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- Une minute, s'il vous pla�t. Je reviens. - D'accord.
Quelqu'un sonne.
Oui, je sais.
Je n'attends pourtant personne.
Moi non plus.
Allez, ouvrez.
�a alors, c'est Johnny Case.
Ouvrez. Ouvrez ou je casse la porte.
- Johnny. - Bonsoir, Susan.
- �a va ? Ravi de te voir. - Nick.
L�che un peu Johnny et laisse-le entrer. Quand es-tu revenu ?
Depuis peu. Je ne suis m�me pas pass� chez moi.
- Mes sacs g�nent, ici ? - Non.
- Tout va bien. Au revoir. - Deux semaines qu'on t'a pas vu !
- Ne pars pas ainsi. - J'ai rendez-vous. Un taxi m'attend.
- Et alors ? - Mange un morceau.
- As-tu pass� de bonnes vacances ? - Extra, extra, extra.
Il s'est r�gal�.
J'y vais. Elle attend. On s'est quitt�s mercredi.
- Elle ? Qui ? - Ma femme.
- Nick, as-tu entendu �a ? - Tout tourne, tout tourne autour de moi.
Elle n'est pas encore ma femme. Mais bient�t. Tout est arrang�.
Du calme. Tout ira bien.
- Allonge-toi l�. - Une minute.
Bon, vas-y. Raconte-nous tout depuis le d�but.
- Qui est-ce ? - Son nom ?
- Pourquoi elle ? - O� l'as-tu connue ?
- Quel est son m�tier ? - Raconte.
Attendez.
C'est l'amour, mes amis. J'ai d�croch� le bon num�ro.
Elle est...
Je ne peux pas la d�crire, mais vous verrez ses fossettes quand elle sourit.
- Pourquoi n'as-tu pas dit �a d�s le d�part ? - �a va faire d'elle la femme id�ale.
Je l'ai trouv�e. Je pensais plus trouver une fille comme �a.
Douce, intelligente, la petite amie id�ale.
�coute, tu ne nous as encore rien dit.
On ne laissera pas une nana t'embarquer sans se battre.
- Qui est-elle ? Que fait-elle ? - Je sais pas. Que font-elles en g�n�ral ?
Ne me dis pas que tu ne sais rien d'elle.
Mais si. Elle me veut, avec la vie, la maison et les plaisirs que je veux.
- Et sa famille ? - Et sa famille ?
Quoi, sa famille ?
- Sais-tu quoi que ce soit sur eux ? - Non.
Bien s�r que si. Elle a un fr�re, une s�ur et un p�re.
Vous en savez assez maintenant ? Allez, Nick, je dois partir.
Allez, debout mon vieux.
Merci. Je vais �tre en retard. O� est mon chapeau ?
- Eh bien, qu'en penses-tu ? - Je vois tout le tableau.
Le p�re, trop vieux pour bosser. Le fr�re, escroc de billard.
La s�ur change de job sans arr�t car elle est trop jolie.
Pauvre Miss Fossettes se tue au travail pour subvenir � leurs besoins.
Ne serait-ce pas merveilleux ?
Johnny Case d�barque dans sa vie et l'enl�ve.
- Tiens. J'abandonne. - Merci.
Salut Susan. Salut Nick. Je repasserai tout vous raconter sur elle.
- Johnny ? - Quoi ?
�coute, quand tu auras une famille � nourrir et que tu seras un peu juste...
Je ne gagne pas beaucoup en enseignant � la fac, mais...
C'est sympa, mais si je suis un peu juste, s'il y a un probl�me � l'horizon,
tu sais ce que je fais.
Voil�. Et les probl�mes sont termin�s.
Salut, les comiques.
Bonne chance, Johnny.
- Qu'est-ce que c'est ? - Vous avez dit 843, non ?
Ouais, mais...
Elle doit travailler ici.
Merci, vieux.
C'est le vendeur de glaces.
Excusez-moi. Est-ce que Julia Seton vit ici ?
Mlle Seton m'a donn� cette adresse.
Je suis monsieur Case, John Case.
Mlle Julia vous attend, M. Case.
Alors elle habite ici ?
Veuillez m'excuser, mais habituellement,
les visiteurs de Mlle Julia se pr�sentent � la porte d'entr�e.
Je suis d�sol�.
- Par ici je vous prie, M. Case. - Merci.
Excusez-moi.
Diable !
Pardon ?
J'ai dit : "Diable." C'est rien.
Veuillez laisser vos chapeau et manteau ici, monsieur.
Merci.
Bonjour, M. Ned.
Votre p�re vient de partir � l'�glise. Il n'a pas pu vous attendre.
- Suis-je bien rentr� la nuit derni�re ? - Tout va pour le mieux, monsieur.
- D'o� vient cette bosse sur mon front ? - Vous avez gliss� dans la salle de bains.
Je veux un verre dans ma chambre d�s mon retour de l'�glise.
Oui, monsieur.
Dites, ce...
Qu'est-ce que les gens...
Par ici je vous prie, monsieur.
Veuillez attendre au salon, monsieur.
Le deuxi�me bouton.
Je vais avertir Mlle Julia de votre pr�sence.
J'aurais pu monter en marchant.
Mon amour.
Mon amour.
- Bonjour, ma ch�rie. - Bonjour.
Johnny, un peu de tenue.
- Ma ch�rie, o� sommes-nous ? - Chez moi.
Tu m'avais promis de changer cette cravate.
Tes cheveux.
S�rieusement, Julia, qu'est-ce que c'est que tout �a ?
Chez moi, je te dis.
Je te l'ai �crit au dos d'une enveloppe.
Mais c'est �norme. J'en suis saisi. C'est la gare de Grand Central.
Mauvais �cho.
Cesse de critiquer cette maison ou j'appelle la s�curit�.
- Arr�te. Je vais de ce pas � l'�glise. - Attends.
Tu veux savoir ce qui s'est pass� ?
- Je suis all� te demander � la cuisine. - Non.
Je te croyais secr�taire ou compagne d'une vieille dame.
- Ce n'est pas le cas ? - Promis.
- Qu'est-ce que ce truc idiot ? Regarde �a. - Arr�te, Johnny.
Vous devez �tre tellement riches.
Nous ne sommes pas vraiment pauvres.
Tu aurais d� me pr�venir, vraiment.
- �a aurait fait une diff�rence ? - Oui.
Je t'aurais demand� de m'�pouser dans deux jours au lieu de dix.
- Tu es bizarre. - Bizarre, pourquoi ?
Eh bien, de parler de �a.
- D'argent ? Est-ce si sacr� ? - Non, bien s�r que non.
Je suis juste ravi, c'est tout.
Si j'apprenais que tu sais jouer du piano, je serais ravi.
Avoir de l'argent, c'est comme jouer du piano ?
Ce sont deux talents tr�s plaisants chez une fille.
T'en fais pas, coinc� avec une riche, je ferai pour le mieux.
- Mais tu vas gagner des millions, toi aussi. - Mais non, pas moi.
- Si, toi aussi. - Non.
- Si. - Non, pas le fils de M. Case.
Je suis un homme du peuple. J'ai d�marr� dans la vie les mains vides.
L'homme au-dessus de la chemin�e aussi. Que Grand-p�re t'inspire.
- Tu es une de ces Seton-l� ? - Oui, Johnny. Pardonne-nous, mais oui.
C'en est trop.
Ce qu'un homme a fait, un autre peut faire, ou une devise similaire.
Si tu crois que je deviendrai un de ces jeunes loups de la finance, tu...
Allons, ce n'est pas si s�rieux.
Si tu penses qu'annoncer nos fian�ailles � P�re n'est pas s�rieux...
- Tu as dit que tu allais � l'�glise ? - Je suis maligne d'y aller.
Car lorsque P�re est � l'�glise, il ne peut pas parler.
- As-tu si peur de lui ? - Non, mais c'est la meilleure fa�on.
Tu sais, P�re est un homme merveilleux, mais il faut savoir le prendre.
Laisse-moi faire.
D�pose-moi � l'�glise, reviens avant 13 heures pour le d�jeuner,
et ne sois pas en retard.
Sa premi�re impression de toi est tr�s importante.
Devrais-je ramper � quatre pattes ? �a lui plairait ?
Ne plaisante pas.
Allons, ma ch�rie. Ne cessons pas de nous amuser.
- En est-il question ? - Non, mais...
Exprime-toi.
Pourquoi devons-nous tout d�voiler si rapidement ?
Je dois le dire � P�re. Il ne me le pardonnerait pas.
Mais �a pourrait rester un d�licieux secret quelque temps.
Je ne vois pas en quoi cela serait d�licieux.
- Non, ma ch�rie ? - Non.
Tr�s bien.
- �a devient assez compliqu�, n'est-ce pas ? - Pensais-tu que ce serait simple ?
- Je n'avais pas r�fl�chi. - Tu ne pouvais pas.
Johnny, quel est le probl�me ?
Je d�teste l'id�e de m'asseoir avec un autre homme
pour parler de toi raisonnablement.
Mon ange.
�coute, ch�ri, il le faut pourtant.
- Je t'aime, Julia. - Je t'aime, Johnny.
- C'est ce qui compte, n'est-ce pas ? - Ch�ri, c'est tout ce qui compte.
- Un baiser ? - Avec plaisir.
Enfin, Julia, quelle honte. En voil� des fa�ons un dimanche matin !
Qui est ton compagnon, je le connais ?
Johnny, ma s�ur, Linda. Voici Johnny Case.
- Comment �a va ? - Bien, merci et vous ?
- On ne peut mieux. - Bien.
- C'est Johnny Case. Je vais l'�pouser. - Alors tout va bien.
Je vais l'�pouser dans un mois, Linda.
Quoi ?
Case, venez � la lumi�re je vous prie.
- Je ne l'ai jamais vu. - Je l'ai connu � Placid il y a 10 jours.
Mais comment vous �tes-vous rencontr�s ? Dis-moi tout.
- J'�tais... - Je...
Vas-y.
Un matin, je marchais le long de la route vers la patinoire,
lorsque j'ai rencontr� cet homme, qui portait ses skis.
Voyez-vous �a. L'amour pur et simple. Continue, ma ch�re.
Il avait un air �trange.
Je peux le croire. Ses yeux devaient �tre en feu.
Non. En fait, le probl�me venait de son nez.
Je l'ai arr�t� et lui ai dit :
"Excusez-moi. Savez-vous que vous avez le nez gel� ?"
Il m'a dit : "Merci. Pouvez-vous y faire quelque chose ?"
- Culott�. - N'est-ce pas ?
C'�tait elle, la culott�e. En fait, elle me draguait.
Je sais reconna�tre les bonnes choses.
Une minute. P�re est-il au courant de ces �v�nements ?
Je m'en vais tout lui dire � l'�glise.
La g�n�ration moderne.
Jeune homme, j'esp�re que vous r�alisez dans quoi vous vous embarquez.
J'ignorais que mon �pouse aurait une maison � ascenseur.
Ce n'est pas tout. La maison est hant�e.
Des fant�mes ?
D'effroyables fant�mes � chemises en laine et cravates en vison.
Un cadavre dans le placard ?
- Julia ne vous a pas parl� de Grand-p�re ? - Non.
- Il a vol� une voie ferr�e aux actionnaires. - C'est faux.
Et vous avez entendu parler de moi, la brebis galeuse.
�a, c'est une ch�vre.
- Ne fais pas attention. - Fian�ailles annul�es.
Pas de brebis galeuse dans ma belle-famille.
- Cet homme me pla�t. - Bonjour.
Tu le verras au d�jeuner. Au revoir, nous sommes press�s.
Rendez-vous au d�jeuner, frangine.
Je me suis r�gal�e � Placid.
J'y ai rencontr� un jeune homme. Il vient d�jeuner aujourd'hui.
Il s'appelle Case. Johnny Case.
- Je vais l'�pouser, P�re. - Quoi ?
Ai-je bien compris...
Et qui est Johnny Chase ?
- Case, P�re, pas Chase. - D'accord, Case.
P�re.
Peux-tu me dire s'il te pla�t...
Te marier ? C'est bien ce que tu as dit ?
Une belle messe.
- Charmante. - Merci.
- Nous devons discuter tout de suite. - Oui.
Tu ne m'as pas encore dit la moindre chose intelligente sur ce...
Johnny ? Il a un bel avenir. Il travaille chez Sloan et Hobson.
- Je connais Sam Hobson. - Ah bon ?
Bonjour, Julia.
Marjorie. �a a l'air d'aller.
- Un bien beau dimanche, Edward. - Tout � fait.
- As-tu eu un petit accident, Ned ? - Il para�t.
Je ne me souviens pas de m'y �tre trouv�.
- Bonjour. - Bonjour.
Bonjour.
Mets ton chapeau je te prie, Ned.
Je crois que voici M. Hobson.
- Va � la maison. - Oui, P�re.
Prends ton temps.
La bonne porte cette fois.
Mlle Julia n'est pas encore revenue, monsieur.
Je vais faire un tour.
- Vous �tes attendu � la salle de jeu. - Salle de jeu ?
Mlle Linda m'a demand� de vous y envoyer d�s votre arriv�e, monsieur.
Mlle Linda.
- La salle de jeu est au 4�me, monsieur. - Merci.
- H� ! - H�, vous-m�me.
Je suis perdu.
Personne ne vient plus ici. Vous voulez croquer ?
Merci.
Le majordome m'a envoy�.
C'est assez diff�rent. Du reste de la maison, je veux dire.
C'�tait une id�e de M�re.
Elle pensait qu'il fallait un lieu de divertissement dans la maison.
Elle s'y trouvait aussi souvent que nous avant de mourir.
Je pense que c'�tait un refuge pour elle.
Elle �tait merveilleuse.
Regardez cette poup�e.
- Elle �tait � Julia. - Ah oui ?
Elle l'adorait.
Dieu sait qu'elle l'aimait.
Elle lui ressemble.
Aimait-elle �a aussi ?
Ne dites pas de mal de Leopold. Il est tr�s sensible.
- Il est � vous ? - Il me ressemble.
- Qui est le musicien de la famille ? - Mon fr�re, Ned.
Je l'ai vu ce matin. Du moins, j'ai vu quelqu'un avec une gueule de bois.
C'�tait bien Ned.
Il aurait pu devenir un excellent musicien.
- Que voulez-vous dire ? - Si P�re ne s'en �tait pas m�l�.
- Qui faisait du trap�ze ? - Nous tous.
Et un affreux cousin appel� Seton Cram.
Lui et moi nous balancions et nous crachions dessus.
- C'�tait sympa, comme jeu. - Je peux dire que je ne ratais pas souvent.
Voici Julia et moi, enfants.
Elle �tait d�j� tr�s belle, n'est-ce pas ?
Case ?
Quoi ?
J'aime ma s�ur Julia plus que tout au monde.
Je vous comprends, moi aussi.
Elle est si douce, vous n'avez pas id�e.
Si.
Ne trouvez-vous pas qu'elle est � la fois belle et sexy ?
Arr�tez. Je deviens nerveux.
Il est extr�mement important qu'elle �pouse la bonne personne.
- C'est important pour tout le monde. - Particuli�rement pour Julia.
Je suppose que vous avez conscience de d�parer dans ce paysage ?
Pourquoi ?
Vous ne savez pas quels hommes nous c�toyons. O� �tiez-vous ?
Je travaillais.
- De nuit ? - De nuit aussi.
Et ces vir�es � Placid ? Allez, Case, avouez tout.
Vous savez quoi ? C'�tait mes premi�res vacances.
- Non. - Si.
- Alors vous travaillez depuis peu. - Uniquement depuis l'�ge de 10 ans.
- Dix ans ? - Oui.
� quoi ?
Tout ce que je pouvais trouver. Dans la finance depuis quelques ann�es.
Elle peint ? Elle ne m'en a rien dit.
Non, n'y touchez pas.
- Pourquoi, elle n'est pas dou�e ? - C'est � moi.
Ci-g�t Linda l'artiste. Paix � ses cendres.
Franchement, j'�tais nulle.
Qu'avez-vous essay� apr�s cet �chec en peinture ?
- Case, essayez-vous de me faire parler ? - Bien s�r, allez.
- Vous voulez vraiment savoir ? - Vraiment.
Eh bien, j'ai essay� la sc�ne.
Voulez-vous assister � la sc�ne du somnambule de
- "Va-t'en, damn�e tache !" - Non, une autre fois.
Les profs de l'�cole de Miss Porter trouvaient que c'�tait prometteur.
- Quoi d'autre ? - Il y a eu beaucoup d'�pisodes amusants.
J'ai voulu que P�re me laisse suivre une formation d'infirmi�re.
J'ai failli �tre arr�t�e en tentant d'aider des gr�vistes � Jersey.
Comment savoir que P�re faisait partie du conseil d'administration de la soci�t� ?
Mon probl�me, c'est que je n'ai jamais pu d�cider
si je voulais �tre Jeanne d'Arc, Florence Nightingale ou John L. Lewis.
- Qu'y a-t-il, en avez-vous assez ? - Oh ! Oui.
M�me avec ce mus�e qui vaut des millions ? Et tout ce marbre en bas ?
Case, � c�t� de la vie que je m�ne,
le dernier des encha�n�s s'amuse.
Vous avez besoin de vous reposer de ce que vous faites jour apr�s jour.
Vous voulez dire de ce que je ne fais pas ann�e apr�s ann�e.
De quoi sont faites vos journ�es, Case ? Votre vie est-elle merveilleuse ?
Parfois.
- Mais �a n'a pas �t� le cas ? - Ma vie n'en est pas une.
- Que vous prescrivez-vous ? - Des vacances.
- Longues ? - Autant que possible.
- Juste pour vous amuser ? - Non, je travaille depuis l'�ge de 10 ans.
Je veux d�couvrir pourquoi je travaille.
�a ne peut pas �tre pour payer des factures ou amasser de l'argent.
M�me dans ce cas, l'�tat vous en prend pas mal.
- Mais pourquoi, alors ? - C'est bien ce que je veux d�couvrir.
Le monde change. �a bouillonne d'id�es nouvelles �� et l�.
Bonnes ou tordues, elles touchent toutes notre vie.
Je veux savoir o� je me situe et ce que cela signifie pour moi.
Je ne peux pas le d�couvrir assis � un bureau.
Je vais mettre de l'argent de c�t� et m'arr�ter.
- D�missionner ? - Oui.
Je veux profiter d'une partie de ma vie.
Le seul pi�ge est qu'il faut que ce soit la partie jeune.
� retraite jeune, travail vieux.
Retravailler quand je saurai pourquoi je travaille.
- Vous comprenez ce que je veux dire ? - Je comprends tr�s bien.
- Julia est au courant ? - Non.
J'attendrai d'avoir assez d'argent.
Elle en a assez pour deux ou m�me pour dix, d'ailleurs.
Je ne veux pas son pognon. Je dois le gagner moi-m�me.
C'est stupide.
Mais vous �tes bien comme �a. Vous n'avez pas encore �t� attrap�.
- Par quoi ? - La v�n�ration des riches.
- Faites-y attention, Johnny. - Non, pas moi.
- Qui m'a pris le scotch ? - Que s'est-il pass� � l'�glise ?
- Il �tait dans mes bottes de cheval, un litre. - Neddie, ferme-la. Julia l'a dit � P�re ?
Je ne suis pas venu l� depuis longtemps.
Qu'a dit P�re ?
Nous l'avons laiss� alors qu'il parlait de ce type avec M. Hobson devant l'�glise.
- Mais qui est ce type ? - C'est moi.
En plus, c'est un type bien. Johnny Case, mon fr�re, Ned.
Comment allez-vous ?
F�licitations ! �tre l� me donne la chair de poule.
Je racontais � Johnny certains de nos r�ves d'enfance.
Et quels r�ves.
Il est accord�.
Je pensais que tu reviendrais finir le concerto que tu composais.
Le concerto de Seton en fa majeur.
Allez, Neddie. Joue-le.
Joue-le, Neddie. Johnny et moi tiendrons, n'est-ce pas ?
Vous voulez vraiment l'entendre ?
Non, Neddie.
J'ai vant� ton talent.
Bonjour. Que faites-vous tous ici ?
Quelle matin�e.
- Qu'a dit P�re ? - Il n'est pas encore rentr�.
Pr�venez-moi de l'arriv�e de M. Seton. Sonnez deux fois. Merci.
- �tait-ce affreux � l'�glise ? - Non, mais l'orage menace.
Tu...
- Johnny, tu n'as pas chang� de cravate. - C'est vrai.
Ce n'est pas grave. Ned peut t'en pr�ter une.
Je me sens comme une ch�vre que l'on pr�pare au sacrifice.
�a, c'est une brebis.
Prends un verre.
- Nous devons vous pr�parer. - J'appr�cierais.
D'abord, P�re voudra savoir si vous �tes bien fourni.
- Fourni ? - Riche. Combien ?
C'est inattendu d'un homme comme P�re, mais l'argent est notre Dieu ici.
- Johnny, ce n'est pas vrai du tout. - Non ? Alors quoi ?
Alors, jeune homme ?
Eh bien, monsieur, j'ai exactement 34 dollars en poche
et un coupon pour la s�ance de nuit au cin�ma du lac Placid.
Aucun titre de premier ordre, aucun bois vallonn� ?
J'ai quelques actions cot�es en bourse rang�es au chaud...
Quelques-unes, non. Il ne fera pas l'affaire.
Il est beau, mais juste un gar�on de plus aux yeux riv�s sur la pendule.
- Quelle est votre position sociale ? - Pas inoubliable non plus.
Votre m�re n'�tait m�me pas une V.I.P. ?
- Non. - Linda, j'aimerais que tu te taises.
- Peut-�tre a-t-il un juge dans sa famille. - Oui, �a aiderait.
Le fils du vieux juge Case. Piliers blancs, guitares � gratter.
- B'soir, ma�tre. - Comment �a va, Mam'selle Linda ?
- Connaissez-vous des gens importants ? - Juste par hasard.
Mardi dernier, � un combat de coqs chez Mme Onderkonk, j'ai vu Mme Marble.
- J'ai cru mourir de rire. - Balivernes.
Elle m'appelle "Johnny"...
- Linda, vas-tu te taire ? - Je me r�gale.
C'est affreux.
R�alisez-vous que vous risquez d'�pouser l'une des 60 familles am�ricaines ?
Dans ce genre de situations, je me demande
ce que ferait la General Motors et je fais le contraire.
Tant que tu ne fais pas un saut p�rilleux arri�re.
- Vous savez faire �a ? - Oui.
Apprenez-moi. Je sais faire presque tout le reste.
Ce serait dommage que �a n'ait pas lieu, ce serait vraiment dommage.
Oui, �a serait vraiment dommage que ceci n'ait pas lieu non plus.
Bon, en piste.
C'est P�re. Il est rentr�. Viens Johnny.
- Et mon saut p�rilleux ? - Non.
Linda et moi descendons lui parler. Va avec Ned.
- Pourquoi ? - Tu n'es pas cens� �tre arriv�.
- Quand dois-je arriver ? - 13 heures.
13 heures.
S'il te pla�t, change de cravate.
Ned te dira quand tu dois te montrer.
�a devient tr�s compliqu�, si tu veux mon avis.
Personne ne te le demande. Allez, vas-y. Fais ce qu'on te dit. Arr�te.
Allez, Case. N'attendez aucune simplicit� ici. Pensez � une fa�ade sur la Cinqui�me.
Pr�te-lui une cravate, Ned.
- Tu l'appr�cies, n'est-ce pas ? - Elle me demande si je l'appr�cie.
Ma ch�re, r�alises-tu que la vie est entr�e dans cette maison ce matin ?
Ch�rie, ne le laisse pas s'enfuir.
Ce sera la m�me histoire, bien s�r.
- On m'�pouse pour mon argent. - C'est toujours flatteur, n'est-ce pas ?
� quoi bon avoir tout �a si ce n'est pour rencontrer des hommes sup�rieurs.
Linda, je d�teste que tu parles comme �a.
Mais, Julia, s�rieusement, il est le printemps, une bouff�e d'air frais.
Sais-tu comment il appelle la maison ? Un mus�e.
Julia, voici ta chance.
C'est �a.
Je veux que P�re voie que Johnny a les m�mes qualit�s que Grand-p�re.
Tu ne le connais pas.
Tu ne sais ni d'o� il vient ni o� il en est.
- Ni o� il va. - Je le sais.
Je sais, je le vois tr�s clairement.
Si tout se passe bien, quand allez-vous l'annoncer ?
- Tout de suite. Samedi prochain. - Ma ch�rie, laisse-moi organiser une soir�e.
�coute-moi, je ne veux pas que P�re s'en m�le du tout.
C'est la nuit du premier de l'an.
Julia, amusons-nous dans cette maison avant que tu partes.
- Si P�re est d'accord. - Pas de si. Juste quelques invit�s.
Juste tes amis et ceux de Johnny, dans la salle de jeux.
Laisse-moi l'organiser.
Laisse-moi faire quelque chose pour toi, pour une fois. Moi, Julia.
�a me ferait plaisir ma ch�rie, vraiment.
Tu vois, c'est extr�mement important pour moi.
Personne d'autre que moi ne doit se m�ler de ma soir�e.
Tr�s bien.
S'ils s'en m�lent, je ne viendrai pas.
Linda,
ce sera affreux de te laisser.
Julia, je ne sais pas ce que je vais devenir lorsque tu vas nous quitter.
Je dois faire quelque chose.
Je dois sortir, partir, faire quelque chose, ou je deviendrai folle.
Je pourrais m'allonger et mourir de suite.
Mon Dieu, je n'ai pas l'air malade, si ?
Tu sais, c'est un mus�e.
Ne t'en fais pas pour moi, �a ira. Occupe-toi de toi.
Ne le laisse pas t'intimider.
- Bonjour. - Bonjour, P�re.
- As-tu vu M. Hobson ? - Rapidement.
Il y a autre chose � prendre en compte. Quels sont ses ant�c�dents ?
Qu'a dit M. Hobson ?
Nous ne devons pas nous pr�cipiter, n'est-ce pas ?
Je veux me marier le 10 janvier. C'est dans 2 semaines � partir de mardi.
Impossible.
- Pourquoi ? - Pourquoi ?
Je ne veux pas de longues fian�ailles.
Ce gar�on a un charme fou.
- Tu le connais ? - J'en ai entendu parler.
Du charme.
Je suppose que tu recherches le m�rite. La rumeur veut qu'il en ait aussi.
Un gars tout � fait remarquable. Une sacr�e prise, en fait.
As-tu la section financi�re du
Non. Quand je le peux, j'essaie de me reposer le dimanche.
� propos, je souhaiterais que tu restes au bureau jusqu'� 18 heures.
- 18 heures ? Pour quoi faire ? - Pour montrer l'exemple aux autres.
- Mais je n'ai plus rien � faire apr�s 15h. - Tu trouveras quelque chose.
P�re, si tu crois que je vais faire semblant...
M'as-tu compris, Ned ?
P�re, qu'a dit M. Hobson ?
Ce n'�tait ni le lieu ni le moment de parler de �a avec lui.
Je lui ai dit de passer ce soir.
Mais, P�re, qu'a-t-il dit ?
Son rapport n'�tait pas d�favorable du tout.
- �a a d� te d�cevoir. - Il semble �tre capable de faire des affaires.
Il a r�ussi � r�organiser la soci�t� Seaboard Utilities.
- Seaboard ? Pauvre gars. - Un gars astucieux, peut-�tre.
Hobson dit que l'avenir de Seaboard a l'air favorable.
Achetons des actions demain matin.
Mais on en sait trop peu sur les ant�c�dents de M. Chase.
Case, P�re.
Laisse tomber. Chase a un son bancaire tr�s doux.
- P�re, il est de Baltimore. - Bien, des actions d'avant-guerre, j'imagine.
N'y avait-il pas un juge Case ?
Je veux en savoir plus sur ce jeune homme que son nom et son lieu de naissance.
Il serait pr�f�rable qu'il me trouve seul en arrivant,
afin que je puisse mener l'enqu�te � ma fa�on.
Je ne veux pas que le th�me des fian�ailles soit le premier de la conversation.
Veux-tu que je me cache sous le sofa afin de prendre des notes en st�no ?
�a ne sera pas n�cessaire.
Le pauvre type devrait voir au moins un visage sympathique dans l'assembl�e.
Oui, Henry ?
- M. Case souhaite �tre annonc�, monsieur. - Oui, Henry.
Vous trouverez tous un pr�texte pour vous faire excuser.
Ne fl�chis pas, P�re. Aucun doute, c'est un imposteur.
- P�re. - Oui, Julia ?
Souviens-toi, je sais ce que je veux.
Entrez.
J'esp�re ne pas �tre en retard. Quelle circulation !
P�re, voici M. Case.
- Enchant�. - Enchant�, monsieur.
Ma fille, Linda.
- Enchant�e. - Enchant�.
Et mon fils, Edward.
- Enchant�. - Enchant�.
Ned, tes s�urs et toi devriez passer le coup de fil dont vous parliez...
Je tiendrai compagnie � M. Case.
Nous revenons tout de suite, Johnny.
Que ferait-on sans t�l�phone ?
Tu avais quelque chose � faire, Linda ?
Moi ?
Je n'arrive pas � m'en souvenir.
Il semble que la neige veuille bien nous laisser tranquilles cet hiver.
J'aime la neige. C'est pourquoi j'�tais � Placid.
Placid ? Oui, ma fille Julia en revient juste.
Oui, je sais.
- Vous travaillez � New York, M. Case ? - Oui, monsieur, chez Sloan et Hobson.
Un excellent cabinet.
- New-yorkais de naissance ? - Non, non. Je suis n� � Baltimore.
Le 6 juillet 1908. J'ai 30 ans.
J'avais beaucoup de bons amis � Baltimore.
Voyons. Les White, M. Et Mme Clarence White.
- Peut-�tre les connaissiez-vous ? - Non, je ne crois pas.
- Non ? Il y avait la famille d'Archer Fuller. - J'ai bien peur que non.
Voyons, le Colonel Evans, le vieux Philip Evans.
Non.
Je n'y suis pas all� depuis des ann�es et je ne les y aurais pas connus.
Mon p�re avait une petite �picerie � Baltimore.
Oui. Il n'a cependant jamais bien r�ussi,
et � sa mort, il a laiss� des dettes que m�re a eu du mal � rembourser.
Je n'�tais alors qu'un enfant et je ne pouvais pas beaucoup l'aider.
M�re est morte en mai, juste avant mes 16 ans.
C'est triste.
Oui, c'�tait assez triste.
Je n'avais pas de relations, sauf un oncle,
qui est couvreur � Wilmington.
Il ne valait pas grand-chose. Il �tait port� sur la boisson.
Nous avons un oncle comme �a, mais il �vite les toits.
M�re voulait que j'aille dans une facult� de la c�te est.
J'ai donc travaill� dur pour faire Harvard.
En vacances, je travaillais dans une aci�rie et dans une usine auto.
Un �t�, j'ai conduit une benne � ordures.
Admirable.
Non, c'�tait juste les seuls boulots que je pouvais trouver,
mais dans une aci�rie, on apprend des choses qu'on n'apprend pas � Harvard.
Quoi d'autre, monsieur ?
Veuillez m'excuser ?
Je l'esp�re bien.
Que voudriez-vous savoir de plus � mon sujet ?
Voyons, c'est...
Eh bien, M. Seton, si nous en parlions ?
- Si nous parlions de quoi ? - De Julia et moi, de notre mariage.
Voyons, c'est une telle surprise pour moi.
Je ne sais vraiment pas que vous dire.
- Eh bien, "oui" serait agr�able. - Je m'en doute.
Cependant, j'ai bien peur de devoir aborder cette question plus prudemment.
Le seul ennui est le manque de temps. Julia souhaite le 10 janvier. Moi aussi.
Nous verrons �a.
Puis-je vous demander de quelle fa�on ?
M. Case, je ne vous connais pas du tout.
Je vous en donnerai pleinement l'opportunit�.
- D�jeuner demain ? - Demain, j'...
Mardi ?
Rendez-vous au Bankers' Club, vendredi � 13 heures ?
D�sol�, mais vendredi je suis absent. Un rendez-vous d'affaire � Boston.
Demain, donc.
Je verrai si je peux d�placer mes rendez-vous.
Ned, Julia, c'est l'heure du d�jeuner, n'est-ce pas ?
En attendant, M. Sloan ou M. Hobson vous diront du bien de moi.
Je suis d�cent et raffin� et j'aime votre fille, ce qui n'est pas difficile.
Elle a l'air de m'appr�cier aussi et c'est tout ce qu'on peut dire de moi,
sauf que nous avons de grandes chances d'�tre heureux.
- Je le crois. - Allons, P�re, sois gentil.
La question est trop importante pour �tre exp�di�e.
Vous vous marierez quand je l'aurai d�cid� et le jour que je choisirai.
- Nous voulions le 10. - C'est hors de question.
- Oui, Henry ? - Le d�jeuner est servi, monsieur.
- M. Seton, je... - Le d�jeuner est servi, M. Chase.
Fort int�ressante, votre cravate.
Merci.
J'ai un tailleur qui fait mes cravates depuis des ann�es,
et je pense reconna�tre ce motif.
C'est tout � fait possible, monsieur, parce que c'est votre cravate.
Ned et moi pensions qu'elle me porterait chance.
P�re.
Entre, Julia.
Je t'ai apport� un chocolat chaud.
Merci.
Je viens de voir partir M. Hobson.
- Avez-vous eu une agr�able discussion ? - Oui.
P�re,
qu'as-tu d�cid� ?
Le mariage est une �tape importante pour une jeune fille.
M�re �tait plus jeune que moi quand elle t'a �pous�.
En m'�pousant, sa famille et elle ne risquaient rien, ni financi�rement,
ni, d'ailleurs, spirituellement.
- Johnny r�ussira dans les finances. - Aucun doute l�-dessus.
- Hobson me dit qu'il a des possibilit�s. - Je le sais.
Alors, c'est d'accord ?
- Tu vois ce cigare ? - Oui.
Je fume cette marque de cigare depuis 35 ans.
Ton grand-p�re fumait la m�me.
Je connais la qualit� de ce tabac car je poss�de la plantation o� il pousse,
et je sais, lorsque je l'allume, qu'il va br�ler doucement et agr�ablement.
Et je sais qu'il ne va pas m'exploser au visage.
As-tu peur que Johnny t'explose au visage ?
Une nouvelle mentalit� se r�pand dans le monde d'aujourd'hui,
un esprit de r�volte. Je ne le comprends pas et je ne l'aime pas.
Ne t'inqui�te pas pour Johnny. Je le connais mieux que toi.
Ma ch�rie, je ne t'ai jamais refus� quoi que ce soit que je pouvais te donner.
Il br�lera, P�re, calmement, r�guli�rement, agr�ablement.
Je ne pense qu'� toi et � ton bonheur.
P�re,
fais-moi confiance.
Je ferai attention � moi.
Merci.
- Peut-on l'annoncer au r�veillon ? - J'organiserai une soir�e.
C'est merveilleux !
Linda avait parl� d'organiser une soir�e elle-m�me.
Une de ses id�es.
Nous savons maintenant toi et moi comment r�agir aux id�es de Linda.
- C'�tait tr�s gentil de sa part. - Linda a des impulsions g�n�reuses.
P�re ?
Entre, Linda.
C'est oui ?
P�re, je savais que tu accepterais.
- Fais attention, tu vas �teindre mon cigare. - Qu'est-ce qu'un cigare, ce soir ?
Ma ch�rie, je suis ravie. As-tu pr�venu Johnny ?
- Je n'ai pas eu le temps. - T�l�phone-lui maintenant.
Alors, sonnons les cloches. Lan�ons des fus�es.
Allumons toutes les lumi�res de la maison.
P�re, n'es-tu pas fier de toi ?
M�re aurait �t� si heureuse.
M�re, tu l'adorerais.
N'oublie pas que j'organise la soir�e d'annonce des fian�ailles.
J'ai tout pr�vu. Juste quelques amis, les amis de Johnny et ceux de Julia,
tous dans la salle de jeu.
Pas de formalit�s, ni de cravates blanches, ni d'invitations grav�es.
M. Edward Seton vous invite le samedi
31 d�cembre � 22h30 - RSVP
J'aime ta cravate.
- Au fait, o� est Linda ? - Elle ne va pas tarder. J'en suis s�re.
- Elle d�teste les soir�es mondaines. - Mais pas celle-ci ?
Johnny, regarde P�re. Il est plein d'enthousiasme.
Tu as totalement gagn� son c�ur.
- Il a �t� tr�s aimable avec moi. - Il est si gentil.
Il a organis� toute la soir�e lui-m�me.
Est-ce le type en question ?
Au moins, il n'est pas mal.
- Bonjour, oncle Edward. - Bonsoir.
- Seton. - Bonsoir, oncle Edward.
Voil� Laura et Seton Cram. C'est mon cousin.
Dites-moi, quand annoncerez-vous la grande nouvelle ?
Ce sera une surprise, peu apr�s minuit.
Eh bien, Julia a l'air divinement heureuse.
Quoi de neuf avec Linda ? Nous ne l'avons pas vue de la soir�e.
Linda est souffrante. Si quelqu'un demande, veuillez expliquer qu'elle a une migraine.
Oui, bien s�r, les migraines de Linda.
Ne vous en faites pas, mon cher, nous comprenons parfaitement.
Elle descendra avant l'annonce.
Bien s�r.
Ne vous inqui�tez pas mon cher, laissez-nous faire, d'accord ?
C'est une agr�able soir�e.
Qu'est-ce qu'il arrive � Linda ?
Bonjour, Dorothy, vous �tes superbe.
- O� a-t-elle trouv� cette horrible robe ? - Oncle Edward est inquiet, non ?
- Bonjour, Bunny. - Bonjour, Seton.
Des enfants comme Ned et Linda m'inqui�teraient aussi.
Maintenant, il accueille un inconnu dans la famille. Je n'approuve pas du tout.
Venant de Linda, oui, mais que Julia ram�ne un arriviste inconnu...
M�re en est furieuse.
Il est visiblement int�ress� par l'argent de Julia.
Bonjour, comtesse.
Il ne fait m�me pas partie du Harvard Club.
Julia, ma ch�rie, tu es splendide.
- Bonjour, Laura. - Merci.
- Bonjour, Seton. - Je suis cousine Laura, ravie de la nouvelle.
Ma ch�rie, il est s�duisant, n'est-ce pas ?
Voici mon mari, Seton Cram. C'est le cousin de Julia.
- Je suis une cousine par alliance. - Bon choix d'alliance.
F�licitations.
- Merci, M. Cram. - Pas "monsieur", on a grandi ensemble.
Nous avons entendu tant de bonnes choses sur vous.
- Vraiment ? De qui ? - Eh bien, tout le monde.
Ma ch�rie, quel dommage pour Linda.
Elle n'a pas de chance avec ses migraines, n'est-ce pas ?
Non.
Voici Ned. Nous le cherchions. Viens. � plus tard.
- Au revoir, Johnny. - � plus tard, Johnny.
Ned, as-tu parl� � Linda ?
Que pensez-vous de Seton et Laura ? N'est-ce pas un privil�ge de les rencontrer ?
Qu'a dit Linda ?
Courage, Johnny.
Si vous trouvez Seton et Laura ennuyeux, attendez de voir les autres.
Plus vous en savez sur nous, les Seton, plus nous devenons impressionnants.
P�re voulait une grande famille. M�re lui a donn� Linda tout de suite.
Linda �tait une fille, alors elle a eu Julia, une fille aussi. Un vrai d�sespoir.
L'ann�e suivante, M�re m'a eu, et la joie s'est r�pandue dans le royaume.
Un gar�on, le nom respectable des Seton allait donc prosp�rer.
Quelle consolation pour P�re. M�re a d� avoir toute sa reconnaissance.
Buvez � ma m�re, Johnny.
Elle a essay� d'�tre une Seton, puis a abandonn� et est morte.
Vous racontez n'importe quoi, Ned.
Mais non.
Ned, qu'a dit Linda ?
- Elle va descendre, non ? - Ne me fais pas rire, ma s�ur.
- Que se passe-t-il avec Linda ? - Rien, Johnny.
C'est vrai, ce n'est rien. Juste un caprice de Linda.
Cette petite idiote voulait faire une soir�e � sa fa�on.
Entre P�re et toi, vous avez tourn� sa fiesta en enterrement de premi�re classe.
Elle aurait d� r�aliser que P�re ne pouvait pas annoncer les fian�ailles simplement.
Elle aurait d�, mais contrairement � moi, Linda a toujours espoir.
Levons nos verres � Linda.
Ned, s'il te pla�t, tu n'as pas arr�t� de boire depuis 20 heures.
Oui, ce vilain Ned. Le soir du r�veillon, en plus.
Johnny, essaie de l'arr�ter.
Je boirai autant que je le d�sire dans les soir�es o� j'accepte d'aller.
Autant que je le d�sire signifie tout ce que je peux avaler.
C'est ma protection contre tes amis ennuyeux.
Pas de chance, Linda n'a pas de protection.
Robert, un autre whisky, je vous prie.
Ned, ralentissez un peu.
Oui, commandant.
- Votre nom, monsieur ? - Mon nom est professeur Nicholas Potter.
Et mon �pouse, Susan.
Nous sommes invit�s.
Le vestiaire des femmes se trouve � la deuxi�me porte � gauche.
Merci.
- Bonsoir, M. Thayer. - Tr�s bien.
- La nouvelle ann�e approche. - C'est vrai, monsieur.
- Encore une heure. - Une heure et 38 minutes, Edgar.
Merci, monsieur.
- L'ascenseur est au fond � droite. - Est-ce trop demander...
Bonsoir, M. Jennings.
- La nouvelle ann�e est proche. - Une heure et 27 minutes, Edgar.
- Il est en avance. - Oui, monsieur.
L'ascenseur est au fond � droite.
- Merci, mais vous avez ma chaussure. - Veuillez me pardonner.
Pas de mal.
Une erreur bien naturelle.
Merci, je vais m'en charger.
Ne dis rien, mais mes bas sont fil�s.
Grand Dieu, tout est perdu.
- Pas un mot � quiconque. - Non, monsieur. L'ascenseur...
Est au fond � droite.
D�sol�.
- L'ascenseur serait pr�f�rable. - Au fond � droite.
Rentrons � la maison.
Courage, ch�rie. N'oublie pas que nous avons promis � Johnny de venir.
Cet endroit me rappelle le palais de l'empereur Caligula.
- Tu te souviens de Caligula, non ? - Si, tr�s bien.
Qu'est-il devenu ?
- Au fond... - Et � droite.
Et maintenant ?
Il semble qu'il y avait une sorte de demeure autrefois.
C'est le clan des chenapans, ma ch�rie.
La soir�e est en bas.
Merci.
D�sol�e du d�rangement.
Non.
Attendez.
- Susan Elliott ? - Oui.
�pouse Potter.
Vous avez fait un cours � notre �cole. Je suis Linda Seton.
- Non. - Si.
- Johnny a dit qu'elle s'appelait Julia. - C'est ma s�ur.
- Vous connaissez Johnny ? - Tr�s bien.
Ravie de vous voir. Entrez.
- Qui est-ce ? - Mon mari, Nick Potter.
Vous pouvez entrer. Fermez la porte.
Qui vit ici ?
Moi.
Je vis ici, fa�on de parler.
Je vois.
Vous n'avez pas mang� vos tartines ce matin, alors vous �tes consign�e ici ?
Je suis la s�ur � probl�mes. Celle dont on ne parle pas.
- Moi aussi. - Regardez ce qu'elle est devenue.
- Quoi ? - Elle a d� m'�pouser.
Un professeur sans un sou en poche.
Alors vous feriez mieux de bien manger votre soupe.
- Asseyez-vous, je vous en prie. - Merci.
- Qu'il est doux d'�tre de retour � la maison. - Oui, le chemin fut long.
- C'est vraiment dommage. - Quoi ?
Je voulais organiser la soir�e moi-m�me. J'avais tout pr�vu.
J'allais...
C'�tait une bonne id�e. �a aurait pu �tre agr�able.
- Votre s�ur, Julia. - Vous ressemble-t-elle ?
Aucune inqui�tude, elle n'est pas du tout comme moi.
- Ne l'avez-vous pas vue ? - Non.
Allez-y. Johnny sera ravi de vous voir.
- Mais allez-y donc. Pour Johnny. - Certainement pas.
Certainement pas.
Mon fr�re, Ned.
J'ai pens� que tu voudrais un peu de gaiet�.
Ned, c'est vraiment tr�s gentil.
Je suis un gentil gar�on. Veuillez ramener �a au chef d'orchestre.
Mon fr�re, Ned, M. Et Mme Potter. Des amis de Johnny.
Il habitait chez nous.
Nous venons avertir sa fianc�e qu'il ne rebouche pas le tube de dentifrice.
Alors, buvons � la sant� de Johnny.
Il en a besoin.
Vraiment ?
Non, c'est faux. Il n'en a pas besoin. Johnny se d�brouille tr�s bien.
- � quoi fais-tu allusion, Ned ? - � rien.
Que veux-tu dire : "Il se d�brouille ?"
Je veux dire qu'il se d�brouille.
Il est vraiment ravi.
Ses cheveux sont gomin�s et P�re s'assure qu'il rencontre les gens importants.
Grand Dieu, y a-t-il des gens importants en bas ?
Terriblement importants. C'est pourquoi je voulais une soir�e ici.
Mlle Seton, le soir du r�veillon, re�oit un groupe de gens pas importants du tout.
� notre h�tesse.
Puis-je boire un verre, aussi ?
Je viens d'apprendre quel est le co�t d'entretien d'un yacht.
- Qu'y a-t-il ? - P�re m'a fait appeler. Au sujet de Linda.
Tout le monde discute de son absence.
- Elle doit descendre. - Doit ?
Monte � la salle de jeu et fais-la descendre.
- Je le lui demanderai. - Insiste.
Je ferai ce que fait un gentleman dans ces circonstances.
- Tr�s bien. C'�tait bien, non ? - Non !
Merveilleux.
- � moins que je sois so�l. - Non.
Mon premier champagne depuis l'�ge de quatre ans.
Vraiment ?
- Puis-je m'amuser avec vos jouets ? - Vous devriez.
- Merci. - Avec plaisir.
Il est extra.
- Johnny a d'autres amis comme lui ? - Il existe peu d'hommes comme Nick.
Ou comme Johnny d'ailleurs.
- C'�tait merveilleux, nous trois. - �a le sera bien plus avec Julia.
J'esp�re que Ned et moi serons invit�s au club de Johnny, Julia, Nick et Susan.
Regarde ce que j'ai trouv�. Jouons
"Quelle lumi�re �clate � la fen�tre ?"
- Nous jouions des pi�ces pour les enfants. - Vraiment ?
- C'est tr�s joli. - Jouez pour nous, allez-y.
Allez, Neddie.
Il y a tout, m�me les personnages. Te souviens-tu du texte ?
Linda.
Johnny, entrez.
- J'ai un message pour vous. - Et j'ai un message pour vous.
J'ai l'honneur de vous informer qu'on souhaite votre pr�sence en bas.
J'ai l'honneur de vous informer qu'on souhaite votre pr�sence ici-m�me.
- Le club est en r�union. - Votre club.
Non. Venez, la soir�e vous attend.
Maintenant, il est temps de contribuer � la f�te.
Mais votre p�re est tr�s contrari�.
Je n'en reviens pas. Quel est le probl�me ?
Tout le monde a remarqu� votre absence et cela met la famille mal � l'aise.
Le... Johnny...
Linda, soyez chic. Cela rendra votre p�re tr�s heureux.
Serait-il plus heureux si je rampais � quatre pattes ?
Dis-lui.
�a par exemple.
- �a n'est pas Johnny. - Non ?
- Qui est-ce ? - C'est un personnage tr�s important.
Bonjour, important personnage.
Pas d'impertinence.
- Respecte les importants personnages. - Non.
- Bonjour, important personnage. - Ouais ? Je prends ta place.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est la voix de l'exp�rience.
Nick et Susan !
Monsieur, cette dame est ma femme.
Nick, merci d'�tre venus.
Un visage familier. Mais...
Connaissons-nous quelqu'un qui sent la violette ?
- �a va mieux, petit malin. - C'est pas vrai, Johnny Case.
Tu t'en souviens.
John Case, le r�volutionnaire, l'ami du peuple.
Oui.
- Ravis de te retrouver. - Me retrouver ?
Tu penses que ce luxe m'est mont� � la t�te.
Pr�t. J'avancerai doucement.
Ne l'�pargnez pas, les gars.
Voil�.
- Voil�, j'ai les id�es claires. - N'oublie jamais �a.
Je veux vous dire une chose.
- L'op�ration dont j'ai parl� ? - Seaboard ?
- Je pense que �a va marcher. - Sans blague ?
J'ai de grandes chances de pouvoir d�missionner samedi prochain.
Alors vous partirez en vacances ?
Oui, la D�claration d'ind�pendance de Johnny.
Tout d�pend de ce que fera Bay State Power, de Boston.
- Peut-�tre l'ont-ils d�j� fait. - Ils le feront !
- Alors, trinquons � Bay State Power. - Non, trinquons � Julia.
- L'avez-vous vue ? - Non.
Si elle ressemble � sa s�ur...
Non, buvons � la sant� de Johnny, de Julia et � Bay State Power, � l'amour, au bonheur.
Vous voil�.
Bon sang de bonsoir, la sorci�re et l'abruti.
Je n'�tais jamais venue ici auparavant. C'est tr�s pittoresque, non ?
�a nous pla�t.
Linda, sais-tu qu'une autre soir�e a lieu en ce moment-m�me dans cette maison ?
Tu parles de ce dancing populaire, en bas ?
Ne m'en parle pas.
Excusez-moi, voici mes amis. Pr Potter et madame, M. Et Mme Cram.
Enchant�.
Esp�ce de vieux renard.
Renard ?
Sam Hobson m'a parl� de votre beau coup de filet sur Seaboard.
Vous auriez pu nous mettre tous au courant.
- Il est encore temps. - La bourse va trop vite.
Nous avons un ordre d'achat de 60000 actions
de Bay State Power pour Ross jusqu'� 30.
- S�r ? - J'ai re�u l'ordre moi-m�me.
Donc, c'est s�r.
- �a y est ? - Pratiquement.
Tr�s bien.
Super !
Tr�s bien.
D�jeunons ensemble au Club mardi.
Je peux vous aider � doubler votre mise.
Mon p�re m'a fait promettre d'arr�ter apr�s mon premier million.
Vous plaisantez, professeur.
Avec de bons appuis � Wall Street,
vous gagnerez plus dans les deux ans.
�a prendrait moins de temps avec le gouvernement qu'il faut.
- Comme quel pays par exemple, M. Cram ? - Pas de discussions politiques.
- Allons nous joindre � la f�te en bas. - Oui, c'est une belle soir�e.
- Je ne descends pas. - Allons, ne sois pas b�te.
- Mais Linda, ton p�re a dit... - Je m'en doutais mais je ne descends pas.
- Bien s�r si... - Je ne retiens personne.
� mon avis, c'est la pire des impolitesses que j'aie vues.
On t'a demand� ton avis ?
Viens, nous en discuterons plus tard.
Ne voudrais-tu pas faire du trap�ze et en discuter maintenant, Seton ?
Au revoir, Mme Porter. Professeur Porter.
Je pensais que nous nous appelions Potter.
J'ai d� me tromper.
En reconnaissance de ta r�ussite dans les domaines amoureux et financier,
je souhaite te f�liciter, au nom des membres
du club des trap�zistes anti-chemises de la Cinqui�me avenue.
Et je te remets, mon cher gar�on, ce gage de leur affection et de leur estime.
Merci, merci, merci.
Madame, monsieur, M. Ma�tre-toasteur.
Mes amis.
N'�tant pas un orateur, je ne sais trop comment vous remercier.
Cette jeune femme et moi avons r�p�t� quelques prouesses acrobatiques
avec lesquelles nous aimerions vous divertir.
En piste.
- Pr�te ? - Pr�te.
Allumez la lumi�re.
- En. - Piste.
Linda.
R�union du club suspendue.
Julia, j'ai une surprise pour toi.
Une minute. Descendez maintenant. Il est presque minuit.
Tout le monde doit �tre r�uni pour accueillir le nouvel an.
Ce sera le nouvel an ici aussi.
Tu as pos� assez de probl�mes.
P�re, si je veux accueillir le nouvel an comme je te l'avais demand�...
Sans vouloir vous d�ranger, nous allons descendre v�rifier si la chaudi�re marche.
Julia, voici Nick et Susan. Je t'ai parl� d'eux.
Enchant�e.
- Et M. Seton. - Vos amis sont toujours les bienvenus ici.
Je vous verrai en bas.
Merci, mais en fait les bas de Susan sont extr�mement ab�m�s.
Allez donc dans ma chambre. C'est au troisi�me �tage.
Bien.
F�licitations pour vos fian�ailles, Mlle Seton.
Il n'est pas le meilleur des partis, mais vous pourrez l'am�liorer.
Pas de panique, marchez jusqu'� l'issue de secours la plus proche.
Ils sont formidables.
- Ils attendront, qu'en pensez-vous ? - Je n'en sais rien.
Aucun motif de col�re, mon enfant.
File et nous te suivrons. Julia et moi souhaitons nous entretenir avec Johnny.
�coute-moi, P�re, cette soir�e est tr�s importante pour moi.
Je ne sais pas pourquoi exactement.
On essaie de me l'enlever, mais je ne puis m'y r�soudre.
Je ferai acte de pr�sence en bas. Ensuite, je veux ramener tout le monde ici.
Je veux d�ner avec eux.
Nous ne d�rangerons personne. Es-tu d'accord ?
Ta place est en bas.
Je le r�p�te, c'est important pour moi.
Ne me demande pas pourquoi. �a tient � cette pi�ce,
� mon enfance et � tous les bons moments.
J'ignore quelle vertu poss�de cette pi�ce.
Tu l'ignores ? Oui, �a t'est impossible.
Alors �coute-moi, cette pi�ce est ma seule maison.
Il y a quelque chose ici que je comprends et qui me comprend.
- Peut-�tre M�re. - Ne dis pas n'importe quoi. File.
Tu pensais que je changerais d'avis. C'est toujours pareil avec toi.
Pas moi, pas ce soir.
Et que l'on ne me d�range pas, car je crois que tu d�testes les sc�nes.
Je t'en promets une si tu t'en m�les. Je t'en promets une inoubliable.
Johnny, vous avez de bonnes nouvelles ?
M�re �tait-elle douce, P�re ?
Linda, si tu n'es pas heureuse ici, pourquoi ne pas t'en aller ?
Prends une servante et une dame de compagnie,
et pars en voyage.
Tu me fais de la peine. Tu cr�es probl�mes et d�sordre.
C'est exactement ce que je vais faire.
- Ni servante ni dame de compagnie. Seule. - Comme tu voudras.
Je cr�ve d'envie de partir depuis des ann�es. Ce soir j'en suis si s�re.
Je ne supporte plus d'�tre ici. J'en souffre terriblement.
Vas-tu sortir de cette pi�ce, s'il te pla�t ?
Cette pi�ce.
Cette pi�ce.
Tu ne t'y supporteras pas longtemps. Je reviendrai d�s que tu en sortiras.
Je ne dois pas m'inqui�ter de la fa�on dont vous vous occuperez de Julia ?
Nous y arriverons, merci, monsieur.
Seton nous a parl� de la r�ussite de votre op�ration sur Seaboard.
Je consid�re que c'est de l'excellent travail. F�licitations.
N'est-ce pas merveilleux ? Quel nouvel an.
� votre retour de lune de miel, si je ne m'abuse,
un bureau vous attendra � la banque.
C'est tr�s gentil � vous, monsieur,
mais le succ�s de l'op�ration Seaboard me permet de r�aliser un de mes projets.
Mais, Johnny...
Un projet ? Mais encore ?
Je ne suis pas si impatient d'avoir ce pourquoi les gens travaillent.
Je ne veux pas trop d'argent.
- Trop d'argent ? - Eh bien, plus que ce dont j'ai besoin.
J'avais envie de gagner quelques milliers d'entr�e de jeu,
puis de m'arr�ter tant qu'ils dureraient pour d�couvrir qui je suis et le but de la vie,
maintenant, tant que je suis jeune et en bonne sant�.
Je suis s�r que Julia comprend o� je veux en venir, n'est-ce pas ?
Je n'en suis pas s�re, Johnny.
Vous souhaitez vous occuper autrement, c'est �a ?
Ne me faites pas m'en sentir coupable.
M�me s'il s'agit d'une id�e idiote, d'un r�ve vite abandonn�.
M�me si j'en ai assez dans trois mois, je veux le faire.
Si je ne saisis pas cette chance, je n'en aurai pas d'autres.
Je pense que personne ne m'en voudra de tenter ma chance, n'est-ce pas, Julia ?
N'est-ce pas, ma ch�rie ?
- P�re, laisse-moi discuter avec Johnny. - Un instant.
Mon exp�rience...
S'il te pla�t, P�re, tout ira bien, je te le promets.
Case, le moment que vous avez choisi pour nous dire �a est �trange. Tr�s �trange.
- P�re. - Je vois, monsieur.
Alors...
Peut-�tre...
P�re, descends, je t'en prie. Nous viendrons dans une minute.
Il n'a pas du tout compris ce que je lui expliquais.
Pourquoi as-tu dit �a ? Tu savais que ces mots le contrarieraient.
- Tu penses que ce ne sont que des mots ? - M�me moins que �a.
Je suis furieuse contre toi.
Ce ne sont pas que des mots, Julia.
Tu n'as pas id�e de ce que P�re t'offre.
Attends un peu, ma ch�re.
- Que ce soit clair. - C'est d�j� tr�s clair.
Si tu penses me persuader qu'un homme ayant ton �nergie
et tes capacit�s peut arr�ter � 30 ans...
Si tu es fatigu� et souhaites te reposer, alors, reposons-nous.
As-tu la moindre id�e de ce que je d�sire ?
Oui, Johnny, je sais.
Mais tu n'as pas id�e � quel point le monde des affaires est fascinant.
Essaie. �a te plaira. Je le sais.
Il n'existe pas de plus grand frisson que le gain d'argent.
Ma ch�rie, tu ne comprends pas ce que je recherche non plus.
Essaie de me faire confiance, d'accord ?
- Viens avec moi ? - Mais...
Non, jusqu'au bout, ch�rie.
Johnny, attends un an ou deux, et nous en reparlerons.
Tu peux faire �a pour moi, pour nous, n'est-ce pas ?
Tu penses que d'ici l� je serai un brave type
et que j'aurai chang� d'avis, c'est �a ?
Encore six minutes avant le nouvel an, si �a int�resse quelqu'un.
Viens, Johnny.
Nick et Susan sont-ils partis ?
Ils n'�taient pas dans ma chambre.
- Peut-�tre sont-ils en bas ? - Oui.
Quelqu'un veut-il de la charcuterie avant que la f�te ne d�marre ?
Venez ?
Ce n'est que de l'obstination et tu le sais.
�coute, Julia.
Non, �a ne te m�ne nulle part, si ?
Est-ce que tu viens ?
Je vais attendre un peu avec Linda si �a ne t'ennuie pas.
Mais �a m'ennuie.
Tu viens, s'il te pla�t ?
Dans un moment, Julia.
Vous ne croyez pas que vous devriez descendre maintenant ?
Pas tout de suite.
J'ai bien peur de ne pas pouvoir vous divertir. J'ai tout donn�.
Je n'ai pas besoin d'�tre diverti.
Aimeriez-vous danser une valse pendant que se meurt l'an pass�, M. Case ?
Oui, j'aimerais beaucoup.
Il y a une conspiration contre vous et moi.
Qu'est-ce que c'est ?
- Les int�r�ts en place. - Je sais.
Ils ne vous laissent pas vous amuser et ne me laissent pas r�fl�chir.
Cruche comme vous l'�tes, vous avez racont� tous vos r�ves � P�re ?
Assez d�cevant n'est-ce pas ?
- Assez. - Pauvre gar�on.
Et votre soir�e ?
Pas si sympa non plus.
Pauvre fille.
- Bien s�r, ils ont peut-�tre raison. - Ne croyez pas �a.
Je ne sais pas. Ils ont l'air si s�rs.
Vous menez toujours la danse ? Vous savez o� vous voulez aller ?
- Je le croyais. - Moi aussi.
Tant de tapage et de fureur pour une soir�e si peu importante, c'est path�tique.
Peut-�tre est-ce important.
Si �a l'est, alors je ne le suis pas et peut-�tre est-ce la r�ponse.
Linda, vous �tes si gentille.
Merci, �a ira.
C'�tait extra.
�coutez.
�a y est.
Bonne ann�e, Johnny.
Bonne ann�e, Linda.
Vous pouvez compter sur s�ur Linda, Johnny.
Descendez. Ils doivent vous attendre.
Linda.
Quoi ?
Ils ont...
- Votre p�re m'a mis dans une position... - Johnny, aimez-vous Julia ?
Bien s�r.
Si elle a besoin de vous, c'est maintenant.
Il ne reste que vous.
Allez-y, Johnny.
Bonne ann�e.
Bonne ann�e � toi.
- C'est comment d'�tre so�l, Ned ? - C'est...
� quel point ?
Tr�s so�l.
Extra.
Comment est-ce ?
Eh bien, pour commencer, �a te rend vivant.
Vraiment ?
Et au bout d'un moment, tu commences � tout savoir de la vie.
Tu te sens, comment dirais-je, important.
�a doit faire du bien.
Oui.
Et puis le jeu d�marre tr�s vite.
Quel jeu ?
Un jeu super, un jeu terriblement fascinant.
Ta pens�e est aussi claire que du cristal,
mais chaque mouvement, chaque phrase est un probl�me.
�a devient assez int�ressant.
- Mais tu es claqu� apr�s, non ? - Oui, mais c'est bon aussi.
Alors tu te moques de tout, absolument tout.
Et puis tu dors.
Combien de temps �a dure ?
Un long moment. Aussi longtemps que tu tiens le coup.
Ned, c'est horrible.
Tu crois ? Il y a pire.
O� finis-tu ?
O� finit tout le monde ? Tu meurs.
Et c'est tr�s bien aussi.
Ned, on peut le faire au champagne ?
Pourquoi ?
Qu'y a-t-il, Linda ?
Rien.
- Je sais. - Oui ?
Johnny.
Redonne-moi du vin, Ned.
- Il est dans le p�trin, non ? - Sers-moi, Ned.
Tu peux m'en parler, ma ch�rie.
J'aime ce gar�on, Neddie.
Je l'avais devin�.
G�nial, n'est-ce pas ?
G�nial.
� ta chance.
Je ne veux pas de chance.
Mesdames et messieurs, mes chers amis, j'ai l'honneur de vous annoncer
les fian�ailles de ma fille Julia avec M. John Case.
Ev�nement qui double le plaisir que j'ai de vous souhaiter et de leur souhaiter
une nouvelle ann�e heureuse et prosp�re.
Ils sont si heureux.
F�licitations.
Ned.
Pauvre petit.
- �a doit vous enchanter ? N'est-ce... - Oui.
- Je suis s�re que vous serez tr�s heureux. - Vous devez parler de ma s�ur.
- Quoi ? - Pas moi ! Ma s�ur.
Linda, � vous de vous marier maintenant.
- Merci. - Je suis si heureuse pour toi.
Merci d'�tre descendue.
Tu dois retourner au lit. Le m�decin dit que tu ne dois pas t'�nerver.
Qu'y a-t-il ? O� est le petit veinard ?
Je n'ai pas vu le petit veinard depuis l'annonce.
- Linda, �tais-tu au courant ? - Bien s�r.
- O� est-il ? - Je ne saurais te dire.
Je l'ignore. Il voulait discuter avec P�re. Il disait n'importe quoi.
Il a dit des choses � P�re sans aucun droit.
Puis apr�s l'annonce, il nous a quitt�s. C'est horrible.
Allons, remets-toi.
Je vais le trouver et le ramener. Tout ira bien.
Le pire moment...
- Linda, n'est-ce pas merveilleux ? - Trop, trop merveilleux.
Je vais...
- Linda, tu dois te marier maintenant. - Je l'esp�re bien.
Linda a besoin d'un mari.
- Bonjour. C'est merveilleux, n'est-ce pas ? - Formidable.
- Bonjour. Comment va Baltimore ? - Tr�s bien, merci.
- Avez-vous aper�u M. Case ? - M. Case est pass� par ici il y a peu.
Par ici ?
- M. Case est-il pass� par ici ? - Oui, madame, par ici m�me, madame.
Il a dit : "Bonne ann�e."
F�licitations � Mlle Julia, madame.
Merci.
- Linda. Entrez. - Bonjour, Susan. D�sol�e de d�ranger.
Mon Dieu. Regarde, la demoiselle acrobate.
- Ravi de vous voir. - Moi aussi.
Va acheter du champagne au drugstore.
- J'ai essay� d'appeler. - �a ne marche pas.
Nous payons nos factures, mais nous partons en voyage.
- Vous partez ? - Ce soir.
Entrez, aidez-nous avec les valises.
L'universit� m'a donn� un cong� pour travailler en France.
Prenez un th� ou quelque chose. Vous n'avez pas l'air en forme.
Je cherche Johnny. Je pensais qu'il serait ici. L'avez-vous vu ?
Pas depuis la soir�e.
- Il en est parti. - Oui.
Il est venu ici et nous avons discut� jusqu'� midi.
Puis il est parti r�fl�chir.
- Sa lettre annon�ait son retour aujourd'hui. - Je vais le voir !
Il ne va pas tarder. Votre s�ur n'a pas eu de nouvelles ?
Si c'est le cas, elle ne m'en a pas parl�.
- Vous l'aimez tr�s fort, non ? - Oui. �a n'aide pas beaucoup.
Ne voyez-vous pas que si elle est de l'avis de votre p�re...
Johnny arrangera �a. Johnny arrangera tout.
Si seulement Julia et P�re m'�coutaient. Je dois partir.
Johnny est si gentil et si s�duisant. Mais qu'est-ce qui ne va pas chez elle ?
Elle devrait avoir d�j� r�alis� que des hommes comme Johnny sont rares.
Peut-�tre que nous aimons tout simplement chez Johnny
ce qu'elle ne peut pas supporter ?
Le destin qu'il lui �pargnera selon vous est celui qu'elle d�sire plus que tout.
Je ne crois pas.
Quand m�me, elle l'aime et il y a eu une rupture.
Ne pensez-vous pas qu'elle soit assez femme pour s'accrocher ?
Oui, si elle l'aime.
Julia n'a jamais aim� quelqu'un d'autre que Johnny.
- Peut-�tre elle-m�me. - C'est faux.
C'est � lui qu'elle pense, m�me si elle se trompe.
Vous ignorez ce que ressent une amoureuse.
- Nous sommes d�sol�s, Linda, vraiment. - Non, c'est faux. Vous...
Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
M�me si je vous l'expliquais, vous ne l'admettriez pas.
- Je ne sais pas de quoi vous parlez. - Ne faites pas attention.
Si vous agissiez autrement, vous ne seriez plus vous-m�me.
C'est � dire, selon mon avis d'enseignant, la meilleure.
- Je vous aime tous les deux. - Et nous vous aimons aussi.
� notre fa�on rude et fruste, bien s�r.
- Johnny verra votre s�ur cet apr�s-midi. - Vrai ?
Il lui demandera de partir avec lui et nous, ce soir.
- Que pensez-vous qu'elle dira ? - Oui.
Et si elle dit non ? Que se passera-t-il ? Que fera Johnny ?
Que voudriez-vous qu'il fasse ?
C'est peut-�tre lui.
Nicholas Porter ?
Notre nom est Potter, mais que �a ne vous trouble pas.
Merci.
JULIA DIT QU'ELLE NE PARTIRA PAS. JOHNNY
Julia partira, elle doit absolument partir.
Au revoir.
Julia.
Bonjour, ma ch�re. Tu vas �tre en retard au d�ner des Todd.
Tu as d�jeun� avec Johnny. Il veut que tu partes avec lui.
- Tu l'as vu ? - J'ai vu les Potter.
Tu dois partir avec lui.
- Les Potter ? Qui sont les Potter ? - Arr�te, Julia.
- Arr�te quoi ? - De faire semblant de t'en moquer.
Tu prends mes petits probl�mes plus au s�rieux que moi.
Ne laisse pas Johnny partir et g�cher votre vie � tous les deux.
Ne le laisse pas partir seul.
Il ne part pas plus que toi.
P�re sait-il que tu ne viens pas d�ner chez les Todd ?
Pourquoi me rejettes-tu froidement, comme �a ?
Je ne m'en �tais pas rendu compte.
Ne vas-tu pas me parler ?
S'il te pla�t, Julia ?
Si rejet il y a, c'est toi qui me rejette.
Moi ?
Johnny et moi avons eu un d�saccord et tu es de son c�t�, non ?
Mais il a raison.
- Il a raison pour toi et pour lui-m�me. - C'est � moi d'en d�cider.
- Pas � P�re ? - P�re n'a rien � voir avec �a.
Il est d'accord avec moi l� o� tu ne l'es pas.
Mais...
Mais nous avons toujours �t� d'accord avant, toujours.
Non. Je crois que j'ai souvent c�d� pour �viter des sc�nes, des contrari�t�s et...
C'est vrai, Julia ?
Tu as toujours eu la plus forte personnalit�. C'est du moins ce que les gens pensent.
Tu prenais les d�cisions, avais les id�es.
Et tu m'en veux.
Je n'arrive pas � le croire.
Il n'y a pas de quoi s'affoler. Je n'ai pas dit que je t'en voulais.
Tu m'as souvent �norm�ment aid�e.
Quand il s'agit de d�terminer mon avenir et celui de l'homme que je vais �pouser...
Ton avenir, Julia ? Ne recherches-tu que la s�curit� ?
Cal�e sur les coffres de ta banque, m�prisant la mis�re du monde ?
Je ne veux surtout pas recommencer cette discussion sans fin.
Tu as vingt minutes pour t'habiller.
Linda, m'as-tu entendu ?
P�re, je pense que vous offrez � Johnny la donne la plus pourrie.
- De quelles fa�ons ? - Toutes.
- Vous ne pensez pas � son bien-�tre. - Au contraire.
Les projets du jeune homme sont devenus quelque peu confus.
- Tu le remettras sur le droit chemin. - On essaiera.
Pourquoi n'a-t-il pas le droit de vivre sa vie comme il l'entend ?
Linda, j'aimerais comprendre o� lui et toi voulez en venir,
mais j'avoue que je ne peux pas.
Je consid�re son attitude comme anti-am�ricaine.
- Es-tu s�rieux ? - Totalement.
Alors, il n'ira pas au paradis � sa mort.
Il ne croit pas qu'une vie d�vou�e � l'argent soit aussi int�ressante qu'on le dit.
�trange, n'est-ce pas, avec un brillant exemple comme le n�tre sous les yeux ?
J'ai �cout� tr�s attentivement notre jeune r�veur l'autre jour
et je dois encore avouer que ses paroles et les tiennes
sont celles que l'on tient � 17 ans.
J'en suis ravie. On est extra � 17 ans. C'est plus tard que la maladie se d�clare.
Je me sens tr�s bien.
Vous pensez qu'il va changer. Accepter un compromis.
Vous vous trompez. Il ne c�dera pas du tout.
- T�tu ? - Non, il a raison et il le sait.
Quel est le probl�me, petite ?
Je n'arrive pas � le croire, Ned.
Johnny s'en va.
Il part ce soir et Julia ne l�vera pas le petit doigt pour le retenir.
Je ne la comprends pas.
La plupart des gens, y compris Johnny et toi, se trompent compl�tement sur Julia.
Ils sont tromp�s par son apparence.
Au fond, elle est tr�s quelconque et la vie qu'elle d�sire
est la vie qu'elle a.
Vous ne vous �tes jamais entendues, c'est tout.
- Ned. - Quoi ?
Tu te souviens de notre conversation du r�veillon ?
Bien s�r que je m'en souviens.
- Dis-moi quelque chose. - D'accord.
Est-ce que �a se voit sur moi ?
Pourquoi ?
Nick et Susan, cet apr�s-midi. Je pense qu'ils ont compris.
Quiconque t'aime le verrait, Linda.
C'est horrible. J'ai vraiment honte.
Cependant, non.
Pourquoi aurais-tu honte ?
Excusez-moi, Mlle Linda.
- Oui, Henry. - M. Case est en bas.
Faites-le monter, je vous prie, Henry.
Henry, pr�venez Mlle Julia.
Il sera l� dans une minute.
Es-tu s�re de vouloir l'oublier ?
Non et �a me fait tr�s peur.
Je me sens pleine de vie et �a me pla�t.
J'ai l'impression que quelque chose m'arrive enfin.
Mais �a ne peut mener � rien, alors je vis de ces sentiments.
- Je dois tout oublier. - Car �a semble sans espoir, c'est �a ?
Semble ? Que veux-tu dire ?
Tu ne le sais pas ? Laisse-moi te dire une chose.
Tu es deux fois plus s�duisante que Julia.
Tu es deux fois plus belle, plus intelligente et tu as dix fois plus de qualit�s.
Tu pourrais charmer n'importe qui si tu le d�sirais et pourquoi pas ?
Si tu �tais � sa place, elle ne se g�nerait pas.
Comment oses-tu, sachant � quel point elle l'aime ?
- Comment oses-tu ? - Tr�s bien, Linda.
Transmets-lui mon bonjour, s'il te pla�t.
- Bonjour, Linda. - Bonjour, Johnny.
J'ai fait appeler Julia.
J'ai l'impression d'�tre parti longtemps.
- Je suis all� � Placid. - Je vois.
C'�tait...
- C'�tait horrible l�-bas. - J'imagine.
- Je vais prendre ce boulot � la banque. - Je vois.
Juste un temps, deux ans. Jusqu'� ce que je lui fasse comprendre...
C'est ce qu'elle a demand� et apr�s tout, deux ans ce n'est pas toute la vie.
- Si ? - Bien s�r que non.
- Je pense que tout ira bien, Johnny. - Bien s�r.
Je les comprends.
Je ne peux pas esp�rer de leur part une soudaine volte-face, mais...
Pourquoi ne voient-ils pas o� je veux en venir ?
Peut-�tre le verront-ils.
C'est ce que j'esp�re.
Linda,
�tes-vous d'accord, il ne me reste qu'une seule chose � faire ?
Un compromis ?
Oui.
Oui.
Vous pensez que c'est bien, non ?
- Ce que je pense importe peu. - Si, Linda.
Vous pensez que c'est bien, non ? Dites-le-moi.
Johnny, lorsque deux personnes s'aiment autant que vous vous aimez,
rien de ce qui les s�pare n'est bien.
- Bonsoir. - Bonsoir, monsieur.
On m'a dit que vous �tiez parti. C'est agr�able de vous revoir.
C'est agr�able d'�tre de retour.
Il a remarquablement peu neig� ces derni�res semaines.
C'est vrai.
P�re, Johnny est venu voir Julia ce soir.
�a ne me surprend que tr�s peu, ma fille, que tr�s peu.
Julia, ni toi ni moi. Allez papa, dis au revoir.
Bonsoir, Johnny.
- Mets ton manteau, ch�rie, nous sortons. - Oui, ch�ri.
P�re, peux-tu m'excuser aupr�s des Todd ?
Ferme la porte, je te prie. Je souhaite vous parler � tous les deux.
Vous persistez � me mettre dans une position qui ne me pla�t gu�re.
Qui est-l� ? Entre, Ned.
- D�sol�. Je croyais que... - Entre.
Assieds-toi, fiston.
Faire obstacle � deux amoureux est le dernier de mes d�sirs.
Parce que l'amour, le vrai, est tr�s rare et tr�s beau.
O� vas-tu ? Assieds-toi s'il te pla�t.
Et je crois que son chemin,
c'est � dire le chemin que suit l'amour vrai, contrairement � l'adage, doit �tre calme.
En homme de 58 ans, je parle d'apr�s mon exp�rience et mes observations.
Il est primordial...
- Pardonnez-moi, monsieur ? - Oui ?
Si ce poste � la banque est disponible, je serai ravi de le prendre.
Je ne suis pas convaincu.
Je n'y crois pas, mais c'est ce que Julia d�sire,
je m'en remets � son souhait.
- Vous n'�tes pas convaincu ? - Voudriez-vous que je mente, monsieur ?
P�re, �a me suffit.
Julia a parl� d'un an ou deux. Je ferai tout mon possible pour r�ussir.
Avec une seule r�serve.
Si, � la fin, je pense encore qu'il serait sage pour moi d'arr�ter,
- il n'y aura pas d'objections. - Je doute que cela arrive.
Nous verrons.
Alors, P�re ?
- Quand d�sirez-vous vous marier ? - Le plus t�t possible.
Le soleil brille � nouveau et nous sommes tous amis.
Puis-je demander quels sont vos projets de voyage de noce ?
- Nous n'avons pas d�termin�... - Il est sage d'organiser les lunes de miel.
Laissez-moi vous sugg�rer un itin�raire.
Vous arriverez � Plymouth ou Southampton et irez � Londres directement.
J'envoie un c�ble � ma s�ur demain.
Ils seront ravis que vous s�journiez chez eux.
Il est tr�s influent dans le milieu bancaire britannique.
Tu ne peux gu�re aller � l'�tranger sans t'arr�ter chez tante Helen, Julia.
Vous ferez des �conomies d'h�tel, Johnny verra les m�thodes britanniques.
J'enverrai un c�ble aux Bovay � Paris.
Un expert aupr�s du ministre des Finances.
Un homme utile � conna�tre.
Je croyais que c'�tait une lune de miel, pas un voyage d'affaires.
Il n'y a pas de mal � allier un peu de travail au plaisir.
Pour moi, en tout cas.
C'est agr�able chez eux, juste en dehors de Paris.
Londres une semaine, Paris une semaine, dix jours dans le sud de la France, l'id�al.
Apr�s, vous pourriez embarquer � G�nes et revenir par la route du sud.
Je m'assurerai que votre maison soit pr�te le 1er mars.
Merci, P�re ch�ri.
Quelle maison, Julia ?
P�re nous pr�te une maison sur la 64e rue. Tu vas voir.
�a n'est pas un cadeau, vous savez, pas encore.
Quand vous l'aurez occup�e pendant quelque temps,
mon vieux c�ur endurci s'adoucira peut-�tre.
�coute-le, son vieux c�ur endurci.
Peux-tu aussi t'occuper des domestiques ?
Julia, d�sol�, mais je ne supporterai pas �a.
Pourrais-tu t'expliquer ?
Je pensais que c'�tait un essai sur deux ans.
Si nous avons des possessions et des obligations,
nous ne pourrons jamais nous en d�gager.
Non !
Non.
Vous avez �t� tr�s gentil et g�n�reux, mais �a n'est pas pour nous.
- Mais tu... Tu as dit que... - Je reviens en arri�re, Julia.
Je vois que la cassure doit �tre nette, tout simplement.
Nous devons vivre notre propre vie, sinon �a n'en vaut pas la peine.
C'est la seule fa�on.
Oublie les faire-part de mariage et tout le reste. Marions-nous ce soir.
- Je dois d�cider maintenant ? - S'il te pla�t.
Et si je dis non ?
Je m'en vais tout seul ce soir.
Tr�s bien alors. Tu peux partir.
Je dois aimer ma libert� plus que toi, Julia.
Adieu, monsieur.
D�sol� que �a n'ait pas march�.
Merci quand m�me d'avoir essay�.
Adieu � vous, Linda. Vous avez �t� tr�s gentille.
Adieu, Johnny. J'esp�re que vous trouverez ce que vous cherchez.
Je vous le souhaite aussi.
Linda.
Je vous en prie.
Adieu, Ned.
Cet homme va me manquer.
Il est parti.
- Oui et � mon avis... - Bon d�barras.
- Il est vraiment parti. - Ne t'en fais pas. Il t'aime, il reviendra.
Il reviendra ?
Tu as dit qu'il reviendrait ? Pour qui me prends-tu ?
Cette exp�rience, j'esp�re, si dure soit-elle...
Ne t'inqui�te pas pour moi. Je vais bien.
M�me mieux que bien, devrais-je dire.
- Qu'y a-t-il ? Veux-tu bien... - Tu ne l'aimes pas.
R�ponds. L'aimes-tu ?
- Et alors ? - Tu ne l'aimes pas ?
C'est �crit sur ton front. Tu es soulag�e de son d�part.
- Crois-tu ? - Crois-tu, elle demande !
- Es-tu soulag�e ? Dis-le. - Tellement que je pourrais le chanter.
- C'est ce que tu voulais ? - Oui, merci.
Neddie, j'ai � faire maintenant.
Ton passeport est en r�gle ? Le mien, oui. Qu'en dis-tu ?
- Quand ? - L�, ce soir.
- Je ne pense pas pouvoir. - Bien s�r que si. Si je peux, tu peux.
- O� pars-tu ? - Viendras-tu ?
- O� vas-tu ? - En voyage, un grand tour. Es-tu d'accord ?
Viendras-tu, Ned ?
- �coute, P�re... - Un voyage est hors de question.
- Tu ne viens pas. - Je ne peux pas.
- Pris ? - Peut-�tre.
- Je reviendrai pour toi, Ned. - Je serai l�.
Vous ne faites pas confiance � Johnny ? Vous pensez que son r�ve ne donnera rien.
Si c'est le cas, il y en aura un autre apr�s.
J'ai confiance en Johnny. Quoi qu'il fasse, �a me va tr�s bien.
S'il veut r�ver un peu, qu'il r�ve,
et s'il revient et veut vendre des cacahu�tes, j'y croirai, � ces cacahu�tes.
Adieu, Julia. Adieu, P�re.
- Adieu, Neddie. - Adieu, petite. Bonne chance.
N'aie pas peur, je reviendrai pour toi, fiston.
D'accord.
Linda.
Que quelqu'un essaie de m'arr�ter. Je vous en prie, essayez de m'arr�ter.
Je ne saurais le permettre. Je vais...
- Permettre � Linda ? Ne me fais pas rire. - Elle s'en va avec lui, n'est-ce pas ?
- Chercher son Johnny. - Elle a une sacr�e chance.
Tu veux parier ? Tu veux parier, Julia ?
� Linda.
Et tant qu'on y est, � Grand-p�re.
Ch�rie, quel voyage �a aurait �t�, si Johnny �tait venu.
Veux-tu bien arr�ter, Nick ?
Je ne peux pas, Susan. Je suis malheureux.
Quand je pense qu'il y est retourn� � genoux.
- Tais-toi, mon ch�ri. - Pour un rien, j'annulerais tout.
- Johnny. - Johnny. �a alors.
- O� est Julia ? - Je l'ai laiss�e sur son tr�ne dor�.
- Johnny part en voyage tout seul. - Non.
Gar�on, champagne � gogo, vite.
Notre nom est Potter.
Appelons-nous Porter. Peut-�tre dira-t-on Potter ?
Que s'est-il pass� ?
Je viens de me r�veiller d'un cauchemar. Tout ira bien.
Je le sais. Venez les enfants, venez.
Est-ce ici que le club se r�unit ?
Ici m�me.
Fin
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