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Hier,
15 septembre 1974,
un jeune homme est arriv�.
Comme moi avant lui,
il est venu seul.
Ils avaient dit :
"Nous reviendrons vous chercher.
"Quel que soit le temps que �a prendra,
"nous reviendrons."
Quand les fleurs d'acacias tomberont
Apr�s avoir travers� monts et rivi�res On sera � Changchun
Maintenant qu'il n'y a plus de bandits
Le soleil se couche sur la neige
Mon �p�e pleure
Les troupes avancent dans le d�sert de sable
M�me si nos casquettes g�lent
En premi�re ligne pour la Patrie
Nous avons lutt� jusqu'ici...
Je reviendrai.
Quand les fleurs d'acacias tomberont
Apr�s avoir travers� monts et rivi�res On sera � Changchun
Maintenant qu'il n'y a plus de bandits
Le soleil se couche sur la neige
Mon �p�e pleure
Les troupes avancent dans le d�sert de sable
M�me si nos casquettes g�lent
En premi�re ligne pour la Patrie
Nous avons lutt� jusqu'ici
Et nous lutterons jusqu'� la fin de l'hiver
Au revoir
Les troupes avancent dans le d�sert de sable
M�me si nos casquettes g�lent
En premi�re ligne pour la Patrie
Nous avons lutt� jusqu'ici...
Allez.
C'est fini...
Mettez-moi en prison.
Qu'est-ce qui est fini ?
Tu voulais �tre pilote, c'est �a ?
Cette chanson que tu chantais,
tu l'as apprise dans les maisons de plaisir ?
Ne sois pas g�n� !
C'est pas comme si je ne connaissais pas ce genre de plaisir avec les filles.
Tu n'as jamais connu de femme ?
De toute fa�on,
ce n'est pas une bonne p�riode pour penser aux filles.
Allez,
raconte-moi.
J'ai commenc� l'�cole des Officiers
pour �tre pilote.
Ils ont dit
que je ne serai pas pilote.
Parce que j'ai le vertige.
Mais,
ils ont dit qu'il y a une mani�re.
Ils mettent juste assez d'essence
pour aller jusqu'aux bateaux am�ricains.
Pas pour revenir.
Ils ont dit qu'ils me donneraient quelque chose
qui enl�ve le vertige, et m�me la peur.
Mais toi,
tu n'as pas pu, hein ? Pourquoi ?
Onoda.
Regarde-moi.
Je suis le Major Taniguchi Yoshimi.
As-tu d�j� entendu parler de l'annexe de Futamata de l'�cole de Nakano ?
Tu ne seras pas pilote.
Mais il y a d'autres mani�res d'�tre fier.
Tu sais pourquoi tu n'es pas mont� dans l'avion ?
Parce que tu ne veux pas mourir.
Tu refuses de boire avec ton p�re ?
Je ne bois plus.
Toi ?
O� es-tu affect� ?
Je ne sais pas encore.
Comment �a ?
Tu en as forc�ment une id�e.
Ton fr�re est en bons termes avec l'�tat-major.
- Il pourrait... - Non, merci.
Ton corps, c'est la Patrie.
Ne le laisse pas � l'ennemi.
Si tu es fait prisonnier,
sers-t'en pour mettre fin � ta vie.
Es-tu pr�t � donner ta vie pour l'Empereur ?
Dis-le-moi.
16 h 30 : arriv�e � Lubang. Accueilli par le Capitaine Hayakawa.
Les Am�ricains ont pris Lu�on.
Ils approchent.
Leur attaque sera massive.
L'a�rodrome doit �tre d�truit au plus vite.
Puis les installations portuaires � Vigo, Tilik et Looc.
Autre urgence : stocker vivres et munitions dans les montagnes.
Messieurs, je vous remercie.
Attendez, il faut...
Nous vous avons entendu. Messieurs.
Escouade des Bateaux-Kamikazes, Lieutenant Suehiro.
Lieutenant Onoda.
Vos instructions ne peuvent �tre suivies.
Ce sont des ordres.
Ce n'est pas ainsi qu'il faut repousser l'ennemi.
D�s que la flotte ennemie sera en vue, mon escouade passera � l'action.
J'ai �t� envoy� ici pour pr�parer une r�sistance autonome.
Je dois diriger la garnison dans cette perspective.
"Diriger" oui, pas "Commander".
Le Capitaine Hayakawa commande.
Peu importe.
L'�tat-major a d�cid� d'une nouvelle strat�gie : la gu�rilla !
J'ai des ordres officiels.
Nos forces vont bient�t reprendre le contr�le du ciel.
Votre inexp�rience vous dessert.
Bien !
Buvez un peu, on repart.
Les hommes souhaitent se reposer ici, passer la nuit.
Il y en a qui sont malades.
�coutez.
Je ne sais pas � quoi on vous a habitu�s, mais le temps n'est plus au repos.
On y va !
Comment avez-vous os� agir dans mon dos ?
Vous avez �puis� ces hommes !
Qu'est-ce que vous voulez encore d'eux ?
Qu'est-ce qui vous arrive ?
L'a�rodrome ne doit pas tomber aux mains de l'ennemi.
- J'applique mes ordres. - Suffit ! Je vous retire ces hommes !
J'en trouverai d'autres.
Capitaine !
D�gagez le passage !
Posez-le !
C'est une crise de calculs.
Il souffrira jusqu'� l'expulsion du caillou.
Excusez-moi.
Le maire de Lubang est l�.
Faites-le partir.
Capitaine Hayakawa. Laissez-moi commander.
- Sales Donkos ! - L'ennemi se rapproche.
Il dit que nos hommes ont vol� du caf� et du riz � ses paysans.
Arr�tez �a !
Saloperies de Donkos !
Toujours l� � se plaindre !
Rentre chez toi, prie pour que les Amerloques d�barquent !
Il n'y a pas de voleurs dans ma garnison !
Sortez-le !
D�gage !
Transf�rez-moi le commandement.
�a ira mieux d�s demain matin.
C'est � Tilik !
Les Am�ricains sont � Tilik !
Qu'est-ce qui se passe ?
Qui vous a dit de faire �a ?
Reprenez-vous !
O� est le Second Kuroda ?
- Calmez-vous ! - Lieutenant !
Le caf� a disparu !
Il �tait l� hier !
L�che-moi !
C'est un vol !
C'est un vol ! Lieutenant ! Il faut le retrouver !
Une civi�re pour le Capitaine !
Capitaine Hayakawa !
Il faut rejoindre l'Escouade Radar au Camp 900 !
Le Capitaine vous...
Kozuka.
Pourquoi on l'appelle le "Camp 900" ?
Cette montagne fait 900 m�tres de haut.
Lieutenant Suehiro...
Qu'est-ce qui s'est pass� ? O� sont vos hommes ?
Les navires ennemis �taient � peine � 200 m�tres.
On avait cach� nos bateaux charg�s d'explosif.
Mais...
Quand on a commenc� � embarquer, ils nous ont pris par surprise.
Tous mes hommes.
Mais...
vous �tiez bien avec eux ?
Vous mettez en cause ma parole ?
J'ai saut� � la mer et j'ai nag�.
Qu'est-ce que vous savez d'autre ?
Vous avez vu l'Escouade Radar en arrivant ici ?
Ils ont tous �t� tu�s � Tilik.
Il n'y avait que des corps carbonis�s.
Les Am�ricains sont d�j� dans les terres.
Ici, il n'y a que les malades.
Dans une tente par l�.
Qu'est-ce que vous avez ?
On ne sait pas.
Peut-�tre le typhus.
L'ennemi est en chemin.
On vous emm�ne avec nous.
S'il vous pla�t,
laissez-nous nous tuer ici.
Que se passe-t-il ?
- J'ai tu� une sentinelle am�ricaine. - O� �a ?
� un kilom�tre.
Faut pas rester ici.
Lieutenant.
Nous attendrons l'arriv�e des ennemis.
Nous les emporterons avec nous.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est du "Chewing Gum".
C'est encore mou.
Lieutenant,
que fait-on maintenant ?
Vous savez,
certains n'ont pas mang� depuis plus de deux jours.
La situation est trop incertaine.
Avant tout,
il va falloir nous r�organiser.
On va � la cache des vivres.
Il faut �valuer combien de temps on peut tenir.
- D'o� tu reprends du riz ? - L�che-moi !
Arr�te de geindre toi !
Je l'ai vu ! Il en a repris !
Plus jamais �a.
Si l'ennemi attaquait pendant les repas, on serait morts en deux minutes.
Pour �viter l'an�antissement,
je propose de se s�parer en deux rations.
Euh...
en deux sections.
Les hommes sont d'accord avec moi.
Il n'est plus apte au combat.
Si �a se trouve, il veut m�me se rendre.
Il faut se m�fier de lui.
Et aussi des soldats qui sont sous son influence.
Ils se comportent comme des porcs.
Choisissons les hommes les plus solides.
Il pourra garder le reste.
Shimada.
Il parle peu mais il est solide et volontaire.
Akatsu suivra Shimada partout.
Et ceux-l� ?
Ils sont toujours fourr�s ensemble.
Oshima, Sakamoto et Sato.
Les "Tripl�s de Mito".
On va se s�parer en deux groupes. C'est la meilleure solution.
- Kozuka. - Oui.
Shimada.
Akatsu.
Oshima, Sakamoto et Sato, vous ferez partie de mon unit�.
Le reste part avec le Lt Suehiro.
Prenez deux sacs de riz et allez-y maintenant.
Allez ! On se s�pare !
Bon ! �coutez-moi bien.
Je vous ai choisi car vous vous tenez encore comme des hommes.
Un soldat japonais n'ob�it pas � son ventre !
Avec ce qui est stock� ici, on peut tenir facilement plusieurs mois.
Vous croyez qu'il y a encore beaucoup de soldats japonais ?
On le saura vite.
Mais de toute fa�on,
�a ne change rien � notre objectif.
Quel objectif ?
La r�sistance totale !
Harceler les Am�ricains avec nos attaques.
R�cup�rer la ma�trise du terrain par la gu�rilla.
Il faut continuer � chanter nos chants !
Lieutenant.
Les Tripl�s de Mito sont partis.
Lieutenant.
Les Tripl�s de Mito sont partis.
On fait quoi ?
Ils ont pris la fuite. On les rattrape ?
Non.
Laisse-les.
On a plus important � faire.
Qu'est-ce qu'il a ?
Un coup de froid.
�a va passer.
Bon.
L'ennemi a d�barqu� l�.
C'est le meilleur endroit pour installer sa base.
On va s'en assurer et d�cider d'une action.
� quatre, bien organis�s, on peut tuer des centaines d'hommes.
On est ici.
Il faut remonter sur ce flanc montagneux.
De l�, on aura une vue dominante.
Mais...
avec une pluie comme �a, c'est dangereux.
Il y a des torrents de boue.
�a devient vite impossible de se rep�rer.
� la premi�re accalmie, on y va.
Les troupes avancent dans le d�sert de sable
M�me si nos casquettes g�lent
En premi�re ligne pour la Patrie
Nous avons lutt� jusqu'ici
On dirait que la p�che a �t� bonne !
J'en ai trouv� plein.
Qu'est-ce que c'est ?
Am�ne-moi la machette.
C'est �norme !
�a s'appelle "gonchis".
Tu as vu quelque chose ?
- T'as entendu des tirs ? - Non, rien du tout.
C'est encore meilleur quand c'est cuit.
Mais m�me cru c'est bon.
Non !
Attention.
Ne mangez surtout pas cette partie blanche, c'est du poison.
Il y en a beaucoup sur l'�le.
Mais il y a surtout des bananiers et des cocotiers.
On peut manger quasiment que �a et �tre en bonne sant�.
Comment tu sais tout �a ?
Ma famille tient une ferme. Tout le monde y travaille.
Quand on doit faire le charbon,
il faut passer un mois entier seul dans la montagne.
C'est pour �a que je connais les fruits et les arbres.
Les Tripl�s de Mito.
Lieutenant !
O� sont les Am�ricains ? R�pondez-moi !
R�pondez-moi !
D'o� ils sortent ?
Pas yankees !
Yankees partis !
Pas yankees !
La guerre finie !
La guerre finie !
Vous faites le moindre geste, je vous bute !
Attention !
� couvert !
Kozuka, fais le tour !
Vous en voyez encore ?
Y a plus rien de mon c�t� !
Pareil !
Quelqu'un a �t� touch� ?
Ils ont dit : "War over."
Vous les avez entendus, non ?
Et si on avait tu� des gens avec qui on n'est plus en guerre ?
Qui a tir� la premi�re balle ?
Nous ?
C'est les Donkos.
Mais...
Ils ont dit : "War over."
Ils ont fait feu sur nous, on est toujours en guerre !
Ne l�che jamais �a !
Un ennemi est un ennemi,
qu'il soit am�ricain ou philippin.
Il y a un ennemi, il y a une mission ! Ma mission...
Il est temps que je vous dise quelque chose.
Je suis...
Je ne suis pas un soldat de l'arm�e r�guli�re.
J'ai re�u une �ducation secr�te, dans une �cole secr�te
o� j'ai �t� form� pour une mission.
- C'est... Quel genre d'�ducation ? - Vous allez m'�couter, sans parler.
Mauvais gar�ons !
Bons � rien !
Vauriens !
C'est comme �a qu'on vous appelle, non ?
Moi, j'ai grandi dans une petite ville c�ti�re.
Peu importe laquelle.
Imaginez seulement les soirs chauds d'�t�, sans vent.
Imaginez maintenant...
Les moustiques volant par milliers dans la nuit.
Vous savez le bruit qu'ils font.
Eh bien imaginez,
le jour o� ils ont disparu,
le silence qui s'est install�.
C'est le jour o� est arriv� d'Am�rique
un produit chimique � mettre sur les murs.
En fait, ils n'avaient pas tous disparu.
Il restait ceux qui se posaient au plafond.
La t�te en bas.
Une position inconfortable et une conduite
consid�r�e comme stupide pour le commun des moustiques.
N'emp�che qu'eux ont surv�cu !
Vous �tes de cette race.
Vous vous posez au plafond.
Vous ne le savez pas encore
mais vous avez un don rare pour la survie.
Il y a la guerre...
et il y a la guerre secr�te.
GUERRE SECR�TE
Renseignement,
d�cryptage de la propagande ennemie,
dissimulation :
nous vous apprendrons toutes ces techniques.
Mais, par-dessus tout,
� penser et � d�cider seuls.
Parce que cette guerre, il vous arrivera de la mener seuls.
Secr�tement.
Nous vous apprendrons donc des secrets.
Secret n� 1 :
Vous n'avez pas le droit de mourir.
Tous les autres s'ils veulent, mais pas vous !
Toujours,
vous devrez trouver une autre solution.
TOUJOURS !
L'honneur existe, bien s�r.
Simplement, vous concernant, il n'est plus au m�me endroit.
Vous seuls d�ciderez o� il est.
Au plafond, par exemple.
Car le principe qui structure la guerre secr�te,
c'est qu'en derni�re instance,
chacun y est son propre officier.
Parmi les soldats que vous rencontrerez sur le terrain,
certains seront r�ticents
car ils ignoreront la vraie nature de votre mission
et s'accrocheront � leurs vieux r�flexes.
Ainsi,
il vous faudra trouver les hommes les plus fiables.
Dans la guerre secr�te,
la l�g�ret� et la pr�cision sont fondamentales.
Il vaudra mieux �tre peu nombreux,
que mal accompagn�.
Vers Sado le vent bat l'herbe et les feuilles
Sado n'est-il pas un endroit agr�able � vivre ?
"Viens", me dis-tu.
Mais je ne peux m'y rendre facilement.
Sado est loin, au-del� des vagues de la mer.
De Sado, je peux parvenir � Izumozaki...
Tu te trompes.
C'est pas Izumozaki !
C'est "De Sado je peux atteindre Kashiwazaki en bateau" !
Qu'est-ce que tu racontes "Kashiwa" ? Non c'est Izumozaki.
Non !
De Sado
je sens la chaleur de Niigata apport�e par le vent
Mais pourquoi ta voix n'arrive pas jusqu'� moi ?
C'est comme �a dans la version de Katsutaro Komori !
De Sado
Je peux ramer jusqu'� Izumozaki
C'est bien �a ? T'es d'accord ?
Mais pourquoi mes sentiments ne parviennent pas jusqu'� toi ?
�a se termine par �a non ?
Depuis Sado
Je peux entendre le chant des soldats � Futamata.
Mais pourquoi ne chantent-ils plus
avec moi ?
Moi aussi, j'aime beaucoup cette chanson.
Vous savez pourquoi ?
Cette chanson
- asseyez-vous -
a quelque chose de sp�cial.
� votre avis, qu'est-ce que c'est ?
Elle vient de Sado ?
On dirait que tu aimes t'amuser toi ?
J'ai une question pour toi.
Est-ce qu'ici c'est le bon endroit pour s'amuser ?
Non.
Ne penses-tu pas pouvoir t'amuser et apprendre en m�me temps ?
R�essayons.
Cette chanson, qu'est-ce qu'elle a de sp�cial ?
Je reformule.
Quand j'ai chant�, j'ai chant� la m�me chose que toi ?
Non.
Alors, fais la m�me chose que moi.
Depuis Sado
Je peux entendre le chant des soldats � Futamata.
Chaque mot est important.
Je n'ai pas dit : "Chante la m�me chose que moi".
J'ai dit : "Fais la m�me chose que moi".
De Sado
Je sens la chaleur de Niigata apport�e par le vent
Mais pourquoi mes sentiments ne parviennent-ils pas...
J'essaie de t'apprendre quelque chose.
Si tu ne comprends pas ce que je dis,
c'est que tu n'as rien � faire ici.
C'est que je me suis tromp�,
et que j'aurais d� te laisser dans ta taverne.
Pour la derni�re fois,
fais la m�me chose que moi.
De Futamata
Je sens le bras du Major qui m'emporte vers la gloire.
Mais pourquoi ne puis-je pas me rasseoir � table ?
Voil� ce qu'elle a de sp�cial :
quelles que soient les paroles, c'est la m�me chanson.
Elle est immortelle.
Cela vaut �galement pour la guerre secr�te.
L'improvisation, l'adaptation, l'initiative : c'est la clef.
Ce qui compte, c'est que la chanson continue � �tre chant�e.
Vous,
vous seuls,
�tes votre propre officier !
Votre formation s'ach�ve.
Dans quelques heures, vous serez loin d'ici.
Vous n'�tes plus des soldats ordinaires.
Mensonge, trahison, humiliation. Rien ne vous est interdit !
Rien !
Le reste du pays y verra de l'infamie.
Personne ne saura que vous vous battez avec honneur !
Vous seuls saurez que vous agissez avec gloire !
N'attendez aucune r�compense.
Voil� notre dernier secret :
la seule r�compense de la guerre secr�te,
c'est l'int�grit�.
L'int�grit� !
C'est une gloire sans gloire.
Une gloire secr�te.
Il vous est absolument interdit de vous donner la mort !
�a prendra peut-�tre 3 ans, 5 ans, mais quoi qu'il arrive
nous reviendrons pour vous !
Nous reviendrons !
Si vous devez vivre de noix de coco,
faites-le !
Mangez des racines !
Mangez de la terre !
Mais survivez co�te que co�te !
Oui !
Ensuite,
j'ai re�u l'ordre de mission pour Lubang.
En premier lieu, d�truire les infrastructures.
Puis an�antir l'ennemi, emp�cher son d�barquement.
Tenir cette �le
jusqu'au retour de nos forces.
C'est pour �a que je suis arriv� avec autant de munitions.
D'autres, comme moi, ont d� �tre assign�s sur les �les strat�giques du Pacifique.
� nous quatre,
on peut se fondre dans cette �le et la rep�rer enti�rement.
Et quand nos forces seront de retour,
il nous suffira de transmettre les informations,
pour leur permettre d'�tablir une base strat�gique pour le combat.
Si les Am�ricains ont quitt� l'�le, tant mieux pour nous !
Cette �le nous appartient.
Qui s'y oppose est notre ennemi !
Vous pouvez �tre des �claireurs.
Mais,
cette d�cision ne revient qu'� vous.
Si vous ne le souhaitez pas,
allez vous rendre.
Je vous suis, mon Lieutenant.
Jusqu'au jour de la victoire.
Je vous suis aussi.
Je vous suis aussi.
C'est le premier ennemi que je tue.
Moi aussi.
Notre premi�re t�che est de parcourir cette �le en tous sens,
d'en rep�rer chaque parcelle,
jusqu'� la conna�tre dans ses moindres d�tails.
Appelons-la "La plaine Wakayama".
C'est ma ville natale.
Allez, on continue.
"La Falaise du Serpent".
Et votre vertige ?
Plus de probl�me.
"La mamelle de Machiko".
J'ai connu une Machiko qui avait de ces mamelles.
Euh... c'est pas �a...
C'est...
Je voulais dire... euh...
"La Colline du Dromadaire".
Disons �a.
Appelons-la comme tu veux.
"Le rivage sud"...
Notre domaine r�serv� c'est le centre, la jungle.
Aucun Donko ne s'y risquera.
Ils savent qu'ils se feront tuer.
Mais
il faut qu'on ait un acc�s permanent et rapide
aux ports et surtout � l'a�rodrome.
Les zones interm�diaires sont donc capitales :
plaines et semi-montagnes.
Et l�, c'est plus compliqu�.
On va leur faire passer des "messages".
Qu'ils sachent qu'on tol�re leurs cultures
mais que le terrain est � nous.
Quand ils auront tout le temps peur, on ma�trisera toute l'�le.
Des questions ?
Pour la nourriture ?
Combien de temps on peut tenir avec le riz qui reste ?
"Le riz qui reste" ?
Akatsu...
Pour une fois que t'ouvres ta gueule, de quoi tu parles ?
Tu veux dire, avant que t'en as vol�,
ou apr�s ?
Arr�tez !
Moi, j'ai une question.
Quels messages on va faire passer aux Donkos ?
- Par l� ! - Oui !
Vers Sado
Le vent bat les feuilles des arbres et l'herbe...
C'est suffisant ! On y va !
J'ai fini d'asperger !
Allume !
On va appeler �a les "Signaux de fum�e".
On les fera � chaque r�colte, partout.
S'il y a des troupes japonaises ou des agents de liaison
dans les �les alentour,
ils verront ces feux et comprendront que Lubang est encore en lutte.
Tiens-le plus fermement.
Ce sera plus solide.
Resserre.
Juste avant de quitter le Japon, j'en ai fait une paire pour ma fille.
T'as une fille ?
Elle avait 2 ans quand je suis parti.
Elle doit aller � l'�cole maintenant.
Comment elle s'appelle ?
Il n'y a presque plus d'allumettes.
On va faire une "r�quisition" ce soir, le lieutenant et moi.
Elles s'en prennent qu'� moi.
C'est le riz que t'as tout le temps dans tes poches.
J'ai tout le temps faim.
Tu devrais rester couch� encore un peu.
Mais qu'est-ce que...
On n'a m�me pas d'ennemis.
Contre qui on se bat ?
Tu r�fl�chis trop.
Pense � autre chose.
�a aide � s'endormir.
Moi,
j'essaie de me souvenir des visages et des noms de mes camarades de classe.
Et je trouve �a �tonnant,
mais j'arrive � me souvenir de tous, m�me ceux que je pensais avoir oubli�s.
Et �a me plonge dans le sommeil sans que je m'en rende compte.
S'il ne voulait pas se rendre, Akatsu aurait pris son fusil.
Il doit se diriger vers la caserne la plus proche.
C'est celle de Looc.
Je crois pas ! Il a d� aller chercher des bananes.
Je suis s�r qu'il va vers Tilik.
- Sans arme, il risque... - Eh bah qu'il cr�ve.
Il l'aura cherch�.
Shimada. Je m'en occupe.
Laissez-moi y aller.
Je veux pas rester avec lui.
Quand il s'agit d'Akatsu, tu...
�a suffit !
Battez-vous s'il le faut,
mais prenez conscience de vos responsabilit�s.
Vous ne bougez pas d'ici.
2 JUIN - D�PART DU LIEUTENANT
Il pleut !
Il pleut !
�a devrait suffire, non ?
Y en a pas assez !
Quoi ?
Il en faut plus !
Mais il t'en faut combien ?
Ram�nes-en plus !
C'�tait dans la derni�re lettre que j'ai re�ue...
il y a deux ans.
C'est toute ma famille.
C'est ta femme ?
Oui.
Elle te ressemble la petite.
Elle s'appelle Keiko.
HUTTE TERMIN�E
Quand les fleurs d'acacias tomberont
Apr�s avoir travers� monts et rivi�res On sera � Changchun
Maintenant qu'il n'y a plus de bandits
Le soleil se couche sur la neige
Mon �p�e pleure
Les troupes avancent dans le d�sert de sable
M�me si nos casquettes g�lent
En premi�re ligne pour la Patrie
Nous avons lutt� jusqu'ici
Et nous lutterons jusqu'� la fin de l'hiver
Au revoir
J'ai 20 ans...
�a y est, tu es debout.
Bon anniversaire.
Bon anniversaire, Akatsu.
Bon anniversaire.
ANNIVERSAIRE AKATSU
Je serais mort tout seul.
Merci de ne pas m'avoir abandonn�.
Une famille,
�a abandonne ses enfants ?
Ne doute plus de ta famille.
Allez, repose-toi encore un peu.
Il se d�fait parce que tu ne fais qu'une couture simple.
Il faut recoudre encore et encore.
Comme �a, c'est solide.
�a y est, il ne pleuvra plus.
On d�truit et on nettoie.
Vous avez trouv� que �a ?
Oh ! On vit ici.
Plus maintenant.
- Tu peux pas attendre cinq minutes ? - Pour que tu recouses ses habits ?
Tu rigoles ou quoi ?
Bougez-vous !
Depuis quand tu me donnes des ordres ? Montre-moi tes galons.
Qu'est-ce que t'as, sale fermier de Mi� !
J'ai pas besoin de galons !
Stop !
�a suffit !
Tu remets ta couture � plus tard. On se d�p�che.
On n'a pas mang� de viande depuis des semaines. C'est la priorit�.
Il faut dormir pr�s d'un village, c'est l� qu'il y a des vaches.
Y a m�me pas � h�siter.
Contrairement � vous, nous, on a march� toute la journ�e.
Alors la priorit�, c'est de ne pas s'�puiser.
On reste dans le centre cette nuit, on mangera des bananes !
Pourquoi tu comprends pas une chose aussi �vidente ?
On a tous besoin de viande !
Ce qui est �vident pour moi maintenant,
c'est que j'ai envie de te casser la gueule !
Hein ?
R�p�te ce que tu viens de dire ?
Tu veux quoi ?
T'as que de la gueule ou quoi !
Rien que de la gueule !
T'as rien dans le ventre !
Tu vas voir, connard !
Rien que de la gueule.
Un jour, je vais te tuer.
C'est bon, vous �tes bien �puis�s ?
On va bivouaquer l�.
Latrines.
- C'est bien � Bago qu'il y a du b�tail ? - Oui.
En plus,
c'est le village le plus proche.
T'as raison. C'est d�cid�, demain c'est jour de viande.
C'est Shimada qui a raison.
On en a tous besoin.
Shimada, tu les vois ?
Shimada !
Il respire !
Emmenez-le !
J'arrive plus � voir...
C'�tait...
notre compagnon.
Il �tait solide et vaillant.
Il nous a beaucoup appris... hein ?
Je regrette tellement les mots durs... et les coups que je t'ai donn�s.
Je ne t'oublierai pas.
Il faut lui parler comme s'il �tait l� ?
C'est comme �a qu'il faut faire ?
Je ne sais pas quoi te dire...
Je voudrais que toi tu me dises,
si tu es mort...
pour quelque chose, ou pour rien !
Parce qu'ici,
personne ne peut me r�pondre !
Regarde-moi.
Ces paysans �taient arm�s.
Nous aussi.
Non !
C'est quoi cette attitude ?
Tu m�rites le peloton pour s�dition.
Tu le m�rites depuis ta fugue !
Je t'ai excus� parce que t'�tais jeune mais maintenant c'est fini !
Ramasse.
Vas-y. Nous, on a que des couteaux.
Ramasse.
Ramasse.
Ramasse.
Sale Donko.
Ramasse.
Ramasse.
C'est lui qui a tu� Shimada !
TUE-LE !
O� tu vas ?
Je vais sur la tombe de Shimada.
On ne fait pas �a en pleine nuit.
Demain.
Recouche-toi.
Vers Sado...
Qu'est-ce que tu fais ?
Le vent bat l'herbe et les feuilles.
Arr�te �a.
Je veux voir de mes yeux la ville de Sado.
Lieutenant.
Laissez-moi ma version.
M�me si on n'est plus que deux
vous serez jamais en s�curit� !
Vous entendez ?
Vous serez toujours en danger !
Comme Japonais et comme soldats,
nous donnerons notre meilleur en cette nouvelle ann�e.
Merci pour ce repas.
Il faut que vous sortiez.
Quoi que nous ayons fait, ils savent qu'on a agi en soldats.
Nous n'avions aucun moyen de le savoir, mais la guerre est finie.
Aucun mal ne vous sera fait.
Il faut que vous vous rendiez.
C'est la v�rit� !
Quand je me suis rendu,
les gens de l'�le ont �t� gentils avec moi.
Des personnes mandat�es par le gouvernement japonais sont avec moi.
Vous pouvez donc sortir en paix.
Hiroo.
J'esp�re que tu nous entends.
C'est ton fr�re, c'est Toshiro.
Hiroo.
Si tu nous entends, sors d�sarm�.
Hiroo.
Mon fils.
C'est un po�me que j'ai �crit pour toi.
"Le vent du Sud souffle"
"Sur le rivage je me tiens"
"Attendre une voix".
Hiroo.
Je sais que tu accomplis ton devoir.
Mais tu n'as plus rien � prouver.
La situation a chang�.
S'il te pla�t...
Essaie de changer ta mani�re de voir les choses.
Non...
C'est pas lui.
Il s'habille jamais � l'occidentale.
C'est �crit en japonais et en anglais.
Ils parlent d'une guerre en Indochine.
Mais le Japon n'a pas l'air impliqu�.
Et maintenant un mot de sport.
Les amateurs de baseball vivent des heures m�morables.
L'�quipe des New York Yankees
est venue au Japon pour disputer un match amical.
Une foule de supporters s'est rendue � l'a�roport pour voir Joe DiMaggio...
Non...
Foutaises.
C'est des r�impressions.
Ils partent des originaux puis trafiquent les articles.
Ils en font des enti�rement faux et d'autres juste rectifi�s.
Tout ce qu'ils ne veulent pas qu'on lise, ils l'enl�vent.
Pareil pour la radio,
les vraies �missions sont truqu�es et rediffus�es tr�s vite.
La rapidit� avec laquelle ils font �a, je dois admettre, c'est impressionnant.
Mais vu ce que j'ai appris � Futamata sur les radiodiffusions,
�a m'�pate pas tant que �a.
Et les annonces ?
Ce... "Boys wanted, Steak Diner" ?
Qu'est-ce que c'est que �a ?
�a veut strictement rien dire !
Et chaque fois qu'ils parlent de l'arm�e, j'y comprends rien.
Un coup, c'est les "Troupes de r�serve de la Police",
un coup c'est la "Force d'Autod�fense".
�a parle jamais des man�uvres.
S'ils cherchent � nous tromper,
pourquoi ils �crivent pas des choses coh�rentes, simples � comprendre ?
Imagine...
Un habitant de la lune lisant un journal de la terre n'y comprendrait rien.
Ils sont plus forts que ce qu'on croyait.
Ils savent que ce qui a l'air compliqu�, et m�me incompr�hensible, sonne vrai !
Il faut rationner les batteries. On restreint l'�coute � la nuit.
Mais...
C'est important d'�couter et de d�crypter.
C'est important.
Aussi, en ce jour, � la gare de Tokyo,
le train express "Tsubame" fut en service en grande pompe.
� la d�coupe du ruban vert par le Pr�sident Sogo,
l'express "Tsubame" lance son nouveau service.
Les rames de couleur "light green" glissent sur toutes les voies.
Bon, on y va.
C'est tr�s possible que le Japon soit devenu une d�mocratie.
Mais le gouvernement semble toujours vouloir b�tir la "Grande Asie de l'Est".
Et cette "Force d'Autod�fense"
est forc�ment toujours engag�e contre les Am�ricains.
La Chine communiste, Mao Zedong, �a aussi on peut le croire.
Mao a certainement d� �jecter Am�ricains et Anglais pour avoir l'appui du Japon.
Au fond, on a le m�me but. C'est normal de s'allier.
Cette alliance, on n'a qu'� l'appeler :
"Ligue de Coprosp�rit� de l'Asie de l'Est".
Je vois...
C'est bizarre, mais en m�me temps, c'est assez logique.
Et tu crois que c'est les deux seuls �tats de la Ligue ?
C'est possible que la Sib�rie du Nord ait rejet� l'ath�isme des Soviets
pour rejoindre la Ligue.
La Sib�rie ?
Tu veux dire que...
Cette r�gion...
La Russie serait encercl�e par les pays de la Ligue ?
En fait c'est vraiment possible !
Et � mon avis, on peut ajouter Java et Sumatra.
En 44, ils �taient vingt de Futamata � aller � Java pour diriger la gu�rilla.
D'accord...
La grande question pour nous, c'est :
o� en sont les Philippines ?
Absolument.
Rappelle-toi les avions.
Il y a cinq ans, c'�tait deux par jour maximum.
Depuis �a n'a fait qu'augmenter, parfois jusqu'� plus de dix par jour.
�a prouve mieux bien qu'il y a une activit� intense dans notre zone.
La guerre est tout pr�s, elle est l� !
Tu crois que ce dont parle "Sony",
les combats en Indochine,
�a fait partie de la guerre de reconqu�te de la Ligue ?
�vident !
C'est juste en face de nous !
Et pense � une chose...
Organiser une fausse exp�dition avec Akatsu,
trouver des gens qui ressemblent � mon fr�re et � mon p�re.
Imagine l'argent et le temps d�pens�s !
R�cup�rer les informations sur ma famille,
former deux personnes � imiter leurs voix ?
Tout �a pour tromper et capturer deux soldats ?
�a veut dire que notre �le est un point hautement strat�gique !
Je l'ai toujours su !
S'il n'y avait pas une op�ration japonaise imminente dans la zone,
jamais ils feraient �a !
L'arm�e va bient�t envoyer
des �claireurs pour �tablir le contact.
Ou non...
S�rement d'abord,
un agent seul.
Il faut guetter le moindre...
Le ha�ku de mon p�re !
- Le ha�ku de ton p�re ? - Attends, attends, attends...
Supposons que c'�tait vraiment mon p�re.
Il doit forc�ment y avoir un sens cach� dans le ha�ku... un message.
"Le vent du Sud..."
"Le vent du Sud souffle"
"Sur le rivage je me tiens Attendre une voix"
Incroyable !
Avec ta m�moire, t'aurais fait une bonne recrue pour Futamata !
T'exag�res !
"Le vent du Sud souffle"
"Sur le rivage je me tiens"
"Attendre une voix"
Quel genre de code �a pourrait �tre ?
Tu te rappelles que le vieillard a dit quelque chose apr�s...
C'�tait...
Voil� :
"Tu dois changer ta mani�re de voir les choses."
Quelque chose comme �a. �a sonne bizarrement, non ?
Le Major Taniguchi disait toujours : "Chaque mot est important".
VOIX
RIVAGE
Il faut trouver d'autres combinaisons ?
Je sais pas, je cherche.
SOUFFLER VOIX RIVAGE
"Une voix souffle sur le rivage..."
"Att... Attendre... le vent" ?
"Attendre le vent".
"Sur le rivage je me tiens".
Rivage...
ATTENDRE RIVAGE SUD
Il fallait lire � l'horizontale !
C'est une injonction !
T'as raison ! C'est g�nial !
Tout est compl�tement coh�rent.
C'�tait donc �a... "Changer la mani�re de voir"
La simplicit� du ha�ku, donc la simplicit� du code !
Le rivage Sud...
Si on doit y attendre,
c'est parce que quelque chose d'important va arriver l�-bas.
L'agent.
C'est �a !
Depuis tout le temps qu'on est l�, on s'est jamais baign�s.
C'est une bonne �le.
Oui...
On aurait pu tomber sur un endroit bien pire.
M�me au Japon tu sais, il y a pas beaucoup d'endroits comme �a.
L�, tout de suite, le Japon me manque pas.
Enfin...
� part les femmes !
Quand on rentrera, on sera des h�ros.
T'auras toutes les femmes que tu veux.
Moi, je dis...
Je suis heureux de t'avoir comme chef.
Moi aussi.
J'aurais pas pu tomber sur un meilleur second que toi.
Les choses sont bien faites.
Kozuka !
J'arrive !
"Houston... Radio check..."
"� pr�sent, on voit clairement la surface de la Lune."
"Je suis en bas de l'�chelle..."
"La surface ressemble � de la poudre..."
"Une poudre tr�s fine."
"Je m'appr�te � descendre..."
"Tout est bon, on pr�pare la cam�ra."
"C'est un petit pas pour... euh... l'Homme."
"Nous sommes le 21 juillet 1969..."
"Il est 11 h 56."
Pluie... Typhon...
Me tuez pas...
Elle a plus peur du typhon que de nous.
Vu qu'on l'a pas tu�e, elle croit qu'on est gentils.
T'as raison c'est une attard�e.
Tu estimes que la pluie va se calmer quand ?
Minimum quatre semaines.
Si on la chasse, elle va forc�ment en parler.
Et demain les Donkos seront l�.
�a veut dire,
d�truire la hutte tout de suite.
Effacer les traces.
Bon.
On la garde cette nuit et demain on d�cide.
D'accord.
Je prends la garde.
Tu vis o� ?
Tilik ?
Vigo ?
J'aime... Lubang.
C'est bien Lubang.
Comment tu t'appelles ?
Toi ?
Iniez.
Ou bien on la rel�che.
Ou bien...
Ou bien quoi ?
Vas-y, dis-le.
Soit on la garde jusqu'� la fin de la pluie...
Soit on s'en d�barrasse.
En joue !
En joue !
Je te cause toujours des soucis.
On n'avait pas le choix.
Il n'y a plus de risque d'infection.
Je vais faire une lessive !
Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu peux � peine marcher, si tu fais une lessive...
Je dois marcher, t'as dit !
Pas aussi loin.
Tu peux pas courir, s'il y a quoi que ce soit.
Arr�te-toi.
Tu as mal, tu vas rouvrir la plaie.
Tais-toi !
Je veux plus rester l�, � rien faire.
J'en peux plus de rester dans cette hutte pourrie !
Kinshichi...
O� est ton pistolet ?
Mon pistolet ?
Ne me dis pas que tu l'as pos� dans la rivi�re.
C'est pas normal, je l'ai pos� l�...
- Pourquoi t'as fait �a ? - Mais je te jure...
Il est parti dans le courant !
Tu comprends ce que t'as fait ?
Il va arriver jusqu'� Brol.
Tu as perdu ton arme !
Je vais le retrouver.
J'y vais moi !
Tu montes la garde ici !
Dans 3 minutes si on l'a pas trouv�, on va tout ramasser � la hutte.
Tiens, mets �a.
C'est fini.
Allez !
Regarde.
C'est un tourbillon.
�a inverse le courant.
Il est l� !
Excuse-moi d'avoir cri�.
Kinshichi !
Coupe la corde !
C'est des p�cheurs, ils ont pas de fusils !
Shimada...
Je ne t'oublie pas...
Je reviendrai.
Capitaine Hayakawa,
Second Kuroda...
Vous n'avez jamais �t� oubli�s.
Vous �tes toujours avec moi, ici.
Malades du Camp 900...
Votre sacrifice n'est pas oubli�.
Tripl�s de Mito...
C'est ici que vous avez perdu vos vies.
Je n'oublie aucun de vous.
Quand les fleurs d'acacias tomberont
Apr�s avoir travers� monts et rivi�res On sera � Changchun
Maintenant qu'il n'y a plus de bandits
Le soleil se couche sur la neige
Mon �p�e pleure
Les troupes avancent dans le d�sert de sable
M�me si nos casquettes g�lent
En premi�re ligne pour la Patrie
Nous avons lutt� jusqu'ici
Et nous lutterons jusqu'� la fin de l'hiver
Au revoir
J'aimerais parler avec vous.
Je sais que vous avez v�cu
quelque chose de long et difficile.
La guerre est finie...
depuis 1945.
Onoda-san.
Que comptez-vous faire ?
Mourir ici ?
Vous ne voudriez pas rentrer au Japon avec moi ?
Cette chanson, comment... ?
Akatsu en a parl�.
J'ai lu tout ce qui a �t� �crit sur vous.
Qui vous a envoy� ?
Je suis juste un touriste.
Onoda-san, vous fumez, n'est-ce pas ?
J'ai aussi amen� � manger.
Vous ne pouvez pas rester ici.
J'aimerais parler avec vous.
Prenez vos affaires.
Vous savez, au Japon, la plupart des gens pensent que vous �tes mort.
Onoda-san,
depuis quand �tes-vous seul ?
Je vous en prie,
racontez-moi votre histoire.
Buvons.
Haricots rouges sucr�s.
Moi non plus, je n'en ai pas vraiment envie.
Mais c'est la situation qui le r�clame.
Moi je vis en paix,
vous, en guerre.
Nos deux positions ne sont pas compatibles.
Mais,
pour r�soudre cette contradiction, pourquoi ne pas essayer l'ivresse !
Peut-�tre que �a va nous inspirer la solution.
Onoda-san.
Vous avez pas honte de me laisser boire seul comme �a ?
Moi,
j'ai beaucoup voyag�.
J'ai vu 50 pays !
Et vous ?
Moi, je...
Moi, je me suis jur� que je trouverai trois choses :
un panda sauvage.
Le Lieutenant Onoda.
Et le Y�ti !
Dans cet ordre !
Mais quand m�me,
�tre vraiment assis en face de vous,
� partager le m�me plat...
Je l'avais pas vraiment imagin�.
M�me pas en r�ve.
Je suis honor�.
Il faut chanter.
Chantons, Onoda-san !
Chantez avec moi.
Taniguchi...
Yoshimi.
C'est mon sup�rieur direct.
Allez le trouver.
Il saura quoi faire.
Trouvez le Major Taniguchi
et faites-le venir ici.
C'est plus lourd que ce que je pensais.
Cet endroit, comment vous l'appelez ?
La Berge Kozuka.
Vous sortirez vraiment de la for�t, hein ?
Vous viendrez pour de vrai ?
Oui.
Je le promets.
Alors, � dans deux semaines.
Auriez-vous un livre sur les Philippines ?
Plus pr�cis�ment sur les combats aux Philippines.
Pendant la Guerre du Pacifique.
Nous n'avons aucun livre militaire.
Je suis navr�.
En fait,
j'ai besoin d'autre chose
Taniguchi-san.
Je vais devoir m'excuser, je ne peux �tre d'aucune aide.
Je n'ai plus de lien avec mes activit�s militaires.
Ah... Qu'est-ce que j'�tais jeune.
Comme vous le savez, tout le monde fut embarqu� dans cette guerre.
Mais vous devez vous souvenir d'Onoda Hiroo.
Eh bien... je crains que... non.
Mais vous avez forc�ment entendu parler de lui.
Et de Lubang.
Tout le monde le conna�t.
C'est le dernier soldat de la guerre.
Je ne lis pas les journaux.
Et puis, des soldats, il y en a un peu partout.
Avec toutes les guerres qu'il y a dans le monde.
Vous savez tr�s bien ce que je veux dire.
De cette guerre-l�...
c'est le dernier soldat.
Je vous r�p�te, je ne lis pas les journaux. Je ne lis que des livres.
Il dit qu'il ne sortira pas de la jungle.
Qu'il lui faut un ordre.
Je viens de vous dire que je n'ai plus aucun lien avec l'arm�e.
Pourquoi ne pas demander � la Force d'Autod�fense ?
Onoda-san n'acceptera ses ordres...
que de vous.
Je ne le connais pas. Je ne connais ni cet homme, ni cette �le.
Je m'excuse, mais...
Tout � l'heure vous m'avez propos� du th�.
Je crois que je vais en prendre.
BERGE TANIGUCHI
Merci beaucoup.
C'est l� que je l'ai rencontr�.
Il a donn�
des noms aux lieux.
Il commence � y avoir des moustiques.
Si on fait du feu, il risque d'y en avoir encore plus.
Onoda-san !
Lieutenant Onoda.
Au rapport pour les ordres.
Ordre de l'�tat-major.
19 septembre 1945, 19 h.
Quartier g�n�ral.
Premi�rement.
En accord avec l'Autorit� Imp�riale, la 14e Arm�e a cess� le combat.
Deuxi�mement.
En accord avec l'ordre de l'�tat-major
n� 2.0.0.3,
l'Escadron Sp�cial est d�mobilis�.
Troisi�mement.
Les unit�s et les individus...
Troisi�mement.
Les unit�s et les individus relevant de l'Escadron Sp�cial
doivent cesser imm�diatement toute activit� militaire
et se placer sous l'autorit� de l'officier sup�rieur le plus proche.
� d�faut, ils doivent se rendre
aux forces am�ricaines ou philippines.
Quartier g�n�ral,
Yamashita Tomoyuki.
Apr�s avoir analys�
les tendances mondiales, et celles de Notre Empire,
Nous avons d�cid� de r�gler la situation actuelle
par mesure d'exception :
Nous d�clarons � nos bons et loyaux sujets,
avoir ordonn� � notre gouvernement,
de faire savoir aux USA, � la Grande-Bretagne, � la Chine et � l'URSS,
que Notre Empire accepte les termes de leur D�claration commune.
La prosp�rit� de toutes les Nations,
ainsi que la s�curit� et le bien-�tre de Nos sujets,
telle est la charge solennelle dont Nous avons h�rit�
et que Nous portons dans Notre C�ur.
�a a d� �tre difficile.
Maintenant vous allez vous reposer.
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