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- Aujourd'hui, à L'été à Québec,
on reçoit M. Bernard Laporte, le maire de Sainte-Foy.
Bienvenue à l'émission, monsieur le maire.
- Salut, Gysèle.
- Dites-moi, Montréal a ses Jeux olympiques,
Québec a son festival d'été.
Les mauvaises langues diront que Sainte-Foy
n'a pas grand-chose à offrir à son public
si ce n'est un problème de criminalité.
- À ce sujet, Gysèle, je tiens à rassurer la population
que mon administration a pris toutes les mesures nécessaires
pour enrayer les problèmes qu'on a connus
lors des été précédents,
alors il y a de belles annonces qui s'en viennent.
- Et dites-moi, est-ce qu'on pourra espérer avoir
quelques activités culturelles cet été à Sainte-Foy?
- Tout à fait, tout à fait.
D'ailleurs, j'annonce à l'instant
un grand concours de beauté et de talent,
Miss Sainte-Foy 1976.
- Un concours? Un peu comme les duchesses.
- En mieux, je dirais.
Concours de personnalité, épreuve de maillots de bain,
démonstration de talents musicaux et autres,
alors on invite toutes les Fidéennes à s'inscrire.
Il s'agit simplement d'avoir moins de 35 ans,
puis bon, il y a des limites aussi au niveau du poids.
- Et quel est le prix? - Mille beaux dollars.
Et une fondue au fromage pour deux
au restaurant La Tyrolienne.
- Donc, Monsieur y trouve aussi son compte.
- En plus de voir des maillots de bain, oui.
(Il éteint la télévision.)
- Mon nom est Serge Paquette.
- D'entrée de jeu,
j'aimerais dire que je suis une victime dans tout ça.
(paroles mêlées)
- Vous êtes conscients que ça marche pas
si vous faites tous des témoignages?
- Ils m'ont copiée.
- Ferme la porte.
Envoye.
Le connais-tu, ce monde-là? - Non.
- Tu leur parlais. - Je les connais pas.
- Moi, je les connais.
J'étais pas censé de voir ça,
mais ils m'ont demandé de faire des photocopies.
(petit rire)
Je sais pas combien ça fait de temps que l'enquête dure,
mais il y a du stock en masse.
Es-tu au courant de ça, toi?
- Non.
- Elle dort. - Ouais.
- On va la coucher dans ma chambre.
- Ouais.
- Ça te dérange de rester dehors?
- Mais on s'est fait une accolade, tout le monde.
- On va y aller une étape à la fois.
Je m'excuse.
- Excuse-toi pas.
- J'aurais dû être là pour toi.
- Bien non, tu savais pas.
On pouvait pas se voir. T'as signé un document.
- En plus, je sais c'est quoi, mourir d'amour.
- Hum. C'est vrai. René.
Peut-être que tu pourrais me donner des trucs
pour que je meure pas.
- Oui, je vais faire ça.
- Maudits hommes.
J'aurais tellement aimé ça, être une lesbienne,
mais je suis juste une lesbienne politique.
Peux-tu te coucher à côté de moi s'il vous plaît?
- Bien oui.
- Je sais que t'es blessé, mais je pense que...
recommencer à se parler, c'est une bonne chose.
Comment tu vas?
As-tu rencontré quelqu'un?
Tu ne parles plus.
- J'économise.
- T'as déjà dit 3 mots,
ça te tuera pas d'en dire trois de plus.
- Je m'ennuie de toi.
(stridulations)
(pas approchant)
- Bien voyons donc!
- Donnez-nous votre chef!
On sait tout maintenant.
Les meurtres, les vols, la prostitution, la drogue.
- Mais pourquoi vous avez ça?
- (Tous, scandant): Dehors, les criminels!
Dehors, les criminels! Dehors, les criminels!
- T'as fait quoi? Marie-Josée dort.
- J'ai rien fait.
- Dehors, les criminels! - On est dehors, là!
On est dehors.
- Non, dehors de nos vies, dehors de notre ville.
- Hé, on vous a fait un vins et fromages, crisse!
- Est-ce un hommage à Frankenstein?
- Vous êtes des monstres, on vous traitera pas autrement.
- Ç'a l'air que t'as eu de la misère à digérer, Anita.
On s'excuse.
Je sais pas de quoi vous nous accusez exactement, mais...
mais je veux vous dire que oui,
on a fait des erreurs les étés passés,
mais tout ça est derrière nous.
Personnellement, j'ai fait beaucoup de travail
sur ma personne.
J'ai commencé une psychanalyse.
- Tu m'as pas dit ça.
- Oui, je lui ai donné des noms. - Ça m'aide beaucoup.
Puis le gros problème que j'avais,
c'est mon psychanalyste qui me l'a dit,
c'est que j'avais un gros débalancement
entre mon thanatos, puis mon eros.
- On comprend pas ce que ça veut dire.
- Pulsions de vie, pulsions de mort.
Eros, thanatos, la base.
- J'ai eu un gros problème de trop de thanatos,
puis pas assez d'eros.
- Qu'est-ce que t'as fait?
- J'ai pris ma sexualité en main.
- T'as quelqu'un dans ta vie? - Non, Gaétan, je me masturbe.
OK, je me masturbe.
J'ai longtemps pensé que la masturbation,
c'était quelque chose que Gaétan faisait en cachette
dans le sous-sol avec ses revues, mais...
mais j'ai réalisé que c'était fait pour tout le monde,
puis ça me fait le plus grand bien.
Puis il y a pas de honte à avoir avec ça.
- Bravo, Huguette. Moi, personnellement,
j'ai toujours pensé que tous tes problèmes
étaient reliés à ta sexualité inquiétante.
- Hé, peux-tu juste... s'il te plaît?
- Pourquoi on parle de ça, donc?
- Ce que je veux dire,
c'est que si on peut faire quoi que ce soit
pour vous montrer qu'on est redevenus des bons voisins,
ça va nous faire plaisir.
- Aimeriez-vous des hamburgers demain soir?
- On a une liste.
- Une liste?
- On dira rien à la police.
Ça servirait à quoi?
On perdrait tout notre pouvoir sur vous.
On n'est pas plus fous que vous autres.
Nous autres aussi, on est capables de s'organiser.
- Je comprends pas, c'est une liste d'épicerie.
- Avec ma hanche, c'est de plus en plus difficile
de faire mon marché.
Vous allez le faire pour moi.
- Ma femme a pas fait son ménage de printemps.
Faut qu'elle s'occupe de sa mère malade.
Vous allez vous en occuper.
- Serge, on aimerait ça avoir accès à ta piscine
en tout temps.
- Entendu.
- Vous ferez le tour des demandes.
Il y a de la peinture, beaucoup de "tondage" de pelouse.
Vous allez marcher au pas en esti.
C'est à votre tour d'avoir peur.
- Vous voulez qu'on devienne vos esclaves?
- Une dernière affaire, Huguette.
Les femmes qui sont mortes par ta faute
dans le champ de blé d'Inde l'été passé,
penses-tu à elles des fois
ou bien t'es trop occupée à te masturber?
Les femmes mortes? Comment... comment vous savez ça?
- Serge puis Gaétan m'ont tout raconté l'hiver passé.
J'ai pas mal eu droit à tous les détails.
On comprend pourquoi tu nous as fait un vins et fromages,
puis pas une épluchette.
- Merci de l'invitation, Huguette.
C'est vraiment délicieux.
- Tu serais pas capable de juste lui ouvrir la porte?
- Non, les bibittes vont rentrer.
- T'as dormi ici cette nuit?
- Hum, hum.
- Bon, je voulais vous inviter ce matin
pour revenir sur les événements de la nuit dernière.
- J'aimerais ça passer la tondeuse.
Pour me recentrer, je pense.
- Je vous oblige pas à faire toutes ces tâches-là.
Ce qui est arrivé, c'est... c'est de ma faute.
- Non, dis pas ça, Huguette.
On a tous notre part de responsabilité là-dedans,
puis on va pas te laisser faire tout ça toute seule, voyons!
- Même que la prostitution, c'était plus moi.
- Hum, hum.
- Il avait tellement un gros pénis.
- Vous êtes fins,
mais si j'avais pas voulu tuer Gaétan il y a 2 ans,
si j'avais pas tué Boulerice,
on n'aurait jamais fait tout le mal qu'on a fait.
- Je pense que ça sert à rien de chercher un coupable, Huguette.
T'avais tes raisons.
Puis si Gaétan avait pas été un mauvais mari,
bien t'aurais pas eu le goût de le tuer.
- C'est de la faute à Gaétan, donc!
- C'est de la faute à Micheline aussi.
Si Micheline avait pas couché avec moi,
j'aurais été un meilleur mari.
- Vu de même.
- C'est à cause de mes problèmes avec Serge.
- Tu vois, Huguette? C'est de ma faute finalement.
- Mais pensez-vous des fois à tout le mal qu'on a fait?
J'ai tué 26 personnes.
- Oui, mais il y en avait là-dedans qui l'avaient cherché.
- C'est sûr.
- C'est vraiment tant que ça? Comptes-tu les femmes là-dedans?
- Quelles femmes? - Hein?
Non, non. Je... Voyons! Je sais pas pourquoi j'ai dit ça.
- C'est pas moi qui les ai tuées, les femmes.
- Non, non. C'est sûr. Oublie ça, ce que j'ai dit. Je...
C'est pas toi qui les as tuées. C'est bien vrai.
Je sais pas pourquoi j'ai dit ça, je suis toute mélangée.
On va prendre le café au salon?
- Je vais avoir moins besoin de crier.
- Envoye.
- Merci.
(sonnerie de téléphone)
- Ah, ah! Réponds pas. C'est sûrement Roland qui rappelle.
- T'es sûre?
Il avait l'air inquiet que tu sois pas rentrée hier soir.
Il disait qu'il avait quelque chose d'urgent à te dire.
- J'ai pas envie. Je le rappellerai.
- Juste vous dire que vous riez de moi avec mon chapelet,
mais c'est vraiment quelque chose qui m'aide.
Peut-être que l'entretien ménager puis paysager,
ça va nous aider.
- Qu'est-ce que tu veux dire? - C'est des bonnes actions.
On va aider nos voisins d'une certaine façon.
Peut-être qu'à force de faire des bonnes actions,
on va finir par effacer nos erreurs du passé.
- C'est pas bête, ça.
Après 2 étés à faire le mal,
pourquoi pas un été à faire le bien?
- Oui! Un été de rédemption.
- C'est moins le fun, je trouve.
- J'aurais beau être bien fine, puis tondre bien des pelouses,
je suis pas sûre que ça va compenser.
- Ouais. 26, c'est beaucoup.
- Pourquoi vous avez pensé à moi?
- Ça fait 2 étés que t'essaies de nous remettre
sur le droit chemin.
On s'est dit que cet été, c'était peut-être le bon.
- Le droit chemin.
Vous voulez savoir ç'a l'air de quoi, le droit chemin?
(hurlant): Claudette!
Ç'a l'air de ça. Bon, dérange-nous pas, Claudette.
Le droit chemin! Si vous voulez mon avis, c'est...
de la marde.
- Est-ce que ça va, Mario?
- J'ai eu la visite de l'évêque l'automne dernier.
J'ai été obligé de renvoyer Rocco, Bruno, puis Estaban.
Depuis, je suis sur le droit chemin.
Je vous le recommande pas.
- Moi, je dis qu'on commence avec le paysagement,
puis on verra après?
♪♪ Mine eyes have seen ♪
♪ The glory of the coming Of the Lord ♪
♪ He is trampling out The vintage ♪
♪ Where the grapes of wrath Are stored ♪
♪ He hath loosed The fateful lightning ♪
♪ Of His terrible swift sword ♪
♪ His truth is marching on ♪
♪ Glory, glory hallelujah ♪
♪ Glory, glory hallelujah ♪
♪ Glory, glory hallelujah ♪
♪ His truth is marching on ♪
♪ I have seen... ♪
- J'ai tout ce qu'il faut.
(petit rire)
- Cuisine, salle de bain, c'est pas mal ça les priorités.
Je m'en vais faire des commissions.
♪ I can read His righteous sentence ♪
♪ By the dim and flaring lamp ♪
♪ His day is marching on ♪♪
(fermeture de porte)
- Ça va bon train.
- Qu'est-ce que t'as pas compris?
- Bien, je lave la toilette.
- T'as recommencé à faire des réunions.
T'as essayé d'en faire une à matin avant qu'on se pointe.
Hé! On sait il est où, le chalet de tes parents, OK?
Là, ce qui est en train de se passer,
c'est que tu mets la vie de ta fille en danger.
Encore.
- C'est pour notre rédemption.
(exclamation)
- Dernier avertissement.
(soupir)
Mes chums sont dehors, on te "checke".
(pas approchant)
- Je lui ai dit que j'allais vous donner une autre claque,
mais c'est pas vrai.
Inscrivez-vous là, puis on va vous laisser tranquille.
- Je comprends pas. - On est des Sexistes.
Juste pour prouver que vous êtes une femme au foyer soumise,
inoffensive, puis sexy, puis...
ça va être correct.
Je vous le promets.
- Une petite attention à matin.
- Hé, j'espère qu'on t'a pas réveillé, hein?
Ils sont tellement contents d'avoir une piscine.
- Gêne-toi pas, Serge,
si jamais t'as envie de te baigner à un moment donné,
on peut t'accomoder.
- L'idéal, c'est de le savoir un peu d'avance.
(rires)
- Je comprends pas ce qui m'arrive.
Je me suis fait voler ma piscine.
C'est une intrusion sans précédent dans mon intimité,
mais je suis...
je suis quand même content de leur donner des jus d'orange.
- C'est le pouvoir de la rédemption, mon ami.
Contrairement aux mauvaises actions
qui nous font sentir mal,
les bonnes actions nous font sentir bien.
- Ah, c'est logique.
- Là, je suis tout en train de comptabiliser ça.
En gros, l'idée,
c'est de faire une colonne "mauvaises actions",
puis une colonne "bonnes actions".
Quand la 2e colonne va être aussi remplie que la première,
notre rédemption va être complétée.
- OK, mais comment tu fais pour savoir ce qui est équivalent?
Quatre jus d'orange, ça peut pas être l'équivalent d'un meurtre.
- Bien non, c'est sûr que non,
mais c'est là que le chapelet nous aide.
Il y a toute une mathématique du chapelet, hein?
Un petit grain égale un Notre Père,
puis 10 Je vous salue Marie.
Tes jus d'orange à matin,
c'est comme si t'avais fait un Je vous salue Marie,
mais ça va te prendre 10 actions de même
pour pogner ton petit grain.
Puis il y a des gros grains aussi.
Oh! Eux autres, ils sont plus tough.
Comme par exemple, faire du bénévolat ou...
(sonnerie de téléphone)
... aider un enfant handicapé.
- C'est tout un système, ça, mon Gaétan. Oui, allô?
- Allô, Serge? Peux-tu mettre Gaétan sur la ligne aussi?
J'aurais quelque chose à vous dire.
- C'est Huguette. Va le prendre dans ta chambre.
- Allô, Serge.
- Salut. T'es chez Huguette? - Allô, Serge.
- Ah, salut, Marie-Josée.
- Comment ç'a été votre journée d'hier, la gang?
Commencez-vous à ressentir les bienfaits de la rédemption?
- Je vous appelle pour vous annoncer
qu'on va arrêter de se voir.
La réunion d'hier matin, c'était la dernière.
- Pourquoi? C'était le fun. - Huguette s'est fait attaquer.
- Bon, exagère pas, Micheline. - Comment ça, "attaquer"?
- Le plus méchant l'a frappée.
- Il m'a donné une claque. - Plusieurs claques.
- Le petit méchant qui fait pipi?
- Oui. - Bouge pas, Huguette, j'arrive.
Je suis ton mari, je vais te protéger.
- Non, je suis correcte. Toi, tu bouges pas de chez vous.
- Je suis pas chez nous, je suis dans une chambre de fille.
- Elle a saigné de la lèvre. - Mais vraiment pas beaucoup.
- Jamais, dans notre histoire,
notre cheffe a été attaquée de la sorte.
- Je ne suis plus une cheffe!
- C'est vrai que c'est la première fois que ça arrive.
- Moi, je dis ça de même,
mais j'ai toute la collection d'armes de Lucien chez nous.
- OK, Marie-Josée, non.
- J'ai mon canif dans mes bobettes!
- Stop! C'est assez!
Je suis désolée, tout le monde, mais...
on va s'arranger pour travailler notre rédemption
chacun de notre bord, je pense.
Mais c'est vrai que c'était agréable de se revoir.
(soupir)
- On va y aller.
- Ouais, je pense que ça serait mieux.
- Est-ce que je peux dormir chez Marie-Josée?
J'ai pas le goût de rentrer chez nous.
- Pas de problème.
- Je m'excuse d'avoir parlé des armes de Lucien.
C'est juste que... je pense que j'aime pas ça, la rédemption.
- Trouvez-vous que je suis une femme sexy?
- T'es une très belle femme, Huguette.
- Mais sexy?
- Bien... oui. Oui.
- Merci.
- Hum...
Huguette, tu fais quoi aujourd'hui?
- Faut que je retourne chez M. Cloutier.
Je vais être là pas mal toute la journée.
- Tu vas continuer ton ménage? - Oui. C'est ça, le ménage.
(témoin sonore du jeu)
(bips du jeu)
(ouverture de porte, pas approchant)
(bips, témoin sonore du jeu)
- Encore une autre batch? - Hum, hum.
- Peux-tu les mesurer avant que je leur parle?
Ça m'éviterait de parler aux boulottes.
- Si vous voulez, oui.
- Ah, puis non, laisse donc faire.
C'est mon concours ou c'est pas mon concours?
- C'est votre concours.
- Donne-moi le tape.
(en anglais)
- Seize.
(fermeture de porte)
(paroles indistinctes au loin, sonnerie de téléphone)
- Ouais, un air d'opéra, c'est toujours gagnant.
- Ouais.
Toi, c'est quoi, donc? - "Ventriloquisme".
- Ah oui! J'adore!
- Ma marionnette s'appelle Alain.
(petit rire, ouverture de porte)
- 17.
(fermeture de porte)
18.
(soupir)
- Mon maillot me serre un peu.
- Ouais, moi aussi.
(soupir)
- Pardon. Vous avez des maillots en dessous?
- Bien oui. Pas toi?
- Oui. Oui, oui.
(ouverture de porte)
- 19.
(bips du jeu)
(témoin sonore)
(bips du jeu)
- Bon, enfin!
(petit rire)
C'est un concours de beauté ici,
pas un conventum de bonnes soeurs.
Vous pouvez me montrer ça.
- C'est parce que j'hésite entre le "ventriloquisme"
et l'opéra.
C'est... c'est... c'est les 2 passions que j'ai.
- Non. votre maillot.
Montrez-moi votre maillot de bain.
- J'ai pas de maillot.
- Vos sous-vêtements d'abord.
(bips du jeu)
(témoin sonore, paroles inaudibles)
(témoin sonore)
(bips du jeu)
(témoin sonore, paroles inaudibles)
(bips du jeu)
C'est quoi, votre nom?
- Huguette Delisle.
(témoin sonore)
- On dirait que ça me dit quelque chose, ce nom-là.
- Ça m'étonnerait.
- Retournez-vous.
- Sur moi-même? - Bien oui.
À moins que vous connaissiez une autre façon de vous retourner.
Vous pouvez faire des roulades aussi.
Bien oui! Très bien, ça.
Pas un record olympique, mais rien de déshonorant non plus.
D'après vous,
les dépassements vont-ils ternir l'image des Jeux
qui viennent de commencer?
Parce que vous savez que c'est le genre de question
qu'on peut vous poser, hein?
- Je pense que la magie des Jeux opère déjà.
Tous ces athlètes du monde entier
ont pas fini de nous éblouir, j'en suis convaincue.
- Oh mon Dieu, Huguette Delisle! Bien oui!
J'avais donné les clés de la ville à Huguette Delisle
il y a 2 ans.
Je l'ai jamais rencontrée,
mais on m'a dit que c'était une femme redoutable.
C'est pas vous, ça?
- Non. Non, c'est pas moi.
- Je n'en ai plus entendu parler.
Je sais pas ce qui est arrivé.
Elle est peut-être morte.
- Ouais, c'est ça, je pense.
Elle est morte.
- Simon!
Entre, entre.
Oh, Serge, ça va nous prendre un autre couvert.
J'ai invité mon ami Simon.
Tu peux aller t'asseoir au salon.
Aimerais-tu ça qu'on te serve quelque chose à boire?
- Ouais, une bière.
- Bière it is.
Je vais aller arroser le poulet.
- Explications s'il vous plaît.
- L'été dernier, il a vraiment eu un petit moment
où j'ai hésité entre le couteau et le poison.
Parce que le poison,
c'est une belle arme si on y pense bien.
C'est élégant, c'est raffiné,
il y a différentes variétés de poison.
C'est comme le parfum des armes.
C'est pas compliqué.
Je remplace le céleri que je mets
dans le troufignon du poulet
par une cuillère à thé de ce poison-là
et notre ami Simon, dans le salon,
ne sera plus jamais en mesure de faire du mal
à la femme que j'aime.
(petit rire)
- OK, mais ton chapelet, dans tout ça?
- Exactement.
Ce soir, on va pas empoisonner Simon.
On va l'écouter, on va le comprendre,
on va lui donner ce qu'il a probablement jamais reçu
dans sa vie de voyou: de l'amour
et de la compassion.
Ce soir, on vise le gros grain
plus toute une rangée de petits grains.
Rendus au mois d'août, on va être devenus des anges, crisse.
Il y a des ailes qui vont nous pousser dans le dos, tabarnac!
Simon, aimerais-tu manger un petit peu de fromage
avec ta bière?
Il nous reste du stock du vins et fromages.
- Ouais, j'aimerais ça.
(paroles indistinctes au loin)
- (Homme): Standby trente.
(paroles indistinctes)
- Es-tu content de ton set de cuisine, Simon?
- Oui.
- La table à pique-nique, on aime beaucoup ça.
On trouve que ça fait estival.
(rires)
- Ouais.
- Toi, Simon, t'as... t'as grandi à Sainte-Foy?
- Ouais. - Quel quartier?
- Paroisse Sainte-Geneviève.
- Ah! Il y a beaucoup de pauvreté, hein,
dans cette paroisse-là?
- Ouais, on n'était pas riches.
- C'était comment avec tes parents?
- Ma mère était fine.
Mon père était jamais là.
- Ah ouais? - Ah.
C'est parce qu'on s'intéresse beaucoup à la psychanalyse,
nous autres là, là.
- Ah ouais? - Ouais.
- Le problème du fils,
quand il souffre de l'absence du père,
c'est qu'il a tendance à reproduire plus tard
les comportements qui l'ont fait souffrir.
Devenir le père pour se rapprocher du père.
C'est compréhensible, mais c'est tragique.
- C'est tout un problème d'eros et de thanatos.
- Non, mais c'est comme tout un autre volet
de la problématique.
- Mais toi, Simon, quand tu fais l'amour,
as-tu l'impression, des fois, que ton père te regarde?
Comme de haut, dans le ciel, comme si ton père était Dieu,
puis il te disait: "T'es pas bon,
t'es pas bon pour faire l'amour."
Puis là, tu perds ton érection.
Ça t'arrive?
- Hé, moi, il y a une émission à 7h30
que j'aimerais regarder, ça vous dérange?
- Dans 10, 9, 8, 7, 6,
5, 4...
- Il a pas dit "3, 2, 1"?
- Bonsoir, tout le monde,
et bienvenue à cette édition toute spéciale
de L'été à Québec.
Si le Carnaval a ses duchesses,
Sainte-Foy a sa Miss Sainte-Foy, et pour nous en parler,
accueillons le maire de Sainte-Foy,
M. Bernard Laporte!
(applaudissements)
- Le direct, ça pardonne pas.
- Puis la nervosité, à l'écran, ça paraît encore plus.
- Oui.
- Je me sens pas bien, je pense.
- Excuse-moi, je pense que t'es menstruée.
- Hé, ton maillot est transparent.
Quand tu te penches, on voit ton anus.
- Mais qu'est-ce que vous faites là?
- Les Sexistes nous ont donné un feuillet d'inscription aussi.
- Il était pas question qu'on participe
à une telle démonstration de violence machiste.
- Quand on t'a vue maquillée, on a décidé de te suivre un peu.
- On s'est inscrites pour t'aider à gagner.
On va être super poches!
- Si on est poches, ça te laisse plus de chances de gagner, non?
- Montre-leur, à ces cochons-là,
qu'il n'y a pas plus sexy qu'Huguette Delisle.
Utilise ta sexualité comme une arme,
comme si ton vagin avait des griffes acérées
prêtes à castrer le grand phallus dégoulinant
du patriarcat.
- Merci de me dire ça. - Huguette, showtime!
(soupir)
- On les accueille, elles sont ravissantes!
- Et intelligentes, parce que ça qui est important.
- Nos finalistes Miss Sainte-Foy 1976!
(applaudissements)
- C'est ça que je vous disais, crisse!
(exclamation)
- Alain! Mais tu ne penses qu'à ça!
(rires)
Oh, vilain garçon!
- Si ta femme gagne,
tu vas pouvoir nous donner le 1000 piastres.
- C'est pour ça qu'elle fait ça, tu penses?
(coups à la porte, soupir)
- Bon, enfin, esti!
- Hé, à poil! Envoye donc, à poil!
- On rappelle que chaque candidate
a droit à une question frivole et une question sérieuse.
- C'est à moi! - Oui!
(applaudissements)
- Alors, la belle Marie-Josée, d'abord, la question frivole:
votre fiancé vous invite au cinéma.
Vous partagez un pop-corn.
Au lieu de plonger sa main dans le sac,
il la dépose sur votre cuisse.
Comment réagissez-vous?
- Je souris et je pense au moment
où il réalisera en le mangeant
que le pop-corn est pas recouvert de beurre,
mais bien du sperme de mon amant
qui m'a prise juste avant dans les toilettes dudit cinéma.
(petit rire)
La question sérieuse, ça me tente pas.
Trop? - Bien dosé.
(♪ piano ♪)
- Esti d'émission d'agace-pissette
du câlice.
- Penses-tu à ton poison en dessous de la pantry un peu?
- Un petit peu.
- ♪♪ Il me reste un pays À prédire... ♪
- Je vous avais dit de nous avertir
quand ça serait leur tour!
- ♪ Il me reste un pays À semer ♪
♪ Vaste et beau comme la mer ♪
♪ Avant d'être découvert... ♪
- C'est le spectacle du Bois-de-Coulonge!
- ♪ Qu'un brin d'herbe Sous l'hiver ♪
♪ Voilà mon jeu Et ma chasse... ♪
- Elle est bonne.
- ♪ Il te reste un pays À connaître ♪
♪ Il te reste un pays À donner ♪
♪ C'est un pont Que je construis ♪
♪ De ma nuit jusqu'à ta nuit ♪
♪ Pour traverser la rivière ♪
♪ Froide, obscure, de l'ennui ♪
♪ Voilà le pays à faire... ♪♪
(Il éteint la télévision.)
- Qu'est-ce que tu fais? Elle chantait!
- C'est plate, cette émission-là.
- Micheline est-elle passée, elle?
- Je l'ai pas vue.
Tout ce qui m'a fait "toffer",
c'est l'espoir de revoir ses boules.
- Un peu de respect pour sa femme! Son ex-femme.
- Les nerfs, le fifi. - Pourquoi tu dis ça?
- Parce que c'est ça que vous êtes devenus.
Vous habitez ensemble, puis tout.
- OK, donc si je comprends bien,
vous êtes sexistes, puis en plus,
vous dénigrez les homosexuels?
- Non, on est racistes aussi.
C'est comme les trois, c'est ça, notre philosophie.
- Vous êtes bien chanceux, les gars.
Vous avez jamais connu Huguette Delisle,
la vraie, la légende.
Elle aurait fait une bouchée de vous.
- Ouais? Bien elle en menait pas large, l'autre jour,
quand je l'ai vue, par exemple.
Comme ça, ç'a l'air que c'est rendu qu'elle se masturbe?
- Comment ça, tu sais ça?
- Ça me dérange pas. Si tu veux, je peux m'en occuper, tu sais.
Lui montrer c'est quoi, un homme.
Un vrai, je veux dire.
- Serge? - Oui?
- Je t'annonce qu'on fera pas notre gros grain ce soir.
- Non, hein? Pas de gros grain?
(petit rire)
- Non.
Tabarnac!
Bien là, j'ai chaud un petit peu.
C'est mouillé.
Envoye. Oh!
- Pourquoi tu me montres ça?
- Bien... bien, je...
je pensais te le donner.
Je pense qu'on n'a plus le droit.
- Non, je le veux pas, garde-le. Pas besoin de ça.
- Les gars, je vous annonce que la psychanalyse
peut rien pour vous autres.
Si je peux me permettre une dernière remarque,
je blâme pas vos pères,
parce qu'avoir eu des fils comme vous autres,
moi aussi, je serais parti.
- Bon. On y va, là?
- Félicitations à notre première Miss Sainte-Foy!
Je vous donne rendez-vous l'an prochain
pour la 2e édition de Miss...
- Elle a gagné, tu penses?
- Je sais pas. Je vais me coucher.
- Vous vous changez pas?
- Il y a des photos à faire.
Je suis censée rencontrer les juges.
- Bien, bonne soirée, et bravo encore.
- Merci.
- Bonsoir. Meilleure chance la prochaine fois.
- Ça va?
- J'ai rappelé Roland finalement.
On s'était pas reparlé encore.
Je voulais juste savoir s'il avait vu l'émission.
- Il l'a vue, l'émission?
- On va se faire arrêter par la police.
- Il l'a vue, l'émission?
- On va t'attendre chez toi, OK?
Juste te parler quelques minutes.
- Ça va? - Oui.
Oui, oui, oui, ça va. Je veux juste...
pas te déranger dans ton moment de gloire.
- Il a pas aimé ça, c'est ça?
Peut-être que ma chanson, ça avait pas rapport.
- C'était très bon. Bravo, Huguette.
- Bravo.
- C'est sûr que t'as perdu des points
au niveau des mensurations, mais ta chanson...
- Va-t'en, Bernard.
- Je prends juste un moment pour la féliciter.
- Décâlice.
(pas approchant)
- Félicitations, Huguette.
Ça m'a fait un grand plaisir de te faire gagner.
Je suis descendu de Montréal juste pour ça.
C'était mon idée, le concours.
On m'a beaucoup reproché de pas t'avoir tuée l'été dernier.
Mais ce soir, tu m'as donné raison.
Pourquoi tuer quelqu'un?
C'est bien plus cruel de voir cette personne-là
se tuer elle-même.
T'es là, assise avec ton maillot ridicule,
ta couronne à une piastre.
Minable, soumise, anéantie.
Je connais des madames qui se retournent dans leur tombe.
On va continuer de vous surveiller,
puis après les Jeux, la police va vous arrêter.
Votre liste de victimes est impressionnante.
On a même rajouté les madames.
La féministe qui tue des femmes,
on trouvait qu'il y avait là une belle ironie.
Console-toi.
Le règne se termine, un autre commence.
D'ici à ton arrestation,
tu vas peut-être avoir le temps de réaliser ton souhait
le plus cher.
La paix dans le monde.
(stridulations)
(stridulations)
- Allô, maman?
- Oh mon Dieu, on est tout énervés!
C'est le 3e appel depuis qu'on a le téléphone.
- Te souviens-tu de la chose que je t'ai dite?
La chose qui arriverait jamais, mais que c'était par précaution?
- Oui, la chose qui arriverait jamais.
- Bien là, la chose arrive. - Oh mon Dieu!
- Te souviens-tu de tout ce que je t'ai dit?
Go. Go, maman.
- Vite, vite, les enfants! Vite, vite, vite, vite! Vite!
- Est-ce qu'on s'en va à votre chalet?
- Oh non! Un autre chalet. Un chalet secret.
Un chalet secret, un chalet secret!
(efforts)
(respiration haletante)
(respiration haletante)
- Sérieusement, Huguette, c'est ça, ton plan?
On s'en va à Montréal, puis on les tue?
- Je suis la plus grande criminelle
de toute l'histoire du Québec.
Tout le monde a peur de moi à Montréal.
Je suis devenue une légende.
Sérieusement, je pense pas que mon plan
soit si farfelu que ça.
- C'est du suicide!
Toi, tu vas peut-être te défendre un peu. Regarde-le!
Avec son canif dans ses bobettes,
il se rendra pas à la cérémonie de clôture, je te le garantis.
Sous-titrage: MELS
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