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Tu as peur.
C'est bien.
Un guerrier doit éprouver la peur,
mais ne doit pas s'endormir avec.
Il faut toujours laver son arme.
Le sang ronge la lame.
Le sang ne part pas.
Frotte plus fort. Comme ça.
Il ne doit plus rester une seule trace.
Il y avait du sang ?
C'est fini, maintenant.
Regarde.
Tout a été nettoyé.
Comment va-t-elle ?
Elle est très agitée.
Laisse-la. Elle a peur de toi.
Et toi, tu as peur de moi ?
Non.
Alors pourquoi m'évites-tu ?
Tu ne me regardes pas ?
Oui, j'ai tué les prétendants.
Ils auraient assassiné ma famille.
Je sais.
Que caches-tu dans ton coeur de Troyenne ?
Rien, mon roi.
Quelle puanteur. On se croirait dans la bouche de l'enfer.
Thyoscos ?
Pénélope te veut.
Vite.
Mon roi.
Mon roi.
- Tu ne peux pas entrer. - Pourquoi ?
Le temple est interdit aux hommes.
Même au roi ?
Tu es un homme
qui se soumet aux dieux, comme les autres.
J'implore leur clémence.
Ulysse, dis-moi ta prière.
La reine Pénélope est malade.
La reine paie pour ta cruauté et ton orgueil.
Les dieux n'aiment pas qu'on manque de respect aux morts.
Que faire pour les apaiser ?
Permets aux familles d'honorer leurs morts,
et fais une offrande aux dieux pour qu'ils te pardonnent.
Me pardonner quoi ?
Ulysse, depuis que tu es revenu, tu as noyé ton royaume dans le sang.
Elle a une fièvre continue.
Elle se perd dans ses cauchemars.
Ça lui a pris quand ?
Ce matin.
Elle s'est évanouie, et la fièvre l'a gagnée.
Donne-lui des bains d'eau froide plusieurs fois par jour.
L'hibiscus devrait lui dégager la poitrine et l'aider à respirer.
Ça la guérira ?
Ça la soulagera.
Mais je ne peux pas guérir les âmes.
Fais-la boire.
Bois, ma reine.
Bois.
Va-t-elle guérir ?
Je ne peux prédire la destinée que les dieux lui ont choisie.
Je ne suis pas un de tes clients.
Dis-moi la vérité.
Sa fièvre a baissé, mais... son esprit continue de divaguer.
Tu crois aussi qu'il faut que j'aille brûler des offrandes aux dieux ?
Un rameau d'olivier ne suffira pas à laver Ithaque de tout ce sang.
Je te trouve bien téméraire de parler ainsi à ton roi.
Es-tu prêt à entendre la vérité pour sauver Pénélope ?
Dis-moi.
Fais la paix avec toi-même,
et c'est son esprit qui retrouvera la paix.
Gloire à toi, Ulysse !
Il est temps qu'Ithaque
retrouve la paix et l'abondance.
Le temps de la vengeance est révolu.
C'est pourquoi, je déclare aux familles des prétendants
qu'elles peuvent récupérer les dépouilles de leurs morts
et leur rendre les honneurs qui leur sont dus.
Ta mansuétude t'honore, Ulysse.
Pour remercier les dieux d'avoir permis mon retour,
j'ai décidé de leur offrir des jeux sacrés.
Tous pourront y participer,
sauf les esclaves,
les parjures,
les impies et les femmes.
Puissent les hommes valeureux venir de toute la Grèce,
pour mesurer leur force sous les hospices d'Apollon.
Puissent les habitants d'Ithaque les accueillir de leur mieux.
Les exploits de chaque héros
seront retranscrits pour survivre dans les mémoires.
Tu as l'air heureux.
Bientôt, tu seras ma femme.
Tu crois vraiment ?
Mon père organise des jeux sacrés.
Il ne pourra rien refuser aux vainqueurs.
Gagner pour moi.
Ton nom ?
Nikos. De Messénie.
Donne ta main.
Toi. Approche.
- Ton nom ? - Philon. D'Athènes.
Ta main.
Lâche-moi.
Hé ! Ça suffit.
Ça n'a pas encore commencé.
Allez, l'impatient. Par ici.
Quel est ton nom ?
Orion.
Je viens de Sparte.
Ta main.
Eh bien, quoi ?
Tu as peur ?
Le Spartiate ne se bat pas comme une femme.
Fais-lui honneur.
- Toi. - Ton nom ?
Kiros.
Merci d'être venu jusqu'ici.
C'est un honneur que d'avoir été choisi par toi, Ulysse.
Relève-toi.
Il était à Troie, dans l'armée d'Ajax.
Meilleur lutteur de Grèce.
Il n'y a pas meilleur entraîneur pour gagner les jeux.
Télémaque sait se battre, mais il manque d'expérience.
Il n'a pas connu la guerre.
J'ai tué Liodès.
Parce que je t'ai aidé.
Apprends-lui à vaincre, Kiros.
Regarde.
Alors ?
Que fais-tu ?
- Je cherche une chose de valeur. - Dans des affaires d'esclave ?
- C'est ce qui te reste de Troie ? - Oui. Ils ont tout pillé.
Je voudrais m'acheter des étoffes pour mon mariage.
Tu crois que tu te marieras ?
Oui.
Tiens.
- Elle vient d'où ? - Tu ne le sauras pas.
Tu me la donnes ?
Merci.
- Les jeux commencent bientôt. - Eh oui.
Regardez ça.
Prenez-la, touchez-la. Elle est de toute première qualité.
- J'ai aussi ça. -J'hésite entre les deux.
- Tout est là. - Je vérifie.
Prenez votre temps.
Ça vient de Mycènes ?
Que connais-tu de Mycènes ?
J'y ai grandi.
Tu as de l'or ? Parce qu'ici, on paie avec de l'or.
Une bague de guerrier grec ?
Je ne l'ai pas volée.
On me l'a donnée.
Sers-toi.
Ça vient de Mycènes.
Prend-la.
Tu es ici ? Tu ne t'occupes pas des jeux ?
Ulysse a demandé à un compagnon de guerre d'entraîner Télémaque.
Il est ingrat avec toi.
Non. Je le comprends.
Kiros a été 10 fois vainqueur des jeux sacrés d'Hermès.
Il t'éloigne de Télémaque, et tu le défends encore.
Rabaisse ta haine, Eurynomé.
Ulysse est mon roi, et je l'aime.
Quoi qu'il fasse.
Allez. Encore.
Continue.
Lève les bras.
Encore plus haut.
Pousse avec tes jambes.
Pousse.
Voilà.
C'est bien.
- Continue. - Il a déjà bien donné.
Ça ne sera jamais assez.
Continue.
Allez. Encore.
Tu veux gagner ?
Allez.
Continue.
Allez. On reprend.
Ô Artémis, veille...
Vous n'avez pas le droit.
Maïa, viens vite.
Une offrande du roi à ses dieux.
Artémis occupe déjà le temple.
Elle sera heureuse. Son frère Apollon veillera sur les jeux sacrés.
Tu m'as reproché d'être impie.
Tu m'as dit de sacrifier aux dieux.
Pour les satisfaire, j'ai organisé les jeux.
Pour mes offrandes, je veux au moins choisir
le dieu auquel je les destine.
C'est Kiros qui t'a fait ça ?
Il m'apprend à me battre.
Les dieux m'assisteront.
Ils me donneront la force.
Toi, et les dieux.
Bonjour, ma reine.
Bonjour, ma reine.
On dirait que le palais retrouve son vrai visage.
La ville était ainsi il y a 20 ans.
Tu vois, le bonheur est revenu.
Doucement, ma reine, tu es encore faible.
C'est de l'or.
Merci pour ta prédiction.
Tu ne seras pas déçu.
Thyoscos.
Ma reine.
Je te remercie pour tes soins.
Ce sont les dieux qu'il faut remercier.
Ils sont restés à tes côtés jusqu'à ta guérison.
Et ils ont ramené la paix.
Va-t-elle durer ?
Veux-tu vraiment que j'interroge les dieux ?
Veux-tu l'angoisse du lendemain ?
Tu as raison. Il faut profiter du moment.
Apollon et Artémis, recevez ces offrandes,
et priez pour les athlètes.
L'un d'eux sera choisi par vous pour être le vainqueur.
Il repartira en emportant gloire et honneur,
pour la postérité.
Les jeux se dérouleront en 3 épreuves :
le javelot,
la course armée et la lutte.
Le prince Télémaque remporte la première épreuve.
Ulysse ! Arrête les jeux, immédiatement.
Qui sont ces jeunes gens ?
Les fils des prétendants.
La vengeance est de nouveau à Ithaque.
Ne t'inquiète pas. Écoutons ce qu'ils ont à nous dire.
Fils des prétendants,
pourquoi venir troubler la paix des jeux sacrés ?
Nous ne voulons pas de ta paix. Tu as versé le sang de nos pères.
Tu dois payer pour tes crimes.
Vos pères ont eu le châtiment qu'ils méritaient.
Je vous ai permis de leur rendre les honneurs funèbres.
Vous devriez me remercier.
Non. Pas encore.
Je vous cède les terres des îles de Kastos
et de Kalamos,
avec les esclaves qui y habitent.
J'y ajoute 2 navires royaux.
Et la première récolte d'huile vous sera réservée.
Nous acceptons ton offre.
Le vainqueur de la 2e épreuve est Orion.
C'est un jeune d'Ithaque ?
C'est la première fois que je le vois.
Rien ne doit t'écarter de la victoire.
Gagner quel que soit le prix.
Prince Télémaque et Orion de Sparte vont s'affronter à la lutte.
Le vainqueur remportera les jeux sacrés.
Courage, mon prince.
Orion de Sparte
est déclaré vainqueur des jeux sacrés.
Ta force et ton habileté t'ont fait triompher.
Honneur aux hommes de Sparte.
Orion, tu es le bienvenu à Ithaque.
Tu seras mon invité au palais tant que tu le voudras.
Bienvenue dans mon palais.
Bois avec nous, Orion.
Il n'y a pas de poète parmi vous ?
Homère, sais-tu parler comme tu sais écrire ?
Raconte-nous ce que tu inscris sur tes tablettes.
Je raconte un de tes voyages ?
Lequel proposes-tu ?
Quand tu étais dans la grotte du Cyclope.
Tu sais, tu échafaudais un plan pour libérer tes compagnons.
Commence.
Attends, Homère...
Télémaque, laisse ta place à Orion.
Je veux que soit à côté de moi le digne vainqueur
des jeux sacrés.
Que cela ne vous empêche pas de vous amuser.
Raconte ton histoire de Cyclope.
Les Cyclopes...
ne forment aucun conseil,
n'ont aucune loi.
Dispersés sur les cimes de hautes montagnes,
ils vivent en de profondes cavernes
ignorant leurs voisins.
Leurs champs, sans aucun besoin d'être travaillés,
se couvrent d'orge, de froment
et d'autres productions variées.
- Tu n'es pas au banquet ? - Je voulais être seul.
C'est à cause de lui ?
"Lui", qui ?
Ulysse.
Comment le trouves-tu ?
C'est l'homme que tu as connu ?
Il a la même taille.
Ses yeux ont le même éclat.
J'avais 15 ans quand il est parti.
Je le connaissais à peine.
Dis-moi que c'est bien le même.
C'est bien lui que j'ai attendu ?
Nous avons été nourris du même lait.
Ulysse est plus que mon frère.
Donne-lui le temps de revenir parmi nous.
Pénélope... Pendant 20 ans,
j'ai regardé ton fils grandir, je t'ai accompagnée à chaque instant,
sans jamais te demander de faveur, sans même rien espérer.
Tu as donné ta parole à Ulysse.
Je veux reprendre ma vie.
Donne-moi Eurynomé.
- Tu pars ? - Ulysse est là.
Il a repris sa place.
Tu me laisses seule avec lui ?
Que vois-tu ?
Un rameau d'olivier.
"Un rameau" ?
Non.
Il y a tout un champ.
Un immense champ d'oliviers,
avec une maison,
une étable et des moutons.
Tu as bu ?
Je t'emmène vivre chez moi.
J'appartiens au palais.
Pénélope ne me laissera jamais partir.
Elle a donné son accord.
Tu pars avec moi.
Ce sera notre maison, Eurynomé.
Et tu seras libre.
"Libre" ?
Libre...
Libre.
Ils ont tous rampé comme des lâches
devant Ulysse, pour des terres et des navires.
Mais moi,
je te fais le serment de venger ta mort par le sang.
Ulysse paiera pour son crime.
Moi,
Orion, fils d'Antinoos,
je te jure de tuer Ulysse par tous les moyens.
Palamède ?
Que fais-tu ici ?
Ton père était mon ami, Orion.
Je regrette sa mort.
Je suis venu lui rendre honneur.
Habillé comme un berger ?
Les guerriers quittent rarement leur cuirasse.
On ne sait pas que je suis à Ithaque.
Tu n'es pas le seul à vouloir te venger.
Je peux t'aider. Ta patrie aussi.
Je n'ai besoin de personne.
Je le tuerai de mes propres mains.
Ils m'avaient attaché au mât.
Je leur avais bouché les oreilles avec de la cire.
Elles se sont mises à chanter toute la nuit.
Leurs voix me rappelaient celle de Pénélope.
J'ordonnais qu'on me libère, mais mes hommes continuaient à ramer.
Les sirènes attirent les marins pour mieux les dévorer.
Les apparences sont parfois trompeuses.
N'est-ce pas, Orion ?
Je t'ai reconnu à ton souffle.
Il est rapide,
impatient,
comme celui de Télémaque.
Comment as-tu su que ce n'était pas lui ?
Il n'a pas ton habileté à se cacher.
Souviens-toi de ce que je te dis.
Si tu veux vivre, deviens comme ton ennemi.
Entre en lui comme un poison.
Les dieux sont-ils généreux avec toi ?
Je n'ai pas à me plaindre, aujourd'hui. Regarde.
Cette bague, je la connais.
C'est celle de Léocrite.
J'ai passé assez de temps avec lui.
D'où la tiens-tu ?
Pas de Léocrite. C'est un marchand qui me l'a donnée.
Il l'a eue d'une femme qui lui a acheté des étoffes.
"Pour son mariage", elle lui a dit.
Que faites-vous ?
C'est à toi ?
Oui.
- Allez. - Laissez-moi.
Télémaque !
- Télémaque ! - Tais-toi !
Pourquoi a-t-on emprisonné Cléa ?
Ta mère t'a élevé loin de la réalité.
Tu fais confiance à n'importe qui.
Tu reconnais cette bague ?
C'est celle de Léocrite.
Elle l'avait.
Et ça ?
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ton esclave a payé cette étoffe avec la bague de Léocrite.
C'était le prix de sa trahison.
C'est impossible.
Elle t'a utilisé pour pactiser avec ceux qui voulaient me détrôner.
Non. Pas elle.
Elle t'a trompé !
Il doit y avoir une explication.
Je ne peux rien faire, mon fils.
Selon la loi de nos pères,
elle sera exécutée demain.
Sous-titrage : Eclair Group
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