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...
Sonnerie de portable.
...
*-Etchezahar reko sorgin hori ihes egiten lagundu nahi zuen.
*Hil behar da !
Son saturé. *-Non, je te jure, s'il te plaît !
*Non, pas ça ! Je voulais pas. Pardon !
*Pardon ! -Allô, Mathias ?
Mathias, tu es où ? *-Non !
-Réponds-moi, Mathias !
Mathias ! *...
*...
Ca raccroche.
*-Salut, vous êtes bien sur le portable de Mathias.
*Laissez-moi un message.
Bip.
-Jeannot ? Réponds-moi.
Jeannot ? *-Oui ?
-Ah, t'es là. J'ai besoin d'une localisation
d'urgence, t'as de quoi noter ? Alors, 06 10 05...
-Ah !
*Talkie-walkies.
*...
-Faites-les reculer derrière le camion.
Là, c'est pareil...
Y a Marie.
Je vais la voir. Marie !
Sirène.
...
Marie ! Pourquoi tu m'as pas appelé ?
-J'ai pas eu le temps.
T'as récupéré le papier sur le corps ?
-Je connais 2-3 mots de basque. "Krimenez",
c'est "crime" ? -Oui. "Sorgin",
c'est "sorcière".
-Un cadavre horriblement mutilé.
-Et un cinglé qui s'est évaporé.
-Il aurait pu te tuer !
La prochaine fois, appelle-moi. -C'est bon.
J'en suis quitte pour une migraine.
Max, file ça en priorité aux mecs du labo.
Qu'ils trouvent les mots manquants. -Fais-moi plaisir.
Arrête de courir à pas d'heure.
-Qu'en penses-tu ? -On dirait
qu'elle a été perforée de dizaines de coups de poinçon.
-Il s'est acharné sur elle. -Oui,
mais pas de façon anarchique. J'ai jamais vu ça.
-Des signes d'agression sexuelle ? -Apparemment, non.
-L'heure de la mort ?
-D'après la rigidité, 6, 8 heures maxi.
Entre minuit et 2 h du matin.
-Alors ? -On n'a rien.
Aucune empreinte exploitable, rien.
-Tout le monde laisse des traces.
Un cheveu, un cil, une fibre...
Il faut me passer la grotte au crible.
-T'as vu l'heure ? Lola, l'école.
-Oh, merde ! Coben ?
Les clés de ta bagnole, vite !
Assurez-vous que les gars ratissent tout.
Je vous rejoins au bureau.
...
-Je voudrais
voir votre boss.
-Le commissaire n'est pas arrivé.
C'est pour quoi ?
-Commandant Becker, mon fils
a disparu cette nuit. Mathias Cazes, 25 ans.
Il faut lancer
des recherches immédiatement. -Désolé, mon commandant,
mais c'est la procédure.
Il faut remplir ce formulaire. Il le froisse.
-J'ai roulé toute la nuit depuis Paris.
Qui est le plus gradé après le taulier ?
-Moi. Capitaine Marie Daguerre.
Votre fils est majeur ?
Déposez une main courante, laissez une photo,
on vous préviendra. -Je vous attends dans 1 h
sur la place d'Ainhoa.
-Mais quel con !
-C'est une légende du 36.
-C'est quand même un gros con.
-Marie ?
Pour le meurtre de la falaise,
le proc veut co-saisir le SRPJ de Bordeaux.
-C'est dégueulasse. C'est moi qui l'ai trouvé.
Il est à moi, patron !
-J'aimerais mieux te voir craquer pour un mec.
-Les affaires comme ça sont rares !
-Arrête, c'est pas un cadeau,
cette affaire. -Moi, je suis pas à un mois
de la retraite. -Essaie déjà d'y arriver.
C'est le mal que je te souhaite. Bon, je vais voir
ce que je peux faire. Tu as vu un toubib ?
-Oui, ne vous inquiétez pas. J'ai la tête dure.
-Ca, j'ai remarqué.
-Merci.
-Les empreintes de la victime ne sont pas fichées. Sa mâchoire
est en miettes. -Et le message en basque ?
-Le labo nous le renvoie. Ils n'ont pas
récupéré grand-chose.
-D'autres bonnes nouvelles ? -Ils ont relevé
une empreinte exploitable, sur le papier.
Je l'ai passée au STIC, j'ai une concordance.
-Fallait commencer par ça !
-J'aime bien faire durer le plaisir !
Mathias Cazes. Arrêté il y a 7 ans
pour usage et trafic de cannabis. 6 mois avec sursis,
120 h de TIG.
Téléphone.
...
Oui, Elbaz ?
De rien !
Je te rappelle.
Tu le connais ?
-J'ai croisé son père, ce matin.
-Marie ? Pourquoi je suis
toujours le dernier au courant ?
Tu as envoyé paître Becker ?
-C'est très exagéré, patron. Vous avez eu le proc ?
-J'ai rien pu faire.
-Je suis une femme !
C'est pour ça ? -Arrête avec le sexisme !
Le proc te confie l'affaire. A une condition.
-C'est pas sexiste, ça ?
-Aide Becker à retrouver son fils.
C'est pas négociable.
Ordre du préfet.
-J'allais justement voir Becker et m'excuser d'avoir été un peu vive.
Ben quoi ? -Non, rien.
-Pas la peine de vous excuser, parlez-moi plutôt de votre fils.
S'il te plaît ?
Un café. Merci.
-Mon fils m'a appelé au secours vers 1 h du matin.
Son portable a été
localisé dans une zone boisée.
A la sortie de ce bled. -Alors, on devrait plutôt
prendre ma voiture.
Il faisait quoi dans la région ? Du tourisme ?
-Je sais pas, ça fait longtemps que je l'ai pas vu.
Il était terrifié.
Quelqu'un parlait dans une langue étrangère.
-En basque ? -Peut-être.
-Vous n'avez pas pensé à enregistrer l'appel ?
-Non.
-Pour une légende du 36...
-Fff...
J'aime pas ça.
-Mathias ?
Mathias ?
Ils toussent.
...
Brouhaha.
...
-D'accord, Frédo, très bien.
Très bien.
Oui, je te rappelle.
Merci beaucoup.
-Elle est toujours d'actualité ? -C'est la plus récente que j'aie.
-Ca doit pas être facile pour un flic, d'avoir un rejeton
délinquant. -Vous avez quoi, sur mon fils ?
-Son empreinte sur une scène de crime.
Ou plutôt sur un message en basque, ici,
sur le corps de cette femme.
"Sorcières, Etchezahar, crime, trésor."
Ca vous évoque quelque chose ?
-Ca veut dire quoi, "Etchezahar" ? Un bled, un nom de secte ?
-Non, la traduction la plus proche, c'est "maison zahar".
Rien de connu dans le coin, on cherche.
-Mon commandant.
-Le lieutenant Elbaz, mon adjoint. -Bonjour.
-Pour l'immat' de la voiture, je fais le maximum,
mais c'est férié en Espagne.
-Et ceux qui vivaient ici ? -Le proprio louait pas cher
en échange de travaux... à votre fils, mon commandant.
-Il était peut-être avec la victime quand le tueur a débarqué.
Ce qui rend sa disparition encore plus inquiétante.
-Possible. Mais on a son empreinte sur le message.
-Ca prouve quoi ? S'ils se connaissaient ?
On a quoi sur cette femme ?!
-Elle a dans les 30-35 ans. Jamais eu d'enfant,
jamais opérée, sportive et en très bonne santé,
jusqu'à ce qu'elle croise son bourreau.
Mort récente, entre minuit et 2 h.
Pas d'agression sexuelle, plaies
profondes de 3,5 cm, coups portés maîtrisés,
organes vitaux intacts.
-De quoi elle est morte ? -Son sang était
très riche en hormone CHR.
une hormone secrétée en cas d'excès de stress.
Elle a été torturée.
et a succombé à la douleur.
-On a percé
son corps avec quoi ?
-Poinçon, pic à glace, clous...
On a prélevé de l'hydroxyde de fer
dans les plaies, de la rouille.
Ce qui m'intrigue, c'est la maîtrise
et la régularité des plaies.
-Pas si régulières, la poitrine
est intacte, comme si le tueur avait voulu préserver le coeur.
-Il s'est servi d'une vierge de fer.
-C'est quoi, ça ?
Une spécialité basque ?
-En quelque sorte, oui.
-C'est un outil utilisé par l'Inquisition
pour faire abjurer les hérétiques.
La chasse aux sorcières : une période noire
qui a marqué les lieux et les esprits.
La chapelle de la Rhune, la grotte aux Sorcières...
-D'où vous savez tout ça ? -J'ai été élevée aux récits
de sabbats à la pleine lune.
-Et hier, c'était pleine lune ? -Vous plaisantez
alors que votre fils est impliqué ? -Je conjure le mauvais sort.
J'aimerais voir
la scène de crime.
Sonnerie.
-Marie Daguerre, j'écoute. *-Mme Lamazou,
*la directrice de l'école,
*à l'appareil. -Oui, bonjour, madame.
*C'est à propos de Lola, elle a encore vomi.
*Venez la chercher. Il faudrait qu'elle voie un psychologue.
-Oui, j'arrive, madame. Signal.
-Lola est votre fille ? Elle est malade ?
-C'est une enquiquineuse.
Il réécoute l'appel reçu sur son portable.
*...
*-Pardon, non, je te jure... s'il te plaît !
*Non. Pas ça ! Je voulais pas. Pardon !
*Pardon...
Il éteint.
-Il y a un air de famille indéniable.
-Commence tes devoirs
dans la voiture, et tu ne bouges pas, OK ?
-Je suis pas toubib, mais si elle a une gastro,
le chocolat, c'est pas top. -Vous avez raison.
Vous n'êtes pas toubib.
-Et le père, il ne peut pas
s'en occuper ? -Non.
Il est mort. -Pardon, désolé.
-Pourquoi ? Vous ne l'avez pas tué.
Et je vous imagine mal
être désolé
de quoi que ce soit. -C'est pas faux.
-On en est aux confidences, pourquoi votre fils porte
le nom de sa mère ?
-Les absents sont toujours mis sur un piédestal.
-Votre femme est morte ? -Non, partie
quand Mathias avait 5 ans. Et avant que vous le disiez,
ça doit être de ma faute, je travaillais trop.
-Vous me prêtez des intentions... Cri.
...
-On vous laisse gérer tout ça. -On y va.
-Ils vont le relâcher. -Qu'est-ce qu'il foutait là ?
-J'en sais rien.
Le grand-duc est symbole de sorcellerie.
On dit qu'il peut voir les morts et transporter leurs âmes.
-Il n'a pas transporté le corps de notre victime.
-"Notre" victime ? Je vous rappelle que c'est mon enquête.
-Sans moi, ce serait celle du SRPJ de Bordeaux.
Alors, comment il est entré ?
-Peut-être par un passage secret. Il y a une légende...
-Marie, j'en ai marre d'attendre.
Plus de bonbons, j'ai encore faim. -Tiens, ça va mieux ?
Offrez-nous des churros, je vous raconte la légende.
-Vous ne mangez que du sucré ?
-Non, pourquoi ?
-Comme ça.
-Des hérétiques auraient creusé ce souterrain
pour fuir les inquisiteurs.
Pierre de Lancre y aurait installé sa salle de torture.
Vous n'en voulez pas ? -Pierre de Lancre ?
Il était du coin ? -Un Basque, aux ordres d'Henri IV.
-Ce bon vieux roi Henri !
Les réputations... C'était quoi, le problème ?
-Les marins de St-Jean faisaient
du commerce de peaux avec les Indiens. Le roi a voulu
les mettre au pas.
Leurs femmes ont été accusées de sorcellerie, torturées et tuées.
La chasse aux sorcières a commencé.
-Le corps de votre victime était là avant qu'on vous assomme ?
-Je ne crois pas.
Mais je n'avais que la lumière de mon portable.
-Le hibou n'était pas là, à votre réveil ?
-Non.
-Marie,
ça vient de tomber.
Bonjour, ma puce. -Bonjour.
-Tu te mets là, tu finis tes devoirs.
Ensuite, tu fais
un dessin...
-Un jeune type fait ça et les vend sur le marché.
C'est plutôt pas mal, non ?
-Oui...
Toujours rien
sur Mathias ?
-Si. J'ai les résultats ADN du sang trouvé à la bergerie.
-Alors ? -On l'a comparé
au vôtre, et il y a 15 allèles en commun.
C'est bien le sang
de votre fils.
Il soupire. Je suis désolée.
Et ce n'est pas une formule.
-Daguerre, j'ai à te parler.
Tout de suite.
Tu ne m'as pas dit
que le suspect était le fils de Becker !
-C'était une piste parmi d'autres. -Quelles autres ?
Becker ne peut plus suivre l'enquête.
-Son expérience peut être déterminante.
-Tu veux garder l'enquête !
Me prends pas pour un con. -Non, patron.
Mais vous bloquez sur des trucs... -Genre vice de procédure ?
C'est le père du suspect ! -Justement.
Il renoncera pas à trouver son fils.
Et ça va être compliqué d'expliquer au préfet
que vous le débarquez. -T'es vraiment...
File. Mais c'est toi qui es en charge de l'enquête.
Becker est sous ta responsabilité !
Je te jure...
-C'est pas pour les petites filles.
-Je m'ennuie.
-Ma mère disait qu'on trouve toujours
de quoi s'occuper quand on cherche bien.
-La mienne,
elle m'aidait à faire mes devoirs, avant.
-Oui, mais là, elle a beaucoup de travail dans cette enquête.
-Qui, Marie ? -Oui.
-C'est pas ma mère, c'est ma tante.
-Ah bon ? Mais ta mère, elle est où ?
-Elle dort tout le temps.
Sonnerie de portable.
...
-Oui, Frédo ? *-J'ai les relevés du portable.
*de ton fils. 3 numéros reviennent souvent.
*-Tu notes ? -T'as un stylo,
s'il te plaît ? -C'est qui, Frédo ?
-Il m'aide à faire mes devoirs.
Tu as du papier aussi ? -Ma mère disait qu'un bon ouvrier a
toujours ses outils. -Je t'écoute.
*-Annick Dureil,
*médecin au CHU de Bayonne, Kattin Arrosteguy,
*avec un "K", 2 "T" et sans "E" à la fin,
*serveuse au bar du fronton.
*La 3e personne, c'est Antonio Vardas, prêtre
*à l'église St-Jean-Baptiste. -Un curé !
*-Ton fils a essayé
*de le joindre avant de t'appeler.
-Merci, Frédo.
Merci, ma puce.
-"Antonio Vardas."
Une chorale chante un cantique.
...
-Merci.
Lundi prochain, même heure.
Brouhaha.
Bravo.
Bonne soirée à tous.
...
-Antonio Vardas ? Commandant Becker,
police criminelle.
Je suis mandaté par le 36 pour filer un coup de main
sur le meurtre
de la falaise. -Je ne peux guère vous aider.
-Pourtant, votre numéro apparaît sur les appels de Mathias Cazes.
On le recherche pour lui poser des questions.
-Il a disparu ?
-Oui, depuis qu'il vous a appelé vers minuit.
Que vous a-t-il dit ?
-Rien. Je coupe mon portable la nuit, il n'a pas laissé
de message. Et de toute façon,
je ne pourrais rien vous dire :
secret de la confession. -Pour des coups de fil ?
Vous plaisantez ? -Non.
L'Eglise est dans le 21e siècle.
Même si ça ne paraît pas toujours évident.
Il faut s'adapter. -S'adapter, oui.
Le secret de la confession,
tient toujours ? Regardez-la.
Pas dans les yeux. Ses globes oculaires ont éclaté.
Vous l'avez déjà vue avec Mathias ?
-Comment pourrais-je le savoir ?
Son visage est méconnaissable.
Elle s'appelle comment ?
-On le cherche, mais on pense qu'elle connaissait Mathias.
Si vous savez où il est...
-Non, je regrette. Sincèrement, je n'en sais rien.
-Non seulement vous enquêtez dans mon dos,
mais vous me prenez pour une dinde.
J'ai consulté les relevés téléphoniques
de votre fils. -Vous étiez avec le commissaire,
j'ai pas voulu déranger. -La prochaine fois,
faites ça bien.
Ne laissez pas d'indices derrière vous.
-Mon fils est athée au dernier degré.
Je voulais savoir ce qu'il faisait avec un curé.
-Et ?
-J'ai rien pu en tirer.
-Hum ! Les Basques, c'est un peu comme les Bretons.
Vaut mieux être des leurs,
pour espérer leur arracher quelque chose.
-N'insiste pas, Marie.
C'est valable pour ton ami et pour toi.
-Là, il s'agit de meurtre !
-C'est ta façon de voir.
-Attends de voir ce que ce taré a fait à cette femme.
-Je lui ai déjà montré. -Vous, Becker, taisez-vous.
Je peux te mettre en garde à vue pour obstruction
à enquête. -L'arme fatale ?
Ta foi a été plus profonde.
-Laisse ma foi en dehors de tout ça.
Arrête de te planquer derrière la tienne.
-Tu me pardonneras jamais de t'avoir quittée.
-Pour qu'un mec vous plaque pour Dieu,
vous devez être super casse-couilles !
-Vous devez être un père super minable,
pour que votre fils vous ignore 7 ans !
Sonnerie.
Gabriel ? T'as trouvé l'identité
*de la victime ? -Y en a peut-être
d'autres. Et beaucoup. -On a trouvé 5 passeports
planqués à la bergerie,
*avec 5 000 E. Je t'ai envoyé
les photos.
*-J'ai checké les identités des 5 femmes.
4 sont portées disparues, celle qui ne l'est pas,
*c'est Estelle Telmo, 34 ans, infirmière libérale,
*à St-Jean-Pied-de-Port. -Le grain de beauté
près de la lèvre, comme notre victime !
-J'ai vérifié, elle n'est pas passée chez elle depuis 10 jours.
*Et la voiture retrouvée à la bergerie, c'est la sienne.
-OK, merci, Gabriel.
Je sais que ça doit être très dur pour vous,
mais il faut envisager que votre fils est un tueur
et qu'il est dans la nature.
-Ou qu'il est un témoin innocent et qu'il est mort.
-C'est le genre de type que j'ai eu envie
de baffer d'entrée.
Une sorte d'ours suffisant, condescendant,
méprisant.
En fait, c'était qu'une façade.
Puis que j'ai vue se fissurer.
Il m'a fait de la peine.
C'est son fils, merde !
C'est pas rien.
Et il l'aime.
Mal, c'est sûr, mais...
il a des excuses.
Sa mère a abandonné son môme, il l'a élevé seul.
Vu le job qu'il a,
je sais ce que c'est.
C'est pour ça que tu dois te battre.
T'as pas le choix, tu comprends ? Alors,
arrête tes conneries, ouvre les yeux,
on rentre à la maison, d'accord ? Vibreur.
Oui, ma puce ?
Je suis avec ta maman.
Allô ?
Y a vraiment un problème de réseau, ici.
C'était Lola.
Elle t'embrasse fort.
Ses notes sont pas terribles,
en ce moment, je l'ai laissée à la maison,
pour qu'elle fasse ses devoirs.
Elle viendra demain.
Elle frappe.
-Bonjour, Marie.
Votre appel m'a surprise.
Mais je trouve courageux d'avoir pris la décision...
-Pas ici.
Vous n'y êtes pas, je ne changerai pas d'avis.
Ma soeur se réveillera, c'est une battante, Arantxa.
-Elle est en état de mort cérébrale.
-Je suis croyante. Les miracles, ça existe.
-Pas dans le cas d'Arantxa.
-Je vous ai pas appelée pour parler de ça,
mais pour parler de Mathias Cazes.
-C'est marrant, un flic est venu m'interroger
il y a une demi-heure. -Et que lui avez-vous dit ?
-Que je connaissais Mathias. Plutôt Koska, son nom d'artiste.
Je l'ai rencontré sur un marché. Il vendait
des dessins. On a couché quelques fois ensemble.
Ca vous choque, la différence
d'âge ? -Non, je suis juste étonnée
par votre franchise.
-On est séparés depuis 6 mois, mais on est restés en contact.
Si je peux vous aider... -Parlez-moi de lui.
-C'était quelqu'un de gentil,
de torturé.
Un mélange détonnant.
Il faut que je vous laisse, Marie.
En ce qui concerne Arantxa...
-Le sujet est clos.
...
-Qui d'autre vous avez interrogé
dans mon dos ?
La fille du fronton ? -J'ai préféré vous attendre.
-Parce que le café est fermé jusqu'à demain ?
-Oui, ça a dû jouer.
-C'est pas un jeu, merde !
Ca me fait pas marrer.
C'est ni votre enquête
ni votre juridiction. Vous êtes un observateur.
-Je vois une petite flic dépassée
trop orgueilleuse pour l'admettre.
-Et moi, je vois un père qui culpabilise
de s'être jamais occupé de son môme et qui essaie de se racheter !
-Justement, c'est mon fils, bordel !
Je veux pas m'emmerder avec des considérations administratives,
vous pouvez le comprendre ça, non ?!
-Je prends un risque en vous associant à l'enquête !
J'attends pas de vous
des compliments, juste un minimum de franchise.
Koska.
Les scènes de crime.
Ca lui a pris quand, ce hobby ?
-Il avait 2 ans de moins que Lola quand j'ai commencé à le laisser
au 36 pour y faire ses devoirs.
Ses dessins sont tous tirés directement
d'affaires dont je m'occupais. -Je comprends.
Pour Lola, tout à l'heure c'était pour dépanner.
-Le temps que sa mère sorte
de sa dépression. -Lola vous a dit ça ?
-Elle m'a dit qu'elle dormait
tout le temps, j'en ai conclu que...
-Ma soeur a eu un... un grave accident de voiture.
Le père de Lola est mort sur le coup,
mais Arantxa a eu plus de chance.
Elle est dans le coma.
-C'est arrivé récemment ?
-A peine 2 ans.
Il faut que j'y aille.
A tout à l'heure.
-Sophie Iberra, 31 ans, en couple, de Guéthary, disparue depuis 2 ans.
Lydia Bourrec, 35 ans, célibataire,
d'Urrugne, disparue depuis 6 mois.
Pascaline Etcheverry, 37 ans, divorcée, d'Ascain,
disparue depuis 3 mois.
France Simonot, 36 ans, mariée, de Biarritz, disparue depuis 1 an.
Et enfin, Estelle Telmo, 34 ans,
célibataire, retrouvée morte il y a 48 h.
-A part Estelle Telmo, les disparitions ont été signalées.
J'ai les mains courantes. Aucune disparition
n'a été jugée inquiétante. -Comme les 10 000 par an
qui changent de vie sans explication.
Bilan, y a pas eu d'enquête.
-Le préfet Simonot n'a rien fait pour retrouver sa belle-fille.
-J'en ai parlé avec lui. A l'époque, il venait d'être nommé,
il ne voulait pas avoir l'air d'abuser.
-Il doit s'en mordre les doigts.
-On enquête sur le meurtre d'Estelle Telmo.
Tant qu'on n'a rien sur les autres,
on évite les amalgames. on ne fait pas de vagues inutiles.
-Et les médias ?
-Je m'en charge. J'ai un point presse dans 15 mn.
Le préfet compte sur vous.
-Bonjour, vous sauriez où est Kattin Arrosteguy ?
-Oui, c'est elle.
Kattin ?
-Je me change et je vous ouvre.
-Marie Daguerre,
SRPJ de Bayonne.
Connaissez-vous Mathias Cazes ?
-Euh, oui.
Oui, bien sûr. C'est mon amoureux.
On est ensemble
depuis 6 mois, aujourd'hui.
Mon frère me l'a présenté un soir de match.
Pourquoi vous le cherchez ? Que se passe-t-il ?
-Il a disparu depuis avant-hier soir.
Quand l'avez-vous vu la dernière fois ?
-Euh... C'était avant-hier matin.
On a passé la nuit chez moi.
Je loue un appartement pas loin. On n'habite pas encore ensemble.
Mathias voudrait juste finir de rénover la bergerie avant.
Il doit y avoir une explication toute bête.
Il devait faire le marché dans un village
où il n'y a pas de réseau. On doit
se voir ce soir. -Il avait l'air inquiet ?
Il avait des fréquentations bizarres ?
Il avait reçu des menaces ?
-Non, non.
Il est heureux. On est amoureux.
Je connais pas vraiment ses amis.
On est surtout tous les deux.
-Comment il gagne sa vie ? -En vendant des dessins.
-On a trouvé 5 000 E en cash à la bergerie.
Ca fait beaucoup de dessins vendus.
-Je comprends pas.
Mathias ne cherche pas à se faire du fric.
Il est plutôt
alter-mondialiste, écolo, nature...
-L'avez-vous vu
avec une de ces 5 femmes ?
-Non.
-Vous ne savez pas où il pourrait être ?
-Non, il est fils unique et ses 2 parents sont morts.
-Merci.
C'est quand même vous qu'il a appelé
au secours. -Il avait besoin de moi.
-Peut-être.
En tout cas, il n'a pas oublié votre numéro.
Pour quelqu'un dont le père est mort il y a 7 ans,
c'est plutôt positif.
-Vous trouvez ?
-Vous devriez sourire plus souvent. Portable.
Ca vous rend humain. -Ah !
-Allô ?
Oui, Gabriel.
Où ça ?
OK. On va aller y faire un tour.
A tout à l'heure.
Le dernier appel d'Estelle Telmo
était pour une psy à Bayonne.
-J'étais à un congrès à Bordeaux depuis lundi.
Je viens de rentrer. A la radio,
on parlait d'un corps découvert à St-Jean-de-Luz.
J'ai pas imaginé un instant que ça pouvait être Estelle.
-C'était une patiente ?
-Non, c'est moi qui étais la sienne,
il y a 3 ans. Des infiltrations pour une sciatique.
On a sympathisé, on se voyait de temps en temps.
-Vous êtes la dernière personne
qu'elle a appelée. -Quoi ?
C'était il y a 8 jours.
Elle m'a invitée à dîner, j'étais déjà prise.
-Elle vous a parue inquiète ?
Angoissée ? -Non.
Mais elle ne parlait pas de ses problèmes.
-Elle aurait pu tremper dans quelque chose
de louche ? -Non.
Bien sûr que non.
-Mme Vannier,
elle a déjà parlé d'un endroit appelé "Etchezahar" ?
-Jamais entendu ce nom-là.
...
Les flics sortent de chez moi.
Oui, pour le meurtre de la falaise.
Mais qu'est-ce qui a merdé ?
Qu'est-ce qui s'est passé avec Estelle ?
Je veux vous voir vite.
Non, vous n'avez pas le choix.
Non, pas ce soir, j'ai un truc à régler.
Demain. 9 h.
Même endroit que la dernière fois.
-Bon, on repart à zéro.
On part du principe que ces femmes ont été tuées comme Estelle Telmo,
mais qu'on n'a pas les corps. Le tueur
a laissé un message. Il s'arrêtera peut-être pas là.
Et le temps presse.
Vu comme les intervalles se réduisent, il peut
frapper à tout moment.
-Ces femmes doivent avoir des points communs.
-Elles en ont déjà un : pas d'enfant.
Mais ça ne nous suffit pas.
Fouillez dans leurs vies. Travail, loisirs,
mails, connexions avec Cazes...
Mettez le paquet. Allez !
Au boulot. -OK.
Bip de portable.
Brouhaha.
...
*-Etchezahar...
*...
*-Pardon !
*Je te demande pardon... S'il te plaît !
*Pas ça ! Je voulais pas. Pardon !
-Vous comptiez m'en parler quand ? Jamais ?
-Quand la bande serait audible. Là, ça prouve pas grand-chose.
-C'est pas un appel au secours.
Votre fils vous demande pardon. Et ça prouve pas grand-chose ?
-Vous croyez que ça me bouffe pas ? Je pense qu'à ça !
-Il fallait m'en parler !
J'aurais pas compris, c'est ça ?
Je ne veux plus de vous.
Ni sur l'enquête ni dans mon commissariat.
Rentrez à Paris, on vous tiendra au courant.
Ca, ça part au labo.
J'ai peut-être été dure, mais merde, il a exagéré.
Je savais pourtant que je pouvais pas lui faire confiance.
C'est dingue ! A bientôt 40 ans, je suis toujours aussi naïve.
Il ne m'intéresse pas, hein !
T'as vu l'âge qu'il a ?
Et puis, je suis quoi, pour lui ?
"Une petite flic dépassée et trop orgueilleuse" ! Pff.
Tiens, je t'ai apporté ça.
Lola l'a fait pour toi.
Il est beau, hein ?
Elle est top, ta fille, tu sais...
A demain.
-Dépêche-toi, fais vite.
-Mlle Daguerre !
Si vous n'aviez pas le temps de préparer
un pique-nique pour cette sortie, il fallait
le dire et... -Tout est là !
Merci.
Ca t'amuse de faire croire que je t'affame ?
Tu aurais dû me prévenir !
-Ta tante a la tête ailleurs depuis qu'elle bosse
avec un flic de Paris !
-Ah, ah ! MDR !
T'es encore là ? File, zou !
-A tout à l'heure.
-A tout à l'heure, ma puce.
-Tu es de son côté, hein ?
-C'est une gamine, Marie.
-Becker.
Bien sûr, entre mecs.
Ce qu'il a fait, c'est tout sauf professionnel.
-Mais c'est humain. C'est pas ça qui t'énerve...
-Oh, merde.
Il ne manquait plus que ça !
Portable.
Oui, Coben ?
Oui, la famille de Lydia Bourrec, on l'a vue. Pourquoi ?
Ah bon ?
Et qui d'autre ?
C'est intéressant, ça.
Ouais.
France Simonot et Lydia Bourrec ont été hospitalisées
peu de temps avant leur disparition.
-Pour quoi ?
-Accidents domestiques.
-Frédo, t'as du neuf sur Estelle ? *-Rien de croustillant.
*Orpheline, études à Bordeaux,
*exerçait en libérale depuis 3 ans. Avant, elle a bossé 7 ans
*en hôpital psychiatrique. -Et sur Mathias et elle ?
*-Que dalle. Ni appel ni mail, rien.
*Ton fils n'a aucune connexion avec ces 5 femmes.
-Et les passeports retrouvés chez lui ? Je comprends rien !
Et sur Claire Vannier ?
*-Vit à Bayonne depuis 3 ans, travaillait comme psy à la DDASS.
*Très bien notée. -Et vie privée ?
*-Divorcée, sans enfant. Elle était bien à Bordeaux
*de lundi à mercredi, pour un congrès.
-Merci, Frédo. Trouve-moi une piste, OK ?
*-Cherche du côté de France Simonot.
*Elle était mariée au fils du préfet.
*Y a peut-être un truc louche.
-Vous les avez vues pour accidents domestiques ?
-Ici, on appelle ça des violences conjugales.
-France Simonot était une femme battue ?
-Comme Lydia Bourrec, qui est venue 6 mois plus tard.
-Vous en êtes sûr ? -Oui. Fractures anciennes,
hospitalisations dans divers établissements...
-Vous ne leur avez pas dit de porter plainte ?
-Si. Et j'ai demandé l'aide d'une consoeur,
pensant qu'une femme serait plus écoutée.
-Merci beaucoup, docteur.
Sonnette.
-Jacques Simonot ? -Oui.
-Commandant Becker. Parlez-moi
de la disparition de votre femme. -France ?
-Oui. -Ca fait plus d'un an.
La police... -N'a rien fait, je sais.
Elle a pu être enlevée.
Avez-vous vu cet homme dans son entourage ?
-Non. Pourquoi vous me posez la question ?
-On ouvre une enquête sur sa disparition.
Dites-moi, M. Simonot, vous aviez des problèmes de couple ?
-Pardon ? Je ne vous permets pas...
-De m'étonner que vous n'ayez pas cherché à la retrouver ?
-Si je ne l'ai pas cherchée,
c'est qu'elle n'a pas vraiment disparu.
Elle voulait un gosse, pas moi.
Elle est partie avec un autre.
-Plutôt victime que cocu ? -Ca va pas ? Vous savez
qui je suis ?
-Un type dont la femme a pu être assassinée.
Vous étiez où,
dans la nuit de mardi à mercredi ?
-Marie !
-Salut.
-Tu me racontes une histoire ?
-Devoirs faits ? Douche prise ? -Oui.
-Dents brossées ? -Oui.
Je vais chercher le livre ?
-Non, chérie, désolée.
Pas ce soir, j'ai trop de boulot.
Et puis, tu sais lire.
-C'est pas pareil.
T'as tout le temps du boulot.
Maman disait que c'est pour ça que t'as pas de mec.
-N'importe quoi. Et arrête de parler de ta mère
au passé. En tout cas,
elle était contente du dessin de sirènes.
-T'avais pas le droit, c'était pas
pour elle. C'était
pour toi.
-Tu m'en feras un autre.
-Ca aussi, c'était pour toi ! T'as qu'à
lui donner !
-Et ta sortie aux grottes avec l'école,
ça s'est bien passé ? Claquement de porte.
...
On frappe.
Que faites-vous là ? Vous pouviez pas téléphoner ?
-Votre numéro est dans mon portable et...
mon portable, c'est vous qui l'avez. Enfin...
le labo. -C'est vrai.
Vous l'aurez demain. Bon, qu'est-ce que vous voulez ?
Vous buvez un verre ?
J'ai un fond de manzana.
-Je veux pas vous déranger.
-Bon, allez !
-Au départ, c'étaient
quelques barrettes, par-ci, par-là,
pour sa consommation.
Et puis après, il a commencé à dealer.
C'est moi qui l'ai envoyé devant la juge pour mineurs,
avant que ça finisse mal.
Il l'a pas compris.
Il a pensé que je l'avais trahi.
Alors, il est parti et puis...
il ne m'a plus donné de nouvelles.
Quoi qu'il ait fait, je serai toujours là pour lui.
Mais je l'aiderai pas à échapper à la justice.
-Mon numéro de fixe est dans l'annuaire.
Au cas où.
Je t'aime, tu sais.
...
Léger brouhaha.
-Salut, Kattin.
-Pourquoi vous m'aviez pas dit que vous étiez son père ?
-Je savais pas à qui j'avais affaire.
-Ah oui ? Vous êtes rassuré ?
-Je le serai quand j'aurai
retrouvé Mathias.
Excusez-moi, je suis pas doué en rapports humains.
-Ca, j'avais compris.
Je suis contente que vous soyez venu me voir.
-C'est lui, là,
hein ? -Ouais.
Il est beau, hein ?
Vous lui ressemblez pas vraiment,
mais... Elle rit.
Enfin si, à part quand vous souriez.
Si, je vais vous montrer.
Ca, c'est quand on s'est rencontrés.
Et ça, c'était
pour son anniversaire, quand il a eu 25 ans. Pardon.
-Attention.
Tu vois, on pense qu'on a le temps,
et un jour, ton môme a grandi et...
t'as rien vu venir.
Et il est trop tard.
Je veux dire...
pour revenir en arrière. -Avec Mathias,
on s'aime vraiment.
Il adore les enfants.
Il veut
qu'on fasse un bébé !
Mais moi, je...
Je ne peux pas en avoir.
Je ne pourrai jamais.
Je l'ai appris il y a 2 semaines et...
Je voulais
lui en parler, et puis j'ai pas osé.
Et maintenant, c'est...
-Maintenant,
c'est l'heure d'aller se coucher.
D'accord ? -Oui.
Vous êtes peut-être nul comme père,
mais j'ai vu sur Internet,
vous êtes un super flic. -Hum...
-Vous allez le retrouver, hein ?
-Oui, je vais le retrouver.
-J'ai été tiré du lit
par un coup de fil très énervé du préfet.
Becker a cuisiné son fils
sur la disparition de sa femme. Ca te fait marrer ?
Comme s'il n'avait pas assez morflé à l'époque...
Trouve une bonne explication pour le préfet.
En attendant, vire-moi Becker.
-Je l'ai déjà viré, hier.
Quant au préfet, son fils tabassait sa femme.
J'ai les radios et les rapports
des médecins, s'il les veut. -Oh, putain !
-J'ai trouvé un truc, ça va pas te plaire.
C'est Antonio. -Quoi, Antonio ?
-France, Pascaline et Lydia l'ont appelé
peu de temps avant leur disparition.
-Y a forcément une explication. -T'en penses quoi ?
-Simple hypothèse : Antonio et le fils de Becker
se connaissaient bien, alors... -Ils auraient agi ensemble ?
N'importe quoi ! -Un tandem de tueurs.
Un fils de flic et un prêtre font une chasse aux sorcières...
Nom de Dieu ! J'imagine déjà
les gros titres !
Convoque-le, on va l'interroger.
On est dans la merde.
-Et voilà !
"Pierre de Lancre", "Sorgina"...
Etchezahar !
-Je suis juste venue voir si vous étiez bien rentré.
Parce que vous aviez un peu bu, hier, alors...
-C'est une litote ! Assieds-toi.
Tu veux un café ?
-Non, ça va. Faut que j'aille bosser.
-Ah...
Y a rien de neuf, mais ils continuent les recherches,
tu sais.
-Mathias, c'est pas important pour eux. Ils s'en fichent.
-Ils mettent le paquet.
-Alors, pourquoi ils le retrouvent pas ?
Dans les séries, y a des trucs pour localiser les gens,
et puis là... -Ca fait que 2 jours.
Il est peut-être blessé quelque part,
sans réseau ou sans batterie.
On va le retrouver.
-Oui, ça doit être ça.
Il oublie toujours de recharger son téléphone portable.
Quand il reviendra, il sera heureux de vous retrouver.
-C'est gentil. -Mais c'est vrai.
Il n'en parle pas, mais vous lui manquez beaucoup.
...
-T'as des nouvelles
de Mathias ? -Non. Pourquoi ?
Tu t'inquiètes ?
Parce que nous, oui.
Son père,
surtout.
Tu sais ? Le flic de Paris.
Parle-moi de ces femmes.
On sait que tu les connaissais.
-Je les ai entendues
en confession. -En confession ?
France Simonot venait de Biarritz !
C'est du fanatisme, là ! Je pensais pas
que tu me prendrais pour une idiote !
-Je peux rien te dire.
-C'est quoi, leur secret ?!
C'est que leurs mecs les tabassaient ?
Elles ont été assassinées
comme Estelle Telmo ?
T'étais où, dans la nuit de mardi
à mercredi ?
-Chez moi, au presbytère.
Dans mon lit.
Seul, évidemment.
-Evidemment !
Je suis ton amie, Antonio.
Je suis même ta seule amie, ici.
Alors, parle-moi.
Dis-moi ce que tu sais.
Parle-moi de Mathias !
Vous avez joué un rôle dans ces disparitions.
On a retrouvé leurs passeports chez lui, avec du fric.
Il sortait d'où ?
Il était pour qui ? Pour quoi ?
-Je ne parlerai pas.
Ca dépasse le secret
de la confession. Ca mettrait
des vies en danger. -Les vies de qui ?
Dis-le, on les protégera.
-Tu sais que c'est pas toujours possible.
Je ne prendrai pas ce risque.
-Quitte à passer pour un martyr ?
Ca va se terminer comme ça, tu le sais !
Ne me dis pas que tu t'en remets à Dieu,
s'il te plaît ! -C'est pourtant le cas.
-Il lâchera rien, je le connais.
Pourtant, il sait des choses.
-Tu préconises quoi ?
-Le relâcher et le faire surveiller.
-C'est toujours mieux qu'un prêtre en garde à vue.
Ca fait désordre, surtout quand on parle de sorcières.
Elle soupire.
-Vous êtes venu vous confesser ?
-Si je trahissais la confiance de ceux qui souffrent,
quel sens aurait
la confession ? -Je m'en fous.
On a un taré en liberté.
Si Mathias est mêlé à ça, dites-le, merde !
-Il ne ferait jamais de mal à quelqu'un.
Il se met en danger pour aider son prochain.
Vous pouvez en être fier. Je prie pour que
vous puissiez lui dire, il n'attend que ça
depuis 7 ans.
-Je n'ai jamais vu un type plus entêté !
A part vous.
Que faites-vous là ? -"Etchezahar",
j'ai trouvé ce que ça veut dire.
Pour me faire pardonner...
Où avez-vous eu ce pendentif ?
-Lola l'a trouvé hier, en pique-niquant avec sa classe.
-Où ça ?!
-Vers la grotte aux sorcières,
vers Ainhoa. Pourquoi ? -Il est à Mathias !
Le dernier cadeau de sa mère. Il l'a laissé pour me faire
un signe !
Cri.
...
Mathias !
Mathias... Mathias...
Mathias...
Il pleure.
...
-C'est bon. -Il est vivant.
Il est vivant...
Il sanglote.
...
Merci.
-Alors ?
-Il a été poignardé. Il a perdu beaucoup de sang.
-Il va s'en sortir.
-J'espère, mais il va rester longtemps au bloc.
Ca sert à rien de rester là.
-Vous voulez aller où ? -A Etchezahar.
...
Etchezahar, Pierre de Lancre en parle dans son bouquin.
Il avait installé son tribunal dans cet ancien couvent,
pour y juger les sorcières.
Il y a 3 ans, Estelle Telmo était infirmière psychiatrique ici.
Elle avait aussi une formation de sage-femme.
En basque, "sage-femme"
se dit "sorgina". Enfin, ça vient de...
-"Sortu" : créer, et "gina" : activité qui donne la vie.
Mettre des bébés au monde donnait
trop de pouvoir aux femmes.
-Ces 4 femmes n'ont jamais
mis les pieds ici.
-Estelle Telmo a démissionné il y a 3 ans,
sans préavis ? -Elle a suivi quelqu'un qui allait
faire de l'humanitaire en Afrique.
On l'a regrettée, elle était dévouée
et délicieuse. J'ignorais qu'elle était revenue.
Vibreur. Pardon.
Excusez-moi. Allô, oui ?
-Estelle n'a jamais quitté
la région. Pourquoi
elle a menti ?
Qu'est-ce que vous faites ?
-Avant de s'installer à Bayonne, Claire Vannier
était psy pour la DDASS ? -Oui.
Elle tournait sur la région.
Donc s'il y a eu des mineurs hospitalisés ici,
elle a pu y venir.
Claire Vannier, ça vous dit quelque chose ?
-Un instant...
Oui. Elle faisait des vacations pour nous.
Elle nous a même présenté
Estelle, quand un poste d'infirmière s'est libéré,
il y a environ 10 ans. -Elles se connaissaient
déjà ? -Depuis toujours.
Elles ont grandi dans le même foyer à la DDASS. Pour Claire,
Estelle était sa "petite soeur".
Elle a refusé d'être placée pour rester avec Estelle.
Elles étaient très liées. -Elle aussi est partie en Afrique ?
-On l'a pensé.
Elles étaient inséparables.
Ici, on les avait surnommées "les siamoises".
...
-Ne vous inquiétez pas. Vous êtes en sécurité avec moi.
Venez, ne restons pas là.
...
-"De leurs crimes,
"les sorcières d'Etchezahar
"se repentiront, et le trésor restitueront...
"rendront".
-Claire est la cible du tueur, comme Estelle.
-Je diffuse un avis de recherche.
-La peinture est à peine sèche.
Mathias n'y est pour rien !
-Merde !
-Elbaz. *-Gabriel ?
Tu peux modifier l'avis de recherche ?
*Claire Vannier s'est coupé les cheveux
*et teinte en blonde. -Putain ! Elle était
*avec Antonio ! -Quoi ?
Lance un avis de recherche sur Antonio.
-OK.
-Claire et Antonio ont semé ceux qui
les surveillaient. -Ce serait le tueur ?
-J'en sais rien.
Claire Vannier est en danger et j'ai merdé !
-Elle a merdé en nous mentant.
Allô, Kattin ?
C'est Becker.
J'ai retrouvé Mathias.
Il est à l'hôpital, mais il s'en sortira.
Moi aussi, je suis très heureux.
Très heureux.
Alors, la fée arriva au château, descendit du carrosse
avec ses chaussures... magnifiques.
Puis elle entra dans le château
et là, elle exauça les voeux des deux amis qui...
qui vécurent heureux, comme ça,
jusqu'à la fin de leurs jours.
Malheureusement, ils n'eurent jamais d'enfant.
C'est comme ça. -Elle sort d'où,
cette histoire ? Je l'ai jamais entendue.
-C'est normal, je viens de l'inventer.
Je vais coucher la princesse.
Signal.
Il vaut mieux que je rentre.
-Pas tout de suite.
Votre ami Frédo vous a envoyé l'enregistrement nettoyé.
-Ca dit quoi ? -Je vous ai attendu
pour l'écouter.
Hum.
*-Etchezahar reko sorgin hori ihes egiteko lagundu nahi zuen.
*Hil behar da !
-"Il a voulu aider cette sorcière d'Etchezahar
"à s'échapper, il doit mourir."
*-Non, pardon. Je voulais pas. Pardon !
*Pardon !
*-Etxezahar reko sorginek beraien krimenez dmautuko dira.
*Eta altxorra itzuliko dute ! -Ca, c'est la phrase du message.
*Voix de femme. *-Nire altxorra,
*itzultzea da, nahi dutena.
-"Tout ce que je veux, c'est qu'elle me rende mon trésor."
Vous aviez raison. Mathias ne demandait pas pardon à vous,
mais à eux. C'est un tandem de tueurs.
-Lui mène la danse, elle veut juste récupérer son trésor.
-Un trésor volé par Estelle et Claire ?
On a épluché leurs vies, on n'a rien trouvé.
-On a affaire à un couple. Ca change la donne.
-Vous avez raison. Il faut tout reprendre à zéro.
Des mots en basque s'entremêlent.
...
Il tousse.
-Pardon...
-Je ne savais pas que vous croyiez aux légendes !
-C'est vous qui m'avez parlé de ce souterrain.
Je voudrais vérifier un truc.
Avant de vous évanouir, vous avez bien vu
une silhouette noire, imposante ? -Ouais.
-Elle était où ? -Oh...
J'ai eu l'impression qu'elle disparaissait
par là.
-La marque du diable !
Elle symbolise l'ouverture du passage secret.
Le tueur a déposé le corps ici. -Vous lâchez jamais, vous !
-C'est ce qui fait notre charme.
Le grand-duc.
Il nous montre le passage
depuis le début. Elle rit.
-Faut arrêter la manzana !
Vous vous prenez
pour Indiana Jones ?
Lâchez l'affaire, vous faites pas le poids.
-Le poids...
De Lancre en parle dans son livre, "le poids des péchés".
Une fois confessés, ils ouvrent la porte de l'âme des sorcières.
Ca pèse combien ? -Les vôtres, lourd !
-On est bien avancés avec ça.
-Non, OK. le poids...
De Lancre lestait le corps des supposées sorcières
avec des anneaux en plomb puis les jetait à l'eau.
Si elles coulaient, elles étaient innocentes et mouraient.
Si elles surnageaient, elles étaient sorcières,
alors il fallait les tuer. Dans les 2 cas elles mouraient.
Dommage. Je commençais presque
à y croire.
Déclic.
...
Déclic.
...
La vierge de fer.
...
Le tombeau de la Murgui.
-La maîtresse de Pierre de Lancre.
La sorcière repentie, en charge
de manier la vierge de fer.
-Venez par ici.
...
Etchezahar !
Tout part d'ici
et tout y revient.
-Allô ? Envoie du monde à la falaise.
On a retrouvé le corps de Claire Vannier.
OK.
Ils ont localisé le portable d'Antonio.
...
On se connaissait depuis tout petits.
C'était mon premier amoureux.
Si je l'avais laissé en garde à vue...
-Lui aussi a fait le choix de se taire, comme Claire.
-Je m'en veux tellement d'avoir douté de lui.
Vous avez quelque chose ? -Son portable.
Il a reçu un message qu'il n'a pas écouté.
*-Vous avez un message sauvegardé. *-Antonio, il faut qu'on se parle.
*Je refuse de garder le secret. Rappelle-moi.
-Je connais cette voix.
C'est la toubib qui s'occupe de ma soeur,
Annick Dureil.
-Avec Antonio, on voulait seulement aider des femmes battues
à refaire leur vie loin de leurs bourreaux.
-Estelle Telmo n'a jamais été victime de violences conjugales.
-Mais bien sûr que si.
-Elle vous l'a dit ? -Elle...
les radios.
Pommette cassée, épaule disloquée, tibia fracturé... Pas joli
à voir. -Montrez-nous ces radios.
A gauche, les radios
d'Estelle, faites
par le légiste. A droite, celles qu'elle vous a apportées.
Aucun rapport entre les 2 femmes. -Et Sophie,
France, Lydia, Pascaline ? De fausses femmes battues aussi ?
-Pour 2 d'entre elles, j'ai constaté les dégâts.
Pour les 2 autres,
un confrère m'a alertée.
-Il vous a demandé de les convaincre
de porter plainte ? -Oui, mais elles avaient peur.
Elles avaient toutes
trop peur. Il y a 3 ans, Antonio
m'a envoyé une femme battue qui s'était confessée.
Son mari était une ordure. Une ordure haut placée.
On l'a convaincue de porter plainte,
elle est allée chez les flics. Il l'a su, il l'a massacrée.
-Il y a eu
d'autres femmes ? -Oui. Sophie Iberra.
C'est à partir de là qu'on a décidé d'agir.
On a aidé cette femme, puis d'autres
à refaire leur vie sous une nouvelle identité
avec un petit pécule.
-Qui finançait cette nouvelle vie ? Vous ?
-Rémi Iberra, le frère de Sophie.
Il travaille au service culturel.
Il a favorisé une subvention pour restaurer l'église
d'Antonio. -Elle est restée dans son jus
depuis sa création. -Quel était
le rôle de Mathias ?
-Il fabriquait les faux papiers.
-Ah...
-Et les 5 000 E retrouvés, c'était le pécule pour Estelle ?
-Où sont ces 3 femmes et votre soeur,
M. Iberra ?
-Ma soeur est au Brésil. Elle revit.
Je vous donnerai ses coordonnées et celles des autres.
-Et Estelle ? Comment elle a connu la filière ?
-Par Claire Vannier.
Sophie était une de ses patientes.
Elle lui en a parlé quand elle a décidé de changer de vie.
-Claire vous a convaincu d'aider Estelle ?
Votre soeur lui a parlé du détournement
de subvention ? -Oui.
Elle lui faisait confiance.
Une psy est tenue au secret. Tu parles !
Elle m'a menacé de tout balancer si je n'aidais pas Estelle.
-Estelle devait se faire passer pour une femme battue,
pour utiliser la filière ? -Oui.
-Antonio savait ? -Non. Il n'aurait pas accepté.
Les autres non plus.
J'ai indiqué à Claire comment faire,
trafiquer un jeu de radios,
se confesser à Antonio... -Vous saviez ce qu'elle fuyait ?
-Non, je vous le jure.
Mais Claire Vannier m'a appelé,
complètement paniquée.
On s'est vus hier.
Elle avait besoin de passeports en urgence.
-Mais Mathias avait disparu.
-Je lui ai dit, mais elle m'a dit
de me démerder autrement,
que sinon, elle irait voir l'ancien mec de Sophie.
Ce taré aurait retrouvé ma soeur.
Il aurait fini par la tuer.
Je pouvais pas prendre le risque.
Alors, j'ai promis d'essayer. -Et vous l'avez envoyée à Antonio
pour qu'il la planque à la chapelle.
-Oui. Je devais y apporter les faux passeports.
-"Les" ? Elle en voulait combien ?
-Deux.
Pour elle et son fils.
-Claire Vannier
n'a jamais accouché. Elle est née sans utérus.
Elle n'aurait jamais pu avoir d'enfant.
-Merci, Jeannot. -De rien, ma belle.
-Alors ? Il sort d'où, ce môme ?
Il n'a pas été adopté, j'ai vérifié.
-Elle l'a volé. C'est ça, le trésor.
Un bébé volé par les sorcières d'Etchezahar !
-Pourquoi rester là ? Ca n'a pas de sens.
-Sauf si la mère biologique était une malade internée.
-A St-Pée. Elles ont démissionné
précipitamment, il y a 3 ans.
Mais la mère du môme est sortie. -Et le père ?
Un cinglé qui a aussi été libéré ?
Ca fout les jetons, surtout s'ils ont
récupéré le gamin. -Claire a dû le mettre à l'abri.
-Ou alors, sous la torture, Claire a parlé,
et les 2 cinglés sont déjà loin.
-Quelqu'un devait le garder quand Claire bossait.
Gabriel, tu me retrouves ce môme, nous, on file à St-Pée.
-Aucune patiente n'est sortie depuis 6 mois. Nous n'acceptons
pas d'hommes ici.
-Celle qu'on cherche était enceinte à son arrivée.
-Un déni de grossesse expliquerait que personne n'ait rien vu.
-Sauf Claire et Estelle. -Si vous avez raison,
en prenant ce bébé, elles devaient
ne penser qu'à son bien.
Mais ça me semble invraisemblable. -18 novembre
2010, dernière nuit de garde d'Estelle et Claire.
Une aide-soignante a dû sédater une patiente
Faustine Garcia, qui racontait
qu'elle avait entendu un bébé hurler comme si on l'égorgeait.
-Elle souffre de paranoïa et croit qu'on a remplacé les gens
par des clones.
-Ici, ils peuvent pas nous entendre.
Chut.
-D'accord.
Elle chuchote.
Que s'est-il passé, cette nuit-là ?
-C'est la cinglée qui partageait ma chambre.
Elle se roulait par terre.
Elle était pliée en deux.
Elle hurlait... qu'un truc
lui mangeait le bide.
L'infirmière, elle l'a shootée.
Et elle et la psy, elles l'ont emmenée.
-Quand elle est revenue dans la chambre,
elle était comment ?
-Elle est jamais revenue.
Jusqu'à il y a deux semaines.
-Elle est revenue
il y a... ? -Chut.
(-Elle voulait quoi ?)
-Comme vous.
Savoir ce qui s'est passé
cette nuit-là.
Parce que l'infirmière
lui avait dit que son bébé était
mort-né.
Sauf que c'est pas vrai !
Parce que je l'ai entendu
gueuler. Il gueulait
comme s'il avait le diable au corps !
Comme sa mère qui avait la marque du diable
dans le cou ! Le diable...
-Kattin...
-Kattin !
Kattin !
-Oui. OK.
Bon, elle est ni chez elle ni au bar du fronton.
Son portable est coupé. -Tu as localisé le frère ?
-Ca risque pas. Il est mort en même temps que ses parents
dans un incendie. Kattin avait 16 ans.
C'était son jumeau. Elle a tout vu.
-Elle a refusé l'inacceptable.
Son frère a grandi en elle, mais dans sa tête !
-Ca colle : "schizophrénie, dédoublement de la personnalité".
Elle est entrée à St-Pée à 17 ans,
6 mois avant l'accouchement. -Enceinte et en déni.
Estelle et Claire lui ont dit que le bébé était mort,
et Claire l'a gardé pour elle.
-L'ancienne nounou de Claire le gardait.
Elle est à la Rhune.
-Pourquoi ils ont laissé sortir une cinglée comme Kattin ?
-Elle allait mieux.
-C'est ce que les psychiatres ont estimé.
-Ensuite, elle rencontre Mathias,
ils veulent un bébé, elle apprend qu'elle ne peut pas.
Au fait, que dit son dossier gynéco ?
-Séquelles de son 1er accouchement. -Elle est allée voir Faustine
pour savoir.
-Elle a compris que le bébé était pas mort.
Et là, elle a basculé.
Téléphone.
Oui, Daguerre.
...
-Laisse-le, Kattin.
Il ne sait pas où est ton petit.
Je vais le retrouver, comme Mathias.
Voix grave.
-N'essaie pas d'enfumer ma soeur, connard.
Comme cette salope d'Estelle.
La sorcière.
La psy...
Les écoute pas, Kattin !
Ils te rendront pas ton fils. Il veut juste récupérer
le sien.
Ils veulent t'enfermer.
Ils veulent nous séparer.
-Kattin, écoute-moi.
Ecoute-moi, Kattin, tu me connais.
On s'est parlé. Je sais que c'est pas de ta faute.
Regarde-moi. Estelle et Claire, tu voulais pas leur faire de mal.
Je sais que
tu n'y es pour rien.
Je comprends.
On comprend tous. Si Mathias avait su,
jamais il n'aurait aidé Estelle.
Elle grogne. Tu sais qu'il aime les enfants.
C'est toi
qui me l'as dit. Il y est pour rien.
Et puis...
Vous vous aimez vraiment, tous les deux.
Vraiment. -C'est la nounou du gamin.
Elle a reçu
une enveloppe de Claire, ce matin, à te remettre.
-Kattin...
-On a trouvé le môme ? -Oui. C'est bon.
*Message en basque.
-A lui aussi, tu voulais pas faire de mal.
Je t'ai entendue
le dire, Kattin. C'est toi qui l'as dit.
Tu te souviens ?
(C'est toi.)
(-Le môme est là.)
-Tu voulais juste qu'on te rende ton enfant.
Ton petit garçon.
Il est là, juste à côté.
Tu veux le voir ?
-Il est là pour de vrai ?
-Pour de vrai.
-Et je peux vraiment le voir ?
-Oui, Kattin, tu peux le voir.
Bien sûr.
Mais avant,
il faut que tu me rendes la seringue.
Donne-la-moi.
(C'est bien, Kattin.)
...
-Nire muniuna,
nire bihotza,
zein pollita
zaren. "-Mon trésor,
"ma merveille,
"que tu es beau."
...
-Merci, papa.
-Tu sais, tout ce que tu as fait pour toutes ces femmes...
C'était vraiment bien.
Mathias éclate en sanglots.
Je suis fier de toi, vraiment.
-*Mon chéri, ces 3 années que j'ai passées avec toi
*ont été les plus belles de ma vie.
*Je t'ai aimé dès le 1er instant que je t'ai vu.
*Mais j'ai fait
*une terrible erreur.
*Une erreur qui me rattrape aujourd'hui.
*Je te demande pardon, mon amour,
*mais tu as le droit de savoir la vérité.
*Je ne suis pas ta vraie maman.
*Même si je t'aime plus que tout au monde.
*Ta vraie maman était très malade, tellement malade
*que je pensais qu'elle ne guérirait jamais,
*qu'elle ne pourrait pas s'occuper de toi,
*que tu serais confié à la DDASS, comme moi
*et comme Estelle.
*Alors, j'ai décidé de te garder, de t'élever.
*Je pensais que c'était la meilleure chose à faire.
*C'est ma seule excuse, ça
*et l'immense amour que j'ai pour toi.
*Mon amour.
...
-J'ai réalisé hier que le nom complet de de Lancre
était Pierre de Rosteguy de Lancre.
-Et ? -Kattin s'appelle Arrosteguy.
Peut-être qu'à force de se réveiller
tous les matins devant la stèle de la Murgui,
elle a cru qu'elle était leur descendante.
-Ou alors, elle l'est vraiment !
...
-Et si j'arrive pas à remplacer sa mère ?
Si je suis dépassée, trop orgueilleuse pour l'admettre ?
-J'en pensais pas un mot, vous le savez bien.
-J'ai attendu tellement longtemps qu'elle se réveille.
-C'est bien, d'avoir accepté.
Elle soupire. -Je sais.
-Toi aussi, tu vas partir, Vincent ?
-Pas tout de suite.
J'attends que Mathias se rétablisse et je l'emmène à Paris.
-Peut-être qu'il voudra pas partir.
Peut-être que toi non plus.
-Peut-être.
...
-Allez, allez !
...
Sous-titrage MFP.
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