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- On est des adultes, toi et moi.
Tu vas m'expliquer pourquoi
tu m'accuses d'entrave à la justice.
- Parce que tu m'as menti. - Moi, ça?
- Tu m'as dit que tu connaissais pas Brian Lavigne.
- Brian Lavigne. Ça te dit quelque chose?
Non, ça me dit rien.
- Il va falloir que tu m'expliques
comment ça qu'ils ont trouvé ton ADN
sur les restes de son cadavre.
C'est la SD Quentin de la Sûreté qui l'a confirmé à Geneviève.
Peux-tu m'expliquer comment ça se fait
qu'ils ont retrouvé ton ADN?
Le gars, il est mort, ça fait 25 ans.
On essaie juste de comprendre.
- Toi, tu penses qu'ils se sont trompés, que ça se peut pas,
qu'il y a eu une erreur?
- Crains pas qu'on a posé la question, hein!
Pour vrai, là. Genre: "Êtes-vous sûrs?
"Vous êtes certains que ça se peut?
"On le connaît, ce gars-là, Éric Bonin, quand même.
Ça se peut pas."
Il paraît que ça se peut,
il y a pas d'erreur, c'est bien ça!
Brian Lavigne, je me souviens,
j'étais à l'Institut de police, moi, je commençais.
Le directeur de l'unité antiterroriste, quand même.
- Non, c'est pas de même que ça s'appelait.
Ça s'appelait... Comment déjà?
Directeur du Bureau d'analyse des menaces nationales.
- On voudrait bien te libérer avec promesse de comparaître,
mais tu parles pas.
Ça devient difficile pour nous d'évaluer
si tu représentes une menace pour la société.
On veut pas te nuire, Éric.
(klaxon)
- T'as rien entendu de ma conversation avec Éric, toi?
- J'ai bien compris que c'était pas de mes affaires.
- Faut pas trop faire de bruit avec ça.
- Papa, je sais même pas de quoi il est question.
Bien, c'est mieux comme ça.
- Éric, il a besoin d'un avocat ou non?
- Je le sais pas, on va essayer de le sortir de là
sans trop faire de vagues.
- Ouais. Entrave à la justice, ils vont le relâcher
avec promesse de comparaître, tu sais bien!
- Regarde, c'est compliqué, Anthony.
Le téléphone, c'est pas la façon
la plus safe de s'en parler.
- En tout cas, dis-le si t'as besoin de quelque chose.
Je te laisse, Sophie est à mon bureau.
- Il y a quelqu'un à la réception,
il veut parler avec M. Dumas.
Le père ou le fils?
- Il me l'a pas dit, mais d'après moi, c'est le père.
- Ah... Elle va finir par finir, cette journée-là?
(sonnerie de téléphone au loin)
Bonjour, monsieur! Est-ce que je peux vous aider?
- Oui, j'aimerais rencontrer M. Dumas.
Oui, je suis M. Dumas.
- Jean Dumas? - Non, Anthony.
Jean, c'est mon père, mais je peux faire quoi pour vous?
- Oui, j'aimerais mieux parler avec votre père.
- Il sera pas là avant demain matin.
- Oui, mais demain matin, il va être trop tard.
Venez avec moi.
Si vous me dites en quoi ça consiste,
moi, je peux parler à mon père
ou à tout le moins vous mettre en contact avec lui.
Assoyez-vous.
- Ouais, c'est parce que c'est un peu délicat, mon affaire, là.
- Ouais, écoutez, moi, je suis l'avocat de la boîte, ici.
Donc, si vous étiez assis en face de lui en ce moment,
il exigerait que je sois présent pour votre rencontre.
C'est ce que je fais ici, moi. Je traite des dossiers délicats.
Mais si vous voulez, on peut faire ça avec lui.
- Oui, mais là, vous dites qu'il est pas là en ce moment?
Ça sera pas long.
Euh...
(raclement de gorge)
(sonnerie)
- Oui? - Excuse-moi de te déranger.
Je suis avec quelqu'un qui veut te parler.
C'est un dossier qui est assez spécial.
Il hésite à me parler.
Donc, je vais te mettre sur main libre, c'est bon?
- OK, mais fais ça vite, je suis pressé.
Non, ça sera pas long.
Oui, Jean? T'es sur mains libres.
Oui, bonjour?
- Oui, bonjour, M. Dumas. Je m'appelle Charles Desnoyers.
- Ça me fait plaisir. Bien, allez-y, je vous écoute.
- C'est ça, je veux pas trop vous en dire pour le moment,
mais si je vous résume ça,
c'est que j'ai une réunion ce soir avec plusieurs personnes,
puis j'aimerais ça, l'enregistrer.
D'abord, est-ce que c'est légal?
- Bien là, l'avocat va vous répondre.
- Est-ce que vous êtes partie prenante de la réunion?
Dans le sens de...?
- Est-ce que vous participez à la réunion, vous parlez,
échangez avec tout le monde?
Oui. Oui, oui, absolument.
- Bon, alors c'est parfaitement légal.
Et vous voulez enregistrer ça pour quoi?
- Bien, c'est ça que je peux pas vous dire pour le moment.
- Bon. Et qui vous a référé à moi?
- Bien, j'ai souvent entendu parler de vous,
je me suis dit que vous étiez
la meilleure personne à consulter.
- Et tout ce que vous voulez faire,
c'est enregistrer la réunion?
Ouais. Ouais, c'est ça.
Euh, d'accord.
Anthony, peux-tu prendre la ligne, s'il te plaît?
Ouais.
(soupir)
Je t'écoute.
- Bon, regarde ce qu'il veut, là, puis Marc puis toi,
arrangez-vous avec ça.
Ça marche.
- Prends des renseignements sur le gars,
son adresse, permis de conduire,
rédige-moi un mandat en bonne et due forme,
parce qu'on le connaît pas, lui.
C'est bon.
(raclement de gorge)
- Je pensais que j'avais tout vu dans ma carrière.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là?
- Quand tu m'as dit que tu voulais me rencontrer,
j'ai tout de suite demandé qu'on vérifie
si on avait pas arrêté quelqu'un dans mon entourage,
au cas où, tu sais.
- Puis ç'a donné quoi, ta petite vérification?
Ç'a donné Éric Bonin.
Il est dans le trouble jusqu'aux oreilles.
Comment ça?
On a trouvé son ADN
sur les restes du corps de Brian Lavigne.
- C'est pas rien, ça. - Comment ça, son ADN?
- Lavigne avait une médaille dans sa poche de pantalon.
Il y a de l'ADN qui appartient à Éric Bonin sur la médaille.
Si au moins il voulait s'expliquer, là...
- Tout ce que je te demande, Gilbert,
c'est de le libérer avant qu'il soit accusé.
- Libéré avec promesse de comparaître.
- Non, libéré sans attache à rien.
- On a un break dans un des plus grands mystères
des annales judiciaires,
la disparition de Brian Lavigne.
Là, j'ai un gars qui semble relié à cette affaire-là.
Puis toi, tu veux que je le libère, comme ça,
sans poser de questions?
- Il y a aucun mystère dans l'affaire de Brian Lavigne.
Le gouvernement canadien sait très bien ce qui s'est passé.
Moi aussi, je le sais, puis Éric Bonin le sait aussi.
Donne-moi 24-48 heures gros max, tu vas le savoir, toi aussi.
Mêle pas Éric à ça, là. Sors-le de chez vous.
J'ai pas le temps de parler de ça,
mais il y a quelqu'un qui va t'appeler
pour te demander de le libérer.
Tout ce que je te demande, Gilbert,
c'est de me faire confiance.
L'accusation d'entrave à la justice pour Éric Bonin,
c'est lourd de conséquences.
C'est une affaire trop grave pour mettre ça entre les mains
de gens qui savent pas à qui ils ont affaire.
Tu vas m'en devoir une, toi.
- C'est assez simple. Vous pouvez porter un micro.
- Un body pack, vous voulez dire?
Oui, un body pack.
- On peut vous équiper d'une caméra
si jamais vous voulez avoir un enregistrement vidéo
de votre rencontre.
- Ah ouais, c'est pas bête ça non plus.
Sauf qu'ils vont savoir
que c'est moi qui vais l'avoir portée, la caméra.
- Qu'est-ce que vous voulez dire, au juste?
- Bien, quand les gens vont regarder la vidéo,
ils vont savoir que c'est moi qui l'ai, la caméra.
C'est moi qui regarde les autres.
- Je sais pas ce que vous avez l'intention de faire
avec l'enregistrement,
mais si c'est pour dénoncer un crime,
vous aurez pas le choix
de dire que c'est vous qui portiez l'enregistreuse.
- Ouais... J'ai pas encore pris la décision.
- Bien, c'est votre décision, hein!
Vous nous dites ce que vous voulez faire.
Nous, on vous suit, c'est vous, le client.
- Comme firme de sécurité privée,
on est dans l'obligation de rédiger un mandat précis
sur les services que vous vous attendez de recevoir.
Mais comme vous, c'est pas compliqué,
ça devrait bien aller.
- Oui, mais là, il y a une chose
que je veux qui soit absolument clair;
j'ai pas encore pris la décision sur ce que j'allais faire
avec l'enregistrement de la rencontre.
- C'est clair, puis c'est correct.
Nous, on est là pour appuyer votre démarche,
pas pour prendre des décisions à votre place.
- C'est une femme de bon conseil.
- Moi, je veux bien parler tout seul, mais tu t'aides pas.
Puis ça m'écoeure,
parce qu'une accusation d'entrave à la justice,
t'es suspendu.
Déclarer coupable, tu perds ta job.
Fuck, Éric!
On se connaît depuis assez longtemps,
tu dois bien savoir que je veux pas ça.
Je t'aime bien, moi!
Mais comme on dit, aide-moi à t'aider, tu sais.
(sonnerie de cellulaire)
(clappement)
Oui?
- On est en train de régler un beau dossier ensemble.
Ça serait dommage de gaspiller tout ça
parce que t'as peur de nous parler, Éric.
On n'est pas là à te jaser pour te faire un show.
On te respecte plus que ça.
Fais un effort, parle-nous.
(soupir)
Gabrielle. Viens une minute.
(fermeture de porte)
Faut le laisser aller.
Ça vient de qui?
- L'état-major.
- Pfft! Ça fait 2 fois qu'il nous glisse entre les mains!
C'est qui, ce gars-là, pour qu'il bénéficie
de passe-droits de même?
- Je le sais pas. Il faut le laisser aller.
- Osti! Ça se pense au-dessus des lois.
(soupir)
(petit rire)
Bonne nouvelle. Tu peux t'en aller.
Hum!
Libéré avec promesse de comparaître?
- Non, libéré tout court. On est gentils, hein?
- Je sais pas ce que t'as fait, toi, dans la vie,
mais t'as des méchantes bonnes plogues
pour t'en sortir de même.
- Est-ce que je peux reprendre mon téléphone?
Merci.
- Hé, c'est beau, Éric, tu peux y aller, là.
Attends.
Si jamais ça vous intéresse,
parce que c'est un peu pour ça que je suis venu,
Le faux notaire, Robert Gariépy, il habite au 15 Bécancour.
C'est l'adresse à son dossier de passeport.
Comme vous avez l'air vraiment pressé d'arrêter quelqu'un
avant la fin de la journée.
- J'ai dit à maman que tu couchais ici.
- Quand même que je voudrais rentrer,
je n'ai plus de force dans les jambes
à force de monter et défaire ces boîtes-là.
Ah, arrête de chialer.
- Tu sais quoi? Anthony a raison.
Ça va tellement te faire du bien d'avoir ta place à toi.
Plus que tu penses, ouais.
- Je pense vraiment faire la même chose, moi aussi.
Si papa l'a fait pour moi,
je vois pas pourquoi il le ferait pas pour toi.
- Ils ont voulu t'arrêter pour entrave à une enquête criminelle
parce que tu leur as menti.
- Ils m'ont relâché, fait qu'en principe, je suis pas accusé,
mais oui, je leur ai dit que je connaissais pas Brian Lavigne.
- Ils ont retrouvé ton ADN sur les restes de son corps.
- Comment ils peuvent avoir mon ADN? Il restait juste des os.
- Ils ont trouvé une médaille dans une poche de pantalon.
Ton ADN était sur cette médaille-là.
Là, il faut se protéger le cul, là.
Fait que tu vas aller t'asseoir avec Anthony,
tu vas lui raconter ton histoire,
puis on va signer un affidavit,
toi puis moi, avec Anthony comme témoin.
- Anthony? - On n'a pas le choix.
Si je meurs, c'est ta parole contre celle des autres.
On va te protéger jusqu'au bout.
- Ouais, mais Anthony, sérieux, c'est pas...
- Le temps joue contre nous autres.
Il est temps qu'il prenne ses responsabilités en main.
Moi, j'ai conçu cette entreprise-là pour vous autres.
Faut le mettre dans le coup, là, c'est le temps ou jamais.
Hum.
- Est-ce que vous avez pris une décision
par rapport à la caméra?
La vidéo avec l'audio, c'est toujours plus fort.
Ah oui, vous avez bien raison.
- Est-ce qu'au moins, on peut savoir à qui on a affaire?
Charles Desnoyers.
- Non, je veux dire, les gens avec qui vous allez être.
Bandits, mafieux, collectionneurs de timbres?
- Ah non, c'est des hommes d'affaires.
Si vous vous sentez mal pris
ou que votre sécurité est menacée,
essayez de glisser "Amsterdam" dans la conversation.
- Il va arriver quoi? - On va vous sortir du trouble.
- Ah non, je pense pas que ce soit ce genre de réunion là
à laquelle je vais participer.
- Qu'est-ce que tu fais?
Je m'apprêtais à partir.
- Pour aller où? - Chez nous.
Pourquoi? Voulais-tu aller souper?
- Je vais accompagner Charles Desnoyers avec Marc.
Tu veux venir avec nous?
- Pour faire quoi? Il a juste un body pack.
On n'a pas besoin d'être trois.
Il y a plus qu'un body pack,
il faut couvrir la porte en avant, la porte arrière.
- Non, je vais... Bien, je vais vous attendre ici.
À moins que t'aies vraiment besoin de moi.
Au travail, non.
(petit rire)
(sonnerie de téléphone)
Oui, allô?
- Comment ça va, Anthony? - Ça va bien. Qui parle?
Geneviève Allard.
- Ah, oui, sergent-détective Allard, oui.
- Hum, laisse faire le sergent-détective. Es-tu occupé?
- Euh, oui, je suis un peu débordé. Pourquoi?
- J'aurais aimé ça, qu'on aille prendre un verre, toi puis moi.
- Euh... Ouais. Ouais. Quand tu veux.
Sauf ce soir, je travaille, mais...
- On peut peut-être aller déjeuner demain matin?
- On prendra pas de verre si on déjeune.
Non, absolument pas, non.
Je veux juste te parler parce que je suis...
Comment je te dirais bien ça? Je suis en beau tabarnac.
Oui, c'est... Oui, je pense que c'est le bon mot.
OK. Bon, Bien...
Demain, La Poule dorée à 7h00, c'est bon?
C'est parfait comme ça.
(soupir)
Elle est de bonne humeur!
Hum... honnêtement,
je veux pas tourner le fer dans la plaie,
mais il fallait que je parte.
Je n'en pouvais plus de cette maison-là.
Bon, je dis de cette maison-là, mais plutôt des deux.
Trop de mauvais souvenirs.
- C'est drôle, moi, c'est pas les souvenirs.
C'est les disputes.
Les chicanes entre les parents, Catou,
ça me vire à l'envers, là, t'as pas idée.
Tellement que je pense aller consulter.
Tant que ça, hein?
- J'en ai jamais parlé, mais... des fois, quand j'étais petite,
ils se chicanaient dans leur chambre puis j'étais terrorisée.
Je me cachais en dessous des couvertes,
puis j'angoissais, je...
J'étais trop niaiseuse pour mettre des écouteurs,
écouter de la musique, je...
J'écoutais les énormités qu'ils pouvaient se dire.
C'était tellement violent.
- Déplaisant, oui, mais violent, non, je dirais pas ça.
Papa, il aurait jamais été violent avec maman.
- Terrorisée comme j'étais puis jeune comme j'étais,
je pouvais pas le savoir, mais...
Mais ça laisse des traces, tu sais.
Maintenant, quand je les entends se chicaner,
ça me ramène dans cet état-là.
Hum.
Toi, ça t'a jamais dérangée?
Je me suis toujours demandé
comment ils avaient fait pour s'aimer, ces deux-là.
Puis à un moment donné, j'ai compris.
Jean Dumas, elle l'aimait pas lui, elle aimait son cash.
Puis lui, il aime encore plus son cash qu'il l'aime, elle.
On n'est pas pire, hein?
On a toujours eu 3 repas par jour,
un toit au-dessus de nos têtes, on n'a jamais manqué de rien,
mais on trouve encore le moyen de se plaindre.
Il y en a des pires que nous autres.
- Une enfant terrorisée cachée en dessous de ses couvertes,
il y a rien de pire que ça.
Ça t'a marqué tant que ça?
- Surtout quand ta soeur disparaît
puis qu'elle te laisse toute seule.
Ah.
- Excuse-moi, il fallait que je te le dise.
Bien oui.
Mr Clark!
M. Arsenault.
Ça va, Charles?
Très bien.
M. Fortier! Comment ça va?
Il va, il va. Puis toi?
- Ah, il faut! On est en forme, on est en vie.
- C'est ça, le principal! - Hum.
- Donc, ça, c'est l'appel d'offres.
Chez nous, on s'occupe de tout ce qui touche
les contrats de logiciels, les droits d'utilisation,
les conditions de reproduction,
mise à jour, la maintenance, le développement,
puis les droits de propriété intellectuelle.
Le bid qu'on dépose, il est à 12 millions.
Charles, pour cette partie-là, tu "bides" 12,5.
Puis je t'explique qu'est-ce qu'il faut exclure.
- C'est moi qui ai le contrat pour les infrastructures,
les équipements.
- Oui, t'as la vente puis l'entretien des terminaux,
la maintenance du matériel puis la gestion des réseaux.
Moi, j'y vais avec 18 millions.
Je suis pas là pantoute. Toi, tu y vas avec 16 millions.
Justin, pour l'installation, t'es à combien?
2,2.
- Bon, bien, tu peux grimper ça à 2,5,
puis c'est encore toi le plus bas.
C'est toi qui décroches le contrat.
Tous les specs sont dans l'annexe
puis il faut que ça sorte pour vendredi.
On a besoin du cadeau pour ce week-end.
- Combien? - 300 000.
La valeur totale du contrat, c'est 30 millions.
Fait qu'un pour cent, 30 millions, c'est 300 000.
Je peux parler à l'extérieur?
Hum, hum!
- Je hais quand tu parles de ça ouvertement de même.
- Il y a pas de danger, on est tous dans le même bateau.
- Qu'est-ce qui me dit que le 300 000,
tu vas pas te mettre ça dans les poches?
- Je te donne ma parole! Si je te le dis, crois-moi.
- Je veux être là quand tu vas lui remettre.
- Pas question. Il voudra jamais.
- C'est quoi, là, tu me fais pas confiance?
J'ai mes doutes!
- Bon, bien, ç'a le mérite d'être clair.
Pftt... Je t'ai déjà fourré?
- Non, regarde, c'est pas ça, la question.
- OK. donc, je soupe avec vendredi soir.
OK? Il va se lever pour aller aux toilettes.
Moi, je vais sortir dehors pour fumer.
Ce que je fais, là, c'est que je prends le sac avec l'argent
puis je le dépose dans sa valise à lui.
Fait que t'auras juste à te parquer dans le stationnement
puis tu vas voir ce qu'on fait.
C'est bon, ça?
- Correct. - Bon.
- Je pense qu'on vient de se pogner une job
en fin de semaine.
(raclement de gorge)
La nouvelle est déjà sortie.
Ils ont retrouvé Brian Lavigne.
Il n'y a plus rien à dire.
Il faut que ça meure là, ça.
Je veux pas voir personne se mêler de cette affaire-là.
- Inquiète-toi pas, je rencontre le boss demain matin à Ottawa.
- Je pense que je vais y aller avec toi.
- C'est pas une mauvaise idée, ça.
- Il arrive quoi avec mon arrestation?
Il arrive rien pour l'instant,
puis quand Ottawa va s'en mêler, ça va disparaître complètement.
- Je voudrais pas qu'un petit comique
commence à faire des recherches sur Éric Bonin.
Il pourrait avoir une surprise.
- Éric, inquiète-toi pas, je te l'ai dit, on va s'en occuper.
- By the way, le vice-président à New York
dans votre affaire de parfums
il s'est fait ramasser dans un set-up organisé par la FBI.
Ils l'ont pogné avec des caméras dans l'entrepôt.
Je veux dire aussi que Dicaire, de la police de Montréal,
il m'a appelé pour le camion
qu'on a "busté" en se faisant passer pour des polices.
- Tu lui as dit quoi? - Rien.
Je parle pas à ça, moi, des polices.
(petits rires)
Ils t'ont sorti du trou, toi?
- Fais pas de joke avec ça, c'est sérieux.
C'est quoi votre affaire, là?
Justement, le gars est ici.
Fait que lâche ta bière,
resaisis-toi un peu puis va le voir.
OK. C'est quoi, le score?
Une affaire de collusion.
Des gars d'informatique
qui se "splittent" des contrats puis qui payent des pots-de-vin.
- C'est pas fini, son affaire. - Ah bon?
Hum! On a tout ça sur vidéo.
- C'est cute, ça. Dans le privé ou gouvernemental?
- De la collusion ou des pots-de-vin,
il faut que ce soit gouvernemental.
Je te le présente, c'est ton client.
C'est quoi, son nom?
- Desnoyers. - Desnoyers.
- Charles Desnoyers, je vous présente Jean Dumas.
- M. Desnoyers, heureux de vous rencontrer.
Ça s'est bien passé?
- Bien, autant que faire se peut.
- Bon. Donc, on parle d'une affaire de collusion.
- C'est bien ça? - Collusion et corruption, oui.
- Et qu'est-ce que vous cherchez à faire
avec l'enregistrement que vous avez fait?
Je sais pas encore.
- Pas un cas de mauvaise conscience, toujours, hein?
Il est temps que ça arrête,
mais je veux être sûr de mon coup.
- On m'a dit que vous auriez besoin
de nos services encore une fois.
- Oui, demain soir. Un échange d'argent.
C'est surtout ça que je veux qui soit filmé.
- Et vous avez pris le temps de vous asseoir avec Anthony
pour bien définir les limites
du mandat que vous allez nous confier?
Oui, on a tout fait ça.
- Bon, alors ça, ça se passe dans le monde de l'informatique,
c'est bien ça?
Oui.
- Des gros joueurs? - Pas mal.
On se connaît tous dans ce milieu-là.
Un nom à nous révéler?
Ils sont sur la vidéo.
- Bon, écoutez, si vous voulez pas
donner de nom pour l'instant, moi, ça va aller.
- Non, c'est très gros. Ça va brasser bien des affaires.
Vous allez comprendre,
on va avoir des grosses décisions à prendre.
On va être là pour vous aider.
- Il faut pas que ça sorte. - Hum.
- Ah, ça fait. Moi, j'ai ma journée dans le corps.
- Ouais, moi aussi. Ah, je serai pas là demain.
Delphine arrive de vacances ce soir.
Assois-toi avec pour lui expliquer
l'affaire de Desnoyers.
Le dossier de corruption, c'est sa spécialité.
- Ouais, salut. - Bonne soirée, Éric.
- Attends, il faut se jaser, toi et moi.
- Qu'on jase? Qu'on jase de quoi?
J'ai des choses à te dire.
- Je peux pas partir tout de suite. Éric va pas bien.
Il veut me parler.
- Voyons, qu'est-ce qu'il y a?
Il a besoin de jaser.
Bien, OK.
- Tu peux aller chez nous, si tu veux. Attends-moi là.
- Ah, bien... Bien là, on n'est pas obligés.
T'as la clé?
Oui, oui.
D'ailleurs, on t'a jamais dit qu'on mettait pas
notre date de naissance comme code pour un système d'alarme?
- Ha! C'est ça ou je m'en souviens jamais.
Buvez pas trop, là!
Non!
(soupir)
- Je sais pas ce qu'il a fait, votre Éric,
mais les téléphones se sont mis à sonner, hein!
Hum. Je suis pas au courant.
- Comment, t'es pas au courant?
C'est moi qui t'ai passé le téléphone
parce qu'il voulait parler à son avocat.
- Non, mais je sais que vous l'avez arrêté puis questionné,
mais je sais pas que les téléphones ont sonné chez vous.
Ça doit pas être si grave, ce qu'il a fait.
Vous l'avez relâché.
J'ai de la misère à croire ça.
On a retrouvé son ADN sur une scène de meurtre.
- Ah! L'affaire du bureau du notaire?
- Non, non, l'affaire de Brian Lavigne,
le directeur de l'anti-terrorisme.
On a retrouvé son ADN avec lui.
Comment, avec lui?
Avec sa dépouille.
Quelle dépouille?
(petit rire)
- OK, là, toi, t'es en train de faire
comme si tu savais pas de quoi je parlais,
comme si t'étais pas au courant, c'est ça?
- Bien, je passe mon temps à dire au monde dans la vie
que quand t'es devant un enquêteur de police, là,
tu fermes ta gueule.
Tu dis rien.
(petit rire)
Excusez-moi, madame!
Je sais que ça va avoir l'air fou comme ça,
mais je t'en prendrais un autre
pareil comme ça, s'il vous plaît. Merci!
Hum!
Je suis un peu déçu.
Je me disais: "C'est le fun, un petit-déjeuner, tête-à-tête."
Mais non, ça a l'air qu'on se tape un interrogatoire.
Non, c'est le contraire.
C'est l'interrogatoire qui sert de prétexte.
- Ah! Profitons-en pour changer de sujet,
parce que figure-toi
que j'en sais certainement plus que je dis,
mais j'en dirai pas plus.
- Donc, ça, c'est les appels d'offres.
Chez nous, on s'occupe de tout ce qui touche
les contrats de logiciel,
les droits d'utilisation, les conditions de reproduction,
la maintenance, les mises à jour, le développement,
puis les droits de propriété intellectuelle.
Le bid qu'on dépose, il est à 12 millions.
Éric, viens donc.
(sonnerie de téléphone au loin)
C'est du gros monde.
De quoi on parle, là?
- La réunion pour le partage des contrats d'informatique,
celle filmée par M. Desnoyers.
Arsenault, c'est Ghislain Arsenault, de GATechnolab,
un des plus gros fournisseurs de matériel informatique au pays.
Le gars qui parle, c'est Jacques Fortier.
Jacques Fortier, c'est Solutions-GMS,
un autre gros joueur dans le domaine de l'informatique,
un de ses plus gros clients, c'est le gouvernement fédéral.
L'autre, c'est Corey Clark,
de Novaram, une autre grosse gomme.
C'est pas des petits business de coop de cégep.
- Donc, si ça sort, ça va fesser, c'est ça?
- Il a pas froid aux yeux, le M. Desnoyers.
Je connais pas sa motivation,
mais si ce que tu dis, c'est vrai...
- Comment si ce que je dis, c'est vrai?
- Tu comprends ce que je veux dire.
Faut voir ce que le client veut faire avec ça.
Est-ce qu'il veut dénoncer un crime
ou il veut les faire chanter?
- En tout cas, ça prend des couilles!
- Fait que... comme ça, t'as passé la nuit
sur le divan dans le bureau de ton père, toi?
Ha! On commencera pas ça.
- Je te niaise, on se doit rien.
Mais je t'avoue que... bien, je me suis inquiétée un peu.
- Je m'excuse! Tu le connais, Éric, quand il part, là, lui...
- Je vais te le dire, c'est bon en chien, un Romanée Conti.
(rire)
T'as pas bu ça pour vrai?
- Il y avait une bouteille dans ton cellier. C'est pas correct?
- Ha! Je te crois pas, ça me fait plaisir.
- Méchant choc quand tu vas arriver chez vous.
- Anthony, sergent détective Allard au téléphone,
c'est important.
Oui, j'arrive.
- Checke, ça vient de rentrer, ça.
- Ils viennent d'arrêter Robert Gariépy,
celui qu'on soupçonne être le faux notaire
dans l'affaire de Camille Boyer.
(sirènes)
- Police! Mains en l'air!
Ils l'ont arrêté pour quoi?
- Personne d'intérêt dans le meurtre de Camille Boyer.
Son ADN est dans le char.
- Ils vont te le cuisiner, lui! - Ah...
Ils l'ont arrêté pendant que je déjeunais avec Geneviève,
elle m'en a jamais parlé.
- Essaye d'en savoir un peu plus, OK?
- Bien oui, invite-la donc à souper!
Elle va tout te conter ça.
C'est de l'ironie, ça?
- Ah, Bien non, non, je suis sérieuse.
Tu sais comment ils sont, hein, les polices!
Ils parlent jamais vraiment de leur affaire,
mais je suis certaine que dans ton cas,
ça va lui faire plaisir de tout te raconter ça.
Tu voulais que je t'appelle?
- Le dossier de la collusion, c'est du gros monde.
- Faut faire attention. - On a rien fait.
Il y a un gars qui est venu nous voir
parce qu'il voulait porter un body pack.
- Je comprends, mais ça peut avoir des conséquences graves.
- On sait même pas c'est le contrat avec qui.
Il a pas voulu nous le dire.
- Mais c'est ça qui est épeurant!
On a déjà vu ça, des Robin des bois
qui savent pas ce qu'ils font.
Jean, c'est pas un lanceur d'alerte.
Il s'apprête à mettre le feu partout.
C'est un feu qu'il sera pas capable d'éteindre.
C'est pas de notre faute.
- Tout ce que je dis, c'est soyons prudents.
C'est un contrat de 30 millions, c'est gros.
On connaît pas ses intentions, à Desnoyers,
mais un gars qui s'explique pas,
c'est parce qu'il a un agenda caché.
- Les gars vont faire ça ce soir?
Ouais.
- Je m'en vais au bureau là, on regardera ça ensemble.
- C'est Jean? - Oui.
Je veux lui parler.
- Attends, Anthony veut te parler.
Bon...
- Oui, juste te dire que la police
a "busté" Robert Gariépy, le faux notaire.
Bonne nouvelle!
- Ils ont trouvé son ADN dans le char de Camille Boyer.
C'est normal, c'est un couple.
L'argent, c'est le nerf de la guerre.
Il faut convaincre le frère puis la soeur
de partir après l'argent.
S'il est encore ici, c'est parce qu'il l'a pas tout dépensé.
On va peut-être pouvoir en récupérer une partie,
dépendant du mandat qu'ils vont nous donner.
- Là, tu les appelleras pour leur demander.
J'ai un peu plus de respect que ça.
Je pense pas que ce soit le bon moment de parler d'argent.
(petit rire)
Des fois, il me fait honte, lui!
Hum, hum.
- Il me semble que ça aurait été plus simple
que tu t'assoies avec le client dans son char.
- L'autre gars, Fortier, sait que Desnoyers
est stationné pas loin du resto.
Faut pas qu'on le voie avec quelqu'un.
- V-1 à la base.
Oui, la base à l'écoute.
- Je suis stationné devant le restaurant.
C'est parfait, ça.
- Je vous rappelle quand je le vois arriver.
- 10-4.
- Bon, bien, moi, je vais aller à mon poste.
- T'essaieras de faire ça discrètement.
Hé, le smatte...
- J'ai Mario sur le Kodak en avant,
puis je vais m'occuper du stationnement en arrière.
OK.
(démarrage du moteur)
(bips de déverrouillage)
(soupir)
(sonnette)
- Allô, allô! - Hé!
- Des plantes? - Ça me semble à propos, non?
Ouais, j'imagine.
Je sais pas, d'habitude, les plantes, je les fumais.
- Ha! - Bon, bon, bon!
Tiens!
Miam!
Ah!
Charlie est pas là?
- Fallait qu'elle parte pour étudier.
- T'es sûre que c'était la raison?
- Bien, c'est celle qu'elle m'a donnée.
- V-1 à la base. - La base à l'écoute.
- Un gars vient de tourner le coin. C'est votre homme.
La base à Bo.
Bo à l'écoute.
- Tu peux confirmer, s'il te plaît?
Oui, c'est confirmé.
- Le gars, c'est Jacques Fortier.
C'est lui qui apporte le pétrole.
- 10-4.
- Mais là, il a rien dans les mains, par exemple.
Je couvre l'entrée en avant.
- Toujours dans le 5000. Bouge pas.
Tu sais qu'on peut passer un grand bout ici à soir.
Ouais, je sais.
Honnêtement, papa.
C'est pas facile pour moi de te dire ça,
mais tu m'as vraiment, vraiment fait plaisir avec ça.
Avec ça... Avec ça quoi?
Bien, le condo.
- Il comprend pas vite, vite. - C'est ça que je vois, là!
- Ah, c'est de la sans alcool, ça.
- Yep! Pas d'alcool qui rentre ici.
Pas parlant de la fille qui exagère,
mais ce qui est bon pour moi est bon pour ma soeur.
On parle de quoi, le condo?
- Fais-tu exprès?
(petit rire)
- Elle va pas bien, ma soeur, papa.
- Qu'est-ce qu'elle a?
- Elle est comme super angoissée.
- C'est pas d'un condo qu'elle a besoin, c'est d'un psy.
Entre autres, oui.
- Qu'est-ce qu'elle a à être angoissée, cette enfant?
Elle est née dans la ouate.
Elle est gâtée pourrie par sa mère, en plus.
- Non, je peux comprendre. C'est pas toujours évident.
Tu sais, elle a l'impression
de pas être à la hauteur des attentes.
- Ah oui, Charlie, Charlie, elle est bien dramatique, tu sais.
Elle peut être un peu drama queen.
- Quand j'ai essayé de tisser des liens avec elle,
le courant a moins bien passé.
- Non, mais ça, c'est pas de ta faute, Delphine.
Charlie, son problème,
c'est qu'elle a jamais fait le deuil de ses parents.
Ouais! Elle a besoin d'y voir
parce qu'elle va porter du noir longtemps.
- Catherine dit qu'elle devrait consulter.
Peut-être que tu peux l'aider avec ça.
C'est pas le domaine
dans lequel je suis le plus habile, moi.
- Non, mais si moi, je le faisais?
Ça fait du bien, tu sais!
J'ai passé des heures avec des psys
à parler de ma relation malsaine avec mon père.
J'ai tout vidé le méchant.
Bon, il m'en reste encore un petit fond, mais c'est parfait.
Ça me permet de te blâmer
une fois de temps en temps pour mes carences.
- Comment tu veux ne pas l'aimer?
- Hé, hum-hum! On prendra pas de dessert, hein?
Il va falloir y aller, nous autres.
Parfait, ça!
(petit rire)
- V-1, à la base. Le target vient de sortir.
Il s'est allumé une cigarette.
- 10-4.
(déclics de l'appareil photo)
Bo à la base?
À l'écoute.
- Le suspect s'éloigne, je vais le perdre de vue.
- Je vais checker ça en arrière d'un coup qu'il vienne par ici.
- Checke-toi, le gars va se pointer miroir.
- 10-4.
Astheure, on est dans un 1000. On se la ferme.
(déclics de l'appareil photo)
La base à Bo. Stand by, le target retourne en dedans.
Je l'ai devant moi.
- Là, le sac vient de changer de valise. Bon...
Je vais aller prendre une marche.
(paroles indistinctes au loin)
(bip de cellulaire)
(bip)
(déclic d'appareil photo)
- C'est à lui qu'il va, le cash. Le chef de police de Montréal.
- Toujours un 1000, pas de commentaire.
(bip de cellulaire)
Hé, c'est pas qu'on s'ennuie,
mais Éric veut nous voir au bureau.
- OK! - Hein?
- En tout cas, merci encore, papa.
(bip de cellulaire)
Tu peux pas savoir le bien que ça me fait sentir de...
- J'ai une urgence, il faudrait vraiment y aller.
Ah oui, hein?
Bye!
Bien, merci encore!
Ouais, ouais!
(fermeture de porte)
(déclics de l'appareil photo)
(démarrage du moteur)
- Vous êtes en mesure de me confirmer ça, là?
Le 300 000 est dans le sac de sport.
Puis ça, c'est un pot-de-vin pour l'obtention
d'un contrat de 30 millions
pour procéder au remplacement d'équipements informatiques.
- Non, non, mais c'est un très, très gros contrat, là.
Changer les terminaux à bord des autopatrouilles,
moderniser les infrastructures des réseaux existants.
Après ça, c'est les tablettes électroniques,
les ordinateurs portables, regarde, ça ne finit plus!
Le cahier de charge est 2, 3 pouces d'épais.
- Le service d'approvisionnement de la ville
octroie ce genre de contrats là.
Le chef de police vient faire quoi là-dedans?
- Le service d'approvisionnement de la ville
met son nez là-dedans.
Le service technique des opérations,
il y a le processus d'appel d'offres qui est là. Tu sais?
Ha! Vous avez vu comment on se partage les contrats, là!
Le chef de police a son mot à dire là-dedans
parce qu'en bout de ligne, c'est son matériel à lui.
Il y a des choses dans le cahier de charge
qui sont juste là pour favoriser nos entreprises.
Puis c'est nous autres qui dictons aux responsables
ce qu'on veut dans les cahiers de charge!
Puis c'est juste nous quatre
qui avons l'expertise pour pouvoir exercer ces contrats-là.
OK, bien, la question se pose:
qu'est-ce que vous attendez de nous?
(clappement)
- Je voulais avoir une preuve tangible de ce qui se passe.
Là, on l'a.
Oui et non.
On n'a jamais vu ce qu'il y avait dans le sac de sport.
- Jacques Fortier viendra l'expliquer.
- Je peux te voir, Jean? - Oui.
Juste un petit moment.
- La voiture, c'est bien celle de sa femme, à Gilbert Cliche.
Puis c'est bien chez lui qu'elle est stationnée.
- Tu peux m'envoyer une confirmation de ça, là?
- Ouais. Mais faudra enlever le GPS en dessous de son char.
C'est le chef de la police. On peut pas laisser ça là.
- Occupe-toi-z-en.
- Qu'est-ce que tu vas faire?
Je sais pas.
Pour la première fois de ma vie,
je me trouve complètement... dépourvu de solutions.
Gilbert Cliche, c'est ton ami.
- Bon, ami... Faut relativiser, là.
- Tu vas quand même à la chasse avec lui!
Non, ça, c'est autre chose.
- Tu peux pas trahir ton client non plus.
- Si j'avais su, je l'aurais pas pris comme client.
Je me retrouve avec la patate chaude dans les mains.
- On a fait ce qu'on avait à faire.
- Il y a peut-être un acte criminel qui a été commis.
Je suis supposé le rapporter, moi!
- Ha! Arrête avec ton air de sainte-nitouche.
- Je comprends pas qu'est-ce qui t'énerve là-dedans.
(soupir)
C'est Gilbert Cliche.
- Oui, puis? C'est pas Jean Dumas!
Non, c'est Gilbert Cliche!
Celui qui t'a sorti de la marde.
Comment ça?
- Je suis allé le voir à genoux
pour le supplier de te libérer.
- OK, toi, tu vas aller courir dans le bureau de Cliche
pour lui dire: "Hé, mon Gilbert, checke-toi le cul,
on t'a sur vidéo pour une affaire de corruption."
Sois pas ridicule, on sait pas ce que le client veut faire.
- Justement, dis-lui de payer le bill
puis oublie le reste, il s'arrangera.
Bien oui, je vais lui dire:
"Envoye, Cliche, arrange-toi avec ça."
- C'est quoi son problème à matin, lui?
- Bien, sa blonde est rentrée de voyage, il est stressé.
- Bien oui, ça va faire, vous autres! Dehors.
J'ai besoin de respirer.
On a fait ce qu'on a pu.
Mais là, la décision vous appartient.
- Oui, mais c'est ça. Elle est pas encore prise, la décision.
- Hum, puis je pourrai pas vous aider à la prendre non plus.
Parce que je suis en plein conflit d'intérêts.
- Comment ça, en conflit d'intérêts?
- Bien, on collabore avec la police dans plusieurs dossiers.
Vous m'avez jamais dit ça.
- Excusez-moi, vous m'aviez pas dit
que c'était le chef de police non plus.
Oui, c'est vrai.
- Les pots-de-vin, vous êtes sûrs que c'est à lui que ça va?
- C'est pas le premier qu'il reçoit
puis c'est pas le dernier non plus.
Hum...
J'ai peut-être quelqu'un qui pourrait régler votre problème.
La personne idéale pour vous aider à trouver une solution.
Ah bon?
- Je peux pas rien faire avec ça, là.
- Puis tu veux que moi, je m'en occupe?
- Je sais qu'on a eu nos différends, toi et moi,
mais je te connais.
Tu sais ce que tu fais.
Je veux dire, je peux pas l'aider.
Je peux pas "dealer" avec ça, je suis en conflit d'intérêts.
- Pourquoi moi? Il y en a d'autres.
Ils ont pas ton doigté.
Ah, mon doigté!
Tu m'as toujours dit que je manquais de tact.
C'est pas un défaut non plus.
- Bon. Bien, dis à ton client de m'appeler.
Chose certaine, si le chef de police est un tout croche,
il va payer pour.
- C'est ton dossier, astheure! Moi, je n'ai plus un mot à dire.
Comment tu me dis ça, toi?
Pas si fort!
Gilbert, on se connaît depuis longtemps.
Il a des photos avec moi?
- Ton gars, là, Jacques Fournier...
Fortier!
- Oui. C'est pas le crayon le plus aiguisé de la boîte.
Il se promène avec 300 000$ cash
dans un sac de sport.
- Es-tu en train d'essayer de me faire chanter, toi?
Bien non!
Ce que je te dis, c'est qu'il est rendu chez mon ex.
C'est elle qui a ça entre les mains. Checke ton cul.
- C'est elle qui a ça entre les mains,
mais ça vient de chez vous!
Hé, non! Voyons!
J'ai rien voulu savoir de ça, moi.
Je t'explique ce qui s'est passé.
Tu fais ce que tu veux avec ce que je dis.
- Moi, il faut que je te croie sur parole?
- J'assume tout ce que je t'ai dit,
mais pas tout ce que t'as compris.
- J'ai commencé à faire le tour
de ce que vous avez comme document,
puis c'est pas d'une firme de sécurité privée
dont vous avez besoin, mais d'un bureau d'avocat.
- Ah, mais pas tout de suite, je suis pas prêt.
On a d'autres affaires à faire avant.
Comme?
J'ai des poissons à noyer.
Ça, c'est juste la première étape,
il en reste d'autres à venir.
- C'est assez mystérieux, votre affaire.
- Les grandes institutions sont plus corrompues que jamais,
puis il faut que ça arrête.
Il ne m'en reste plus pour longtemps,
puis ils feront le ménage quand je serai parti.
Police!
Tout le monde, les mains sur le bureau!
- Passe à droite, je vais à gauche?
- Stéphanie Guérin? - C'est moi.
- Oui, j'ai un mandat de perquisition.
Je vais vous demander de sortir. Vous aussi.
Un mandat pour quoi?
- Quoi, vous savez pas lire? C'est écrit dessus.
Sous-titrage: MELS
- J'ai passé la soirée avec Éric hier. Il m'a tout expliqué.
Comment ça, tu m'as jamais parlé de ça?
- Qu'est-ce qui t'arrive?
- OK, j'ai pas entendu ça, moi, là.
- T'oublies jamais que tu m'en dois une, toi, hein?
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