All language subtitles for Cesar.Chavez.2014.720p.BluRay.x264.YIFY

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Original subtitles

Je suis n� � Yuma, Arizona, dans un ranch appartenant � ma famille,

que nous avons perdu pendant la Grande d�pression.

Comme beaucoup d'autres familles, nous sommes partis en Californie travailler.

Mais � notre arriv�e, nous avons vu qu'il y avait plus de gens que de travail.

Nous sommes pass�s de producteurs � travailleurs agricoles en un jour.

� 11 ans, j'ai commenc� � travailler aux champs.

C'est l� que j'ai vu, pour la premi�re fois,

l'injustice et les ignominies subies par les travailleurs.

Le probl�me est qu'en 1936, le pays a chang�

car le National Labor Relation Act est pass�.

Il a donn� aux travailleurs le droit de rejoindre les syndicats pour n�gocier.

Sauf pour les travailleurs agricoles,

qui �taient exclus de cette protection-l�. J'en faisais partie.

Je voulais agir, alors j'ai rejoint le CSO, Community Service Organization.

C'est l� que j'ai appris � organiser les gens.

Nous travaillions en ville et j'ai r�alis� que, pour faire la diff�rence,

je devais organiser les travailleurs.

En 1962, je suis donc retourn� aux champs pour faire cela.

DELANO - CENTRE DE LA CALIFORNIE 1962

Juan de la Cruz !

Je suis un ami de votre cousin, Felipe.

�tes-vous Juan ?

On peut parler ?

Bien s�r. Mais pas ici.

Je finis dans quatre heures.

Vous devez partir maintenant. Ils arrivent.

Je peux vous aider, monsieur ? Vous parliez � ces travailleurs ?

Je peux faire quelque chose pour vous ?

Je vous parle.

Poss�dez-vous quelque chose ?

Non.

Savez-vous lire ou �crire ?

Eh bien... Non.

Bien s�r que non.

Qui travaille, dans votre famille ?

Ma femme et moi.

Et mes enfants. Les plus �g�s, du moins.

Les autres sont trop jeunes.

Voulez-vous plus pour vos enfants ?

Bien s�r.

Mais...

La plupart des gens ont peur.

Ils doivent nourrir leurs enfants.

Ce n'est pas facile d'agir seul.

Je reviendrai dans un mois vous aider � organiser.

Mais vous devez rassembler tout le monde, ici.

D'accord.

Vous ne serez plus seul.

Si nous voulons organiser les travailleurs,

cela ne se fera pas ici, pas avec eux.

Ce n'est qu'un contretemps, C�sar. La confiance prend du temps, soyez patient.

Ils ne se pr�occupent pas vraiment du travailleur, Fred.

Gilbert, ce n'est pas vrai.

C'est ce que je dis, Fred. Je dois aller l� o� �a se passe.

Je dois quitter Los Angeles et aller aux champs de mes d�buts.

On fait �a ensemble, n'est-ce pas ?

Je savais que �a arriverait, nous avons un plan.

Mais pas de bureau.

Ce n'est pas le moment de partir.

C'est pour cela que vous �tes l�.

Le CSO sera toujours derri�re vous. La nuit porte conseil.

Je n'ai pas sommeil, Fred.

Je veux me salir les mains.

- C�sar... - Je suis d'accord avec lui.

Vous irez � d'autres �coles vous faire d'autres amis.

UN MOIS PLUS TARD

�a va aller.

Votre p�re et moi avons grandi dans les champs.

Quelle �quipe joue pour Delano ?

Ton t�o Ruc et ta t�a Petra vivent � Delano, comme nos cousins. C'est bon.

Votons.

Qui veut aller � Delano ?

... une belle journ�e en Californie du Sud.

- Sandy Koufax sur le monticule. - Non !

Apr�s ce match sans point ni coup s�r, la semaine derni�re.

Callison ne fait qu'agiter sa batte.

- Pare, j'�coute le match. - Koufax essaie

de rester sur une victoire.

Tu pourrais arr�ter ? Arr�te !

D�but de la quatri�me. Les Dodgers m�nent deux � z�ro.

Koufax envoie et c'est une ligne � gauche...

Simple !

Je n'entends pas, tu peux monter le son ?

On a perdu le signal.

Tu m'as promis une grande maison.

J'ai dit que j'essaierai, Mansi.

Je t'ai donn� plusieurs mois.

C'�tait un d�lai court !

Oncle C�sar.

- �a va dans la chambre, Chato. - �a ne rentre pas.

�a ne rentre pas.

C�sar, on a connu pire.

�a ira. Tu peux prendre les objets lourds dans le camion ?

On met huit enfants dans une voiture, ils peuvent vivre ici !

On peut trouver plus grand dans quelques mois.

Et on devra red�m�nager ?

Quarante-huit, 49,

50, 51,

52,

53 !

C'est tout pour aujourd'hui !

Ils chercheraient des gens pour les oignons.

M�me chose � Hanford.

Les travailleurs ont peur.

Nous devons faire deux fois plus de r�unions qu'� Selma.

- Quel est le probl�me ? - Mon dos.

Tu ne peux plus vraiment travailler.

J'ai mal m�me quand je ne travaille pas.

Tu devrais y aller doucement.

Et vivre sur les revenus d'Helen ? Non.

Les enfants travailleront le week-end, d�sormais.

... elle l'a dit � tout le monde � l'�glise

et tout le monde a...

Regardez qui est l�.

Tr�s sale.

Tu es venu � pied d'Oxnard ?

J'ai pens� que tu ne reviendrais pas.

- �a ne fait que 2 semaines. - 18 jours.

Dix-huit jours...

C�sar.

Dolores !

Regarde-toi. Tu t'es bien sali les mains.

- Voici Angela. Dis "Bonjour, C�sar." - Salut, mamita.

Je vais la mettre au lit.

Combien de temps restes-tu ?

Eh bien, tu ne peux le faire sans moi, donc...

Tu restes ?

Bien s�r. Tu crois que je vais te laisser g�cher ce que tu as commenc� ?

Mais avant tout, tu dois parler � Fernando.

Parler � Fernando ?

D'accord.

Salut, Poli.

Qu'est-il arriv� � ton �il ?

Rien.

Tu veux parler de ce rien ?

Nan.

Les enfants ici sont stupides.

Ils nous d�testent.

Ils sont venus voir Chato et moi, toute une bande.

Ils nous traitaient de "sales mexicains".

"Sales mexicains" ? C'est tout ce qu'ils ont ?

On m'a dit bien pire.

"Blouson noir,

"sale immigr�,

"sale latino."

Celui-l� n'avait pas de sens.

"N�gre brun."

Jamais entendu celui-l�.

J'ai beaucoup appris � l'arm�e.

Met �a sur ton �il.

Qui a commenc� ?

Ils ont commenc� � nous insulter, je te dis.

Non, qui a commenc� � se battre ?

On n'avait pas le choix.

On a toujours le choix.

Je savais que tu ne comprendrais pas.

... m�me si le mot d'ordre officiel est qu'ils r�parent les pots cass�s,

en cinq actions distinctes...

Nous devons rassembler les gens en convention.

Rassembler tout le monde � un endroit,

pour leur montrer notre force.

Nous devrions lancer une banque coop�rative.

Pour pr�ter de l'argent aux gens ?

�a nous rendra cr�dibles et aidera les gens pour l'hiver.

Tu te souviens de moi ? Eli Ordonez.

Je t'ai vu � Salinas � cette autre r�union.

Si tu veux, je peux les distribuer.

J'ai un cousin, mais il n'a pas de papiers.

Dis � ton cousin que s'il bosse aux champs,

il a le droit d'�tre repr�sent�.

Ce qui se passe ici � Delano,

est l'�quivalent de ce qui se passe � Salinas ou � Stockton.

Si on ne s'organise pas, les patrons vont nous traiter comme...

Excusez-moi.

Qui �tes-vous ?

C�sar Chavez.

Combien demandez-vous, Chucho ?

25 $.

Que dites-vous de 10 ? Regardez ces gens qui veulent de l'argent.

Ma fille a des questionnaires.

Nous voulons conna�tre vos inqui�tudes.

Faites-le pour nous.

Les gens peuvent mettre des messages pour leur famille ou autre, c'est gratuit.

Vous voulez voir le journal ?

Sh�rif, �a continue toutes les nuits.

Je dois dire � mon mari de rentrer

car j'ai peur de ce qu'il s'y passe.

Nous sommes des gens bien, sans probl�mes.

J'ai peur pour mes enfants, et qui sait o�...

D'accord... Mesdames. Si je comprends bien...

- Ils se r�unissent tous les soirs ? - Tous les soirs.

Ils sont 50 ?

Cinquante-sept. J'ai compt� 57.

Cinquante-sept ?

M. Chavez ?

Oui ?

Comment allez-vous aujourd'hui ?

Tr�s bien. Comment puis-je vous aider ?

Je voulais me pr�senter.

- Je suis le Sh�rif... - Je sais qui vous �tes.

Vous rassemblez une sacr�e foule.

Est-ce interdit par la loi ?

Non, pas vraiment.

Mais j'aimerais vous poser des questions

sur des gens de votre entourage et leurs affiliations.

Affiliations � quoi ?

Disons, le parti communiste.

- Des communistes ? - Oui.

Vous pouvez me dire ce qui est dr�le ?

Nous sommes catholiques.

Des catholiques communistes ?

J'ai vu plus �trange.

M. Chavez, je peux jeter un �il ?

Vous avez un mandat ?

Pas sur moi.

C'est donc une faveur ?

Vous vous ferez une faveur.

Venez. Il n'y a rien � voir, ici.

Entrez.

Nous n'avons rien � cacher.

Que font-ils ici ?

Vous offrez des pi�atas ou autre ?

C'est une banque coop�rative.

Sans d�conner.

D'o� vient l'argent ?

De dons.

Voil� une bo�te si vous �tes int�ress�.

Je ne sais pas exactement ce que vous faites,

mais les citoyens de Delano

n'aiment pas trop les r�volutionnaires.

Ils respectent la loi.

Tout comme nous.

Surtout la D�claration des droits.

D�j� lu la D�claration des droits ?

Allons-y.

�coutez tous.

Vous avez 10 minutes pour �vacuer les lieux.

Vous �tes hors-la-loi et serez poursuivis.

CAMP DE TRAVAIL FILIPINO - DELANO, CALIFORNIE - 8 SEPT. 1965

On ne bougera pas !

C'est toi, Larry ?

Oui, c'est moi.

Larry, fais sortir ces gens et retourne au travail.

Je fermerai les yeux. Pas de mise � l'index, rien.

D�sol�, ce n'est pas suffisant.

Vous avez trop r�duit nos salaires.

On ne peut se nourrir avec ce que vous nous payez.

Allez.

Personne ne bouge !

Restez ensemble, soyez forts !

Les producteurs ont divis� les paies.

Ils se sont barricad�s dans les camps.

C'est hors de contr�le.

- Les Filipinos ? - Oui.

Les producteurs nous recrutent pour casser la gr�ve.

C'est pourquoi Larry vous a demand�, C�sar.

Il ne peut gagner sans nous.

Ah, et au fait,

qui se soucie des Filipinos ?

No mames. Ils nous ont rong�s de toutes parts.

Tu crois qu'ils feraient gr�ve pour nous ?

Ils montent les communaut�s les unes contre les autres, c'est leur tactique.

On est un syndicat ou pas ?

�GLISE NOTRE DAME DE GUADALUPE

DELANO, CALIFORNIE 16 SEPT. 1965

Notre fr�re C�sar Chavez va nous parler.

Fr�res et s�urs.

Aujourd'hui, nos fr�res Filipinos ont franchi une �tape vitale

vers le combat pour la libert� et la dignit�

que la pauvret� nous a refus�es.

Ils sont venus nous poser une question tr�s importante.

Est-on pr�t � mettre nos diff�rences de c�t� et � rejoindre leur gr�ve ?

Mais le plus important, c'est de savoir

que si la nouvelle de cette gr�ve ne sort pas de Delano, alors nous avons perdu.

Car, en plus des terres, ils poss�dent la police et les juges.

Mais si nous montrons au monde leurs abus, leur avarice et leur brutalit�,

alors nous serons entendus et obtiendrons r�ponse.

Quand on verra que nos actions sont justes,

on comprendra que notre cause l'est aussi.

Alors nous l'emporterons. Nous le pouvons !

Gr�ve !!

Les producteurs vont �tre...

Larry, maintenant que nous sommes ensemble...

Je ne m'inqui�te pas pour eux.

Mes hommes sont en col�re.

�a s'est accumul� trop longtemps. �a va exploser.

Tout le monde est furieux, il faut g�rer les n�tres.

J'ai des gens de Stockton � Coachella !

Ce ne sera pas facile,

mais si vous vous occupez des v�tres et moi des miens, �a ira.

- Il y a des choses qu'on ne peut contr�ler. - Il y en a qu'on doit contr�ler.

Qui est donc ce C�sar Chavez ?

Personne ne sait.

On a dit qu'il venait d'Arizona.

Soit disant qu'il tra�nait avec Alinsky et les autres communistes du CSO.

Il a parcouru la vall�e, � semer le trouble.

Il serait mexicain.

�a parait �vident.

Ils ont fait ce journal.

Ils ont ce personnage appel� Don Sotaco.

Le voil�.

Il est plut�t dr�le.

C'est une bande dessin�e mais pas s�r que ce soit dr�le.

On s'en fout, nos travailleurs sont illettr�s.

Mais on peut comprendre une bande dessin�e sans savoir lire.

Ce Don Sotaco,

il informe les travailleurs de leurs droits.

C'est un hebdomadaire ?

Heureusement que ce n'est pas un quotidien.

Mais 52 semaines par an, �a fait beaucoup de droits, Sh�rif.

Longue vie � la gr�ve !

Longue vie aux travailleurs !

Longue vie � notre cause !

Longue vie � notre mouvement !

Ont-ils confirm� ?

- Bien s�r. - Qui...

La plupart des locaux, mais certains sont de San Francisco, d'Arizona...

- O� sont-ils ? - Je ne sais pas. Ils devraient �tre l�.

Cassez-vous de notre propri�t� !

Rentrez au Mexique !

- Restez calmes, ne r�agissez pas. - Cassez-vous, sales latinos !

- On n'a pas besoin de vous. - On sait qui vous �tes !

- Ne r�agissez pas. - On peut le faire.

On n'a pas besoin de vous. Partez d'ici.

Rentrez au Mexique. Partez de notre pays !

Vous regardez quoi ?

Satan�s latinos ! On n'a pas besoin de vous ! Cassez-vous !

Continuez � marcher. Continuez, s'il vous pla�t.

- Sortez ces enfoir�s de chez moi. - Oui, monsieur.

On ne va nulle part. On a le droit d'�tre ici.

Comme vous voudrez.

Messieurs, vous �tes t�moins. Cette horde a envahi ma propri�t�

et nous ne faisons que nous d�fendre.

Un homme doit d�fendre sa propri�t�.

Bien s�r qu'il le doit.

C�sar, ils vont tirer.

D�barrassez-vous d'eux !

Tout le monde bouge !

Revenez vers la route ! Allez, allez !

Reculez ! Reculez ! Non, non !

Vous allez faire quelque chose ?

Vous �tes sourd ? Le chef a dit de d�gager.

Ce n'est pas mon chef.

Et nos imp�ts paient cette route.

Imp�ts ?

Voil� vos imp�ts.

Eh, Gilbert !

�a suffit. Allons. Venez ici.

Vous �tes en retard.

Des travailleurs � Delano, Californie, ont commenc� une gr�ve sans pr�c�dent

dans la vall�e centrale.

Travailleurs filipinos et mexicains se sont alli�s

pour exiger des salaires justes et des conditions de travail plus justes.

Diriez-vous que vos travailleurs gagnent leur vie correctement ?

Tout ce que je peux dire, c'est que chacun est son propre juge,

sait ce qu'il veut, parce qu'il a choisi ce mode de vie

et s'ils n'�taient pas satisfaits, ils ne seraient pas l�.

Combien �tes-vous pay� � la journ�e ?

Seulement 2 $.

- 2 $ par jour ? - Oui.

- Tu es s�r que ce n'est pas cass� ? - S�r.

Papa ?

C'est bon Fernando. Recouche-toi, s'il te pla�t.

Recouche-toi, Fernando, tu as �cole, demain.

Mets �a dessus.

C'est mieux ?

Je t'ai dit il y a 5 minutes de t'asseoir � table.

� tous les producteurs, leurs avocats et cette foutue injonction.

Au moins, Fred est venu.

Cette injonction interdit tout rassemblement.

Et le mieux,

ils ont interdit de dire "Huelga", pr�s des champs.

- "Huelga ?" - "Huelga."

On peut dire "gr�ve" ?

Tant qu'on ne le traduit pas.

On pensait que des avocats auraient lu le Premier amendement.

C'est une blague. Ils seront rejet�s en appel.

D'ici le moment o� la cour entend l'appel,

les fruits auront �t� r�colt�s, ils le savent.

Il n'y a qu'une chose � faire.

Des gens doivent violer l'injonction

et forcer le Sh�rif � l'appliquer.

C'est � dire se faire arr�ter.

Qu'ils nous arr�tent et nous mettent en prison ?

Et donner � la presse blanche ce qu'elle veut ?

Des Mexicains en prison.

Tu as eu la t�te dans la boue tout ce temps ?

Les temps changent.

Mais qui va y aller ?

Moi.

Une fois en prison,

ils trouveront des moyens de t'y faire rester, C�sar.

Alors, j'irai.

O� ?

Je me ferai arr�ter.

Tu ne peux pas te faire arr�ter.

Quoi ? Pourquoi ?

Qui va s'occuper des enfants ?

Les enfants vont bien.

- Ils sont grands, ils se d�brouilleront. - Non.

Tu dis qu'on ne peut demander aux autres

de faire ce qu'on ne ferait pas soi-m�me.

J'ai dit non.

Dolor�s, qu'en penses-tu ?

Je pense que c'est une bonne id�e.

Moi aussi.

Mangeons.

Tu sais comment �a marche, ils ne comprennent pas.

Gr�ve !

Gr�ve !

Mme Chavez,

nous avons une injonction qui vous interdit de dire le mot "Huelga."

Gr�ve !

Premier avertissement, Mme Chavez.

Voil� le deuxi�me !

- Bonjour. - Bonjour, monsieur.

- Bonjour, Grace. - Bonjour.

Appelez ma femme et dites-lui que je ne mangerai pas.

Allons-y.

Vous devez passer les camions par la fronti�re au Mexique,

et ramenez-moi tous des clandestins

souhaitant travailler honn�tement.

Et ramenez-les ici, compris ?

On va casser cette foutue gr�ve.

Vous verrez ce que font ces enfoir�s

quand ils voient leurs cousins travailler aux champs.

Tout le monde se rassemble.

Qui a soif ?

Voil� de l'eau fra�che.

C'est gratuit...

On m'a dit que des syndicalistes

affili�s au parti communiste

vous ont parl�.

Fait des promesses. Ce ne sont que des mensonges.

Vous pourriez finir en prison.

Pour quoi ?

Qu'y a-t-il, Cruz ?

Vous n'avez pas soif ?

Si l'un de vous a un probl�me, parlez-m'en.

On ne veut pas de probl�mes ici.

- La prison �tait bien ? - Oui.

J'ai rencontr� tant de gens g�niaux.

Il y avait cette femme, Ir�ne,

tellement intelligente, je vais l'int�grer � la Banque coop�rative.

Et cet homme allong� pr�s de moi.

Allong� pr�s de toi ?

Oui, j'ai vu son arrestation.

Les policiers le battaient, l'insultaient

et le for�aient � riposter mais il ne l'a pas fait.

Tu vas le revoir ?

Je ne sais pas de quoi tu parles.

Il pourrait faire partie de l'�quipe ?

On recherche toujours des hommes bien.

C'�tait bien, non ?

- C�sar, ne sois pas jaloux. - Non.

Je ne le suis pas.

Je suis content que tu te sois amus�e en prison.

C�sar !

C�sar ! Eh, C�sar ! Jerry Cohen, vous vous souvenez ?

- Qui est-ce ? - Un avocat.

Tu le connais ?

Que savez-vous sur ce que nous faisons ?

J'ai analys� votre strat�gie et une chose est claire :

il faut arr�ter ces injonctions.

Vous �tes dans une impasse, la caution seule va vous ruiner.

Avec tout mon respect, �tre all� � une bonne �cole

ne fait pas de vous un expert.

J'ai travaill� pour la California Rural Legal Assistance.

- Combien de temps ? - Deux ans.

Deux ans ? Pourquoi �tre parti ?

C'est compliqu�.

J'ai compris.

Vous �tes embauch�.

- Embauch� ? - Oui.

� temps plein, d�s maintenant.

Je pourrais faire un peu de conseil ?

Non, vous �tes en charge de l'�quipe juridique de United Farm Workers.

- Qui y a-t-il d'autre ? - Seulement vous.

Ne faut-il pas plus d'une personne pour une �quipe ?

Vous ferez plus de travail qu'une seule personne.

Contre une des plus grosses firmes de Californie.

Vous serez pay� 5 $ par semaine.

5 $ par semaine ?

Soyez content, vous �tes l'employ� le mieux pay�.

Mais aussi le moins bien pay�.

Tout le monde est pay� 5 $ ?

Si vous voulez de l'argent, travaillez pour les producteurs.

Nous venons aider.

N'ayez pas peur.

Nous resterons unis.

Ils ne nous battront pas.

Nous resterons unis.

Ils ne nous battront pas.

Ce mouvement est pour vous, le peuple.

Ils ne nous battront pas.

Longue vie � la gr�ve !

Longue vie � C�sar Chavez !

Fils ! Fils !

Ils ne nous paient pas assez ! Rejoignez-nous !

Rejoignez le mouvement !

Fils, ils ne nous paient pas assez.

Ne trahissez pas les v�tres.

Rejoignez-nous !

Venez !

N'ayez pas peur !

Allez, allez !

Venez !

Rapprochez-vous !

- Rapprochez-vous ! - Courez ! Rapprochez-vous !

Reculez ! Reculez !

On ne partira pas !

Ne bougez pas ! Restez unis !

Pesticides ! Helen !

Helen !

- �a br�le. - Je sais.

J'ai presque fini.

C'�tait effrayant, C�sar.

Et s'il nous arrivait quelque chose ?

Qu'arriverait-il aux enfants ?

Les gens commencent � d�sesp�rer et je ne leur en veux pas.

Ils savent que les producteurs cassent la gr�ve avec les clandestins.

Une aubaine.

On ne peut pas leur demander de continuer quand ils voient des gens travailler.

On doit passer � l'�tape suivante.

On est trop faibles.

Aucune loi ne peut nous prot�ger.

Avec le boycott, aucune loi ne nous arr�te.

C'est le moment, C�sar.

C'est ce que nous sommes venus faire.

On ne peut pas boycotter tous les producteurs.

On doit commencer petit, avec un visage, une marque.

Ce visage, c'est Victorre Wines.

Dolor�s Huerta recrutera dans les comt�s de l'ouest

et Gilbert Padilla dans les villes du sud.

Le reste de l'�tat sera divis� entre nous.

Tous ceux qui peuvent voyager, parlez � Richard.

Mon fr�re sait voyager.

Pour r�ussir,

il faut avoir une arm�e de boycotteurs, pr�ts � faire le sale boulot.

Le succ�s est � la taille de l'arm�e.

On commence petit, avec des victoires.

L'arm�e grandira.

Les �tudiants sont les meilleures personnes pour recruter.

Groupes de droits civiques, d'�glise, sont les meilleures recrues.

Pour nous, tout le monde est bon � recruter.

Nous devons faire passer des tracts.

Et faire tant de bruit qu'ils ne pourront pas nous ignorer.

Piquets de gr�ve dans les �glises, les lieux publics, les universit�s, les usines.

Partout o� il y a beaucoup de monde.

C'est l� qu'il faut aller.

Une fois leur attention attir�e,

nous devons passer � la radio et � la t�l�vision.

Pas de toilettes dans les champs. Pas de salaire minimum.

Le mieux � faire, pour mettre la pression,

c'est de boycotter.

Vous pouvez aider en boycottant Victorre Grapes.

D'accord, merci.

Racontez-leur des histoires personnelles.

D'abord, des gens qui souffrent dans les champs.

Car nous luttons pour les droits humains basiques.

L'attention de nos l�gislateurs nationaux �taient sur Delano

lorsque le sous-comit� du S�nat sur le travail des immigr�s �tait

au lyc�e de Delano.

Dirig� par Harrison Williams du New Jersey.

Il y avait aussi George Murphy de Californie et Robert Kennedy de New York.

Le S�nateur Kennedy peut nous aider s'il pense que la cause est juste.

Quand il viendra, assurez-vous de marcher avec lui pour les photos.

Comment �a va, monsieur ?

�a va ? Merci.

Bonjour, �a va ?

S�nateur Kennedy, ravi de vous revoir. Voici C�sar Chavez.

- C'est un plaisir... - �galement.

Allez, allez, allez.

Vous deviez marcher avec lui.

Bonjour John, �a va ? Ravi de vous voir.

Ne croyez pas tout ce que vous entendez.

On dirait qu'il ne leur parle m�me pas...

Notez-vous la plaque de tout le monde en ville ?

C'est bien qu'il soit venu, mais c'est juste pour se montrer.

Je pense que tu as tort.

J'esp�re.

Je vois �galement des plaintes de M. Chavez comme quoi

des pesticides ont �t� pulv�ris�s sur ses manifestants.

Je n'ai pas eu vent de cela.

Et les coups de feu dans leur direction ?

Nous avons �tudi� chacune des plaintes de M. Chavez

et n'avons pas trouv� une once de v�rit� dans aucune d'elles.

Mensonge.

Est-ce vrai que vous avez emprisonn� des manifestants en pr�vention ?

Votre registre semble le confirmer.

Si j'ai des raisons de croire qu'une �meute va d�buter,

et qu'on me dit qu'il y aura du grabuge, � moins que je les arr�te,

c'est mon devoir de le faire.

Vous y allez pour les arr�ter ?

Absolument.

Qui vous a parl� d'�meute ?

Les contrema�tres.

L�, dans les champs.

Ceux � qui on a parl� ont dit que si on ne les arr�tait pas,

ils les tueraient.

Donc plut�t que de se laisser d�border, nous avons �limin� la cause.

C'est un concept int�ressant, je trouve.

On entend dire que quelqu'un va mettre le bazar,

peut-�tre enfreindre la loi,

donc on va arr�ter l'auteur pr�sum� du crime,

alors qu'il n'a rien fait.

Je remercie le Sh�rif Smith pour ses services aupr�s des citoyens de Delano.

Nous allons prendre une heure pour d�jeuner.

Excusez-moi. Excusez-moi, puis-je sugg�rer...

J'aimerais qu'au cours de ce moment,

au cours du d�jeuner,

le Sh�rif et le Procureur du Comt� de Kern

lisent la Constitution des �tats-Unis d'Am�rique.

J'imagine que j'avais tort.

Eh ! Allez vous faire voir !

On va t'avoir sale latino.

Sale Mexicain !

On va te botter le cul.

Tu devrais parler � Fernando avant de partir.

Il a encore des probl�mes avec ces gosses.

O� est-il ?

Chez Richard.

Il y a pass� beaucoup de temps, r�cemment.

Ce n'est peut-�tre pas une si bonne id�e.

Peut-�tre que tu devrais lui parler.

Je lui parlerai quand je reviendrai.

C�sar, tu sais que ce gar�on est aussi t�tu que toi.

Tes chaussettes propres sont sur l'�tag�re du haut.

Prends les toutes.

�a fait beaucoup de chaussettes.

C'est une longue marche.

C�sar.

Une autorisation pour la manifestation ?

Ce n'est pas une manifestation, Sh�rif. C'est un p�lerinage pour Sacramento.

Toutes nos familles sont juste venues dire au revoir.

Vous entendez ?

Ils n'aiment pas travailler pour un salaire mais ils marchent 480 km pour rien.

M�me les p�lerins ont besoin d'une autorisation.

Bien, nous utiliserons les trottoirs. Ils sont pour le public.

Si nous partons � 22 h, nous pouvons les rattraper � Modesto.

Je sais, papa.

Fernando, qu'est-ce que tu fais ?

Je ne viens pas avec vous.

On va voir ton p�re puis on peut rentrer.

Je ne veux pas voir mon p�re.

Il sera heureux de te voir !

Il ne remarquera pas ma pr�sence.

Il ne se soucie que du syndicat.

Regardez.

Un grand article sur les ouvriers automobile qui nous sont solidaires.

La une ?

Page six, mais on progresse.

Et ces dockers se mobilisent aussi.

Rookie !

Mansi !

J'ai vu tout le monde au journal.

Je me suis lass� de regarder la t�l�, tu sais.

J'ai re�u des dons d'un magasin.

Ravi que tu sois venu.

Ravi que tu sois venu !

Dons.

Bottes.

Elles sont neuves.

Oui, environ 240 km trop tard.

Boycottez Victorre !

Je suis le Pr�sident Directeur G�n�ral de l'�glise unie du Christ.

Je m'appelle Rabbi Tannenbaum, et je viens de New York.

Les United Farm Workers et leur leader, C�sar Chavez, repr�sentent

l'espoir et les aspirations d'une majorit� de travailleurs agricoles.

Chaque Am�ricain doit amener le changement social de notre syst�me,

car si le pacifisme se traduit par l'�chec,

alors c'est un revers pour le processus d�mocratique int�gral.

En couleurs, en couleurs,

sont les petits oiseaux qui viennent d'ailleurs.

En couleurs, en couleurs,

est l'arc-en-ciel que nous voyons briller.

C'est pourquoi j'aime

l'amour de toutes les couleurs

Mon syndicat, l'U.A.W. et le syndicat de l'industrie

donnera 5 000 $ par mois � ces travailleurs pendant le temps n�cessaire � la victoire.

Le travailleur agricole moyen vit jusqu'� 49 ans.

Ils disent ne pas placer de toilettes dans les champs

car les Mexicains ne savent pas les utiliser.

Je suis Jackie Stringer. Nous arrivons de Portland.

C'est un long voyage.

J'ai vu les informations.

J'ai vu des photos des enfants dans les champs...

Nous voudrions aider.

Vous pouvez le faire. N'achetez plus de produits Victorre.

Plus de vin Victorre au repas.

- Et passez le mot � vos amis. - Je le ferai.

Excusez-moi, je peux vous aider ?

Vous devrez vous asseoir sur votre alcool, vu ?

Je m'en fous si ce doit �tre pendant un an.

Vous devez �tre forts, tenir bon.

Nous comptons tous sur vous. Tous.

- Excusez-nous. - Bien s�r.

Forts ? Rester forts ? Le boycott est en train de nous tuer !

Vous avez vu les titres qu'ils ont ?

Pas qu'� San Francisco,

mais � Los Angeles, San Diego, Fresno et Sacramento.

Ils retirent nos produits partout dans l'�tat !

�a nous co�te de l'argent, de l'argent r�el, M. Bodganovich.

Vous voulez venir l'expliquer � nos actionnaires ?

Vous voulez rembourser ces pertes pour que nos stocks ne diminuent pas ?

On peut s'asseoir ?

Le p�lerinage de 500 km entam� � Delano par 67 gr�vistes

s'est termin� aujourd'hui sur les marches du Capitole de Sacramento,

o� plus de 10 000 personnes ont accueilli C�sar Chavez et sa procession.

La marche a renforc� le boycott et les efforts des gr�vistes

pour mettre la pression sur la marque Victorre Wines.

Huelga ! Huelga !

C�sar !

C�sar !

Il y a un mec au t�l�phone qui dit qu'il est de chez Victorre.

Il veut n�gocier.

Il a appel� trois fois.

Faites venir Jerry !

D'accord !

D'accord, �a marche, mais si on doit payer le prix fort,

nous attendrons un travail de qualit�.

C'est � dire aucune, je dis bien aucune, grappe pas m�re au fond des hottes.

Et pas de hottes remplies de chiffons.

Objection.

Objection ? C'est-�-dire ?

C'est une objection personnelle.

Vous ne le savez peut-�tre pas, mais ces gens ont de l'exp�rience.

Ils n'ont pas besoin d'apprendre comment vendanger.

Dites-leur que lorsqu'ils emballent mon raisin...

C'est la pisse la plus �loquente que j'ai entendue.

En Californie, l'acteur Ronald Reagan et sa femme arrivent

pour voter aux primaires de l'�tat.

Il est en lice pour le poste de gouverneur.

Helen !

Laissez-le tranquille !

- Eh, toi, le Mexicain. - Sale latino.

D�gagez !

D�gagez d'ici !

Que fais-tu ?

Je d�fends mon fils.

Quelqu'un doit le faire.

Quel est le plan ?

Tu ne peux pas rester chez tes grands-parents pour toujours.

Ne fais pas semblant de t'int�resser � moi, tout � coup.

Bien s�r que je m'int�resse.

Tu es mon fils.

�a va, ne t'inqui�te pas.

Tu peux y repenser ?

Fernando sera bien chez tes parents.

Je suis s�re qu'il reviendra vite.

�a va aller.

Tu ne vas rien manger ?

Des carottes ou brocolis cultiv�s par ton grand-p�re ?

Encore faim ? Carottes ?

J'ai entendu la rumeur.

On va bient�t �tre la prochaine cible de Chavez.

Courgette.

Papa ? Que faire ?

Je ne sais pas, John.

Je ne suis pas celui qui est all� � la fac. Je n'ai pas de Master.

Moi, j'ai investi beaucoup d'argent dans mon fils unique,

en esp�rant qu'un jour, il pourrait r�pondre � une simple question.

Comment sauver l'affaire de mon p�re de la putain de faillite ?

Je parlerai au Sh�rif.

Tu es un homme important.

Brocoli.

C'est l'heure de la sieste, monsieur.

Non. Vous pouvez le laisser. �a va.

Oui, monsieur.

Maria, vous connaissez ce Chavez, non ? Vous pensez qu'il est des v�tres ?

Oui, monsieur.

Alors je suis des v�tres �galement.

Car je suis arriv� de Croatie sans rien.

Tout ce que j'ai, je l'ai b�ti de mes mains, de mon travail et ma sueur.

Je ne vois pas pourquoi on pourrait me le reprendre.

Vous voulez que je vous aide ?

Non. C'est tr�s simple.

Je veux que vous fassiez votre travail.

Patience.

Est-ce ce que vous avez dit � Victorre ?

Car cette fois, vous devez faire quelque chose.

Apr�s les auditions du S�nat, je ne peux plus rien faire.

� moins qu'ils enfreignent la loi.

Vous avez entendu ?

Ils visent ma famille, maintenant. Vous comprenez ?

Ou mon p�re doit vous le r�p�ter ?

Trop de pression sur moi.

Je peux fermer les yeux, mais c'est tout ce que je peux faire.

Faites �a.

Continuez � ne rien branler.

Eh, �a va ?

Oui, �a va.

Ne bougez pas.

Arr�tez ! Assez !

J'ai dit "arr�tez" ! Laissez-le tranquille !

Ne faites pas �a ! Vous allez le blesser !

Que fais-tu C�sar ?

Laisse-le.

Cet enfoir� doit payer, maintenant.

Non, non, non.

Le prochain qui le touche est exclu du syndicat.

Il est parti !

Ne faites pas �a !

Pas comme �a ! Ce n'est pas comme �a qu'on agit !

Sortez cette raclure d'ici.

Qu'avez-vous dit ?

Eli ! Allons !

- Quoi ? - Arr�tez !

J'ai dit "Sortez cette raclure d'ici et jetez-le aux ordures."

Vous avez besoin d'un traducteur ?

Arr�tez !

Arr�tez ! Arr�tez !

Arr�te ! Tu es exclu du syndicat ! Exclu du syndicat ! Vu ?

Tu es exclu ! Va-t'en !

Nous avons perdu la face.

Comment condamner les brutalit�s polici�res des villes

et tol�rer la violence dans les champs ?

Comment critiquer le carnage du Vi�tnam et r�clamer du sang chez nous ?

Ce n'est pas le Vi�tnam,

c'est Delano,

c'est �tre un homme,

assez, c'est assez !

Non, non.

Vous qui courez partout, d�truisez des choses,

succombez � votre haine

et � vos satan�s id�aux machos

sabotent s�rieusement les efforts de La Causa.

Nous ne le tol�rerons pas !

Je vous ai d��us.

Je vous ai d��us en tant que leader.

Et je dois vous dire quelque chose.

Il y a trois jours, j'ai arr�t� de manger.

Je continuerai � je�ner jusqu'� ce que tout le monde,

je dis bien tout le monde, dans notre beau mouvement

s'engage � se conformer

� la non-violence.

Car nous avan�ons tous ensemble, ou nous n'avan�ons pas.

Quelle est votre solution ? Vous affamer ?

�a les aide plus que nous !

Calmez-vous.

Oui ou non ? Oui ou non ?

- Oui ! - Asseyez-vous !

Calmez-vous. Asseyez-vous s'il vous pla�t. La r�union n'est pas finie.

8e JOUR DE JE�NE

�a va ?

J'ai fait un cauchemar.

Tu r�ves encore de nourriture ?

Le ranch...

Les chevaux hennissaient.

Comme quand le bulldozer est arriv�.

Je ne pouvais plus bouger

et tout le monde m'avait abandonn�.

Je n'avais plus pens� � �a depuis des ann�es.

Je me souviens surtout

de ce sentiment,

ce sentiment

d'impuissance.

Quand ce bulldozer a d�truit la ferme.

Papa ne pouvait pas me regarder en face.

Ce regard qu'il avait...

La honte dans ses yeux...

�a ne l'a jamais quitt�.

C'est la premi�re fois que je l'ai vu pleurer.

C'est ce dont j'ai peur, Rookie.

Revenir et faire face � ma famille,

apr�s tout ce qu'ils ont travers�,

et leur dire que c'�tait pour rien...

Tu les affrontes comme �a ?

Mansi, �coute,

tu sais que je te soutiens. Envers et contre tout.

Mais il nous faut un leader, pas un martyr.

Je dois comprendre ce que tu fais.

Je me suis perdu...

Nous nous sommes tous perdus.

La violence, la haine...

Je suis en col�re aussi !

Je suis en col�re de vivre dans un monde

o� un vendangeur ne peut pas nourrir les siens.

Je pensais que le combat

�tait contre les producteurs.

Il est contre nous-m�mes.

Nous devons arr�ter d'agir en victimes.

Je ne vais pas arr�ter,

je vais mener tout cela � bien.

Car si nous perdons...

Je ne pourrai pas regarder ma famille en face.

Et si tu mourrais, Mansi ?

Qui suivrons-nous, alors ?

SYNDICAT BUREAU 40 ACRES DELANO, CALIFORNIE

15e JOUR DE JE�NE

Viens l�-haut, on voit bien.

Si vous venez d'arriver, veuillez vous diriger vers la table d'inscription

et signer notre engagement de non-violence.

Chers fr�res et s�urs.

Alors que nous allons f�ter le myst�re de l'amour du Christ,

laissez-nous reconna�tre nos p�ch�s.

Je confesse � Dieu tout puissant,

et � vous, mes fr�res et s�urs, que j'ai p�ch� par ma faute,

dans ma pens�e et mes mots, dans mes actes et mes �checs.

C'est ma faute, ma faute, ma tr�s grande faute.

Ce n'est rien, C�sar.

Il n'y a pas de gr�ve dans les vignes.

Nos travailleurs ont voulu rester avec nous,

et continuent � travailler sans int�r�t pour cette organisation externe.

Ils ne sont pas d'ici

et j'aimerais qu'il repartent dans leur lieu d'origine.

Le groupe Chavez cherche � forcer les producteurs

� reconna�tre leur groupe en tant qu'agent de n�gociation.

Et ont interf�r� avec nos travailleurs journaliers.

Les seuls contrats sign�s entre le syndicat de M. Chavez

et les quelques vignobles ayant sign� sous la menace...

Et s'il nous arrivait quelque chose ?

Je d�fends mon fils !

Que deviendraient les enfants ?

M. Chavez !

21e JOUR DE JE�NE

Ils arrivent en plus grand nombre depuis que Chavez a arr�t� de manger.

Combien de temps tient-on sans manger ?

�a d�pend des gens, John.

Tout d�pend de l'homme.

Peut-�tre faut-il laisser Chavez mourir de faim

et nous n'aurons rien � faire.

Malheureusement, je ne pense pas qu'il soit suicidaire.

Ma ! Je laisse des affaires, ici. Des v�tements que je ne mets plus.

Maman, qu'y a-t-il ?

Il sait ce qu'il te fait subir ?

Non. Il ne sait pas.

S'il te pla�t va voir ton p�re avant de partir.

Comment va-t-il ?

Pas tr�s bien.

Merci. Mon fr�re appr�cie.

- Salut. - Salut Cruz, �a va ?

J'ai fait signer mes cousins, ils viennent de passer la fronti�re.

Bien jou�.

�coute.

J'ai amen� de la nourriture � C�sar.

Dis-lui de manger quelque chose et d'arr�ter d'�tre t�tu.

- Tu veux t'allonger ? - Non.

Allez. Je t'arrange ton oreiller.

Non, �a va.

Bien.

Je rentre � la maison.

Tu as besoin de quelque chose ?

Fernando est venu ?

Non.

10 MARS 1968 25e JOUR DE JE�NE

Et il prit le pain dans ses mains

le b�nit

le donna � ses disciples et dit

"Prenez et mangez"

"ceci est mon corps donn� pour vous."

- Le corps du Christ. - Amen.

Amen.

Je viens en citoyen am�ricain

pour l'honorer pour ses actes.

Pas juste pour vous, ni pour l'�tat.

Mais pour tous les �tats-Unis d'Am�rique.

Je viens ici par respect

pour l'une des figures h�ro�ques de notre temps,

C�sar Chavez !

Le consommateur a un int�r�t fou

TROIS MOIS PLUS TARD

et il devrait soutenir le travailleur et le fermier.

Les travailleurs agricoles sont dans ce champ, ce ranch

et travaillent, ils ne sont pas en gr�ve.

Pendant ce temps, C�sar Chavez a organis� ses efforts pour user d'une nouvelle tactique,

une tactique qui aurait un effet national.

Le plus important, c'est que

le public am�ricain ne soutiendra pas l'injustice s'il en est conscient.

Nous nous battons pour des salaires l�gitimes de fa�on l�gitime.

Une de nos meilleures armes est le boycott.

C'est non seulement une arme �conomique mais aussi non-violente.

- Des piquets de gr�ve ont �t� plac�s... - Connard.

... dans les supermarch�s de 23 villes.

La plupart des supermarch�s du pays ont toujours du raisin.

Mais de nombreux clients, des m�nag�res pour la plupart,

n'ach�tent plus de raisin.

Ils observent le boycott.

En direct de Delano, Californie. C'�tait Charles Walker...

Nous savons que votre organisation a soutenu nos piquets de gr�ve � Pittsburgh,

et nous nous demandions si vous pouviez

organiser une autre �quipe cette semaine.

Dans quelle ville �tes-vous ?

Montr�al ?

Wisconsin, ensuite ?

D'accord, je passerai le mot.

Merci, au revoir.

Les derniers rapports estiment qu'on leur a co�t�

17 millions de dollars jusque-l� !

Si seulement ils l'avaient d�pens� en salaires d�cents.

... quelle est votre vision de la gr�ve ou du boycott de l'industrie vigneronne.

Le boycott du raisin...

J'ai qualifi� cela, au cours d'�v�nements publics,

d'immoral. Et �a l'est.

Appelez-moi John !

- Oui, monsieur. - Fils de...

Mon Dieu.

Tu as vu �a ?

Ouais, Homme de l'ann�e !

J'ai cru qu'ils allaient le canoniser.

Je sais... �a va.

On peut se voir dimanche.

Je l'ai vue la semaine derni�re. Elle me l'a dit et j'ai oubli�.

Elle est ravissante. Ravissante.

En effet.

Messieurs.

�coutez,

il est temps pour les familles de mettre leurs diff�rences de c�t�

et de parler d'une seule voix.

Je suis d'accord.

Asseyons-nous avec ces enfoir�s et r�glons �a une fois pour toutes.

Jack, tu es s�rieux ?

Tu veux t'attabler avec ces gars-l� ?

On ne peut pas tenir plus longtemps.

Le boycott nous tue.

Si on n�gocie avec eux, ce ne sera plus un boycott mais une insurrection.

Il faut quand m�me n�gocier.

Nous ne devons pas n�gocier, mais dicter nos conditions.

�coutez,

je d�teste traiter avec ces sales �trangers,

mais on ne peut pas mettre de fausses �tiquettes pour toujours.

Je suis un sale �tranger, Jack.

Tu vois ce que je veux dire.

Et je ne suis pas le seul � le penser.

Non ? Qui d'autre le pense ?

Jack a raison.

Il est temps de r�duire les pertes et de n�gocier.

Mais on ne n�gocie pas avec les enfants.

On ne donne pas tous les bonbons du magasin � un enfant.

Avec les enfants, on �tablit les r�gles et on s'assure qu'ils ob�issent.

Comment �a va ?

Bien. J'ai battu les 70.

Quand les Chinois sont venus en Am�rique pour le chemin de fer,

vous savez ce qu'ils ont exig� de leurs responsables ?

Non.

De la nourriture. De la bonne nourriture.

Et du temps pour la manger.

Si les producteurs l�sinaient, ils ne bougeaient pas le petit doigt.

Donnez aux Chinois un bon repas par jour

et ils construisaient l'infrastructure d'un continent.

Leur repas repr�sentait leur dignit�.

Pour eux, la dignit� �tait plus importante que l'argent.

C'est beau, n'est-ce pas ?

Tu as cette mauvaise habitude de tout transformer en le�on.

J'aime la nourriture chinoise.

Comment �a va ?

Je t'ai dit, �a va.

Et le golf ?

Qu'y a-t-il avec le golf ?

Tu deviens un vrai Am�ricain.

Le golf est d'�cosse.

Nous interrompons le programme pour ce bulletin de Los Angeles.

Le S�nateur de New York, Robert Kennedy, a re�u une balle dans la t�te,

quelques minutes apr�s avoir quitt� la sc�ne

o� il a prononc� son discours de victoire � Los Angeles.

Le rapport d�taill� que nous avons re�u initialement

d�crivait Kennedy sur le sol des cuisines de l'h�tel.

Du sang sur son visage, les yeux ouverts mais aveugles.

Il est en chemin ou est arriv�

� un h�pital de Los Angeles.

D�s que nous aurons plus d'informations, nous vous les communiquerons.

L'acte final de la trag�die de Robert Francis Kennedy

a commenc� ce matin avec une c�r�monie �mouvante

dans la Cath�drale St Patrick, ici, � New York.

Le S�nateur a �t� transf�r� dans sa derni�re demeure,

pr�s de son fr�re, feu M. le Pr�sident, au Cimeti�re national Arlington.

Moi, Richard Milhous Nixon, jure solennellement...

Arr�tez tous de travailler un instant.

Rejoignez la gr�ve. C�sar Chavez vous d�fend !

BOYCOTTEZ LE RAISIN CALIFORNIEN

JUSTICE, DIGNIT� POUR LES TRAVAILLEURS

... d'ex�cuter loyalement la t�che de Pr�sident des �tats-Unis...

Et pr�serverai, prot�gerai et d�fendrai...

Au mieux de mes capacit�s...

La Constitution des �tats-Unis...

Que Dieu me vienne en aide.

Ralentissez !

Ralentissez ! Ralentissez !

- Appelez une ambulance ! - Juan ! Juan !

� l'aide ! � l'aide !

Nous vous remercions pour tout. Nous appr�cions.

Oui, monsieur.

Vous comprenez les affaires

et vous �tes californien, nous sommes tous californiens, ici...

Oui, monsieur.

Je ferai de mon mieux.

Merci, merci beaucoup.

Au revoir.

Nixon a promis de vendre notre raisin en Europe.

Et pour ce qui reste,

il exigera que le D�partement de la D�fense l'ach�te pour nos soldats.

Ils te laissent sortir dans 5 jours, mais je ne sais pas pour les autres.

Ce sont des mensonges.

Ils disent qu'on les a provoqu�s.

Que la gr�ve est ill�gale, ils font en sorte qu'on ait l'air de criminels.

Depuis qu'il �coulent le raisin en Europe, leurs ventes ont augment�, ici.

De 140 %.

On ne va pas survivre � Nixon.

Alors nous devons y aller.

En Europe ?

S'ils fuient, nous devons les attraper.

On a d�j� du mal � g�rer ici, Mansi.

Je sais.

Je ne pensais pas dire �a un jour.

� Richard Milhous Nixon !

� Nixon !

Raisin John Bogdanovich Californie

Insiste sur les droits humains, puisque �a existe en Europe.

Les producteurs ont perverti le syst�me ici,

mais l'Europe d�fend les droits des travailleurs.

Soit disant qu'ils ont un mois de vacances.

Tu devrais mentionner le fait que

le Vi�tnam est inond� du raisin et napalm Bogdanovich.

La nourriture y serait affreuse.

Je me fiche de la nourriture, tu ne je�nes plus, C�sar.

O� est ma veste ?

Eh, Helen.

Tu devrais voir cet endroit.

Oui. Comment vont les enfants ?

Et Fernando ?

D'accord.

On se voit dans quelques jours.

Un ticket s'il vous pla�t.

Oui, monsieur.

- Albert. - 2 pence.

SI�GE DU SYNDICAT G�N�RAL DES TRANSPORTS

- M. Chavez ? - Oui.

Enchant�e.

- Enchant�. - Bienvenue.

Voici C�sar Chavez, activiste des droits civiques

EN DIRECT

ayant fait sensation en Am�rique avec son boycott

o� des millions d'Am�ricains ont arr�t� de manger du raisin.

�a marche pour vous ?

Merci.

Nous appelons au bon sens une industrie

qui refuse de reconna�tre les droits humains basiques de ses travailleurs.

En plus de ce boycott, votre mouvement a manifest� et fait gr�ve.

Vous avez vous-m�me je�n� pendant 25 jours.

Pourquoi est-ce all� si loin ?

Malgr� notre succ�s contre les producteurs californiens,

ils refusent toujours de n�gocier avec nous.

Ce n'est plus une question d'�conomie.

C'est de l'ent�tement.

Ils veulent prouver leur force et non leur faiblesse.

Ils pr�f�rent exporter leur raisin que n�gocier avec vous ?

Ils pr�f�rent vendre leur raisin � Londres ou Stockholm

et pensent que cela effacera les ignominies que les gens ont subies.

Quel soutien avez-vous re�u ici, en Grande Bretagne ?

En Grande Bretagne, nous avons le soutien du syndicat g�n�ral des transports,

qui applique notre boycott.

Les dockers refusent de d�charger le raisin.

Qu'est-ce que vous dites ?

Attendez ! On a conclu un march� !

C'est une belle application de notre boycott.

Nous esp�rons avoir un soutien similaire dans les autres pays.

Divers groupes religieux du continent ont montr� leur soutien.

M�me le Pape a accept� de nous rencontrer.

Les raisins sont au milieu de l'Atlantique.

All� ?

Qu'esp�rez-vous obtenir ?

Ce n'a jamais �t� les raisins, mais les gens.

Les plus pauvres des pauvres, les marginaux.

Ceux qui ont �t� ignor�s.

Il n'y aurait pas de nourriture � table sans ces gens.

Ces gens ont un nom, un visage et une famille.

J'imagine que ce que nous souhaitons, c'est leur donner une voix.

Mais est-ce suffisant, vu la r�sistance oppos�e ?

Une fois que les changements sociaux commencent,

ils ne peuvent �tre arr�t�s.

On ne peut d�s�duquer quelqu'un qui a appris � lire.

On ne peut humilier quelqu'un de fier.

On ne peut opprimer quelqu'un qui n'a plus peur.

On a vu l'avenir et c'est le n�tre.

Pr�t ?

Ne r�ponds pas !

Je suis l�.

Ne prends par 3 heures. Je dois d�poser �a.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Ils veulent signer.

Qui ?

Tous. Tous les producteurs veulent signer.

40 ACRES 29 JUILLET 1970

Dr�le de journ�e pour �tre en retard.

Allez, ils attendent dedans.

Vous devez l'admettre, ce vieux Croate s'est bien battu.

Oui, tant que vous admettez que ce petit Mexicain vous a bott� le cul.

Fr�res et s�urs des champs,

ceux qui nous entourent avaient dit que c'�tait impossible.

Les gens disaient que les producteurs �taient trop puissants,

que la police serait contre nous...

Et que les tribunaux nous �craseraient,

et que t�t ou tard

nous retournerions � la pauvret� et au d�sespoir de nos a�eux.

Mais ce n'est pas le cas !

Et ce,

car notre souffrance commune

et notre amour mutuel nous ont unis.

Cinq ans de gr�ve !

Nous avons fait des sacrifices et des combats pour un meilleur avenir,

dont nous r�vons tous,

quand nous travaillons dans ces belles vignes.

Quand des millions d'Am�ricains ont arr�t� de faire quelque chose,

manger du raisin,

nous avons gagn� la gr�ve !

Nous avons gagn� !

Oui, nous le pouvons !

Je sais qu'il n'y a pas de justification pour ce que j'ai fait...

Ou que je n'ai pas fait pour toi.

Je suis triste

de ne pas avoir pu aller p�cher avec toi

ou assister � un match de baseball

ni m�me aller voir un film.

Il n'y a pas de moyen de remonter le temps

et de me racheter.

Je veux que tu saches que

tu manques beaucoup � ta m�re et moi, Fernando.

Il semble ironique de penser que,

parce que j'ai tent� de faire des choses que mon p�re n'a jamais pu faire,

je suis maintenant distant de toi.

Sache que le jour o� tu es venu au monde,

est aussi le jour o� j'ai eu l'illumination

dont j'avais tellement besoin.

Toi et tes fr�res et s�urs

�tes le but de ma lutte.

J'ai tout fait pour vous.

J'esp�re que tu ne l'oublies pas.

J'esp�re qu'un jour

tu seras aussi fier de moi que je le suis de toi.

CINQ ANS PLUS TARD, C�SAR CHAVEZ ET L'UFW

ONT OBTENU LE PASSAGE DE LA LOI

PERMETTANT AUX TRAVAILLEURS AGRICOLES DE SE SYNDIQUER.

Plus que tout le monde, je voudrais voir les pauvres

prendre une part importante dans la soci�t� en formation.

Et les laisser prendre des d�cisions.

Dans notre cas, si les pauvres n'y sont pas, le changement n'arrivera jamais.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR C�SAR CHAVEZ

ET LE MOUVEMENT QU'IL A INSPIR�

VISITEZ TAKEPART.COM/CHAVEZ

POUR MON P�RE, MES ENFANTS ET EN M�MOIRE DE MA M�RE

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