivé.
Ecoute, la petite a voulu...
jouer avec le vieillard.
Je l'ai vue le frapper !
Elle jouait avec lui, d'accord ?
Tu mens.
Je t'ai vu le porter dans tes bras. Qu'est-il arrivé ?
La petite l'a frappé. Elle l'a blessé.
- Tu l'as emmené où ? - Chez lui.
Tu mens.
Je te raconte la vérité.
J'ai laissé le vieux chez lui, au coin de la rue.
J'ai vu la petite le frapper de toutes ses forces
et je t'ai vu porter son corps.
- Où est la petite ? - Avec le vieux.
Arrête de me mentir !
Il s'était ouvert le front et il saignait un peu.
Evelyn, calme-toi.
Il se passe des choses bizarres dans cette île
et tu essaies de me le cacher.
Peu importe ce qui se passe,
nous devrions partir.
Si je te dis que...
Oui ?
Parlez moins vite
et plus fort.
Votre nom est bien...
Brit Van Der Holden ?
Tom, reste avec moi.
Elle est peut-être à l'étage.
Tom ?
- N'approchez pas. - Qui êtes-vous ?
N'approchez pas.
Je vous en prie...
Prends ça.
Il fait très chaud et tu es nerveuse. Essaie de te reposer.
On en a tous les deux besoin.
Je vais parler avec lui.
Que se passe-t-il sur l'île ?
Je ne sais pas.
Allons, calmez-vous.
Ça va mieux ?
Oui.
Merçi.
Que se passe-t-il ici ?
Il y a deux nuits,
vers 23h30,
j'ai entendu des voix... et des rires.
Des rires ?
On aurait dit...
que tous les enfants de l'île s'étaient réveillés.
Ils criaient et ils riaient,
ils marchaient par bandes.
Ils sont entrés dans une maison comme s'ils faisaient la fête.
Mais non.
Ils sont entrés
et j'ai commencé à entendre d'autres cris.
Des cris d'hommes et de femmes.
Ils sont ressortis,
et ainsi de suite, de maison en maison.
Ma femme est sortie voir ce qui se passait.
J'ai regardé par la fenêtre.
Elle est sortie alors qu'un groupe...
sortait d'une maison.
On aurait dit qu'ils jouaient entre eux,
mais ils avaient des couteaux et des bâtons.
Ma femme s'est mise à crier.
J'avais un fusil dans la chambre.
Je l'ai pris.
Mais je n'ai rien pu faire.
Personne n'a rien pu faire, vous comprenez ?
Oui.
Parce que...
Qui oserait tuer un enfant ?
J'ai eu peur.
Je me suis caché dans une pièce
où on range le linge de maison.
Je n'ai pas osé sortir
jusqu'à ce que j'entende vos voix.
Je ne sais rien de plus.
Rien de plus.
Et votre blessure ?
Quand je suis sorti de la chambre,
j'ai trébuché et je suis tombé sur le sol.
Est-il possible
qu'il y ait d'autres survivants ?
Je ne sais pas.
Dans le nord, il y a des cabanes de pêcheurs.
Au centre de l'île, il y a quelques fermes.
C'est localisé.
Tu te sens mieux ?
Oui.
Dites-moi où vous êtes.
Où êtes-vous ?
Ça a coupé.
C'était l'Allemande.
D'où peut-elle appeler ?
Des cabines publiques ?
Où ça ?
Au bureau de poste.
En sortant d'ici, prenez à gauche.
A 100 m, au premier étage.
Reste avec lui. Je vais la chercher et je reviens.
Monsieur,
il faut absolument que nous partions tous les trois d'ici,
et en vitesse.
Croyez-moi.
Evelyn, partons d'ici.
- Pourquoi ? - Je t'expliquerai.
Papa.
Viens.
Papa, s'il te plaît, aide-moi.
La tante Isabel va mal, papa.
Elle est chez grand-mère. Elle aussi est malade.
Elles ne respirent plus. J'ai très peur.
Ils leur ont fait du mal. Je t'en prie.
Viens avec moi, papa.
Je vous en prie, restez ici.
C'est ma fille.
Viens.
Où vont-ils ?
- Fais ce que je te dis. - Pourquoi crient-ils ?
Ecoute, nous devons partir d'ici. Il faudra courir.
Ce sera difficile mais tu dois le faire.
Surtout, ne t'arrête pas. Si tu tombes, je t'aiderai.
Pense à Rosie et à Richard.
Et à l'enfant que tu portes.
Comment pourrais-je l'oublier ?
Tu dois courir sans t'arrêter, compris ?
D'accord.
Allez !
J'en peux plus...
Evelyn !
- J'en peux plus... - Il faut continuer.
Il faut continuer.
Il faut avancer. Lève-toi.
- J'en peux plus. - Lève-toi.
Tu ne dois pas t'arrêter !
Cours !
Allez, cours !
Ce sont des enfants.
Rien que des enfants.
Que t'a dit le type de la pension ?
Il est arrivé quelque chose aux enfants de l'île.
Quoi ?
Je ne sais pas, une sorte de folie. Je n'ai pas compris.
- Où on va ? - A l'autre bout de l'île.
On y trouvera peut-être une barque.
Et les autres ?
Les adultes ?
Où sont-ils ?
Il y a un canot.
- On n'y va pas ? - Il y a des enfants en bas.
Dis-moi ce qui arrive aux enfants.
Je ne sais pas.
Ils ne peuvent pas tous être devenus fous.
Pourquoi nous ont-ils attaqués ?
C'est comme si on était devenu leurs ennemis.
Les enfants de l'île, que ce soit l'instinct
ou la sélection naturelle, ont commencé à...
A quoi ?
Allons-y.
Madame.
Bonsoir.
Il ne s'est rien passé ici cette nuit ?
Cette nuit ?
Vous êtes seule ici ?
- Qu'y a-t-il ? - Vous êtes seule ?
Je vis avec ma mère et mes fils.
J'ai besoin d'une barque pour aller à Benavis.
Allez au village, à l'autre bout de l'île.
C'est impossible.
Mon mari et mon beau-frère ont un bateau de pêche.
Où sont-ils ?
Ils pêchent en mer.
Ils rentreront ce soir.
Celle-ci est inutilisable.
Le fond est troué.
J'ai des nausées.
Madame, elle peut entrer s'allonger ?
Bien sûr. Entrez vous reposer.
Merçi.
C'est pour quand ?
Dans trois mois.
C'est le premier ?
Non, nous en avons deux autres.
On ne dirait pas.
Tenez, ça vous fera du bien.
- Qu'est-ce que c'est ? - Bois.
Merçi.
Qu'est-ce que vous fichez ici ?
Ces enfants, je vous jure !
Allez donc jouer sur la plage.
Ils m'en font voir de belles !
Il faut leur pardonner.
- Ce sont vos enfants ? - Oui.
Les quatre.
Salut.
Evelyn ?
Quoi ?
Viens.
Il faut partir d'ici.
Monsieur !
Attendez !
Faites demi-tour !
Que faites-vous là ?
Allez-vous laver.
Et vous deux, rentrez chez vous !
Mais...
Vous avez entendu ?
On risque de croiser les enfants du village.
Et alors ?
On ne s'arrête pas avant d'avoir atteint le bateau.
Advienne que pourra.
Que veux-tu dire ?
S'il reste un enfant dans le village,
on s'en fiche.
On s'en fiche ?
On doit arriver jusqu'au bateau.
Ils s'en vont.
Personne n'avait osé tuer un de ces enfants.
Ils n'avaient pas peur de nous.
Mais c'est fini.
Demain matin,
le facteur débarquera.
D'autres avec lui.
Nous partirons de l'île.
Il n'y a personne.
Viens.
Ma chérie.
Calme-toi.
Là, comme ça.
S'il te plaît.
Calme-toi.
C'est fini.
Les enfants savent ce qu'ils font ?
Je ne sais pas.
Un enfant normal
n'est pas capable
de tuer un homme.
Je suis
un homme normal et je viens de te prouver
que je pouvais tuer un enfant.
Calme-toi, veux-tu ?
Là, doucement.
De l'eau ?
Tiens.
Merçi.
- Quoi ? - Aide-moi.
- Qu'as-tu ? - Aide-moi, Tom.
- Aide-moi. - Je t'aiderai.
Reste tranquille, je suis là.
- Je veux partir. - Reste ici.
- Non ! - Il faut rester ici.
Il faut rester ici.
C'est normal, tu as eu beaucoup d'émotions.
Ce n'est pas ça, Tom.
C'est pas pareil
que pour Rosie
et pour Richard.
Aide-moi, Tom.
Je peux pas me lever. Aide-moi.
Tom, s'il te plaît.
Sens-le.
Tu le sens ?
Quelque chose
en moi...
- Il bouge ! Aide-moi ! - Du calme.
Je veux me lever.
Il est en train de me tuer.
Que dis-tu ?
Je le sens en moi.
Il est en train de me tuer !
Ils sont au-dessus.
Tu ne les entends pas ?
Ils rient.
Ils rient parce que...
Parce qu'ils savent.
Ils savent que l'enfant que je porte...
C'est un...
C'est un des leurs.
Un des leurs !
Il est en train de me tuer.
Au caf é de la place...
Une petite fille...
Une petite fille...
s'est approchée de moi.
Elle m'a touchée.
Pardonne-moi.
Elle a touché notre bébé.
Pardonne-moi.
Où est Rosie ?
Où est Richard ?
Pardonne-moi.
Ce sont eux !
Ce sont eux !
Arrêtez !
Qu'a-t-il fait ?
Où sont les gens du village ?
Adieu.
Ça va ?
Vous allez sur le continent ?
Oui.
On y va pas ensemble ?
Non, on attirerait l'attention.
Les enfants de là-bas voudront jouer avec nous ?
Bien sûr.
On est nombreux sur terre.
Très nombreux.
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