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PR�C�DEMMENT
Quelle petite garce...
Regarde-la.
MISTER SPADE
Tu m'en files une ?
Je la mets sur ton ardoise.
Tout va bien ?
Parfaitement bien.
L�che-moi �a.
Je suis d�j� d'une humeur de chien, n'aggravons pas les choses.
O� est le type � la moto ?
Quelle moto ?
Cette moto.
Le type qui est venu avec.
Quel type ?
J'ai l'air de plaisanter ?
Un autre idiot arm�.
Bonjour, Henri.
Range �a avant de descendre un passant derri�re moi.
Pardon, M. Spade, j'ignorais que c'�tait vous.
Tu m'a pris pour un voleur de pneus ?
On n'y voit rien avec le casque.
Moi qui croyais que personne ne mentait plus mal que Teresa...
Venez ici !
On s'est fait tirer dessus, Teresa et moi,
par le motard qui me suit en Norton Commando
depuis le retour de Philippe.
N'essaie m�me pas.
J'ai su qu'Anatole participait � des idioties en voyant la moto.
Vous ne savez pas tout de moi, M. Spade.
Tu es une v�ritable �nigme.
Tu te sers de Teresa pour atteindre Philippe ?
J'essayais de vous tenir � l'�cart. Vous tenez � votre tranquillit�.
Moi, je tiens � Teresa.
Au point de lui tirer dessus ?
J'ai tir� sur le parebrise. �a se r�pare.
On en a discut� et on a d�cid�...
C'est � lui que je parle. Et si tu avais rat� ton coup ?
Je ne rate jamais.
- Tu es si dou� que �a ? - Oui.
Assez pour �liminer Philippe ?
D'apr�s mes sup�rieurs.
Et on sait que leur jugement est infaillible.
Aussi dou� que tu te croies, tu aurais pu la tuer.
Et crois-moi, tu ne t'en serais pas remis.
Vous n'en savez rien.
Ce que je veux dire, Henri,
c'est que je t'aurais tu�.
Je ne suis pas ce que vous croyez.
Tu es exactement ce que je crois.
Un imb�cile s�duit par Anatole et sa saloperie d'OAS.
Je suis � l'Action Fran�aise.
�a en fait, des cingl�s fanatiques pour un seul pays.
On est cingl�s parce qu'on r�ve de la France d'avant ?
De notre patrie ?
Celle que vous faites sauter ?
La France d'aujourd'hui n'a rien de la France glorieuse du pass�.
Et vos r�ves romantiques remontent jusqu'� quand ?
Nous sommes monarchistes et anti-communistes.
J'aime mon pays. Je suis pr�t � mourir pour lui.
Vous ne pouvez pas aimer et mourir ailleurs ?
Allez retrouver d'autres patriotes en Argentine
pour �crire vos manifestes et comparer vos exploits.
Que je savoure mon cognac et mon fromage en paix.
Vous n'�tes qu'un Am�ricain pillant les fruits du sacrifice fran�ais
sans rien comprendre de notre histoire.
Vos remarques sarcastiques et vos blagues stupides sur nous
montrent votre indiff�rence envers ceux qui ont donn� leur vie.
Votre seule cause, c'est vous-m�me.
On dirait que tu r�cites un pamphlet largu� d'un avion.
Si tu n'as pas remarqu�, je ne fais que me battre.
Pour mes voisins dans ce lieu �trange,
et tout autour du trou,
y compris vous deux, si stupides que vous soyez.
Mais oui, j'ai la belle vie.
Du moins, je l'avais, avant que vous ne g�chiez tout.
Je ne peux m�me plus utiliser ma piscine.
Absolument.
C'est tragique, putain !
Ta grand-m�re conna�t tes nouvelles convictions ?
Je m'en doutais.
Vous allez lui dire ?
Si tu veux lui briser le c�ur, c'est sans moi.
Et, Henri,
pour l'amour du ciel,
arr�te de nous prot�ger avant de tous nous faire tuer.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
On dirait une tigresse pr�te � bondir.
Qui est-ce ?
M. Kahn ?
Un ami commun vous passe le bonjour. Le lieutenant Dundy.
- Je le croyais mort. - Une rumeur.
Sans doute lanc�e par Mme Dundy.
- Une connaissance de guerre ? - Pourquoi ?
Il a combattu en Afrique du Nord.
J'avais 12 ans et je vivais en Syrie.
On s'est rencontr�s � une autre occasion.
Vous voulez vous asseoir ?
Tr�s bel instrument.
C'est ce que pensait ma femme.
Je n'ai jamais eu d'oreille.
J'ai toujours eu du go�t, mais jamais de talent.
- Pour la musique. - Pour quoi, alors ?
Je sais trouver ce qui veut rester cach�.
Je ne lis pas l'arabe.
Je suis d�tective priv�.
Un autre point commun.
Plus maintenant. Qui vous paie ?
Je ne peux divulguer l'identit� de mon employeur.
Mais sachez que je suis sp�cialis� dans le sabotage industriel.
Mes vignes sont en danger ?
Par ce travail, j'ai pu rencontrer
certains des hommes les plus riches et les plus puissants.
Et je parie qu'ils veulent le gamin.
Je suis l� pour trouver Zayd et le mettre en s�curit�,
tout en punissant ceux qui l'ont arrach� � sa famille.
- Comme tout le monde. - Un plan est en marche.
Vous comprenez ?
Je comprends que cet enfant est pr�cieux.
Et dangereux.
Comme un couteau aiguis� que seuls des gens exp�riment�s
sauraient utiliser.
Un couteau coupe dans toutes les mains.
Raison de plus pour que ni un individu,
ni un pays, ni une organisation,
ne s'en empare.
Mais ces gens sont vos partenaires.
Et leur qualit�
n'aura aucune importance si je retrouve le petit.
Par chance, j'ai une longueur d'avance.
- Je sais o� il est. - J'applaudirais presque.
Enfin, pour �tre honn�te,
je savais o� il �tait.
Vous savez d'o� vient le mot "sabotage" ?
Du dictionnaire.
Du verbe fran�ais "saboter".
�a veut dire ab�mer, bousiller, d�truire.
�a vient des gr�ves ouvri�res.
C'est le passe-temps national, ici.
Les ouvriers utilisaient leurs sabots de bois
pour bloquer les machines.
En quoi �a me concerne ?
Vous �tes le sabot.
Quelle machine vais-je bloquer ?
Celle qui me permettra
de faire arr�ter Philippe et sa terroriste de concubine.
Sans tuer le petit.
Il m'a l'air de bien s'en sortir tout seul, le petit.
Comme si quelqu'un veillait sur lui.
La chance ?
Vous n'avez pas l'air tr�s croyant,
M. Spade.
Je prends le risque.
En tout cas, ce n'est ni la chance, ni Dieu,
ni m�me votre instinct
qui vous a sauv� la vie, l'autre soir.
C'est moi.
Jean-Pierre n'a pas eu cette chance.
H�las, lui aussi avait des sabots de bois.
Je l'ai vu entrer chez les harkis � qui l'imam avait rendu visite.
Si vous croyez qu'il participait � une sombre machination,
il va falloir rembourser vos employeurs.
Je crois que le sergent Devereaux a mont� cet escalier pour expier.
Il l'a fait en descendant.
J'esp�rais que le sergent ferait preuve de retenue.
�a n'a jamais �t� sa tasse de th�.
Ni la mienne.
D'o� cette conversation, je suppose.
Comme je vous l'ai dit,
je fais partie d'une action coordonn�e pour,
prochainement et rapidement, mettre fin � cette affaire.
Ce n'est pas moi, le probl�me.
Ce n'est pas vous qui m'inqui�tez.
Le commandant Michaud ne s'est pas montr� enthousiaste.
C'est ce qui arrive quand on lui ment.
L'�glise qui pr�tend enqu�ter.
Un officier du renseignement
qui pr�tend �tre policier, et ainsi de suite.
Et la fille.
Eh bien ?
Elle dit la v�rit� ?
Pas volontairement.
C'est un sabot potentiel ?
Plut�t une mouche dans le potage.
Vous �tes s�r ?
Tant que le petit n'a pas �t� mis en s�curit�,
nous sommes au bord de l'ab�me.
Un gouffre plus p�rilleux que le trou.
J'ai un parachute.
Et toujours un bon mot, � ce que je vois.
Je vais me d�brouiller seul.
Inutile de me raccompagner.
"Voil�" quoi ?
Tu ne remarques rien ?
Tu as rempli la piscine ?
Tu es un sacr� num�ro.
Donne-moi un indice. Qu'est-ce qui a chang� ?
Tout !
La chaise, le coussin, le parasol.
Essaie-les.
La piscine est trop loin de la maison.
Personne n'en profite.
Ce serait bon pour toi.
- Je ne suis pas bon nageur. - �a, c'est l'ancien toi.
Je suis encore plus ancien.
Une seule chaise ?
- Tu ne quittes pas la maison. - C'est une belle maison.
Parfois, tu t'assois dans le patio, sans t'aventurer plus loin.
Pourquoi m'aventurer ici
si tout ce que je d�sire est l�-bas ?
Je veux que tu connaisses tout le domaine.
Pas que la maison, le terrain �galement.
De l�-haut � ici, il y a les caves et le vignoble.
Tu rencontreras Basem
ou les autres ouvriers dont tu ne sais encore rien.
- � quoi bon ? - Pour apprendre ce qu'on fait.
Pourquoi apprendre � fabriquer du vin ?
Je n'en bois m�me pas.
Quoique le Claret Larvaron n'est pas mal, para�t-il.
Ce nom...
Je veux changer cette atrocit� depuis...
Tu n'aurais pas des id�es ?
De quoi on parlait ?
De vin, ton occupation. La mienne est de te rendre heureuse.
Et tu as bien travaill�.
Ces quatre ann�es ont �t� les plus belles de ma vie.
J'esp�re que tu resteras.
Je n'ai pas pr�vu de partir.
C'est toi qui me quittes.
Je t'avais bien dit
que je ne ferais pas une bonne �pouse.
Tu avais menti.
C'est bient�t fini.
Absolument pas.
Peut-�tre six mois.
Peut-�tre trois.
Mais Pouchol dit qu'il n'y a plus rien � faire.
Pouchol est un m�decin de campagne, � peine mieux qu'un barbier.
Je te laisse tout.
Les vignes, l'argent, la maison.
Tout est � toi.
Je refuse que tu me regardes mourir.
- Je t'emm�ne consulter � Paris. - Je ne veux pas.
Il existe de nouveaux traitements...
Je les ai d�j� essay�s.
Et je ne veux pas vivre �a avec toi.
�a ne regarde que moi.
On oublie "pour le meilleur et pour le pire" ?
Tu m'as dit qu'il n'�tait pas ais� d'abandonner sa vie.
Dans une de mes histoires � la con.
Quand partiras-tu ?
Si je te le dis, tu essaieras de me retenir.
Adorable.
Alors, pourquoi ne pas partir sans pr�venir ?
Tu l'as envisag� ?
Tu es vraiment en acier tremp�.
J'ai besoin que tu me laisses partir.
Pour aller crever comme un chien ?
Pour mourir selon mes termes.
Sans que nos souvenirs de ces derni�res ann�es
ne soient ternis par une fin interminable.
Tu pr�f�res �tre seule ?
Pour ce dernier chapitre, oui.
J'aurai droit � un adieu ?
Ce serait atroce, non ?
Je vais me r�veiller un matin, et tu seras partie ?
Je ne te reverrai qu'� ton enterrement ?
Regarde-moi, Sam.
Quand tu voudras me revoir,
viens ici.
Je t'y attendrai.
Tu continues � bouder ou tu me rejoins ?
Vous �tiez au courant de ce que fait Teresa ?
Elle retouche les v�tements de Gabrielle.
Vous auriez pu demander.
Pourquoi tout le monde croit savoir ce qu'elle aurait voulu ?
�a, je le garde.
Vous vous inqui�tez pour lui ?
Je t'ai entendue depuis l'autre bout de la ville.
Tu n'es pas le premier � dire �a.
J'ai une surprise pour toi.
Mains froides.
C�ur chaud.
Il a deux billets de train pour demain.
Lyon-Barcelone.
Premi�re classe, j'esp�re.
De l�, une voiture jusqu'au port.
Et quelqu'un nous emm�ne en bateau...
nous emm�ne...
Vous emm�ne o� ?
Quelque part.
J'esp�re qu'il ne se sentira pas trop seul,
pendant ce trajet, pr�s d'un si�ge vide.
Son c�ur bris� lui tiendra compagnie.
Mais pas son argent.
Il ne se doute de rien ?
J'ai beaucoup investi pour m'assurer qu'aucun doute ne l'assaille.
J'admire ton sacrifice.
Et toi ?
- Ta lady ne soup�onne rien ? - Rien.
Entre le beurre et le vin, elle tient � peine debout.
Bient�t, on fera �a au grand jour.
Sur la plage.
Sur une serviette, j'esp�re.
Je n'ai que dix minutes.
Cinq suffiront.
Et moi qui croyais que tu pr�f�rais les gar�ons...
C'est bien, petit.
Fils de Dieu,
sauve
cette enfant.
Zayd, cours !
Cours, Zayd !
Fils de Dieu...
Zayd, cours !
"Et comme
"en Adam,
"tous meurent,
"ainsi en Christ..."
� l'aide !
"Tous revivront."
Faites quelque chose !
Je le vois.
Auriez-vous l'amabilit� de baisser vos armes ?
Tout de suite, s'il vous pla�t.
Mon grand-p�re est mort d'une h�morragie c�r�brale � 59 ans.
Ses derniers mots � ma grand-m�re ont �t� :
"Ruth, j'ai la migraine."
Et elle lui a r�pondu :
"C'est qui, cette Ruth ?"
Elle s'appelait Betty.
Donc, la question se posait.
Qui �tait cette Ruth ?
Un secret bien enfoui ?
Ou une �nerie bien enfouie ?
C'est �a, mon travail.
D�m�ler les secrets des �neries.
Je vous promets que tout secret gard� en ma pr�sence
ne le reste pas longtemps.
Ne vous m�prenez pas.
Vous ne pouvez pas me mentir.
Vous ne pouvez rien me cacher.
Alors...
on va tout se dire, d'accord ?
Bien.
C'est parti.
D�sol� du retard.
Quelle tann�e, de venir ici !
Vous n'�tes pas au bout de vos peines.
- Asseyez-vous. - Non, merci.
Je me pr�sente. Virginia Dell.
Lieutenant-colonel � la retraite
des Forces d'op�rations sp�ciales du Canada.
Actuelle sous-secr�taire g�n�rale des Nations unies
� la r�solution des conflits en temps de paix.
Vous pouvez r�p�ter ?
Exactement.
Vous ne me connaissez pas,
mais je ne doute pas
que vous sachiez tr�s bien pourquoi je vous ai tous r�unis.
Que fait-on de cet enfant ?
"On" ?
Si je peux me permettre...
Pourquoi on vous dirait quoi que ce soit, bordel ?
�a avait si bien commenc�.
L'autorit� du MI6 est sans �quivoque.
En quoi ?
Nous suivons ce petit depuis deux ans.
Lady Cynthia,
vous exercez un m�tier
bas� sur un v�ritable pot-pourri de doctrines, de principes
et de codes,
dont le principal est : "qui trouve, garde".
Reste que personne ici pr�sent n'a le moindre droit sur cet enfant.
Alors, pourquoi vous le laisserais-je ?
Ou � vous ? Ou � vous ? Ou...
Plaidez votre cause.
Convainquez-moi de ne pas le renvoyer dans son pays natal.
Il est citoyen britannique. Il a un passeport.
J'en ai un aussi.
Un fran�ais et un allemand aussi.
Et m�me un de Saint-Marin.
Peut-�tre, mais vous n'�tes pas n�e � Leeds.
Lui non plus.
Il y a pass� deux mois, avec sa famille,
� l'�ge de trois ans.
Il est n� en Alg�rie.
Et vous �tes...
Laurent Suchet.
Renseignement militaire fran�ais.
Le petit est n� en Alg�rie. C'est un citoyen fran�ais.
Ou un citoyen alg�rien, selon le point de vue.
Techniquement, il est n� en France.
Quelle souplesse d'esprit faut-il pour arriver � cette conclusion ?
Vous avez tout mon respect.
� la demande de sa famille,
nous l'avons sauv� de trafiquants alg�riens.
Je crois, M. Suchet,
que vous ne ma�trisez pas si bien l'anglais.
Et que par "sauv�", vous entendez "vol�".
L'OAS l'a vol� � ses parents.
Ses parents, justement. O� sont-ils ?
Son p�re est en prison.
Mais encore ?
Pour trahison.
La reine m�re des p�ch�s capitaux.
J'aimerais lui parler avant qu'il disparaisse.
Je crains que �a ne soit d�sormais plus possible.
Parce qu'il a d�j� �t� ex�cut� ?
Ou parce qu'il n'est plus entre vos mains ?
La deuxi�me.
� moins d'une �vasion flamboyante � la Comte de Monte Cristo,
j'imagine qu'une sorte d'�change
lui a rendu sa libert� ?
Il nous a communiqu� la localisation exacte de l'enfant.
On a envoy� un agent
qui a confirm� que l'enfant �tait en danger imm�diat.
Nous avons ordonn� son extraction.
Pour le rendre � ses parents ?
Parce qu'il d�crypte les codes.
Pour le garder sain et sauf.
Et comment mieux prot�ger un petit gar�on
qu'avec un tireur d'�lite ?
La mission du sergent Saint-Andr� en Alg�rie
n'�tait pas de le prot�ger.
Il devait assassiner un membre haut plac� du FLN.
Mais il s'est laiss� distraire.
J'imagine qu'il s'agit du membre du FLN
qu'on a vu sauter avec gr�ce du pont
et qui est actuellement en cavale
dans la campagne fran�aise ?
Beau travail.
Pardon, je repensais � quelque chose de dr�le.
Que j'ai vu pendant la guerre.
Comme quoi, sergent ?
Quelqu'un qui se prend une pelle dans la t�te ?
Pas si dr�le que �a.
J'avoue que votre na�vet� me surprend.
M. Kahn �tait un nom d'emprunt.
Et pas tr�s bien trouv�, � mon go�t.
Pour couvrir qui ?
�tant donn� que M. Suchet �tait sur la banquette arri�re,
je suppose que vos futurs ex-employeurs de la SDECE
�taient impliqu�s.
- Avec qui d'autre ? - C'est encore flou.
Mais je me demande
comment notre bon p�re est arriv� aussi vite.
Il y a un a�rodrome qui m'a �chapp� ?
Quelle imagination !
Dans notre milieu,
imagination et exp�rience ne font qu'un, n'est-ce pas ?
Je suis d'un autre milieu, donc aucune id�e.
Mais si.
Je ne comprends pas vos sous-entendus.
Dites-moi, mon p�re, au forum des m�tiers du s�minaire,
la CIA avait son propre stand ?
Avec de la citronnade
et des cookies ?
Parlons plut�t du coursier chauve du Vatican
qui a abattu cinq religieuses et une nourrice.
L'�glise d�ment ces calomnies !
- Avant d'enlever une ado de 14 ans. - 17 ans.
Au temps pour moi.
Mon p�re, pouvez-vous nous �clairer
sur ce que mijotait Rome avec Gaylord Rabido ?
Moine � ses heures, fou � lier, toujours.
L'�glise d�cline toute responsabilit�.
Cette devise doit �tre tatou�e � l'int�rieur de vos paupi�res.
- Je n'ai pas � vous �couter. - Non.
Vous aurez tous les d�tails dans Le Monde.
"L'�glise tue des religieuses."
Un gros titre qui sera traduit dans toutes les langues.
Vous avez l�ch� ce chauve cingl� dans la nature.
Et pour l'ONU, Interpol et d'autres agences r�put�es,
la suite est votre faute.
La v�tre, c'est laquelle ?
Interpol ?
- Renseignement militaire ? - Rompez, chef de section...
Enfin, mon p�re.
Le renseignement, je parie.
Bravo au directeur de la CIA d'avoir plac� un agent au Vatican !
Salope.
Vous pouvez disposer.
Je n'attendais pas votre permission.
Mais ne revenez pas.
Espionnez un autre village pittoresque.
Il ne l'est pas tant que �a.
O� croyez-vous aller ?
- Je pars avec eux. - Dans vos r�ves.
Lady Cynthia,
filez.
Croyez-moi, l'affaire est loin d'�tre r�gl�e.
La reine a mon num�ro.
Pouvez-vous nous laisser un moment ?
Et enfin...
M. Spade.
Votre accent m'intrigue.
De quelle partie du Canada venez-vous ?
Du sud.
Au sud des chutes du Niagara.
J'aurais cru
qu'avec votre exp�rience,
vous auriez tout fait pour �viter un tel merdier.
Et que vous auriez �vit� d'aggraver les choses.
J'ai essay� de r�parer les conneries de Philippe.
En ramassant du vomi � la cuill�re, on en met partout.
Quelle belle m�taphore !
J'adore les po�mes de E.E. Cummings.
Un simple policier
dans le trou du cul du monde
n'est pas de taille face aux poids lourds.
Un coup de fil � quelqu'un de plus puissant
aurait tout r�solu avant qu'on en arrive l�.
Qui aurais-je appel� ? Vous ?
J'ignore qui vous �tes ou qui vous emploie.
Vous �tes aussi canadienne que moi.
Et vous n'�tes pas venue sauver le gamin par pur altruisme.
Personne ne veut d'une autre guerre.
Ni en Alg�rie ni ailleurs.
Vous l'enlevez au nom de la paix dans le monde ?
Si �a vous rassure.
Mais j'ai du mal � imaginer qu'un homme avec vos origines
se soucie du nombre de morts.
Je crois que je n'ai jamais compris le concept de diplomatie au fusil.
Vous osez vraiment me dire
que vous n'avez jamais fait le mal au nom du bien ?
Je prends des d�cisions et je m'y tiens.
Pour le meilleur et pour le pire.
On ne se r�veille pas diff�rent juste en le d�cidant.
Les gens sont plus simples qu'ils le croient ? Surprenant.
Les gens savent ce qu'ils veulent.
Tout le reste n'est que justification.
Comme vous, par exemple.
Vous voulez �tre tranquille.
Vous vivez dans un village calme.
On vous y conna�t juste assez pour vous ignorer.
Vous avez lu mon courrier.
Malheureusement,
on emporte notre pass� avec nous.
Et vous voil� sans cesse attir�
par les esseul�s, les perturb�s,
les confus.
Autant dire l'humanit� toute enti�re.
Mais je ne suis attir� par personne.
Je doute de tout le monde.
Un point commun.
Enfin !
Henri Thibaut.
- Eh bien ? - Membre de l'OAS.
Il a tu� un soldat fran�ais.
Le cadavre dans votre piscine.
Henri lui a tir� dessus,
mais c'est le rosbif disparu qui l'a tu�.
Comment l'avez-vous d�duit ?
Gr�ce � la balle de 303 qui a atterri dans mon micocoulier.
Mes condol�ances pour votre arbre.
Je facturerai le MI6.
Je l'aurais bien livr� � l'arm�e fran�aise,
mais ce Suchet est un connard pr�somptueux.
- Vais-je le regretter ? - Laissez Henri tranquille.
S'il participe � un nouvel attentat contre de Gaulle...
Ce n'est qu'une phase.
Une phase ?
Comme l'acn� ?
C'est un jeunot qui a trouv� la guerre ici.
Il cherche un sens � sa vie.
Donnez-lui un chien. Ou faites-lui tirer son coup.
Ce sera toujours mieux.
Un long vol m'attend.
O� rentrez-vous ?
Si �a vous int�resse,
votre bureau � San Francisco a un nouvel occupant.
Vous l'avez visit� ? Les Canadiens sont z�l�s.
Par un impr�sario. Eddie Solomon.
Tous ses clients sont des travestis.
Et le ventriloque ?
Il s'est pendu.
Bref, il para�t qu'Eddie s'en sort tr�s bien.
Il loue tout l'�tage.
L'immeuble n'a jamais �t� tr�s cher.
En un mot...
Bon Dieu !
- Quoi ? - Votre fran�ais est tr�s mauvais.
Zayd,
on s'en va.
Et George ?
� la retraite.
Il ne s'appelle pas George.
Il s'appelle Reggie.
Et vous ?
Felicity.
Joy.
Elizabeth.
Coppelia.
� votre guise.
Maintenant que tout �a est r�gl�,
si on rentrait chez nous pour un petit verre ?
Allez plut�t vous faire mettre avec une batte de cricket.
Comme vous voudrez.
Vous ne savez pas ce que vous ratez.
Bien le bonsoir, M. Spade.
Il sera guillotin� ?
Ils vont plut�t le jeter aux oubliettes pour un mill�naire.
Personne ne veut qu'on lui rappelle ses erreurs.
Alors, que vas-tu faire du club ?
Je n'ai pas r�fl�chi plus loin que ma chanson de ce soir.
Qu'as-tu choisi ?
Je vais faire une compilation de mes chansons tristes pr�f�r�es.
Je compterai les clients qui pleurent.
Facile de refiler de l'alcool dans un bar plein de malheureux.
Peut-�tre que je passerai verser ma petite larme.
Je retiens mon souffle ?
�a t'emp�cherait de chanter.
Je dois prot�ger mon investissement.
J'attendrai.
Mais pas longtemps.
Elle est tr�s jolie.
Vous savez, M. Spade,
je me d�brouillerai.
Si vous ne voulez pas de moi.
Fais-moi plaisir...
Appelle-moi Sam.
O� allez-vous comme �a ?
Vous enivrer avec les autres vieilles de Bozouls.
Est-ce qu'il y en a une qui sait jouer aux dominos ?
De quoi parlerait-on ?
Tu viens ou pas ?
Adaptation : Joanna Levy
Sous-titrage TITRAFILM
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