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Original subtitles

WWW.MY-SUBS.CO

1 Dans le système pénal américain, le ministère public est représenté

par deux groupes distincts mais d'égale importance.

La police, qui enquête sur les crimes,

et le procureur, qui poursuit les criminels.

Voici leur histoire.

Je suis parti de San Juan pour m'éloigner de ma belle-mère.

- Et toi, tu laisses la tienne emménager. - Qui t'a dit ça ?

Ta femme. Elle obtient tout ce qu'elle veut.

J'ai dit qu'on en discuterait.

Tu as déjà quatre bouches à nourrir.

Et voilà que sa mère débarque.

Seulement si j'accepte.

Tu vas accepter.

Hé ! Ça va ?

Oui, ça va. Contrairement à lui.

L'immeuble est vide depuis quand ?

D'après la sécurité, environ trois mois.

- Comment s'appelle le squatteur ? - Patrick Sullivan, 47 ans.

Il vivait à Murray Hill.

Son portefeuille est là,

avec son fric et ses cartes.

Tu as droit à trois réponses.

Il s'est noyé.

Balle dans la poitrine à bout portant. Pas d'orifice de sortie.

- Sûrement une balle à tête creuse. - L'heure du décès ?

D'après la rigidité et les lividités, la mort a eu lieu entre 19 h et minuit.

Je peux ?

Le numéro est encore à l'écran.

Il n'a pas eu le temps d'appeler.

- Les secours ? - Non, un numéro local.

Il est mort en appelant à l'aide.

Ou on l'a tué pour l'empêcher de passer cet appel.

On le saura bientôt.

Inspectrice Benson.

Qu'est-ce qu'on a ?

Tu n'as pas reçu d'appels louches, hier soir ?

Des messages ? Des appels en absence ?

Non.

Vous êtes sûrs qu'il voulait m'appeler ?

Sa vie défilait devant ses yeux et tu étais la star.

Il s'appelle Patrick Sullivan ?

- Ça te dit quelque chose ? - Non.

Son visage, peut-être ?

Je ne l'ai jamais vu de ma vie.

Ça soulève une question.

Pourquoi est-il mort en m'appelant ?

NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE

Vous avez vérifié dans vos bases de données ?

On les a toutes consultées.

Patrick Sullivan n'est victime ou coupable dans aucun de nos dossiers.

Décrivez-moi la scène de crime.

Au 16e étage d'un immeuble de bureaux vide.

Victime sur le dos, une balle dans le torse.

Des fluides ?

Juste son sang. Mais j'imagine que tu parles d'autre chose.

- Il était seul et habillé. - Ça ne semble pas être sexuel.

Alors pourquoi il a essayé de m'appeler ?

Même absent de vos fichiers, il a peut-être en lien avec une affaire.

Je distribue des milliers de cartes de visite chaque année

aux victimes, aux familles, aux témoins. Ça pourrait être n'importe qui.

Il y a autre chose à envisager, inspectrice Benson.

Et si ce n'était pas lié à une affaire ?

C'est peut-être personnel.

APPARTEMENT DE PATRICK SULLIVAN MERCREDI 7 JUILLET

Depuis quand louez-vous à M. Sullivan ?

Parlez plus fort. Je suis dur d'oreille.

Depuis quand M. Sullivan vit-il ici ?

Deux ans.

Quand l'avez vu pour la dernière fois ?

Je le vois rarement. Il a sa propre entrée.

Je ne l'entendais pas aller et venir.

Combien de locataires avez-vous ?

Seulement lui.

Alors pourquoi la sécurité sociale envoie des chèques

à cinq personnes différentes à cette même adresse ?

Regarde ça. C'est le reçu d'un garde-meubles.

O.K.

Voyons ce que M. Sullivan gardait sous clé.

Mon Dieu.

Cinq corps.

Tous âgés et morts de causes naturelles, à première vue.

J'en saurai plus d'ici deux heures.

Je les vois mal se transformer en homicides.

Pour les mettre dans le congélateur, votre type a dû les plier en deux.

Avant d'ouvrir les trois derniers, je dois attendre qu'ils dégèlent.

Où est passé le respect envers nos aînés ?

Votre victime, Patrick Sullivan.

J'ai fait des radios pour localiser la balle dans la cavité thoracique.

Il avait une clavicule cassée ?

Oui, ainsi que quatre côtes, les bras, les jambes et le pied gauche.

D'après la recalcification,

ces fractures se sont étalées sur plusieurs années.

Qui est ce type ?

Donc Patrick Sullivan était un escroc ?

Ça expliquerait les fractures et les fraudes à l'assurance.

C'est vieux, comme technique.

Il a commencé quand il était jeune.

Il se jette devant une voiture en faisant croire à un accident.

Sacrée façon de gagner sa vie.

Il en a eu assez et a opté pour de l'argent facile.

Les corps à la morgue correspondent aux noms sur les chèques

que vous avez trouvés chez Sullivan ?

Oui, l'État croit qu'ils sont vivants et qu'ils habitent ensemble.

Vu qu'ils venaient tous de la même maison de retraite,

on va y aller pour se renseigner sur eux.

Bonne idée.

MAISON DE RETRAITE WALNUT RIDGE MERCREDI 7 JUILLET

Ona Schiller est retournée vivre chez son fils.

- Laissez-moi deviner : à Murray Hill ? - Et Joseph Huffman ?

Il a été transféré dans un autre établissement en août.

Il doit y avoir une erreur. L'adresse est la même.

N'est-ce pas bizarre de perdre cinq patients en quelques mois ?

Non. Même si vos enfants aiment la visite, vous ne serez pas forcément heureux ici.

On aimerait parler au médecin responsable de ces patients.

Les médecins font des visites hebdomadaires.

Parlez plutôt à leur infirmier.

Eduardo s'occupait de tous les cinq.

Patrick a été tué ?

Quand l'avez-vous rencontré ?

Il y a six mois, à la laverie.

Je lui ai prêté de la monnaie et il m'a invité à déjeuner.

Avez-vous dit à Patrick que vous travailliez à Walnut Ridge ?

Oui.

Il avait le don de me faire me sentir important.

- Vous et Patrick... - On était des âmes sœurs.

On prévoyait d'emménager ensemble

mais j'avais besoin d'argent.

- Vous avez arnaqué la sécurité sociale ? - On ne faisait de mal à personne.

On ne choisissait que ceux qui n'avaient pas de famille.

Lorsqu'un patient mourait, vous appeliez Sullivan et ensuite ?

Je l'aidais à transporter le corps et je remplissais les papiers nécessaires.

Où est l'argent ?

Je n'en ai jamais vu la couleur.

Patrick inventait des prétextes.

Il disait que ça prenait du temps mais quelque chose ne tournait pas rond.

Il se trouve que ce salaud me trompait.

Comment l'avez-vous découvert ?

J'ai fouillé son portable, pendant sa douche.

J'ai trouvé un nom et j'ai fait une recherche.

C'était un sale riche nommé Glass.

BUREAU DE D. GLASS MERCREDI 7 JUILLET

J'ai demandé qu'on me laisse tranquille.

Ce sont des inspecteurs.

Pardon.

Tout va bien ?

Rien, juste une fête qui a dégénéré.

Vous avez un mandat ?

Pas encore. Juste quelques questions.

Tout le monde a des questions.

Qui c'est, cette fois ? Vykarius ? T-Lo ? Don Toine ?

- Des chevaux ? - Non, des rappeurs.

On dirait que M. Glass occupe le marché des investisseurs du hip-hop.

Mes clients sont irréprochables et rien ne m'oblige à vous en dire plus.

C'est un de vos clients qui a mis ce bazar ?

Si vous voulez saisir des fonds, obtenez un mandat.

On n'est pas là pour saisir des fonds. Pas encore.

On enquête sur Patrick Sullivan.

Vous aviez beaucoup de conversations téléphoniques.

Lorsqu'on investit un demi-million pour un client dans un fonds spéculatif,

on reste en contact.

Étiez-vous au courant des antécédents

de fraude, de mensonges et d'extorsion de M. Sullivan ?

De mon côté, tout était légal.

Très bien, MC Vanilla.

Où étiez-vous mardi soir ?

C'est quoi, ce délire ?

Je ne peux pas être un témoin. Je vais me faire tuer.

Témoin de quoi ?

J'étais là.

J'ai vu Sullivan se faire tuer.

Il y avait des téléphones, des ordis et des tableaux affreux au mur.

Sullivan vous attendait ici ?

Et il était bien vivant. La fille était déjà là.

Quelle fille ?

Une blonde sexy. Elle avait des papiers pour Sullivan.

Ça alors, c'est dingue.

Combien ?

La mise de fonds était de 500 000.

Vous a-t-il présenté la blonde ?

Je n'étais pas là pour me faire des amis.

Ses clients étaient à l'étranger. Elle parlait au téléphone en japonais.

Vous lui avez remis l'argent et tout est parti en vrille.

On venait de remettre nos parts à Sullivan quand la porte s'est ouverte.

C'était une agente de la SEC.

Sullivan a disjoncté.

Il s'est mis à hurler qu'il ne finirait pas comme ça.

Il a sorti une arme.

Et l'agente l'a abattu.

Ça ne colle pas.

La SEC ne porte pas d'arme. Ça devait être le FBI.

Elle n'était peut-être pas au courant.

Bref, elle avait eu vent de l'affaire.

Sullivan était mort. La fille et moi, on s'est sauvés.

Vous allez m'aider à récupérer mon argent ?

On dirait que M. Sullivan ne jouait pas seul.

Attendez. Quoi ?

C'était une arnaque.

Tout le monde était dans le coup, sauf vous.

Je vous ai parlé uniquement parce que je dois récupérer mon fric.

Je n'ai pas les moyens de rembourser mes locaux.

Je suis mort.

La femme, celle qui a tiré, elle ressemblait à quoi ?

C'est la blonde.

Et la brune. C'est elle qui a tiré.

Ce sont elles.

Des sacrés numéros. Elle, c'est Lorraine Dillon.

La blonde, c'est April Troost, sa fille.

Elle a 25 ans, un QI exceptionnel mais un cœur de pierre.

Tu les as arrêtées pour racket ?

Cette fois, elles ne m'échapperont pas.

C'est loin d'être gagné.

Sullivan est mort en m'appelant.

Tu avais raison. C'est une affaire personnelle.

DOMICILE D'APRIL TROOST ET LORRAINE DILLON MERCREDI 7 JUILLET

Je vous croyais en Floride.

- Changement de plan. - C'est qui ?

Bonjour, inspectrice Benson.

On vous a manqué ?

Patrick Sullivan ? Un nom très irlandais.

Ça ne me dit rien.

Il semble avoir cet effet sur les femmes.

Qu'avez-vous au visage ?

Un accident de voile, vous y croyez ?

- Non. - Dommage. C'est la vérité.

D'après ce que j'ai entendu, la vérité n'est pas votre tasse de thé.

Vous avez passé trop de temps avec l'inspectrice Benson.

Elle vous a arrêtée pour fraude et extorsion et vous vous en êtes tirée.

Très impressionnant.

Elle a une imagination fertile mais aucune preuve.

Cette fois, c'est différent.

On a un témoin.

Waouh, j'adore votre visage.

Où étiez-vous mardi soir ?

Chez moi, avec ma fille.

- Je m'ennuie. - Moi aussi.

Vous êtes coincée ici avec moi,

plutôt que de profiter des 500 000 $ soutirés à David Glass.

Je n'ai aucune idée de quoi vous parlez.

- Il vous a identifiée. - Beaucoup de filles me ressemblent.

Non, je ne crois pas.

Vous serez accusée de fraude.

Et bientôt de meurtre.

On verra.

- Vous êtes un sacré cas. - Merci.

Bonjour. C'est terminé.

Patrick Sullivan.

Deux heures après son soi-disant meurtre.

Sympa, ce type, non ?

Votre témoin affirme avoir vu Lorraine tuer Patrick Sullivan à 20 h.

Comment se fait-il que M. Sullivan payait des tournées au Foxhead Bar à 22 h ?

Ça ne veut rien dire.

Cet enregistrement pourrait dater d'il y a trois semaines.

En fait, non.

Le match correspond à la soirée.

Allez vérifier au bar.

Et demandez à la ligue à quelle heure le match s'est fini.

Oui, il était là, il y a trois jours. Un vrai charmeur.

Sur l'enregistrement, Sullivan payait des tournées.

Savez-vous ce qu'il célébrait ?

J'ai cessé d'écouter. Je ne fais que sourire et servir.

Est-il parti seul ?

Il voulait continuer la fête dans sa chambre d'hôtel.

Quel hôtel ?

Le Beaumont.

Mais il a vu l'heure,

il a dit qu'il était attendu et il est parti.

HÔTEL BEAUMONT VENDREDI 9 JUILLET

Avez-vous déjà vu l'une de ces femmes ?

Elles ont toutes les deux rendu visite à M. Sullivan séparément.

Elles étaient là, mardi soir ?

Je n'en sais rien.

Avez-vous des caméras de surveillance ?

Non, c'est pourquoi je dois retourner à la réception.

Faites-moi signe, si vous avez besoin d'aide.

D'accord, merci.

Sullivan était donc ici avec Lorraine et April.

On va relever les empreintes sur ces verres.

Et l'ADN là-dessus.

C'est immonde. Ça fait beaucoup de préservatifs.

J'imagine que son charme opérait.

Si Glass a vu Lorraine tirer à 20 h,

qu'est-ce que Sullivan faisait ici après 22 h ?

Je dirais qu'il prenait une douche.

Il devait porter ça lors de l'arnaque.

Regarde ça.

Un pétard et du faux sang.

Pourquoi est-il retourné sur les lieux ?

Pour enlever le décor.

C'est pour ça que c'était vide, quand on l'a trouvé.

Seules Lorraine et April savaient où le trouver.

Elles voulaient s'approprier le butin au complet,

- et elles l'ont tué pour prendre sa part. - Je ne sais pas trop.

La beauté d'une arnaque bien conçue, c'est qu'on ne trouve jamais de corps.

Tu penses qu'il y avait quelqu'un d'autre ?

Peut-être que Sullivan s'est vanté

à quelqu'un qui voulait sa part.

Oui.

C'est une blague ?

Amy ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Il m'a dit de mettre ses appels en attente et il m'a prise dans ses bras.

D ne faisait jamais ça. J'aurais dû m'en douter.

Qui a retourné son bureau, hier ?

Vykarius.

On a besoin de son numéro.

D'accord, mais il n'y est pour rien.

Il est à la Barbade depuis hier. C'est moi qui ai réservé son vol.

Je dois prévenir la famille de D.

Attention à sa tête.

Flax, est-ce que ça pourrait être un homicide ?

Porte fermée à clé et aucune trace de lutte.

À mon avis, c'est un suicide.

Adieu, témoin.

Elles vont s'en tirer ?

À moins qu'elles n'aient commis un crime

tandis qu'elles étaient enfermées, je ne peux rien faire.

On ne peut pas les garder.

C'est absurde.

La vidéo du bar contredit le meurtre. Glass n'a été témoin que d'une arnaque.

Elles l'ont tué

ou elles ont engagé quelqu'un pour le faire.

Vous n'avez aucune preuve.

Vous savez qu'elles sont coupables. Inculpez-les au moins de fraude.

Glass est mort et l'identification est irrecevable.

Sans l'argent, on n'a aucune preuve de fraude.

On a cueilli April et Lorraine chez elles deux jours après le meurtre.

Elles n'ont peut-être pas eu le temps de cacher l'argent.

Le divorce n'est plus aussi lucratif qu'avant.

C'est pour ça qu'elles font des escroqueries.

- Green ? - Oui.

Quel était le calibre de l'arme du meurtre ?

Un calibre .38.

Comme celui-ci ?

Que faites-vous là ?

Dès qu'on aura l'analyse balistique,

j'arrêterai vos clientes pour le meurtre de Patrick Sullivan.

- Oh là là. - Ne dites rien. Je m'en occupe.

Elle n'y est pour rien.

- Taisez-vous. - Non.

- April. - Non, non.

- Maman. - Tout va bien.

C'est moi.

J'ai tué Patrick.

C'était de la légitime défense.

D'après le témoignage de Lorraine devant le grand jury,

ils se connaissaient depuis longtemps.

Sullivan et elle avaient eu une liaison, il y a 10 ans.

C'est du passé.

D'où sort cette histoire de légitime défense ?

Un peu moins serré, je vous prie.

Lorraine prétend que le soir du meurtre,

April lui aurait révélé que Patrick Sullivan l'avait violée

quand elle avait 14 ans.

Lorraine est allée voir Sullivan et la dispute s'est changée en rixe.

La mère poule protège son poussin du renard

qu'elle a invité dans le poulailler.

Le jury adore ce genre d'histoires.

Lorraine Dillon a tué Patrick Sullivan pour sa part du butin extorqué.

Il suffit de le prouver.

Ça va être compliqué.

Une requête pour exclure les preuves de la fraude.

BUREAU DE LA JUGE MADELINE DRAKE MARDI 13 JUILLET

M. Glass nous a fourni des traces écrites,

incluant des comptes, des relevés et des prospectus créés de toutes pièces

provenant directement de M. Sullivan et établissant un lien direct.

Avec Patrick Sullivan ou ma cliente ?

Elle et Patrick Sullivan ont monté cette arnaque ensemble.

D'après M. Glass qui, malheureusement, ne pourra pas témoigner.

Un peu de respect pour les morts, voulez-vous ?

Même s'il pouvait prouver

que Glass et Sullivan arnaquaient leurs clients,

rien n'implique Lorraine Dillon.

On va démontrer que Mlle Dillon a tué Patrick Sullivan

afin de garder la totalité du butin de l'arnaque.

Les documents prouvent le mobile.

Leur effet préjudiciable l'emporte sur leur valeur probante,

si on les met en balance.

Vous avez été clair, M. Margolis. Plusieurs fois.

M. McCoy, à moins de fournir un lien plus solide,

tels que des documents mentionnant Mlle Dillon ou un témoin,

les preuves de fraude sont irrecevables.

On a l'arme et la balistique confirme que c'est l'arme du crime.

Ça ne prouve pas la fraude.

Si on ne montre pas un mobile convaincant qui a poussé Lorraine à tuer Sullivan...

Le jury n'entendra que l'histoire de légitime défense de Lorraine.

Pour la raconter, elle devra témoigner.

Margolis va prendre le risque de l'appeler à la barre ?

Lorraine a un don de persuasion.

Elle a admis avoir tiré

mais ils n'ont aucune preuve qu'il s'agissait de légitime défense.

Sa seule chance est de convaincre le jury

qu'elle avait une raison légitime de tuer Patrick Sullivan.

Si elle fait ça, elle peut nous servir de témoin de la fraude.

Elle est la clé.

PROCÈS À LA COUR SUPRÊME MARDI 24 AOÛT

C'était la pire erreur de ma vie.

Quand j'ai rencontré Patrick, j'étais mariée à un homme qui m'adorait

et aimait ma fille comme la sienne.

Mais vous n'avez pas quitté votre mari ?

Il y a une promesse que j'ai tenue toute ma vie :

tout faire pour le bien de mon enfant.

April n'avait que 14 ans.

Elle avait besoin d'un foyer, d'une famille.

Vous avez rompu avec M. Sullivan.

Je ne l'ai plus revu pendant 10 ans.

Quand vos chemins se sont recroisés, les choses avaient changé.

Oui, April avait grandi.

J'étais célibataire.

M. Sullivan voulait vous épouser.

Pourquoi avoir refusé ?

Ma fille.

Mlle Dillon, que vous a dit April ?

Que Patrick avait abusé d'elle.

Cet homme a violé ma fille quand elle n'avait que 14 ans.

Vous en avez parlé à M. Sullivan ?

April m'a suppliée de ne rien faire.

J'étais assez bête

pour croire qu'il aurait pu s'expliquer.

Au lieu de ça, il a avoué.

Il m'a dit que voir April aujourd'hui,

c'était comme me voir à l'époque où l'on s'était rencontrés.

Je suis devenue folle. J'ai craqué.

Je l'ai frappé.

Il m'a rendu le coup.

J'aimerais montrer la pièce à conviction numéro 37.

Allez-y.

Je sais que c'est dur pour vous mais que s'est-il passé ensuite ?

J'étais au sol. Ses mains étaient autour de mon cou.

Et j'ai vu son arme.

Il allait me tuer.

La seule chose à laquelle j'ai pensé, c'était ma fille.

L'instant d'après, Patrick était mort et je tenais l'arme.

En plus d'être amoureuse de M. Sullivan,

n'étiez-vous pas également son associée ?

Pas du tout.

Le soir du meurtre,

vous, M. Sullivan et votre fille, April Troost,

étiez impliqués dans une transaction illégale,

n'est-ce pas ?

Objection. Peut-on approcher ?

Les questions de M. McCoy sont en violation directe

de votre décision d'exclure la fraude.

Vous exigiez des documents ou un témoin pour que la fraude soit recevable.

- Vous n'en avez fourni aucun. - Vous, si.

Votre cliente est témoin de la fraude.

Mme la juge ?

C'est de bonne guerre.

Vous avez appelé Mlle Dillon à la barre.

M. McCoy a le droit de faire un contre-interrogatoire.

Vous n'aviez aucune idée que vous alliez épouser un escroc

qui gagnait sa vie en arnaquant les compagnies d'assurance

et en volant les chèques de sécurité sociale de personnes âgées ?

Je l'ignorais.

Tout ce qui m'importait, c'était ce qu'il avait fait à ma fille.

Cette histoire d'agression sexuelle n'est-elle pas

une tentative de nous faire oublier

que vous aviez comploté tous les trois pour extorquer

500 000 $ à M. David Glass.

J'ignore de qui vous parlez.

C'était un gérant de fonds qui avait confié 500 000 $ à M. Sullivan

le soir où vous l'avez tué.

M. Sullivan est mort.

L'argent est introuvable.

Ça en fait, des coïncidences.

Objection. Harcèlement.

Retenue.

Il a fait du mal à des gens mais je ne les connaissais pas.

N'est-il pas vrai que vous vouliez garder pour vous le butin de l'arnaque ?

C'est pour ça que vous avez tué M. Sullivan.

Je lui ai tué parce qu'il allait me faire pareil.

Il a fait du mal à mon enfant et il allait me tuer.

Un ou deux jurés refuseraient de manger à ta table

mais l'important, c'est qu'ils doutent de Lorraine Dillon.

Un juré entend les faits mais écoute ses émotions.

Tu devais évoquer les éléments cachés. Tu n'avais pas le choix.

Peut-être mais j'ai le bon sens de ne pas répéter la même erreur.

Tu interrogeras April.

Pardon ?

Tu l'as dit toi-même. J'ai perdu la sympathie du jury.

Il verra tout ce que je fais comme une attaque.

Tu veux que ce soit une femme qui traite April de menteuse.

Tu répètes que tu as besoin d'expérience. Tu veux le faire ou pas ?

Combien de temps ont duré les viols ?

Un peu plus d'un an.

Pourquoi n'avoir rien dit ?

À votre mère, à une amie, à un professeur ?

J'avais 14 ans.

Quand un adulte me disait de ne rien dire, je l'écoutais.

Pourtant, vous saviez que c'était mal.

Ma mère était heureuse.

Je ne voulais pas lui enlever ça.

Alors, pourquoi lui en parler maintenant ?

Avec Patrick, ils envisageaient d'avoir des enfants.

Je ne voulais pas qu'une autre fillette subisse la même chose que moi.

Comment a réagi votre mère, quand vous le lui avez dit ?

Elle m'a prise dans ses bras.

Ça m'a fait un bien fou de lui dire la vérité

et de savoir qu'elle m'aimait encore.

L'homme qui avait hanté votre enfance est revenu dans votre vie

et menaçait d'y rester.

Vous deviez être horrifiée.

En effet.

Votre mère a dit que vous l'avez suppliée de ne rien dire à M. Sullivan.

Est-ce vrai ?

J'ai pensé qu'il s'en prendrait à elle et il l'a fait.

Vous avez vu les photos. C'était un homme violent.

Pourquoi être allée le voir seule dans sa chambre d'hôtel ?

Je pensais pouvoir lui faire entendre raison.

Je l'ai supplié de rester loin de nous.

- Pourquoi ne pas avoir appelé la police ? - Pour dire quoi ?

Que M. Sullivan vous avait violée,

que votre mère allait l'affronter seule,

qu'il avait une propension à la violence.

Vous n'avez appelé personne.

J'ai essayé de l'en empêcher.

N'est-il pas vrai que vous n'avez pas appelé la police

parce que vous saviez que M. Sullivan n'était pas une menace ?

Il était une menace.

Ma mère l'a tué pour sauver sa vie.

Vraiment ?

Quand vous êtes allée voir M. Sullivan dans sa chambre d'hôtel

pour parler de ces viols, vous a-t-il attaquée ?

- Non. - Alors pourquoi,

quand votre mère l'a mis face à la même accusation,

- a-t-il voulu la tuer ? - Objection. Spéculation.

Retenue.

M. Sullivan ne vous a jamais violée, n'est-ce pas ?

Je ne sais pas quoi dire.

Répondez à la question, Mlle Troost.

Patrick Sullivan était mon amant.

- April, qu'est-ce que tu fais ? - Mlle Dillon.

Je suis désolée, Maman.

Je ne peux plus mentir pour toi.

M. Sullivan ne vous a donc pas violée ?

J'étais consentante. J'ai toujours été consentante.

- Objection, Mme la juge. - Rejetée.

Votre mère était-elle au courant ?

Patrick lui a tout dit, ce soir-là. C'est pour ça qu'elle l'a tué.

- C'est faux. - M. Margolis, maîtrisez votre cliente.

- Elle a tué Patrick par jalousie. - Qui a eu l'idée de l'accuser de viol ?

C'était l'idée de ma mère. Quand elle est rentrée ce soir-là,

elle m'a dit ce qu'elle avait fait.

Elle avait perdu la tête. Elle disait des trucs au sujet de Patrick,

des trucs complètement faux.

Elle me les a fait répéter, encore et encore.

Et les bleus sur son visage ?

Elle m'a dit de la frapper.

Je ne voulais pas mais elle a dit qu'il le fallait,

pour rendre l'histoire plus crédible.

Vous avez menti pour protéger la femme qui a tué l'homme que vous aimiez ?

C'est ma mère.

- Qu'étais-je censée faire ? - Arrête.

- April, comment oses-tu ? - Mlle Dillon, asseyez-vous.

- Après tout ce que j'ai fait pour toi. - Ça suffit. Faites sortir le jury.

On reprendra demain, quand tout le monde se sera calmé.

Ne voyez-vous pas qu'elle vous ment ?

Vous accusez la mauvaise personne.

J'ai les aveux de votre cliente et un mobile solide.

Prouvez-moi le contraire.

Lorsqu'April est rentrée ce soir-là, elle m'a dit qu'elle avait tué Patrick.

Quel était son mobile ?

Elle a dit qu'il l'avait violée.

Je n'inventerais pas une chose pareille.

Une histoire convaincante.

Pourquoi ne pas avoir laissé April la raconter à son propre procès ?

Parce que je me sens responsable. J'ai introduit Patrick dans nos vies.

M. McCoy, April savait que je mentirais pour elle.

Elle s'est servie de ma plus grande faiblesse.

C'est-à-dire ?

Mon amour pour elle.

Que nous proposez-vous ?

Elle accepte d'avouer la fraude, elle me dit où est l'argent

et on arrêtera April cet après-midi.

Je ne peux pas vous donner la corde qui servira à pendre ma cliente.

Vous l'inculperez de meurtre et fraude.

Pas si elle me donne une preuve tangible qu'April a appuyé sur la détente.

Je n'en ai pas.

Allons, Jack.

Ce n'était rien d'autre qu'un mélodrame.

Le jury ne croira pas à la fraude,

contrairement à la légitime défense. Homicide involontaire.

Qui me trompe une fois, honte à lui. Qui me trompe deux fois...

Je ne négocie pas.

PROCÈS À LA COUR SUPRÊME JEUDI 26 AOÛT

Au chef d'accusation d'homicide volontaire non prémédité,

quel est votre verdict ?

Nous déclarons l'accusée coupable.

Tout ira bien.

- Vous n'avez pas l'air satisfaite. - Vous l'êtes ?

Le verdict était le bon.

Et si l'arme trouvée dans l'appartement appartenait à April ?

- Lorraine a pris sur elle. - Jusqu'à ce qu'April la trahisse.

Elle était désespérée.

Je fais ça depuis assez longtemps

pour distinguer la vérité du mensonge.

Moi aussi, croyez-moi. Mais April a réussi à me duper.

Ce qui altère peut-être votre jugement.

- Vous êtes trop proche du dossier. - Assez pour savoir qu'elle nous a bernés.

Grâce à ce verdict, April vient de gagner 500 000 $.

Vous croyez vraiment qu'April a tué Sullivan ?

À tout le moins, elle était complice.

Suivez-la jusqu'à ce qu'elle récupère l'argent.

Elle attendra une baisse de vigilance pour disparaître.

April a fait une fugue à 14 ans,

peut-être à l'endroit où elle cache l'argent.

Qui était dans leurs vies, à l'époque ?

Notre mariage était une farce, dès le début.

Lorraine voulait de l'argent et j'étais assez bête pour la vouloir.

Et April ?

April ?

C'était une enfant formidable.

Belle mais aussi intelligente.

Lorraine se sentait menacée.

C'est pour ça qu'April a fugué ?

Elle n'a pas fugué. Je lui ai dit de partir.

Pourquoi ?

April était enceinte.

Mais elle avait 14 ans.

Je ne voulais pas

que Lorraine gâche la vie d'un autre enfant.

Je l'ai envoyée dans un centre à Glens Falls.

Ils ont pris soin d'elle durant la grossesse

et se sont chargés de l'adoption.

Qui était le père ?

Je ne lui ai pas demandé.

Pourquoi April a sollicité votre aide ?

Elle avait confiance en moi. On avait une relation particulière.

J'étais son beau-père.

Rien de plus ?

Excusez-moi, messieurs. Je dois m'habiller.

ASHRAM GLENS FALLS VENDREDI 27 AOÛT

April était une sadhaka,

une résidente à court terme.

Elle est restée jusqu'à la naissance du bébé.

On offre aux filles comme April du réconfort, du soutien et des options.

- Comme l'adoption ? - Si c'est la volonté de la mère.

Dès son arrivée, on a lancé la procédure

pour trouver une famille aimante pour l'enfant à naître.

Tout se passait comme prévu mais...

Laissez-moi deviner. Il y a eu un changement de plan.

April semblait adopter notre façon de vivre dans la droiture.

Elle envisageait même de rester après la naissance de l'enfant.

- Que s'est-il passé ? - L'accouchement a commencé,

elle est allée à l'hôpital et on ne l'a jamais revue.

Vous êtes en train de nous dire que vous avez laissé une gamine

en plein accouchement conduire elle-même jusqu'à l'hôpital ?

C'est notre cuisinier qui l'y a conduite.

Travaille-t-il encore ici ?

Vous connaissez April Troost ?

Oui, je la connaissais.

Conventionnellement et intimement.

Vous couchiez ensemble ?

Oui, après notre départ du centre.

Et après la naissance du bébé ?

Vous êtes au courant de ça ?

Les gens du centre ont dit que vous avez conduit April à l'hôpital.

Mais rien n'indique qu'elle y ait accouché.

Elle a accouché dans ma voiture.

Pourquoi êtes-vous là ?

Vous remuez des mauvais souvenirs.

C'était un garçon ou une fille ?

C'était un petit garçon.

On a vu qu'il n'était pas normal.

Comment ça ?

Son visage...

était tout enfoncé, comme si quelqu'un l'avait frappé.

April a paniqué.

Elle ne voulait pas voir de médecin, parce que sa mère l'aurait retrouvée

et l'aurait forcée à rentrer.

On n'aurait pas pu être ensemble.

Vous prenez un cocktail médicamenteux ?

Oui, huit pilules par jour.

J'ai partagé une seringue avec un ami.

Il est mort et mes leucocytes sont au plus bas.

Ma vie est passée d'April à ça.

Alors pourquoi la protéger ?

Si vous savez où est ce bébé, il faut me le dire.

Elle est allée dans la forêt

avec son bébé emmailloté dans une serviette

et elle est revenue seule.

April a tué son bébé ?

Elle l'a mis dans un sac poubelle qu'elle a trouvé

et elle l'a enterré.

Un mois plus tard, elle était partie.

Avec mon fric et ma voiture.

Je la reverrai en enfer.

Vous êtes sûr que c'est ici qu'April a enterré son bébé ?

Absolument.

Avant, il n'y avait que des arbres.

On peut dire adieu à nos chances de retrouver le corps.

Et d'inculper April de meurtre.

C'était il y a dix ans et il n'a pas vu April tuer le bébé.

On n'a aucune preuve à présenter.

Alors les règles ne s'appliquent pas à April Troost ?

- Elle en a dupé bien d'autres. - J'aimerais y mettre un terme.

On n'a pas de corps.

Tout repose sur les dires d'un amoureux éconduit.

On sait qu'elle a tué son bébé.

On peut le penser mais pas le prouver.

April ne le sait pas.

À quoi tu penses ?

Arnaquons l'arnaqueuse.

- Bonjour, April. - Vous n'abandonnez jamais.

Asseyez-vous.

Je ne prendrai pas trop mes aises.

Vous ne me gardez jamais bien longtemps.

Où est votre petit toutou ?

Je n'en ai pas besoin. Je n'ai rien fait de mal.

Connaissez-vous la région de Glens Falls ?

Pas vraiment.

Avant, il y avait une forêt à perte de vue,

jusqu'à ce qu'un promoteur achète le terrain

et y fasse construire 50 maisons.

En creusant, les ouvriers ont eu une surprise.

Ils ont trouvé une tombe peu profonde

où gisait le corps d'un bébé.

C'était un bébé non identifié.

Jusqu'à hier.

- En quoi ça me concerne ? - Arrêtez, April.

L'ADN de la moelle osseuse prouve que c'était votre enfant.

Vous l'avez enveloppé dans cette serviette.

avant de l'enterrer vivant.

J'ignore de quoi vous parlez.

Est-ce qu'il a pleuré, April ?

Avez-vous serré la serviette pour étouffer le bruit ?

Pouviez-vous encore l'entendre, sous toute cette terre ?

Je ne suis pas un monstre.

- Je ne ferais pas de mal à un bébé. - Quelqu'un l'a fait.

C'était Arliss.

Je ne sais pas ce qu'il vous a dit mais c'est faux.

Il a dit qu'il prendrait de lui.

- Je ne pouvais pas savoir. - En êtes-vous sûre ?

Parce qu'on a aussi trouvé un sac poubelle.

On a trouvé tout ce qu'Arliss a décrit. La serviette, le sac.

C'est parce que c'est lui qui a tué mon petit garçon.

Le seul petit problème, April,

c'est que ce ne sont pas ses empreintes, sur le sac.

Devinez lesquelles on a relevées ?

Vous ne savez pas tout au sujet de Lorraine.

Allons, April.

Vous savez bien que c'est terminé.

Vous pouvez soit négocier,

soit tenter votre chance devant le tribunal.

Je ne sais pas.

Je sais être convaincante.

J'espérais que vous diriez ça.

Qu'est-ce qu'elle fait là ?

Je leur ai dit que tu m'as avoué avoir tué ton bébé.

C'est faux.

Je leur ai dit que tu m'as appelée,

terrifiée et désespérée, sollicitant l'aide de ta mère.

Je n'ai jamais fait ça.

Tu sanglotais, rongée par la culpabilité et la honte.

Souviens-toi, April. Je t'ai dit qu'on surmonterait ça,

en famille.

Le jury va adorer mon témoignage.

- Je vais te tuer, sale garce ! - Hé !

Asseyez-vous, April.

Bien joué, Maman.

Qu'est-ce qu'ils t'ont offert ?

Vingt ans.

J'avouerai, si on m'offre une peine moins longue que la sienne.

Non.

Je vais prendre votre déposition.

Ensuite, on verra.

Par où je commence ?

Par le début.

CETTE HISTOIRE EST PUREMENT FICTIVE

Sous-titres : Catherine Dubeau

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