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- Les lumières sont pas allumées.
Lionel était pas censé être là?
- Il avait pourtant dit
qu'il allait être là pour nous accueillir.
- Oui, c'est pas ce qu'on appelle un retour triomphal.
- Bouge pas.
(explosions)
(sifflements et explosions de feux d'artifice)
- Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage.
Bienvenue chez toi, Huguette!
- Pourquoi vous faites ça?
- J'ai oublié mes confettis à la maison.
On t'a pris une boîte d'Uncle Bens, Huguette.
- On a hésité longtemps.
On est allés pour une fête foraine, c'est correct?
On a un jeu de poches, une pomme dans l'eau.
- Et on va se faire un limbo aussi.
- Ah! Un discours.
- (ensemble): Un discours, un discours, un discours!
Un discours!
- Merci, tout le monde! Merci du bel accueil.
On est bien heureux de rentrer chez nous.
Et on sera pas arrêtés par la police, finalement.
- Huguette contrôle dorénavant un véritable empire.
J'ai ça ici. On a 10 bars, on a 4 cabarets.
On a 5 restaurants, 8 maisons de jeux,
6 salons de massage, 2 entreprises de ciment.
Il y a même une usine à fromage, tabarnac!
(rires)
- Comment ça t'as ça? - C'est Denis qui m'a donné ça.
Il file doux en esti.
- Qui? - Denis.
Le Consigliere, c'est Denis, son nom.
D'ailleurs, à ce sujet,
on espère garder de belles relations avec vous, hein,
même si, des fois, c'est sûr
qu'il y a de la jalousie qui peut arriver
quand on revient riche et puissant.
- On a surtout très hâte de prendre une douche
et de se brosser les dents.
- C'est vrai que vous êtes fripés un peu.
- D'ailleurs, tandis qu'on est sur le sujet de l'hygiène,
Je me demandais si...
- Ah, oui, oui, c'est beau.
- Oh, merci!
Suzanne, on peut flusher!
(fermeture de porte)
- On va retrouver notre lit, Huguette?
(sonnerie de téléphone)
- Oui, allô?
- Allô, Huguette? C'est Denis.
- Qui?
- Le Consigliere. C'est Denis, mon nom.
(soupir)
- Qu'est-ce que tu veux?
- J'ai des bonnes nouvelles pour toi, Huguette.
- OK, mais fais ça vite,
on est en train de faire une petite célébration.
- OK, tout est beau du côté de New York.
Il y a une cérémonie
qui va avoir lieu pour ton intronisation.
On pensait faire ça ici, à Montréal.
- Qu'est-ce que je t'ai dit?
- Je sais, je sais.
- J'habite Sainte-Foy.
C'est pas à moi d'aller à vous. C'est à vous de venir à moi, OK?
- Je comprends, je comprends.
D'ailleurs, en parlant de Sainte-Foy,
il y a le maire qui veut te recevoir
depuis qu'il sait t'es qui
et tout ce qu'il vient d'arriver.
- Tout à coup, c'est pas juste les jos de Miss Sainte-Foy
qui l'intéressent?
- Je pense qu'il a certains regrets, en effet.
Il a peur, aussi, hein?
Il pleurait tantôt au téléphone.
- Bon, bien, dis-lui que si je peux compter sur sa coopération
et celle de son service de police,
tout va bien aller.
Bon, là, je raccroche, je suis tannée.
(soupir)
- Je voudrais juste que tu me rassures, Huguette,
par rapport à la suite des choses.
Si tu te souviens bien, avant de partir à Montréal,
on s'était dit qu'on...
bien, qu'on rembarquait dans la criminalité
seulement si c'était pour... pour mieux en ressortir.
- Oui, c'est vrai, j'ai dit ça. - Oui.
Bien, c'est ça, je voulais juste savoir où... où t'en étais
par rapport à ça.
- Personnellement, j'ai jamais été d'accord avec ça.
Il y a tout un monde de possibilités
qui s'offre à Huguette.
On serait vraiment fous de passer à côté de ça.
Viens-tu te coucher, Huguette?
- C'est la fête dehors.
- Oh, ouais.
Bien, je sais pas vous,
mais moi, j'ai pas vraiment envie
de jouer à la pomme dans l'eau.
- Huguette est capable
de répondre par elle-même, Marie-Josée.
- Bien, si elle veut jouer à la pomme dans l'eau, elle a beau.
- Non, je parle par rapport à la suite, la suite des choses.
- Huguette pense comme moi.
Hein, Huguette? Tu penses comme moi?
Mao en 49, penses-tu qu'il s'est dit:
"Ah, je suis tanné, je vais arrêter?"
La révolution, c'est pas la fin, c'est le début.
Notre rêve est en train de se réaliser.
- Bien moi, mon rêve, il est déjà réalisé,
et c'était de revoir mes enfants.
D'ailleurs, je comprends pas ce qu'on fait ici.
On devrait déjà être en train d'aller les chercher.
- J'ai juste besoin d'un petit peu plus de temps, Micheline.
- Dis-lui donc, Huguette, dis- lui que c'est juste le début.
- On peut juste pas avoir cette discussion-là ce soir?
- T'es juste frustrée parce que t'as pas trouvé l'amour.
Serge m'a parlé. Ç'a fait patate, votre affaire.
Vous n'êtes même plus capables d'avoir une pénétration!
- Veux-tu vraiment qu'on parle de faire patate, Marie-Josée?
Parce que si tu veux qu'on parle de faire patate,
on va parler de faire patate.
- Qu'est-ce que tu veux dire? - Tu le sais très bien.
Cherche-moi pas, car tu vas me trouver.
- OK, commencez pas, s'il vous plaît.
- Maudite marde!
(claquement de la porte)
- Je m'excuse, Huguette.
(coups à la porte)
- Oui?
(ouverture de porte)
Viens-tu te coucher?
Ça me ferait du bien de dormir avec toi.
- Est-ce qu'on peut se parler, Marie-Josée?
- On peut se parler, si tu veux.
Mais moi, j'avais plus envie de dormir à côté de toi.
- Moi, j'aurais plus envie de parler.
J'ai dit à Gaétan qu'il pouvait revenir habiter ici.
- Il va dormir où?
- Bien, il va dormir avec moi.
- On va être trois dans le lit?
- On va être deux.
- Il va dormir sur le matelas de Martin?
Il va se faire un petit lit à côté?
- Marie-Josée...
J'aimerais ça que tu retournes dormir chez toi...
dans ton appartement à toi.
- OK.
C'est parce que...
je me demandais si t'avais bien entendu.
Quand on était à l'hôtel déguisées,
je t'ai dit que je t'aimais,
dans le sens le plus fort du mot.
T'as bien entendu que je t'aimais...
dans le sens le plus fort du mot?
- Oui, j'ai entendu.
- C'est pas les mots qu'on nous dit qui font le plus mal.
Des fois, c'est les mots qu'on nous dit pas.
Dans l'auto, j'ai rêvé que tu m'aimais pas.
J'ai rêvé que je m'en allais au poste de police...
pour les empêcher de détruire
les preuves qu'ils avaient contre nous.
Dans mon rêve...
je préférais aller en prison,
parce qu'au moins, en prison,
il y a une chance qu'on soit dans la même prison, toi et moi.
Dans mon rêve, j'aime mieux aller en prison avec toi
que d'être libre...
sans toi.
Es-tu contente, là?
(paroles entremêlées)
(rire)
- Plus bas, plus bas. Envoye, plus bas.
Oh!
- Pour moi, t'as déjà joué à ça, hein, Gaétan?
Très bon!
- Là, es-tu content, là?
(cris étouffés)
- Hé! - Lâche-moi, ostie de vache!
(toux de Gaétan)
- Mais voyons donc! C'est une fête foraine, là!
- Madame Gibelotte.
- Je vous hais!
Je vous hais toute la gang!
Puis toi aussi, Huguette, je te hais!
Tout ce que je demandais, c'est d'avoir un peu d'amour!
Mais ça, vous êtes pas capables de me donner ça, hein?
(sanglots)
-Aimeriez-vous une autre petite shot
pour se "restarter" l'ambiance, un peu?
(sifflement des feux d'artifice)
(soupir)
(bips du jeu vidéo)
- Tu voulais me voir? - Hein?
Ah, Huguette! Euh, tu vas bien?
Je veux dire, tu me permets de te tutoyer?
On se tutoie?
- Moi, je te tutoie, toi, tu me vouvoies.
Lève-toi. - Hein?
- Lève, j'ai dit.
- C'est juste un petit jeu pour me détendre.
- Je t'ai dit de me vouvoyer.
Mais j'ai même pas...
- T'avais un petit ton, un ton de tutoiement,
un ton pas poli.
- Désolé, je ne le ferai plus.
- Assis.
- Je voulais m'excuser.
J'ai pas fait le lien.
Avoir su que c'était à vous
que j'avais donné les clés de la ville,
je me serais empressé de vous les redonner.
- Mais non, tu m'as donné une couronne cheap à la place.
Je te dis que je t'ai pété ça, mon homme, ç'a pas été long.
- Voulez-vous les clés de la ville?
- Les clés d'une ville sexiste et corrompue?
Non merci.
Tu vas me nettoyer ça, cette ville-là,
et après ça, je verrai si ça m'intéresse
que tu me donnes les clés, OK?
- En direct de la rue Myrand, C'est l'été à Québec.
Et ce soir, on a de la grande visite:
nulle autre que notre Miss Sainte-Foy 1976,
Huguette Delisle.
- Bonsoir, Gisèle! - Bonsoir, Huguette!
Vous êtes accompagnée
d'un bon ami de l'émission, Bernard Laporte,
le maire de Sainte-Foy.
Vous teniez, Huguette, à revenir à l'émission
pour une annonce importante, je crois?
- Deux annonces, en fait. - Hum, hum.
De la part de monsieur le maire. Moi, je n'y suis pour rien.
Je suis seulement une reine de beauté.
- Alors, si on commençait
par la première annonce, monsieur le maire?
- Alors, je vais y aller moi-même?
(petit rire)
Pour la prochaine année et pour toutes les années subséquentes,
la Ville de Sainte-Foy s'engage
à investir 50% de son budget annuel
dans les activités suivantes:
expansion et gratuité des services de garderie,
programme d'insertion des femmes dans le marché du travail
avec parité des salaires,
cours obligatoires d'économie familiale
pour les hommes, incluant les ateliers
de cuisine, de lavage, de repassage,
et aussi de sensibilisation aux besoins sexuels des femmes,
incluant des cours
de cunnilingus et d'hygiène du pénis.
Également au programme, des cours d'autodéfense gratuits
pour les dames,
fermeture des bars de danseuses
et remise rétroactive des profits aux femmes,
et création de coops du sexe
où ces femmes pourront travailler
dans la sécurité et la dignité.
Écoutez, Gisèle, c'est juste un bref résumé.
Il y a une tonne d'autres mesures.
Je vous remets le document.
- Oh, c'est... Oui.
- Et il y a une 2e annonce aussi.
- Ah oui?
- Monsieur le maire a malheureusement décidé
d'annuler les futures éditions du concours Miss Sainte-Foy.
- Oh, c'est décevant.
- Mais la bonne nouvelle, c'est qu'un nouveau concours
sera créé dès l'été prochain.
- Ah bon?
- Le concours de l'Étalon fidéen 1977.
C'est destiné à l'homme moderne dans toute sa complexité
et le but premier étant, bien évidemment,
de trouver la plus grosse graine de Sainte-Foy.
Et on a monsieur le maire ici présent,
qui a demandé à être le premier candidat.
Je vous demanderais de sortir votre pénis, s'il vous plaît.
Votre bat, s'il vous plaît.
- Claude devrait s'inscrire.
Malheureusement, je suis dans l'obligation
de refuser la candidature de monsieur le maire.
- De retour après la pause.
- Je voulais m'excuser
de t'avoir fait perdre tes pouvoirs.
- À la télé tantôt, est-ce que j'avais l'air
de quelqu'un qui avait perdu ses pouvoirs?
- Mais non, au contraire, je parle de ta carabine.
- Tu penses que c'est de ta faute si je suis rendue poche?
- Hum, hum. La théorie qui circule en ce moment,
c'est que parce que t'as recommencé à m'aimer,
t'as perdu ton oeil du tigre.
Moi, je me sens mal.
- Bien, sens-toi pas mal,
parce que t'as rien à voir avec ça.
Et ça m'insulte que le monde pense ça.
Pourquoi tout ce que je fais
devrait avoir un lien avec mon mari?
- Bien, t'as bien raison.
Qui t'appelles?
- C'est un secret.
Mais après, on va faire l'amour.
- Ah oui?
Je vais me "fluffer" un petit peu, d'abord.
On dirait que ton histoire d'étalon, ça m'a rendu nerveux.
- Dans mon coeur à moi,
c'est toi, le gagnant de ce concours-là.
- T'es fine.
- Je suis pas fine. Je t'aime.
(sonnerie du téléphone)
- Huguette.
- Puis? - La machine est opérationnelle.
- Go.
- Je te rappelle qu'après,
il va être trop tard pour reculer.
C'est tout le cours de l'histoire
qui va changer à jamais!
L'informatique, on niaise pas avec ça!
- J'ai dit go, Mario.
(bips et bourdonnement de l'ordinateur)
- C'est parti.
(bips et bourdonnement de l'ordinateur)
- Gaétan et Huguette arrêtent pas de faire l'amour.
J'arrivais pas à dormir sur le divan.
- T'aurais pu dormir dans la maison?
- Je voulais pas te déranger.
- T'aurais même pu dormir dans le même lit que moi.
Je suis pas mal sûr qu'il y aurait eu
aucune activité sexuelle susceptible de te déranger.
Hum, à moins qu'on essaie
avec le masque Mickey Mouse de François,
mais l'élastique est pété, je pense, fait que...
- Je vais retourner à Saint-Louis-de-France,
mais ça me tentait pas de voir Roland.
Je me sentais juste pas la force.
- T'es retournée dans le cabanon?
Nous hais-tu comme Marie-Josée?
- Non, je voulais vous laisser votre intimité.
- Avez-vous parlé à Denis?
- Oui, il m'a appelé.
- Il t'a donné l'adresse secrète?
- Quelle adresse secrète? - Il t'a pas appelée?
- Mais non, j'ai pas encore le téléphone dans le cabanon.
- Non, c'est l'adresse secrète pour l'intronisation d'Huguette.
Hé, il m'a dit que ce serait tout un événement.
Il m'a demandé de faire un petit hommage, là.
- Non, je l'aime bien, Denis. - Il est bien smatte.
- Il t'a parlé des billets des Expos?
- Certain, et c'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.
- Et là, pour l'intronisation,
nous autres, on va arriver un petit peu d'avance
pour checker les affaires.
Denis va être sûr que c'est à notre goût
avant de donner l'adresse secrète à Huguette,
des fois que ce soit pas correct.
Il est un peu nerveux, le pauvre.
Et ce soir, ils vont aller chercher Huguette
à la maison en limousine avec du champagne et tout,
et ils vont l'amener nous rejoindre à l'adresse secrète.
- Moi, je viendrai pas.
- Mais pourquoi?
Mais là, il faut que tu viennes,
déjà que Marie-Josée, ça ne regarde pas bien.
- Non, je débarque.
Je l'ai pas encore dit à Huguette, mais je débarque.
J'avais annoncé mes couleurs avant de partir pour Montréal.
- Mais là, dis-lui pas
que tu lâches le jour de son intronisation.
Voyons donc, est-ce qu'on peut juste lui donner ce moment-là?
Elle a travaillé tellement fort pour arriver à ça.
On verra après.
Me semble qu'il y a pas de mal
à avoir un petit peu de fun dans la vie.
- Oui.
Mais Huguette, est-ce qu'elle veut arrêter après, tu penses?
- Je sais pas.
Elle a l'air d'avoir beaucoup de projets
pour une fille qui débarque.
- (ensemble): Félicitations!
- Vous êtes bien fins!
- Ouvre, ouvre.
- Merci!
Bien, entrez.
(petit rire)
- Raymond m'a tout raconté de votre triomphe.
J'étais bien fière de lui.
- Moi, j'ai tout fait ça pour... Huguette!
- Puis, comment on se sent quand on est au top?
- On se sent bien.
D'ailleurs, je dois quitter bientôt pour travailler.
Le maire me passe son bureau.
Est-ce que je peux l'ouvrir?
- Non, on aimerait mieux que tu l'ouvres pas.
On t'a donné un cadeau,
mais on aimerait mieux que tu l'ouvres pas.
(rires)
Envoye, ouvre, simonac! Elle est bonne, elle!
(rire)
Ça va te prendre des ciseaux.
- Non, je pense que je suis capable comme ça.
- Non, non, va chercher des ciseaux.
- Tu penses? - Ah, dans la cuisine, là.
Hé! - Hé!
- Veux-tu te réveiller, s'il te plaît?
Des bons rubans, ça.
Ça prend des ciseaux pour couper ça.
Hein? Hein? - Ah!
(rire)
- On a cherché beaucoup,
mais quand on l'a vu, tout de suite, on a pensé à toi.
- Bien, merci beaucoup!
Et...
tu nous offres pas un verre?
- Bien, je pensais que vous aviez arrêté de boire.
Vous m'avez pas dit ça à Montréal?
- Oui, on a arrêté,
mais tranquillement pas vite, là, tu sais.
Des fois, on se dit qu'on peut bien recommencer
pour les grandes occasions.
(rires)
- Mais je sais pas trop ce que j'ai.
Gaétan est parti faire des courses
et c'est son département, d'habitude.
- Bien, juste 2 gins... doubles, on the rocks.
- Quand on l'a vu, on a tout de suite pensé à toi.
(cognement)
- Ça va?
- On a tout de suite pensé à toi quand on l'a vu.
Euh...
Elle est partie aux toilettes.
Toi, ce serait quoi, le conseil que tu pourrais me donner?
- Qu'est-ce que tu veux dire, Raymond?
- Malgré ce que le monde en dit,
moi, je t'ai toujours respectée.
Si tu me donnais tes conseils...
je les prendrais.
(petit rire)
- En tout cas, on est vraiment contents de ton cadeau.
- Ça va, Jeanine?
- Raymond, on va y aller.
- Mais... - Mais...
- Tu prends pas ton gin?
- Non, j'ai arrêté de boire. Raymond.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
(ouverture de porte)
- J'ai quand même eu des bons commentaires.
- Sur les mesures adoptées? - Oui, mais sur mon pénis aussi.
- Bon, fais-le rentrer.
- Tout de suite.
C'est vraiment un bon choix.
- Mais c'est sûr que c'est un bon choix.
C'est moi qui l'ai fait, le choix.
(sonnerie de téléphone)
Huguette Delisle.
- On a coupé le fil.
On a coupé le fil! C'était pour ça, les ciseaux.
- Ça va, Jeanine? - Le parc à côté de chez nous.
Viens-t'en. Viens-t'en me rejoindre tout de suite, OK,
et je vais te redonner tes ciseaux
et je vais tout te dire la vérité,
mais fais ça vite, parce que là, je pense qu'il me checke.
Je pense qu'il m'a suivie.
Ah, je m'excuse.
Je m'excuse tellement, Huguette!
(tonalité du téléphone)
- Bien, regarde-moi donc ça s'il est beau,
ce nouveau chef de police là.
(rires)
Assieds-toi.
- Je sais pas comment te remercier, Huguette.
- Bien, moi, je pense que tu sais très bien
comment me remercier.
- Oui. Bien sûr.
- Les documents ont bien été détruits?
- Les documents? Quels documents?
Bien, moi, il me reste juste un petit appel de courtoisie
à faire avec mes collègues de la SQ
pour leur dire que l'enquête est terminée.
- Mais est-ce que ça se pourrait qu'ils la relancent, l'enquête?
- Avec quelles preuves?
Tout était à Sainte-Foy. Ils ont rien.
- Avec quelles preuves? On n'a rien.
J'ai parlé à leur nouveau chef à la Police de Sainte-Foy.
Pour être bien honnête,
je sais pas trop quoi penser de son ascension.
Ça fait 2 fois qu'on se fait fourrer;
en 74, quand les preuves ont été brûlées, et là.
Crisse qu'on est poches.
Je pensais jamais dire ça, mais là, c'est vraiment fini.
- De toute façon, il y a une seule prison de femmes à Québec,
donc oui, théoriquement, vous seriez dans la même prison.
Laissez-moi juste avertir mon collègue de votre présence.
- Mais est-ce que ça se peut, des fois,
2 prisonnières dans la même cellule?
- Absolument.
- OK, parce que c'est une grande histoire d'amour.
Vous comprenez?
Avez-vous déjà été en amour?
- Une fois.
- On s'en remet jamais, hein?
Bien, j'espère que vous avez beaucoup de ruban,
parce que j'ai beaucoup de choses à dire.
Vous allez voir, c'est une belle histoire.
Une belle histoire qui va bien finir.
(pépiements des oiseaux)
- Jeanine?
(pépiements des oiseaux)
Jeanine!
Jeanine!
- Chers amis...
il me fait plaisir ce soir de vous annoncer...
chers amis...
il me fait plaisir ce soir de...
(coups à la porte)
- Suzanne a fait une petite sacoche pour le transporter.
- Vous la remercierez. Ç'a bien été?
- Oui, c'était pas trop compliqué.
J'en ai profité pour la faire "shiner" un peu pour l'occasion.
- Merci!
- Hé, y a-t-il quelqu'un qui a vu Jeanine?
- Je viens de penser à quelque chose.
On n'a plus de job, nous autres là.
Ça serait peut-être une bonne chose
qu'Huguette lâche pas la criminalité.
- T'as perdu ta job, toi aussi? - Oui. Bourassa m'a renvoyé.
- Pourquoi?
- J'ai... j'ai éjaculé sur son bureau.
- Ouais, on parle d'un motif valable de licenciement.
- C'est sûr que c'est pas l'endroit le plus chic,
mais Huguette voulait pas à Montréal.
- Non, on aime ça, Denis, on aime ça.
C'est juste l'appellation "adresse secrète"
qui a créé certaines attentes, là.
On s'attendait pas à un sous-sol d'église.
- Oh, tenez, les gars. Ah!
Puis si ça vous tente de rencontrer Gary Carter,
gênez-vous pas, j'ai des contacts.
- Merci, mon Den!
- Hé, je sais qu'en des temps plus difficiles,
t'as dit à Huguette que t'étais le diable incarné,
mais je tiens à te dire qu'on te voit pas comme ça du tout.
- Et ce, malgré le fait que tu sois avocat.
(rires)
- Je me demandais:
c'est vrai qu'il faut que je change mon nom?
Il y a déjà du monde qui a commencé à m'appeler Denise.
- Pourquoi Denise?
- La rumeur court qu'Huguette, avec ses convictions féministes,
veut imposer une féminisation du nom de ses troupes.
- Ah, mais là, je pense que vous capotez un petit peu.
Je comprends que vous soyez traumatisé,
mais faudrait pas exagérer.
- On pourrait se faire une petite répétition tantôt?
J'aurais aimé ça, ravoir le monde de Montréal,
mais on a pas mal tous les gars de Sainte-Foy, OK?
- Hé, du beau boulot, Denis! - Oh!
(rire)
- Huguette a vraiment
ce qu'on pourrait appeler une poigne de fer.
- Je trouve ça plate que Marie-Josée manque ça.
Hé, on te connaît, toi. On le connaît?
- Oui, vous pouvez m'appeler Louise.
Oui, aussi, on ne s'appelle plus les Sexistes, là.
- Vous vous appelez comment?
- Bien, les Féministes.
- Mais oui. - Bien sûr.
(rire)
- Hé, je te le redis:
merci d'être là, merci d'être venue.
On l'apprécie!
- Euh, Serge, je veux juste te dire:
depuis que je dors dans le cabanon,
je fais pipi dans la piscine.
- On n'avait pas dit que ça commençait à 10h00?
- Il y a toujours des délais dans ces événements-là.
- J'espère qu'Huguette est pas trop nerveuse.
- Oui.
- Hé, on doit au moins lui dire on est où.
Je pense qu'elle sait même pas c'est quoi, l'adresse secrète.
Je vais lui dire que la banderole est super hot.
Elle va être contente. Ça va l'aider à patienter.
- Hum, hum.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
- Oh, oh, oh, oh!
- Bon, je vous demanderais de prendre place.
On me dit qu'elle est en route.
- OK, Denise.
- Elle arrive.
Gaétan, pour l'hommage, attends mon signal avant de commencer.
Serge, assure-toi que la porte est bien refermée
après son arrivée.
Oubliez pas d'applaudir. - Yes, ma Denise!
- (Huguette): Pour être bien honnête,
à ce moment-là, je me suis demandé
si c'était le début ou si c'était la fin.
(ouverture de porte)
(stridulations)
Tant qu'à être ici, j'en profite pour te les redonner.
Je n'en aurai plus besoin.
J'avais pratiqué un discours.
Aimerais-tu ça l'entendre?
C'est drôle, comme coïncidence,
parce que... c'est vraiment
un discours qui te concerne, finalement.
(Un oiseau s'envole.)
Il y a quelqu'un?
- En 74, tu m'as pris ma ville.
Je me suis mis à genoux devant toi
et je t'ai donné ce qui m'avait pris des années à bâtir.
- En 75, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps
en te redonnant ta fille.
- En 76, tu m'as forcé à laver une toilette
et à me faire appeler Denise.
- En 74, tu pensais avoir gagné.
- En 75 aussi.
- Et en 76.
- Mais on est ici ce soir pour te dire une chose:
t'as perdu.
Les femmes qui sont mortes par ta faute
et qui sont enterrées ici,
tu vas aller les rejoindre.
- Mais c'est bien long.
Mais qu'est-ce qui se passe, là?
Comment ça qu'elle arrive pas? Et Denis est rendu où?
Restez pas là, faites quelque chose, les filles!
Les pires féministes de l'histoire du féminisme.
Les suffragettes doivent se revirer dans leurs tombes.
- Fatigue-toi pas, Huguette, avec ta carabine.
On sait parfaitement que t'es incapable
de t'en servir maintenant.
Connais-tu les Siciliens, Huguette?
Ils sont exil depuis des années.
- J'en ai entendu un peu parler à Montréal.
Pas mal, même.
- L'an dernier, quand t'as tué mon mari, ils m'ont approchée.
(coup de feu)
La mort de mon mari représentait pour eux une ouverture,
la possibilité d'enfin prendre la place des Calabrais.
- J'avais pour ma part reçu l'ordre des Calabrais
de tuer Grazia...
et j'ai senti le vent tourner.
Surtout, je suis tombé amoureux.
- Ils vont me tuer, je pense.
- Tu comprends maintenant
pourquoi je t'ai pas tuée cette nuit-là.
- Parce que vous aviez besoin de quelqu'un pour tuer le parrain.
- On avait besoin de la seule personne
capable de tuer le parrain: toi, Huguette.
On t'a humiliée.
On t'a laissée souffrir pendant
une année, une longue année,
à être rongée par les remords.
Toutes ces femmes-là mortes par ta faute.
On t'a surveillée, intimidée, violentée.
On t'a poussée dans tes derniers retranchements.
- Mais oui. Très bien, ça.
- Les voici, nos finalistes Miss Sainte-Foy 1976.
- On t'a forcée à renoncer à tout ce que t'étais,
jusqu'à ce que le fruit soit bien mur.
Jusqu'à ce que la tueuse, la plus grande de l'histoire,
soit enfin prête à se venger.
(halètement)
- C'est bon, hein?
- Pourquoi?
J'étais fine avec toi.
- Les Siciliens m'ont promis Sainte-Foy sans condition.
Ils m'ont promis de ravoir tout ce que tu m'avais pris
et t'as tout redonné à Montréal.
Quand t'as capitulé, as-tu pensé à moi, une seconde?
Hein, à tout ce que j'avais bâti?
- Non. - Bien, c'est ça.
Là, j'avais la chance
de redevenir un caïd et je l'ai prise,
pour que Sainte-Foy redevienne Sainte-Foy.
Et Jeanine était d'accord,
même si ç'a branlé dans le mache au début.
Elle est où, là, Jeanine?
- On avait besoin de Raymond pour te guider un peu.
Toi-même, tu m'as dit
qu'il fallait que je redevienne un caïd.
C'est comme si tu me demandais de te trahir!
J'étais censé faire quoi, moi?
- Raymond t'as donné un plan.
- Le plan.
- (Consigliere): Que vous avez tout fait foirer.
- J'ai jamais travaillé pour les Irlandais.
C'est Raymond qui m'a dit pour le motel.
(coups de feu)
(toux)
- (Consigliere): À ce moment-là, je dirais qu'il y a
une petite panique de notre côté qui s'est installée.
(coup de feu, gémissements)
- Non! Non! Huguette!
- (Grazia): Il y a vraiment tout fallu que je vous explique.
- (Consigliere): On a eu peur jusqu'à la fin.
Mais par miracle, t'as bien joué ton rôle.
♪ ♪ ♪
Moi aussi, d'ailleurs.
Bon, les Siciliens arrivent demain
et je suis tanné de parler.
- Mais vous êtes donc bien méchants!
Pourquoi vous êtes méchants comme ça?
- Mais c'est ça qu'on est, Huguette, des méchants.
T'avais pas compris ça, encore?
- Ton problème, je l'ai toujours su.
C'est que t'as toujours eu un bon fond.
Pauvre petite Huguette!
- Finalement, c'est...
c'est comme si vous m'aviez volé ma vengeance?
- Bien oui.
Tout ce temps-là, tu pensais
que c'était la vengeance d'Huguette Delisle,
mais c'était pas la tienne.
C'était la nôtre.
- Dire que j'avais préparé un discours.
J'étais tellement contente.
Est-ce que je pourrais au moins vous le lire avant de mourir?
Ça me ferait vraiment plaisir.
- Bien, on... on peut peut-être écouter son discours, là.
Regarde, ç'a l'air écrit et tout.
- Chers amis.
Il me fait plaisir ce soir de vous annoncer ma retraite.
Je vous annonce aussi, par le fait même, la vôtre.
Mon ami Mario, grâce à sa machine infernale,
a révélé à vos femmes tous vos secrets:
infidélités, trahisons, meurtres, viols.
Vous êtes des êtres horribles et vous méritez la mort.
Mais ce n'est pas moi qui vais vous tuer
parce que je suis rendue poche.
Ce sont vos femmes.
Rien n'est plus puissant qu'une épouse en colère,
j'en sais quelque chose.
D'ailleurs, j'en profite pour saluer mon beau Gaétan,
présent ici ce soir,
que j'ai retrouvé et à qui j'ai pardonné.
Mais vos femmes à vous ne vous ont pas pardonné.
Ce soir, comme j'ai voulu le faire
il y a 2 ans avec mon propre mari,
elles vont vous tuer.
Je quitte donc la criminalité,
qui ne m'a apporté que douleur et souffrance.
Ce soir, que vous le vouliez ou non,
vous la quittez aussi.
Si on y pense bien, ma dernière victime
sera la criminalité elle-même.
Ça va me permettre de pogner mon 30,
moi qui ai toujours aimé les chiffres ronds.
Au moment où on se parle,
les Veuves noires ont déjà frappé Montréal:
on parle d'environ 75 morts,
selon des estimations raisonnables,
tous des gros dégueulasses.
L'opération se déplace ce soir à Sainte-Foy
dans le but de vous éliminer vous tous, ici présents.
Si mes calculs sont exacts, ils devraient être ici tantôt.
Ils ont pris la 20. C'est plus rapide.
(bip)
(grésillement de la radio)
Si ça rentre, c'est que vous êtes rendus à Sainte-Foy?
- (Mario): Ç'a super bien été. On a pris la 20.
- Puis, Montréal?
- Ils sont tous morts, les estis!
T'aurais dû voir ça, toi, les secrets:
des violeurs, des abuseurs, des meurtriers.
Les madames de Montréal ont super bien fait ça.
Chacune chez elle après le souper
dans le confort de leur foyer.
Attaque, attaque, attaque, attaque, attaque, attaque!
Là, je suis avec la section fidéenne des Veuves noires.
Elles sont crinquées en tabarnac!
À mort, les cochons!
- (Veuves noires): À mort, les cochons!
- Es-tu sur place? L'église Sainte-Ursule, hein?
- Non, en ce moment, je suis à l'église Saint-Benoît,
ton ancienne église.
Il y a eu une petite confusion.
Attendez-moi pas, OK?
- À tantôt. La vengeance d'Huguette Delisle se poursuit!
Tremblez, mortels! Tremblez!
- Si j'étais toi, je tirerais pas.
Ça va te péter dans la face.
J'ai demandé à mon voisin de la boucher étant donné
que je m'en resservirai jamais vu ma retraite.
Vos Siciliens auront beau arriver demain,
tout ce qu'ils vont trouver, c'est des cendres et des morts,
une guerre avec les Irlandais,
parce que, comme promis, je leur ai donné le territoire.
Vous m'avez volé ma vengeance et je vous la revole à mon tour.
Finalement, je retire ce que j'ai dit.
C'est moi, la plus méchante.
Sous-titrage: MELS
Et je voulais t'annoncer aussi que...
bien, que l'organisation n'existe plus.
- Mais c'est toi la cheffe, Huguette.
De toute façon, on va pas arrêter de se côtoyer, hein?
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