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Je me suis assise sur un de tes bateaux.
Navires.
Ce ne sont pas des bateaux, ce sont des navires.
Et toi, tu t'es fait torpiller en pleine mer.
J'ai envie de deux doigts de whisky.
Je suis à vos ordres.
Ce n'était pas de ma faute.
Tu sais que ton frère m'a demandé de lui pondre un bouquin sur l'OTAN ?
André avait le plan des prochaines manœuvres diplomatiques
dans une serviette attachée à son poignet.
Depuis quand André est-il diplomate ?
Tu te rappelles Lully Schultz ?
Le croupier allemand de Salzbourg.
Est-ce que je peux avoir ce whisky ?
S'il te plaît, puis-je avoir un whisky ?
S'il te plaît ou pas.
Lully n'avait pas épousé la Von Krit ?
La comtesse, la femme qui a eu ses premières règles à 40 ans.
Lully est dans les passeports.
20 000 dollars et tu choisis le pays.
Guatemala, Honduras, Nicaragua.
Pauvre Nathalie, pas étonnant qu'elle déteste son père.
J'espère qu'André est ambassadeur dans un endroit romantique.
- Avec de la glace, William. - Oui, Claire.
Merci, madame.
Willy le fléau, toujours mince et beau.
Tu es plus petit sans tes talons aiguilles.
Tu es très futée, Nathalie.
Est-ce que ma vieille tantine est prête ?
Je ne suis pas ta vieille tantine.
Tu es plus grand que Claire.
Tu arrives à l'embrasser quand tu la...
Je n'arrive même pas à voir sa figure.
Sérieusement, Willy.
Les hommes petits ont aussi ce problème
avec les femmes normales.
Les hommes normaux ont le même avec les petites femmes.
Ils n'ont qu'à se pencher.
Claire est prête ?
Elle est dans son bain.
Elle s'amuse avec l'équipage d'un de mes navires.
Mais tu m'as mis de la glace ?
Tu m'en as demandé !
C'est trop tard, maintenant.
Cette salope de Rangeri, la vieille actrice.
Elle ne votera pas pour moi, je suis trop masculin.
T'es excité !
Non, je veux avoir le prix.
Je serais le premier écrivain américain en France
à obtenir le prix Zola.
- T'en penses quoi ? - Zola, Zola, Zola.
Donne-moi un valium.
Pas de panique, chéri.
C'est ce que tu m'as dit à New York
quand je t'avais draguée.
- Tu t'en souviens ? - Oui.
Une princesse française,
à des milliers de kilomètres
de son manoir d'origine.
Trouvant l'homme de sa vie chez Wolfy's Delicatessen.
Et Willy a pris son cœur à l'aide d'un sandwich au pastrami.
C'est ça, le destin.
Mais mes livres se vendent trop bien.
Non...
Probablement, ils se disent... c'est vrai !
Probablement qu'ils se disent en toute sincérité
que je dois faire de la merde pour les masses.
Oui, c'est exactement ce qu'ils croient.
Comment faire pour l'aider, tantine ?
On peut cesser de m'appeler tantine.
Voilà.
Jacques, mon éditeur et ami.
Ton passeport pour la fortune.
- Et ton visa vers la ruine. - Allons, va te nourrir, Nathalie.
Regarde ces merveilleux amis.
Écœurant !
Salut, la France.
Ils sont tous là en ton honneur, Billy.
Et fais-moi confiance, ça m'a coûté assez cher.
Tu te rembourseras sur mes droits.
Le jury, on n'a pas de nouvelles ?
Aucune, que des pronostics.
La gloire va obliger Billy à adopter des orphelins
s'il veut éviter les impôts.
Voici un message offert
par le ministère de la Santé publique.
La réponse est non.
Je préfère les impôts aux gosses.
Tu es absolument odieux.
- Moi, odieux ? Pourquoi ? - Odieux, c'est exact.
Excusez-moi.
Ça va, chérie ?
My mother.
Habille-le mieux, il a l'air d'un plouc.
Ça me met mal à l'aise.
Ne dis pas ça.
Je suis ainsi fait que je préfère m'enfermer dans un asile
ou avoir une maladie honteuse plutôt
qu'abandonner une parcelle de l'objet de mon amour au plaisir des autres.
Pas au plaisir, à l'usage des autres.
Je crois me souvenir que je suis sa femme.
Mais n'oublie pas tout ce que je fais pour toi et ce... Cet Américain.
Je t'en prie.
On pourrait...
Viens là.
Sous le piano ?
Non, tu te laisserais aller, tu me compromettrais.
Tu as toujours été terrorisé de jouer du piano.
Charlie, est-ce que tu connais... Vous vous connaissez ?
Claire de La Tour Piquet, Mme William Brandels,
Miss Charlie Minerva.
Charlie Minerva !
Merci.
Charlie traduit les œuvres de Billy en italien.
Elle a accepté de me tenir compagnie...
...de me tenir compagnie dans l'obscurité.
Que c'est charmant !
Claire, avez-vous vu ?
C'est excitant.
- Excitant ? - Ah oui ?
On en a fait faire 50 000 comme ça.
Je suis superstitieuse, cachez-le.
- Sous le piano ? - Non, sous le lion.
William ?
Un peu de champagne pour Charlie.
Et une coupe très fraîche pour Claire.
Vous vous connaissez, vous deux ?
Nous sommes comme les Brandels sisters.
Ah oui ?
Intime ?
À vrai dire, nous ne sommes pas des amies de très longue date.
Jacques vient de nous présenter.
Je croyais que Jacques passait sa vie à regarder le jury au fond des yeux.
Les beaux petits yeux bleus de Jacques.
- Tu sais quoi ? - Quoi ?
Il a déjà fait tirer la bande spéciale du Bâtard.
Ça, tu vois,
je trouve que c'est une vacherie
à ne pas faire à un homme superstitieux comme moi.
Tu es vraiment délicieuse.
Excusez-moi.
Allez-y, belle-maman. Faites un tango avec votre nana.
Moi, j'ai lu Le Bâtard. J'ai trouvé ça très bien, et vous ?
Pas mal.
Pourquoi est-ce qu'il veut tant le prix Zola ?
Ma chère, le prix Zola est une consécration merveilleuse.
Pour un prêtre, c'est le Parnasse moderne.
Et c'est pour faire comme les autres.
Tu sais que Charlie est une merveilleuse adaptatrice.
Son Bâtard en italien est plus fort que l'original.
En italien, tu pouvais même pas commander un steak.
C'est pour ça qu'il aime.
Reprends un verre, ou mieux, vas-y.
Bois deux ou trois verres.
C'est une façon positive d'accepter une réaction négative.
Billy, du calme. Le jury est encore en délibération.
Où tu vas ?
Où est-ce qu'ils vont ?
- On a perdu. - On a perdu ?
9 voix pour Billy et 13 pour Beauregard.
- Mon Dieu ! - Le prix reste français.
Allez, remets-toi, ce n'est rien.
T'as réussi à vivre jusqu'à maintenant
- sans médaille et sans trophée. - Pauvre William.
Dis donc,
tu sais ce que cette vieille baleine m'a dit ?
"William est un des grands talents de notre époque."
Et il a un...
Très beau temps.
Alors, écoute, attends. Je lui ai dit...
J'ai rien dit.
Mais j'aurais pu lui dire.
Quel âge elle a ? 100 ans ?
Non, elle est loin des 100 ans, très loin.
Si.
Non, au maximum 96 ans.
Si.
Peut-être 99. En tout cas, pas 100 ans.
Elle a 100 ans.
Elle n'a pas 100 ans.
Je vais te dire où il y a eu erreur.
L'erreur, c'était... C'est toi.
Tu as accordé un peu trop de conférences de presse,
un peu trop d'interviews, un peu trop de publicité.
Tu parlais trop du Bâtard.
Ils en sont arrivés à le haïr Le Bâtard, les bâtards.
La décadence d'un pays.
Décadence d'un peuple.
Dis, Claire.
Pourquoi tu ne vas pas donner un coup au bureau ?
Le bureau est dégueulasse.
Tout ce que je sais faire,
c'est raccommoder tes chaussettes.
Quoi ? Tu as raccommodé mes chaussettes ?
Tu raccommodes mes chaussettes ?
Même pas.
C'est ma faute si tu n'as pas eu le prix Zola.
Je m'en fous, de Zola.
La seule chose qui m'effraie,
c'est se promener à travers champs en gueulant comme un âne :
"La fortune d'une femme est entre ses jambes.
"La fortune d'une femme est entre ses jambes."
Balzac a dit que ce n'était pas vrai.
Je ne fais que passer, j'ai regardé, j'ai touché,
j'ai palpé et j'ai rien trouvé d'intéressant.
Et un enfant, je ne t'ai même pas donné un enfant.
Claire, les cigognes amènent les bébés, pas les femmes.
Je t'ai jamais demandé de m'en faire un.
Est-ce qu'il y a quelque chose, que je peux faire ?
Oui, j'ai une idée.
Pose ce réveil, fous le camp dans ta chambre
et reprends ce que tu faisais où tu en étais.
Je suis vieille.
Tu n'es pas vieille.
Pas de charité.
Jacques.
Jacques.
C'est un homme parfait, il est toujours aussi gentil.
Eh, la petite mère,
si tu prends racine, faut montrer ton triangle.
- Tu as froid ? - Ah, non.
Délicieux !
Tu peux me la donner, maintenant.
Tu es imprévisible, chérie.
D'habitude, tu veux une cigarette après le champagne.
Pourquoi n'essaies-tu pas dans ton champagne ?
Délicieux !
Quel estomac !
Qu'est-ce que tu as fait avant de venir me rejoindre ?
J'ai passé la journée à travailler.
J'ai mangé un morceau en vitesse dans un vieux chinois,
retour au bureau
et je me suis échappé pour notre rendez-vous.
Madame ?
Je voudrais un petit renseignement.
Je vous en prie.
Est-ce que vous gardez les noms de tous vos clients ?
Nous essayons.
Nous leur envoyons un splendide catalogue
au printemps et en automne.
Splendide !
Je crois que vous connaissez
M. Jacques Lalouette.
N'a-t-il pas acheté récemment un petit...
Une petite...
Je crains que ce genre de question...
Mais je suis Mme William Brandels.
Le Bâtard.
Oui, mais quelles que soient les circonstances,
la discrétion est une des règles d'or de notre maison.
De la même façon que le prêtre se fait un devoir
de ne pas révéler la confession du pécheur,
pour nous, l'achat d'un bijou est un acte
qui est tout aussi secret
que l'absolution, à laquelle il s'apparente
par de nombreux aspects.
Et même, je dirais qu'il est encore plus important
si l'on veut considérer
que très souvent, des sommes monumentales sont en jeu.
Oui, je vois ce que vous voulez dire.
Je voudrais des boutons de manchettes en or.
En or, oui, bien sûr.
Tu veux du feu ?
Non, pas comme ça.
Mets ta cigarette plus haut, à l'endroit où je tiens le briquet.
Si tu veux fumer, il faut connaître le rituel.
Merci. Maintenant, écoute ça.
"Caroline a 18 ans,
"Connaissait l'art de vivre sans précaution ni préparation,
"elle ne se servait de sa conscience qu'en fonction de ses désirs,
"de ses aspirations, de ses pensées et de ses actes.
"Elle avait déjà fait l'expérience de l'individualité.
"La suffocation conduit aux cendres."
Tu crois que ça vaut quelque chose, ce que j'écris ?
Je vais te dire une chose.
Tout ce que tu vois là, c'est de la pure merde.
Et je le pense, c'est de la merde.
J'aimerais compter sur toi
pour me dire quand je fais de la merde.
J'ai reçu un télégramme de papa.
Il est à Coucourachas.
Pas à Coucourachas, à Caracas, à Caracas.
Fais voir.
Il y est pour longtemps.
De cinq à dix ans.
- Je deviens le chef de famille. - Non.
Tu deviens la seule de la famille qui n'ait jamais été arrêtée.
Et c'est tout.
Je m'en vais bâtir un nouveau nid.
Claire n'est pas là, j'ai besoin de l'avis d'une ancêtre.
Je lui dirais d'aller te voir quand elle reviendra.
Il y aura que moi seule. Je serai le seul objet animé.
Une surprise pour toi, chéri.
J'ai fait des achats.
Encore un petit cadeau ?
Nathalie t'attend, ton frère s'est fait arrêter.
Encore ?
Tu sais, je parie que c'est splendide.
Des boutons de manchettes ?
Tu sais qu'il y a trois jours, tu m'en avais déjà offert ?
Oui, mais on en a jamais assez.
Toutes mes chemises
ont des boutons normaux.
C'est exact, ça m'énerve.
Tiens, je vais voir Nathalie.
C'est Claire.
André est en taule.
William m'a dit ça.
Je suis presque orpheline,
j'ai besoin de quelqu'un qui m'aime.
Tu connais bien les hommes, toi, depuis le temps.
En long et en large.
Vide ton sac.
Il s'appelle Robert.
J'espère qu'il est un peu plus présentable
que celui que tu avais levé à New York.
Ce Portoricain basané.
Oui, il a une très belle couleur unie.
Une jolie nuance de noir.
Blanc, ça change, et il est docteur.
Épouse-le.
Je ne crois pas que je tiendrai la distance.
Qu'en sais-tu ?
Tous les couples ne sont pas comme vous.
Ce n'est pas une raison.
Je ne vois pas clair dans ma tête.
Tu as toujours eu des problèmes avec ta tête.
Tu sais, le problème, c'est que,
dès l'instant où il me prend dans ses bras, je suis tout excitée.
Il est fantastique, comme amant.
Mais il est con, un peu.
Pourtant, il est docteur.
Il est docteur pour chiens.
Claire, es-tu jalouse de moi ?
Jalouse ?
Je voudrais que tu me dises pourquoi.
Tu ne crains pas que...
Si je me trouve seule avec William, je pourrais le provoquer.
Même toi, tu n'arriveras à rien avec William.
Le sexe ne l'intéresse plus beaucoup.
C'est ce qu'il te raconte.
Il s'est retiré dans sa coquille, ma chérie.
Qu'il soit heureux, je ne demande pas plus.
S'il vous plaît.
Je vous préviens, je n'ai pas d'argent.
Un petit film, c'est tout ce que je produis.
Des petits films.
Avec des vedettes chères et un budget fabuleux.
Si seulement c'était si facile !
Mettez-vous à ma place.
Je ne vous demande que de faire une offre suffisante
pour les droits du livre de William.
Claire ?
Excusez-moi.
Je vous en prie.
Merci.
Je commence à avoir une crampe.
Aide-moi.
Vous n'avez pas un stylo ?
Merci.
Ne fais pas un William trop grand et n'enlève pas trop le M.
À votre place, je ne laisserais pas traîner un chéquier ici, M. Brandels.
Mais qu'est-ce qu'il se passe avec ton œil ? Il papillote.
Claire, voyez qui vient nous dire bonjour.
Jacques, vous n'allez pas nous présenter tous les jours.
Vous pouvez signer ici ?
Soyez gentille de signer aussi, madame.
Madame Dupont, D, U, P, O, N, T.
- Hello, madame. - Quoi ?
Comment allez-vous ?
Ne restez pas trop longtemps.
C'est dégueulasse !
Entrez, je vous en prie.
Bonjour, madame.
La porte, il fait froid.
Merci.
Dupont.
Mme Dupont ? C'est bien cela ?
Le monsieur dont vous parliez, c'est un parent à vous ?
Non.
Alors, votre mari, je suppose ?
Seigneur ! Pas du tout,
non.
Pour vous dire la vérité vraie,
je suis venue à la place d'une personne
qui n'est pas venue elle-même, voilà.
Je comprends, madame.
Quelles que soient les révélations de votre enquête,
elles n'ont aucune importance pour moi.
Ce sera moins désagréable pour vous,
parce que nous fouillons très profondément.
Nous pressons la vérité jusqu'à la moelle.
Ne serrez pas trop.
Donc, nous avons affaire à papa lapin, c'est cela ?
Maman lapine.
L'odeur des femelles est plus persistante.
Vous avez parfaitement raison.
Fort bien.
Si nous devons suivre cette Charlie Minerva,
il y a le choix entre les services de 6, 12 et 18 h.
De jour et de nuit.
Ne m'appelez pas, attendez mon téléphone.
Madame, je ne veux pas de chèque.
Mon compte en banque est encore en Californie
et pour simplifier les choses,
donnez-moi 1 000 dollars cash et le reste au fil des jours.
Vous êtes en retard.
Je me suis égaré dans cette jungle.
Pourquoi avoir choisi cet horrible parc pour me rencontrer ?
J'étais...
J'avais une amie à voir dans les voisinages.
Merveilleux alibi.
Mme D,
les nouvelles sont bonnes.
J'ai mis mon meilleur limier sur cette affaire.
Nous avons un modus operandi précis à vous communiquer.
Et pour seulement 1 000 dollars de plus,
vous aurez le nom de l'homme, sa profession, ses habitudes.
Non.
La seule qui m'intéresse, c'est la femme.
Enfin, voici le rapport, Mme D.
Primo, elle a fait Art déco.
Deuxio, elle a un enfant de six ans de sexe féminin
né en Italie.
Troisio, elle ne peut compter que sur elle-même
pour élever son enfant.
Aucune trace de pension alimentaire.
Quattro, elle a une aventure avec un individu
qui semble être marié.
Bien, donnez-le-moi, je le lirai.
Bien sûr.
Tenez.
Je suppose que cet homme vit avec elle ?
J'ai bien peur que non, madame.
Ils se voient tous les jours,
mais ce n'est que pour une rapide...
Enfin pour une heure ou deux, soit le soir, soit le matin.
Vous savez, ils se voient le soir ou le matin...
Ils peuvent faire ce qu'ils veulent,
je m'en fous !
Ils sont là.
C'est insupportable.
Disons que c'est carbonisé.
Regardez-moi cette soupe.
Cette bouillabaisse est aussi affreuse à voir
que tout ce que cette femme cuisine.
Je vois un poisson avec des marques blanches sur la tête.
Gretel.
Je sais, c'est des yeux de poissons malades qui fondent dans la sauce.
- Je vais dégueuler. - Tu es écœurante.
Gretel !
N'ayez pas peur.
Oui, madame...
Qu'est-ce que vous dites ?
C'était la cocotte-minute, madame.
Ça fait l'effet d'une bombe.
- Ça en avait l'air. - Une bombe ?
Ou c'était la cocotte-minute ou alors c'était une bombe !
Il y a quand même une légère différence.
Mais le résultat est le même. La cuisine est en flammes.
Je t'en prie, va éteindre.
Et sauvez quelques tranches de votre canard rôti.
- Allez, allez ! - Oui, madame.
Qu'est-ce que tu veux qu'elle fasse ?
La question est réglée,
je vais manger au restaurant.
Non, j'ai rien...
Au revoir, qui que vous soyez.
Je t'ai réveillé ?
Aucune importance, j'adore me servir du téléphone.
Tu as une voix si virile, chéri !
Tu passes aujourd'hui ?
Oui, je passe, bien sûr.
Je t'aime, mon chou.
"Charlie Minerva, rue Victor Basch, Charenton."
C'est un salaud.
Allô ?
Et pour madame ?
Un petit blanc !
Un petit blanc.
Muscadet ? Sauvignon ?
Muscadet.
Sauvignon.
Je peux téléphoner, s'il vous plaît ?
M. Jacques Lalouette, s'il vous plaît.
C'est un salaud.
Jacques ?
T'as bien fait de téléphoner.
Est-ce que... On ne peut pas se voir plus tard ?
Donne-moi deux ou trois heures.
Je suis submergé de travail.
Tant que ça ?
Mieux vaut tard que jamais.
La clé est sous le tapis.
Au revoir.
Encore un Sauvignon, s'il vous plaît.
William, mais...
Mais, qu'est-ce...
Mais tu n'as pas le droit de faire ça.
Il n'est pas à toi, cet enfant.
Gretel.
Est-ce que madame est là ?
Je suis là.
Je vais m'habiller,
je ne savais pas qu'on sortait.
Nous restons ici, à l'abri.
Dans la cuisine ?
Dans le living room ?
Dans la chambre ?
À l'abri de quoi ?
Viens par là.
Qu'est-ce que c'est que cette vamp, tout d'un coup ?
Claire, tu as bu ?
Ton haleine !
Respire très profondément, ça va te faire du bien.
Et Nathalie ?
Elle est au lit avec Sartre.
Et Gretel ? Tu connais Gretel, elle est capable de tout.
Sukiyaki ?
Mon samouraï, allons, venez.
Non, chérie, je t'ai dit que je voulais...
Non.
Je veux pas.
On m'appelle, je dois répondre.
Claire, c'est un SOS ! Oui !
Allô ?
Oui.
Non, c'est un vrai régal de t'entendre.
Au contraire, j'aime.
Il faudrait que je fasse un petit peu de travail de recherche.
Non, tu as bien fait.
Qui ? Oui, merveilleux.
C'est fantastique. Vraiment, elle a bien travaillé.
Oui, les faits sont peu nombreux et peu clairs.
Oui.
Non, je sais qu'il y a trop de romantisme, c'est vrai.
Non, non, Jacques, je sais pas du tout son...
Non, il n'est pas question d'améliorer.
Il n'est pas question d'édulcorer une seule page.
Oui, une minute, Claire est ici.
Une seconde.
Oui, tu parles, oui.
Il veut te dire quelque chose.
Je n'ai pas envie de lui parler.
Mais il veut te dire quelque chose à l'oreille.
C'est sûrement très sérieux.
Non, je ne suis pas là.
Jacques, je ne sais pas,
je n'arrive pas à savoir où elle est allée.
Oui, c'est possible qu'elle soit dans la chambre de Nathalie.
Mais j'ai... Je n'ai aucune idée.
Oui, je vais essayer, c'est possible, oui.
Claire !
C'est vraiment embarrassant, tu te rends compte ?
Allô, Jacques, je ne sais pas où elle est, Jacques.
Enfin, la vérité, sérieux,
elle va, elle vient et maintenant, elle n'est pas là.
Oui, je n'en sais rien,
elle semble avoir disparu.
Disparue où ?
Tu disais qu'elle était avec toi !
Il veut savoir pour combien de temps tu es partie.
Je ne sais pas quand elle revient, elle ne m'en a pas parlé.
N'insiste pas, voyons. Je ne suis pas une horloge.
Oui, c'est entendu. Je le ferai, Jacques,
je lui dirais tout ça quand elle reviendra.
Bon Dieu de bordel !
Oui, tu peux y compter.
Yes, bye bye.
- Il te rappellera. - Non, je ne veux pas lui parler.
Viens, je veux être toute seule avec toi.
J'ai le droit d'être seule avec mon mari, avec mon petit mari.
Je veux te sentir au fond de moi.
Claire ? Qu'est-ce tu as ?
Non, ne dis rien.
Ce n'est pas ma faute, je t'aime.
Je t'ai réveillée ?
Ça va ?
Non.
William, tu ne veux pas qu'on quitte Paris ?
Non, en ce moment, non.
J'ai besoin de vitamines.
Ce qu'il me faut, c'est de l'oxygène, d'autres visages.
Je veux changer de peau, tu entends ?
Changer de peau ?
Non, tu as tout simplement besoin d'un séjour dans une maison de repos.
Allez, quittons Paris.
Quitter Paris ?
Tu plaisantes ?
Des milliers d'Américains donneraient leur bras droit
pour vivre à Paris !
Tu veux quitter Paris
quand ça devient chic d'y habiter ?
Et si je tombais vraiment malade, William ?
Je t'en prie, s'il te plaît.
Pas aujourd'hui.
Claire, j'ai déjà assez de choses à faire comme ça.
Mon Dieu...
Ça ne fait rien.
Je ne te demanderai plus jamais rien, voilà.
Passe une bonne journée.
Maman, papa.
C'est toi qui fais tout ce boucan, Claire ?
On dirait une mitrailleuse.
C'est une mitrailleuse.
Une montagne de correspondances à faire.
Toutes les notes de William. Complètement illisibles !
Il faut bien les taper, regarde.
Il est bon, ce livre ?
J'en sais rien, je tape.
Willy fait les mêmes fautes qu'un cowboy.
Yep.
Yep.
Yep.
Yep.
Robert et moi, on a eu une nuit fabuleuse.
Épargne-moi les détails, je t'en prie.
Ce n'est pas de ça que je parlais.
Vraiment, Claire, tu es obsédée.
Je vais épouser Robert.
Nous avons décidé de tenter une expérience pas ordinaire.
Une lune de miel de trois mois dans un cirque.
Oui, je vois, c'est lui le clown qui va te faire jaillir du canon.
Non, il aura la place du vétérinaire itinérant.
Et où est-ce que vous irez après ça ?
Dans un zoo ?
Sois sérieuse, Claire. Je le suis.
On a fait des projets toute la nuit.
Il est inutile que vous vous mariiez, Nath.
Quelle différence ?
Tu sais, je m'en fiche, c'est Robert.
Il tient à la cérémonie.
Je vais aller faire un tour.
Achète-moi un cadeau de mariage.
Du poulet !
Des cerises !
Elles arrivent directement du Cap, madame.
Un kilo.
Bien, ma petite dame.
Claire ?
Claire !
Claire !
Des cerises ?
En plein après-midi ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je ne te vois plus.
Tu ne réponds pas.
Et tu ne me téléphones jamais.
Alors, raconte à ton vieux Jacques.
Il y a une providence dans la chute d'une feuille.
S'il est dit qu'elle doit tomber demain, demain elle tombera.
Il faut s'y faire. Être prêt, c'est ce qui compte.
Écoute, si j'ai fait quelque chose qui te déplaise,
on va boire un verre quelque part, on en discutera.
Chez moi, si tu préfères.
Ça va ? Viens.
Ne me touchez pas.
Écoutez, lâchez-moi.
- Mais, Claire ? - Qui êtes-vous ?
- Assassin ! - Claire !
- Arrêtez ! Laissez-moi ! - Claire !
Cet homme vous importune, madame ?
Non mais elle est pas bien.
Montrez-moi vos papiers, vous.
Vos papiers !
Bonsoir. Qu'est-ce qu'il y a ?
J'ai mal à l'estomac.
C'est pas d'avoir tapé les pages que j'ai pondues.
Non, mais j'ai fait une débauche de cerises.
Tu vas te promener ?
Je viens. Je peux venir ?
Tu sais bien que je réfléchis quand je me promène.
N'oublie pas que le centre de mes pieds,
la plante de mes pieds, fertilise ma matière grise.
Mais on faisait de longues promenades, avant.
Je sais.
Tu ne te rappelles pas le jour
où il a braqué son revolver au resto ?
Il a tiré sur le gruyère
parce qu'il n'y avait pas assez de trous.
C'est ça.
Pousse, pousse !
C'est ce que je fais. Arrête de m'humilier.
T'es prêt ?
Comment ça va, ce soir, mon vieux ?
Tant mieux.
Dépêche-toi. Le rideau est à 20h30.
Maintenant que Nathalie s'en va, l'appartement va être grand.
Regarde ça, ça va ?
- Fantastique. - Merci.
Où va Nathalie ?
Elle épouse son vétérinaire.
Elle n'est pas enceinte ?
Non, Robert lui aurait fait sauter.
Ah oui, bien sûr.
Un direct au ventre, un uppercut dans le tiroir.
C'est assez moche, mais très efficace.
Ils ont des aspirateurs, maintenant.
Il faut surtout pas dire à Robert qu'il y a des machines.
Il panique devant le progrès, ce type-là.
T'es toujours pas prête !
Mais je suis prête.
Mais non, t'as pas mis ta bague. Tu te fous de moi ?
Connais donc Phèdre
et toute sa fureur.
Mes dieux m'en sont témoins.
Ces dieux qui, dans mon flanc,
ont allumé le feu fatal à tout mon sang.
Ces Dieux qui se sont fait une gloire cruelle de séduire
le cœur d'une faible mortelle.
Toi-même, en ton esprit,
appelle le passé.
C'est peu de t'avoir fui, cruel.
Je t'ai chassé,
j'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine.
Pour mieux te résister,
j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus,
je ne t'aimais pas moins.
Mes malheurs te prêtaient encore de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché,
dans les feux, dans les larmes.
Faible projet d'un cœur
trop plein de ce qu'il aime.
Hélas, je ne t'ai plus parlé que de toi-même.
À défaut de ton bras, prête-moi ton épée.
Donne !
Que faites-vous, madame ?
Juste Dieu !
Mais on vient :
évitez les témoins odieux.
Venez, rentrez,
fuyez une honte certaine.
J'avais espéré une réception avec plus de cérémonial.
Et en même temps plus intime, non ?
Le président, ses ministres
et éventuellement le Comte de Monte-Cristo.
Et les trois mousquetaires !
Vous oubliez la marquise.
Le gâteau, les pâtisseries et la quiche lorraine
sont d'une finesse
et d'une classe que n'avait pas atteintes Duchamp
à l'époque où il était vraiment le roi.
Maman, va dire à Nathalie combien tu t'amuses à sa réception.
Mais chérie...
Chérie, qu'est-ce que c'est que ça ?
Mais qu'est-ce que... ? Mais qu'est-ce que... ?
Claire, on fout le camp pour le meilleur et pour le pire.
Tu me manqueras.
Au revoir, Claire. On te téléphonera.
Tu viens ?
Écris-moi.
D'accord.
William ?
William ?
Mais où étais-tu ?
Ces notes sont impossibles à lire.
Je n'arrive pas à me concentrer.
Je n'arrive pas à écrire plus vite qu'une balle de mitrailleuse.
Ce que je peux faire,
c'est sauter par-dessus le toit de la baraque, voilà.
T'es toujours un peu découragé au milieu d'un roman.
Je suis loin du milieu, j'ai à peine fait la page 21.
Tu n'arrives pas à te relire.
Regarde ça,
à croire que tu l'as fait écrire par un autre.
C'est exactement ça.
J'ai engagé quelqu'un pour faire mes recherches à ma place.
Il ne doit pas avoir plus de 7 ans.
Charlie Minerva.
La petite sœur Brontë.
Tu l'aides à adapter Jane Eyre.
Tu lui diras à quel point j'admire son style acrobatique.
Je vais te dire ce que je vais lui dire.
Qu'elle est souvent difficile à lire, c'est tout.
Dis-lui que c'est moi qui trouve qu'elle est difficile à lire.
Regarde-moi dans les yeux, William.
T'ai-je menti une seule fois ?
Non, Claire.
Alors, le jour où j'ai dit
que l'appartement me semblait un peu trop grand...
J'aurais dû faire mes valises ?
Non, c'est faux.
Tu aurais dû écouter ta femme
et la remercier de vouloir vivre à la campagne.
Non.
Nous avons eu cette discussion.
C'est exclu.
Ta santé et la mienne sont en jeu, William.
Ça n'a rien à voir avec ma santé.
Nous devons quitter Paris
- avant qu'il soit trop tard. - Pourquoi ?
Il n'est pas question de quitter Paris !
J'y resterai parce que c'est une ville que j'aime.
Ça me convient très bien.
J'aime écrire ici et Fernand aime fumer sa cigarette.
Et Nathalie est partie.
- T'as fait 21 pages en un mois ! - C'est autre chose.
Une secrétaire qui sait à peine l'alphabet.
Je souffre d'un blocage mental momentané, c'est tout.
Tu penses qu'un auteur
a en permanence des idées brillantes ?
Certains décrochent des prix, William.
Bravo ! Ça veut dire que je suis un incapable,
que je ne sais pas écrire ?
Tu serais bien mieux au grand air. Il y a des endroits très agréables.
Je serais sûrement mieux dans la rue.
Je voudrais que tu te fasses écraser.
Laisse-moi tranquille,
fous-moi la paix.
Et ne reviens plus.
Gretel !
Gretel !
Merde.
Bien sûr.
Je m'habille et on va aller chez Maxim's.
Tu ne dors pas ?
Claire ?
Claire ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Tu aurais dû en avaler un peu plus que ça si tu voulais t'achever.
Entre nous, tu es une...
Tu es vraiment stupide.
Avec toute ta supériorité, ta soi-disant classe.
Non !
Tu t'amuses bien ?
Dommage que tu n'aies pas connu ça plus tôt.
Tu vois ce qui t'a manqué dans la vie ?
Ça y est, c'est fini.
Tiens, un kleenex. Mon Dieu, allons.
Tu veux boire un peu d'eau ?
Oui.
Non, non !
C'est rien.
Tu ne me pardonneras jamais ce que j'ai fait.
Ça va aller, chérie, c'est fini.
J'ai fait une chose terrible.
Ça va aller.
- Voilà. - Tu vas jamais me pardonner.
Si, je te pardonne d'avance.
Si tu savais ce que j'ai fait.
Je te dis que c'est fini, chérie.
J'ai signé quelque chose à ta place.
Et alors ? Ce n'est pas grave.
Tu signes toujours à ma place.
Mais non, tu ne comprends pas.
J'ai imité ta signature.
J'ai vendu l'appartement.
Tu as quoi ? Quoi ?
J'ai vendu l'appartement. J'ai imité ta signature.
J'en avais marre de vivre dans cette maison.
Ne t'endors pas ! Ne t'endors surtout pas.
J'ai aussi signé...
Réveille-toi. Non, ne t'endors pas.
J'ai aussi signé, William.
Tu l'as déjà dit.
- Autre chose ? - L'appartement.
Oui, je sais que tu as signé en mon nom.
Tu as imité ma signature.
Tu te répètes.
Tu as fait autre chose ?
Quoi d'autre ?
Qu'est-ce que tu as fait d'autre ?
Je suis malade.
Je sais, mais ne t'endors pas.
Tu as fait quoi ?
Je veux que tu me dises !
J'ai vendu l'appartement, j'ai acheté un château.
Merde !
C'est pour la salle à manger.
Au premier.
Regardez-moi ça, cette baraque est une vraie ruine.
Au premier.
À gauche.
- Madame ? - Oui.
Quand vient le reste du personnel pour arranger tout cela ?
Au premier.
Voilà.
Tu as vendu mon appartement pour acheter une ruine pareille ?
Mais attends d'avoir vu la salle à manger !
Madame, qui va nettoyer tout ça ?
Vous vous occupez de tout, Gretel.
À gauche, là.
Non mais pas là, à côté.
Allez, montez. Venez voir.
Ça doit être là.
La cuisine.
Gretel, voilà votre royaume.
Par ici !
Viens.
Ce sera merveilleux de se réveiller tous les matins en pleine nature.
Madame,
vous me donnez une boussole pour me diriger ?
Regardez cette vue, Gretel.
Regardez cette rivière romantique.
Regardez ce ciel magnifique.
Elles sont magnifiques, ces fenêtres.
Oui.
Regardez ces oiseaux.
J'ai réservé la chambre la plus belle pour installer ton bureau.
Allez, viens.
Écoute ce silence.
Par là.
Madame, c'est magnifique.
Regarde.
Tu vas prendre un bain de jouvence ici.
Regarde la vue.
On verra surtout l'agonie de Gretel quand elle nettoiera 20 pièces.
Mais je l'aiderai.
Tu crèveras de fatigue au bout d'une heure.
Regarde.
Tu auras des crevasses aux chaussures.
Je veux que tu travailles en paix.
Allez, viens.
Tu peux commencer demain, si tu veux.
Il y a du zinzin ?
Du zinzin ?
Vous devriez voir le docteur Lartigue.
Il a une réputation, comme qui dirait, de fine lame.
Les femmes l'appellent la machine à faire mal.
Ta, ta, ta, l'amant mitraillette.
Elle va très vite.
Elle est rouge, sa voiture.
Et il sait ce que les femmes veulent en tout genre.
Kamasutra, maso.
Jusqu'à l'acrobatie.
Il a un énorme...
Nez ?
Oui, mais faites gaffe.
Les bâtards qu'il a eus se comptent sur les doigts d'un mille-pattes.
Comment avez-vous fait ça ?
Ça a été un accident.
Il vaut mieux que je vois le docteur Lartigue.
Ou ça risque de s'infecter.
Non, Gretel, vous n'êtes pas tombée de la fenêtre.
Je viens de mettre un pansement propre à cette chère Gretel.
Propre ?
Contraire de vieux, sale, dégoûtant.
Qu'est-ce qui est arrivé ?
Juste une coupure.
Mais elle veut aller chez le Dr Lartigue.
C'est peut-être infecté.
Elle a d'autres raisons pour y aller.
Non, elle espérait surtout un effet d'ordre physique.
Gretel.
Gretel.
Docteur Lartigue ?
À l'aide !
À l'aide !
Merde.
À l'aide !
Madame, madame !
Vous n'avez pas besoin d'une bonne mais d'un exorciste.
Vous êtes devenue folle, Gretel ?
Non, mais je deviens...
J'ai tellement peur que j'ai les dents qui claquent.
J'ai froid jusqu'aux doigts des pieds.
Je suis prête bientôt pour le...
Pour l'asile des fous.
Mais enfin, Gretel...
Gretel, on trouvera quelqu'un pour vous aider.
Le travail sera partagé en deux.
Mais soyons juste, le travail n'est pas excessif, William.
Il y a 829 fenêtres à laver.
Pas un seul pot dans la chambre.
Je déteste cette maison.
On part.
Pourquoi voulez-vous foutre le camp juste quand ça s'arrange,
quand les choses commencent à fonctionner ? Non !
Rien ne fonctionne ici, même pas vous.
Pas de panique.
Je veux m'en aller.
Et pas question que je revienne.
Jamais, jamais, jamais !
C'est sûr.
Où va-t-elle ?
Je peux entrer, mon chéri ?
Dit l'araignée à la mouche.
Il est très joli, ce peignoir, William.
Ça fait quatre jours que tu ne l'as pas quitté.
J'ai personne à impressionner.
Louis XV a téléphoné.
Il ne pourra pas venir déjeuner, alors...
Mais le docteur Lartigue viendra peut-être.
Je suis tombé dessus, ce matin au village.
C'est un homme fort, un beau nez long...
Et tout dans le pantalon.
Pas de pantalon.
- Ça va, tes dernières pages ? - Elles sont très bien, Claire.
Oui ? Je prépare le déjeuner.
Mais je t'en prie, rase-toi un peu.
On mangera à la cuisine où personne ne te verra.
Tu penseras à me prévenir quand...
Quand tu auras quelque chose à taper.
Pas encore.
J'ai bien l'idée générale.
Il y a certaines motivations que je dois approfondir.
Il y a un mois que tu as commencé.
Tu dois comprendre une chose.
Le commencement et la fin sont parfaitement clairs.
C'est le milieu, de la page 20 à la page 500.
C'est là que ça ne tourne pas rond.
Prends ton temps, William.
Prends ton temps, William.
Merde !
William ?
William ?
Les toilettes sont bouchées.
Je voulais essayer de trouver un endroit un peu isolé
derrière la maison.
Sur la route ?
Non, écoute, je dois aller en ville
et je dois m'acheter des lames.
Tu n'as besoin de rien ?
Non, rien.
Si, du désodorisant
Charlie, je sens la douce brûlure de tes lèvres de feu
qui me soudent à toi comme un aimant
et qui font naître mille désirs, mille visions interdites.
Salaud.
Pourquoi tu mets la table ici ?
Ce soir, c'est spécial.
Ah oui ?
Je n'en savais rien.
Tu as invité au moins un car de touristes ?
J'espère qu'ils sont bien gras.
Va écouter ton disque.
Je l'entends très bien d'ici. Je vais t'aider un peu.
Si tu remplissais la salière ?
Où est le sel ?
À la cuisine.
Dans un sac en papier.
Je viens juste d'en acheter.
Pendant que tu étais parti au bureau de poste.
Je t'avais pas vue.
Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu allais à la poste ?
Touché, Claire.
Il est certain que j'aurais dû te l'avouer.
Si une personne s'intéresse assez à vous
pour compter le nombre de fois où vous allez à la selle,
elle veut être avertie de vos visites à la poste.
À qui as-tu écrit ?
J'ai écrit à Jacques
parce que je pense qu'il est normal de l'informer du progrès du roman.
Personne d'autre ?
J'ai écrit à Charlie, j'ai des questions à lui poser.
Tu ne peux pas vivre sans elle, c'est ça ?
Je trouve assez difficile de faire des recherches
sur les enfants de la Pléiade
ou les indigènes des îles de l'Océanie
descendant de Tangelo
quand nous vivons au milieu des bois.
Je sais que tu ne supportes pas l'idée de vivre à l'écart de tout.
Claire, écoute.
Fais-moi plaisir.
Non, écoute-moi, fais-moi un plaisir.
Je veux bien que tu m'enfermes ici,
mais ne m'explique pas comment travailler.
Toi et ton travail...
T'écris des lettres toute la journée.
Tu es un obsédé des messages.
Écoute, c'est toi qui as trop de travail, pas moi.
J'aimerais bien pouvoir dire que c'est toi.
Mais ça se voit que tu es fatiguée.
Fais-moi mettre en taule pour escroquerie.
Tu seras enfin débarrassé de moi.
En toute honnêteté, je crois bien que...
J'y ai pensé, j'aurais dû le faire.
Non, mais tu t'ennuies avec moi.
Je te jure, s'il y a un homme sur Terre
qui ne s'ennuie pas, alors c'est bien moi.
Ne pleure pas. Je t'en prie.
Allez, fais-moi plaisir.
Allons manger.
Mangeons avant que...
le déjeuner d'hier soit froid.
Quand j'étais gosse, j'avais très peur des orages.
J'étais de plus en plus paralysé en voyant les gros nuages noirs.
Maintenant, dès que je vois les nuages éclater,
ça a sur moi l'effet contraire. Je me sens calme et décontracté.
Je voudrais tellement que tu ne sois pas malheureux.
Je ne suis pas malheureux, tu sais.
Et même, en ce moment,
je ne suis pas du tout malheureux.
J'ai peut-être fait une faute quand j'ai voulu couper les ponts.
Tu avais besoin de le faire, c'est tout.
Si tu as envie d'aller à Paris, vas-y.
Juste pour quelques jours.
Il va pleuvoir.
Va à Paris, William.
Je rentrerai dans quelques jours.
Une barrique de bière pour mes hommes et de l'eau pour mon cheval !
Bonjour, M. Brandels.
Quelle chambre de votre nid à puces ai-je ?
- Chambre 309 avec la terrasse. - Très bien.
M. Lalouette vous attend à son bureau.
Parfait.
Prenez soin de la malle.
La 309.
Vous lisez ma biographie, chérie ?
Je suis à la réception, maintenant.
Lancelot, comment va Guenièvre ?
Toute seule dans sa tour.
Félicitations, vous êtes montée dans l'échelle sociale.
C'est pas tous les jours que la beauté
rejoint la compétence.
Rien pour moi ?
Non.
Dès que je me mets au travail,
je vois arriver le chevalier noir qui vient me provoquer.
Il faut t'offrir quelques serfs.
Non, les vieux paysans sont moins chers.
Je me sauve.
Une minute.
C'est toi qui m'as demandé de passer.
Viens avec moi ce soir.
Première privée au Crazy Horse.
Le beau Lancelot ne va pas aller s'amuser sans sa Guenièvre !
Mais je suis ton ami et ton chaperon.
J'ai eu Bernardin au téléphone.
Il y aura des tas de photographes.
À quelle heure ?
Le premier show. Tu as environ...
Ma montre est arrêtée.
C'est édité, mais ce n'est même pas vendable dans une gare.
Il y a quelqu'un ?
C'est le facteur.
Il y a quelqu'un ?
"Besoin de se voir, arrive demain. Tendresse, Nathalie."
Bonjour.
Bonjour, Catherine. Tu permets que j'entre ?
Maman, c'est William.
Tu n'écris pas très souvent.
J'ai eu ta première lettre hier.
Tu bois un verre ?
Je peux prendre du jus ?
Oui, sers-toi, mon chou.
Je t'en prie, assieds-toi.
J'abats beaucoup plus de travail
quand l'auteur n'est pas là, penché au-dessus de moi.
Tu vois ce que je veux dire ?
Tu as besoin de vacances ?
Rester très tard le matin au lit.
Prendre le petit-déjeuner au lit.
Comment va ta femme ?
Elle est heureuse, là-bas ?
Non.
Non, elle ne l'est pas.
D'ailleurs, moi non plus.
Nous sommes là, tous les deux,
à vivre comme des malheureux sous le même toit.
Et c'est la raison pour laquelle
on va s'envoler toi et moi vers New York demain.
Je me suis efforcée d'écrire lisiblement.
Voilà.
Tu ne sembles pas avoir saisi ce que je viens de te dire.
Maman, c'est l'heure.
Elle va chez la voisine, Mme Dumont.
Mais...
Si tu sors, où est-ce que tu vas dormir ?
Je ne serai pas là, je sors aussi.
Je croyais qu'on...
Tu vas aller voir ton amie Annie. Tu dîneras avec elle, OK ?
- Oui, maman. - Voilà.
- Bonsoir, maman. - Bonsoir.
Bonsoir.
Dis bonsoir à William.
- Tâche d'être sage. - OK.
Tu m'as manqué.
Beaucoup ?
Non, pas trop.
Tu es restée toute seule depuis que je suis parti ?
En voilà, une question !
C'est normal comme question, non ?
Veux-tu venir à New York avec moi ?
Il y a un avion demain à 11 h.
C'est aussi simple que ça.
Qu'est-ce que je fais de Cathy ?
C'est simple, on l'emmène.
Je crois que je vais appeler ma femme.
Je vais lui annoncer ce que son mari a décidé de faire.
Je vais téléphoner.
Et qu'on en finisse.
Allô, docteur Lartigue à l'appareil.
Tu t'es trompé de numéro ?
Tu ne devais pas sortir ?
Je n'aime pas poser de lapin.
De toute façon, la soirée au Crazy Horse aurait été loupée.
Tu es sûr que tu ne m'en veux pas ?
Non, je t'assure.
Ne lui pose pas de lapin.
Je te ramène à Paris, OK ?
Tu es sûr que tu veux que je parte avec toi ?
Oui, j'aurai deux billets d'avion.
On pourrait nous retrouver demain matin.
Environ à 10 h, à l'aéroport.
Tu viendras ?
Deux robes légères et un bikini.
William ?
Tu oublies tes notes.
Un whisky.
Johnnie Walker.
Merci.
Et merde.
Nathalie.
Tu as reçu mon télégramme ?
Le cirque est en ville ?
Non, il m'avait menti, il n'y avait pas de cirque,
c'était une vieille ferme.
Je ne veux pas vivre avec un menteur.
C'est délicieux.
Robert dit que le bois sauvage est le roi des engrais.
Tu dois avoir un autre secret pour faire pousser les légumes.
Non, Robert doit s'y connaître mieux que moi.
Fertiliser, c'est sa spécialité.
Robert ne connaît rien et Robert ne fait rien.
J'ai enfin vu son vrai visage.
C'est moi qui me levais à 6 h du matin
pour aller pomper la flotte au puits.
C'est moi qui soignais ses arbres et moi qui nettoyais l'écurie.
Le seul effort qu'il faisait,
c'est baiser toute la journée.
Oui, fertiliser.
L'idée de le revoir me fait vomir.
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Que j'avais raison de m'en aller,
qu'une femme ne doit pas être traitée comme un animal.
Tu ne m'as pas dit pourquoi Willy est à Paris.
Il avait envie.
Je pensais le trouver ici.
Tu es encore une enfant.
Je crois que tu me sous-estimes un peu.
Il faut apprendre à vivre avec ton mari.
Le mariage est un état où il faut savoir donner.
Tout le temps, c'est moi qui donne et c'est toujours lui qui reçoit.
J'ai plus la force de donner.
Tu dois essayer de le comprendre.
Si je te disais ce qu'il a osé me dire.
Robert ne m'aime pas.
Je ne veux plus le voir.
Tu ne peux pas rester ici.
Tu me vires, autrement dit ?
Où est-ce que je vais vivre ?
Tu repars chez Robert.
Tu ne me comprends pas.
Et tu ne me comprends pas.
Et voilà.
C'est très facile, chère petite madame.
Vous portez à ébullition une bassine d'eau
avec de la moutarde.
Vous laissez mijoter pendant à peu près 20 minutes.
Vous y trempez vos adorables petits petons
pendant dix minutes environ.
J'y pense, il faut absolument que l'eau soit très, très chaude.
Pas de tricherie.
Merci, docteur Lartigue.
J'avais peur que ma cheville se mette à enfler.
Non, aucun risque.
Il n'y a aucune raison de vous en faire.
Merci.
Et s'il y a des complications, appelez-moi.
Appelez-moi.
Vous avez mon numéro.
Merci beaucoup, docteur.
Mais il est dingue.
Quel imbécile, celui-là !
Alors, la tête, ça va pas ?
La tête, ça va très bien.
La tête et le reste, d'ailleurs.
Mais vous, c'est d'un psychiatre dont vous avez besoin.
J'ai... J'ai... J'ai...
Oui, merci.
J'avais un client dans mon bahut.
Donc j'ai pas tort de conduire moi-même.
Vous savez ce que vous êtes ?
Nous ne recevons pas les colporteurs.
Qu'est-ce qui se cache dans la valise ?
On dirait pas que ça sort d'une boîte de conserve.
On dirait pas que ça sort d'une boîte de conserve.
Non, Claire.
Bonne nuit.
On peut essayer.
Sous-titrage : Hiventy by TransPerfect
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