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-La Lune, c'est l'astre des amoureux.
Mais aussi des tueurs, des assassins.
La pleine lune, c'est nocif.
On est composé d'eau.
Et la Lune fait quoi ? Les marées.
La Lune, c'est de l'eau desséchée.
Les Américains y ont été.
C'est des pierres, c'est H2O, c'est rempli d'hydrogène.
Donc, elle est tellement jalouse, haineuse, de pas avoir d'eau.
"J'ai pas de prairies, pas de ruminants, de fleuves.
"La Terre a tout, comme dans la Bible.
"Alors, je t'aspire, j'en veux de l'eau !"
Les femmes en Amérique, à la pleine lune,
elles sont comme des bêtes, même des belles Américaines
comme Marilyn Monroe, elles regardent la Lune
avec des yeux qui leur sortent de la tête.
Il faut s'enfermer à la pleine lune,
boire de l'eau, ne pas prendre d'excitant,
essayer d'être calme
et, si on peut, éviter de la regarder,
pour ne pas être aspiré.
Il peut arriver des choses atroces, les femmes, les bébés vont pleurer.
On n'opère jamais les malades les nuits de pleine lune.
Les bistouris, à la pleine lune, ça scintille.
Il se passe des choses dans les métalloïdes.
Le laser peut-être, et encore, pas les nuits de pleine lune.
La presse le dit pas pour ne pas effrayer.
On ne sait rien.
Je suis physicien et je ne sais rien.
C'est mystérieux, magique, et la pleine lune, c'est maléfique.
Au Moyen Age, les sorcières qui partaient sur des balais.
On met quoi sur une onde porteuse ?
Dessus, je mets des électrons.
Si elle est trop chargée, wouf !
Le procédé PAL, on le charge, il tombe.
Alors, SECAM : Henri de France, un soir de pleine lune, a l'idée.
Porteuse, hop, le noir et blanc,
sur la sous-porteuse, une couleur qui vient après.
On mémorise.
Il fallait trouver.
Les émissions ne sont pas bonnes
à la pleine lune, c'est magnétique.
Il y a toujours des drames, et, selon où elle est placée,
si la pleine lune est du côté de la côte européenne et aspire,
ça peut être terrible.
On ne sait rien, c'est une planète de fous.
Et plus on étudie, moins on sait.
Ah...
Il joue sur un piano invisible.
...
-J'ai sauvé votre mari.
-Mon frère. -Je l'ai sauvé.
-Je peux le voir ? -Plus tard.
-Merci. -Je vous en prie.
Je suis un type bien.
-Ah bon ? -Oui.
En vous voyant, j'ai eu un coup de foudre.
Et j'ai sauvé votre mari.
-Mon frère. -Oui.
Mais je le savais pas.
-Il va bien ? -Oui.
On peut dîner ?
-Oui, s'il va bien.
-Très bien.
-Vous faites ça souvent ?
-Oui.
Je repère les futures veuves.
Eclat de rire.
...
-C'est pas habituel.
-Un mariage, c'est gai. Normalement, on s'amuse.
Bon, vos témoins peuvent signer.
...
-Le monsieur qui s'apprête à lancer la boule, c'est lui.
-La même, là.
-Sylvain Bonal ? -Oui.
-Vous avez 5 minutes ? -Avec plaisir.
Tiens, on a gagné.
-Bob est mon fiancé. -Enchanté.
-Il a beaucoup perdu cette nuit.
Il ne pourra pas tenir ses engagements.
-Ben...
Je peux attendre un peu.
-Il a joué le garage ? -Oui.
Si j'avais connu sa fiancée, je lui aurais dit de la jouer.
-Pardon ? -Enfin,
j'aurais préféré sa fiancée au garage.
-Vous manquez pas d'air. -Non.
-Sa fiancée ? -Oui.
Tintements de cloches.
-Christine.
-Quelqu'un vous a déjà dit non ?
-Ca a dû arriver, mais jamais ici.
-Tu plaisantes ? -Non, je suis sérieuse.
-Face, tu m'épouses ?
-Oui.
-C'est oui.
-C'est oui ? -Oui.
-Adjugé.
...
-Ah... -Salut.
-Salut. -Vous allez sur Paris ?
-Si je peux réparer. -Ce sera long ?
-Une heure environ.
-Peut-être à tout à l'heure.
-Oui, oui.
-Chantal Jalier, désirez-vous prendre pour époux Gérard Pochat ?
-Oui. -Non.
C'est à elle de répondre.
Je recommence, hein.
-Oui, monsieur.
-Non, c'est à elle que je m'adresse.
Chantal Jalier, désirez-vous
prendre Gérard Pochat pour époux ? -Oui.
-Oui. Maintenant, à vous.
Gérard Pochat...
-c'est moi.
-Je sais.
Je vous ferai signe.
Gérard Pochat, désirez-vous prendre pour épouse Chantal Jalier ?
A vous.
...
-Quelques années plus tard.
-Ah ! Il y a des jours.
Il y a des jours.
-A qui tu parlais ?
-Tu sais bien.
-Me dis pas que c'est ta mère. Il y a pas marqué "Trompette".
-Je te demande quand tu pars ?
-Je te le dirai quand tu m'auras répondu.
A qui tu disais : "Il y a des jours" ?
-Il y a des jours
où je ne te trompe pas, figure-toi.
P'tit con.
-Il y a des jours à fleurs.
Ca pique.
-Il y a des jours...
où on voudrait refaire...
le voyage à l'envers.
Il y a des jours...
où son regard s'en va.
J'ai besoin de ses bras.
Il y a des jours...
Envie de qui, de quoi ?
T'as plus envie de moi.
Il y a des jours...
-Le café du matin...
a un goût de chagrin.
Il y a des jours...
Il y avait des jours...
et des lunes...
On riait pour un rien.
Tu pleurais dans mes mains.
Il y avait des jours...
J'aimais ton cinéma.
Tu ne jouais que pour moi.
Il y avait des jours...
et des lunes...
-Il y avait des jours...
et des lunes...
Il y a des jours...
J'ai les yeux chiffonnés.
T'as pas téléphoné.
Il y a des jours...
Ton silence assassin...
me tue jusqu'à demain.
Il y a des jours...
Il y avait des jours...
et des lunes...
-Il y a des jours...
Il y avait des jours...
et des lunes...
Mes mensonges t'amusaient.
Tes caprices m'excitaient.
Il y avait des jours...
Je te serrais si fort.
On y croyait encore.
Il y avait des jours...
et des lunes...
-Où je voudrais refaire...
le voyage à l'envers.
Il y aura des jours...
et des lunes...
Chacun voudra refaire...
le voyage à l'envers.
Il y aura des jours...
et des lunes...
Il y aura des jours...
et des lunes.
-Dans 18 heures et 15 minutes, l'un des personnages va mourir.
Ce film raconte les hasards, les coïncidences,
le jour, l'heure et la lune qui mèneront là.
Là où toutes les histoires doivent se terminer,
et où certains naïfs comme moi pensent que tout continue.
-Action !
-Ben alors ?
Les voitures, ça vient ?
...
Crissement de pneus.
-Coupez !
-OK, vous pouvez remmener les voitures.
*-Derrière, une nouvelle perturbation
*va agiter le week-end, avec un ciel variable.
*Il y aura éventuellement des orages,
*l'air étant plutôt frais.
*Je ne peux pas montrer ces nuages, notre satellite est en carafe.
-C'est la folie des grandeurs. -Justement !
-Un acheteur vient ce soir. -C'est même plus à toi.
-Où tu vas ? -Loin.
-Où tu vas ? -Loin.
-Il faut que ça sorte.
Moi, je rentre.
-Il y a des hôtesses ? -A l'aéroport, forcément.
-Tu finis quand ? -Tard, comme d'habitude.
-Je suis curieuse.
Surtout à la pleine lune.
-Pas maintenant. -Quand alors ?
-Pour ? -Faire une scène.
-Ca, c'est quoi ? -Le début d'une scène.
Tonnerre.
-Pense à changer d'heure.
-On avance ou pas ?
-On avance.
-Pas comme nous.
*-Des orages et de belles éclaircies.
-Tu vas gagner ce procès ?
-T'en penses quoi ?
-Tu vas perdre.
-T'es contre moi aussi.
-T'as touché cet argent ?
-Cent fois, je t'ai dit non.
-En mentant peut-être.
*-Demain...
-Tu veux divorcer ?
*-J'ai changé les heures de lever et de coucher de soleil.
*Sans changer le soleil. Nous passons en heure d'été.
*Plus deux heures. Lever 7h57, coucher 20h tout rond.
*La lune, avec tous ses effets, sera complètement pleine.
*Elle se lèvera à 18h10
*et se couchera à 7h56.
-C'est quoi ? -Ma cuisine.
Ca évite que ça brûle.
Ah, l'ancêtre.
1937. Vous n'étiez pas encore née.
Ca, c'est moderne.
Juste après la guerre, 1946, 441 lignes.
-Et tout ça ?
-Ma vie.
40 ans d'électronique à la télévision.
Il y avait une chaîne.
On pouvait faire 98% d'Audimat.
-C'est votre 1er sondage ? -Oui.
Il était temps.
-J'ai 45, t'en fais 33.
Il est loin, le 78.
Le temps qu'on écoutait des disques au creux des sillons de cire
sans écart de ton devant les pavillons du son.
*Y avait des apprentis saphirs.
*Qui nous faisaient chanter sans Dolby.
Sans HI-FI, sans laser, sans MPX Smoother.
Directement du coeur au coeur.
*Je te rembobine.
Klaxons.
*Je te "reset" pas, je te "rewind".
*Je te "pause", je te "stop", je t'"eject".
*Je te "forward", je te "play" plus.
T'es plus ma copine, t'es plus mon amour.
T'es plus présente dans mon avenir.
Y a déjà plus de passé, alors, y aura pas de toujours.
*Y a plus d'un homme dans ton album.
*Tu collectionnes les étiquettes.
*Les fleurs déchirées, les pochettes.
*Tu les roules en cassette.
*Ta tête de lectrice magnétique a déjà tout mis en mémoire.
*Mais tu sais plus qu'on s'est aimés.
-Putain, y a des jours...
*-Tu vis sous ton casque.
*Tu gardes tes oreilles dans tes mains.
Du coeur au coeur.
Je te rembobine.
Je te "reset" pas, je te "rewind".
Je te "pause", je te "stop", je t'"eject".
Je te "forward", je te "play" plus.
Tu m'aimes plus, oui.
T'es une salope, voilà.
T'es plus mon amour.
T'es minable.
-Je dois te voir. -Toute la nuit.
Je disais que j'étais là toute la nuit.
-Bababa...
Je suis dans ma chambre à l'hôtel.
643 Sofitel.
*Je joue avec un appareil. Ca sert à conditionner l'air.
*A Limoges, à Buenos Aires.
*Y a des mots écrits en anglais.
*Y a écrit "warm".
*Y a écrit "cold".
*Y a écrit "fan".
*J'appuie sur "fan".
*Je suis "high", je suis "speed".
T'es dingue, t'es cool.
*On sera jamais "destroy" ensemble.
*T'es transistor dans ta maison. Je vis à l'hôtel sans ta musique.
*Je branche l'été automatique.
*J'appuie sur "fan", je me fais tourner.
*Comme pour danser, pour frotter, pour te reséduire.
Directement du corps au corps.
*Sinon, je te rembobine.
Va te faire voir.
*Je te "reset" pas.
-Vive la mariée !
*-Je te "pause", je te "stop", je t'"eject".
*Je te "forward", je te "play" plus.
Salope.
*T'es plus ma copine.
*T'es plus mon amour.
*T'es plus présente dans mon avenir.
*Y a déjà plus de passé, y aura jamais de toujours.
*Je te rembobine.
*Je te "reset" pas, je te "rewind".
*Je te "pause", je te "stop", je t'"eject".
*Je te "forward", je te "play" plus.
T'es une salope, salope.
T'es qu'une méchante.
Y a déjà plus de passé, alors, y aura jamais de toujours.
Salope.
Tu vas pas me faire pleurer.
Moi aussi, je peux te faire
mal, mal, mal, très mal.
Moi aussi.
OK.
Je te le dis, Nathalie.
Tu vas devenir laide, laide.
Faut faire de belles choses pour devenir beau.
Je peux ni rentrer ni te parler.
Je peux picoler ?
Allez, ciao.
-Vous croyez à la pleine lune ? -Déjà, croire en Dieu...
-Et à l'amour, vous y croyez ?
-Je suis obligé, les gens parlent que de ça.
On arrête.
On y va.
Tant d'hommes ont peur d'entrer dans le lit d'une femme.
Demain, la messe de 9h aura lieu à 8h.
-Pourquoi ?
-En plus de la lune,
on change d'heure.
Cloche.
...
-Bien dansé ? -Oui.
-Vraiment bien ?
-Pourquoi maman est pas venue ?
-Eh bien, parce que,
comme tous les samedis, grand-mère est malade.
Maman est allée la voir.
-Annie est pas là ce soir ?
-En effet. -Qui la remplace ?
-Moi. -Merci.
-Vous livrez tard.
Allez-y.
Il siffle.
C'est beau. -Oui ?
-Très beau. -Ca lui plaira.
-Très beau. -C'est pas ma faute
s'il est ronchon.
C'est à cause du gâteau d'anniversaire des Montreuil.
-C'est eux qui... -C'est pas la 1re fois.
-Passez une bonne soirée, je m'occupe de tout, Annie.
On sert dans 30mn. -Je viens pour l'annonce.
-Ah, je vous explique.
Je vous fais visiter,
mais on doit pas savoir que je vends, pour des raisons...
J'arrive, attendez-moi.
-Je te fais un steak.
-T'es trop ronchon.
-Pourquoi tu m'as pas prévenu ?
-On te l'a dit.
-C'est ça, merci !
-Qui a commandé ça ?
J'en veux pas, je l'ai dit.
-Et à qui ?
-Pardon ? -A qui ?
-A toi, connard. -Répétez.
-Oui : connard. -D'accord.
-Viens, viens.
-Pourquoi ils sont de mauvaise humeur ?
-Tu connais la pleine lune ?
Demain, en allant à l'école, je t'expliquerai.
-Ta robe est jolie. -Oui, hein.
Elle est de circonstance.
-T'as le trac ?
-C'est un moment important.
-Tu préfères papa ou maman ?
-Et toi ?
-Pourquoi ils se disputent ?
-Parce que...
Parce que... ils s'aiment.
-T'as jamais eu d'enfant ? -Si.
Une grande fille, presque de l'âge de ta maman.
-Où elle est ?
-Je sais pas.
-Tu sais pas ? -Elle a eu
un accident.
J'ai prié pour qu'elle soit heureuse dans son autre vie.
-Il y a longtemps ?
-Six ans.
-C'est peut-être moi.
-Toi quoi ?
-Ta fille, j'ai six ans.
-Tu aimerais ?
-De temps en temps.
-Ce soir, t'es ma petite fille.
-Tu m'attends.
-C'est votre fille ? -Oui.
Charlot, notre chef.
Et deux commis.
-On vend pas.
Choc. -Ah !
-Il peut rater des plats, mais ça, jamais.
-Si quelqu'un achète ce restaurant, ce sera moi.
Au boulot.
-Dînez là ce soir, pour voir comment ça fonctionne.
On va les laisser.
-Voilà pourquoi je suis contre la pleine lune.
Vous voulez manger un morceau ?
-Je dérange pas ?
-Non, ça me fait de la compagnie.
S'il y en a pour deux, y en a pour un.
-J'ai d'autres questions.
-Ah, mais...
Je les attends, avec plaisir.
-Cette nuit, on passe à l'heure d'été.
Pour ou contre ?
-On me retire une heure de ma vie au printemps, quand c'est agréable,
pour me la rendre en hiver,
quand il fait froid, qu'on sort pas, qu'il fait nuit.
Je perds une heure au bon moment, on me la rend au mauvais moment.
Ca me met de mauvaise humeur, et pas que moi, tous les gens.
...
-N'oubliez pas pour ce soir.
...
-Vous vouliez du ménage ?
-Oui, c'est vrai.
-Pour faire quoi ?
-Le lit.
-Il est fait.
-Ah oui ?
Comme ça,
il est défait.
-Je vais le refaire. -Oui.
Arrêtez. Asseyez-vous.
Allez, je vous veux pas de mal.
Je bouge pas, j'ai juste besoin de vous parler.
J'en ai besoin.
Le droit, je vous le donne.
-De quoi ?
-Je sais pas.
Par exemple, qui je suis.
Et ce que je fous dans cet hôtel.
-Que faites-vous ici ?
-Je suis encore à Rio.
-Vous venez de Rio ?
-Oui, je viens de Rio,
et voilà que ma fiancée n'est pas pressée de me revoir.
Vous riez ?
Regardez-moi.
T'as un amoureux ?
-Oui.
-Il est gentil ?
Ah !
-Je peux pas dire.
-Il est si gentil ?
Il doit être drôlement gentil.
Vous lui ouvrez.
Et il entre.
Ca vous fait plaisir.
C'est bien.
Il vous pose des questions ?
-Quelquefois.
-Quoi, par exemple ?
-Des questions bêtes.
-S'il peut rentrer ?
Ou il rentre sans demander ?
-Il rentre.
-Comme ça ?
-Oui.
-Vous le laissez ?
Ca vous fait rire.
-Il me demande...
Vous voulez savoir ?
-Oui.
-Il me demande si je l'aime.
C'est bête. -Vous répondez quoi ?
-Six ans que je mange seul. Quel plaisir vous me faites !
Quelle bonne lune. -Tes économies.
-C'était trop beau. -Tes économies !
Ca ne va pas ?
-Vous n'avez pas vu ce que j'ai vu ?
-Non.
-C'est mieux pour vous.
-C'est quoi, le bonheur ?
-Ah, c'est des choses ineffables.
C'est comme on est là.
C'est la pleine lune.
Vous êtes là, je n'attendais personne dans ma vie...
Et on fait la dînette, on parle de choses et d'autres.
Vous m'interrogez sur l'heure, sur la lune.
Pour moi, c'est le bonheur, un petit moment de bonheur.
Comme la poussière d'une aile de papillon.
Vous l'attrapez, il vous reste de la poussière.
Il faut pas le toucher, c'est un papillon.
-Quand elle est grosse,
quand elle est grosse comme ça, elle est très bizarre.
Et on est bizarres aussi.
C'est ça, la pleine lune.
Allez, je suis en retard.
-La vie est une énigme obscure, qu'on gagne ou qu'on perde.
Dans le jeu de l'infiniment grand, la Lune a sûrement son mot à dire.
Dans 13 heures, l'un des personnages
succombera à sa mauvaise humeur,
et des amoureux se sépareront ou se rencontreront.
-Vous êtes Joseph ?
-Oui.
-Vous attendez Cécile ?
-Euh... oui.
-Elle ne viendra pas, je dois vous prévenir.
-Je dois me présenter à ses parents ?
-Peut-être, oui.
-Que vous a-t-elle dit ?
-Vous voulez acheter ?
-Oui. -Oui ?
-Oui.
-Vous connaissez la cuisine ?
-Non, mais un ami s'y connaît
très bien. -Vous l'avez regardé comme ça ?
-Vous êtes en quelle classe actuellement ?
-J'espère passer mon bac cette année.
-Vous devez être bonne élève.
-Mes parents sont ravis.
-C'est bien.
A vos études, à vos succès.
Et à vos amours.
Si amours il y a.
Que voulez-vous faire plus tard ?
-Institutrice.
-Vous aimez les enfants ?
-C'est trop tôt pour y penser.
-Moi, je...
Je rêve d'un fils.
-Moi, d'une fille.
-Ah.
-J'ai trop bu.
-Oui.
Je peux me permettre de vous demander votre âge ?
-19.
-Vous les faites pas.
Hmm ? -Tu m'as jamais dit ça.
T'aurais
jamais osé.
-Je suis en retard.
-Mais non, tu n'es pas née.
-Comment ça ?
Oh ! -C'est rien.
On se souvient des souvenirs.
-Il oublie tout.
-D'où le restaurant.
-Tu viens au théâtre ?
-Je travaille. Je venais juste vous embrasser.
-Ca va ? -Salut.
-Tu sens bon. -Merci.
-Vous prenez rien ?
-Champagne et théâtre.
-Ca te plaît ? ...
C'est inexorable. ...
Toutes les images vont avec. ...
Que dire de plus ? ...
Il y a des jours. ...
Ecoute ça. ...
-Pourquoi t'es pas allé au théâtre ?
-Et le restaurant ?
Tes parents sont formidables.
-Elle est partie ?
-Cet après-midi.
-T'as fait quoi ?
-J'ai perdu, mais plus que d'habitude.
-Ca te fait rire.
-Ca... non.
Je ris pas.
Et Paul va perdre son procès ?
-Oui, je suis sûre. -Et alors ?
-Ca tombe pas bien, ça tombe mal.
Il rit.
-Eh ben moi, au pire,
je suis preneur.
-Ecoute, Sylvain, on a fait des pâtés ensemble.
On va pas...
-On peut bien jouer au papa et à la maman.
-T'as bien assez joué.
-Là, je peux me refaire.
Alors, je tente.
...
-Ca vous plaît ?
-Oui. -Beaucoup.
-On va être en retard. -C'est vrai.
Si vous faites de la musique, on va perdre notre antiquaire.
-C'est pas fait.
-Je te demande quand tu pars ?
-Je te le dirai si tu me dis à qui tu disais :
"Il y a des jours."
-Il y a des jours où je ne te trompe pas.
-Un acheteur vient.
-C'est même plus à toi.
-Où tu vas ? -Loin.
-Tu te rends compte ?
-Ben oui.
-Garçon, fille ?
-Elle est jolie. -T'as attendu 5 ans !
Pourquoi ?
-Elle me pose des questions et j'ai plus de réponses.
-Il fallait le dire il y a 3 ans.
-Je voulais la garder pour moi.
C'est plus possible.
-Son nom ?
-Salomé.
-Elle va à l'école ? -Oui.
Et au catéchisme.
-Elle doit me détester. -Non.
Non, bien au contraire. Elle ne te déteste pas.
Je lui ai tout expliqué.
Que c'était ma faute. J'ai pris cette responsabilité.
-Elle sait mon métier ? -Bien sûr.
Elle sait tout.
Notre rencontre à Rio.
Toi commandant de bord, moi hôtesse.
Notre amour éperdu, démesuré.
Quand elle voit un avion passer dans le ciel,
elle dit "papa".
-Où elle est ?
-Tu veux la voir ? -Oui.
-Vraiment ? -Oui.
-Derrière la porte. -Celle-là ?
-Oui.
Va.
Rires.
Applaudissements.
...
-Merci.
Applaudissons Eugénie Montreuil, auteure de cette pièce.
...
Revenez plus nombreux l'an prochain,
pour un spectacle plus conséquent.
Pour parler de choses sérieuses, ce soir, c'est l'heure d'été.
La messe sera avancée d'une heure. J'espère vous voir aussi nombreux.
Merci.
...
-Je veux partir depuis un an. -Pourquoi ce soir ?
-Il y a des jours...
-Ha ha... Si j'étais plus jeune,
je saurais bien le consoler.
-Allez-y. -Chiche.
Chiche.
-Vous savez que vous ressemblez à Gérard Philipe.
Des paroissiennes ont dû vous le dire.
-Ca raconte sa vie ?
-C'est intéressant car l'Eglise évolue.
Tous les grands comédiens ont joué un rôle de prêtre.
Et cette fois, un prêtre jouerait un rôle de comédien.
Ce n'est pas un rôle de majorette.
C'est la vie d'un homme respectable et respecté.
Qui jouait les archanges, qui avait l'aura.
Si vous me permettez, on disait qu'il jouait comme un dieu.
C'était vrai. -Vous seriez mon apôtre... agent ?
-Merveilleux lapsus.
C'est un lapsus
révélateur qui est...
-Mon agent ?
-Vous avez presque accepté.
*-Dépression sur l'Europe de l'Ouest.
*Avec un front chaud ici et un front froid sur la Manche.
-Coucou.
*-Repoussé par l'anticyclone...
-Alors ?
-Alors, ça s'est bien passé.
Votre fille a été extra. -Les Montreuil m'ont dit.
Elle a pas demandé son reste.
-Allez vous coucher.
-J'ai le sentiment qu'elle va revenir ce soir.
-Moi, je ne crois pas.
-Salut. -Salut.
-On peut ? -Oui.
-Merci.
-Ca va être long ?
-Euh... Comme prévu, toute la nuit.
-Faites comme chez vous. -Merci.
-Vous avez déjà divorcé ? -Oui.
-Ca fait comment ?
-Eh ben ça fait... ça fait très tard.
C'est le jour du divorce qu'on découvre l'homme qu'on a épousé.
-Vous attendez quoi d'un homme ?
-Vous avez bu ce soir. -Non.
Vous attendez quoi ?
-J'attends plein de choses d'un homme.
Qu'il ne me demande jamais d'être fidèle.
Je suis exigeante.
-Et... ça a marché ?
-Jamais. -Jamais ?
-Dites donc... Salomé se doute de quelque chose ?
-Oui, je crois, oui.
-Ecoutez mon conseil. -Non.
-Ecoutez quand même.
Dormez avec votre fille.
-Pourquoi ?
-Si maman est pas là...
on a doublement besoin de papa.
*-La lune se lèvera aussi en heure d'été à 18h10
*et se couchera à 7h56.
*Et si vous êtes
à l'ouest, elle sera pleine,
*avec tous les effets que ça peut avoir sur les femmes,
*sur la mer, sur les oiseaux qui gazouillent.
-J'ai jamais vu de réservation s'annuler seule.
Vous êtes sûre ? -Annulée à 20h.
-Bon... Il reste de la place sur cet avion ?
-Attendez.
Une place en touriste et une en liste d'attente en première.
-Sur le même avion au moins ? -Oui, monsieur.
-C'est quoi, cette histoire ?
-C'est notre histoire.
-Que fais-tu là ?
-J'ai tout annulé : l'avion, l'hôtel.
Les massages, le sauna.
Les pédalos.
-Tu peux m'expliquer ?
-Ta secrétaire parle trop.
Je fais un scandale ou je te crache à la gueule ?
-On va recoudre.
-Ca fait mal ?
-A moi non.
-Faut beaucoup de points ?
-Vous avez pas eu assez de poings ?
-Oh, la vache !
Ah, la vache ! Oh, putain.
-Je fais le noeud. -Ah, putain.
-Ca va tirer un peu. -Pff, ça arrache.
-Que s'est-il passé ?
-J'étais en retard, avec l'heure d'été.
Un connard a pris ma place.
-A un millimètre près, t'étais mort.
Ca fait cher la place.
-Je baisse pas mon froc.
-Tu vas pas aux WC ?
-Vous me tutoyez ?
-Et je te recouds.
-Ouille ouille ouille ! Aïe aïe aïe !
-J'ai quoi, là ?
-Oui, c'est hésitant.
-C'est la lune.
-Aïe ! C'est elle qui me fait mal.
-Calme-toi.
-On n'est pas copains.
-T'es pas au volant.
-Me tutoyez pas.
-T'es en soins.
-Me faites pas chier.
Il frappe.
...
-Oui ? -Comment va le monsieur ?
-Oh, l'enculé.
Il vient me relancer.
-Foutez le camp !
Foutez le camp ! -Tu vas voir ta gueule.
Ah !
-Lâchez... -Le couteau.
-Bordel !
Confisqué.
-Il est 3h, on l'a regardé 52 fois.
-Pourquoi maman est partie ?
-Parce que...
Parce qu'elle voulait...
prendre l'air.
Tu dors ? Une heure pour me faire plaisir.
-Je peux pas avec la musique.
-Cette nuit, j'en aurais entendu.
-Essaye.
-J'ai passé ma vie à ça.
-Une fois de plus.
-Toi et moi...
Inutile d'essayer.
-Tu veux une omelette ? -Ca, d'accord.
-Allez, viens.
*-C'est le boogie du bagout du dingo qui s'en fout.
*Quand les filles tombent à ses genoux.
*Bigoudis Bagheera bagatelles bague au doigt.
*Rigole à gogo, me laisse pas.
-Je vais pas manger tout ça.
-Mange ce que tu veux.
*-C'est le boogie du bagout du dingo qui s'en fout.
-J'ai plus de joie.
Quand ma fille était vivante,
j'avais cette angoisse, mais aussi des joies.
J'allais lui acheter des croissants.
Elle soupire.
Aujourd'hui, j'achète des fraises et de la menthe.
Mais je m'en tape des fraises.
-Excuse-moi.
-Il faut que ça sorte.
C'est pour te dire que la journée,
je suis disponible.
On me fait encore chier, mais j'ai plus à téléphoner.
Donc, je suis libre.
Mais ça n'a plus de goût.
Je vais peut-être retrouver le goût de l'omelette.
-Le curé est avec l'antiquaire.
Elle rit.
-Si tu voyais ta tête.
-Oui, il est pédé.
-C'est la soirée des surprises.
-J'ai soufflé sur maman.
J'ai soufflé longtemps et souvent.
Il faut souffler longtemps.
-T'es un menteur.
-Quoi ?
-On fait pas les bébés comme ça. -Et comment
on les fait ?
-Le kiki du monsieur va dans le kiki de la dame.
-Qui t'a dit ça ?
-Sylvain.
-C'est qui ? C'est moi.
-Un copain à l'école.
-Il a quel âge, Sylvain ?
-Il a 6 ans. -Qui lui a dit ça ?
Qui lui a parlé de kikis ?
-Il a vu son papa et sa maman le faire.
-Il les a vus faire ?
Il rit.
Il t'a dit ça ?
Moi, tu m'as pas vu.
-Si. -Avec maman ?
-Oui. -Quand ?
-Par le trou de la serrure.
-Tu regardes à travers la serrure ?
-Oui.
Sylvain m'a dit de le faire.
-Donc, tu sais bien comment on fait des enfants.
-Pourquoi quand tu disputes maman, t'es grossier ?
-Je suis pas grossier. -Si.
T'as dit : "Vieille pute." -Mais non.
Je lui aurais jamais dit ça.
-J'ai tout entendu, tout vu.
*-Quand je vois ta frime et ta frimousse...
*C'est fou ce que je mousse.
*C'est le boogie du bagout du dingo qui s'en fout.
*Si tu te sens plus fort que tout ce qui blues dans ma voix...
*C'est raté, t'as qu'à m'attaquer pour voir.
*Trois heures de baratin, ensuite, il me prend la main.
*Pour finir, il me roule un patin.
*Et se casse en courant en me laissant comme deux ronds de flan.
-Personne ne dort.
-Salut.
*-Un mot sur un bout de papier glacé qui disait :
*"O ma poupée..."
-Il y a quoi ce soir ? -Je sais pas.
C'est dans l'air.
-C'est la Lune ? -Encore, oui.
Vous attendez quoi d'une femme, vous ?
-Je sais pas.
Un coup d'accélérateur. -Ah. J'adore la vitesse.
*-Qui se balade dans les rues de Paris.
*Champagne au bout du mégot, à vélo.
Téléphone.
...
-Oui.
Oui.
J'arrive.
Tu veux pas rentrer ? -Je préfère parler ici.
-Je t'écoute.
-Je veux garder Salomé.
-C'est toi qui pars, la justice décidera.
-Ca va être long et on va se faire mal.
-Tu proposes quoi ?
-T'es joueur...
Le caillou garde Salomé.
-D'accord.
Celle-là.
Cliquetis.
Je te demande pardon.
*-C'est par un soir de pleine lune et d'éclipse qu'en 1504,
*Christophe Colomb obligea les Jamaïcains à le nourrir,
*les menaçant de leur retirer la lumière de la Lune sinon.
*Aujourd'hui, le phénomène de l'éclipse est connu.
*Mais pour certaines tribus,
*cet astre qui croît, décroît et disparaît
*doit encore symboliser le passage entre vie et mort.
*Cette nuit, il sera difficile d'observer
*l'avant-dernière éclipse de Lune du siècle
*à cause du mauvais temps, mais là où le temps le permettra,
*la Lune apparaîtra cuivrée ou orangée.
*N'oubliez pas, 4h09 GMT.
*Si vous n'êtes pas au lit, et si le ciel est clair,
*vous pourrez admirer ce merveilleux spectacle.
-Ton sac.
Prends-le.
Quand on part, on prend son sac.
-Arrête.
-Je veux plus rien de toi ici.
Prends la ferme, m'en fous de la ferme de tes parents.
-Tu m'as fait mal. -Tu dégages.
Si tu franchis cette porte...
Elle pleure.
-Tu mélanges du pain rassis avec du lait,
tu fais une pâte.
T'as ta viande hachée, tu malaxes le tout.
Tu coupes les petits oignons, l'ail, hachés menus surtout...
-Pelletier, il y aurait des putes sur l'aire de Bochon.
-Oui.
Le secret, c'est l'aneth.
Tu mets au four.
Tu te fais des grosses boulettes.
-Et soyez ferme sur les excès de vitesse, avec l'heure en moins.
-Au four pas trop chaud, 10mn.
Thermostat 7-8.
Goûte ça, tu verras.
-Va voir si le téléphone est pas débranché.
S'il y a un problème...
Ca te dérange pas ?
T'es mignonne, merci, je suis inquiet.
Derrière, c'est ouvert.
Oui.
La voiture est là ?
Non plus ?
Pas de voiture.
Elle t'a rien dit cet après-midi ?
Elle est peut-être allée prendre l'air.
Dis-lui que j'ai appelé.
Je serai à Paris vers 8h, je vois Paul vers 5h.
Je t'embrasse, Solange.
-Tu mets une demi-tomate pour donner de l'acidité.
-Avec le jus ? -Oui.
-Et la peau ? -C'est juste pour donner
de l'acidité.
-Ah, OK.
-Tu mets le poulet à la fin. Avant, il serait trop cuit.
-Je t'aide à t'endormir ?
-M'endormir ?
Non, j'ai ce qu'il faut.
-200 la pipe, 300 l'amour.
-Vous conduisez ? -Pour plus.
-Relève un peu.
-Tu veux pas qu'on s'arrête ?
-Je te garde la nuit.
-Pour mater ?
-Et pour causer.
-Causer ? Je suis pas bonne.
-Devant des témoins.
-Des témoins ?
-J'aimerais que tu me dises des saloperies dans un lieu public.
*...
Une femme hurle.
...
-Salope !
-J'entends l'orchestre.
J'entends l'orchestre.
Aboiements au loin.
...
-Soirée délicieuse passée avec vos photos.
Je viendrai me confesser demain.
J'en aurai bien besoin.
Vous devriez être chez vous.
-T'as regardé Sabatier un samedi soir ? T'es forte.
Ca va, ça va.
Arrête, tu veux.
Sabatier, c'est le vendredi, Drucker, le samedi,
et Martin, le dimanche.
Révise tes classiques.
...
-C'est très beau.
Je ne viendrai plus.
A l'apogée de ton talent, je t'aime moins.
-C'est qui ?
-Tu me le rejoues ?
-Il est déjà 5h.
Non... 6h.
*-Notre station Total est heureuse de vous annoncer
*que les distributeurs proposent café de Colombie,
*thé de Chine parfumé et chocolat.
-Paul est pas là ? -Il t'a attendu jusqu'à 6h.
-Il est 5h. -Et l'heure d'été ?
-C'était quand ? -Cette nuit.
-Quelle heure il est ? -6h.
-Je me suis pris une heure dans la gueule.
-On le sait, le temps...
qui passe passe...
Il passe et jamais...
il ne revient.
Il est pourtant
l'unique lien...
De tous les humains.
-ANGLAIS, CHINOIS, EGYPTIENS, PORTUGAIS, RUSSES, IROQUOIS.
-Je voudrais M. Aubert.
-RIEN NE VA PLUS DES QUE L'ON SE DIT...
-Pourquoi ?
-Gérard, camion 13-31.
-ON SE DECHIRE, ON SE BAT, ON SE POURCHASSE, ON SE MENT.
-Où je suis ? Je sais plus.
-QUAND DANS L'ESPRIT SE BALADE LE POISON DU...
-Comment ?
-IL N'EST PAS LOIN, MIRAGE OBSEDANT DE L'OR.
SUR LES VISAGES, UN NUAGE, REGARDE, ON DIT...
-Alors ?
-C'est important.
-PETIT LUTIN DANS LE COEUR ALORS NE FAIT PLUS DE BONDS.
IL EST PARTI
POUR DE BON DES QUE L'ON S'EST DIT...
-Ah bon ?
-Excusez-moi de vous déranger, je me suis gouré dans l'heure.
Hein ?
Je suis désolé, je vais avoir une heure de retard.
Oui, je vais bourrer.
-TIME IS MONEY.
LE TEMPS C'EST DE L'ARGENT,
BRAVES GENS.
ON RECONNAIT QUE C'EST UN JOLI SLOGAN, ELEGANT.
DES QUE L'ON NAIT, LE TEMPS C'EST LE TEMPS, MEME AVANT.
POUR LA MONNAIE, REPASSEZ DE TEMPS EN TEMPS.
ON LE SAIT, LE TEMPS QUI PASSE PASSE...
IL PASSE ET JAMAIS IL NE REVIENT.
IL EST CONTENT.
IL N'Y PEUT RIEN.
LE TEMPS DES IMAGES.
-Je voulais dire que ce monsieur qu'on vient de voir,
c'est qui ?
-UN PAUVRE.
-Si on veut, un pauvre qui fait quoi ?
-CAMIONNEUR.
-Camionneur, et quoi encore ?
-Il a des problèmes.
-C'est un pauvre camionneur qui a des problèmes.
-Avec qui ?
-Avec sa femme. -Son patron.
-Avec son camion.
-Donc, Anita a joué
le rôle d'une femme séduite
par un pauvre camionneur qui a des problèmes.
-Ca n'a pas marché.
-Qu'en savez-vous ?
Maintenant, il fait partie de notre histoire,
et nous de la sienne.
Nos histoires sont imbriquées.
On ne sait jamais les traces qu'on laisse.
-Allô, il faudrait que M. Chapuis vienne m'aider.
Un passager a raté l'avion à cause du changement d'heure.
-Je vais m'énerver.
-Monsieur... -Je vais m'énerver.
-C'est une information nationale, la télévision, la radio, la presse
l'ont diffusée.
-Air France est responsable de mon voyage.
Il fallait me prévenir.
-C'est sur le billet.
-C'est illisible.
-Vous avez raison.
-Club 2000 en plus. Vous savez ce que c'est.
-Vous seriez le Président... Nous ne pouvons retenir un avion.
-Vous m'insultez ?
-Je ne me permettrais pas, mais on ne peut rien faire,
même si vous étiez très important.
-On pleurniche ? -Non.
-Inutile d'essayer de m'attendrir.
Vous me faites rater mon avion.
-Jamais de la vie.
-Vous recommencez.
-Il s'agit pas de ça.
-Ca ne fait aucun effet.
-Tant mieux, je...
-C'est pas possible.
Le chef de service.
Chapuis.
-Je rappelle. -Rappelez.
-Demandez à M. Dupuis
de venir. -"Chapuis".
-M. Chapuis.
-Elle sait pas son nom.
Même un métier d'idiote se fait intelligemment.
-A Berlin...
Vous êtes en retard.
-Quel con !
Ben oui.
Bien sûr.
Il y a un autre avion ?
-Ben...
Nous avons un autre avion sur TWA dans trois heures.
Je suis désolée.
-Et à chaque client en retard, vous vous mettez dans cet état ?
-Oh...
Non, non.
-Je suis pas le seul.
-Non, le deuxième.
-Que deux ? -Oui.
C'est écrit si petit.
-Mais on doit lire son billet.
-C'est trop petit.
-Ca m'aura permis de rencontrer une jolie jeune femme,
mais pas très gaie.
-On reste ou on sort ?
Hein ?
On hésite. -Non, viens.
-On n'hésite plus.
Qui veut divorcer ? -Moi.
-T'as peur de rien.
-J'ai pas eu peur de l'épouser.
-Où tu l'as rencontré ?
-Il allait régulièrement à New York.
-Et nous, on en a encore pour longtemps ?
Hein ?
-On a le temps de petit-déjeuner.
A quoi tu penses ?
Vous êtes sûr ? -Oui.
Fille ou garçon, je sais pas, mais c'est ça.
-Merci. -De rien.
-Bravo.
-Votre vol ? -New York Concorde.
-Bon voyage. J'espère un jour aller à New York.
Et la nouvelle est bonne.
-Merci. -De rien.
-Je te trouve bizarre.
-La pleine lune.
Bon...
T'as pas eu de contractions ?
Ca déclenche beaucoup d'accouchements.
-On me racontait ce matin
qu'il y avait plus de naissances,
que les garçons naissaient plus
trois jours après... la pleine ou la nouvelle lune,
la pleine lune,
et les filles à peu près à la nouvelle lune.
Non, les garçons naissent
trois jours avant... Je sais plus.
Je me rappelle plus.
Mais ça m'a impressionnée.
-Impressionnant.
Très.
-Je me rappelle plus.
Tu me trouves bête, c'est pénible.
-Sophie.
-Ca t'intéresse pas.
-C'est pas clair.
De lune, évidemment.
-Je t'intéresse plus.
-Arrête. Arrête.
-J'avais envie de te le raconter.
J'essaie de me rappeler, mais j'arrive pas.
-Essaie pas. Essaie pas.
A quoi tu penses ?
-A notre 1re venue ici.
-Et alors ?
-Ben... ça sent la fin.
-Tu me vois avec ton mari ?
-Tu peux lui dire :
"Voilà, j'aime votre femme, j'accepte d'élever votre enfant."
-T'es folle.
-Tu me savais enceinte.
-Et je dis quoi à ma femme ? Hein ?
-Tu lui dis :
"J'aime une autre femme, je veux vivre avec elle."
-Tu veux un bébé et t'es encore un bébé.
-La chambre est prête. -Merci.
On y va ? -J'en ai assez.
-Hm ? -Je veux rentrer.
*-J'espère que vous avez pensé à changer d'heure.
*Attention sur la route,
*car des retardataires ont provoqué des accidents,
*en roulant trop vite.
*Dont un très important sous le tunnel de St-Cloud.
*Une déviation a été mise en place
*par Marnes-la-Coquette et Ville-d'Avray.
*Une trentaine de véhicules se sont télescopés sous ce tunnel.
*Il faudra 2 à 3h pour le dégager.
*Si vous êtes sur l'autoroute de l'Ouest,
*prenez la déviation.
*Voici le programme musical.
-Vous êtes sérieux ?
-Oui, j'ai une chambre, je peux vous la louer.
-Combien ?
-Si on bavarde de temps en temps, je vous la prête.
-C'est gentil.
-Vous êtes là depuis quand ?
-Dites. -Un tour de cadran.
Moins une heure.
Interrogez-moi encore.
-Vous, interrogez-moi.
-Ah, ça, c'est une idée.
J'ai des questions.
Sommes-nous peu...
assez, pas assez...
trop sur terre ?
-Les papiers.
-Tout est là.
-Des autres véhicules.
-J'ai amené ces voitures pour une pub en Normandie.
Donc, j'ai rien.
-Un client pour nous.
-Pour ?
-Pour une publicité, je les ramène à Paris.
-Un peu vite. -Je sais.
-Comment ? -Je sais, je m'excuse.
J'ai perdu une heure avec cette connerie d'heure d'été.
Si je dis à ma femme que j'ai perdu mon boulot,
ça va pas être super.
-J'aurais pas aimé que ma famille te croise sur la route.
-Premier problème en dix ans.
Mon patron m'a obligé à rouler vite.
J'ai oublié l'heure d'été, comme plein d'autres.
-Tu sais à combien
tu roulais ?
-Cent.
-Comment ? -Cent.
Cent ou cent dix maximum.
-145. -Non.
-Si. -Non.
Ce bahut roule pas à 145 avec 8 bagnoles dessus.
-Je suis un menteur ?
-Je dis que j'allais pas à 145, pas que vous êtes un menteur.
Je roulais à 100, 110.
-145.
Voire 150.
-172 aussi.
On fait quoi ?
-Je réfléchis.
Retrait de permis ou tribunal.
Je réfléchis. -Oui.
Vous aimez faire chier ?
-Pardon ?
-Vous aimez faire chier ?
-Pardon ?
-Vous aimez faire chier ?
Faire chier un mec qui conduit toute l'année ?
Qui se prend la tête avec des patrons à la con parce que...
Faites chier.
Je couche ici avec vous ou vous m'emmenez menotté ?
-Ca te fait rire.
T'es nerveux. -Quoi ?
-Nerveux. -Oui, je craque, je ris.
-Calme-toi.
-Retirez-moi le permis, mon boulot, ma vie, tout.
-Comment ?
-Là, tu m'emmerdes.
-Tu me tutoies ? -Oui, oui.
Je vous emmerde.
-En civil, je te massacrerais.
-Je la connais par coeur.
C'est ça.
-En uniforme, je peux pas.
Je te massacre. -Avec ton pote ?
-Je tremble.
-Un problème ? -Le ballon.
-Voilà les gadgets.
C'est pas fiable, avec un café, ça merde.
-Souffle.
-Voilà. -Un peu plus.
Voilà ! -Voilà.
-On attend. T'es pas pressé ?
-Si. -Quoi ?
-Je suis pressé.
Vous en avez emmerdé beaucoup ? -Beaucoup.
-M. Aubert, je vais plutôt avoir deux heures de retard.
Un contrôle de motards.
Excès de vitesse, surcharge, la totale.
Comment ça ?
Ah bon ?
Soyez poli, parlez pas comme ça.
Soyez...
Vous savez quoi ?
Venez donc chercher votre camion sur l'aire de Morainvilliers.
On se voit après, d'accord.
Voilà.
Chiche ? Chiche !
Chiche.
-Un café, Gérard ?
-Ca va.
...
-Monsieur. -100F de super.
-Vous irez pas loin. -Ca me va.
-Où est le réservoir ?
-Ben, il est pas là ?
-Non.
-Sous la plaque ?
-Je crois pas.
-Alors, il y en a pas derrière.
-C'est la nouvelle ?
-Oui, on m'a pas dit où c'était.
-Regardons devant.
Ouvrez le capot.
Il est là.
Donc, 100F ? -Oui.
-Ca va, monsieur ? -Impeccable.
-Vous allez sur Paris ? -Non.
-Ca doit aller vite.
-Oui, ça va vite.
-Attention, le permis aussi !
-C'est le risque.
On peut pas tout avoir. -Vous allez sur Paris ?
-Oui, madame. -Je peux ?
...
-J'ai épousé ma dernière stoppeuse.
Vous êtes triste ?
-Un camionneur m'a prise en stop et n'a pas été gentil.
-Ah bon, un routier ?
Pas un à moi, j'espère.
J'ai une centaine de camions qui sillonnent la France.
Vous l'avez pas bien vu ? Ni son camion ?
Ah...
Ca arrive.
Vous allez où ?
-Le plus loin possible. -Mais encore ?
-Sur la côte. -Ah, en vacances.
-En voyage de noces.
-Non ? Toute seule ?
-On s'est disputés avec mon mari.
On avait réservé l'hôtel.
J'y vais seule.
-Ah oui...
Mariée depuis quand ?
-Hier.
-Vous battez les records.
Moi, à mon mariage, de joie, j'ai dit "oui" avant la question.
Je vous déposerai
à l'entrée de l'autoroute du Sud, c'est mieux pour descendre.
Votre mari fait quoi ?
-Marin pêcheur.
-Comme routier, comme moi.
Jamais à la maison. Ben oui.
Vous voulez pas qu'on s'arrête pour l'appeler ?
-Non.
-Ah bon ? -Non.
-Moi, je vais appeler ma femme.
Hein ?
Si vous avez soif ou faim, j'ai du café et un sandwich entamé.
*-Il y a ceux qui rêvent les yeux ouverts.
*-Et ceux qui vivent les yeux fermés.
*-Et pour qui tout va tout à l'envers.
*-JAMAIS LE COEUR ABIME, RESIGNE.
-On aurait dépassé le 100.
Cris, applaudissements.
-Observez la scène.
-Je comprends rien, mais vous rouliez à plus de 100.
Et avec un véhicule comme ça, on ne dépasse pas le 80.
Surtout vu son état.
-J'aimerais aller à 100.
On dépasse pas le 70, essayez.
-Attention.
-Mais essayez.
Tout le monde chantonne le thème du morceau.
...
-Je fais quoi ? -Ferme la porte.
-SI QUELQUES PAUMES DE L'UNIVERS...
-Si je dépasse le 100, il se passe quoi ?
-Ben... vous intégrez la troupe.
Cris de joie, applaudissements.
-VIENS PRENDRE UN AIR D'INSOUCIANCE.
ET DANSE.
-Il y a ceux qui rêvent les yeux ouverts.
-Et ceux qui vivent les yeux fermés.
-Ceux pour qui tout va tout à l'envers.
-JAMAIS LE COEUR ABIME, RESIGNE.
SI QUELQUES PAUMES DE L'UNIVERS...
AU KABARET...
-100 !
...
-Ca descend, là.
Ca descend, là.
-100 quand même. -Mais ça descend.
-Au radar. -C'est impossible.
On aimerait bien rouler à 100. Hein ?
-OUI !
-Mon radar est fiable.
-Essaye.
Essaye, tu verras.
-Si quelques paumés de l'univers...
-AU KABARET DE LA DERNIERE CHANCE...
SE RETROUVENT AUTOUR D'UN DERNIER VERRE...
VIENS PRENDRE UN AIR D'INSOUCIANCE.
ET DANSE !
-Moi, je prends pas l'air.
Je savais pas qu'un couple devait prendre l'air pour aller bien.
Et combien de temps ?
Parfait.
Je t'embrasse. C'est ça.
...
Mon café était pas bon ?
-C'est pas à vous,
la voiture.
-Ca se voit autant ?
Ma femme me demande
de prendre l'air.
On descend sur la côte ?
Devant le destin,
il faut pas hésiter.
-Vous êtes rapide.
-Les motards trouvent aussi.
Je vous accompagne.
-Vous voulez pas savoir qui je suis ?
-Non. Vous voulez savoir qui je suis ?
-Oui. -Ah.
Je suis pas patron, j'ai menti.
Je suis un camionneur, mais un gentil camionneur.
On peut y être avant ce soir.
On va vers le beau temps.
*Musique jazzy.
Ca vous dérange, la radio ? Vous aimez la musique ?
C'est quoi, votre nom ?
-Caroline.
-Gérard. Enchanté.
-Paris est loin ? -Dernier péage.
*-J'ai 45, t'en fais 33.
*Il est loin le 78.
*Le temps qu'on écoutait des disques.
Vrombissement des avions.
...
-Attendons la naissance du bébé, on y verra plus clair après.
Les plus beaux yeux sont ceux qui pleurent.
-Pardon de pleurnicher.
-Mais non.
C'est la Lune.
-Coucou !
Ca va ? -Bien dormi ?
-Oui, et vous ? -Oui.
-Vous venez à Rio ?
Eh ! Non ?
Vous avez tort, c'est bath.
Je voulais vous remercier pour la conversation.
J'espère à bientôt. Hein ?
Pardon. Ciao.
Au revoir.
J'adore les femmes de ménage.
Et les hôtesses de l'air.
-J'adore votre dernière chanson.
-Merci.
-Je vous en prie. Excusez-moi.
-Au revoir. -Au revoir.
Il y a le compte.
-Au revoir.
-Qu'y a-t-il ?
-C'est mieux qu'on se quitte ici.
-Ca va se terminer ici ?
-Ce sera mieux.
-Bon, d'accord.
-Vous voulez signer là.
-Merci.
-Je peux avoir un taxi ?
-Bien sûr.
-J'en ai un qui arrive.
-Ca vous dérange pas ? -Allez-y.
-Au revoir. -Au revoir.
-Ces choses-là arrivent.
Tenez, venez.
Euh...
Vous accoucheriez pas à Rio ?
-Pourquoi Rio ?
-Car j'ai pas d'enfant.
-Allez, viens.
-C'est votre mari ? -Même pas.
-Viens ! -Au revoir.
*-Je te "pause", je te "stop", je t'"eject".
*Je te "forward".
*Je te "play" plus.
*T'es plus ma copine.
*T'es plus mon amour.
*T'es plus présente dans mon avenir.
*Y a déjà plus de passé, alors, y aura jamais de toujours.
Il soupire.
-Ca va mieux ?
-Pas vraiment.
-Ca ira mieux dans une autre vie.
-Vous croyez à ça ?
-Cette nuit, à la radio, un type semblait y croire.
-Vivement la prochaine.
-Ca va passer.
-Je ne pense pas.
-Si, ça passe toujours.
-Toujours ?
-C'est les choses de la vie.
Une petite agression... Ca tombait mal.
Vous auriez pas dû vous rencontrer.
-Je sais pas quoi faire.
-Vous vous êtes mariée après avoir réfléchi longtemps ?
Ou sur un coup de tête ?
Sans être sûre de rien ?
-Sûre de rien, non. Ah non.
-Non ?
Où avez-vous connu votre mari ?
-A Ste-Mère-Eglise.
-44 ?
-Oui, la commémoration.
-C'est un vieil amour.
-D'où sort ce couteau ? -Confisqué à un con.
-Le laisse pas là.
-C'est bouché.
-Pourquoi t'es revenu ?
-J'aime les retrouvailles.
Il faisait quoi à l'hôtel ?
-Il repartait pour Rio.
-Tu sauras où le trouver.
-Ben oui.
J'ai écrit à Paul que je ne rentrais pas.
Concert de klaxons.
-Tu iras où ?
-Tu me déposes chez mes parents ?
-Oui.
C'est où ?
-A Marnes-la-Coquette, juste après le tunnel de St-Cloud.
-Ils sont prévenus ?
-Eux aiment me voir.
-Tu vas trop vite.
-Le bébé peut arriver.
-On va à la clinique ?
Il faudrait sortir du périph.
-Prends la bande d'arrêt d'urgence, tu diras qu'on va à la clinique.
...
-T'es maligne.
-Pour une fois. C'est si rare.
...
-Et voilà !
Tu repleures, il repleut.
-Même le temps sait pas
quoi faire.
-Sois un peu raisonnable.
-Celui qui l'est n'est plus amoureux.
-OK, ça suffit.
-On vivra pas ensemble.
-Je trouve ce jeu très énervant.
-Fais pas la gosse.
-Arrête !
-Arrête.
-On tue pour moins
que ça.
-Justement, là, j'aimerais mourir.
Klaxon.
...
-Vous voulez mourir ?
-Pas vous ?
-Jamais aucun accident ?
-Si, d'amour.
-La voiture est volée ?
-Empruntée.
Elle n'a encore jamais été vendue.
-Pourquoi celle-là ?
-Je me suis beaucoup traîné, j'ai donc décidé d'aller vite.
-Vous voulez faire l'amour ?
-Peut-être.
Pas vous ?
-Si.
-Trop de gens commencent au début.
-Vous pensez à elle ?
-Oui.
Je pense qu'à ça.
Vous pensez à lui ?
-Je pense plus.
-C'est un avantage.
J'ai la voiture en main.
Je vais où je veux avec.
-Où je veux.
-Vous avez peur ?
-Non.
-Vous commencez à croire en moi, c'est bien.
-Vous voulez ? -Non merci.
-Une boisson ? -Non.
Hé !
Le prochain vol pour Paris ?
-On vole vers Rio.
-Une fois à Rio, ce sera quand ?
-2 heures après.
-Je peux avoir une place ?
Celle-là.
Merci.
-Messieurs dames.
Messieurs dames !
Excusez-moi, c'est ma faute.
Messieurs dames !
Excusez-moi, c'est ma faute.
Je vais vous sortir de là.
Vacarme du trafic.
...
Arrêtez !
...
-Que s'est-il passé ?
-Comment ils sont ?
-Ils n'arriveront sans doute pas à l'hôpital.
Que s'est-il passé ?
-Je roulais tranquillement et ils me sont rentrés dedans.
-Vu la façon dont sont placés les véhicules...
-J'étais peinard.
-Peut-être trop.
Vous avez les papiers ? -Oui.
-D'autres accidents ?
-Non, c'est le premier.
Avec l'heure d'été, j'étais en retard.
-A chaque problème
sur l'autoroute, on les envoie ici.
Ah là là ! Oh !
Klaxons.
L'arrêt de l'autobus, il est là.
Sirène.
...
-Je sais pas où va cette déviation.
Klaxons.
...
-Vous connaissez Paris.
-Pas par ici.
Ca doit aller mal au pont de St-Cloud.
Enfin, plus personne nous attend.
-On va toujours sur la côte ?
-Bien sûr. Vous voulez plus ?
-Je sais plus.
J'ai peur.
-Faut pas trop vous laisser réfléchir.
Sirène.
On va en profiter.
...
-C'est pas ma faute.
C'est pas ma faute.
-Il m'a pas payé.
-Vous avez changé d'heure ? -Non.
-Là, on va regagner une heure.
-Ou la perdre.
-Vous voyez tout en noir.
-C'est pas mon jour.
-Merci pour notre rencontre !
-On n'est pas pressés.
-J'ai servi de mauvais exemple, ils sont tous derrière.
-J'ai peur.
-Dès que j'ai un créneau, je le prends.
-C'est là ? C'est où ?
-Dépose-moi à l'arrêt d'autobus.
-Ici ? Hou là là...
Voilà.
Dis donc, ça circule.
-C'est rare.
Quand le tunnel de St-Cloud est bouché, ils dévient par là.
-Je repars comment ? -Tu prends
à droite et à droite.
-Tout de suite ?
Celle-là ?
-Non, la prochaine. -OK.
Ils vivent où ?
-Là, au premier étage.
Tu viens dire bonjour ? -Non.
-C'est vraiment fini ?
Sirène.
...
-On fait quoi, là ?
Connard.
-Vous pourriez répéter ?
-On fait quoi, connard ?
-C'est ça, oui.
-C'est pas Sophie ?
-Tu vois de loin. -Un peu.
-Fait chier.
"Connard", tu peux le répéter ?
-Non. -Laissez-le descendre.
-N'y va pas. -Elle veut pas.
-Cet homme est grossier et trouillard, ma pauvre.
-Tu vas voir.
Avec des connards comme toi, on peut bloquer la terre entière.
-Tu vas t'excuser parce que c'est pas le jour de m'emmerder.
-M'excuser ? -Oui.
-J'ai une minute ? -Si tu veux.
-Merci.
-Je veux des excuses.
-Il s'excuse, ça va.
-Ca va.
Concert de klaxons.
...
-Il s'excuse.
-C'est toi ? Pardon.
-C'est entre lui et moi.
-Excuse-toi.
-Je confirme :
connard, et même grand connard.
Coup.
-Qu'on me casse plus les couilles !
Me cassez plus les couilles !
C'est clair ?
Allez, montez.
Me faites pas chier !
Et dégage ta caisse !
-Qu'est-ce qu'elle fait là ?
-C'est peut-être le médecin de Roissy.
-Ca va.
Où est ce con ? -Venez...
-Laisse-moi ! Monte !
-Qu'y a-t-il ? -Je comprends rien.
-Connard !
-Pas le couteau !
-Arrêtez ! -Ah...
-Un médecin ! Vite !
-Appelez le SAMU.
Appelez le SAMU.
-Appelez le SAMU.
-Appelle le SAMU.
-Respirez.
Doucement, normalement.
Doucement, respirez.
Respirez doucement. Vous laissez pas aller.
Respirez, respirez.
Respirez, allez.
Respirez.
Oh merde.
Respirez.
Respirez, bordel.
Doucement.
Allez.
Je suis médecin.
...
Respirez.
Doucement.
Oui...
C'est ça.
Concentrez-vous sur quelque chose.
Doucement.
Maintenez-lui la tête.
Respirez.
Doucement.
Voilà... Voilà...
...
Respirez, respirez, respirez.
Respirez.
Doucement, calmement.
Calmement.
*-Il est 9h15.
*Bientôt notre programme musical.
*Bonne nouvelle, ça circule mieux partout.
*Notamment sous le tunnel de St-Cloud, qui est dégagé.
*La circulation va redevenir fluide.
*Très bonne matinée en notre compagnie.
-Un peu plus tard, la colère des dieux apaisée par ce sacrifice,
la place retrouva son calme,
et nos personnages quelque répit, qu'ils appelaient "bonheur".
Si, comme dans les contes,
il y a des vies où on apprend à s'aimer et des vies où on s'aime,
le temps qui passe racontera peut-être un jour
l'histoire qui ne voulait pas finir comme les autres.
-On le sait, le temps
qui passe, qui passe...
Il passe et jamais...
il ne revient.
Il est pourtant l'unique lien...
de tous les humains.
-ANGLAIS, CHINOIS, EGYPTIENS, PORTUGAIS, RUSSES, IROQUOIS.
RIEN NE VA PLUS, C'EST FOUTU, DES QUE L'ON SE DIT "POURQUOI ?"
ON SE DECHIRE, ON SE BAT, ON SE POURCHASSE, ON SE MENT.
QUAND DANS L'ESPRIT SE BALADE LE POISON DU "COMMENT ?".
IL N'EST PAS LOIN, DE COMBIEN, MIRAGE OBSEDANT DE L'OR.
SUR LES VISAGES, UN NUAGE, REGARDE, ON DIT : "ALORS ?"
PETIT LUTIN DANS LE COEUR ALORS NE FAIT PLUS DE BONDS.
IL EST PARTI POUR DE BON DES QUE L'ON SE DIT "AH BON ?"
...
TIME IS MONEY.
LE TEMPS, C'EST DE L'ARGENT, BRAVES GENS.
ON RECONNAIT
QUE C'EST UN JOLI SLOGAN, ELEGANT.
DES QUE L'ON NAIT, LE TEMPS, C'EST LE TEMPS, MEME AVANT.
POUR LA MONNAIE, REPASSEZ DE TEMPS EN TEMPS.
ON LE SAIT, LE TEMPS QUI PASSE PASSE...
IL PASSE ET JAMAIS IL NE REVIENT.
IL EST POURTANT L'UNIQUE LIEN...
DE TOUS LES HUMAINS.
-Il y a des jours...
ton silence assassin...
me tue jusqu'à demain.
Il y a des jours...
Il y avait des jours...
et des lunes.
Tes mensonges m'amusaient.
Mes caprices t'excitaient.
Il y avait des jours...
et des lunes.
Tu me serrais si fort.
On y croyait encore.
Il y avait des jours...
Il y aura des jours...
où je voudrai refaire...
le voyage à l'envers.
Il y aura des jours...
et des lunes.
Chacun voudra refaire...
le voyage à l'envers.
Il y aura des jours...
et des lunes.
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