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Je vous le dis, messieurs. Les vrais boxeurs ont disparu.
La nouvelle g�n�ration n'est rien de plus.
qu'une troupe de ballerines, de danseuses � tutu.
Ou sont pass�s Sullivan, Fitzsimmon, Ketchell, Griffo,
Teddy McGovern et le jeune Gaffney?
Six sous.
Trois boissons, six sous.
Ou est mon...mon portefeuille?
Permettez, professeur.
Merci, je vous rembourserai.
C'est un privil�ge de boire avec vous.
- Vous �tiez le manager de Gaffney? - Plus encore, je l'ai r�v�l�!
C'�tait mon petit gars.
Son crochet du gauche avait la furtivit� d'un serpent.
Il avait le c�ur dur comme un roc et la hargne d'un pitbull.
C'�tait un colosse, non?
Le Grand Promoteur lui a fait raccrocher les gants
une semaine exactement apr�s le 27 mai 1906.
Je n'ai pas dessoul� depuis, messieurs.
Quatre-vingt-dix kilos de muscles!
Regardez autour de vous, vous n'en verrez pas...
Passe dessous.
Il avait un peu l'allure de ce gars-l�,
en plus rugueux.
Pardon, mais ces 50 cents sont � moi.
- Quoi? - Ces 50 cents sont � moi.
- Ah �a, s�rement pas. - Je viens de les poser.
Vous m'accusez?
Rendez-lui sa monnaie, j'ai tout vu.
De quoi je me m�le?
- Voila vos sous, m'sieur, - Navre pour cette pagaille.
Vous n'y �tes pour rien.
Joe, fais sortir les autres.
Joue les dures et je te ferai pareil.
- �a pourrait me plaire. - Ah oui?
�a rajouterait du piment, de la moutarde sur le hot-dog...
- Ce soir apr�s la fermeture. - Sensass.
Excusez-moi, messieurs.
- Il n'est pas commode! - Je le paye pour �a.
Dr�le de loustic.
Mais un des meilleurs managers de tous les temps, et il s'y conna�t.
- Tu finis quand? - A six heures.
- Je t'attendrai. - �a marche, grand loup.
- Un souci, tonton? - "Professeur" pour les intimes.
Edwin J. Bennett pour les autres.
- �a roule, professeur. - Tu es nouveau ici?
- Tu t'appelles? - Steve Morgan, pour tout le monde.
Et d'ou viens-tu, Steven?
Australie, Singapour, Est, Ouest.
- Ah, tu es marin. - Oui, je roule ma bosse.
- Que faisais-tu � Singapour? - Comme ici.
Bucher dans les bouges, virer les so�lards,
prot�ger les dames.
Pourquoi?
Si tu n'as rien � faire vendredi soir,
�a te dirait d'empocher 50 ou 60 dollars?
J'aime pas les coups louches.
Non, je ne te parle pas de �a
mais d'un combat de boxe avec prime � la cl�.
Je cognerais l'arm�e russe, � ce prix-l�.
Alors attends-moi l�, d'accord?
T'envole pas.
Reste l�.
Tu ne devrais pas �couter ce que te dit ce vieux zinzin.
Je serais zinzin de refuser.
Ici le professeur. J'aimerais parler � Jake.
C'est le professeur.
Encore lui.
Quoi?
La recrue de Maloney a des furoncles.
J'ai un rempla�ant pour vendredi soir.
Ecoute, j'en ai ma claque des z�ros que tu me ram�nes.
Non attends, Jake.
Je n'ai pas bu une goutte depuis un mois.
J'ai chang�.
Ecoute, je te fais confiance une derni�re fois.
Mais s'il ne tient pas trois rounds, pas d'oseille, pig�?
Il tiendrait vingt rounds si je lui demandais.
Comme d'habitude, la prime est de 100 dollars.
D'accord, Jake. March� conclu. Au revoir.
Je connais un nouveau bar en ville...
Petit, vendredi soir tu auras 100 dollars en poche.
- Vous prenez combien? - Le manager prend 50...40 dollars.
- 60 pour moi. Ou est l'embrouille? - Il n'y en a pas.
Il te suffit de tenir trois rounds,
neuf petites minutes � combattre.
- Tu as du souffle? - Il n'a que �a.
Assez pour gonfler tes voiles.
Au fait, Steven...
Les affaires avant tout.
Commen�ons l'entra�nement tout de suite.
Si on s'y met maintenant, on sera en forme pour demain matin.
- Et moi, alors? - Tu attendras, poup�e.
Mets-toi au frais pour mon retour.
Crachez le morceau.
Tout �a, c'est des salades!
Votre Gaffney courait comme �a, lui aussi?
Gaffney �tait un pro de l'entra�nement.
Apr�s 15 bornes, il �tait encore frais comme un gardon.
Son uppercut avait la gr�ce d'un petit rat de l'Op�ra.
Ah, le jeune Gaffney...
En tout cas, apr�s ce combat,
c'est moi qui vais changer de m�tier.
Bong sang, c'est dur!
Attention!
Redressez la t�te. Vous pouvez parler?
On m'avait bien pr�venue.
Vous avez mal?
- J'ai froid. - Mettez �a.
- �a va? - Il est en �tat de marcher?
Oui, occupe-toi d'elle.
Je l'emm�ne � la ferme voisine.
L'auto est tomb�e dans le foss�. Le foss�! Va ouvrir, Billy.
J'ignore comment ils vont. Vite, docteur.
Papa, papa!
Couchez-la ici, jeune homme.
Doucement.
L�, c'est bien.
C'est qui, la dame?
- Vous avez du whisky? - Je vais voir.
D�p�chez-vous.
Enlevons �a.
Tout doux.
Comment tu t'appelles?
Ou avez-vous mal?
Tout doux.
- Allongez-vous. - Comment tu t'appelles?
Otez �a.
Faites pas attention, j'ai sept s�urs.
Si vous �loigniez les petits?
Allez ouste. Allez voir votre p�re.
L�...
Tenez �a.
Devant les yeux!
- Ca y est? - Je vous le dirai.
Tu as cach� mon eau-de-vie?
Il y a un couple nu dans le salon!
Et alors? Ou diable est mon eau-de vie?
- Une chance que vous paissiez par l�. - Vous �tes pass�e pr�s.
Mon chauffeur a d� s'endormir. Il va bien?
Oui. Et vous, rien de cass�?
Non, c'est du solide. Mais j'�tais morte de peur.
Rien de fractur� ou de d�bo�t�?
Faites-moi confiance.
Vous allez bien. Je pr�f�rais v�rifier moi-m�me.
Je n'aime pas ces v�rifications.
Pourquoi? Territoire contr�l�?
Vous regardez par les serrures?
Non, j'ouvre la porte et j'entre.
Ca ne m'�tonne pas.
Rhabillez-vous, il fait frais.
Le froid ne me fait pas peur. J'ai de l'isolant.
Ca, on peut dire que vous n'avez pas froid aux yeux.
Bien envoy� pour une bless�e de la route.
Chacun ses armes de d�fense.
- Besoin d'aide, petit? - Non, tout va bien.
Tu en es vraiment s�r?
Tout va bien.
- Tu ne comprends pas... - �a va!
- Tu n'as pas besoin de moi. - C'est �a.
Bonsoir.
Si vous retombez dans un foss�, appelez-moi.
Blague mise � part, je vous dois une fi�re chandelle.
On pourrai-je vous revoir?
- C'est un retour d'ascenseur? - Oui.
- Vous aimez les combats de boxe? - Les bons.
Allez aux Harlem Heights A.C. vendredi.
�a sera court mais fulgurant.
Un pauvre bougre va devoir m'affronter.
Haute opinion de vous m�me.
Je ne me laisse jamais abattre.
- Quel est votre nom? - Steve Morgan.
Je vous r�serve un ticket. Vous viendrez?
- Peut-�tre. - A vendredi, alors.
A bient�t.
Une serviette, Bugsie!
Sensass, petit.
Voici, Bugsie, mon assistant.
Bonjour. D'abord, un direct du gauche...
- Du calme, �a va commencer. - Oh, donne-moi ta main.
S'il se plante, c'est le dernier nullard que tu ram�nes.
Il doit tenir trois rounds.
- Sinon, pas d'oseille. - J'ai compris.
Il y avait donc embrouille.
Laisse-moi t'expliquer.
C'est que tout est bon, pour payer sa bibine.
C'est vrai, j'ai...
Vous me jetez aux lions pour une bonne cuite.
Esp�ce de vieux saligaud.
Vous avez de la chance que j'ai besoin de cette oseille
ou je vous �crabouillerais.
Mais pas de souci, vous pourrez vous souler.
Steven, tu dois tenir trois rounds et ton adversaire est fort.
J'aime me battre.
Oui, mais tu devras suivre les r�gles du marquis de Queensbury.
C'est � lui!
A ce prix-l�, je suivrais m�me les r�gles du roi de Siam.
Bonjour, content de vous voir ici.
Je n'ai pas pu oublier votre visage.
Mets tes pieds dans l'arcanson.
Je ferai vite.
- Rendez-vous apr�s le combat. - Oui, mais...
Steve Morgan.
Oui, bien s�r. Je l'ai souvent vu combattre � Jersey City.
Il reconna�t ses fans les plus fid�les.
Bonne chance.
Tu en auras besoin.
Mesdames et messieurs... au programme ce soir,
dix rounds, quatre-vingt-douze kilos,
Steve Morgan!
Face � lui: cent douze kilos,
le champion poids lourd,
Hammer Jackson!
Souviens-toi, tu dois tenir trois rounds.
Quittez la salle si c'est trop violent.
Vous frappez jusqu'a ce que je vous dise d'arr�ter.
Et pas de coups bas, pig�?
Serrez-vous la main.
Joue le jeu. Quand tu tomberas, je compterai lentement.
Dites �a � l'autre.
N'oublie pas: ne le l�che pas d'une semelle.
- Il encaisse bien. - Evidemment!
Allez, file-lui un bon coup. Vas-y!
T'appelles �a un combat?
Dites, je pense qu'on tient le bon num�ro.
Le bon num�ro? Le prochain champion du monde!
Le jeune Gaffney s'est r�incarn�.
Ou est la sortie?
Je vais me rhabiller. Pendant ce temps, attendez-moi.
Le compteur de mon taxi tourne.
- J'adore les taxis. - Navr�e, Morgan.
C'est la fortune assur�e. Nous allons faire de lui gagnant.
"Nous"?
Tu contaminerais l'air qu'il respire.
Il ne respirera plus tr�s longtemps
s'il fait du plat � la copine de Willie Ryan.
- "Le" Willie Ryan? - Il n'y en a qu'un ici.
S'il apprend ce qui se trame,
il transformera tan �talon en chair � p�t�e.
- C'est impossible. - Vous �tes s�re?
Oui. Aucun risque.
Pardon. Steven c'est l'heure de la douche.
- J'arrive, professeur. - Madame...
Ou balai, j'arrive!
Ne g�chez pas tout.
Partez, le vous verrai dans les journaux.
Vous allez filer comme �a?
Je file comme je veux. Au revoir!
H�, tu veux un dollar? Va voir ou s'arr�te son taxi.
L�, sur la table.
Steven, mon petit, j'ai rajeuni de trente ans ce soir.
De trente verres, plut�t.
Ca, c'est fini. Et toi, tu devrais oublier ce qui nie � ta carri�re.
- J'ai une carri�re? - Oui, un avenir tout trac�.
Tu es un champion, un diamant � l'�tat brut
mais un champion malgr� tout.
Toi et moi avons un bel avenir devant nous.
Mais nous devons r�gl�e un d�tail.
- Lequel? - Cette femme.
Quoi?
Elle appartient au ca�d de la ville, Willie Ryan.
L'excit� de la g�chette? Sans rire.
Alors, tu vas l'oublier?
Tr�s bien.
Et mes 60 dollars?
Je te les donnerai quand tu seras habill�.
Mais, un conseil, �pargne-les.
M�me si c'est du pipi de chat, compar� � ce qui t'attend.
Mets la gomme, Bugsie, je veux sortir d'ici, je m'endors.
Pas autant que Jackson.
Je sais qu�elle y �tait. Comment s'appelle-t-il?
Morgan? Jamais entendu parler. Ce sera tout.
Steve Morgan...
Ne sois pas b�te.
Mlle Mercer est dans son boudoir.
Tu peux disposer.
Entre, Willie.
Bonjour, mon ami.
Laisse-nous.
- Un peu en retard. - Un peu. Tu t'inqui�tais?
Je ne suis pas tomb�e dans un �gout.
Ah non?
Juste avant mon d�part,
une amie de Cleveland m'a appel�e et...
Ce sont des bobards, tu le sais.
Beau combat?
Assez bref.
Un de tes chiens-chiens m'a suive?
Le z�le les pousse � tout me raconter.
Depuis quand cet int�r�t pour les butors?
Depuis que ma voiture a gliss� dans un foss�.
Oublions �a, Willie.
Il m'a aid�e. En retour, j'ai assist� � son match.
Rassure-toi, il est le prototype du primate arrogant, niais et fat.
Tout ce qui t'horripile.
Il me sera sorti de la t�te d'ici ce soir.
Je ne plaisante pas.
Moi mon plus. C'est la premi�re fois que cela se produit.
- Tu as chang�. - J'ai toujours eu mon jardin secret.
je pensais te conna�tre.
Ne t'arrive-t-il jamais, apr�s avoir crois� une jolie fille,
de garder son image � l'esprit?
C'est toi qui hantes mon esprit.
- Je suis d�sol�e. - Pourquoi?
Tout cela est un peu b�te. Si nous rentrions plut�t?
Nous la rencontrons enfin.
Sid Munsey, de Chicago.
Encore plus jolie que vous le disiez.
George Lyons, de Philadelphie.
- Belle ville. - En effet.
- Ca va, Sonny? - Bonjour, petite.
Depuis que j'ai vendu mes pouliches,
je recherche un poids lourd � financer.
Belle a prospect� pour moi.
- Aux tournois de boxe? - Oui.
Ca se passait ou, ce soir?
- Harlem Heights, vous connaissez? - Pas vraiment.
Vous n'en entendrez pas parler. Pas par moi, en tout cas.
Voyez-vous, elle prospecte et se d�sint�resse aussit�t.
Navr�, l'entr�e est r�serv�e!
Trouvez-moi un coin.
Serait-ce notre vieil ami commun Steve Morgan?
- Attends, Willie. - N'aie crainte.
Je vais l'inviter � notre table. Il a l'air seul.
Insistez et je vous ferai jeter dehors.
Vous n'�tes pas assez nombreux.
Steve Morgan?
- Willie Ryan. - J'ai entendu parler de vous.
- Joignez-vous � nous. - Pourquoi pas?
Munsey, voici Steve Morgan.
Ravi de vous rencontrer. Vote r�putation vous pr�c�de.
D�cid�ment, on se croise sans arr�t.
Un de nous doit suivre l'autre.
Oui, c'est un myst�re � �lucider.
A en croire Belle, Morgan est un poids lourd prometteur.
Il vaut le coup d'�il.
On ne s'est pas pr�sent�s.
C'est mon fils adoptif.
Il faut vieux pour son �ge, non?
Oui. Il chasse les parasites qui me collent de trop pr�s.
Il manie � la perfection... la tapette � mouches.
Je vois. Ca restera entre nous.
Mesdames et messieurs, voici Mlle Belle Mercer...
Excusez-moi, je dois travailler.
...avec une chanson de cru, "Downstream Drifter".
Elle en jette, pas vrai?
Oui, jolie chanson.
Pour s�r.
Vous devriez partir, maintenant.
J'aimerais bien danser avec Mlle Mercer.
Elle n'a pas le droit de danser avec les invit�s.
D�guerpissez. Du vent!
Je peux dire au revoir a la demoiselle?
Si �a vous chante. C'est par l�, troisi�me porte a droite.
Merci. Vous �tes un sacr� type.
Va voir qui c'est.
- Comment �tes-vous entr�? - Par la porte.
- Saviez-vous... - Willie m'a autoris�.
C'est gentil de sa part.
Sauviez-vous � quoi vous attendre en venant ici?
Bien s�r.
- Et pourtant... - Je voulais vous revoir.
Ecoutez, Morgan, nous avons bien ri
mais vous avez perdu la t�te, et je tiens � la mienne.
- Je la retrouverais. - Non.
Vous m'avez secourue, j'ai vu votre match.
Nous sommes quittes. Entrez.
- Ca va �tre � vous. - Tr�s bien.
Je peux vous t�l�phoner?
Vous �tes chouette, je vous aime bien.
Mais je ne veux plus vous revoir. Adieu.
Peut-�tre que Sonny devrait te surveiller de plus pr�s.
Pas pour te prot�ger des autres, mais de toi-m�me.
si j'ai envie de me blesser, nul n'y peut rien.
Est-ce le jardin secret dont tu parlais?
J'imagine, Willie.
Je me disais...
Nous nous fr�quentons depuis longtemps.
Peut-�tre �tais-tu trop jeune.
Je n'avais pas vu que tu �tais une enfant.
Agissais-je en enfant?
Je le savais.
Sans doute aurais-je d� �tre plus romantique,
te faire la cour, t'�crire des mots doux, comme dans les livres.
Nous avons �t� trop honn�tes pour cela.
Mais il y a un amour que nous n'avons pas connu.
Il n'en existe que deux.
Tels ces feux de Bengale qu'on embrase au 4 juillet.
Ceux qui s'�lancent, tournoient dans le ciel,
vous grisent et vous rendent heureux.
Et ceux qui s'�teignent en plein vol, aussit�t lanc�s,
et tombent � l'eau, plouf.
Et qu'en �tait-il de notre amour?
Je ne sais pas.
Mais il a �t� grisant et peut encore nous rendre heureux.
Bonsoir, mon ami.
Bonsoir?
Ne nous leurrons pas, Willie.
Laisse-moi me sortir cet homme de la t�te.
Y parviendras-tu?
Je t�cherai.
Ne m'oblige pas � me d�barrasser de lui.
- Vous parliez de moi? - D'ou venez-vous?
D'un chapeau de magicien.
Retournez-y, alors.
J'ai pay� pour en sortir.
Vous ne vous en tirerez pas ainsi.
Je voulais seulement vous voir.
Et plus.
N'imaginez pas que je vais crier � l'aide.
Vous �tes belle, en col�re.
Il y a une vieille fille, au dernier �tage.
Riche, de surcro�t. Si vous alliez forcer sa porte?
Quel �ge a-t-elle?
La cinquantaine.
Je ne suis pas d�sesp�r� � ce point. Elle est jolie?
- Vous faites le difficile? - Ce soir, oui.
Fichez le camp.
Dites vous avez d�j� vu des gard�nias des tropiques?
Fichez le camp.
Vous sentez aussi bon que ces fleurs.
C'est votre deuxi�me compliment.
On dit que leur parfum rend fou.
Ne g�chez pas tout encore une fois.
Vous m'offrez un verre?
Je n'si que de la bi�re.
C'est � �a que j'ai �t� �lev�. Alors?
Dites, vous avez d�j� vu un feu de Bengale?
Oh, vous allez me faire frire la cervelle.
All�, Willie Ryan � l�appareil. Des nouvelles?
Vraiment?
Vous avez v�rifi� les gares?
Mes hommes sont plus comp�tents que vous.
- Et le manager? - Il arrive.
Tu le feras entrer.
Bon, redis-moi �a. Elle est repass�e par ici?
Sa robe d'hier �tait l� et sa valise avait disparu.
Elle �tait accompagn�e?
Il y avait des bouteilles de bi�re mais...
Reste chez elle en attendant.
Allez, gamine, File!
Ici Willie Ryan.
Je vois.
McGinnis et Red feront le guet. V�rifiez aussi les h�tels.
Parlez, et vite!
On m'a menac� d'une arme � Nome, Cripple Creek, Dodge City.
Je n'a pas peur de vous et de vos joujoux.
Alors dites � votre gorille de me l�cher et on s'expliquera.
D'accord, professeur. Asseyez-vous.
- Ou est le boxeur? - Vous le savez.
- Quand l'avez-vous revu? - Au match.
Quand un boxeur devient c�l�bre, les femmes en font un jouet...
J'en ferai du hamburger!
Pourquoi vous l'accusez? Et elle?
- On verra quand elle sera l�... - Elle est l�, Willie.
- Ou est mon petit? - Il est aux anges.
Ca, j'en jugerai. Ou est mon futur champion?
In vous attend dans votre bureau.
- Au revoir, prof. - Au plaisir.
Est-ce si dur de parler? Dois-je commencer?
Qu'est-ce qui t'a pris?
Tu �tais so�le?
Drogu�e? Qu'est-ce qui t'a pris?
Quelque chose de magnifique, de sensass.
Avec un type pareil?
Je savais que tu ne comprendrais pas.
Comprendre ! Et moi, dans tout �a?
Ma petite amie se conduit comme une tra�n�e...
- Tais-toi! - Que dois-je faire?
- Te reprendre? - Non.
Je sais ce que je vais faire...
Tu m'as assez ridiculis�.
Il n'y a donc que �a qui compte?
Vous imaginer ensemble, penser � ce que vous faites...
- Je vous tuerai. - A quoi bon?
Je le brulerai au k�ros�ne. Rien ne m'en emp�chera!
Je l'ai �pous� ce matin.
Pourquoi?
Je l'aime.
Je le desire.
Tout es l�, Willie.
Non, je ne veux pas boire.
Tu peux les garder.
Sans fa�on.
Je recommence � z�ro.
Mais les v�tements seraient utiles.
Je garderai de bons souvenirs de toi, Willie Ryan.
Et je'aimerais que ce soit r�ciproque.
Bien, il ne me reste plus qu'� m'�clipser.
Elle l'a �pous�.
Je ne suis pas en col�re.
Alors comment pourrais-tu l'�tre?
Mais s'il lui cause la moindre tristesse,
je t'autorise � l'�ventrer dans une ruelle.
Oublie ta droite. Il faut donner plus de corps � ta main gauche.
Un bon coup droit, pourtant!
Un champion a deux poings.
Bonjour, ch�rie.
Ce fil ne pouvait pas �tre plus haut.
C'est �a, ne regarde pas ton adversaire.
J'en peux plus. Je vais prendre un verre d'eau.
Que fais-tu l�?
- M�me la journ�e? - Touts le temps.
Evanouis-toi, je te porterai.
Tu es tout collant et j'ai du travail.
- Et alors? - Steven, mon petit...
- Retourne travailler. - Bon, bon...
Encore dix minutes et je reviens.
Ce vieil ivrogne a perdu son sens de l'humour.
Un boxeur est homme d'affaires, n'oubliez pas.
Je croyais que c'�tait vous l'homme d'affaires.
Si vous lui trouviez un autre match?
Des 60 dollars, il ne reste rien.
Peu importe. Il faut que nous parlions, vous et moi.
Entendu.
- Peut-on rester civilis�s? - Ca n'est pas garanti.
Je suis le manager de ce gar�on.
C'est une bonne marchandise qui ne doit pas se g�ter.
- Vous me trouvez nuisible? - Je ne sais pas.
C'est-ce que je veux savoir.
Vous pensez que j'ai flanch� pour ses muscles.
Ca compte beaucoup pour certaines.
Et qu'une fois content�e, je partirai.
Je me trompe?
Pourquoi ai-je �pous� Steve?
C'est vrai.
Pourquoi l'avez-vous �pous�?
J'ai flanch� pour une paire d'yeux
et pour le petit gar�on cach� derri�re.
Je vous crois.
Pardonnez un vieillard qui a dormi trop longtemps.
Soyons amis, professeur.
La maison du professeur?
Bonjour, Black. Entre donc.
Assieds-toi. Je vais te pr�senter le petit.
Vous �tes Belle Mercer?
Je l'�tais. "Mme Morgan", d�sormais.
Je connais fort bien Willie Ryan.
Il est aussi un de mes amis.
Voici M. Black, qui repr�sente Carey au Madison Square Gdn.
Vous allez choisir un vrai boxeur, pour changer?
Assieds-toi. Une chaise, Steven.
Cinq cent dollars dans trois semaines, �a vous dit?
Six rounds contre Ray Harrigan.
- Tu l'as vu combattre? - Non.
Alors pourquoi 500 dollars?
- Une seconde, pourquoi... - Non, attends.
Dans un an, on paiera des fortunes pour voir un de tes matchs.
Mais pour l'heure, tout le monde s'en moque.
Ils veulent te voir en premi�re page des magazines
pour conna�tre celui qui a �pous�
la petite amie de Willie Ryan.
Et c'est pour �a qu'on ne prendra pas moins de 1000 dollars.
Toujours aussi rus�, professeur.
March� conclu: 1000 billets.
500 pour lui et 500 pour que vous soyez assise au premier rang.
- On signera le contrat demain. - 200 d'avance.
Au revoir. M. et Mme Morgan.
Vous faites d�sormais partie du jeu.
A demain pour le contrat. N'oublie pas l'avance.
Dites donc, 1000 dollars au 2�me combat.
Tu as entendu, ch�rie? 1000 dollars!
Apr�s combien de rounds je l'assomme?
Deux cent d'avance. Bon, tu as s�ch�, va te doucher maintenant,
Un vrai gendarme.
Vous nous aviez cach� �a.
Et ce n'est qu'un d�but. Harrigan est dur mais Steve tiendra.
Oui, � l'�couter, il a d�j� gagn�.
On dirait que notre petit gar�on a la grosse t�te.
Qu'� cela ne tienne.
Quand on est aussi dou� que lui,
on peut se permettre d'�tre arrogant la public aime �a.
Vous �tes le patron.
Il faut lui trouver un site d'entra�nement intensif.
Les routes doivent y �tre calmes.
On pourrait aller chez Gus Martin,
dans les Catskills.
Il ne faut pas tra�ner.
Fabuleux. On pourra y passer notre lune de miel.
Une seconde, Belle.
On va devoir y aller seuls, lui et moi.
Je ne peux pas venir?
Eh bien, entra�nement et lune de miel
font rarement bon m�nage.
Vraiment?
La chose a �t� prouv�e � maintes reprises.
Et les femmes de boxeurs?
En p�riode d'entra�nement, elles n'existent plus.
Faites ce que je vous dis sinon vous rendrez service � son adversaire.
D'accord.
Je resterai ici.
C'est un grand enfant.
Et il aime vraiment ma cuisine.
Vous �tes maternelle, j'aime beaucoup �a.
Je n'en reste pas moins femme.
Bour la peine, on ne partira que lundi prochain.
Allez lui annoncer la nouvelle. Je vais en ville.
Vous reviendrez d�ner?
Vous voulez que je revienne?
C'est ce que je pensais.
Tu joues les danseuses?
Laissez-le montrer ce qu�il a dans le ventre.
Il est la pour s'entra�ner, pas s'exhiber.
Qu'est-ce qui se passe?
Mon gant droit a un d�faut.
Et donnez-moi un adversaire de taille.
Par ici, Donovan. Viens m�riter tes 10 dollars.
Encore vous, jolie demi-portion?
J'aime la vue.
Abr�ge, j'ai pas que �a � faire.
J'abr�ge pour personne. Tu fais le fanfaron pour la dame?
Bon, je t'aurai pr�venu.
- C'�tait inutile de l'assommer, - Il l'a cherch�.
- Alors? - J'en ai la chair de poule.
- Ca vous a plu? - Je vous ai vu courir ce matin.
Vous �tes l�ve-t�t.
Je me baigne et me fais bronzer quand tout le monde dort.
Demain matin aussi?
- Certainement. - Bonne nouvelle.
Bon, c'est fini pour aujourd'hui.
A demain, alors. D'accord?
Il re�oit le coup sans broncher.
Harrigan flanque deux direct � Morgan.
Autant frapper l'Empire State Building!
Morgan coince Harrigan dans les cordes.
Il ne le l�che plus. C'est une avalanche.
Morgan a l'agilit�, la puissance et l'�toffe d'un champion.
Et il encaisse dignement!
A�e, Morgan a une coupure � l'arcade.
Mais 2, 3, 4. La t�te de Harrigan n'est plus qu'un punching-ball.
Quelle droite!
Harrigan fl�chit. Morgan le pousse � bout.
Vous deux, �a d� �tre sauvage.
Je n'ai jamais rien connu de tel.
Il est cuit. Une derni�re gauche et on file.
Qu'en dis-tu, Tony?
Il a du potentiel.
Et toi, s�urette, sensible � ses charmes?
J'en ferais bien une statue pour mon jardin.
Dommage que vous n'assistiez pas � �a!
J'aurais aim� mais...
Nouveau round. Morgan surgit, le regard assassin.
C'est l'heure de la cur�e.
Trois coups redoutables au torse.
Harrigan voit trente-six chandelles. Quel combat!
Morgan est impitoyable.
C'est termin�. Je suis sonn�.
MORGAN MET JONES K.O. AU SECOND ROUND !
MORGAN ANEANTIT GUNNER!
MITCHELL LAMINE AU 4EME ROUND
SWEENEY SONNE, MORGAN TRIOMPHANT
MORGAN VAINQUEUR AU 3EME ROUND CONTRE MCWARD
Il ne se d�brouille pas mal.
En tant que boxeur, oui.
Sait-elle qu'il court les autres femmes?
J'attends qu'elle l'apprenne...
avec impatience.
- Il me va bien, non? - Comme un gant.
- Quelle classe! - Belle coupe, mon petit.
Dommage qu'il n'ait pas de nageoire.
Comment �a?
L'esp�ce de queue de poisson, derri�re.
Boisson toi-m�me. Prof, vous n'avez pas chang� d'avis?
La seule fois, j'ai �t� so�l pendant 20 ans.
- A moi, alors! - Sant�!
- Belle t'accompagne? - Oui, elle est en retard.
- Bonne camelote, pas vrai? - Pas mal.
Pour une fois, le gendarme me laisse m'amuser.
Dix-neuf combats, dix-neuf K.O. Tu as le droit de t'amuser.
Il faut l�cher la bride de temps en temps sans quoi tu t'encro�terais.
Mais n'exag�re pas, tu n'as pas l'habitude.
Chaque goutte de ce whisky me rapproche du bonheur.
Oh, pardon. Ou est Morgan? Tu es bless�?
- Voici ma femme. - Enchant�.
Laisse-moi v�rifier.
Elle ne trouve jamais rien.
Tu sais que je suis fi�re de toi.
Vous avez f�t� �a.
Oui, la famille Morgan va s'amuser ce soir.
Bonne soir�e, mon petit.
Tu as r�ussi et tu deviendras champion du monde.
- Et comment! - Assieds-toi, ch�rie.
Par contre, ma ch�re, ne le laissez pas s'amuser trop tard.
Qu'y a-t-il, Bugsie?
Qu'y a-t-il ?
Mon oncle a �t� enterr� en costume mais en queue-de-morue.
- Je n'avais pas vu. - �a me va bien, non?
Tony nous attend au bureau de Carey.
Morgan, ne peut-on donc jamais sortir en t�te � t�te?
Tony est un gros actionnaire de la Garden Corporation.
Quand il faudra donner une le�on de boxe � cet idiot,
le "champion", j'aurai plus de chances de...
Sais-tu � quel point tu manques de modestie?
Oui mais je suis trop b�te pour l'avouer.
C'�tait mon tout premier K.O. Je vous remercie.
- Elle a �t� impressionn�e. - Ah, �a vous emballe?
Oui et pas qu'un peu...
Pas vous, Mme Morgan?
Je m'inqui�te trop pour lui.
Elle a trop �coute de matches � la radio.
Nous y voil�.
C'est ici?
J'adore ce bar et il y a un nouveau show.
- Comment allez-vous, Mlle Mercer? - Bien, Mike.
- On ne peut pas y aller. - Pourquoi pas?
Ne t'inqui�te pas, on ne te demandera pas de chanter.
- Je le sais bien. - Pardon, j'avais oubli�...
Regardez... Que dois-je faire?
Servez-les, ce sont des invit�s privil�gi�s.
On peut entrer, Franck?
M. Ryan, vous vous souvenez de moi?
Bonsoir. �a va, Belle?
Bien, merci.
Tiens, Sonny. Toujours occup� � chasser les mouches?
Bonjour, Sonny.
Elle a l'air d'aller plut�t bien, non?
Elle a l'air sensass.
- Elle doit �tre heureuse. - C'est exact.
On pourra danser, cette fois?
Cela reste � voir.
T�che de t'amuser, Belle.
Heureuse d'�tre venue, Willie.
Vous me r�serverez une danse?
Je le crois d�j�.
Vous �tes un bon danseur?
Que penses-tu?
Qu'est-ce que vous attendez de monter Belle? Ils attendent votre num�ro.
Ne nous faites pas attendre, Mme Morgan?
Bien, sera donn�e ce qu'ils esp�rent...
Ce qui est si dr�le?
Ceci est tr�s amusant.
Il fait chaud ou j'ai trop bu?
Un peu des deux.
Je m'emballe quand vous posez les yeux sur moi.
Vous �tes pourtant mari� depuis peu.
Un homme mari� n'en reste pas moins un homme.
Vous jouez avec le feu, mon ami.
Vous faites marche arri�re?
Je ne vous ai pas fait d'avances.
Je suis lire entre les lignes.
- Vous �tes un expert? - Et comment.
Je vous revois quand?
Invitez-moi � danser.
Une danse, Mme Morgan?
Merci... Je reviens dans un instant.
Tu cherches un mouchoir?
Je vais me repoudrer la nez.
Je te connais.
Tu es sur le point de pleurer.
Plus maintenant.
Le contrecoup du match, sans doute. J'�tais inqui�te pour Steve.
Come s'il s'inqui�tait pour toi...
Devrais-je me faire du souci parce qu'il danse avec une autre?
Je reste ton ami, Belle.
Le professeur lui a dit de se d�tendre et il a un peu trop bu.
Nous nous sommes bien amus�s.
Comme tu l'as dit un jour, ce sont des bobards.
- Morgan m'aime. - Dr�le de fa�on de l'exprimer.
C'est un grand enfant, espi�gle et insouciant.
Pourtant, j'ai h�te de le ramener � la maison.
- Dois-je lui droguer son verre? - Certainement pas.
J'ai plus d'un tour dans mon sac.
De quel genre?
Des astuces de femme...
- Ou est la moutarde? - Ici, Mme Morgan.
- Ne perdez pas votre argent au loto. -Non, madame.
- Vous avez besoin de moi? - Non.
- Vous pouvez revenir demain soir. - Tr�s bien.
Le d�ner est bient�t pr�t.
J'ai cong�di� Soo Ling et tout pr�par�.
Tout ce qui t'est interdit � l'entra�nement,
m�me une tarte � la noix de coco.
Bien s�r que je suis d��ue.
Le professeur veut que je reste.
Des journalistes sportifs essaient de me faire de la pub.
Comme d'habitude.
Sinon, m�me Strangler Lewis ne pourrait pas me retenir.
Ne m'attends pas. Je rentrerai tard.
D'accord. Bonsoir.
Eh bien...
Je ne pensais pas avoir autant de force que Strangler Lewis.
- Bonsoir, ou est Steven? - Je croyais...
Quelque chose sent bon. Ah, c'est vous.
Voici de nouvelles coupures pour votre album.
M�me Gaffney n'a jamais re�u autant d'�loges.
Et l�, ils parlent de moi. Ils disent que je le masse de la t�te aux pieds.
Je suis ravie que vous soyez l�. Morgan n'est pas l�.
Il est all� retrouver ses anciens coll�gues du bateau.
Je vois...
Mme Steve, c'est pas vous qui sentez bon. C'est la cuisine.
N'est-ce pas magnifique?
Tout sur Steve Morgan, le grand homme...
le grand boxeur.
C'est une excellente surprise.
J'�tais seule et...
Vous et Bugsie �tes venus me rendre visite.
Mettez-vous � l'aise le d�ner est bient�t pr�t.
Nous ne pensions pas rester d�ner.
Non, j'insiste. Vous devez rester.
Si on doit, alors...
Vous pleurez?
Ce sont les oignons.
Allons, allons...
Je l'ai vu venir. J'irai parler � cet idiot.
Moi aussi, je l'ai vu venir.
J'aurais d� enfreindre certaines de vos r�gles.
Mais ce sont mes oignions, mes yeux
et je m'en changerai.
Pardon, je ne voulais pas te r�veiller.
Je ne dormais pas.
Quelle perte de temps.
Les journalistes �taient ronds,
le professeur a d� les calmer et j'�tais bloqu�.
Enfin, �a me fera de la publicit�.
Il y a d'autres coupures.
Tu les as trouv�es ou?
Le professeurs les a apport�es. Il a pass� la soir�e ici.
Qu'est-ce qui ne pas, Morgan? Je n'ai pas fait
ce qu'il fallait?
Ch�rie, tout �a ne veut rien dire pour moi.
Comme les autres.
Comme toutes les autres?
Une femme devine ces choses, lorsqu�elle aime un homme.
Elle le dit dans ses yeux.
Elle se leurre en croyant que les autres ne voient pas.
Je l'ai toujours su, Morgan.
- Laisse-moi t'expliquer. - Je ne veux rien savoir.
C'est accessoire.
Mais tu as fait ce que tu as fait.
C'est un coup bas
et j'ai du mal � l'encaisser.
Une derni�re chose et puis on efface tout.
Je vais continuer � remplir ma mission d'�pouse.
Parce que je t'aime.
Et je ne d�sire rien aussi ardemment.
Tu es une chouette fille.
Je ne le serai pas si tu recommences.
Je suis trop fi�re pour cela.
Mais si je compte � tes yeux, ne me laisse pas te ha�r.
J'en serais d�sol�e.
Ca ne risque pas.
MORGAN SE HISSE A LA FORCE DU POING
MORGAN SE PREPARE AU TITRE!
FACE-A-FACE ATTENOU AVEC CARNERA
RENCONTRE MORGAN - CARNERA AUTORISEE
BUDGET SERRE: MATCH REPOUSSE
MORGAN: DES MUSCLES QUI FONT FREMIR LES FEMMES
MORGAN CARTONNE AU THEATRE
"GABBY" MORGAN SANSE SU SCENE
Quelle bonne surprise! Ca faisait longtemps.
Je ne suis pas une groupie. Ou est Steve
Dans sa loge.
Bien. Je me suis dit qu'il rentrerait peut-�tre d�ner.
Une seconde, ch�rie.
Je dormais � moiti�. Tu peux me rendre un service?
- Tu as bu. - Juste un verre.
Tu peux aller me chercher une aspirine?
Attends, ch�rie...
Du gin, seulement?
Tu buvais seul?
Belle, attends un peu.
Demande � la jeune femme de sortir, si elle est d�cemment v�tue.
- Ne commence pas... - L�che-moi.
Sortez.
Enchant�e. Je suis Mme Morgan.
Je vous connais, Mme Morgan. J'aimerais vous expliquer...
Inutile.
Je n'ai pas besoin d'explications.
Si vous pouviez me laisser seule avec mon mari.
Je suis d�sol�, Belle.
Ne dis pas �a, c'est stupide.
C'est pourtant vrai.
Ne prends pas tout �a au s�rieux.
Tu sais qu'elle ne compte pas pour moi.
Je le sais, en effet.
Si c'�tait le cas, je te pardonnerais peut-�tre.
Patron, Belle est ici.
- Et alors? - Seule.
- Fais-la entrer. - C'est fait.
Bonjour, Sonny.
Peux-tu nous laisser, pour cette fois?
Bien s�r.
Heureuse de te voir en forme, Willie.
Comme toujours.
Comme vas-tu?
Bon, raconte-moi tout.
Eh bien...
Je suis une jeune femme aux belles gambettes,
du moins, pas laides,
une voix rigolote et du caract�re, para�t-il.
Et je veux du travail.
- J'ai exactement ce qu'il te faut. - Sensass.
Il y avait une fille ici qui te ressemblait.
Tout le monde l'adorait.
Moi aussi.
Ce poste est-il vacant? Imm�diatement?
Tu ne serais pas ici si tu ne l'avais pas quitt�.
Comment te sens-tu? Un peu secou�e?
Je t'ai quitt� pour une copie de bien pauvre qualit�.
Et je te pr�sente mes excuses, en personne.
Je veux �couter l'orchestre et oublier tout �a.
As-tu repris tes esprits et cess� d'�tre idiote?
Ou l'aimes-tu toujours?
Je le hais et abhorre chaque minute pass�e avec lui.
Tu retrouveras ta loge?
Les yeux ferm�s.
Ce cr�tin a perdu la boule!
On frappe avant d'entrer.
- Rentre � la maison. - J'y suis.
- Tu divagues. - Je vivais ici avant toi.
- Partez tant qu'il est temps. - Je n'ai pas fini.
Ne fais pas �a, Willie! Je t'en prie!
Pars avec lui, Belle...
si tu le souhaites.
Merci, Willie.
Mais j'aimerais rester ici si le poste est disponible.
Vraiment?
Oui, vraiment.
Jamais je ne retournerai avec toi.
C'est impossible, Steve.
Impossible.
Tu as doute raison.
J'ai honte, Willie.
Qu'est-ce qui cloche?
Remets-toi.
Ne te tourmente plus.
Repose-toi ici un moment.
J'ai d�j� choisi la ruelle.
Non, ce serait inutile.
Mais patron...
Mais quoi? Tu ne comprends donc rien?
Elle ignore ce qui lui arrive.
Elle l'aime encore, voil� ce oui cloche.
J'aimerais le...
Pourquoi le match est-il repouss�?
La Garden Corporation aurait perdu beaucoup de bl�.
Le professeur n'a pas les fonds.
Morgan doit engloutir tout leur pognon.
- Combien veulent-ils? - 25000 dollars.
Appelle Grant, du "Tribune".
Am�ne-lui un verre et reste avec elle.
Et ne fais pas cette t�te de chien battu.
Je suis tout aussi d��u que toi.
Oui, Willie Ryan.
Patron?
All�, Grant.
Willie Ryan � l'appareil.
Ecoute, Grant...
R�fl�chis aux gros titres pour la rencontre Morgan - Carnera.
Je sais, je sais... Ecoute-moi.
Dempsey aura un ch�que certifi� avec d�dit d'ici une demi-heure.
Non, n'associe pas mon nom � cette affaire.
Dis qu'il s'agit d'une donation de la part d'un fan de boxe int�ress�e.
D'accord, "tr�s int�ress�!" Au revoir.
Vous rendez un service � cet abruti.
Oui, un grand service...
Carnera va le massacrer.
Je ne vous suis pas, patron. Je croyais que vous enverriez Sonny.
Elle ne va pas l'oublier aussi facilement.
Je vais l'handicaper pour un moment,
leur acheter une cabane et les laisser planter des choux.
Cette histoire va faire du ramdam.
Il aguichera les danseuses, boira du champagne
et pensera gagner haut la main.
Il faut susciter l'engouement.
Arrange-toi pour que tous les petits parieurs misent sur lui.
Je vais lui faire gonfler sa grosse t�te et la crever comme un ballon.
Qu'est-ce qu'il fabrique? Allons-nous-en.
Calmez-vous. Les champions entrent toujours les derniers.
Primo va venir. Il est pay� pour �a.
Pourvu qu'il soit l� le soir du combat.
Ah, la voil�.
- Primo, on parlait de vous. - En bien, j'esp�re.
Carnera, voici le professeur.
Vous connaissez le champion, pas vrai?
Comment �a va?
On m'avait dit que vous �tiez bal�ze.
Oui, il a bon app�tit. Bon, si on s'y mettait?
Asseyez-vous, M. Scoresi.
Prenez tous un stylo.
Jack, mettez-vous entre eux et regardez-les signer.
A la Tex Rickard.
Le jour ou je serai aussi dou� que Tex Richard, je vous �pouse!
Pr�ts, les gars?
Par cette signature, vous vous engagez.
Une offre de ce genre, de nos jours, est un vrai miracle.
Le public attend donc du grand spectacle.
- On est d'accord? - Parfaitement.
- Par contre, qui sera l'arbitre? - Oui, qui?
La Commission le nommera le jour du combat.
Ce n'est pas ce que je veux dire.
- On ne veut pas de Haley. - Et nous d'Eddie Bennet.
Vous avez deux mois pour d�battre de tout �a.
Primo, suivez-moi.
Restez l�, Morgan. J'ai � vous parler.
Allons, allons. Ressaisis-toi un peu.
Pour �a, il me faut un bon whisky.
- Ici Morgan... - �a suffit.
Dor�navant, c'est r�gime sec.
- De quel droit? - J'ai d�cid�.
On retourne � l'entra�nement. Tu as deux mois pour te pr�parer.
�a sera de la tarte.
J'en doute. Tu es mou comme une chiffe.
Va voir les femmes au lieu de boire comme un trou.
Je suis d�go�t� des femmes.
Et je vais �tre sobre, vous allez voir.
Remets-toi, mon petit. On a un championnat � gagner.
"On"? C'est vous qui allez prendre les coups pour moi?
Tu as les nerfs � cause de la rupture.
Oui et c'est pas fini.
Pauvre t�te d'�uf!
Tu as laiss� filer la perle rare et tu vas perdre le championnat.
- Ecoutez, papy, arr�tez de r�ver. - Reste assis!
Tu n'aurais pas d�.
Dor�navant, restez ou vous �tes, je g�rerai mes propres affaires.
- Ou allez-vous? - Je sors.
- Je veux vous parler. - Plus tard.
Dites donc, il commence � avoir la grosse t�te.
- Vous avez de l'alcool? - Oui, des litres.
Vous voulez f�ter �a?
Le jeune Gaffney s'en est retourn� dans sa tombe.
MORGAN AFFRONTE CARNERA!
La foule est au rendez-vous pour le jeune Steve Morgan.
On se presse dans l'enceinte du Madison Sq. Garden.
Et on vient de loin.
Oh, voil� le maire O'Brien, au premier rang, pr�s du ring.
Il serre maintenant la main
� Al Jolson, lui-m�me assis aux c�t�s de Walter Winchell,
qui l'ignore superbement.
Ah, encore des c�l�brit�s! �a n'arr�te pas.
On aper�oit Al Smith.
Bugs Baer, Grantland Rice, Otto Kahn,
Polly Lauder et Gene Tunny, qui est comme vous le savez
l'ex-champion du monde.
Bernard Gimbel, des magasins Gimbel de New York.
Grover Whalen, du comit� de r�ception.
Tommy Hitchcock, le roi du polo sans son cheval.
et enfin Ann Morgan et le cin�aste Nicholas Schenck.
Kate Smith, au premier rang,
occupe les si�ges un, deux et trois.
- Bonjour. - Je vous retrouve enfin.
- J'ai fait le mort. - Vraiment navr�e.
Allez vous asseoir. Bonjour, Willie.
Tu as froid?
Froid dans le dos, peut-�tre.
Il y en a un que j'aimerais refroidir... il s'appelle Morgan.
Les femmes savent �tre dures.
Quand on s'est trop moqu� d'elles.
Ah! �a commence.
L'annonceur est sur le ring,
�a ne va donc pas tarder, et c'est parti!
Mesdames et messieurs,
la commission de boxe de cet Etat
a permis l'organisation de cette soir�e exceptionnelle.
Il s'av�re en effet
que les sportifs et leurs managers
ne sont pas tomb�s d'accord sur les deux hommes
choisis pour arbitrer ce combat.
La Commission a autoris� un 3�me homme, choisi mutuellement,
� faire office d'arbitre.
J'ai grand plaisir � vous pr�senter
le promoteur de ce combat.
L'arbitre,
le monstre de Manassa,
le vieux champion en personne,
Jack Dempsey!
Les juges de ce combat seront
Ed Smith...
et George Blake.
Le chronom�treur n'est nul autre que Billy Coe.
L'orchestre se met � jouer pour Morgan, assailli par la foule.
Voici le champion, Primo Carnera, le colosse des Alpes.
Les cuivres jouent pour lui l'hymne fasciste.
Quelle liesse! Primo Carnera, champion du monde, monte sur le ring.
De la fonte dans une main une enclume dans l'autre.
Mesdames et messieurs,
je suis sur le point de vous pr�senter
les grands noms qui ont marqu�
le monde de la boxe et du catch.
Notre premier homme,
venu de Californie,
est le poids l�ger Joe Rivers.
L'ancien champion du monde cat�gorie poids welter,
Jackie Fields.
Le champion du monde cat�gorie poids moyen,
Billy Papke.
L'ancien champion du monde de catch cat�gorie poids lourd,
Stranger Lewis.
L'ancien champion du monde
cat�gorie poids lourd,
l'homme montagne,
Jess Willard.
Un illustre poids lourd d'hier,
Franck Moran.
Et le dernier mais pas des moindres,
L'ancien champion du monde cat�gorie poids lourd
et un honneur pour la profession,
je vous pr�sente James J. Jeffries.
- Salut, Jack. - Salut, Jess. �a va?
- Oui, et toi? - Tr�s bien.
Un peu plus de monde qu'� Toledo, pas vrai?
Je ne me souviens pas bien de ce jour.
Mesdames et messieurs,
l'�v�nement de ce soir.
Au cours de ces dix rounds de boxe
se jouera le titre de champion du monde cat�gorie poids lourd.
Le pr�tendant au titre � quatre-vingt-douze kilos,
Steve Morgan.
Il s'oppose au champion du monde, a cent vingt kilos,
Primo Carnera.
Messieurs, vous connaissez les r�gles.
Faites du travail propre,
prot�gez-vous � tout moment et pas de coups bas.
Serrez-vous la main.
Attendez, une derni�re chose.
En cas de K.O., n'oubliez pas d�attendre dans un coin neutre.
Que le meilleur gagne.
J'aime voir un homme qui a confiance en lui.
Il y a des hommes que je n'aime pas voir.
D�fends-toi, Steve!
Ne perds pas le contr�le, reste ma�tre!
Attention, Steve!
Steve, le professeur est l�.
- Je sais. - Je vais l'appeler. Il peut t'aider.
Il est venu assister au massacre. Je ne lui en veux pas.
Je ne peux pas les laisser continuer comme �a.
Mais si, ce moulin � vent l'aura bien cherch�.
Pense � ta gauche!
Tu en as assez vu ? Tu veux partir ?
Non, je ne pars pas. �a ne fait que commencer.
Vous devez l'aider, professeur.
Non, il ne veut pas de moi. Allez, Steven, l�ve ta gauche!
Pas de corps � corps!
- Je suis content de vous voir. - Assieds-toi.
Je n'ai aucune chance.
Tu dois te battre comme un fou. Tu aimes �a, pas vrai?
Oui, bien s�r.
Alors prends tes distances, il est trop lourd pour toi.
Et frappe, frappe!
Jack, c'est qui cet homme, dans le coin?
Le professeur est toujours son manager, tout est r�gulier.
Va te rasseoir.
Si tu veux, mais �a n'est pas juste.
Rassies-toi.
Compris? Et souviens-toi, Belle est derri�re toi.
Pense � ta droite!
Concentre-toi.
C'est ton adversaire que tu dois regarder. Ecoute.
Dans les coins du ring, nos hommes se pr�parent.
La cloche du dixi�me round va retentir.
Tout se joue � un coup de poing.
Seul le gong de fin signera la victoire.
La d�cision
des juges
et de l'arbitre de ce combat
est match nul.
Primo Carnera est toujours champion du monde.
Je suis en pleine forme.
Entre, Willie.
Toujours en pleine forme?
J'ai perdu mes esprits, au combat.
Non, toi, tu n'as rien perdu.
On dirait qu'il ne m'est toujours pas sorti de la t�te.
J'assurerai, ce soir, sur sc�ne.
L'�motion r�veille l'artiste qui sommeille en moi.
Tu ne chanteras pas, ce soir.
Le spectacle doit continuer.
Tu ne comprends pas.
Tu es vir�e.
Voil� ton cadeau de d�part.
Un peu amoch� mais je ne te ferai pas de remise.
Vous avez l'air fatigu�.
Accrochez-vous.
Et par piti�, tenez bon.
�a fait mal?
Tu m'aimes toujours?
Ch�rie, je t'aime plus que tout au monde.
Tellement que j'abandonnerais tout.
J'en ai assez d'�tre une vedette.
Je ne veux que toi.
Mais tu ne peux pas tout abandonner
avant de r�ellement �tre une vedette et de tous les battre.
Tu n'as pas termin� ta mission.
Bong sang...
J'ai toujours su que tu �tais une chouette fille.
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