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Zulu
Je peux vous aider ?
Oui.
C'est moi.
Enrique Bermejo.
Je voudrais dénoncer un crime.
Un instant, s'il vous plaît.
Quique !
Quique !
Allez...
- On y va. - Il est même pas 10 h.
On doit partir maintenant.
Manikaran est peut-être tout près.
Comment tu pourrais le savoir ?
Parce que je sens l'odeur de la weed.
T'as dit que ça s'appelait comment, ici ?
Kulanthapita.
Ça veut dire "la fin du monde civilisé".
Rien que ça.
C'est la terre des dieux.
Évidemment.
Je peux faire des photos de là-haut ?
Si tu veux, mais faut qu'on voit les montagnes en fond.
- D'accord. - Fais attention, ça glisse.
Viens là.
Laisse ça là.
Merci.
Je pense que deux jours à Manikaran, c'est suffisant.
Il paraît que c'est vraiment bien.
Mais on pourrait aller à Delhi et prendre un avion pour Goa.
J'ai envie d'aller à la plage, un peu.
Je veux faire du surf.
Mais on fait toujours ça.
Regarde Lucas.
Il s'éclate.
C'est censé être un voyage spirituel, non ?
Bien sûr. Et la mer aussi, c'est spirituel.
Oui...
Je t'ai dit que c'est ici que Shiva a médité pendant mille ans ?
- Shiva ? - Je l'ai lu dans le guide.
Ce lieu est thérapeutique.
Et les eaux thermales de Manikaran...
Tu sais quoi ? J'ai l'impression d'entendre mon père.
Être traitée comme une malade est la dernière chose dont j'ai besoin.
Allez... Je t'ai juste parlé des eaux thermales et de Shiva.
Et ? J'ai pas de l'arthrose, si ?
Tu sais pourquoi tu te sens malade ?
Pourquoi ?
Parce que ça fait 8 mois qu'on a pas couché ensemble.
Regardez !
- Peu importe. - C'est ça...
Peu importe.
Ouah !
C'est quoi ?
C'est un saint.
Non, non, non. Il va nous demander de l'argent.
- Vraiment ? - Oui.
Il faut faire attention.
Ils sont géants.
Tu dois être bien défoncé, avec ça.
Dis donc, ça va, oui ?
T'as même pas le droit de les sentir. Du balai.
Allez, on y va.
Sale gosse.
Ouah !
Pas mal, non ?
- Regardez ! - C'est incroyable.
Regardez !
T'as vu quoi encore ?
Regarde la vitesse de l'eau.
T'as pris une photo ?
- C'est l'auberge ? - Voyons voir...
Oui.
On préfèrerait avoir notre propre chambre.
Désolée, vous allez devoir partager.
Suivez-moi, s'il vous plaît.
Ne vous inquiétez pas.
Ce sont des touristes, comme vous. Ils sont gentils.
- Ça ira. - J'espère qu'ils ronflent pas.
Où sont les douches ?
Il n'y a pas de douches. Seulement des toilettes.
Oh non...
Tu te fous de moi ? Y a pas de douches ?
C'est toi qui as choisi l'auberge.
Regardez.
Des bains chauds, en bas.
Pourquoi il y a autant de monde ? Ils ont pas de douche chez eux ?
Ce sont des pèlerins.
Ils viennent demander de l'aide à leur Dieu.
À quel dieu ? Shiva ? Krishna ?
Tu connais ça d'où, toi ?
Non... Ils sont sikhs. Ils n'ont qu'un seul Dieu.
Comme ta grand-mère.
- Je peux demander quelque chose ? - Tu veux lui demander quoi ?
La santé ? De l'argent ?
Non.
De nous laisser rester dans l'Himalaya.
J'adore être ici.
Allez, Lucas.
Ça pue la weed.
- Salut. - Salut.
Je m'appelle Andrea.
Et voici mon copain, Ori.
Moi, c'est Quique.
Clara.
Lucas.
Oui, c'est mon... mon fils.
De la Malana Cream.
Ici, on l'achète à 10 dollars.
À Tel-Aviv, on la vend à 1 500 dollars.
Ça sent bon.
Et surtout : elle est pure.
Vous avez entendu parler...
des personnes disparues ?
J'ai vu des affiches.
- Elles avaient envie de disparaître. - Pour la plupart.
Comment ça ?
Elles trouvent leur Shangri-La
et ne veulent plus revenir.
- C'est un eldorado, ici. - Le paradis.
Vous êtes allées à Manali ? Tous les treks partent de là-bas.
C'est la meilleure façon de connaître l'Himalaya authentique.
C'est qu'à 6 heures de marche.
Je veux le faire !
Eh bien, peut-être la prochaine fois.
Mais on est juste à côté !
Mais on est venus pour être à Manikaran, non ?
OK, mais y a un truc que vous devez absolument faire.
La meilleure rave de l'Inde du Nord.
Eh ! Lucas, attention.
- C'est cool, non ? - Ouais.
C'est dingue.
Vous êtes venus.
Salut, la petite famille.
Coucou !
Faut que t'essaies la Malana Cream.
- Merci. - Lucas, va danser, allez.
- D'accord. - Viens, Lucas.
Manali est...
OK.
Manali est à 6 heures d'ici.
On peut le faire en une journée.
- Faire quoi ? - Le trek.
On le fait, et après, on va à Delhi.
Lucas va adorer.
- C'est vrai. - Ah oui ? Lucas... ou toi ?
On va vraiment rester là alors que l'Himalaya est à un jour d'ici ?
- Ces gens sont tarés. - Ne pense pas à eux, d'accord ?
Pense à nous.
Pense à toi.
Il y a 3 mois, t'étais dans un lit d'hôpital.
Et demain, tu pourrais être assise sur le toit du monde.
C'est vrai, merde...
- T'es défoncé. - Je suis sérieux.
C'est vrai.
Tu veux qu'on se souvienne que des bains et de la marijuana ?
Non, pas que de ça.
On va passer par la vallée de Parvati.
Ensuite, on prend à droite jusqu'à la vallée de Kullu.
Et après, c'est tout droit jusqu'à Manali.
Attends.
Ça fait pas 6 heures, ça.
Il fait nuit à 18 h.
On a 8 heures.
Je peux le faire.
Ça, je sais.
- Allez, on y va. - On y va.
Allez.
Nous deux, on va le faire en 4 heures.
Non, en 2 heures.
On coupe la poire en deux : en 3 heures.
On aurait pas dû prendre un guide ?
On a parcouru la moitié du monde ensemble. Je me suis déjà perdu ?
Tout va bien.
- OK, on y va. - Oui.
Allez, mon grand.
On est bientôt arrivés à Manali ?
Encore 3, 4 heures.
Quique, la nuit va tomber.
Regardez.
Au moins, quelqu'un habite ici.
- J'ai froid. - Viens là, mon cœur.
Il est pas trop tard pour rentrer à Manikaran.
Il fera quand même nuit.
Oui, mais si on continue à aller vers le nord,
il fera plus froid.
Cette maison est à deux kilomètres, on peut au moins essayer.
En se dépêchant, on peut le faire en une demi-heure.
OK ?
- D'accord ? On fait une course ? - Allez.
- Allez. - On y va.
Par ici.
Attention.
Viens par là.
- Mets ta capuche. - Ça va ?
Je vais faire le tour.
OK.
Rien.
Je monte.
Attends. Attends.
Lucas, tu restes ici.
Bonjour !
Bonjour !
Oh putain.
Bonjour. Aidez-nous !
On a besoin d'un abri !
Je peux vous payer.
S'il vous plaît ! On a un enfant avec nous !
Combien ?
Non, non, non, s'il vous plaît !
S'il vous plaît !
À ta place, j'enlèverais les photos de famille.
Sinon, on croira qu'on est en vacances.
- On est pas en vacances ? - Si, mais...
Lucas a dit à l'école qu'il partait en expédition dans l'Himalaya,
pour justifier ses deux semaines d'absence.
Ils savent que je suis parti avec vous.
Moi, je choisirais les plus impressionnantes.
Qu'on ait l'impression d'être sur l'Everest.
Il choisit ce qu'il veut. Choisis ce que tu veux, c'est ton voyage.
Celle-là ?
Oui.
Par exemple.
Tu pourras raconter qu'on s'était perdus dans la montagne
et qu'on s'était disputés.
- Exactement. - Pas vrai ?
On est pas perdus pour de vrai, si ?
Bonjour ?
Bonjour !
Maman !
- Lucas ! - Aidez-moi !
Maman !
Non, arrêtez !
Lucas.
Lucas, ça va ?
Ça va ?
Maman ! Maman !
Non ! Non, non !
C'est un enfant ! C'est juste un enfant !
Non, non, non, le touchez pas !
S'il vous plaît !
C'est un enfant !
Maman...
Aidez-moi.
Aidez-moi.
S'il vous plaît.
S'il vous plaît...
Merci.
Vous devez mettre de l'argent.
Vous parlez espagnol ?
Où suis-je ?
Les moines ont fait une puja pour votre santé.
Vous devez les payer en guise de gratitude.
Je n'ai rien.
Je suis désolé.
C'est quoi, cet endroit ?
Key Gompa.
On est proches de Manali ?
Gyalpo demande si Thata t'avait bandé les yeux.
Je me souviens de rien. Qui est Thata ?
Comment vous avez appris l'espagnol ?
Il demande si vous êtes un trafiquant.
Non.
Non.
Je suis un touriste.
J'allais à Manali avec ma copine et son fils.
Ils sont où ?
Qui est-il ?
Gyalpo, le chef du village.
Je dois parler à la police.
À la police ?
Ma copine et son fils...
- Ils sont morts. - Quoi ?
Ils sont morts.
Ils les ont jetés d'une falaise.
Qui ?
Je sais pas.
Dis-lui que je dois prévenir la police.
Vous allez où ? S'il vous plaît !
Vous ne pouvez pas partir avant l'hiver.
Pas avant l'hiver ?
Le seul moyen de partir est par la rivière.
Il faut attendre qu'elle gèle.
- Quand sera-t-elle gelée ? - Dans trois mois.
Trois mois ?
Et le chemin par lequel ils m'ont ramené ?
Gyalpo ne veut pas.
Thata a enfreint la loi. Maintenant, le conseil doit prendre une décision.
Quelle décision ?
T'envoyer au sanctuaire ou non.
C'est quoi, le sanctuaire ?
C'est dans les montagnes, à deux jours d'ici.
Tu pourras survivre là-bas jusqu'à cet hiver.
Tu resteras avec Thata le temps que le conseil décide.
C'est lui qui t'a ramené.
Sa punition est de s'occuper de toi.
Merci.
Son fils, Hari, peut parler anglais. Il a appris avec moi.
- Écoute... - Je vis là-haut.
Nous parlerons plus tard.
Anglais ?
Oui, je parle anglais.
Non... Tu es anglais ?
Espagnol.
D'Espagne. Tu connais ?
Ta chambre.
Non, non, non. Que le lait.
C'est bon pour toi. Ça rend fort.
Fort ?
Yarsagumba.
- Vous avez trouvé ça où ? - Dans la terre.
La terre ?
C'est un ver.
Très bon.
Pas mal.
Tu peux traduire pour moi ?
Vous m'avez sauvé et j'en suis très reconnaissant.
Mais je peux pas rester ici jusqu'à cet hiver.
Vous savez comment aller à Manali.
Il y a eu un crime.
- Il devrait comprendre. - Je suis désolé.
Aidez-moi !
Bonjour.
C'est pour toi.
Le yarsagumba marche.
- Ça va beaucoup mieux. - Tant mieux.
Il nous faut de l'eau et de la bouse de yak pour le feu.
- Qu'y a-t-il ? - Ne t'en fais pas.
Hari.
Comme mon frère, Shanti aime pas que tu vives avec nous.
Pourquoi ?
Elle est idiote. Et moche.
Elle est pas moche.
Elle va épouser mon frère, Sonam.
Tu vas où ?
Chercher l'eau.
Bonjour.
C'est pour Thata.
Hé, toi !
Attends.
Attends.
Où tu as eu ce manteau ?
T'as fait quoi ?
T'as fait quoi, putain ?
Putain d'assassin !
C'est un assassin !
C'est un assassin !
C'était le manteau de ma copine !
Je veux parler à Prana.
Excusez-moi.
Il se passe quoi, dans ce village ?
Explique-moi, s'il te plaît !
Pourquoi un villageois porte ce manteau ?
Un homme avec une brouette.
J'ai voulu lui parler. Les villageois m'ont pas laissé le faire.
Ça devait être Lobzang, le guérisseur.
Le guérisseur ?
Il ne quitte jamais le village.
Comment il a eu ce foutu manteau, alors ?
Thata ramène des vêtements.
C'est le seul qui sort du village en dehors de l'hiver.
Pose-lui la question.
Thata a acheté le manteau à Hampta Pass,
à un vendeur qui s'y est arrêté pour prendre le thé.
Quel vendeur ?
Tu n'es qu'un invité, ici.
Tu ne peux menacer personne.
Je peux parler ? Juste parler.
Tu parleras quand le conseil t'appellera.
D'accord.
Et ce sera quand ? Quand ?
Avant l'hiver.
Je peux pas rester ici à rien faire jusqu'à cet hiver !
Il faut aller voir ce vendeur et le dénoncer à la police.
Dis-lui !
Gyalpo ne peut rien faire.
Bien sûr que si, il peut. Qu'il parle à Thata !
Qu'il me ramène par le même chemin ! C'est pas compliqué !
J'ai vraiment besoin de ton aide, Thata.
L'homme qui t'a vendu le manteau...
Je dois le retrouver.
Rivière gelée.
Non. Non, non.
S'il te plaît, j'ai déjà perdu trop de temps.
Tu connais le chemin. Ça peut pas attendre.
Je veux juste aller à Manali pour réclamer justice.
Je sais que vous êtes un homme bon, Thata.
Ma copine a été assassinée. Et son fils aussi.
Il était comme lui.
Leh.
L'homme qui lui a vendu le manteau était de Leh.
C'était un marchand de Leh.
Où se trouve Leh ?
À trois semaines, par la rivière.
Tu dois être patient.
Patient ?
T'y connais quoi, toi, à la patience ?
Si mon frère, Sonam, épouse Shanti...
je l'épouse aussi.
Quoi ?
C'est la loi, à Zanskar.
Toi et ton frère, vous partagez une épouse ?
Sonam est l'aîné.
Il hérite des terres et choisit l'épouse.
Et si tu ne l'aimes pas ?
Je vais au monastère.
Tu deviens un moine ?
Patience...
Bonjour.
Non, non, non !
On est à 5 000 mètres d'altitude. Le sol est gelé.
On peut pas enterrer les gens.
Et les brûler ?
Tu as vu des arbres dans le coin ?
Donc t'es en train de me dire que Lobzang,
en plus d'être guérisseur, est fossoyeur ?
Il a des visions et une connexion avec les esprits.
Peut-être grâce à l'alcool qu'il boit.
Vous êtes pas bouddhistes ?
Va découper des corps pendant un an, on verra comment tu finis.
Bien sûr...
Et ceux qui m'ont lynché sur la colline ?
Ils boivent de l'alcool aussi ?
Ou ils pensaient que je venais voler leurs vers.
Quels vers ?
Votre putain de chenille est si importante que ça ?
Vous comprenez pas que je veux juste partir d'ici ?
Merde !
C'est le gagne-pain du village.
Les Chinois paient beaucoup pour en avoir.
Ils disent que c'est mieux que le ginseng.
Vous croyez quoi ? Que je vais vous le voler ?
Mamaji te trouve crispé.
Ça va te détendre.
Elle parle jamais ?
Elle a fait vœu de silence.
Elle est dans son atman.
Son atman ?
Son vrai Soi.
Depuis son atman, elle n'a besoin de rien.
C'est comme le nirvana.
T'as eu quoi, à l'œil ?
Une blessure.
Clara a eu un cancer.
Ça a été compliqué.
Elle voulait...
faire du surf, aller à la plage...
Mais je l'ai convaincue de venir ici.
Elle voulait retourner à Delhi.
J'ai insisté.
- Tu ne peux pas changer le passé. - Je sais.
Donc je fais quoi ?
J'oublie ?
Ça fait un mois, et ses parents ignorent
que leur fille et leur petit-fils sont morts.
Tu te rends compte de ce que ça fait ?
Et toi ?
Tu es prêt à leur raconter ce qu'il s'est passé ?
Maman !
Arrêtez !
Pas par là !
Si tu pars,
tu mourras.
Ça m'est égal.
Je peux te montrer le chemin sacré.
Je suis le fils de Thata, je connais le chemin.
C'est vrai ?
Tu dois être fort, pour combattre les montagnes.
Ça demande du temps, de l'entraînement et de la persévérance.
Mon père m'a appris.
Tu veux être comme lui ?
Les gens le respectent car il emmène des enfants à Leh chaque hiver.
Comment ça ?
Tous les ans, des enfants sont désignés pour aller y étudier.
Mon père les guide le long de la rivière
pour qu'ils arrivent sains et saufs à Leh.
Ton père est un héros.
Les enfants restent là-bas entre 5 et 10 ans.
Parfois, ils ne reviennent jamais à Key Gompa.
- Pourquoi ? - Ils n'ont pas d'avenir, ici.
- C'est triste. - Oui.
Mais tu es resté.
Mon père est vieux. Quelqu'un doit prendre le relais.
Et tu veux être un héros.
Cet hiver, je ferai mon premier voyage.
- Tu es encore un enfant, Hari. - Je suis un homme.
C'est magnifique.
On y va ?
Ici, c'est la pire portion. Très dur.
Nous devons entraîner ton esprit et ton corps.
Tu dois boire beaucoup d'eau...
Hari t'a menti.
Il ne connaît pas le chemin sacré. Il l'a inventé.
Comment ça, il l'a inventé ?
Hari est guide.
Il m'a dit que vous lui aviez montré.
Thata est très embarrassé.
Il demande pardon.
J'ai fait semblant d'être mort.
Pendant qu'ils les massacraient.
J'étais au sol, les yeux fermés.
Qu'est-ce que tu aurais pu faire ?
Peu importe.
J'ai même pas essayé.
Je suis resté immobile,
à écouter leurs cris.
Figé.
Comme si je n'étais plus moi-même.
Je les entends encore.
Tu veux connaître mon histoire ?
Une petite fille de Key Gompa,
dans son ignorance, décide de partir à la découverte du monde.
Tu sais ce que c'est de vivre haut dans les montagnes,
puis de vivre à Delhi, à Bangkok,
à Buenos Aires, à Mexico ?
Que recherchais-tu ?
Une vie différente.
Et que s'est-il passé ?
Un jour...
je me suis réveillée dans une maison remplie d'hommes...
que je connaissais pas.
J'étais perdue, je ne savais pas ce que je faisais là.
Quand j'ai voulu partir...
un homme a essayé de m'en empêcher.
À l'aide d'un poinçon.
Je suis désolé.
Je n'ai pas pleuré.
J'ai senti une force...
une rage... Et je l'ai poussé dans les escaliers.
J'ai perdu un œil, mais lui a perdu l'usage de ses jambes.
Je le sais car ils m'ont poursuivie en justice.
J'ai passé quatre ans en prison au Honduras.
J'ai fini par sortir car ils m'ont expulsée.
C'est pour ça que tu es revenue ?
Je suis revenue car je n'étais pas à ma place, là-bas.
Ta place est ici ?
Ma place est nulle part, Quique.
Je n'ai joué aucun rôle dans ce crime.
Et je n'ai jamais tué personne.
Je m'occupe seulement des morts.
Je vous remercie.
Sans votre aide,
et celle de Thata,
je serais mort.
Je le sais.
J'espère que vous me comprendrez.
J'ai jamais voulu que ça se passe ainsi.
Ni moi, ni Clara, ni Lucas ne l'avons souhaité.
Aucun de nous n'est venu en Inde pour créer des problèmes.
Au contraire.
Ce voyage était censé nous rapprocher.
On faisait pas partie de ces touristes qui cherchaient...
du hachisch ou des drogues.
Je ne suis pas comme tous ces Occidentaux dont vous avez peur.
Je sais que les choses sont différentes, ici.
Vous acceptez les choses telles qu'elles sont.
Vous vivez malgré la souffrance.
Et peut-être que c'est ça, la meilleure solution.
Mais ma souffrance demande justice.
Key Gompa possède beaucoup de bonnes choses.
De bonnes personnes,
beaucoup de générosité...
Mais il n'y a aucune justice.
Ils prennent toujours autant de temps à décider ?
Key Gompa.
Hari entraîne les enfants pour partir pour Leh.
Leur décision est à l'intérieur.
Gyalpo a décidé de ne pas t'expulser.
Et il demande à Lobzang de te rendre le manteau
pour que tu puisses le brûler.
Le brûler ?
C'est le meilleur moyen de mettre fin à la souffrance.
Je peux pas.
C'est la seule preuve que j'ai.
C'est la décision du conseil.
Merci.
Arack indien.
Arack.
Merci.
C'est fort.
- Fort. - C'est fort, oui.
Je peux vous demander quelque chose ?
Prana m'a dit...
que vous voyez les esprits.
Esprit ?
Vous avez ressenti quelque chose avec ça ?
Non.
Pas d'esprit.
Pas d'esprit...
Atman ?
- Atman ? - Atman, oui.
- Il est partout. - Oui.
Même là ?
Oui.
Oui ?
Merci.
Putain...
Tu as bu ?
- Je ne vais pas l'incinérer. - Quique...
Non. Je me fiche de ce que dit Gyalpo.
Je prends le manteau avec moi.
- Tu es ivre. - Et alors ?
Toute cette histoire d'atman,
de découverte de mon vrai Soi...
ça m'a l'air génial mais je le mérite pas.
- Tu ne mérites pas quoi ? - D'oublier mon monde.
De...
De ne plus souffrir.
De finir comme Mamaji.
Sans aucune souffrance.
Ce serait trop facile.
Ce serait lâche.
- C'est pas vrai. - Si, c'est vrai.
Je les mérite, les cauchemars,
les insomnies,
et l'angoisse.
C'est ma punition.
Ta punition pour quel crime ?
Pour avoir survécu ?
C'est tes pensées qui te font croire ça.
- Il faudra que je vive avec. - Pendant combien de temps ?
Aussi longtemps que je les supporte.
Tu ne les supportes déjà plus...
Tu vois ?
Tu réussiras pas à rentrer chez toi comme ça.
Je peux pas rentrer tant que cette putain de rivière est pas gelée.
Tu as bu quoi ?
De l'arack.
Le goût est horrible.
La gueule de bois est encore pire.
Toi aussi, t'as déjà été ivre avec Lobzang ?
Tu es fou.
Attention.
Viens avec moi.
À Leh.
Pourquoi ?
T'es pas obligée de rester ici,
isolée du reste du monde.
Allez, repose-toi.
Tu vas laisser ton rêve s'évanouir dans ce village ?
L'atman se fiche de cette blessure.
Tu fais quoi ?
À ses yeux, tu es toujours aussi belle.
Tu t'allonges avec moi ?
Je vais rien te faire.
Tu pourrais rien me faire, même si tu le voulais.
Tu vas leur dire quoi ?
Aux parents de Clara.
Peu importe ce que je dis,
ça sera très dur à expliquer.
Selon Lobzang,
des vents forts et des avalanches nous feront obstacle
pour nous empêcher d'aller à Leh.
Ce ne sont que des prédictions faites par un consommateur d'arack.
Les peurs se trouvent ici, Quique.
- Ne laisse pas... - Bien sûr qu'elles se trouvent là.
Et s'il arrivait quelque chose ?
C'est toi qui as décidé de partir.
Au cas où tu quittes Key Gompa à nouveau.
Bonne chance.
Merci.
Bonjour. Bon voyage.
Merci, Lobzang.
Tu m'enverras de l'arack de Leh.
OK, je vais essayer.
- Merci. - Merci pour tout.
Bonne chance.
Quique.
Hari.
T'auras besoin de ça.
Il dit que tu es entre de bonnes mains.
Fais-moi confiance.
Thata.
Je serai éternellement reconnaissant pour ce que tu as fait pour moi.
Merci.
Merci.
C'est quoi ?
Au marché de Leh.
C'est l'homme qui lui a vendu le manteau.
Merci.
- La grotte est encore loin ? - On y est presque.
- On va pas la trouver. - Il faut qu'on la trouve.
On peut faire un feu.
Il fait -40, un feu ne suffira pas.
- Il faut faire quelque chose ! - La grotte.
Y a pas de grotte. Putain, y a pas de grotte !
Faisons un feu. On s'assiéra tous ensemble avec des couvertures.
Non.
Je vais pas attendre que quelqu'un meure, OK ?
C'est l'histoire du roi et de son serviteur
qui ont fait ce voyage il y a 200 ans.
- Que s'est-il passé ? - Ils n'avaient plus de vivres.
Le roi a voulu tuer son serviteur pour se nourrir,
mais il s'est fait manger par un léopard.
Vous aimez ce genre d'histoires ?
C'est la tradition.
Hari !
Il y avait quelque chose.
Un léopard ?
Je sais pas.
- Là ! - Ne fais pas ça !
Qu'y a-t-il ?
Courez !
Courez !
Allez !
Lève-toi !
Hari !
- Ça va ? - Oui.
Ça va.
Il nous faut une corde.
C'est ça, Hari. C'est ça.
Zhala. Viens.
Fais attention, d'accord ?
Vas-y, tu peux le faire.
C'est bien.
Pamu !
Fais attention. D'accord ?
Vas-y.
C'est bien.
Pamu !
Pamu !
Ne regarde pas l'eau !
Ne regarde pas l'eau !
Pamu !
Pamu, concentre-toi sur la falaise !
Non, Pamu ! Pamu !
Non ! Non !
On a eu peur.
On a cru qu'on t'avait perdu.
Moi aussi, j'ai cru.
Pamu.
Prenez soin de vous.
Venez là.
Prenez soin de vous, d'accord ?
Allez-y.
Bonne chance pour ton retour en Espagne.
Merci.
Merci.
Une moustache ?
Il avait une moustache ?
De quoi vous souvenez-vous ?
Adaptation : Pauline Chazalon
Sous-titrage : VDM
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