All language subtitles for Eaux.Turbulentes.S01E02.FRENCH.1080p.WEB.H264-TFA

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Original subtitles

♪ ♪ ♪

- J'aimerais ça officiellement souhaiter la bienvenue

à Marianne, notre nouvelle enquêteuse en chef.

- 10-2, Mike ici.

- Station Bay, rivière Matagam, jeune femme trouvée près de l'eau.

La victime s'appelle Sheila Turner, 19 ans.

Je la connais.

- Tu me reconnais?

- Bien certain que je te reconnais! T'es mon gars.

- Tu veux pas que je le revoie, c'est ça?

- Je me souviens pas que tu m'aies parlé de ton père.

- C'est le coup à la tête qui a causé la mort.

Le corps a été transporté là. Les marques au visage

et aux bras sont antérieures à la mort.

- Autochtone ou pas, on gérera pas ça comme ça se passe tout le temps

quand c'est des femmes qui sont victimes de violence. - Trop facile dire ça.

(anglais)

- Sheila était enceinte.

- Alors que le fédéral promet une enquête

sur le nombre alarmant

de femmes autochtones tuées au pays,

Queensbury est ébranlé par la récente découverte

du corps d'une jeune femme autochtone.

La victime, Sheila Turner, 19 ans,

a été retrouvée sans vie lundi matin à Station Bay.

Elle n'avait aucun papier d'identité,

ce qui a retardé son identification.

Plusieurs ici nous parlent comme Sheila comme... - Toujours rien?

- Non, rien d'intéressant sur ses réseaux sociaux.

- ... toutes les pistes sont explorées pour retrouver le ou les meurtriers.

- Nous invitons chaque citoyen qui aurait des informations

sur ce triste événement à communiquer avec nous.

- Croyez-vous que sa mort pourrait être en lien avec le réseau de prostitution

qui semble cibler des jeunes femmes autochtones?

- Pas de commentaire. - Merci.

L'histoire risque de raviver les tensions raciales dans la région.

- Ostie.

Tensions raciales! Je le savais, ostie, je voulais dit.

- C'est quoi cette histoire-là de prostitution?

- Ça fait une couple d'années que Lina Robbins enquête

sur un possible réseau de prostitution underground en lien avec la Deep North.

- Ah oui? - J'ai travaillé à la sécurité des mines

avant de devenir police; elle a essayé de m'interviewer deux ou trois fois.

- Qu'est-ce que tu lui as dit? - Que j'avais rien vu, rien entendu

du temps que je travaillais là.

OK, attends, encore lui.

Sam Thibault.

Il est pas facile à trouver, lui.

OK, qu'est-ce qu'y a d'autre?

- Stop, stop, stop! C'est qui lui?

- Je sais pas, y a rien d'écrit. - On va demander à la proprio

sur Pine sur elle reconnaît ces gens-là.

- Je vais aller voir si je peux pogner Sam Thibault,

il est peut-être retourné à son condo.

Je mettrais un dix que c'est probablement lui, le père.

- C'est sûr, c'est sûr.

(indicatif musical)

(vibration)

- Allô?

Oui, c'est moi.

C'est la première fois qu'il fait ça.

Oui, je m'en occupe, merci.

Mon fils s'est pas présenté à l'école ce matin.

- OK...

- Billy, t'es où? Rappelle-moi. Ça fait plusieurs fois que je te texte.

- OK, les échantillons pour le test d'ADN du foetus sont au labo.

On devrait avoir les résultats assez vite.

En espérant que le père soit dans les bases de données.

Veux-tu qu'on fasse un détour par chez vous?

- S'il te plaît.

- Veux-tu bien me dire ce que t'es venu faire ici?

Ta mère est-tu au courant?

- Ouais.

OK, non.

Ostie que je haïs ça Queensbury.

- Viens-t'en.

(vrombissement diffus)

- C'est quoi ce bruit-là?

- Une génératrice. Kapesiwin a pas encore l'électricité.

Bof. On devrait être raccordé au réseau d'ici un an ou deux.

Ça fait 20 ans que le gouvernement promet ça.

- Ayoye.

- Fait que... t'aimes pas ça, Queensbury?

- À Ottawa, j'avais ma gang.

Ma blonde. Ma musique.

Icitte... y a fuck all.

- Billy?

Bi?

- J'ai aussi vu que t'as gagné un prix il y a six mois? - Ouais.

- T'aurais pu me le dire.

J'aurais aimé ça être là quand tu l'as reçu.

La dernière fois qu'on s'est vus, j'avais sept ans.

(dring!)

- C'est ta mère. - Ostie.

- Allô, Marianne. - Salut, Joe.

Est-ce que Billy serait avec toi? - Ouais, il est ici,

il vient de débarquer de l'autobus. - L'autobus?

Où est-ce que vous êtes? - À Kapesiwin.

- Pourquoi tu m'as pas avertie?

- J'ai pas eu le temps, Marianne.

- OK. Tu me le ramènes?

- On était sur le point de partir.

- Rencontrez-moi au poste, OK?

Puis, Joe...

Merci.

- Bon. J'espère que t'aimes ça faire de la route.

Je te ramène à ta mère. Ramasse ton lunch.

- Il est avec son père.

Je vais vous montrer des photos de personnes

qui sont peut-être déjà venues à l'appartement.

- J'aime pas bien ça, ces affaires-là.

Je veux pas de trouble. - Inquiétez-vous pas.

- Non.

J'aurais jamais oublié une face comme celle-là.

Non. Jamais vu.

Peut-être... Hum...

Non.

- Lui? - Ah, lui, oui.

Hum. Dans le temps de la mère.

Peut-être après.

Je ne le sais plus, mais oui.

Je vous l'ai déjà dit, c'est mon locataire, Sam Thibault.

- Ça serait possible de visiter l'appartement?

- Non, je peux pas vous laisser faire ça.

Puis à part de ça, il faut pas un papier ou quelque chose?

- On vous promet de rien toucher.

- Je vous ai dit je veux pas de trouble.

C'est un locataire qui paie bien.

- Vous le voyez souvent?

- Je vous ai dit de temps en temps.

Des fois, ils font des petites fêtes, mais rien pour me déranger.

C'est pas comme les Indiennes. Eux autres... en tout cas.

- Il y a pas grand-chose dans les armoires.

- Bien, ça, ça vous regarde pas.

- As-tu trouvé de quoi?

- Des antidépresseurs au nom de Sheila. - OK.

Regarde, moi, ce que j'ai.

(signal sonore)

Excuse.

Ouais, c'est un texto de Mike.

Il est retourné voir au condo de Sam.

Personne l'a vu depuis une couple de jours.

- C'est le dessin de Joe, ça?

- Ouais...

- Veux-tu me le tenir?

Là, il faut absolument retrouver Sam Thibault puis l'interroger.

- Vous aviez dit que vous alliez rien toucher.

Hein, c'est fini? - On s'excuse, madame.

- Merci beaucoup.

- Merci là.

C'est lui, là, Dave.

- Monsieur David Thibault?

- Ouais. - Police de Queensbury.

On peut vous parler?

- Allez-y, je vais aller vous rejoindre.

Carignan...

Qu'est-ce que mon fils a fait encore?

- Sais-tu où on peut le trouver, Samuel?

- Non. Allez voir chez eux.

- On a vérifié plusieurs fois à son condo, y a personne.

- Je sais pas quoi vous dire.

- J'ai de la misère à croire que vous savez pas où le trouver.

- Mon fils me raconte pas ses allées et venues.

- On veut juste lui poser une ou deux questions.

Son nom est sorti dans une affaire,

on veut juste valider. - Si son nom est sorti,

c'est qu'il s'est encore mis les pieds où il fallait pas.

J'ai fini de réparer les gaffes de mon gars.

Il est assez vieux pour s'organiser tout seul. - OK.

Quand l'as-tu vu pour la dernière fois?

- Je sais pas, il m'évite.

Il est tanné de m'entendre dire de faire quelque chose de sa vie.

- Ça nous aiderait si vous faisiez un petit effort pour vous en souvenir.

- Si vous voulez le trouver,

faites le tour des bars au centre-ville.

Il est sûrement là en train de gaspiller mon argent.

Vous allez m'excuser, mais y a du monde qui travaille ici.

- On va-tu prendre une bière?

- Pourquoi t'es parti sans me le dire?

- La fille qu'ils ont retrouvée morte sur la Matagami...

c'est Sheila.

Ma nièce.

Ta cousine.

Fallait que j'aille voir ma famille pour les avertir.

- Shit.

Je savais pas.

Elle était comment, Sheila?

- Elle dessinait beaucoup.

C'était comme...

sa survie, j'imagine.

C'est elle qui a fait ça.

- C'est vraiment beau.

- Prends-le. Je te le donne.

- Je pense qu'elle aimerait mieux que ce soit toi qui le gardes.

- J'avais un gros problème de consommation.

La question que...

t'essaies de me poser puis que t'es pas capable...

Pourquoi j'ai arrêté de te voir?

C'est ça la réponse.

Bon.

On va y aller.

Ta mère t'attend.

- C'est maman, hein? - Hum?

- C'est elle qui a décidé qu'on ne se verrait plus?

À cause de tes problèmes?

- Ouais.

Quelque chose comme ça.

- Monsieur Naveau.

Hé, c'est toi, Billy? Salut, moi, c'est Mike, je travaille avec ta mère.

Je peux te parler deux minutes?

- Pourquoi? - Ça sera pas long. Billy peut attendre ici.

- Euh... Marianne est où?

Je comprends pas.

- Elle s'en vient.

On aurait besoin de précisions sur l'enquête. Assis-toi.

Pourquoi t'es parti après notre visite à ta murale?

- Je suis allé voir ma famille.

Fallait que je leur annonce la mort de Sheila.

- On a trouvé ça dans l'ancien appartement de ta soeur.

Un vieux cahier à dessin.

- Je suis passé voir Sheila après les funérailles

pour lui donner un de mes vieux cahiers.

- Puis ça veut dire quoi, l'inscription?

- Ça vient d'une vieille légende crie, OK?

C'est une légende qui dit qu'on descend tous des étoiles.

Regarde, moi, je trouve ça inspirant.

J'espérais qu'elle comprenne qu'on a tous une part de lumière

en dedans de nous autres, même dans les bouts sombres.

- Et puis le « Find the way out»?

- C'est une expression. Veux-tu?

Je disais que j'espérais qu'elle trouve un moyen de s'en sortir.

- Samuel Thibault.

Tu le vois des fois? - Pourquoi tu me parles de lui?

- Réponds à la question.

- C'est lui qui essaie de me voir.

Disons que...

avant de gagner ma bourse, j'ai eu une mauvaise passe financière,

puis... il m'a dépanné.

- Dépanné? Quoi? Il t'a prêté de l'argent?

- Ouais.

Non. Lui, il disait que c'était du mécénat,

mais moi, je disais que c'était un emprunt.

Je me suis promis que j'allais lui rembourser chaque maudite cenne.

- Comment ils se connaissaient, Sam puis Sheila?

- C'est moi qui les ai présentés.

Je me suis dit qu'il...

pourrait l'aider avec ses projets de bijoux.

- Sérieux?

Puis il l'a aidée? - Je le sais pas.

J'ai perdu Sheila de vue pas longtemps après ça.

- Où t'étais samedi soir?

- J'étais chez nous, sur la réserve.

Mais j'imagine que tu trouveras pas

mes témoins bien, bien crédibles.

Tabarnak! Vous avez rien d'autre à faire

que d'accuser un Autochtone d'en avoir tué un autre?

Je peux-tu y aller, là? - Non.

- Toi, faut qu'on se parle.

Suis-moi.

Qu'est-ce qui t'a pris de partir sans me le dire?

- J'ai cru que tu t'en serais aperçu. - Franchement!

Je te reconnais pas là.

- Moi, je te reconnais bien que trop. - Hé.

- Pourquoi tu m'as pas dit que ma cousine a été tuée? - Tant que c'est pas public,

j'ai pas le droit d'en parler. On l'a annoncé juste ce matin.

- OK, pourquoi t'as empêché papa de me voir pendant huit ans?

- C'est compliqué à expliquer,

puis c'est pas le moment ou l'endroit pour faire ça, OK?

- T'as tout le temps des excuses, maman.

- Billy, s'il te plaît.

- Si c'était pas de la fille que t'as tirée,

je serais pas pogné ici, moi, crisse. - Bi...

(acouphène)

- Ils sont là. - Hé, je venais te ramener Billy,

pas me faire interroger. - J'étais pas au courant.

- J'ai obtenu mon congé, mais j'ai pas le droit de quitter Queensbury.

Je vais ramener Billy chez vous. - Je préfère m'en occuper.

- Non, je suis tanné d'être ici.

Je sais que t'en as encore pour des heures.

- Regarde, il veut me connaître.

Puis tu pourras pas l'empêcher.

Ouais...

Vous allez être bien ici.

- Tu consommes-tu encore?

- Pas depuis trois ans.

Bien... j'ai eu une couple de rechutes,

mais...

depuis que je suis assidu dans mes meetings...

ça a l'air de tenir.

- Dans ces trois dernières années-là, tu t'es jamais dit:

je vais appeler mon gars pour lui dire un petit allô?

- Fallait que je commence par m'occuper de moi, Billy.

J'arrivais pas à être une bonne personne, fait que...

J'arrivais pas à être le père que tu méritais.

C'est plate, mais c'est ça.

- Puis si j'étais pas revenu à Queensbury?

Si j'avais pas fait les premiers pas?

M'aurais-tu contacté?

Va-t'en, s'il te plaît.

- Mike, t'aurais pu m'en parler avant de l'interroger.

Allô, Bi.

Billy?

- Ouais.

- T'as mangé?

Est-ce que Joe est parti?

Qu'est-ce qu'il y a?

- Papa m'a expliqué qu'il avait un problème de drogue.

Il m'a dit que ça fait trois ans qu'il est clean.

- C'est tout ce qu'il a dit?

- Oui.

- Ouais.

Bien, ton père a oublié un bout important.

L'été de tes sept ans...

t'es parti passer un mois complet chez lui.

Au début, t'étais content.

Mais à un moment donné, t'as commencé à m'appeler

pour me dire que tu t'ennuyais puis que...

ton père passait beaucoup de temps à dormir.

Est-ce que tu te souviens de ça?

Un soir, pendant que t'étais couché,

ton père est parti voir son pusher.

Le lendemain matin, quand tu t'es réveillé,

il était toujours pas revenu.

Personne sait combien de temps t'es resté tout seul dans la maison

avant qu'un voisin qui t'entendait pleurer vienne t'aider.

Après ça, je ne voulais plus que tu le revoies.

J'avais peur pour toi.

Billy.

- Je vais aller faire ma musique.

- Je t'aime.

(musique douce)

- Monsieur.

Ma collègue, Marianne Desbiens.

Samuel Thibault. Son avocat, Léo Boucher.

J'aimerais ça vous poser des questions en lien avec la mort de Sheila Turner.

- On vous écoute.

- T'es difficile à rejoindre, mon Sam.

C'est ton père qui t'a parlé?

- Effectivement, M. David Thibault

nous a fait part de votre petite visite à la Deep North.

- C'est un beau pendentif.

- C'est un cadeau.

- Un bijou de Sheila?

Selon certaines personnes à qui on a parlé,

Sheila puis toi, vous vous...

fréquentiez? - Je dirais pas ça.

- Tu dirais quoi? - Je la voyais des fois.

- Y a plein de photos de toi avec elle sur Instagram.

- Ouais, puis?

- Avez-vous des questions concrètes pour mon client?

- OK...

C'est quand la dernière fois que tu l'as vue?

- Y a une semaine peut-être.

Je l'ai croisée dans un bar. Puis je me souviens pas lequel.

- OK, puis vous avez fait quoi?

- Bien, on a bu. Qu'est-ce que tu fais, toi, câlisse,

quand tu vas dans un bar? - Sam.

- Comment tu l'as rencontrée?

- C'est son oncle Joe qui me l'a présentée.

Il voulait que je l'aide financièrement.

- Mon client s'intéresse beaucoup aux artistes d'ici.

- Quand ça?

- Six, huit mois. - Est-ce que tu peux être plus précis?

- Pas vraiment.

- Qu'est-ce que t'as fait samedi soir dernier?

- Mon client était à la pêche dans une pourvoirie.

D'ailleurs, voici le numéro du proprio.

- Ça mordait en tabarnak. - Pourquoi avoir repris l'appartement

de la mère de Sheila?

- Quand la mère de Sheila est morte...

Sheila, elle savait pas trop comment elle allait payer,

fait que j'ai décidé de prendre le bail.

Puis pour dépanner mes chums quand ils viennent de Toronto, qu'ils aient un endroit.

- Est-ce qu'elle avait laissé des trucs à elle à l'appartement?

- Elle avait une clé, elle pouvait crasher là quand y avait pas personne.

Tu sais, Sheila, c'est une artiste...

que j'encourageais, that's it.

- Tu savais que Sheila était enceinte?

- C'est pas moi le père. T'as mon ADN là-dedans.

C'est assez.

- OK, tu quittes pas Queensbury sans nous avertir.

- Sympathique.

- Je peux vous en voler une?

- C'est ma dernière.

On peut la partager, par exemple.

- Je vous ai interviewé il y a deux ans.

- Ouais.

Je m'en souviens.

Vous aviez fait votre recherche.

Vous posiez les bonnes questions.

- Merci.

Je prépare un long reportage en lien avec ce qui est arrivé

avec votre nièce, et d'autres jeunes femmes--

- Pas intéressé. - Pourquoi?

- Je vais défendre mon peuple corps et âme, madame Robbins.

Mais à travers mon art, pas à travers le reportage d'une Blanche

qui veut juste faire du sensationnalisme sur ma famille.

- Si vous saviez.

Je veux tellement pas faire du sensationnalisme.

- La mort de Sheila, c'est plus qu'une mort.

C'est la mort de toutes les femmes autochtones

dans les derniers 50 ans partout à travers le pays.

- Entre 600 et 4000, en fait,

selon qui fait le calcul.

- Donc vous me dites que Samuel Thibault

était à votre pourvoirie samedi soir dernier?

Est-ce qu'il y a moyen pour vous de me le confirmer?

Bien, parfait, merci beaucoup. Si j'ai d'autres questions, je vous rappelle.

- Puis? - Pas sûre.

- Ça sent le gars grassement payé pour mentir. - Hum-hum.

On en est où avec l'ADN du foetus? - Toujours en attente.

- Puis les traces de pneus?

- En attente.

Bon, moi...

je visite un appartement dans dix minutes.

- Oh. Bonne chance. - Ouais.

- Bon bien, à demain.

- À demain.

Bye.

- Oui, bonjour, Marianne Desbiens.

Merci d'avoir accepté de me rencontrer.

- J'ai été surprise par votre appel,

depuis le temps que j'essaie d'avoir une conversation franche avec la police.

- J'ai vu votre reportage.

J'ai été, disons... surprise par vos insinuations.

- Je parlerais pas d'insinuations, je dirais plus

que je me rapproche de la vérité.

- Merci. - Merci.

- Je vous écoute.

- Je crois que depuis quelques années,

un réseau de prostitution s'est formé autour de la Deep North.

Les employés qui travaillent dans les mines arrivent souvent de loin,

ils font beaucoup d'argent puis ils s'ennuient le samedi soir.

Ils ont besoin de...

de se défouler.

Puis...

selon ce que j'entends,

Sam Thibault serait mêlé à tout ça.

- Vous pensez que le fils

du président de la Deep North

fait partie de ce réseau-là?

- Non. Ce qu'on me dit à mots couverts,

c'est qu'il dirige le réseau.

C'est lui qui l'a mis en place.

- OK.

- Puis plusieurs des filles qu'il ramasse ont moins de 18 ans.

Particulièrement des jeunes femmes autochtones,

parce qu'elles ont pas d'autre choix si elles veulent survivre.

- Est-ce que vous avez des preuves concrètes de tout ça?

- Personne à Queensbury en parle.

Tout le monde a un frère, une mère, un oncle

qui travaille pour la Deep North,

ils ont peur de faire perdre sa job à quelqu'un.

- Billy.

Billy!

Va falloir que tu me donnes un break à un moment donné.

- À un moment donné.

- On pourrait vider des boîtes.

Rendre la maison moins, genre, entrepôt.

- Non. Je m'en allais justement visiter Queensbury.

Je m'en allais me promener, me faire de nouveaux amis.

- T'as pas de devoirs?

Billy.

Billy.

OK, qu'est-ce que t'aurais fait à ma place?

Un ex-mari toxicomane...

puis un fils de sept ans.

T'aurais fait quoi?

- Je sais pas, maman.

Sûrement la même chose que toi.

Mais ça me fait fucking chier pareil.

À tantôt.

(vrombissement, crissement de pneus)

(anglais)

- Je le savais pas! - Fuck off!

- You fucking bitch!

- Salut, la moitié-moitié.

Ça va?

(anglais)

C'était quoi l'engueulade?

(anglais)

- Il est arrivé quelque chose à une de nos amies.

Ma meilleure amie est morte.

- Sheila?

C'était ma cousine.

Ma mère est dans la police puis elle enquête sur sa mort.

- J'haïs la police.

- La connaissais-tu bien?

(anglais)

- Sais-tu des choses sur ce qui est arrivé?

Amy. Amy!

Si tu sais des affaires, faut que tu le dises.

Faut trouver qui a fait ça.

Parle à ma mère, elle est pas comme les autres policiers.

(vibrations)

- Oui? - Marianne.

Ton ex-beau-frère vient de casser la gueule à Sam Thibault.

- Pardon? - Oui, je suis à l'hôpital.

Ça a l'air que quand ils l'ont emmené,

il était inconscient, commotion cérébrale,

côtes brisées, jambes cassées.

Il l'a pas manqué. - Il est où, lui? - Au poste.

En cellule. Il a fait ça dans un bar.

On a 30 témoins qui l'ont vu faire. - OK.

- Regarde, je te rappelle si j'ai du nouveau.

- Oui, super. Merci.

- Salut, maman. Je te présente Amy.

- Salut.

- Elle sait des choses sur Sheila.

C'est Sheila qui l'a faite?

- Yeah. Souvent, elle les vendait,

mais parfois, elle les donnait à ses amis aussi.

- Sheila, c'était ton amie?

- Yeah.

- Tu voulais me dire quoi? - Il faut que vous parliez à Rick.

- C'est qui, Rick?

- C'est un gars avec qui elle se tenait.

Ça s'est passé au terminus, samedi soir.

(indistinct, anglais)

- Vers quelle heure?

- Je dirais... 7 h, 7 h et demie.

- Est-ce que tu sais ce qui s'est passé après?

- Tout le monde est parti de son bord.

C'est la dernière fois que j'ai vu Sheila.

- Puis Rick?

Qu'est-ce que tu peux me dire d'autre sur lui?

- Il est chauffeur d'autobus.

Il a... je sais pas, 30 ans.

- Son nom de famille?

- Je sais pas.

Il est un peu weird.

(anglais)

- Est-ce que tu sais où il reste?

- Pas à Queensbury, c'est tout ce que je sais.

- Je vais m'envoyer la vidéo, OK?

Merci.

Ça m'aide vraiment beaucoup.

- Est-ce que je peux coucher ici ce soir?

- Euh... bien oui, j'imagine.

Mais on va quand même avertir ta famille.

- J'ai pas de parents.

Je vis en famille d'accueil.

- On va quand même les avertir.

- OK.

- J'ai une petite demande. Est-ce que tu me permets de prendre ta bague en photo?

- Pourquoi?

- Je veux juste vérifier quelque chose.

- OK.

(cris indistincts)

(dring!)

(soupir)

- Ah...

Oui, allô?

- Salut, Carignan. Je te réveille?

- Non, fallait que je me lève justement.

- Euh, dans le rapport d'autopsie de Sheila, est-ce que--

- Ouais, non, je dors pas avec là.

- Est-ce que tu te souviens si y avait une note

pour expliquer la marque sur la joue?

Est-ce que ça pourrait être une bague qui a fait ça?

- Une bague?

- Oui, je viens de t'envoyer une photo.

- OK, écoute ça.

« Sur la joue droite, contusion d'une forte rougeur

« vers l'extérieur et gonflement des tégumènes

« avec extravasion de sang arrondi

de la grosseur d'un cinq cents. »

- Bref, une grosse ecchymose,

le résultat d'un coup porté avec un corps dur. - Ouais.

Mais... tu sais, sur la photo...

la blessure a comme plus une forme d'étoile

tandis que la bague...

elle est comme en tortue. Mais c'est une bonne piste,

parce que la matière, comme le métal...

ça pourrait avoir fait la blessure. - En tout cas.

OK. Autre chose. Il faudrait vérifier si un certain Rick travaille

pour une compagnie d'autobus de la région.

- OK, Rick... Juste Rick? - Oui.

On a vu sa photo sur le compte de Sheila.

Puis je vais aussi t'envoyer une vidéo qu'Amy,

la fille de la bague, a prise de lui, samedi soir au terminus.

On le voit avec Sheila,

ils ont une dispute, disons... violente.

- Samedi soir. OK, OK, OK.

Je regarde ça puis je te reviens.

- Merci. Euh, Carignan?

La prochaine fois que je t'appelle en pleine nuit,

je te donne la permission de m'envoyer promener.

- OK. Parfait.

Bonne nuit, madame Desbiens. - Bonne nuit.

- Ta mère dort?

- Ouais.

Mais ma mère... même quand elle dort, elle travaille.

- Moi, ma mère...

(anglais)

Elle dormait jamais.

Même la nuit.

Puis elle...

elle a jamais travaillé.

- Puis ton père?

- Mon père était un grand chef cri.

Il voulait faire changer les choses.

Y est mort dans un accident d'auto.

Après ça...

Y a plus rien qui a été pareil.

- T'as bien fait de parler à ma mère, tu sais.

- J'ai honte, Billy.

- Pourquoi?

- J'y ai pas tout dit.

- Je peux-tu sortir là?

- On a eu des nouvelles informations.

Ton contrôleur nous a dit que samedi soir,

t'es parti avec 22 minutes de retard.

- Je veux parler à un avocat. - Comme tu veux.

- Ça regarde mal, je t'avertis.

Sous-titrage: difuze

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