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- C'est M. Lopez. - Quoi ?
Joe, c'est M. Lopez !
[Eve] Sur des photos au lycée, c'est écrit sur son anorak.
C'est lui !
Virginie.
J'ai eu le gars qui avait vu une lumière dans la forêt.
Ça peut être un phare.
Un seul phare ?
M. Lopez avait un phare cassé le matin de la disparition.
[Gaspard] On y va.
[musique inquiétante]
Il est pas là.
[musique angoissante]
Maman.
[musique intrigante]
Maman, fais ce qu'il te demande.
Il va rien me faire
si vous faites ce qu'il vous dit.
Pas d'alerte dans les médias.
Pas d'alerte enlèvement dans les gares ou les aéroports,
pas de barrages,
ni de contrôles sur les routes.
Si vous tentez quelque chose, il le saura.
Il me tuera.
Il me tuera comme les autres.
Quand il sera à l'abri, il me laissera partir.
Il me l'a promis.
Il me laissera rentrer à la maison.
Mais fais ce qu'il te dit.
Je t'aime, maman.
Et pardon.
[Gaspard] Virginie.
C'est votre fille.
Je peux pas prendre cette décision pour vous.
[Gaspard] On fait quoi ?
[Julien] Ils peuvent pas être loin.
Ils ont dû prendre la nationale ou l'autoroute.
On appelle la PAF.
On leur envoie le signalement de Maya et de Lopez.
Mais y a une otage, qu'ils interviennent pas sans nous.
S'il se sent pris au piège, il la tuera.
[Julien] Mais Virginie, il va...
Au moins, je gagne quelques heures.
[musique inquiétante]
[femme] Le cyclone qui a frappé les Caraïbes hier
et qui a fait 12 victimes continue sa route vers le nord.
[homme] Voilà pour ces dernières infos.
Passons à la Bourse...
[femme] Depuis hier, les recherches continuent
pour retrouver l'adolescente enlevée
par celui qui serait l'étrangleur des Ardennes.
Les battues se poursuivent sur les plateaux,
mais les chances de retrouver la jeune fille semblent...
On épluche tout.
On doit trouver où il compte aller.
[Virginie] Téléphone, appareil photo, tout.
M. Lopez était prof d'histoire avant d'être proviseur.
Il les publiait à compte d'auteur.
Quand j'étais môme, il en a fait acheter à toute la classe.
[musique intrigante]
- C'est lui ? - [Gaspard] Oui.
- Et Maya ? - On en sait rien.
Il a dû partir avec elle.
Vous avez une idée d'où il a pu l'emmener ?
Ou se cacher.
Vous vous souvenez d'autre chose ?
J'ai passé la moitié de ma vie à côté de lui,
et ça m'est jamais revenu.
Comment c'est possible ?
J'aurais pu éviter tout ça.
Il y a un truc derrière.
C'est quoi, ça ?
C'est une veste ?
[Virginie] Y a un truc
dans la poche.
Elle est vivante !
Oui.
Tu vas la retrouver.
Je sais que tu vas la retrouver.
On a du boulot.
Je peux faire quelque chose ?
Non.
Je t'appelle, OK ?
Je viens pas pour les médicaments ou votre témoignage.
Vous pouvez fermer la porte ?
Il faut que je vous parle.
Qu'est-ce qui se passe ?
C'est votre ex-mari.
Gilles ? Il lui est arrivé quelque chose ?
Madame Muller...
C'est votre ex-mari qui vous a volé le Xarédil.
[Gaspard] Jennifer, les autres filles, Manoa...
C'est lui qui les a tués.
Je suis désolé.
[Gaspard] Vous savez s'il a une maison à l'étranger,
ou des contacts ?
On a rien trouvé chez lui. Comment j'ai rien vu ?
Il a toujours été gentil.
Madame Muller.
Savez-vous où votre ex-mari a pu tenter de fuir ?
Non.
Non.
Il n'aimait pas voyager.
Il mettait une fleur sur mon oreiller tous les soirs.
[Virginie] Inverse l'image.
Ouais.
Attends, c'est quoi ? "Air".
"547".
C'est un billet d'avion.
[musique intrigante]
Il a acheté des billets d'avion sur Transair.
La compagnie dessert que Lille et Bruxelles.
Il va vers l'un des deux aéroports.
On fait la liste des passagers sur tous les vols.
Je crois que je les ai.
Deux places au nom d'un Paul Trudeau,
et sa fille Chloé Trudeau.
Mais y a pas de Paul et Chloé Trudeau dans la région.
Et le vol ?
[Julien] Lille-Casablanca, dans trois heures.
- J'appelle l'aéroport. - [Virginie] J'y vais.
[musique angoissante]
[sirènes de police]
La PAF de Lille aura des hommes en civil.
Capitaine, ça va ?
Ce film...
Il sait qu'on respectera pas ses conditions.
Alors, à quoi il sert ?
Il nous aura permis de trouver le billet.
Vous trouvez pas ça bizarre, pour quelqu'un qui s'enfuit,
de laisser son billet dans le champ ?
Lopez a échappé à la police pendant 30 ans,
et il fait cette erreur ?
Il veut nous envoyer à Lille ?
Parce qu'il y est pas.
Le temps qu'on s'en aperçoive, il aura disparu.
Il est parti où, alors ? Là où on pensera pas à le chercher.
Les livres qu'il a écrits, vous avez mis la main dessus ?
Montrez-moi.
[musique inquiétante]
J'ai soif.
Y a une bouteille d'eau dans le sac, derrière.
Pas de bêtises.
Rassieds-toi, maintenant.
Vous me laisserez partir, quand on aura passé la frontière ?
Je te l'ai promis.
[musique inquiétante]
[sirènes de police]
[sonnerie]
[Gaspard] Lopez va pas à Lille.
Il passe en Belgique par la réserve de Givet.
Quoi ?
Voici les chemins empruntés par les passeurs
pendant la Deuxième Guerre mondiale.
S'ils ont réussi à passer sous le nez des Allemands...
Il va prendre l'un d'eux.
Pas celui-là, à mon avis. Il n'est plus praticable.
[Julien] C'est trop dangereux. Un de ces deux-là.
Attention !
Putain !
Merde !
Maya, arrête !
Maya, arrête !
[musique angoissante]
Maya !
Maya !
[musique angoissante]
Arrête, Maya !
Arrête !
Arrêtez !
Laissez-moi rentrer !
Vite !
Démarrez, vite !
[sonnerie]
- [Gaspard] Vous êtes où ? - À la réserve dans 20 minutes.
- Vous êtes loin ? - Non, bientôt sur place.
Les renforts nous rejoignent, l'alerte est lancée.
Capitaine, je vous rappelle.
Allô ?
[Maya] Maman, c'est moi.
Maya !
Maya !
[Maya] Maman.
T'es où ?
[musique douce]
Maya !
[sanglots]
Ça va ?
[musique inquiétante]
[communications radio]
[hélicoptère]
[aboiements]
Un des hélicoptères l'a repéré.
Où ? Là.
C'est quoi, ça ?
Le Col d'Haurs. Il peut pas passer par là.
C'est perché en hauteur et y a des gars partout autour.
Il est coincé.
On le tient.
- Vous allez où ? - Je vous rejoins.
Allez.
[sonnerie]
[musique intrigante]
Lopez !
Posez votre arme !
[Julien] Posez votre arme, putain !
Lopez.
Je veux pas vous tirer dessus. Posez votre arme au sol.
Lopez !
Posez votre arme !
Tout de suite.
Allez, sur le sol, doucement.
Voilà.
Maintenant, couchez-vous.
[Julien] Sur le sol.
Couchez-vous sur le sol !
[Julien] Non, Lopez, arrêtez-vous.
Lopez.
Arrêtez !
Couchez-vous sur le sol !
[musique intrigante]
Putain Lopez.
Faites pas le con.
C'est bon, allez.
[il hurle]
C'est bon, ça va aller.
[générique du journal télévisé]
Pierre, tu peux monter le son ?
Bienvenue dans cette édition spéciale.
Retournement inattendu dans l'affaire de l'étrangleur des Ardennes.
Il s'agit de cet homme,
Gilles Lopez, 57 ans, proviseur au lycée que fréquentaient
Jennifer Lenoir et Maya Musso.
Il a été conduit à la brigade de Charleville-Mézières,
où il devra répondre aux nombreuses questions de la gendarmerie.
Il y a quelques heures, Maya Musso, l'adolescente enlevée à Montfaucon,
a été retrouvée saine et sauve.
Elle avait été retenue dans le sous-sol de sa maison.
Les voisins, qui n'habitaient qu'à une centaine de mètres...
[journaliste] Mme Lopez !
Quelques questions !
[musique grave]
Maya !
Ma chérie !
J'ai été le chercher.
Qu'est-ce qui s'est passé avec Jennifer ?
Comment vous avez pu...
violer
et tuer les gamines...
que vous avez vues grandir ?
Qu'avez-vous fait à Maya quand elle était enfermée chez vous ?
Qu'avez-vous fait à Maya ?
Vous avez prévenu ma femme ?
C'est moi qui pose les questions et vous qui répondez.
Je sais ce qui m'attend, j'ai rien à perdre.
Et vous, vous avez besoin de réponses.
Vous avez prévenu ma femme ?
Où vous allez ?
Je vous ai posé une question.
Avez-vous prévenu ma femme ?
Ma réponse est plus importante pour vous
que vos réponses pour moi.
J'ai rien fait à Maya.
Je l'ai pas touchée.
Elle a toujours eu à boire et à manger.
Et Louise Martin, vous lui avez fait quoi ?
Elle est où ?
[Gaspard] Et cette femme, c'était qui ?
Vous connaissez son nom ?
Je veux voir ma femme, d'abord.
[Gaspard] On a prévenu votre ex-femme.
Elle veut plus entendre parler de vous.
[Gaspard] Ces deux filles, c'est vous qui les avez tuées ?
Comment vous avez pu faire ça ?
Elles vous faisaient confiance. Je me suis jamais posé la question.
Mais bon... Qui est...
le vrai bourreau ?
Hein ?
Celui qui égorge la vache ?
Celui qui la nourrit pour l'engraisser ?
Celui qui décide qu'elle fera de la viande
et pas du lait ?
Celui qui l'a fait naître ?
[Lopez] Je suis pas le seul coupable.
Si Vincent avait pas couché avec Jennifer...
elle serait pas partie cette nuit-là.
Eh ouais...
Le bourreau...
la vache.
T'as oublié quelque chose ?
Je rentrerai pas avant 20 h, ce soir.
Je sais, tu me l'as dit.
Avant 20 h...
je veux que t'aies fait tes valises et que tu sois parti.
Tu prends un hôtel,
tu trouves une location, tu fais ce que tu veux...
mais quand je rentrerai, tu seras plus là.
Tu verras les enfants, je t'en empêcherai jamais.
Mais moi, je veux plus te voir.
Tu peux pas faire ça. Laisse-nous du temps.
On a besoin de temps.
J'arriverai jamais à te pardonner.
J'ai fait une connerie,
je sais.
Je m'en foutais.
Je te parle même pas de Jennifer.
Franchement, ça, je...
Je t'aimais tellement...
que j'aurais essayé de te pardonner.
Mais que tu m'aies rien dit...
quand Maya a fugué,
que tu m'aies laissée comme ça
me demander ce que j'avais fait,
je peux pas.
J'ai essayé.
Je peux pas.
20 h.
Je dois y aller, il est arrivé.
[Thierry] C'est pas loin, tu viendras me voir le samedi.
L'assistante sociale passera te voir demain, pour...
Pour la suite.
Quand on m'a arrêté, avec ma cargaison,
je la portais à mon receleur.
Je lui avais dit que c'était la dernière fois.
Que je raccrochais.
Je savais que j'irais en prison, mais...
Là, je l'ai bien cherché.
Je déferai jamais tout ce que je t'ai fait.
J'y arrive pas.
J'arrive pas à partir en me disant que tu me détestes.
Je voulais vraiment essayer.
[musique grave] On peut s'arrêter quelque part, avant ?
J'ai un truc à régler.
Il est dans la serre.
Ça fait trente ans que je me répète ce que je veux vous dire.
Ils auraient dû m'envoyer en prison.
J'avais quinze ans, mais je savais ce que je faisais.
Je savais juste pas qu'ils seraient dans la maison.
Votre femme et votre fils.
[il renifle]
[Thierry] Mais ça change pas ce que je suis devenu ce jour-là.
Il est temps que je paye.
C'est bien que je paye.
Je vous demande pardon.
Ça les ramènera pas, mais je pense à eux chaque matin.
[Abraham] Merci.
Pour ce que tu as fait pour Eve.
Eve.
Je veux pas qu'Océane aille en foyer.
Je veux pas qu'elle passe deux ans seule avec des étrangers.
Je peux demander un tuteur
ou une tutrice.
Tu veux qu'elle vienne vivre avec moi ?
Mmm.
Personne s'en occupera mieux que toi et Abraham.
Bien sûr, évidemment.
Bon, je peux y aller, maintenant.
[musique douce]
Vous êtes sûre ?
Oui.
Je t'attendais plus tôt.
J'ai toujours su que ce serait toi qui me ferais tomber.
Que la boucle serait un jour bouclée.
Vous avez tué Manoa.
Il se mêlait de ce qui le regardait pas.
Et vous avez tué ma mère.
Elle faisait du stop sur la route avec toi.
Je savais pas ce que je ferais quand je me suis arrêté pour la prendre.
C'était la première fois.
Tu t'es endormie...
à l'arrière.
J'ai pris la route de la forêt, je me suis arrêté...
Je lui ai dit que j'avais un pneu crevé.
Elle est descendue, elle aussi.
Peut-être que si elle était pas descendue...
Si elle avait pas été en minijupe...
Et moi ?
Pourquoi vous m'avez pas tuée ?
C'est bizarre, mais je pouvais pas tuer un enfant.
Je suis revenu à la voiture, tu dormais encore.
Tu t'étais rendu compte de rien.
J'ai roulé jusqu'à l'endroit le plus isolé de la forêt...
Et vous m'avez laissée là.
[Lopez] Oui.
T'aurais jamais dû survivre.
Mais Manoa m'a trouvée.
Quand je t'ai vue arriver au collège...
je t'ai tout de suite reconnue.
Mais pas toi.
Alors je cherchais dans tes yeux...
Je voyais rien.
Ça fait vingt ans que j'attends.
Vingt ans.
Chaque jour, je me disais...
"Est-ce que ce sera aujourd'hui ?
Aujourd'hui qu'elle retrouvera la mémoire ?
Aujourd'hui qu'elle mettra un terme à ma vie ?"
Pourquoi vous avez pas essayé de me tuer avant ?
[Lopez] Je sais pas.
Peut-être parce qu'on partageait le même secret.
Même si tu le savais pas. Chaque fois que je te regardais...
Je voyais ta mère.
Ma mère.
Vous lui avez parlé ?
Elle vous a dit son nom, d'où elle venait ?
Tu penses que je vais te le dire ?
Pourquoi vous croyez que je suis là ?
Pour me dire au revoir.
Qui était ma mère ? Vous me devez au moins ça.
Qui était ma mère ?
Je lui ai pas demandé son nom.
J'ai pas regardé ses papiers.
Je comptais pas la fréquenter longtemps.
Non, elle vous l'a forcément dit.
[la porte s'ouvre]
Je crois que ça suffit, là.
Eve.
Arrivederci.
[musique intrigante]
Il sait quelque chose, j'en suis sûre.
"Arrivederci". Pourquoi me dire au revoir en italien ?
Il a demandé à aller aux toilettes.
Ma mère était italienne ?
C'est pour ça que j'ai rien trouvé en France ?
[musique intrigante]
Ça va aller ?
Ouais, pourquoi ?
[musique douce]
J'ai essayé de t'appeler.
Je voulais te remercier...
de pas avoir mentionné ce que les garçons ont fait.
Je peux vous parler ?
On sait qui elle est.
Votre mère.
Et on sait qui vous êtes.
J'ai fait tous les fichiers européens de disparitions en cherchant...
une mère avec sa petite fille.
Votre mère ne figurait nulle part.
En fait, on cherchait au mauvais endroit.
Elle était dans un autre dossier.
Pour non présentation d'enfant.
Vous aviez raison, votre mère était italienne.
Elle s'appelait...
Paola D'Annunzio.
Elle vivait à côté de Turin.
À vingt ans, elle a eu une petite fille,
avec son petit-ami Luca.
Ils étaient pas mariés.
Ils se sont séparés trois ans après la naissance.
En juin 1992, Paola a quitté Turin pour Rome.
On lui avait proposé un travail là-bas.
Avant son départ,
ils se sont disputés.
Luca ne voulait pas qu'elle parte avec l'enfant.
Il a même entamé des démarches pour obtenir la garde.
Mais Paola est partie quand même.
Et elle a plus donné de nouvelles.
Luca a contacté les autorités
quand elle lui a pas remis l'enfant pour les vacances.
La police italienne l'a cherchée...
mais au bout d'un moment, ils ont lâché.
Ils ont sans doute pensé que c'était une affaire de famille.
Paola avait plus de parents.
Affaire classée.
En 1992 ?
Abraham m'a trouvée en 1994.
J'ai passé deux ans dans la forêt ?
Oui.
Je sais pas ce que votre mère venait chercher dans la région.
Elle avait peut-être rencontré des gens
ou trouvé du travail.
Vous êtes sûr que c'est elle ?
Après votre disparition, Luca a remis une photo à la police.
J'en ai demandé une copie à Interpol.
[Eve] Le dessin de Manoa.
Je m'appelais comment ?
Gabriela.
Et mon père ?
[Gaspard] Il a continué à vous chercher.
Il a relancé la police.
Il y a quinze ans...
il a épousé une Française
et s'est installé en Belgique, près d'Ostende.
Ils ont eu un fils.
Vous avez son adresse ?
Oui.
[musique douce]
Je t'appelle en arrivant là-bas.
Ça va aller, avec Océane ?
C'est pas la première fois que je m'occupe d'une ado.
Tiens.
[musique douce]
[homme] Oui ?
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