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La pluie tombe.
Grondement du tonnerre
Claquement de talons
Ronflement d'un moteur
Tintement de cloches
Cris d'enfants au loin
Tintement de cloches Claquement de talons
Ayant appris la présence
de Jésus,
elle avait apporté un vase de parfum.
Elle s'agenouilla alors aux pieds de Jésus.
Et tout en pleurs, elle se mit à arroser ses pieds de ses larmes.
Puis elle les essuya avec ses cheveux,
les couvrant de baisers
et les embaumant de parfum.
À cette vue, le pharisien, qui avait convié Jésus,
se dit en lui-même :
"Si cet homme était prophète,
"il saurait qui est cette femme :
"une pécheresse !"
Mais Jésus lui dit :
"Je suis entré dans ta maison,
"et tu n'as pas versé d'eau sur mes pieds.
"Elle, au contraire, m'a arrosé les pieds avec ses larmes
"et les a essuyés avec ses cheveux.
"À cause de cela, ses nombreux péchés lui sont pardonnés
"parce qu'elle a su donner beaucoup d'amour."
Cette femme, c'était Marie-Madeleine.
Le corps du Christ.
Amen.
Musique légère
Gémissement d'effort
Ça, c'est bon.
Grondement du tonnerre
Oh là là...
La pluie tombe.
Sonnerie de portable
- Allô ? - Bonjour, maman.
Bonjour, ma chérie. Ça va ?
Propos indistincts
Oui, bien sûr. Bien sûr.
Et vous arrivez à quelle heure ?
Ah, je vous attends pour déjeuner.
Je viens vous chercher à la gare ?
Ah d'accord, mais... c'est la voiture de Laurent.
Écoute, maman, ça te regarde pas.
- Excuse-moi.
Très bien.
Oui. Allez...
- À demain. - À demain.
Je vous embrasse.
Elle klaxonne.
Aboiements au loin
Je t'attends là.
- Ça va aller. - Oui. Enfin, j'espère.
- Allez, vas-y. Et embrasse-le de ma part.
Bip d'ouverture de porte
- Marie-Claude Perrin.
Merci.
Bonne journée, madame.
Elle soupire.
Michelle ?
Elle renifle.
Merci de m'avoir accompagnée.
Merci.
Tu veux qu'on y retourne quand ?
- Dans dix jours, ça serait bien. - Mmh.
Bien.
Bulletin météo
Cris d'animaux
- Le climat tropical se caractérise par deux saisons :
la saison humide et la saison sèche.
On frappe.
Entre, c'est ouvert.
- Ça va ? - Oui.
- Un petit café ? - Bah oui, si on a le temps.
- T'inquiète, ils arrivent pas avant 13h en voiture.
- Alors si y a des embouteillages... - Ta fille a son permis ?
Bah oui.
- Y a que toi qui l'as pas. - Mmh.
J'ai pas très bien dormi, cette nuit.
Normal, c'est la pleine lune.
- Ah ! Ah oui, c'est peut-être ça, oui.
Merci.
- C'est bien pour les champignons. - Mmh.
Musique douce Michelle chantonne.
- Y aurait bien un petit champignon par là
Musique douce
- Allons par là. La dernière fois, y en avait plein.
Allez.
Respiration forte
Ah ! Tiens, là. Regarde.
Regarde ça.
Ah oui ! Eh ben, c'est du bolet.
- Tu vois ? Oui, c'est du bolet. Petit rire victorieux
Ah, il est beau, celui-là.
Gémissement d'effort
Marie-Claude, viens voir ça.
Hein ?
C'est bon ou c'est pas bon ? Respiration forte
Ah non, c'est une fausse girolle.
Oh, ça, non.
Ah.
Oh !
Efforts
Magnifique, magnifique.
Respirations fortes
Je me dépêche, j'ai ma cuisine à faire.
Oui.
- Tu me raconteras. - Oui.
- Compte sur moi. - Oui.
Il va y avoir de quoi raconter.
Elles rient.
- Bonjour, mesdames. - BONJOUR.
Voilà.
Très bien.
Coups de klaxon
Oh !
Petit rire joyeux
Une voiture approche.
Elle expire.
- Mamie ! - Mon amour !
Mon amour chéri ! Bisous
- Tu vas bien ? - Oui.
- Bonjour. - Je t'embrasse pas, j'ai la crève.
- Ah. - Je vais pas te la transmettre.
- Ça a bien roulé ? - Non, un enfer pour sortir de Paris.
Tiens, Lucas, ton sac.
Je vous ai préparé un bon déjeuner.
- On a mangé des sandwichs sur la route. - Moi, j'ai faim.
- Tant mieux, mon chéri. On va passer des belles vacances.
Éclats de voix au loin
- Avec qui elle parle ? - Avec papa.
- Qu'est-ce qui se passe encore ?
- Ils se disputent pour les vacances à cause de moi.
- Mais non. Écoute, c'est pas toi, le problème.
C'est eux.
- Tu te fous de ma gueule ! - Allez.
On va cuisiner tous les deux.
Tu verras, des bons champignons
tout frais.
- J'aime pas ça. - Mais si.
Tu vas goûter, hein ?
Avec un peu de beurre et de l'ail,
c'est délicieux.
J'aime pas l'ail.
- Tu peux laisser ton téléphone le temps qu'on déjeune ?
- Arrête de me stresser. J'ai assez de problèmes à gérer.
- C'est bon, mon chéri ? - Mmh.
Tiens, tu me passes les champignons ?
Tiens.
- Mmh, ça sent bon. T'as mis de l'ail ? - Oui.
- T'en prends pas ? - Tu m'as coupé l'appétit.
- Excuse-moi, j'ai arrêté de fumer. Je suis sur les nerfs.
T'as pas un peu grossi ?
Je ne crois pas.
- Fais attention. À ton âge, faut faire
de l'exercice. Faut pas se laisser aller.
Au fait, comment va Marie-Claude ?
- Ça dépend des jours, mais mieux. - Et son abruti
de fils, toujours en prison ?
Arrête, Valérie.
Tout le monde a le droit à une seconde chance.
Pas ce connard.
- Écoute, ça n'a jamais été facile pour lui.
Parce que c'était facile pour moi ?
Je comprends pas.
Comment tu peux le défendre ?
Il a fait quoi ?
Rien. Finis ton assiette.
- De la quiche ? Des champignons ? - NON, MERCI.
Elle soupire.
- Au fait, j'ai parlé avec un copain notaire.
Tu devrais me faire une donation de ton vivant
pour éviter les impôts, morte.
- Mamie va mourir ? - Non, je vais très bien.
Tu pourrais mettre la maison à mon nom.
Je croyais que tu ne l'aimais pas.
- C'est pas une question de l'aimer, mais de valeur.
Je pense à l'avenir,
- à Lucas. - Mais...
Je t'ai déjà laissé mon appartement de Paris.
Et alors ?
- Quelqu'un veut du fromage ? - Non, merci.
Je vais chercher le dessert.
Ah non. Moi, j'ai trop mangé.
Moi, j'en veux, mamie.
Je vais le chercher.
Merci, mon chéri.
Vibreur Elle soupire.
Vibreur
Rho !
Jeu vidéo
- Avec ce temps, on peut aller faire une balade.
- Ah ouais, bonne idée. - Pousse-toi.
- Allez-y sans moi. J'ai des coups de fil à passer.
J'ai pris mon ordi, j'ai du travail.
Ça marche bien, internet ?
- Oui, on a la fibre depuis trois mois dans tout le village.
Alléluia.
On va faire quoi, cette semaine ?
Tout ce que tu veux.
Se promener...
On peut lire, regarder des films,
faire des gâteaux...
- J'ai promis de pas aller sur ma tablette.
C'est très bien.
Mais ici, avec moi, t'as le droit de désobéir.
Un peu, hein ?
Si ça reste notre secret.
- Tu joueras avec moi ? - Oui. Tu m'apprendras ?
D'accord.
- Mamie ? - Oui, mon chéri ?
- Tu t'ennuies pas des fois, ici ? - Oh non.
Non.
J'aime vivre près de la nature,
de la rivière, des arbres...
Entendre les chants des oiseaux.
Paris ne me manque pas du tout.
Mais t'es toute seule ici.
Mais non, non !
J'ai ma copine Marie-Claude. Elle est d'ici, tu sais.
Regarde.
Regarde comme c'est beau, la vue.
Musique légère Tintement de cloches
Elle est où, sa maison ?
Euh, là.
Tu vois, là ?
Au-dessus des arbres. Tu la vois ?
Oui.
Mmh, elle est petite.
Oui, mais bon...
Et toi ?
Musique intrigante
T'aimerais vivre ici ?
- Je sais pas. Mais maman voudrait pas.
Ah ça non, oui.
Ta mère a toujours eu horreur de la campagne.
Je peux même plus les compter, tellement y en a.
Rire joyeux
Respiration forte
Allez.
Petit rire
Voilà.
- On va rentrer à la maison. - D'accord.
Elle chantonne.
Musique intrigante
Qu'est-ce qui se passe, là ?
Excusez-moi, qu'est-ce qui se passe ?
- Une femme à intérieur a fait un malaise.
- Oh mon Dieu ! - Vous êtes ?
Je suis la maman. C'est son fils.
- Allez-y, allez-y.
- C'est bon. Vas-y.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Ta fille se sentait pas bien.
- On l'a retrouvée inanimée. - Elle a quoi ?
- On sait pas. On l'emmène à l'hôpital pour voir.
Ça ressemble à quelque chose de toxique.
- Les champignons... - Elle en a mangé ?
Oui, à midi.
- On les a ramassés ce matin. - T'en as mangé aussi ?
Non, j'avais pas très faim.
- Et le petit ? - J'aime pas les champignons.
- On vient avec vous. - Non, à l'hôpital.
D'accord.
- Marie-Claude ! - Ah !
Alors, c'en est où ?
Nulle part. On attend.
Pas à l'approche
Ah, la docteure.
Alors ?
Bon, tout va bien, hein.
On a pu faire un lavage d'estomac.
- Ça va aller. - Tant mieux.
Je m'en veux tellement. C'est moi qui ai cuisiné.
Oui, je sais. Mais ça arrive.
Passez à la gendarmerie pour vous déclarer.
- À la police ? - Oui.
Sinon, c'est eux qui vont débarquer.
On a dû signaler un empoisonnement.
- Forcément, ils ouvrent une enquête. - Oui, bien sûr.
- Tu as besoin de repos. - Non.
Faut que je rentre à Paris.
- Tu es sûre de pouvoir conduire ? - Oui.
Mais tu aurais pu dormir à la maison et repartir demain matin.
- Bon, ça suffit, maman. On rentre.
Comment ça, "on" ?
Je rentre avec Lucas.
- Mais ses vacances avec moi ? - Je te fais plus confiance.
Mais... c'était un accident.
J'ai failli mourir, maman.
Nous aussi, on aurait pu mourir.
Non, t'en as pas mangé, toi.
Tu savais que Lucas n'aimait pas ça. Tu m'as empoisonnée.
- T'es toxique. - Quoi ?
- Volontairement ou involontairement, tu es dangereuse.
Je te laisse pas mon fils.
Je veux rester avec mamie.
Non, on rentre à Paris.
- Mais mes vacances ? - On s'arrangera avec ton père.
- Je vous ai fait des sandwichs. - Pff.
C'est pas de ça dont on a besoin.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ça serait bien que tu me vires 500 euros.
Ça m'arrangerait pour la fin du mois.
- Tiens, mon chéri. - Merci, mamie.
- Ah, et profites-en pour faire des examens.
À ton âge, mieux vaut prévenir.
Elle démarre.
Musique triste
Sanglots
Valérie renifle.
Elle tousse puis se racle la gorge.
Elle tapote.
Alors ?
- Valérie n'a pas porté plainte. - Il manquerait plus que ça.
- Tu veux un café ? - Non, merci. Non.
Et ils ont parlé d'avant ?
Non. Ils ont rien dit, non.
- Tu sais, je m'en veux. J'aurais dû vérifier tes champignons.
- C'est horrible. Valérie croit que j'ai vraiment voulu la tuer.
- Avec ta fille, c'est toujours de ta faute.
- Ne plus voir Lucas, ça me ferait tellement de mal.
On ouvre la porte. Babillages
On ferme la porte.
Oh !
Ben, qu'est-ce que tu fais là, toi ?
Elle est où, ta maman ?
- Hein ? - Elle est là-bas.
- Tu veux aller là-bas ? - Oui.
Propos indistincts
Tintement au loin
- Michelle ? Gémissement
Tintement au loin
Oh !
Michelle ?
Grincement
Oui ?
- Je te réveille pas ? - Mais non.
Non, j'arrive. J'arrive.
Ah, je suis tellement contente.
Il va devoir trouver du travail.
S'il arrive à se réinsérer rapidement,
sa peine pourrait être diminuée.
- C'est bien. - Oui.
- Mais trouver du travail dans le coin, ça va être difficile.
L'important, c'est qu'il sorte,
- qu'il se remette dans le droit chemin. - Mmh.
Tonalité d'appel
Elle soupire.
- Bonjour. Vous êtes bien sur le répondeur de Valérie...
Elle soupire.
Bip d'ouverture de porte
Ah, mon fils !
Qu'est-ce que je suis contente !
- T'es contente, c'est vrai ? - Je suis contente !
Petit rire joyeux
- C'est pas lourd. - Oui, ça va.
- Au revoir, les surveillants. - AU REVOIR.
- Au revoir. - Au revoir.
- J'ai de la chance, il fait beau. C'est bien.
- Ça va ? - Oui. Et toi ?
Oui ! Michelle nous attend.
Oh, putain, Michelle.
Petit rire Toujours aussi pimpante, si mignonne.
- Bonjour, mon grand. - Bonjour.
- Ça fait plaisir. - C'est gentil de venir.
Oh, c'est bien normal.
- Allez. - Allez.
- Je t'aide ? - Ça va, c'est pas lourd.
Bon allez, vite, en voiture.
- Avant qu'ils changent d'avis. - Ça me manquait.
Elles rient.
Il tousse.
- Au resto, qu'est-ce qui te ferait plaisir ?
- Tout me va. La bouffe est tellement dégueulasse là-bas.
- Elle rit. - On pourrait aller à La Beursaudière.
- Oui, c'est très bon. Mais c'est pas donné.
- C'est moi qui invite. - C'est gentil.
Tant qu'il y a pas de champignons, ça me va.
Léger brouhaha
Putain, c'est bon, hein.
- À ta liberté, mon chéri. - Mmh...
Merci, ma petite maman.
Michelle.
À la santé.
- Et à la fin des bêtises. - Ouais.
Fini, finito.
- Quelqu'un veut un dessert ? - Ah oui !
S'il vous plaît, la carte des desserts.
- C'est quoi, tes projets ? - Bah...
On m'a proposé ce boulot de magasinier à Auxerre.
- Madame. - Mais bon, Auxerre, quoi...
Tu peux trouver à te loger.
- Oui, je pourrais. - Mais qu'est-ce que t'aimerais faire ?
- Bah, moi, idéalement, ça serait de rester dans le coin
et d'ouvrir un petit bar-tabac.
- Ça serait... - Faut les moyens pour un commerce.
Ah, je sais bien.
- Vous avez fait votre choix ? - Non.
Y a des profiteroles, maman !
- Michelle, y a des profiteroles. - Oui, des profiteroles.
- Michelle ? - Juste un café pour moi.
- Un café et deux profiteroles. - Super. Je vous rapporte ça.
- Merci. - Merci.
- Si ça te dit, tu peux travailler pour moi.
- Comment ça ? - Ben, le jardin est grand.
J'ai laissé le potager un peu en friche. Y a du travail.
Y a le bois à couper, y a des rangements.
- Bah, pourquoi pas ! Enfin moi, carrément.
15 euros de l'heure, au black ?
Nickel, ça me va parfait.
Merci, Michelle.
Musique légère
Alors...
J'aimerais que tu coupes du bois
pour que j'en aie jusqu'à la fin de l'hiver.
- Oui. - Là,
tu vas trouver tous les outils dont t'as besoin.
Et viens voir le potager. Y a de quoi faire.
- J'avais pas le courage. - Ah ouais.
Alors,
tu vas commencer par...
désherber tout ce carré-là, hein.
Entre les plantes.
Et puis, après,
tu m'enlèveras les courges, puis t'iras les ranger dans l'appentis.
- Et puis ensuite, tu retournes tout ça. - OK.
Allez.
Gémissement d'effort
Il soupire.
(Michelle.)
Petits rires Je viens de terminer, là.
Ah, très bien.
Je te paye maintenant ?
- Ouais, je veux bien. Je vais voir des potes ce soir.
Alors, ça fait combien d'heures ?
- J'ai commencé vers 14h. Ça fait 3 heures, 3 heures 30.
D'accord.
J'arrondis à 4.
Voilà.
Tiens.
Voilà.
- Nickel. Eh bah demain, on se dit pareil ?
- Demain. - Allez.
Ah ben c'est bien.
C'est bien.
Elle continue à sangloter.
- Bip - Merci.
Voilà.
Brouhaha de la rue
- Bonjour, madame. - Bonjour.
- Excusez-moi. Le code a changé ? - Oui.
Vous pourriez m'ouvrir ?
- Vous allez où ? - Chez ma fille, au 6e.
J'habitais là avant.
- Vous pouvez pas l'appeler ? - Je voudrais lui faire la surprise.
Merci, madame.
Bip d'ouverture de porte
Pas à l'approche
Bonjour.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Comme tu ne réponds pas, je suis venue. Tu me laisses entrer ?
Télévision
Mais toi, tu lui as dit quoi ?
- Que j'avais plus que quelques années à vivre,
que je voulais que ça se passe bien entre nous, et...
voir mon petit-fils.
- Il était là ? - Non, il était à l'école.
- Et te le confier pour les prochaines vacances ?
- Non. Petit rire jaune
Elle a parlé de l'envoyer une année chez son père à Dubaï.
T'en as parlé à Laurent ?
Il veut pas s'en mêler.
Pour pas envenimer les choses avec leur divorce.
- Renseigne-toi auprès d'un avocat.
On a pas droit de t'empêcher de voir ton petit-fils.
- Avec l'histoire des champignons, j'ai aucune chance.
Tu te rends compte, je lui ai laissé
l'appartement de Paris,
je lui ai fait ses virements,
j'ai pris rendez-vous chez le notaire pour la maison...
Même pas un merci, rien.
Pour elle,
je dois payer.
Je suis bonne qu'à ça.
Dire qu'on s'est fait
casser le cul pour nos gosses, et voilà le résultat.
Oh, dis pas ça.
- Pardon, mais ça m'énerve. Il tousse.
Oui ?
T'étais là.
- Bonsoir. - Bonsoir, Vincent.
Je vais voir des potes, je sors.
Quels potes ?
- On se voit demain, Michelle ? - À demain.
Allez, à demain.
Vincent ouvre la porte.
- Elle soupire. - C'est horrible à dire,
mais avec nos gosses,
on a tout raté.
Petit rire jaune Santé.
À la tienne, ma poule.
Musique étouffée
Elle soupire.
Gémissement d'effort
Elle souffle.
- Tiens. - Ça va, Michelle ?
- Tu pourras déposer ça à la déchetterie ? J'en ai plus besoin.
- C'est quoi ? Oh non, non, Michelle !
- Je peux pas faire ça. - Pourquoi ?
Ben parce que, enfin...
- Tu vas le revoir, ton petit-fils. - Non.
Non, ça me fait trop de mal. Je préfère m'en débarrasser.
- Non mais Michelle... - Écoute... Hein !
Tu en fais ce que tu veux, je veux plus les voir. C'est clair ?
Il souffle.
Mélodie joyeuse
- Je vous prescris des antidépresseurs, mais il faut surtout vous occuper.
Vous investir dans une activité qui vous plaît.
J'ai envie de rien.
- À la mairie, ils ont besoin de bénévoles.
Vous pourriez aider.
Ou à l'église, au catéchisme.
Au catéchisme ? Vous voulez rire ?
Pardon.
De toute façon,
depuis que je vois plus mon petit-fils,
j'ai du mal avec les enfants.
J'ai peur de devenir sénile.
Pourquoi vous dites ça ?
Vous avez des absences ?
Je sais pas.
C'est depuis...
l'histoire des champignons avec ma fille.
- Ce qui vous est arrivé aurait pu arriver à n'importe qui, vous le savez.
- Oui, mais ça ne m'était jamais arrivé avant.
- La prochaine fois, vous ferez plus attention.
Non, j'irai plus aux champignons.
Il rit.
- Vous n'avez pas à culpabiliser ou à vous punir pour cet incident.
C'était pas prémédité.
N'est-ce pas ?
Euh...
Je ne sais plus.
Sonnerie de portable
Allô ?
- Marie-Claude ?
Michelle ?
Il est arrivé quelque chose ?
- Pas du tout. - Une heure que j'attends Vincent.
- Il s'est levé très tôt. Je l'ai même pas entendu.
Et il a encore oublié son téléphone à la maison.
Mais on devait déménager le garage.
- T'es sûre que c'était aujourd'hui ? - Oui.
- Il a dû aller à Auxerre. Il passera plus tard.
- Oui, c'est peut-être ça.
Bon, j'ai dû oublier. Excusez-moi.
- C'est pas grave. - Je t'embrasse.
Moi aussi, je t'embrasse.
Elle soupire.
Éclats de voix au loin
Oui, bonjour. C'est pour quoi ?
- Euh, bah tu me reconnais pas ? - Non.
- Je suis le fils à Marie-Claude
Ah.
- Mais t'étais pas en... - Non, je suis sorti.
- Ça fait tellement longtemps. - C'est fou, hein.
Je peux entrer ?
Euh... Oui.
Ouais, je sais, c'est moche.
C'est les meubles de ma mère. Faut que je m'en débarrasse.
- Du sucre ? - Non.
Bon...
Alors, qu'est-ce que tu fais à Paris ?
Euh, je suis venu te voir.
Moi ?
Ouais.
Parce que je... Pour te parler de Michelle.
- C'est quoi, cette histoire ? C'est elle qui t'envoie ?
- Non, c'est pas elle qui m'envoie, mais...
c'est juste que ta mère, elle est triste
et tu lui fais du mal, quoi.
- Rire jaune - Moi, je lui fais du mal ?
- C'est une blague ? - Attends, tu déconnes ?
C'est dégueulasse, ce que tu fais.
Tu peux pas faire ça à ta mère. Sans elle, tu serais pas là.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
De quoi tu te mêles ?
Et t'es qui
- pour me faire la morale ? - On s'en fout de qui je suis.
Ce que je sais, c'est que c'est une femme bien.
Tu peux pas la traiter comme ça.
Attends, je comprends pas.
C'est quoi exactement, ton lien avec ma mère ?
Tu peux me dire ?
Parce qu'on connaît son putain de passé.
Ta mère aussi. Elles bossaient ensemble.
Ça t'a pas dérangé leurs petites histoires ?
Moi, si.
Tu vois pas qu'elles nous ont bousillés ?
Toi, tu sors de prison
et moi, je suis malheureuse à m'en jeter par la fenêtre.
Elle me dégoûte, si tu veux savoir.
Elle me donne envie
de dégueuler.
- Tu peux pas parler comme ça de ta mère. - Ah ouais ?
Comment il faut parler de sa petite maman chérie ?
Comme d'une sainte ?
Je fais fumer une clope, ça va me calmer.
Sonnerie de portable
Rho !
Allô, oui ? Oui ?
Ah ! Bonjour, Laurent. Bonjour.
Quoi ?
C'est... C'est pas possible.
Mais comment c'est arrivé ?
Et Lucas ?
Oui.
Oui, oui.
Gémissement
Très bien. Oui.
Demain.
Vous... Vous me téléphonez.
D'accord, d'accord.
J'a... J'attends.
Un portable sonne.
Il expire.
Il renifle.
Il se racle la gorge puis renifle.
Il expire.
Un autre portable sonne.
Ah beh t'es rentré !
T'aurais pu prévenir, hein.
Michelle s'est inquiétée.
T'étais où ?
Vincent, qu'est-ce qui t'arrive ?
Hein ? Non, rien, rien.
- Qu'est-ce que t'as fait ?
- Il soupire. - Rien.
T'étais où ?
Je suis allé à Paris.
À Paris ? Pour quoi faire ?
Il rit légèrement.
- Pour aller voir la fille à Michelle. - Et pourquoi ?
Pour lui parler, pour que...
qu'elle arrête ses conneries avec sa mère.
De quoi tu te mêles, Vincent ?
Écoute, Michelle était pas bien.
J'ai essayé d'arranger les choses.
J'ai essayé de discuter, voilà.
Et...
- Euh... - Et quoi ?
- Et... Il souffle.
Elle est tombée.
- Tombée ? - Elle est tombée du balcon, cette conne.
C'est pas vrai ? C'est pas vrai ?
Non mais c'est un accident.
- Un accident ? - On était sur le balcon.
Elle a commencé à me prendre la tête,
- à m'énerver et... - Tu l'as poussée ?
- Non, je l'ai pas poussée ! C'est un accident.
- La fille de ma meilleure amie !
- Elle sanglote. - Mais non, maman, pleure pas, putain.
- Michelle est au courant ? - Ouais.
Elle a appelé plein de fois. Pleurs pas.
- C'est pas possible... - Maman...
C'est pas possible...
Sonnerie de portable
Tu fais quoi ? Tu vas lui dire ?
Tu vas lui répondre ?
Hé, maman... Maman.
Je peux pas retourner en prison. Je peux pas.
Maman...
Allô, Michelle ?
Oui ?
- Capitaine ? - Faites-la entrer.
- Je vous en prie. - Pardon, monsieur.
Valérie était en plein divorce.
Elle avait des problèmes dans son travail.
Des ennuis d'argent.
Et puis...
Oui ?
- Je n'étais pas la mère qu'elle aurait voulue.
Ça, vous savez, c'est classique.
Oui, mais...
Je suis une ancienne prostituée.
Ma fille ne l'a jamais supporté ni accepté.
Elle soupire.
Je comprends.
Vous pensez qu'elle aurait pu se suicider ?
Je ne sais pas.
C'est possible.
Elle était très instable.
Des messages, ces derniers jours ?
Non.
- Vous connaissez quelqu'un qui aurait pu lui en vouloir ?
Je ne crois pas.
Très bien.
Je vais voir avec le procureur pour l'autopsie.
Alors, avant de prendre une décision,
accompagnez-nous dans son appartement,
pour voir si quelque chose vous semble anormal.
C'est pour bientôt ?
Encore trois mois.
- Un garçon ? Une fille ? - Ah, je veux pas savoir.
Et le papa ?
Y a pas de papa.
- Pardon. - Non, c'est rien.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
Alors ?
- Pas de trace d'effraction, pas de trace de lutte.
- Y a même encore une tasse pleine. - On a vérifié.
Rien de particulier, les empreintes de la victime.
- C'est là ? - Ouais.
Y a un panier avec un paquet de cigarettes.
Faut monter sur l'escabeau.
Pour moi, elle est montée pour une cigarette et elle a glissé.
- Et il est où, le corps, par rapport à ici ?
- Il était à l'aplomb. Gémissement
Ça va ?
Oui, oui.
- Pour moi, ça ne fait aucun doute. Elle tombe là.
Ah oui.
On va demander le permis d'inhumer.
- Pas d'autopsie ? - Non, pas la peine.
Très bien.
J'ai juste...
- une dernière petite question. - Oui ?
- Vous êtes encore en lien avec le milieu de la prostitution ?
Non, c'est fini. Je suis en retraite.
Depuis quand ?
Depuis...
avant la naissance de mon petit-fils.
Discussion indistincte au loin
On sonne.
- Bonjour. - Bonjour.
Laurent...
Respiration forte Elle renifle.
Respiration forte
Venez.
Vous êtes arrivée ce matin ?
Oui.
Vous savez, Michelle,
avec Valérie, on s'aimait.
Mais on s'aimait mal.
Je m'en veux.
Vous n'y pouviez rien, Laurent.
On aurait jamais dû se quitter.
Ça n'aurait rien changé.
On s'était engueulés le matin même.
Pourquoi ?
Lucas, comme d'habitude.
- Excusez-moi, je suis désolée,
vous devez sortir. L'appartement reste sous scellés,
maintenant.
Oui.
On ouvre la porte.
Regarde.
Y a un grand désert.
Y a des piscines.
Brouhaha
Y a des gratte-ciel. Puis là, tiens, regarde.
Mon bureau est juste là.
C'est bien, non ?
- Mmh ? - Ouais.
- Tu vas être bien, là-bas.
Il fait toujours beau. Il fait toujours chaud.
Puis y a même une école française.
- Tu pourras te faire plein de copains. - Non.
Non, quoi ?
Je veux pas y aller.
- Tu peux pas rester ici tout seul, mon chéri.
Musique mélancolique
Allez, debout ! Debout, debout.
Gémissements Tu vas être en retard à l'école.
Allez.
Allez, viens, mon petit bonhomme. Courage, courage.
Oh là là.
Bisou
Mon petit chéri.
Le petit déjeuner est prêt.
Il bâille.
À quoi tu penses ?
À rien.
Ils t'appellent encore "le parigot" ?
Des fois.
Faut pas te laisser faire.
Mmh.
Cris d'enfants
Bon, alors...
- Je passerai te chercher. - Je prendrai le car.
- T'es sûr ? - Mais oui, comme les autres.
Bon, d'accord.
Allez, à ce soir. Travaille bien.
Bonjour, madame.
Musique dramatique
Lucas va bien, tu sais.
Au début, ça a été dur. Mais maintenant, ça va.
Maman, c'est toi qui m'as tuée.
- Comment tu peux dire une chose pareille ?
Personne ne t'a tuée.
La police a dit que c'était un accident.
Un accident ?
Oui.
Un suicide, si tu préfères.
C'est toi qui préfères.
Tu étais tellement malheureuse.
Avec ton divorce, tous tes ennuis...
Tu as eu ce que tu voulais.
Non.
Si.
Mon fils.
Musique dramatique
Comment ça va, Lucas ?
Il s'adapte.
C'est pas trop dur pour lui ?
Je suis là.
Toi, en tout cas, ça va ?
Tu sais, quand je repense à Valérie,
j'entends ses reproches, sa colère.
Au fond, je suis soulagée qu'elle soit partie.
Je me sens même pas coupable.
T... Tu me donnes une cigarette ?
Merci.
Ton fils, il va bien ?
- J'ai peur qu'il ait repris ses trafics, ses conneries.
Mais non, il est sérieux maintenant.
- Il a ses projets. - Et tu expliques comment
l'argent pour son bar-tabac ?
T'es au courant de quelque chose ?
Il t'a rien dit ?
Ben non. Quoi ?
C'est moi qui lui ai donné l'argent.
- Quoi ? - Il me remboursera plus tard.
C'est pour l'aider à démarrer.
Mais pourquoi tu l'as aidé ?
- Bah, je l'aime bien, ton fils. Il m'a rendu service.
Respiration forte
Qu'est-ce qui t'arrive ?
J'espère qu'à cause de toi,
il retournera pas en taule.
Elle souffle.
Marie-Claude gémit.
Respiration forte
- Marie-Claude !
Marie-Claude !
Marie-Claude...
Léger brouhaha
Alors, comment ça va ?
- Ils la gardent en observation pour la nuit.
- Elle s'est cassé quelque chose ? - Non, elle s'est rien cassé, mais...
Faut qu'elle fasse des examens.
- Quoi ? - Ouais, je crois que c'est grave.
Il renifle.
- Pourquoi ne rien dire pour l'argent ? - Pourquoi je lui aurais dit ?
- Je crois que ça l'a contrariée. - Ah ouais ?
Léger brouhaha
- Bon, Lucas va m'attendre. - Mmh. Il va comment, d'ailleurs ?
- Bien. Pourquoi ? - Sa mère est morte.
- Tu me tiens au courant ? - Oui.
Lucas !
Écoulement d'eau de la douche
Elle frappe. Lucas !
Ça fait plus d'une heure. Qu'est-ce que tu fais ?
Rien !
Alors viens dîner.
Ben dis donc, t'es pas causant, ce soir.
Mmh.
Tu sais,
j'ai vu ton front, t'as un bleu. C'est pas la peine
de me le cacher.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Vous vous êtes battus ?
Ils t'ont tapé ?
J'ai plus faim.
Je vais dans ma chambre.
Il monte les escaliers.
- Qu'est-ce que tu regardes ?
C'est des vieilles photos.
- À l'école, ils disent que t'es une pute.
Qui dit ça ?
Les grands du collège.
Eh bien,
c'était vrai.
À Paris, j'ai fait ça plusieurs années.
T'étais pas obligée.
Des fois si, t'es obligé.
On t'oblige.
Tu me dégoûtes.
Je comprends.
Mais...
c'était un moyen de survivre.
Pour que ta mère soit bien élevée et ne manque de rien.
C'est pas un métier comme un autre, mais...
c'était le mien.
- C'est pour ça que maman était fâchée contre toi ?
Oui.
Je lui ai toujours fait honte.
C'est dur pour les enfants.
Maintenant, c'est du passé.
Ce qui compte, c'est nous.
Toi, surtout.
Je suis là pour t'aider.
Pour que tout se passe bien.
Que tu sois heureux.
Tu ressembles à maman.
Musique à l'accordéon Brouhaha de la rue
- Ah, Michelle ! C'est cool, t'as pu venir.
Bah, bien sûr.
- Y a maman à l'intérieur. Elle a pu venir.
- Ils l'ont laissée sortir ? - Oui.
Bon, je vais l'embrasser.
- Ça va ? - Ouais.
- Belle casquette. - Merci.
- Assieds-toi.
- Bonsoir. - BONSOIR.
- Marie-Claude !
Mais dis donc, t'es en forme, toi !
Je me suis maquillée.
C'est bien, cet endroit, hein ?
C'est beau, ce qu'il a fait.
Ça va être que des emmerdes, ce bar.
- Oh ! Pourquoi t'es défaitiste comme ça ?
Fais confiance à ton fils. Hein ?
Il va y arriver.
- Bonsoir, Michelle. - Bonsoir.
- Demain, faut que j'y retourne. - T'as encore des examens ?
Oui.
T'es inquiète ?
Non, fataliste.
Musique rythmée Brouhaha animé
- Ça va, Michelle ? Ça va, on se marre bien ?
Ça va ?
Ah ouais ? Racontez-moi.
- Tu veux danser avec moi ? - Oui, d'accord.
- Petit cri - Viens, Michelle. Viens !
Michelle rit.
Brouhaha animé
"Aimons-nous vivants" (François Valéry)
Ils chantent.
Brouhaha animé C'est vrai
On ne peut pas changer le monde
Je sais
Mais c'est bon d'y croire une seconde
Aimons-nous vivants
Maintenant
Oh, quand même !
- Elle danse bien, ta grand-mère. - Mmh.
Tu la connais depuis quand ?
- Oh, on se connaît depuis longtemps, à Paris.
Tu faisais comme elle ?
- T'enlèves pas ta casquette ? - Laisse-moi.
- Pardon, excuse-moi.
- Regarde la vieille, la pute. Regarde la pute.
Regarde, t'as vu la blondasse.
- Hé, qu'est-ce que tu racontes ? - Oh, qu'est-ce qu'il y a ?
Dispute
Vincent !
Vincent !
Ça suffit, arrêtez ! Vincent !
On s'en fout !
- Moi, je te fume ! Casse-toi de là !
Il changera jamais.
En avant la musique !
Cris de joie
Elle soupire.
- Hello, hello, Vincent. - Oh, Michelle.
Ça va ?
Oui !
Allez, va pour un petit blanc.
- T'as fermé tard ? - Ouais.
Mais ça sera pas la fiesta tous les soirs, je te rassure.
- C'était bien que Marie-Claude soit là. - Ouais, c'était bien.
Après, Marie-Claude, ça va pas fort.
- À la nôtre. - Hin.
Faut pas qu'elle se laisse abattre.
Je la sens rongée, mais elle ne me dit rien.
- Vincent ? - Ouais ?
J'aurais besoin...
De quoi ?
Que tu me rendes un nouveau service.
Sonnerie
Cris d'enfants
- Ça va, loulou ? - Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je viens te chercher. Michelle m'a dit que des enfants te faisaient chier.
Ceux près de la grille ?
Non, pas eux.
- C'est qui ? Dis-moi.
- Ceux là-bas, à droite. Les grands du collège.
- Ceux là-bas ? OK, ça marche.
Tu m'attends au bus. Je te rejoins.
- D'accord. - À tout à l'heure.
Tu leur as dit quoi ?
Que je sortais de prison.
- C'est vrai ? - Ouais.
Après, j'en suis pas fier. C'est pas bien, la prison.
Mais ça fait de l'effet, tu verras.
Et tu leur as montré quoi ?
Euh...
Ça.
Touche pas.
- Tu le reconnais pas ? - Hein ?
Non, tu le reconnais pas.
Ta petite tête, là.
Ils rient.
Pourquoi Vincent a été en prison ?
- Pardon ? - Pourquoi Vincent a été en prison ?
Oh !
Des bêtises quand il était jeune.
Il a tué quelqu'un ?
Mais non.
Pourquoi tu me dis ça ?
Les gens qui vont en prison ont tué.
Non, pas toujours. Heureusement.
Tiens, donne-moi ton assiette.
Pourquoi il a pas de femme ?
Elle souffle.
Ça, je ne sais pas, hein.
Comme il vit chez sa mère, peut-être que c'est compliqué.
Tu lui demanderas.
- Mmh. - Hein ?
- À l'école, ça se passe bien ? - Oui, ça va.
T'as de bonnes notes ?
Ouais. C'est moins dur qu'à Paris.
- Il faut pas te laisser aller quand même. Faut travailler.
Ne vous inquiétez pas, Laurent.
Lucas travaille très bien. Il est très sérieux.
D'accord. Ça te plaît,
- la campagne, alors ? - Oui, c'est bien.
- L'année prochaine, tu viendras avec moi ?
On verra.
Ça sera super.
Ne vous inquiétez pas.
Il viendra, Laurent.
Merci, Michelle.
Vincent ?
Ça va ?
Il renifle.
Mamie gâteau.
Petit rire
Te moque pas.
J'ai fait celui que t'aimais.
- C'est gentil, mais j'ai de moins en moins faim.
- Faut te forcer. Faut pas te laisser abattre.
C'est trop tard, Michelle.
- Mais non, y a... Y a toujours de l'espoir.
- Le cancer est partout, dans tout mon corps.
- C'est ce qu'ils t'ont dit ? - Je leur ai demandé la vérité.
Je préfère.
Mais y a bien un traitement ?
Trop lourd. Ça servirait à rien.
Il faut que je te dise une chose avant de partir, Michelle.
Tu crois que j'ai été une mauvaise mère ?
Qu'à cause de moi, Vincent a fait ces conneries ?
Non.
On a fait comme on a pu.
Et puis maintenant, il va bien, ton fils.
Il est sérieux avec son bar-tabac.
- Promets-moi de veiller sur lui.
Je te le promets.
Respiration sifflante
Tu sais,
le jour de la mort de Valérie,
Vincent,
il était pas à Auxerre.
Il était à Paris.
Respiration forte
Vincent veut faire le bien, mais il fait toujours le mal.
L'important,
c'est qu'il veuille faire le bien.
Mmh.
Musique légère Bisous
- Sire, répond l'Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère...
Qu'elle considère...
- Qu'elle considère que je me vas désaltérant.
- Qu'elle considère que je me vas désaltérant
Dans le courant, Plus de vingt pas au-dessous d'Elle
Et que par conséquent, en aucune façon, Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et de moi, je sais que tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. - Je n'en ai point.
Musique intrigante Sonnerie de portable
Allô ?
Oui, Vincent ? Oui, oui.
Musique triste
Oh non...
Quand ?
Oh mon Dieu...
Elle a souffert ?
Oui, oui. Oui, oui.
D'accord.
Je t'embrasse fort.
Je passe tout à l'heure. Je passe... Oui.
Elle renifle.
Respiration forte
T'es triste ?
C'était ma meilleure amie.
Ma sœur.
Musique triste Elle sanglote.
Tintement de cloches
Léger brouhaha
Elle renifle.
- C'est qui ? - C'est des copines.
Musique à l'orgue
- Il est où, Vincent ? - Il fumait dehors.
Bah va le chercher.
Allez.
Vincent ?
Vincent ?
Vincent pleure.
- Ça a commencé. Ils t'attendent. - Non mais je peux pas.
- Tu sais, Vincent, moi, quand ma mère est morte,
j'étais à l'enterrement.
Tu saignes.
Non, je me suis cogné.
Tiens.
Tiens.
Il renifle.
Vincent pleure.
Attends, attends.
Oh, putain.
Allez, c'est bon.
- La vie de Marie-Claude
a eu des lumières et des ombres.
Mais nous ne la jugeons pas.
Parce que Dieu ne le fait pas,
- Lui qui nous connaît parfaitement. - Assieds-toi là.
- Devant Lui, nous sommes comme un livre ouvert,
et il n'a qu'une pensée :
nous sauver.
Les mots de notre prière aujourd'hui seront donc empreints
de tous les souvenirs
qui nous reviennent en mémoire lorsque nous pensons à Marie-Claude.
Musique mélancolique
Elle renifle.
Soupir
Pas à l'approche
Tu vois, je viens te voir.
J'ai trouvé les fleurs que tu aimais. Les mêmes
que sur ton balcon.
Grincement de la grille
Pas à l'approche
Bonjour.
Bonjour.
- On m'a dit que je pourrais vous trouver ici.
Est-ce que je peux vous parler ?
Bien sûr. Vous voulez qu'on aille
au bar-tabac ?
Non, c'est pas une bonne idée.
- Ah. - Je préférerais chez vous.
Très bien.
- Alors ça y est, vous avez accouché ? - Oui.
- Une petite fille. - Merveilleux.
- Elle s'appelle comment ? - Ève.
- Les premières années avec ma fille ont été merveilleuses.
On était en communion totale.
C'est après que ça s'est dégradé.
Votre fille, elle avait un père ?
Bien sûr.
Mais il ne s'est jamais occupé d'elle.
Il nous a juste donné de l'argent, trop tard.
L'argent, c'est pas de l'amour. Ça suffit jamais.
- Asseyez-vous. - Merci.
Je suis venue car j'ai des doutes sur la mort de Valérie.
Comment ça ?
- Je ne suis pas certaine qu'il s'agisse d'un accident,
ni même d'un suicide.
J'ai peur qu'il s'agisse d'un meurtre.
C'est à cause des champignons ?
Non.
Ce n'est pas vous que je soupçonne.
Alors qui ?
- Le fils de votre amie Marie-Claude Perrin.
Vincent ?
Pourquoi lui ?
- On m'a transmis des courriers anonymes.
Et puis vous connaissez son passé.
Il a fait de la prison.
Où il se trouvait, le jour de la mort de Valérie ?
Je me souviens.
Vincent était ici.
Oui, il travaillait dans le jardin
quand j'ai reçu le coup de fil de mon beau-fils, Laurent,
qui m'a annoncé pour Valérie.
Vous êtes sûre ?
Oui.
Vous voulez du café ?
Non, merci.
D'ailleurs,
son téléphone dit quoi ?
Qu'il était à Paris ?
Non, il bornait ici, effectivement.
Mais il a pu le laisser volontairement.
Non.
Les jeunes ne se déplacent jamais sans leur téléphone.
Il n'est pas si jeune.
C'est bien vous qui l'avez financé quand il a ouvert son bar-tabac
après la mort de votre fille ?
Oui.
Je lui ai avancé de l'argent.
Il vous a remboursé ?
Pas encore.
Mais j'ai confiance.
C'est un beau cadeau.
Vous savez,
Vincent n'a pas eu une vie facile.
Et il est un peu...
comme un fils, pour moi.
Avec sa mère, nous étions très proches.
C'est elle qui m'avait demandé de l'aider.
- On ouvre la porte. - Mamie ?
Oh !
- Ça va, mon chéri ? - Oui.
- Ça s'est bien passé ? - Oui.
- Je vous présente mon petit-fils, Lucas.
- Bonjour. - Bonjour.
- Il vit avec moi. Son père vit à l'étranger.
Bonjour.
- Et Vincent, le fils de Marie-Claude. - Bonjour. Je vous avais reconnu.
Ah.
Et vous êtes ?
- La dame de la police à Paris. - Oui.
Elle est là pour l'enquête sur Valérie.
Ça vous dérange si j'interroge Lucas ?
Non.
Tu viens ?
- On va dehors ? - D'accord.
Elle ouvre la porte.
- On va aux balançoires ? - Oui.
Elle ferme la porte.
- Il est beau, ce jardin. - Mmh.
- Tu te plais ici ? - Oui, beaucoup.
- Avec ta mamie, ça se passe bien ? - Oui.
Et Vincent, tu le vois souvent ?
- Oui, il vient me chercher à l'école et on joue au foot.
Mmh !
Il est gentil avec toi ?
Ben oui.
- Dans l'immeuble où t'habitais avant,
y avait une caméra dans l'entrée.
En me replongeant dans le dossier de ta maman,
j'ai retrouvé les photos des gens qui sont entrés
avant son accident.
On voit les habitants de l'immeuble qui rentrent.
Et y en a une où c'est toi qu'on voit.
T'as vu ? C'est toi, là.
Et là, tu tiens la porte à un homme.
On peut pas voir son visage. Il porte une capuche.
Tu t'en souviens ?
Oui.
Tu le connaissais, cet homme ?
Est-ce que ça pourrait être Vincent ?
Non, c'était pas lui.
T'en es sûr ?
Oui.
Il soupire.
On ouvre la porte.
- Vincent ? - Oui ?
- On va jouer au foot ? - Allez.
Je peux y aller ?
- Allez-y.
Il ferme la porte.
- Ça va ? - Très bien.
- Il vous a bien répondu ? - Oui.
- Avec la mort de sa mère, il a... - Je sais.
- J'ai fait un gâteau pour mon petit-fils.
Vous en voulez ?
Volontiers.
Musique dramatique
Propos indistincts
Ouverture automatique de la porte
- Ça va ? - Ça va, et toi ?
Depuis le temps ? Ça fait longtemps.
Bah, viens. On s'embrasse.
- Tu veux que je prenne ton sac ? - Ça va.
Non, c'est bon ?
Y a la voiture sur le parking là-bas. Viens.
- T'as fait bon voyage ? - Oui, oui.
Ouais ?
Et ça se passe comment sinon Paris, la fac, tout ça ?
- Ça se passe bien. - Ouais ?
J'ai trouvé une chambre de bonne.
Ah bah c'est bien, ça.
Et t'étudies quoi, à la fac ?
Histoire de l'art.
- Oh putain, c'est quoi ? C'est pour quoi faire ?
- Il rit. - Je sais pas encore.
Tu sais pas encore ?
Pas encore.
T'as une petite meuf ?
- Non. - Non ?
Petit rire
- Et toi, toujours pas marié ? - Je crois pas.
- Mamie ! - Oh, mon Lucas !
Mais quel bonheur !
Viens là.
Oh !
Allez, rentre vite. Ne prends pas froid.
- Tu déjeunes avec nous ? - Je veux bien.
- Bon, allez. Ferme la barrière derrière toi.
Il soupire.
Discussion indistincte au loin
Petit rire
Mmh, putain, c'est bon.
Elle est bonne, la quiche.
Je peux en avoir d'autres ?
Désolée, des champignons en boîte.
Non, c'est bon.
- T'aimes les champignons, maintenant ? - J'ai toujours aimé ça.
Ah ?
- Ça marche toujours, ton bar ? - Ouais.
Avec tous les Parisiens qui viennent, ça ramène du monde.
Tu veux passer au cimetière ?
T'es pas obligé, tu sais.
J'y suis passée hier.
La tombe de ta mère est propre.
J'ai posé des fleurs.
Je sais pas.
- Moi non plus, j'aime pas trop y aller, t'inquiète.
Je préférerais qu'on aille se promener.
Comme avant ?
Oui.
- J'ai fait un gâteau. Vous en voulez ? - Carrément, ouais.
- Ouais. - Je vais aller chercher ça.
Non, attends. Je vais le chercher.
Merci, mon chéri.
Il est sur la table. Prends les assiettes aussi.
- Il a grandi, le petit. - Eh oui.
- Il est beau. - Ouais.
Il ressemble à sa mère.
Il renifle.
Tu peux me passer mon sac qui est sur le fauteuil , s'il te plaît ?
Les clés de la maison.
Elle est à toi, maintenant.
Merci.
- Quand je serai morte, tu pourras la vendre.
C'est ce que ta mère voulait.
Non.
Je veux la garder.
Bisou
Michelle ronfle.
Attends, Michelle, je vais t'aider.
Oh mais... Ça va, les garçons.
Je suis encore capable de marcher toute seule.
- Mmh. - Tiens, par là.
Voilà.
- Comment il va, le flipper ? - Il va bien. Je l'ai vendu.
- Non ? - Ah si, si.
- Mais pourquoi ? - Obligé. Il me fallait de la thune.
- Je l'aimais bien. - Ah ouais ?
- Oui. - C'est vrai que tu l'as connu.
C'est con que tu l'aies vendu.
Bramement
Maman.
- Elle est où, mamie ? - Hein ?
Mamie.
Elle était avec nous y a deux secondes.
Michelle !
Mamie ?
Michelle !
Je vais à la voiture. Regarde dans le coin.
- Michelle ! - Mamie !
Respiration forte
Mamie...
Michelle !
Michelle !
Musique mélancolique
Il sanglote. Michelle !
Vincent...
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