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-"C'était un chien. Enorme. Noir comme du charbon.
"Un chien comme jamais n'en avaient vu des yeux de mortel.
"Du feu s'échappait de sa gueule. Ses yeux jetaient de la braise.
"Son museau
"s'enveloppait de traînées de flammes.
"L'énorme chien noir bondissait sur la piste de notre ami.
"Holmes et moi fîmes feu.
"La bête ne s'arrêta pas.
"Au loin, nous aperçûmes sir Henry
"qui s'était retourné, regardant l'abominable créature
"qui fonçait sur lui !" Et voilà.
C'est fini pour ce soir.
Grognements. Cris.
...
-T'as choisi ce livre parce que je réclame un chien ?
-On en reparlera avec papa. Hmm ? -Hmm.
-Dors bien, chéri.
Grognements de bête sauvage. L'homme hurle.
L'homme cesse de crier. Grognements.
...
-Alors ?
-Un promeneur l'a signalé ce matin. Attention.
C'est pas beau à voir.
-Noyade ? Suicide ?
-Vous avez vu son état ? Sa gorge ?
-Ca pourrait être une hélice.
-Ca ressemble à la morsure d'un animal.
-Ou la mer l'a projeté
contre les rochers ?
-Ca fait penser à un loup.
-Un loup ? A Saint-Malo ?
-Les morsures ressemblent exactement à ça.
-Ronan, tu devais récupérer Maël il y a 30 mn !
T'es vraiment pas fiable. Rappelle-moi.
Tu as ton livre ?
-J'ai pris mon sifflet à ultrasons au cas où papa
achète le chien.
Un coup, il court. Deux coups, il s'arrête.
-C'est super.
-Lieutenant Garrec, PJ de Rennes. Où est l'adjudant-chef Vautier ?
-On se dépêche ! Il reste moins d'1h avant la prochaine marée.
Je veux pas passer pour un guignol auprès du boulet que la PJ
nous a mis dans les pattes.
-Moi aussi, ravie de vous rencontrer.
Lieutenant Garrec.
-Adjudant-chef Vautier.
-Vous me résumez la situation ? -Maman.
Maman ?
On fait quoi ?
-Je te dépose chez ton père.
Je suis en retard.
Flashs.
...
-C'est fini. A vous. -Merci.
Radio de la gendarmerie.
...
-Ah.
Portefeuille.
...
-"René de Kermanlec".
-Comme le maire ?
-C'est son père.
D'un fait divers, on passe à une affaire sensible.
-Allez.
-Pourquoi les rideaux
sont tirés ? -Je ne sais pas.
-Il m'a oublié ? -Mais non !
Il n'a pas vu l'heure. ...
-Les vacances. J'avais zappé. Ca va, bonhomme ?
-Maman est d'accord pour le chien. -Non.
Je n'ai jamais dit ça. Je reviens vendredi ?
On fêtera son anniversaire ? -Bien sûr.
Mais je peux pas le garder. -Comment ça ?
-Je boucle le dossier dont je t'ai parlé.
-Non. Tu m'en as pas parlé.
-Ecoute, demain sans faute.
-J'ai des visites toute la journée. -Demande à mon oncle. Ca l'occupera
et il adore Maël. -Mais... T'es gonflé.
-On parle du chien demain. Promis. -Hmm.
-Je t'aime, mon grand.
Salut, Gwen.
-On fait quoi alors ? -Je vais appeler Eric.
Portière.
Gwen démarre.
Le véhicule s'éloigne.
...
-C'est vrai pour grand-père ?
-La gendarmerie enquête.
-On peut s'asseoir ? -Allez-y.
-Quand avez-vous vu
M. de Kermanlec pour la dernière fois ?
-Hier soir à dîner.
-Pareil.
-La semaine dernière.
-Comment a-t-il pu se retrouver sur la plage du Sillon ?
-René aime... Enfin...
Il aimait beaucoup marcher sur la plage la nuit tombée.
Il aimait le calme.
-Il avait un chien ?
-Non. Nous n'avons pas de chien.
-Son absence ne vous a pas inquiétée
ce matin au réveil ? -On faisait chambre à part.
-Vous pensez qu'il a pu être surpris par la marée ?
-Mon père est né ici et connaissait parfaitement les marées.
-Est-ce qu'il avait des problèmes de santé ? Des soucis ?
-Il allait très bien.
-Des ennemis ?
-Ce serait un meurtre ?
-On doit tout envisager à ce stade. -Mon mari
a toujours aimé cette ville et en a été un grand bienfaiteur.
Il était apprécié de tout le monde.
-Euh... Enfin...
Ca n'a peut-être pas de lien, mais j'ai déjeuné avec grand-père
jeudi dernier, et en sortant du restaurant il s'est engueulé
avec quelqu'un. Alors...
Ils ont failli se battre.
Mais j'ai crié, alors le type est parti.
-Qu'est-ce qu'il voulait ?
-Grand-père ne m'a rien dit. -Tu ne m'as pas prévenue ?
-Tu te serais inquiétée.
-Décrivez-le-nous.
-Euh... Oui.
La quarantaine.
1m80 environ.
-Mme de Kermanlec idéalisait un peu son mari.
-Pourquoi vous dites ça ?
-Les Kermanlec sont une famille historique de la ville.
Le commerce en temps de paix, les corsaires en temps de guerre.
C'est la plus grosse compagnie maritime de Saint-Malo.
Mais ce ne sont pas des enfants de choeur.
-C'est-à-dire ?
-Il y a 1 an et demi,
un de leurs entrepôts a brûlé sur le port.
On les a soupçonnés d'arnaque à l'assurance.
-Juste soupçonnés ? -Mon supérieur en a fait les frais.
Retraite anticipée.
Portière.
-Je repasse tout à l'heure.
Monsieur Vautier.
-Bonjour, docteur. -Bonjour.
Soupir. Ecoutez, on ne sait pas
si ce mutisme est lié à l'Alzheimer de votre épouse.
Ca n'entre pas dans l'évolution naturelle de la maladie.
-Pourquoi elle ne parle plus, alors ?
-Une contrariété. Un choc.
J'ai demandé aux infirmières. Personne ne sait.
On a même interrogé son neveu.
C'est le dernier avec qui elle a parlé.
-Ronan ? -Oui.
Monsieur Vautier...
Je sais qu'on a déjà évoqué ce sujet.
Mais il faut
vous préparer.
Même si elle est toujours physiquement présente,
votre femme est en train de partir.
*-Salut. C'est Ronan Delalande. C'est à vous après le bip.
Vibreur.
-Ah. *-Eric ?
-Gwen. Justement, j'ai appelé Ronan.
*-Il ne peut pas prendre Maël. Tu pourrais ?
-Ah d'accord. OK, j'arrive. *-Super.
-Ca va ? -Ouais.
-Salut, matelot !
-Salut.
On pourra faire des crêpes ?
-Je suis là pour ça. -Merci.
Tu me sauves. -Ca me fait plaisir.
Ca va, Ronan ?
-Euh... Il m'a parlé d'un article pour un gros dossier.
Il avait l'air à l'ouest. -Ronan, quoi.
-Plus que d'habitude. J'y vais. Bisous, chéri.
-Bonne journée, maman. -A ce soir.
-Un peu stressée, ta mère. -Un peu.
-On y va ? Allez, aux crêpes. *-Une impression
*de déjà-vu a cueilli les Malouins ce matin. Comme il y a 10 ans,
*un cadavre a été retrouvé sur la plage du Sillon.
*La victime a été identifiée
*comme étant René de Kermanlec, ancien maire,
*père du maire actuel de Saint-Malo.
Il referme l'ordinateur.
-I'm so sorry I'm late.
-Tina. My husband Harry. -Nice to meet you.
-Nice to meet you. Sonnerie.
... -Excuse me.
OK. Follow me, please.
I'm sure you'll find the house delightful.
-I hope so.
*-Vous êtes sur le portable de Gwen Garrec.
*Laissez-moi un message. Merci. -Gwen, c'est Ronan.
J'ai besoin de ton aide. Vraiment. Je t'attends chez moi.
-Il s'agit bien d'une attaque d'animal.
Au vu de la morphologie des morsures, un très gros canidé.
-Un loup ?
-La profondeur des morsures et le diamètre des crocs
y font penser. Mais ça pourrait être un très gros chien, un monstre
avec une gueule comme ça.
-Vous n'exagérez pas un peu ? -Le chien
le plus grand au monde est un mastiff de 95 cm au garrot
et pesant 127 kilos.
Regardez.
Imaginez combien de kilos de viande ça bouffe par jour.
Regardez les crocs.
-Ca pourrait être un chien sauvage. -Ca, non.
Regardez.
Les plaies
se concentrent au niveau de la gorge.
-Et ? -Un chien sauvage
attaquerait plutôt les membres. Cibler la gorge
est le résultat d'un entraînement.
Il a été dressé pour tuer.
L'hypothèse du chien
est la plus probable. Il est impossible de dresser un loup.
-Donc c'est un meurtre. -Pas forcément.
Il a pu échapper à la vigilance de son maître.
-Ca y est. Je sais à quoi ça me fait penser !
Une attaque de chien sur la plage. Les chiens du guet.
-Les chiens du guet ? -Vous connaissez l'histoire.
-Un peu, comme tout le monde.
Cloches.
-"Les chiens du guet, indissociables de Saint-Malo.
"Au 12e siècle, pour protéger la ville
"et les cargaisons des navires échoués, un couvre-feu fut instauré
"et des chiens lâchés." Des dogues...
ou des mastiffs.
Ca a duré 600 ans,
jusqu'au jour où il y a... en gros 250 ans,
Armand Delalande brave le couvre-feu pour voir sa belle
et se fait dévorer sur la plage. Comme Kermanlec.
A la suite de quoi,
on empoisonna les chiens du guet.
-Sympa.
-Ca a permis de faire des économies.
-Merci pour le cours d'histoire, Kassem.
On peut revenir à l'enquête ? -Attendez.
Vous savez qui s'occupait des chiens ? Les Kermanlec.
-Donc vous suggérez que 250 ans après,
quelqu'un voudrait venger ce Delalande ?
Concentrons-nous sur le chien.
Un mastiff aussi énorme que ça, ça ne doit pas courir les rues.
Consultez le registre
des animaux de compagnie, interrogez les vétérinaires.
Voyez aussi les éleveurs.
-Et les dresseurs de chiens de combat.
Vibreur.
...
-Croizic ? *-L'altercation
avec René de Kermanlec a été filmée. Je vous envoie la vidéo.
-Regardez, Kassem.
Vous avez identifié la plaque ? *-Le véhicule
appartient à Ronan Delalande, un journaliste de Saint-Servan.
-Delalande ? *-Tout à fait.
-Merci, Croizic. -Vous croyez toujours au hasard ?
-Ca mérite une petite visite.
*-Gwen, c'est Ronan. J'ai besoin de ton aide. Vraiment.
*Je t'attends chez moi.
Elle actionne son bip.
-Ronan ?
...
C'est quoi, ça ? -Superbe, non ?
C'est Empire. Authentique. Je l'ai eu pour trois fois rien.
-Combien ? -OK, deux fois rien.
Mais c'est fou, non ? -C'est toi qui es fou.
-Fou de toi. J'assume.
Il serait bien à gauche de la cheminée.
-A gauche ? Tu as vu la taille ? Non, à droite.
Il sera très bien. -OK. Alors il sera là.
Louis-Philippe, si c'est un garçon.
-Tu veux que j'accouche sur place ?!
Non. J'ai pensé à Maël. Tu aimes bien ?
-Oui, j'aime bien.
Toi qui adores les énigmes, il y a un tiroir secret.
Je te mets au défi de le trouver. -Alors là...
C'est parti.
...
-Gendarmerie nationale.
Mettez vos mains en évidence. Que faites-vous ici ?
Vous êtes qui ? -Gwen Garrec.
La femme... L'ex-femme de Ronan Delalande.
-Vos papiers, madame.
-C'est vous, tout ce désordre ? -Non.
Il a dû se faire cambrioler. Je peux voir les vôtres ?
-Vous savez où il est ?
-Je pensais le trouver ici. Vous lui voulez quoi ?
-Il s'intéresse aux Kermanlec ?
-Il est journaliste. Il s'intéresse à plein de choses.
-C'est lui ?
-Peut-être.
C'est qui, l'autre ?
-René de Kermanlec. On l'a retrouvé mort ce matin.
-La scène de crime sur la plage...
-Votre ex a un chien ?
-Non. Pourquoi ?
Vous pouvez m'expliquer ? -Veuillez quitter les lieux,
Mme Garrec.
Si votre ex-mari vous contacte, tenez-nous au courant.
-Ils pensent
que Ronan a tué René de Kermanlec ? -On dirait
qu'il a été cambriolé.
Il est injoignable, personne ne sait où il est.
-Les gendarmes s'appelaient comment ?
-Adjudant-chef Vasseur.
L'autre, je ne sais pas. -Vasseur !
-Tu la connais ? -Ah oui.
C'est elle qui m'a poussé vers la retraite il y a 2 ans.
-C'est elle ?
L'incendie sur le chantier naval ? -Oui.
On avait trouvé des preuves qui pointaient les Kermanlec.
Mais le juge tardait à donner l'autorisation de perquisitionner
et j'y suis allé seul. -Une perquise illégale ?
-Oui. Mais j'ai trouvé des preuves.
Je pensais qu'avec Vasseur, on pourrait accorder nos violons.
Mais elle a refusé d'entrer dans la combine.
Le juge a senti le coup fourré et on m'a poussé vers la sortie.
-Sympa. -Oui. Je trouve aussi.
On fait quoi ?
-Avant que les gendarmes arrivent, j'ai trouvé ça.
Un dossier caché par Ronan.
-Tu voles des pièces à conviction ?
-Tu fais bien des perquises illégales.
-Eric ! Tu es là ? -C'est Anna.
-Anna ? -Une amie. Ma voisine.
On devait cuisiner ensemble.
-C'est toujours bon pour... Ah, bonjour.
-Bonjour. -Euh... Gwen. Anna.
Anna. Gwen.
Le neveu de ma femme
a disparu. On s'inquiétait.
-Comment ça ? -Je te raconterai.
En fait, voilà : Gwen, qui est son ex, et moi,
on aimerait savoir ce qui lui est arrivé.
-On reporte. Pas de souci.
-Eric.
T'as un chargeur ?
-Je m'occupe de ça. -Dis bonjour.
-Bonjour. Moi, c'est Anna. Si vous voulez, je cuisine
et je m'occupe de Maël. Faites ce que vous avez à faire.
Il faut bien que vous mangiez. -T'es pas obligée.
-Je sais. Tu m'aides
à cuisiner ?
-Hmm. -C'est parti.
-Fais-moi voir.
-J'ai eu le journal.
Ronan prépare un article sur les Kermanlec.
-Sur quoi exactement ? -Mystère.
Apparemment, il en dit le moins possible. Même à son rédac chef.
-OK.
Vous avez consulté le fichier des carnivores domestiques ?
-Rien. J'ai fait le tour des vétos. Pareil.
Aucune trace de mastiff de grosse taille.
-Elargissez la recherche au-delà de la Bretagne.
Et les dresseurs ? -On continue à chercher.
J'ai pu consulter les mails et les SMS de la victime.
Dans les 15 jours précédant leur dispute,
René de Kermanlec a reçu 6 appels de Delalande sans donner suite.
-Bon. J'appelle la proc pour lancer un avis de recherche.
Renseignez-vous sur son ex-femme, Gwen Garrec.
Je crois qu'elle n'a pas tout dit. -Pas faux.
-Je la connais. -Elle a déjà eu affaire à nous ?
-Non. La PJ l'avait envoyée en renfort il y a 10 ans.
-Une flic ? -Ancienne flic.
Elle avait dû envoyer son frère en prison.
-Qui était chargé de l'enquête ? -Eric Vautier, votre prédécesseur.
-Les Kermanlec
et les Delalande ne se sont jamais aimés. Depuis Armand Delalande
qui s'est fait dévorer jusqu'au suicide du père
de Ronan.
-Pourquoi écrire sur eux maintenant ?
Il a dû découvrir un truc.
-En tout cas, ce dossier ne contient que de vieux articles.
-La mort de René de Kermanlec serait une coïncidence ?
-Pourquoi
il ne m'a rien dit ?
-Ca...
-Quoi ?
-Quand on se sépare, ça fait partie du deal de ne plus tout se dire.
-Non, pas forcément.
On n'est pas obligés de devenir des étrangers. Et puis il y a Maël.
-Je sais que ça me regarde pas, mais...
C'est dommage, votre histoire. Ca allait bien, vous deux.
-Tu es conseiller conjugal ?
-Non. Mais c'est mon sentiment.
-Ronan est sympa, intelligent,
tout ça, mais... Au quotidien, c'est autre chose.
-Qui ne me regarde pas.
Tu as raison.
Bon. On s'y remet ?
-Oui. Je préfère.
Soupir.
...
Cliquetis des mâts.
...
-Bonsoir, M. Maleterre. -Bonsoir.
-Belle soirée. -Un peu fraîche.
-Ah. J'ai de quoi la réchauffer.
Ca vous dit ? -Merci. Une prochaine fois.
-Entendu. Bonne soirée. -Bonne soirée.
Grognement bestial.
...
Halètements.
Pas lourds.
...
Cliquetis des mâts.
...
Grincement.
...
Bruit indistinct.
Grognement.
Hurlements.
...
-Ca fait trois fois que je lis la même phrase.
On va arrêter de s'acharner. On verra ça demain.
Non ?
Tiens ?
-Quoi ?
-Joachim Mahé.
Un dresseur pour chiens que j'ai chopé il y a des années.
-Justement, Maël veut un chien.
-Lui organisait des combats de pitbulls.
On n'est pas sur du toutou d'anniversaire.
-Tu penses quoi ?
-Les gendarmes t'ont bien demandé si Ronan avait un chien ?
-Je ne sais pas pourquoi.
Mais oui.
-Lui doit savoir. Ils avaient rendez-vous.
-Bah voilà. On sait par quoi on commence demain.
-Florent Maleterre, 42 ans, directeur de clinique esthétique.
Il dormait de temps en temps sur son voilier.
Il paraît que c'est encore pire qu'hier.
-Vous m'avez fait peur. Vous allez bien ?
-Et vous ? -Mieux que lui.
On dirait bien
que c'est une attaque de votre chien.
-Qu'est-ce que notre chien foutait là ?
Un chien errant irait plutôt dans un endroit avec de la nourriture.
-Je ne suis pas experte en psychologie canine.
-Ou bien c'est un assassin qui utilise son chien pour tuer.
-Prévenez les proches de Maleterre.
Je vais chez les Kermanlec pour savoir si les meurtres sont liés.
-Bien.
*-Un homme a été tué hier soir à Saint-Malo
*par ce qui pourrait être un chien de grande taille
*ayant échappé à son propriétaire.
*C'est la deuxième attaque mortelle en deux jours.
*Toute personne ayant des informations est invitée à...
-Le chien a attaqué papa ?
-Bien sûr que non. Elle éteint le poste.
Tu as préparé tes affaires ?
-Alors pourquoi
il a disparu ?
-Il est très pris par son travail. Il va revenir très vite.
Ca t'ennuie pas qu'Anna te garde ? -Non.
Elle est sympa.
-C'est l'amoureuse d'Eric ?
-J'en sais rien.
-Viens prendre ton petit déj.
-Papa s'est donné
du mal pour que tu sois élu maire.
Les meilleurs conseillers, les banquets...
C'est un mystère pour moi.
-On peut faire la paix quelques jours ?
-Pourquoi toi ?
Moi aussi, j'aurais pu être maire.
Flatter mon ego en lançant de grands projets pour la ville.
-Parce qu'il avait compris
que pour la mairie il fallait un homme honnête comme moi.
Et pour sa compagnie maritime,
quelqu'un de perfide comme toi. -Tu es gonflé.
Il rit. On frappe.
-L'adjudant-chef Vasseur est là. -Pas trop tôt.
Faites-le entrer.
-Allez-y,
Caroline.
-Merci.
Messieurs. -Mon frère Loïc,
qui dirige la compagnie maritime.
-On s'est croisés il y a 2 ans. Un incendie
dans un de vos entrepôts. -Ca me revient. Triste accident.
-Hmm.
Florent Maleterre, vous connaissez ?
Vous savez si votre père avait un lien avec lui ?
-Qui est-ce ?
-Non. Est-ce que vous le connaissez ?
-Bah non.
-Pourquoi ?
-Un chien l'a tué cette nuit.
Ronan Delalande, ça vous dit quelque chose ?
L'altercation de votre père, c'était avec lui.
-Delalande
est journaliste, mais je ne le connais pas personnellement.
-Nos familles sont en conflit depuis des générations.
Vous savez pourquoi il a agressé notre père ?
-Pourquoi êtes-vous en conflit ? -Ca remonte.
Ca a commencé au 17e siècle avec la mort d'Armand Delalande.
-Dévoré par les chiens du guet. Je connais l'histoire.
-Plus récemment, dans les années 90,
on a racheté leur compagnie maritime.
Leur patron, Erwan, n'a pas supporté. Il s'est suicidé.
-Ronan était son fils.
-Kermanlec et la victime de ce matin ont été tués par un chien.
Ronan s'intéressait aux Kermanlec, aux chiens du guet...
Sans parler du rendez-vous avec ce dresseur.
-Je comprends que tu sois inquiète, mais gardons la tête froide.
Hein ? Pour pouvoir vraiment aider Ronan.
On va le retrouver.
-J'espère.
Avec Anna, vous vous êtes rencontrés comment ?
Exclamation.
-A la salle
de sport.
Elle m'a montré comment marchait le tapis de course.
On a sympathisé, discuté, et on a réalisé
qu'on était voisins.
-C'est sympa. -Hmm.
Mais... Je n'abandonnerai pas Nicole.
Et puis...
Anna aussi a le droit d'être heureuse.
Parce qu'être avec un type attaché à l'ombre de sa femme,
c'est pas un cadeau. -Anna peut en juger par elle-même.
Non ?
-Oui ? *-Le mari de Mme Maleterre
ne connaissait pas de Kermanlec.
-Aucun lien entre eux... Il connaissait Delalande ?
-Pas selon sa femme. Il n'avait pas d'ennemis.
*-Croizic m'appelle.
Oui, Croizic. Je suis avec Kassem. *-J'ai quelque chose.
Un forum de fans de chiens violents.
Il y a 3 mois, il y a eu un échange entre Coujot
et Wolfen78 sur comment dresser pour tuer
*et développer l'agressivité
*et l'instinct meurtrier. -Vous les avez identifiés ?
-Wolfen78, non. Mais Coujot est de la région.
-Il vit où ? *-Je vous envoie ça.
-Kassem, on y va.
-Ca marche.
Aboiements.
...
Le chien pleure.
Eric frappe.
-Mahé ! ...
Putain...
-Eric.
Aboiements, gémissements.
...
Monsieur Mahé ?
-Oh, la vache.
Viens. Par là.
Les chiens gémissent.
Aboiements.
... Décidément, je préfère les chats.
...
Regarde.
Ils visent la gorge. C'est pas du dressage conventionnel.
C'est dresser pour tuer.
...
Mahé !
Où tu te caches ?
Regarde ça : une arène de combat.
Des fouets ! Claquement.
Décidément, c'est rustique comme méthode.
C'est quoi, ça ?
Il renifle. Des stéroïdes ?
-Des sifflets à ultrasons.
Un coup, il court. Deux, il s'arrête.
-Et trois coups, il attaque ?
Gwen !
C'est Mahé. Appelle les secours. -Merde.
-Ho. Ho. -Eric !
Aboiements.
...
Gwen tente d'ouvrir.
Grognements féroces.
Gwen hurle. Détonation.
Le chien s'effondre.
-Qu'est-ce que vous faites là ?
Radio de la gendarmerie.
...
Ronan est ton neveu ?
-Celui de ma femme. On essaie juste de le retrouver.
-Une enquête parallèle, quoi.
L'ancienne flic et l'ancien gendarme reprennent du service !
-Mon fils veut
un chien. Il m'a rappelé que Ronan
était venu se renseigner ici. -Bien sûr.
-On essaie de remonter sa piste.
-Adjudant-chef Vasseur.
-Salut, Moreau.
-Agent Vautier.
Delalande avait rendez-vous avec Mahé avant-hier.
-Juste avant la mort de Kermanlec ?
Troublant, vu le contexte. -Ce n'est pas plutôt un chien
dressé pour tuer que cherche votre ex ?
-On essaie juste de comprendre ce qui est arrivé à Ronan.
Voilà.
-Vous connaissez Florent Maleterre ?
-Non. Pourquoi ? -On connaît pas.
Vous ne nous mettez pas en garde à vue ? Alors on y va.
Pardon.
-N'entravez plus l'enquête.
Vous n'avez pas tous les droits.
-Je sais. Tu n'aurais aucun scrupule à t'en prendre à nous.
-Ca veut dire quoi ?
-Rien qui vous concerne.
Aboiements.
-Ce n'est pas le coupable. Sa mâchoire est trop petite.
Le chien qu'on cherche est beaucoup plus gros.
...
-Ronan n'est pour rien là-dedans. Vibreur.
-Excuse-moi.
...
Qu'est-ce qui se passe ?
Entendu. Je vous remercie.
Je dois voir Nicole. Tu me déposes ?
Elle s'est remise à parler d'un coup ?
-Oui. En regardant la télévision.
-En regardant quoi ? -Les informations locales.
-D'accord. Mais plus précisément ? -Rien de particulier.
Un sujet sur les attaques de chiens. On ne parle que de ça.
-D'accord... -Je vous laisse avec elle ?
-Oui. Merci, docteur. -Au revoir, M. Vautier.
Porte. -Qui de loin demeure.
Qui de loin demeure. -Ca va, mon amour ?
-Qui de loin demeure. Qui de loin demeure.
-C'est bien. Tu reparles. -Qui de loin demeure.
Qui de loin demeure. -Attends.
Ca veut dire quoi, "Qui de loin demeure" ?
-Tu sais très bien.
-Non, je ne sais pas.
-Enfin, Ronan.
Tu sais très bien.
-Ce n'est pas moi Ronan. Moi, je suis Eric. Ton mari.
-Je n'aurais jamais dû te dire.
Ce que tu as fait, Ronan...
Ils sont morts.
-Morts ? Mais qui est mort ?
-Les chiens.
-Quels chiens ?
-Dévorés.
Qu'est-ce que tu as fait, Ronan ?
Dévorés par des chiens ?
Qu'est-ce que tu as fait ?
(Qui de loin demeure.)
...
-On a fait un kouign-amann !
-Je vois ça ! Ca change
des crêpes d'Eric. -Il est où, d'ailleurs ?
-Avec Nicole. -Ah.
Va vérifier qu'on a bien mis sur 190.
Sans te brûler !
-On pourra inviter Anna à mon anniversaire vendredi ?
-Bah oui. Bien sûr.
-Entrez 5 minutes. -Merci.
-Première hypothèse : quelqu'un, a priori Ronan Delalande,
demande à Mahé
de dresser un chien pour tuer. -Ils entrent en conflit,
se battent, Delalande s'enfuit. -Le croyant
mort ?
-Il n'en est pas loin.
Mahé est déshydraté et il a une commotion cérébrale.
Pas sûr qu'il survive.
-Deuxième hypothèse : l'agression de Mahé
n'a rien à voir, mais a permis au chien de s'enfuir.
-Et d'attaquer des gens ?
-Mahé l'a conditionné pour être agressif.
-Pourquoi Mahé aurait fait ça ?
Téléphone.
-Par défi, fascination pour la violence.
Tout est possible. -Apparemment, le maire
est en train de parler.
*-En accord avec le conseil municipal et le préfet,
*j'ai décidé d'instaurer un couvre-feu entre 20h
*et 6h du matin qui commencera dès ce soir.
-Et vous faites quoi ? -Prof de philo.
Rennes 1.
Comment on passe de flic
à agent immobilier ?
-Disons que j'ai eu besoin de faire une pause et...
Je ne suis jamais revenue.
-Ca ne doit pas être un métier facile.
-Non.
En fait, j'ai...
J'ai dû arrêter mon frère.
Ou plutôt, j'ai failli le laisser partir.
C'était ça, le problème.
Et vous, avec Eric ? Vous vous tournez autour depuis quand ?
-Ah, d'accord. Direct ! Quelques mois.
Mais maintenant, on fait du surplace.
On a des bons moments. On rigole. On se frôle.
Mais il a l'impression de trahir Nicole.
-Evidemment.
-Je ne peux pas rivaliser avec l'épouse malade.
Je ne suis pas juste, hein. -Vous êtes humaine.
Vibreur. -Pardon.
...
C'est Eric. Allô ?
-Maman ! Maman ! Viens voir.
Un couvre-feu comme pour le covid.
-Quoi ?
*-J'ai décidé d'instaurer un couvre-feu
*qui commencera dès ce soir pour une durée indéterminée.
*Vous le savez, Saint-Malo
*a vécu pendant des siècles avec un couvre-feu.
*A l'époque les cloches sonnaient, on lâchait les chiens du guet...
-Vous devriez vous dépêcher. *-...et les cargaisons des bateaux.
-Viens, chéri. *-Je vous demande...
-Qui de loin demeure.
Qui de loin demeure. -S'il te plaît, mon amour. Arrête.
Arrête. Je t'en prie. Hein ?
On frappe. Oui ?
-Un couvre-feu a été instauré à cause des attaques de chiens.
-Manquait plus que ça.
J'ai jusqu'à quelle heure ? -Ca commence à 20h.
Mais je peux vous faire monter un lit et un repas.
-Oui.
-Très bien. -Une seconde. Excusez-moi...
Vous voyez qui est Ronan, mon neveu ?
-Oui. Tout à fait.
-Il vient souvent ?
-Oui. Très régulièrement ces temps-ci. 2 à 3 fois
par semaine.
-Il vous a paru normal ? Enfin...
Comme d'habitude ?
Vous n'avez rien remarqué ? Même un détail.
Un détail insignifiant peut être très important.
-Non. Je suis désolée.
-Ce n'est rien. Merci. -De rien.
Les cloches sonnent.
...
On frappe. Porte.
-J'y vais, M. le maire.
-Bonne soirée, Caroline. -Vous aussi, monsieur.
-Bonsoir. -Bonsoir, M. le maire.
...
Grognement bestial.
... -Non ! Non !
Cris de douleur. Grognements féroces.
Les cloches sonnent. Grognements.
...
-Il n'avait pas respecté son propre couvre-feu.
-De nouveau un Kermanlec.
-On n'a pas affaire à un chien fou.
Mais à un meurtrier.
C'est qui ?
-Merci, Moreau. Je te revaudrai ça.
Oui. Merci.
Il y a eu une nouvelle attaque de chien. Yann de Kermanlec.
Ca fait deux Kermanlec. Ce n'est pas un hasard.
-Ca ne dit pas que Ronan
est impliqué. -Nicole croit que oui.
-Comment ça ?
-Je ne sais pas pourquoi, hier,
elle m'a pris pour Ronan.
Elle me croit... Le croit responsable des attaques de chien.
-Elle est malade.
-Je sais, ça.
Je sais.
Elle n'arrête pas de répéter une phrase : "Qui de loin demeure."
-Ca me dit quelque chose.
J'ai lu ça dans les documents de Ronan.
Attends.
"Qui de loin demeure
"de près se meurt."
La devise des Hugon, autre grande famille de Saint-Malo.
-Il va tous nous tuer. Un par un. C'est ça ?
-Dans ce cas, pourquoi aurait-il tué Florent Maleterre ?
-On vous l'a déjà
demandé, mais ni René ni Yann n'étaient en relation avec lui ?
-Pas à notre connaissance.
-Yann
semblait-il préoccupé ?
-Evidemment. Il l'était toujours.
Loïc soupire.
Trouvez le salopard qui a fait ça.
-On fait le maximum. Et vous ?
Votre père ne vous a rien dit ?
-Euh... Non.
Papa ne se confiait pas à moi.
Depuis la mort de maman, il n'y avait que la mairie qui comptait.
-Et Ronan Delalande ? On en est où ?
-Il est activement recherché.
-Yann avait ce médaillon dans la poche.
Reconnaissez-vous cette jeune femme
sur la photo ? Votre mère ?
-Non, c'est pas elle.
-Vous êtes sûre ? Avec le temps... -Non. J'ai vu
plein de photos de ma mère jeune. C'est pas elle.
-Et vous ? Ca ne vous dit rien ?
-Yann aimait les vieilleries.
Il a dû acheter ça dans un vide-greniers.
-"Qui de loin
"demeure de près se meurt." Il est des devises
plus glorieuses.
Elle préconise de se tenir à l'écart du danger.
Un appel à l'attentisme. -Vu la violence de l'époque,
il était plus sage de ne pas s'impliquer.
-Je crois surtout que mes ancêtres étaient lâches.
-Pourquoi ma femme la répète ? -Notre devise
est connue. Il suffit de s'intéresser à l'histoire locale.
-Bien sûr. Vous avez raison. Les mystères d'Alzheimer.
-Vous connaissez Ronan Delalande ?
Il n'est pas venu ici ?
-Désolée. Mais laissez-moi demander à Mallaury.
Suivez-moi.
On a réaménagé le rez-de-chaussée pour accueillir des mariages.
Ca nous aide à financer l'entretien du château.
Mallaury est avec nous depuis 30 ans. C'est un peu notre mémoire.
Mallaury.
-Madame.
Monsieur. Bonjour. -Bonjour, monsieur.
-Bonjour.
Est-ce que vous connaissez Ronan ou Nicole Delalande ?
-Nicole ? Je me souviens très bien de Nicole.
Ronan Delalande aussi.
Il est venu me voir récemment.
-Que voulait-il ? -Il voulait écrire
un article sur toute cette histoire.
-Laquelle ?
-OK. Le labo confirme que notre chien était chez Mahé.
On a retrouvé son ADN sur les mannequins.
-Donc Mahé l'a dressé. -Autre chose ?
-J'ai trouvé un lien entre les victimes.
-Je te mets en haut-parleur. *-Le club de golf de Dinard.
C'est leur seul point commun.
-Il en suffit d'un. Merci, Croizic.
-J'ai rencontré Nicole
dans des circonstances terribles.
Je travaillais pour les Kermanlec.
C'était quoi ? Il y a 35-40 ans.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Il y avait une jeune domestique.
Emilie Dupré.
La joie de vivre
incarnée.
Mais un jour,
ils sont partis dans la forêt de Mesnil se balader avec le chien.
Un énorme mastiff.
Il y avait...
René, Marie...
Yann. Qui était ado.
Loïc, qui était gamin, et Emilie, qui s'occupait
du pique-nique.
Et soudain,
le chien s'en est pris à elle sans raison.
Violemment. Il lui a arraché la moitié du visage.
Elle a survécu. Mais totalement traumatisée.
-Et le rapport avec Nicole Delalande ?
-Nicole était infirmière.
C'est elle qui s'est occupée d'Emilie après l'accident.
On a même eu une petite relation à l'époque.
Ensuite, elle a épousé un gendarme sans envergure
qui venait d'arriver dans la région.
On a continué un peu à se voir, puis on s'est perdus de vue.
-A ma connaissance,
ils ne jouaient pas ensemble.
M. Maleterre a passé sa carte verte l'an dernier.
Les Kermanlec, eux, sont des piliers du club.
C'est grâce au père de René que le club a vu le jour.
-Je ne savais pas.
-Les Kermanlec ont toujours été très généreux.
-Vous n'avez jamais vu les Kermanlec avec Maleterre ?
-Jamais. -Et au vestiaire ?
Ils auraient pu s'y croiser.
-OK. Il s'est passé autre chose ?
-Emilie était enceinte au moment de l'accident.
Les mauvaises langues
ont pensé que le père était René de Kermanlec.
Il y a même une rumeur comme quoi Yann,
qui était encore ado, l'avait surpris avec sa maîtresse,
qu'il avait tout dit à sa mère et que celle-ci avait orchestré
l'attaque de sa rivale.
-Une tentative de meurtre ?
-L'enquête a conclu
à un accident. -Evidemment. Vous en pensez quoi ?
-Ce que je pense n'intéresse personne.
-Nous, ça nous intéresse.
-Je pense que Marie de Kermanlec était prête à tout
pour protéger son mariage et l'honneur de la famille.
-Vous dites
qu'Emilie était enceinte. Qu'est devenu son bébé ?
-Aucune idée.
Après l'accident, elle a accouché sous X.
Elle n'aurait pas pu assurer son rôle de mère.
Nicole
l'a accompagnée pendant des mois.
En tout cas,
René de Kermanlec n'a pas reconnu l'enfant.
Un bâtard, vous pensez bien !
Euh... Excusez-moi. -Oui.
-Alors...
Ah. Voici le casier de Yann de Kermanlec.
Et celui de monsieur Maleterre... -Il est juste là.
-En effet, oui.
-Vous pouvez les ouvrir ? -Bien sûr.
-Merci. -Ca ne vous rappelle rien ?
-Quoi ?
-Maleterre portait le même coupe-vent quand il a été tué.
-Même club, même coupe-vent.
-J'ai l'impression qu'il n'est pas exactement pareil.
C'est toujours le même logo ?
-Non. Nous en avons un distinct pour les membres premium.
-C'est en fonction du niveau ? -De l'ancienneté.
-C'est celui-ci ?
-Tout à fait.
-Mais Maleterre venait de débuter. Il n'était pas membre premium.
-Non. Il ne l'était pas. -Pourtant il portait celui-là.
-Maleterre
a dû enfiler le coupe-vent de Kermanlec par erreur.
-Peut-être que c'est
Kermanlec qu'on visait.
-Bon boulot, Kassem.
-Nicole m'a jamais parlé de ce type.
"On a continué à se voir." Ca veut dire quoi ?
-C'est toi qu'elle a épousé, pas lui.
-"Sans envergure."
Il en a de l'envergure, lui, avec ses chaises ? Bref.
-Ce n'est pas une coïncidence. La domestique attaquée par un chien
comme les Kermanlec aujourd'hui ?
-Une vengeance 40 ans après ? Oeil pour oeil.
Enfin dent pour dent. -Pourquoi pas ? L'enfant d'Emilie
découvre qu'il a été privé de famille, fortunée en plus.
-Admettons.
Ronan le découvre et...
-Il faut trouver l'enfant d'Emilie.
-Des phéromones ? -Une substance
qui agit comme un marqueur de la victime.
On en a détecté sur le coupe-vent que portait Maleterre.
-Qui appartenait à Yann de Kermanlec.
-Et au chenil sur les vaporisateurs.
-Et Mahé ?
-Rien de nouveau.
-Et Ronan Delalande ? -Disparu.
Son téléphone ne borne plus, sa CB n'a pas été utilisée.
Et rien sur les réseaux,
ce qui est inhabituel chez lui.
-On fait quoi ?
A ce rythme, la prochaine attaque
est pour ce soir.
-Voilà. C'est tout ce que j'ai pour 1986.
On ne les a pas encore numérisés. C'est dommage.
Car nos amis les rats s'en sont donné à coeur joie.
-Ah. -Merci beaucoup.
-On consulte rarement
ces registres. Et là, 2 fois en 2 semaines !
-C'est un journaliste qui les a consultés ?
Environ 1m80 ?
Non ? -Euh... Oui.
Comment
vous le savez ? -Une intuition. Merci.
La femme quitte la pièce.
-Tiens, regarde.
"Emilie Dupré, accouchement sous X le 19 octobre 86.
"Des jumeaux, dont un mort-né." Le reste a été bouffé.
-Quoi ? -19 octobre 86 !
-Et ? -La date de naissance
de Ronan !
-Bonsoir, tatie.
-Ronan !
Tu es venu avec qui ?
-Bah maman.
Tu ne reconnais pas ta belle-soeur ?
-Charlotte ? Bien sûr que si.
Comment tu vas, Charlotte ?
-Bien, merci.
Tu as vu
comme mon fils a grandi ?
C'est un beau garçon. -Oui, très beau.
-Tu te souviens de sa naissance ?
-Tu étais infirmière à la maternité.
-Ah...
Quelle tristesse.
Nicole soupire.
Quelle tristesse...
-Qu'est-ce qui est triste ?
-Pauvre petite chose.
Je suis désolée. Je sais.
Je n'aurais pas dû.
-Pourquoi tu dis ça ? Il s'est passé quoi ?
-Ne t'inquiète pas. Tout va bien. Tout va très bien.
J'ai tout arrangé.
-Comment ça, tout arrangé ?
-Tu te souviens d'Emilie Dupré ?
Elle aussi avait accouché.
-Emilie ! Oh oui. Oui.
Pauvre femme.
Elle a eu deux magnifiques jumeaux.
-Je croyais que l'un des deux était mort.
-J'ai pensé que pour elle, ça ne changeait rien.
Mais que pour toi, ça changeait tout.
Tu comprends ?
Pauvre petite chose.
-Le bébé mort-né, c'était...
celui de Charlotte ?
Enfin, le mien ?
-Et...
Tu l'as échangé avec un des jumeaux d'Emilie ?
-Tu le voulais tellement, cet enfant.
Tellement.
-Donc Emilie, c'est ma maman ? -Oui.
Mais...
Mais je pensais te l'avoir déjà dit, Ronan.
Je ne te l'ai pas déjà dit ? -Non.
Elle pleure.
... Ca va.
... C'est pas grave. Ca va aller.
-Ca a dû le bouleverser de découvrir tout ça.
-Au point de tuer ?
-Non. Pas Ronan.
-Je sais.
Je sais.
Mais peut-être qu'on se trompe.
Notre métier nous a appris à ne regarder
que les faits. On est peut-être aveuglés par notre amour
pour lui. -Non.
-Ecoute. Gwen !
Il découvre qu'Emilie était sa mère,
réalise que les Kermanlec ont ruiné sa famille,
l'ont empêché de voir sa vraie mère, poussé son père au suicide...
-Tu crois que Ronan s'est évaporé pour commettre ces meurtres ?
-Mais... Téléphone.
Excuse-moi.
Vasseur. Elle veut me voir.
Bon, j'y vais.
-On se retrouve chez Anna ? -Oui. Bien sûr.
Qu'est-ce que tu veux ?
-Je sais que tu continues à enquêter avec l'ex de Ronan.
-On recherche le neveu de ma femme.
-On le soupçonne d'avoir commis
3 meurtres. -Il est innocent.
-Comment tu peux en être sûr ? -Je le connais.
-Les affaires criminelles sont pleines de coupables
que leur entourage croyait connaître.
-Bon. Tu me veux quoi ?
-On a eu 3 cadavres en 3 jours.
Notre passif ne doit pas entraver l'enquête.
-Notre passif ? Notre passif ?
C'est toi qui l'as construit.
Tu m'as poussé dehors.
-A l'époque, je risquais ma carrière.
-C'est le seul moyen de découvrir la vérité.
-Quitte à passer dans l'illégalité quand la justice est défaillante ?
-Peut-être.
-On n'est pas obligés de se réconcilier.
Je veux juste éviter
d'autres morts. Alors si tu as trouvé
quelque chose, dis-le-moi.
Alors ?
-Non. Rien pour l'instant.
Mais je te tiens au courant.
Crépitement de la pluie.
...
On frappe.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Ca va ? -Oui. Entre.
-Alors ? -Alors...
Elle voulait savoir si on avait avancé.
-Et ?
-Eh bien... Je n'ai rien dit. Evidemment.
-Ca vous dit de dîner ici ?
Ils ont abandonné la piste du chien fou et levé le couvre-feu.
-Merci, mais il est tard. On vous laisse. Tu viens, Maël ?
-Hmm.
-Ca te dit ?
-Je ne veux pas m'imposer. -Ca me ferait vraiment plaisir.
-Allez, on y va.
Merci encore. -De rien.
-Bonsoir !
-Salut, Maël. -Salut.
-Mets-toi à l'aise. Déshabille-toi.
Ton manteau.
-Oui. Oui, bah...
-Tout est OK. Soyez tranquilles. Aucune trace des phéromones.
-Merci beaucoup.
-Tout ceci est absurde.
Se retrouver prisonniers chez soi, surveillés par des gendarmes !
-On ne vous surveille pas. On assure votre sécurité.
-Grand-mère, eux aussi préfèreraient dormir chez eux.
-Je les comprends.
Je déteste dormir ici. Ca me fiche un cafard !
-Reste aimable, Loïc.
Tu profites bien de la famille.
Je te le rappelle. -De quoi tu parles ? Précise.
-Tu crois vraiment que quelqu'un comme toi aurais pu devenir PDG
si tu n'avais pas été
notre fils ? -Quelqu'un comme moi ? Charmant.
On n'est plus en 1950, maman. -Ca va !
Je me suis mal exprimée. -Bien sûr.
Je suis gay.
J'ai refusé d'épouser une femme juste pour faire des enfants.
Courage,
Nolwenn. Tout repose sur toi.
Si ton mari accepte de porter ton nom.
-Dire que Yann a tout fait pour apaiser
tes relations avec papa. -Yann ?
Il détestait cette famille
presque autant que moi.
La mairie n'était qu'un moyen de nous empêcher de partir.
Yann était trop gentil.
Et moi trop con. -Ingrat !
-Arrêtez !
Je vous rappelle que papa est mort. Faites un effort,
quand même. -Je suis désolé.
-En tout cas, merci.
Malgré le contexte...
Tu m'as fait passer une excellente soirée.
-On peut la prolonger, si tu veux.
-Attends, attends. Attends, Anna.
Ca rime à rien.
Tu mérites mieux. On en a déjà parlé.
-J'ai envie de toi.
Ca devrait suffire, non ?
Je ne te demande pas de ne pas la voir.
Mais elle est dans son institut et moi je suis là.
-Mais c'est ma femme.
Et je l'aime.
-Tu crois que c'est ce qu'elle voudrait pour toi ?
Que tu t'empêches de vivre ?
-Ecoute...
Je suis désolé.
...
-C'est au cas où le chien
m'attaquerait. -Tu es bien protégé alors.
Dors bien, chéri.
...
Voix lointaines.
...
Grognement.
L'horloge sonne.
...
-Minuit.
Ce n'est pas l'heure où le monstre est censé nous attaquer ?
-Pour ma part, c'est l'heure de dormir.
Tu viens, Nolwenn ? -Oui.
Bonsoir.
-Tu as vraiment été pénible, Loïc.
-Si tu le dis.
-Messieurs dames, bonsoir. -Alors ?
Le spectacle vous a plu ?
La famille de Kermanlec est forte pour mettre l'ambiance.
-Je crois que vous avez trop bu.
-Vous avez raison.
A demain. Peut-être ?
-Il faut revérifier que les lieux sont sécurisés.
-Encore ?
Il soupire.
Allez...
...
Tintement.
...
Elle fond en larmes.
...
-Tout est en ordre ? -Tout est en ordre.
Bruit métallique.
On marche dans la pièce d'à côté.
Grognement.
...
Cri.
Comment on s'organise ? Coup. Grognements.
... Battement.
-Ca vient de chez ma mère.
-Enfermez-vous. Allez ! -Qu'est-ce qui se passe ?
-Rentrez dans votre chambre.
-Madame de Kermanlec ?
-Madame, vous êtes là ? Elle tente d'ouvrir.
-Ca va ?
-Il était là...
Juste ici.
-Vous connaissiez ce tunnel ?
-Il servait à la contrebande. Mais il était condamné.
-Vous auriez dû nous en parler.
-Qui connaît son existence ?
-C'est de notoriété publique.
La maison est classée.
Porte.
-Merci.
Ca va ?
Quoi ?
-Tu as poussé Anna à me faire des avances ?
-Pardon ?
-Marie de Kermanlec
a failli être assassinée.
-Mais le meurtrier
a perdu un sifflet à ultrasons dans sa fuite.
-On a comparé
l'ADN trouvé dessus à celui collecté chez Ronan.
Ca correspond.
On comprend
que ce soit compliqué à accepter pour vous.
Mais Ronan est probablement le meurtrier.
-Le mieux serait qu'il se rende. Une interpellation peut
mal tourner.
-On aimerait
que vous le raisonniez.
On a contacté les radios, les télés locales.
Elles vous accueilleront dès ce matin.
-Vous vous trompez. Impossible. -Gwen !
Gwen !
Porte.
Sirène de police.
Gwen. Gwen !
-Ronan est leur seul suspect, alors ils s'acharnent sur lui !
-Ca fait beaucoup quand même. -Tu me vois
dire à la télé que Ronan est un assassin ? Pense à Maël.
Putain ! Evidemment que Ronan est innocent !
-Tu disais pareil pour ton frère. -Va te faire foutre.
Moi, je l'abandonne pas !
-Gwen.
Doucement, Gwen. Ne la brusque pas.
Tu m'entends, Gwen ?
-Nicole.
Le 19 octobre 86,
vous échangez le bébé mort-né de Charlotte avec un des jumeaux
d'Emilie. Qu'est devenu l'autre ?
-Doucement, Gwen. Doucement.
-Qu'est devenu le jumeau de Ronan ? -Laisse-la.
-Nicole. Où est l'autre jumeau ?
-Ca suffit.
Arrête. -Ronan est en danger.
On a besoin de savoir. Vous comprenez ?
-Pardonne-moi, Charlotte.
Pardonne-moi...
-Ca suffit, je te dis !
Tu es pardonnée, mon amour.
Nicole sanglote. Ne pleure pas.
...
-Bonjour. -Bonjour, M. de Kermanlec.
-J'arrive.
-Est-ce que votre mère est là ? -Elle se repose.
Après la nuit qu'on a passée, ça se comprend.
Vous vouliez nous parler ?
-On va vous mettre en sécurité ailleurs.
Jusqu'à la fin de l'enquête. -Où exactement ?
-Loin de Ronan Delalande. -N'importe quoi.
Arrêtez-le. Là, on se croirait ciblés par la mafia.
-Adjudant-chef.
-On fait le maximum.
-C'était l'hôpital. Mahé est sorti des soins intensifs.
On pourra l'interroger ce soir. -Très bonne nouvelle.
Baiser. -Ici.
Continue. J'arrive.
-Je suis désolée.
-Je t'avais dit d'y aller doucement.
Ca ne sert à rien de la brusquer. -Tous les jours, elle m'ignore.
Tous les jours, elle m'ignore.
-De qui tu parles, chérie ? Qui t'ignore ?
-Elle doit encore m'en vouloir. A cause de Ronan.
-Qui ça, elle ? -Quelqu'un qui est ici ?
-Tous les jours, elle m'ignore.
-Quelqu'un que tu vois ici
tous les jours, c'est ça ?
C'est d'elle dont tu parles ? Chérie.
C'est d'elle dont tu parles ?
Pardon, madame.
Madame. Excusez-moi de vous déranger.
Vous pourriez me dire comment vous vous appelez ?
-Je peux vous aider ?
Elle ne parle plus depuis des années.
-D'accord.
Vous connaissez son nom ? -Oui.
Emilie Dupré. Pourquoi ?
-J'aurais besoin de savoir qui lui a rendu visite dernièrement.
-Je n'ai pas le droit de vous le dire.
-Gendarmerie nationale. C'est urgent.
-Je vais me renseigner. -Merci.
C'est ma carte de sport.
Grondement d'un moteur.
...
-Tu me fais une place ? -Oui.
-Vous savez où est Vasseur ? -Aucune idée.
-Sa fille.
Julie Vasseur.
Elle serait gendarme, elle aussi.
-Vous pouvez dire à votre mère de se presser ?
-Votre collègue se charge de lui mettre la pression.
Vibreur.
...
-Allô ? *-C'est Vasseur la meurtrière !
*Kassem ? Vous m'entendez ?
C'est Vasseur la meurtrière !
-Merde. Merde.
Elle a enlevé Mme de Kermanlec.
-Installez des barrages.
Si elle a pris une voiture de fonction, activez
*le traçage GPS et vérifiez le portable de Marie de Kermanlec.
Kassem ! Vous vous en remettrez plus tard. Il faut réagir.
-A vos ordres. Je m'en occupe.
-C'est sa dernière victime.
Où elle a pu l'emmener ?
-Dans un lieu symbolique.
-La forêt.
-Exactement.
...
Véhicule à l'approche.
-"Forêt de Mesnil : superficie 600 hectares."
Comment on va faire pour la trouver ?
-Derrière, dans le dossier, il y a un article sur Emilie.
Portière.
-On va faire une balade tous les trois.
-Ca y est. Je l'ai.
La maison des Fées. Un dolmen. Ca s'est passé là.
La maison des Fées.
Attends... Je vais essayer de la localiser.
Et si son chien est là ?
...
-L'endroit vous dit quelque chose ?
Il y a plus de 30 ans.
En 1986.
Emilie Dupré. La bonne que sautait votre mari
à l'époque.
Rappelez-vous ! C'est ici que vous avez lâché votre chien sur elle.
-C'était un accident.
-Pardon ? Un accident ?
Vous plaisantez ? Vous l'avez défigurée.
Traumatisée parce que votre mari couchait avec elle
et l'avait mise enceinte.
-Non, c'était Yann.
-Quoi ? Mais non...
Yann a surpris votre mari avec Emilie.
Il vous l'a dit et vous vous êtes vengée.
-Vous vous trompez.
Yann avait 16 ans. Il voulait partir avec elle, renoncer à nous,
à son héritage.
René pensait que sa vie aurait été foutue.
Il a juste voulu faire peur
à cette petite. Et j'ai laissé faire.
Mais j'ignorais que le chien lui ferait tant de mal.
C'est la vérité.
-Par là.
Là. Là.
-Vous êtes sa fille ?
Yann n'y était pour rien. Il n'a jamais su qu'Emilie
était enceinte. Il l'aimait.
C'est sa photo dans le médaillon que vous m'avez montré.
Il vous aurait aimée aussi
s'il vous avait connue. Moi aussi
je vous aurais aimée. -Taisez-vous !
Vous m'embrouillez ! Vous êtes coupable comme lui.
-C'est la vérité. S'il vous plaît !
Pulvérisations.
-Eric. -Quoi ?
-Vous avez détruit la vie de ma mère et la mienne
aussi.
Vous avez pas idée
de l'enfer que c'est d'être la fille de personne,
de l'enfer que j'ai vécu.
Elle le détache.
-Elle est là.
Je m'occupe de Vasseur.
Ultrasons.
Le chien grogne.
...
Cri bref.
-C'est fini.
C'est fini.
-Ca va ?
-Oui.
-Vous remercierez mon fils.
Radio de la gendarmerie.
-Qu'est-ce que tu as fait de Ronan ?
-Il est où ?
Dites-moi au moins qu'il est vivant.
-Je ne lui aurais pas fait de mal.
Je voulais juste qu'on me laisse faire.
-En le désignant comme coupable ? -En attendant
d'avoir fini.
-Bon, il est où ? -Rappelle-toi ce qu'on s'est dit.
Quand la justice est défaillante, il faut passer dans l'illégalité.
C'est ce que j'ai fait.
-Ronan ? -Par ici !
Je suis là !
Par là.
Cliquetis.
Vous avez mis du temps.
J'ai rencontré Julie à l'institut.
On a sympathisé à la machine à café.
Quand Nicole a compris qu'elle rendait visite à Emilie,
que c'était sa mère,
elle nous a dit qu'on était frère et soeur.
Au début, on a cru à un délire Alzheimer et puis...
on s'est rendu compte qu'on était nés le même jour à Saint-Malo.
C'est parti de là.
-Et ensuite ?
-On a reconstitué les faits
et découvert ce que ce salaud de Kermanlec avait fait.
On était furieux.
-D'où cet article sur eux pour ton journal.
-Oui. Porte.
Mais pour Julie, ça ne suffisait pas.
Merci.
Pour elle, tout ce qu'elle avait vécu,
tous ses malheurs étaient dus aux Kermanlec.
Et ils devaient payer.
-Après, qu'est-ce qui s'est passé ?
-Quand j'ai appris la mort de René, mon père biologique,
j'ai appelé Julie.
Je voulais qu'elle se rende.
Après, c'est le trou noir.
-Julie et toi, vous vous êtes trompés.
Votre père biologique, c'était... Ce n'était pas René, mais Yann.
Son fils.
-Yann que Julie a tué aussi.
Ce n'est pas
le pire de la famille, celui-là. Je préfère !
Je ne suis pas près de me sentir de Kermanlec.
Porte.
-Les affaires criminelles sont pleines de coupables
que leur entourage croyait connaître.
Vous ne pouviez pas savoir.
-Hé ! -Bonjour, Anna.
-Bonjour. -Bonjour.
-C'est Ronan.
-Contente de vous voir.
-Papa ! -Mon bonhomme !
Comment ça va ?
Il le couvre de baisers.
Tu m'as manqué.
-Toi aussi.
J'ai un truc à te montrer sur ma tablette.
-Bien sûr. -On m'oublie ?
Rire. -Qu'est-ce que c'est ?
-J'ai fait un gâteau pour Maël. -C'est vrai ?
C'est adorable. -C'est Anna.
Dis-moi...
J'ai pris une décision.
Je ne vais plus m'empêcher de vivre.
-Et voilà !
-10 ans ? L'an dernier t'avais 9 ans. C'est pas normal.
-Bah si. -Ah oui, tu as raison.
C'est vrai.
-Je ne veux plus de chien pour mon anniversaire.
-Bonne nouvelle !
-Je veux que vous reveniez ensemble.
-On verra, mon grand. -On les souffle, ces bougies ?
-Allez. -Allez.
Maël souffle. Bravos. Applaudissements.
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