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Calme-toi, ton escorte est dehors.
Assieds-toi.
Assieds-toi, je te dis.
Elle dit que tu es sa nièce.
C'est vrai, t'es sa nièce?
Où est ta mère?
Tu le sais, au moins?
Tu me comprends? Regarde-moi.
Si t'es vraiment de Budapest,
à quelle adresse t'habitais avant?
T'as de quoi écrire.
Si tu préfères pas parler,
écris ton adresse et ton nom, on vérifiera.
C'est vraiment ta tante,
ou une inconnue rencontrée en chemin qui veut t'aider?
Vous vous ressemblez pas.
On la punira pas d'avoir aidé une innocente jeune fille.
On veut que tu rentres chez toi.
Ton vrai chez-toi.
László, je suis vivante.
Dépêche-toi, les papiers.
Attila me dit que tu es vivant aussi et que tu vas le rejoindre.
Quel bonheur!
J'ai crié de joie quand j'ai eu de tes nouvelles.
Où sont mes affaires?
- Quoi? - Tu fais chier!
- C'est pas drôle. - Du calme! Derrière toi.
- Où sont mes bagages? - Juste derrière toi.
Allez, viens.
Vite, László, sinon on sera dans les derniers.
Zsófia est avec moi
mais elle est frêle, perturbée, et en mauvaise santé.
On attend fébrilement d'être rapatriées
mais elle est bizarre ces temps-ci
et ça éveille les soupçons des autorités.
Par chance, quelques jeunes Soviétiques nous aiment bien,
surtout ta pauvre nièce, qui a pris des formes et encore embelli
depuis la dernière fois que tu l'as vue.
Ces jeunes soldats esseulés sont visiblement fascinés
par le silence absolu d'une personne aussi lumineuse.
Pardon, excusez-moi.
Ils nous ont fait transférer
dans un camp de réfugiés près de Vas.
Ils nous encouragent à profiter de notre liberté.
Mais j'ai repensé à Goethe.
Pardon.
"Nul n'est plus esclave que celui qui se croit libre sans l'être."
Je ne fais pas cette erreur,
je sais qu'on n'est pas encore libres.
Comme moi, tu dois envisager toutes sortes d'horreurs,
mais ne te laisse pas emporter par ton imagination.
Ce n'est ni mieux ni pire que ce que tu penses.
J'ai en grande partie réussi à me préserver.
Mais surtout,
j'ai protégé Zsófia contre les importuns.
Ci-dessous, l'adresse à Vas où tu peux me joindre.
Écris-moi par retour du courrier.
Je suis certaine que nous n'avons pas d'avenir ici.
Regarde ça!
Je te l'avais dit!
Va en Amérique, je te rejoindrai.
Ta fidèle Erzsébet.
Pour ceux d'entre vous qui ne parlent pas la langue,
venez me voir ou adressez-vous à mes collègues au fond de la salle.
Nous vous renseignerons sur nos programmes d'orientation et nos cours de langue.
Les cours ont d'ailleurs lieu là où nous sommes,
au 425 Lafayette.
Notez bien cette adresse.
D'autre part, des cours et des réunions quotidiennes ont lieu là
où beaucoup d'entre vous dormiront ce soir,
à l'Hôtel Marseille,
au carrefour de la 103e rue et de Broadway.
Pour ceux d'entre vous qui n'entrent dans aucun des cas de figure
que j'ai mentionnés et qui partiront immédiatement
vers d'autres destinations demain matin,
venez me voir pour obtenir vos 25 $ d'allocation transport.
Ces coupons sont échangeables dans les trains
et aussi sur les lignes de bus qui participent à notre opération.
Ici, Albert Chandler.
J'aimerais vous présenter un garçon
qui s'entraînera sous la houlette de Babe Ruth
quand ce dernier prendra son nouveau poste
de directeur des équipes de baseball à l'American Legion.
Ça fait longtemps, désolé...
- Qu'est-ce qu'y a?
Tu me trouves pas jolie?
Si, si.
- Qu'est-ce que tu préfères en moi?
Tout me plaît.
Arrête.
Moi par exemple, j'aime pas tout chez toi.
Baise-la, vas-y!
Ta gueule.
Baise-la!
Dis à ton ami de rester poli.
Va te faire foutre.
Mes jambes...
elles sont trop maigres?
Non.
Tu es... bien proportionnée.
C'est plutôt...
l'espace au-dessus de tes sourcils
qui, pour moi, seraient un problème.
- Qu'est-ce que tu racontes?
- Ce grand front, ça me plaît pas.
T'as un visage très laid.
Ça, je le sais.
Bonsoir.
- On a des garçons si tu préfères.
Non, merci.
Des frères qui ont la peau foncée, mais très beaux.
- Non, non, ça, c'est pas pour moi.
- Attendez! - Attendez!
- Attendez! - Hé, partez pas!
- Hé! - Attendez!
Attendez! Attendez!
- Ha, merci, merci. - C'est bon! Merci!
Je te remercie.
- Ouais, merci, hein. - László.
On se reverra, c'est sûr.
C'est moi qui te reverrai.
Non, c'est moi.
- On se reverra - On se reverra.
Juré. Attends, attends.
C'est pour la chance.
C'est pour la chance. Merci, mon ami.
Mon ami, à bientôt!
Au revoir!
Prends soin de toi.
À bientôt!
L'ÉNIGME DE L'ARRIVÉE
- Dans toute l'histoire de l'humanité,
aucun État ni aucune nation n'a dû prendre autant de décisions cruciales
que l'État de Pennsylvanie.
Des décisions qui ont fondé et assuré la survie d'une grande nation,
qui ont donné naissance à d'importants mouvements de colonisation,
qui ont établi la liberté de culte en Amérique,
qui ont fondé de grandes religions,
qui ont donné naissance au système éducatif américain,
qui ont lancé d'immenses empires industriels,
qui ont forgé les muscles d'acier
et mis en branle les rouages de la grande civilisation d'aujourd'hui.
C'est ici que les choses se passent,
ici que les décisions sont prises,
ici que l'industrie progresse plus vite que partout ailleurs dans le monde.
La Pennsylvanie. Terre de décisions pour l'Amérique,
pour l'industrie américaine
et pour les familles américaines.
Attila.
Cousin. Cousin.
Erzsébet...
est en vie.
Quoi?
Quoi?
Qu'est-ce que tu as dit?
Qu'est-ce que tu as dit?
J'ai reçu une lettre d'elle.
Ton Erzsébet est vivante
et la petite Zsófia est avec elle.
C'est vrai?
Merci, cousin.
Merci, cousin.
Merci.
MEUBLES MILLER & FILS
- C'est... C'est un mélange de différentes choses.
Je dirais que ce qui a le plus de succès...
c'est les placards qu'on fabrique nous-mêmes,
sur mesure.
Les lampes aussi.
Et voilà, ça c'est la boutique.
C'est Audrey qui l'a aménagée.
- Il parle comme un présentateur de télévision, maintenant.
- Oui. Bon, on n'a pas la télévision, mais...
il est arrivé ici avant ma naissance
et son accent ne ressemble toujours à aucun accent que je connaisse.
Il y a huit ans,
on a essayé d'ouvrir une boutique comme ça à Manhattan.
On n'a pas tenu deux mois.
- On pouvait pas rivaliser avec les grandes marques.
- Les jeunes mariés se pointaient...
avec leur magazine de décoration,
et puis ils nous disaient....
« On aime bien.
On aime bien cette table en face de la publicité de parfum. »
Alors on leur disait: « Oui, on peut vous fabriquer quelque chose de similaire. »
« Ah, non, monsieur!
On veut exactement la même! »
Ouais.
Finalement, on n'aime pas du tout New York.
Aucun charme, hein, Audrey?
Tous les gamins que tu croises dans la rue,
vendeurs, acheteurs et mêmes les petits livreurs,
ils essaient de t'arnaquer.
- Moi, je suis originaire du Connecticut.
Vous connaissez?
- Comment tu veux qu'il connaisse, Audrey?
Il vient de débarquer.
Tiens, donne-moi ça.
Bon...
je t'ai débarrassé un coin dans l'arrière-boutique.
Audrey t'a fait le lit.
Voilà, c'est là au fond.
Y a qu'un lit de camp et une lampe pour l'instant, mais...
t'hésite pas à prendre tout ce que tu veux dans la boutique.
J'ai tout ce qu'il me faut.
Et pour...
pour les lavabos des employés, tu sors par la grande porte,
tu passes par derrière,
là où j'ai garé la voiture, tu vois?
Et il y a un escalier là-bas
qui t'emmène à notre appartement.
S'il te faut quoi que ce soit, tu frappes.
- Ta femme et toi avez fait plus qu'assez pour moi.
- Vous savez, on connaît quelqu'un
qui pourrait arranger votre nez.
Ah.
Je pensais que peut-être personne n'allait remarquer.
- Qu'est-ce qui s'est passé?
Si je puis me permettre?
J'ai... sauté d'un wagon de train.
Après, j'ai entendu comme...
comme un gros craquement et..
j'ai cru que...
que quelqu'un m'avait tiré dans la tête.
Mais j'avais simplement heurté une branche d'arbre.
Personne ne me tirait dessus.
Je prends quelque chose contre la douleur, mais...
...j'aimerais bien le faire examiner.
Merci.
J'appellerai Kenneth.
Viens.
Viens t'asseoir à mon bureau.
- Je vais chercher des serviettes.
- C'est plus petit que ce que t'imaginais?
Quoi?
Le magasin de meubles.
Non.
J'avais rien imaginé de particulier.
MILLER & FILS
C'est qui, Miller?
Bah, c'est moi.
Non, toi tu es Molnár.
Plus maintenant.
Y a ni Miller, ni aucun fils.
Voilà, c'est ça.
Les gens ici,
ils aiment les entreprises familiales.
Alors, qu'est-ce que t'en penses?
- De quoi? Des meubles, tu veux dire?
Non. Je veux dire...
de tout ce que t'as vu jusque-là.
De Philadelphie.
Mais des meubles aussi, oui, bien sûr.
Ils sont vraiment pas beaux.
T'es là pour ça, justement.
Maestro.
Le mois prochain,
je pourrai te payer un salaire.
Si tu veux...
tu peux venir manger là-haut avec nous le dimanche.
- Tu as déjà fait tout ce que tu pouvais.
- C'est pas grand-chose. - Si, tu m'as beaucoup aidé.
Tu m'as beaucoup aidé.
Merci beaucoup, Attila.
Goy?
Elle est catholique.
On est catholiques.
László, je suis vivante.
Attila me dit que tu es vivant aussi et que tu vas le rejoindre.
Quel bonheur!
À toi, maintenant, William.
Avec mes petits yeux, je vois quelque chose de bleu.
Est-ce que c'est le manteau de ce monsieur? Hein?
Il est malin.
Tu as raison, il y a un peu de bleu dedans.
Écoutez-moi!
La cuisine est fermée! Revenez demain à la première heure!
Ho! Ho! Mais non!
Attendez! J'ai un enfant!
- On n'a plus rien, je suis désolé!
Venez me voir demain matin, je vous servirai en premier.
- Vous devez bien avoir un morceau de pain, non?
C'est un petit garçon. Il y a des enfants ici.
Combien de fois je dois le répéter?
Il ne reste plus rien!
Merci, monsieur.
Il va tenir le coup?
Il y a un autre endroit où on peut aller ce soir.
- Laissez-le dormir, demain matin.
Je serai dans la queue à la première heure.
Venez me rejoindre.
Je vous garderai la place.
Bonne nuit.
- Personne ne mérite de dormir dans la rue.
Je ne mérite pas de dormir une nuit de plus dans la rue.
À votre bon coeur, messieurs dames.
Merci de m'avoir écouté.
Dieu vous bénisse tous.
Passez un bon week-end.
Pardon.
Rabbin Zunz?
Oui?
Bonjour.
Ma nièce Zsófia et ma femme...
j'ai appris qu'elles étaient toutes les deux retenues à la frontière autrichienne.
- Attendez-moi, j'en ai que pour quelques minutes.
Et après, on pourra discuter.
Mikveh Israël peut essayer de vous aider.
Mais...
depuis les États-Unis, c'est assez difficile, comme vous le savez.
Oui.
Je... Je vous attends. Merci. Merci infiniment.
Erzsébet...
Le 29 novembre 1947,
l'assemblée générale des Nations Unies
a adopté une résolution
demandant la création
d'un État juif en terre d'Israël.
L'assemblée générale a invité ses habitants
à prendre les mesures nécessaires
pour l'exécution
de cette résolution.
Cette reconnaissance par les Nations Unies
du droit du peuple juif
à créer son État
est irrévocable.
C'est là le droit naturel du peuple juif
d'être, comme toutes les autres nations,
maître de son destin
sur le sol de son propre État souverain.
En conséquence, nous,
membres du conseil représentant
du peuple juif en terre d'Israël et du mouvement sioniste mondial,
réunis en ce jour où prend fin le mandat britannique,
en vertu des droits naturels et historiques
du peuple juif
et conformément à la résolution
de l'assemblée générale des Nations Unies,
nous proclamons
la création d'un État juif en terre d'Israël,
qui portera le nom d'État d'Israël.
Je ne sais pas trop quoi en faire.
Je devrais l'associer à quel meuble?
Laisse.
Quoi?
Laisse comme ça
On dirait un tricycle.
C'est quoi, un tricycle?
C'est comme un vélo...
pour les petits.
Pierre Pipeau
a piqué un petit pot de paprika.
Est-ce Pierre Pipeau...
...qui a piqué un petit pot de paprika?
Si c'est Pierre Pipeau
qui a piqué un petit pot de paprika...
...où est donc passé le petit pot de paprika
que Pierre Pipeau a piqué?
László.
Viens avec moi.
On a un client important dans le magasin.
L'année dernière, je lui ai meublé deux étages de bureaux
en centre-ville pour pas cher.
Et maintenant, il aimerait qu'on lui fasse
un aménagement sur mesure dans sa résidence.
Tu pourrais sourire un peu devant lui?
Hein? Qu'on décroche le contrat.
- Toi, tu penses toujours... - Allez, fais un effort.
- ...qu'à vendre tes meubles. - Souris!
- Hein? - Bah ouais...
- Tu penses qu'à vendre, toujours vendre, encore plus.
Monsieur Van Buren.
Permettez-moi de vous présenter mon...
mon cousin, László.
« Monsieur Van Buren », c'est comme ça que les gens appellent mon père.
Appelez-moi Harry.
Eh bien, Harry aimerait faire installer des étagères sur mesure
dans la propriété de sa famille à Doylestown.
Pardon de vous avoir dérangé.
J'espérais que vous accepteriez de m'accompagner
pour jeter un coup d'oeil au bureau de mon père.
Ma soeur et moi aimerions lui faire la surprise
de transformer cet espace en une véritable bibliothèque.
- Qu'est-ce que vous voulez dire?
- Il règne un grand désordre dans son bureau.
Il y a de la paperasse et des piles de livres partout.
Donc, nous aimerions faire installer
de grands rangements et des rayonnages.
Et peut-être lui fabriquer une échelle,
montée sur roulettes, vous voyez?
Comme dans les vraies bibliothèques.
C'est un grand lecteur.
- Oui, oui on peut vous fabriquer ça. Hein?
Je vais demander à ma femme de descendre
pour garder la boutique.
Et je vais chercher la camionnette.
- Parfait. - Je reviens tout de suite.
Ils te paient bien?
Sur le dernier chantier,
ils ont été réglos.
Mais il a fallu fabriquer pas mal d'éléments.
Il arrêtait pas de rallonger la commande.
Et même si j'ai des prix, ça finit par faire beaucoup.
Son vieux a fait fortune
en optimisant le travail à la chaîne
pour accélérer la fabrication des navires pendant la guerre.
Putain, mais il essaie de nous semer ou quoi?
Il se croit sur un circuit automobile?
Hé, ralentis!
- Restez sur la droite jusqu'à ce que vous aperceviez la maison.
Vous pouvez vous garer où vous voulez.
- Nous vous remercions de vous être déplacés
dans un délai aussi court, messieurs.
Notre père n'est absent que jusqu'à vendredi.
J'avais hâte d'avoir votre avis.
- Ah, ça nous pose pas de problème, chef.
En plus, vous avez de la chance parce que...
mon cousin... est architecte diplômé.
Expert en rénovation.
Il a même conçu une bibliothèque là-bas, chez nous, avant.
Pas vrai? La grande bibliothèque de la ville.
- Et de quelle ville s'agit-il?
Budapest.
Je vois.
Je n'y suis jamais allé.
Ne faites pas attention au désordre.
Je sais.
Ça fait très vieillot, n'est-ce pas?
J'avais pensé...
à des étagères jusqu'au plafond
et de bonnes lampes de lecture.
Peut-être des lampes articulées fixées au mur?
Père garde toujours les rideaux tirés.
- C'est pour protéger les livres de la lumière du soleil.
La pièce est orientée plein sud.
Ah oui.
Quel est votre budget?
Vous pensez que ça va coûter combien?
Ça dépendra des matériaux utilisés.
Disons que...
on veut de la qualité à un prix raisonnable.
Avec peut-être un endroit confortable
où il pourrait s'asseoir pour lire?
Un bon fauteuil...
ou une banquette devant la fenêtre?
- Vous souhaiteriez aussi qu'on vous remplace ça?
- Si vous en avez le temps, pourquoi pas?
Une branche est tombée dessus pendant la vilaine tempête de l'été dernier.
Je crois qu'ils ont appelé ça « une dépression tropicale ».
Ne dépassez pas les 1 000 $, si possible.
Ma soeur et moi partagerons les frais.
Mais je ne veux pas qu'il y ait de dépenses imprévues.
Ne vous inquiétez pas.
Nous respecterons le budget.
Il faut que ce soit terminé avant vendredi prochain, c'est ça?
Jeudi soir, ce serait mieux.
Je ne serai pas là pendant la semaine,
mais les employés de maison vous ouvriront.
S'il y a quoi que ce soit, dites-leur de m'appeler au bureau.
- Si on doit avoir fini jeudi, il va nous falloir des ouvriers.
Si on compte les matériaux, le verre...
...c'est 2 000 $.
♪ East is east and west is west And the wrong one I have chose ♪
♪ Let's go where I'll keep on wearin' those frills and flowers ♪
♪ And buttons and bows ♪
♪ Rings and things and buttons and bows ♪
♪ Don't bury me in this prairie ♪
♪ Take me where the cement grows ♪
♪ Let's move down to some big town ♪
♪ Where they love a gal by the cut of her clothes ♪
♪ And I'll stand out in buttons and bows ♪
♪ I'll love you in buckskin ♪
♪ Or skirts that I've homespun ♪
♪ But I'll love you longer, stronger ♪
♪ Where Your friends don't tote a gun ♪♪
Allez, viens.
Retourne le disque. Mets la face B.
Ah ouais, d'accord.
Si tu l'avais vu aujourd'hui...
...tirer les prix vers le haut. Moi, je me serais contenté de 450.
Je tirais pas les prix vers le haut.
- Mais si! - Mais non, je lui disais simplement
combien ça allait lui coûter.
Non, j'ai...
J'ai cru qu'il allait faire capoter l'affaire.
Mais t'as tenu bon.
Et c'est ce qui fait de toi un vrai professionnel.
- J'espère... que ce n'est pas la seule raison.
Elle est tellement belle.
Regarde-moi ça,
elle a mis cette robe rouge
qui est de la même couleur que ses lèvres.
Danse avec elle.
Danse avec elle.
- J'ai pas envie de danser. - Allez!
- Non, j'ai pas envie de danser. - Allez!
J'ai pas envie, non. Merci.
Il a pas envie.
Allez, la fais pas attendre.
Danse avec elle.
- C'est sa chanson préférée, mon vieux. - Je sais mais...
C'est sa chanson préférée!
On y va tous les deux, je te montre les pas.
Danse avec elle.
J'ai pas envie de danser.
- Mais elle, elle en a envie. C'est sa chanson préférée.
- J'ai pas envie. - Attila!
C'est sa chanson préférée.
Allez.
Danse avec elle, László.
Elle attend que tu l'invites.
Elle attend que tu l'invites.
Bon, d'accord. Je vais danser.
C'est bon, j'y vais, allez, lève-toi, lève-toi, lève-toi!
Allez, laisse-moi passer, espèce d'idiot!
Allez!
- Lâche-moi!
♪ Someone kind who knows you treasure ♪
♪ Any simple little pleasure ♪
♪ Like a full length mink to cover last year's blouse ♪
♪ It's so nice ♪
♪ To have a man around the house ♪
Tu es affreusement maigre.
♪ Oh so nice to have a man around the house ♪
♪ Just a guy ♪
Tu vois?
C'est comme le vélo.
Comme le tricycle.
Ah, la famille!
C'est un vélo pour les petits.
Arrête, Attila!
C'est la baignoire, ça, pas les toilettes.
Quoi?
- C'est toujours mieux que de faire sur le tapis.
Quand penses-tu que ta femme te rejoindra, monsieur Tóth?
Il n'y a pas de place pour vous deux dans le cagibi.
J'aimerais bien le savoir, Audrey.
Merci pour le dîner.
Attila m'a montré dans un magazine
les photos de projets que tu as réalisés avec ton cabinet.
Je ne te trouve pas à la hauteur de l'idée que je me faisais de toi.
Je ne me trouve pas non plus à la hauteur de ce que je croyais être.
Tu sais...
je suis sûre que tu pourrais trouver un emploi.
...un meilleur emploi...
...dans un cabinet du coin.
Hum.
Ça veut dire...
...que je travaillerais pour un autre patron.
- C'est toujours mieux que de dormir dans un cagibi.
- Je vais chercher un autre logement.
Merci encore...
pour le dîner.
Apportez les caisses.
- Attention aux livres. - Là, là, là.
Bon. Bon.
- Le mec est riche, il achètera encore plus de livres.
Un peu de respect.
- S'il aime tant lire, il a qu'à venir nous lire des histoires.
- On y va. - Allez!
- Doucement, doucement, doucement.
Très bien.
Doucement!
Ne rayez pas le sol.
Ça va dans l'entrée.
- C'est des panneaux tout en longueur.
Les étagères seront réglables en hauteur
pour pouvoir accueillir les grands volumes
que notre client a entassés sur le sol.
- Alors on les pose à 45 degrés.
Trois, deux, un...
Parfait.
Ce sera magnifique.
- Encore un peu! - Par ici, par ici, c'est bon, c'est bon!
- Allez! - Donne un peu de mou.
À gauche, Gordon. À gauche.
Et faut redresser.
- Attention! À gauche maintenant.
- Il faut la descendre tout en douceur.
- Allez, on la descend tout en douceur!
Lentement.
Lentement, lentement.
Elle est trop près du toit!
Hé, hé, hé hé!
Non!
- Maintenant, il va falloir qu'on remplace aussi la gouttière!
Un, deux, trois...
Je tiens.
C'est bon.
Tourne-le... Tourne-le dans l'autre sens, là.
Ouais.
Très bien.
- C'est bien, c'est bien, c'est bien, c'est bien!
Danse avec moi.
Danse avec moi!
Attila.
Viens.
C'est une première édition.
Ce sont toutes des premières éditions.
Non, mais quel idiot!
Arrête. Arrête ça!
Qu'est-ce que c'est que ça?
Qu'est-ce qui se passe ici?
Qui vous a autorisé à entrer chez moi et à tout saccager?
Pardon. Pardon, monsieur...
Vous êtes qui, d'abord?
Tout ça était censé être une surprise.
Votre fils Harry nous a dit que--
- Pour une surprise, c'est une surprise!
Ma mère qui souffre le martyre
attend dehors dans la voiture
parce qu'elle a trop peur d'entrer.
- Nous sommes désolés de lui avoir fait peur.
- Nous l'avons amenée ici pour qu'elle trouve un peu de calme et de repos!
Au lieu de ça, je viens de voir un nègre qui se promène dans notre propriété!
Votre fils...
nous a demandé de venir ici pour...
pour transformer votre bureau en bibliothèque.
En bibliothèque?
Mon bureau?
Vous avez tout vidé!
- Nous étions justement en train de tout remettre en place.
Vous avez tout retourné!
Comment les choses vont-elles retrouver leur place?
Nous avons pris grand soin de toutes vos affaires, monsieur Van Buren. Je...
Je ne sais pas quoi vous dire.
Qui êtes-vous?
László Tóth.
- Laszló... László est un architecte diplômé.
Il a supervisé les rénovations.
Et quant à moi, j'ai déjà travaillé pour votre fils.
J'ai un magasin de meubles en ville, à Kensington.
Miller et Fils.
- Monsieur Van Buren. Puis-je vous faire visiter votre nouvel espace?
Parce que les... les éclairages de chantier
ne rendent pas justice à notre travail.
- Votre nègre vous attend devant les grilles.
Je vous conseille de ramasser vos affaires et de partir.
Monsieur Van Buren,
nous n'avons plus rien à faire ici.
Ça ne pose aucun problème.
Allez, viens.
- Je règlerai ça demain matin avec mon fils!
Ma mère est souffrante!
Elle doit pouvoir entrer pour dormir!
« Ça ne pose aucun problème? »
Bien sûr que ça pose problème!
Vous êtes chez moi!
Allez au diable!
Il compare les édifices qu'il a construits à des machines,
sans aucun élément superflu...
La quintessence du Beau.
Réveille-toi.
Sacrée façon de commencer la journée!
Qu'y a-t-il?
Harry Lee a téléphoné.
Il dit qu'il ne paiera pas.
Pour... Pour les matériaux?
- Il dit qu'on a endommagé la propriété
et que je devais m'estimer heureux
qu'il ne me poursuive pas en justice.
T'as rien à dire?
Qu'est-ce que tu vas faire?
László...
Je t'ai accueilli chez moi,
donné du travail,
c'est comme ça que tu me remercies?
Tu fais fuir mes clients?
Tu fais des avances à ma femme?
Elle me l'a dit.
Évidemment qu'elle me l'a dit.
Évidemment qu'elle me l'a dit.
Qu'est-ce que tu crois?
Et moi, qu'est-ce que je croyais?
T'avais déjà les mains baladeuses,
même quand t'étais gamin.
Écoute.
Je vais rien dire à Erzsébet pour cette fois.
T'en as bavé, je le sais.
D'ailleurs, c'est ce que j'ai dit à Audrey.
Je vais pas te faire de mal.
Mais je peux pas non plus continuer à t'aider.
Tu comprends?
Erzsébet,
voici ma nouvelle adresse.
Je t'attends.
Je ne fais que ça.
As-tu besoin d'argent?
De quoi as-tu besoin?
Ton László.
Bonjour, Philadelphie.
Nous sommes le jeudi 7 novembre 1950.
C'est peut-être la première fois depuis 1930
que le Parti républicain a une chance
d'obtenir la majorité...
Gordon?
Gordon?
- Les forces des États-Unis et des Nations-Unies
ont connu des avancées significatives dans la péninsule coréenne,
repoussant les troupes nord-coréennes derrière le 38e parallèle.
Les combats se poursuivent...
- Réveille-toi.
Gordon.
Psst. Allez.
Debout.
Il faut qu'on y aille.
Je t'ai laissé dormir. Maintenant, il faut te lever.
Oh, Gordon.
Monsieur László est déjà parti?
Il faut que je lui parle.
Attendez.
Ça va?
László.
C'est pour ma blessure.
Soeur Elizabeth veut te voir.
J'arrive tout de suite.
Fais-moi plaisir,
attends qu'on ait fini notre journée avant de faire ça.
De quoi elle voulait te parler?
- Elle m'a demandé de participer.
À quoi?
Ils veulent que tu donnes un coup de main?
Je donne déjà un coup de main.
Elle veut que...
j'assiste à la messe du dimanche.
Pour récolter des dons.
Et tu lui as répondu quoi?
- Je lui ai dit que j'y réfléchirais.
Tu peux la comprendre, non?
- Je vais me trouver un autre endroit.
- Et pourquoi tu demanderais pas un logement,
là où tu vas en douce toutes les semaines?
- Parce que jamais je permettrai que les gens qui viennent de mon pays
me voient comme un mendiant.
Ça, jamais!
A rose must remain...
♪ A rose must remain with the sun and the rain ♪
♪ Or its lovely promise won't come true ♪
♪ To each his own ♪
♪ To each his own ♪
♪ And my own is you ♪
♪What good is a song ♪
♪ If the words just don't belong? ♪
♪ And a dream must be a dream for two ♪
♪ No good alone ♪
♪ To each his own ♪
♪ For me there's you ♪
♪ If a flame is to grow ♪
♪ There must be a glow ♪
♪ To open each door ♪
♪ There's a key ♪♪
- Y a une tête de con qui demande à te voir.
László Tóth. C'est vous?
Je vous ai cherché partout.
Vous êtes méconnaissable avec la barbe.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous, monsieur?
- J'aimerais vous inviter à déjeuner.
- On a encore deux heures de boulot avant la pause-déjeuner.
Où est votre chef de chantier?
Je vais lui parler.
Vous avez vu ça?
Tout le monde l'a vu, je vous le garantis.
Allez directement page 66.
Où avez-vous fait vos études?
Au Bauhaus.
À Dessau.
Au Bauhaus?
Impressionnant.
Euh... lisez donc la légende sous la photo.
UN MILLIONNAIRE PARMI SES MODERNES
- Alors, qu'en dites-vous?
ICI DANS SA SPLENDIDE BIBLIOTHÈQUE...
Ça rend bien.
Plus que bien, je dirais!
Pourquoi ne vous êtes-vous pas défendu quand...
je vous suis tombé dessus comme une furie?
J'ai appelé votre cousin américain, là, euh...
- Attila. - Oui, voilà. C'est ça.
D'abord, je me suis excusé. Puis je l'ai couvert d'éloges.
Mais il m'a tout de suite dit, et c'est tout à son honneur,
que je devrais m'adresser à vous.
Et j'ai fait quelques recherches depuis.
C'est de vous, n'est-ce pas?
Oui.
Tous?
Oui.
- Oh pardon, je... je vous fait de la peine.
Non.
Pas du tout.
Je ne savais pas qu'on pouvait encore trouver ces images,
et encore moins qu'elles avaient une quelconque importance.
Je peux les conserver?
Bien sûr.
C'est d'une grande valeur artistique.
C'est encore mieux en vrai.
- Vous auriez pu développer un peu plus votre parcours, ce jour-là.
Vous n'avez rien dit, ça ne vous a pas rendu service.
- Il était difficile d'intervenir au milieu de tous ces cris.
Certes.
Oui.
Je n'en suis pas fier.
J'ai honte, c'est vrai.
j'ai agi comme un idiot.
Ma...
Ma mère était à l'agonie.
Ce n'est pas une excuse, mais...
elle est morte ce week-end-là.
Je suis navré.
Mes condoléances pour votre mère.
- Dites-moi: pourquoi un architecte étranger reconnu par ses pairs
se retrouve-t-il à pelleter du charbon à Philadelphie?
Bah...
je m'occupe aussi
de la construction d'un nouveau bowling.
Mais...
...le Reich nous a rejetés, mes collègues et moi,
parce que le style de nos oeuvres
n'était pas considéré assez germanique dans sa nature.
Euh, je ne voudrais pas être impoli,
mais j'ai juste le temps de boire un café.
Vous n'étiez pas préparé à ce que vous avez vu.
Et ça peut se comprendre.
Je suis heureux que vous ayez fini par l'apprécier.
- Je fais plus que l'apprécier, monsieur Tóth.
J'y suis très attaché.
Je déteste les surprises.
Mon imbécile de fils aurait dû l'anticiper.
Écoutez, je ne suis pas ici pour me vanter, ou me plaindre.
Je suis venu vous payer les sommes qui vous sont dues.
Ça vaut ce que ça vaut, mais ce n'est pas moi qui ai décidé
que vous ne seriez pas payés.
Je n'ai découvert tout cela qu'après coup.
- Nous avions abîmé la gouttière.
Mais nous avions l'intention de la remplacer.
- C'était un malentendu. - Non, oubliez. Prenez l'argent.
Merci.
- Si j'étais vous, je cacherais ça dans mes sous-vêtements.
Ou dans une chaussure.
Oui.
- Je vous invite à venir voir la bibliothèque à la lumière du jour.
Merci, mais je l'ai déjà vue.
- Alors, je vous invite à venir en profiter.
- D'accord. - Très bien.
Je demanderai à mon chauffeur de venir vous chercher dimanche matin.
Si vous n'avez rien de mieux à faire.
Non.
Tenez,
écrivez-moi votre adresse.
J'ai trouvé notre conversation passionnante
et intellectuellement stimulante.
Eh bien...
ce fut un plaisir.
- Hé, hé, s'il te plaît, bouge pas trop.
- Va falloir attendre une minute.
- Attends, tiens-moi ça.
- Oui, à l'intérieur, j'ai-- - Tout le monde est parti.
- On est fermé. - Ne me poussez pas.
- Je sais qu'il est à l'intérieur. - Y a personne à l'intérieur.
- Mon ami ne me laisserait pas comme ça. S'il vous plaît, monsieur, s'il vous plaît.
- Y a personne à l'intérieur. C'est l'heure de rentrer chez toi.
- On est fermé. - Non.
Rentre chez toi!
- Écoutez, mon ami est à l'intérieur. S'il vous plaît.
Oh! Mon nez!
- Je t'ai dit de rentrer chez toi.
- Monsieur, le film est fini, vous pouvez pas dormir ici.
Il existe une forte demande
pour ces dérivés de l'opium, les narcotiques.
Ils sont utilisés en médecine pour soulager la douleur et faciliter le sommeil.
Utilisés sans supervision,
ils peuvent devenir des drogues dangereuses et conduire à la dépendance.
Une fois dépendant, le toxicomane...
Qu'est-ce qu'il y a?
Viens.
Viens avec moi.
C'est bien.
Viens.
Allez, viens.
- Excusez-moi. Monsieur Tóth?
La famille Van Buren m'a envoyé vous chercher.
Sur la banquette à côté de vous,
il y a un smoking repassé.
Ah!
Vous voilà!
L'homme du jour!
- Qu'est-ce qui vous est arrivé?
Je suis tombé d'une poutrelle.
Tout le monde meurt de faim.
Harry. Vous vous reconnaissez?
Oui. Bien sûr.
Bienvenue.
Papa.
La cuisine nous demande de nous installer à table.
Et voici la soeur jumelle de Harry, Maggie.
Enchantée, monsieur Tóth.
Nous adorons la bibliothèque.
Je vous remercie.
Bien. Passons à table.
Il ne se vantera pas de ce qu'il a accompli,
mais le travail de monsieur Tóth est reconnu
dans la majeure partie de l'Europe occidentale et centrale.
Il y a beaucoup d'articles sur lui dans les revues d'architecture,
si vous vous intéressez à ce genre de choses.
Quelle était votre spécialité?
Les théâtres.
Les synagogues.
Les restaurations.
Beaucoup de projets, dont...
certains étaient très originaux.
- Êtes-vous marié, monsieur Tóth?
Oui.
Elle est encore en Europe.
Pourquoi?
Nous avons été séparés...
...de force, elle et moi.
- Monsieur Tóth, d'où venez-vous?
Pardonnez ma curiosité, mais je n'arrive pas à identifier votre accent.
Je suis de... Budapest.
- Ville ravagée pendant la guerre.
Terrible.
- D'ailleurs, c'était comment, la guerre?
On entend toutes sortes d'histoires qui font froid dans le dos.
Je ne saurais par où commencer, madame Hoffman.
- Avez-vous l'intention de retourner en Europe, monsieur Tóth?
Ma femme fait ce qu'elle peut pour...
venir ici me rejoindre, mais...
mais la situation est compliquée.
- Maintenant que Roosevelt est mort,
ça devrait faciliter les choses.
Il n'est plus là, mais...
tout le monde a encore peur que les gens comme moi
soient une menace pour la sécurité nationale.
- Quand vous dites les gens comme vous,
vous voulez dire, les Juifs?
Nous sommes juifs.
Michelle s'est convertie.
- Mon Erzsébet s'est convertie, elle aussi.
Ça lui a demandé beaucoup d'engagement,
de longues heures d'études,
mais peu de gens chez nous l'ont acceptée dans notre communauté.
Dommage que les nationaux-socialistes n'aient pas...
partagé leur point de vue.
Mais non, pas seulement les Juifs.
Tous les étrangers dans ce pays.
J'ai eu de la chance de pouvoir partir
de Bremerhaven au bon moment.
Je dois reconnaître que les ordres de Truman
ont facilité le transfert de mon groupe.
D'autres n'ont pas eu cette chance.
- Vous semblez avoir beaucoup souffert, László.
Nous sommes sincèrement désolés pour vous.
Michael est mon ami et mon avocat.
Dans cet ordre-là.
Michael, ton cabinet pourrait-il faire avancer les choses pour monsieur Tóth?
- Ce n'est pas aussi simple, malheureusement.
Ma...
Ma femme ne peut pas partir sans ma nièce parce qu'elle est...
jeune.
Elle a perdu sa mère et est très malade.
- Il n'y a que votre nièce et votre femme?
Je me ferai un plaisir de déposer une demande en votre nom.
Vous savez, une nouvelle loi sur les personnes déplacées
vient justement d'entrer en vigueur.
Cette nouvelle loi permettra à quelque 200 000 Européens
d'obtenir un permis de résidence.
Tous les journaux en parlent en ce moment.
- Le cabinet de Michael a pour client le bureau du Vice-président.
Le président?
- Des États-Unis.
Félicitations.
- Venez me voir à mon bureau de Philadelphie lundi.
Vous appelez cette ligne et mon assistante vous aidera.
Elle vous dira quels documents votre femme et vous devrez fournir.
Merci beaucoup.
Je vous en prie.
Je pense que nous allons prendre le café dans le bureau.
Merci.
J'ai été marié.
Elle m'a donné deux enfants magnifiques.
Néanmoins, ma mère, Margaret, et les jumeaux
exigeaient de moi une attention de tous les instants
pendant le peu de temps dont je disposais.
Les relations sont devenues tendues entre mon ex-femme et Margaret,
alors nous nous sommes séparés à l'amiable.
Margaret m'a élevé seule à Rochester. Nous n'étions que tous les deux.
Ses parents l'avaient reniée pour avoir eu un enfant hors mariage.
Elle était ma seule vraie famille.
En dehors des jumeaux,
qui sont arrivés plus tard, bien sûr.
Je vais vous dire:
peu avant le décès des parents de ma mère,
j'hésite à les appeler mes grands-parents...
ils nous ont contactés, Margaret et moi,
après avoir lu un article sur le succès de ma première entreprise.
Pour tout vous dire,
nos affaires ne marchaient pas si bien à l'époque
et nous allions bientôt fermer nos portes, mais...
personne n'en savait rien.
J'imagine que vous avez conclu
de nos interactions antérieures que je suis brutal,
pas très démonstratif, ni particulièrement sentimental.
Mais ma mère, elle...
...était sans défense devant leur empressement.
Elle s'est dit qu'ils pouvaient très bien être malades ou mourants et...
...que chez eux, l'argent devait manquer.
Je n'aimais pas voir Margaret, qui d'ordinaire,
était une femme pragmatique,
perdre son temps à ces spéculations assommantes.
Finalement, j'ai accepté de les rencontrer en personne,
en partie pour apaiser ma mère,
mais aussi pour satisfaire ma curiosité concernant ma filiation.
- Vous savez, c'est vraiment très ingénieux.
La façon dont l'espace nous enveloppe.
La perspective forcée.
Je trouve aussi, oui.
- Ça me rappelle une nouvelle que j'ai lue un jour.
Ça parlait d'une bibliothèque sans fin.
Vous avez des projets en cours en ce moment, monsieur Tóth?
Un bowling, oui.
- Pardon, mais j'étais en train de raconter une histoire à notre ami.
- Je suis navré. Je ne vous dérange pas plus.
Je vous prie de m'excuser.
- Vous avez accepté de les voir...
- Oui. Nous avons échangé des banalités au téléphone
et je leur ai proposé de les rencontrer
dans leur modeste appartement situé dans une ville voisine.
J'ai ri en réalisant qu'ils avaient vécu si près de nous, toutes ces années.
Au volant de ma voiture,
j'ai eu le temps de réfléchir.
Je suis finalement arrivé à un chiffre
qui me paraissait tout à fait convenir pour eux deux,
étant donné qu'ils étaient, que ça me plaise ou non,
nos seuls parents encore en vie.
J'ai été reçu avec hospitalité.
Je me suis donc empressé de leur expliquer
que je leur avais fait un chèque d'un montant de 25 000 $.
Lorsque je le leur ai remis, ils ont eu l'air soulagés,
mais peut-être un peu déçus par le montant.
Ils sont restés courtois
et ils m'ont tous les deux remercié.
- J'étais tout à fait mal à l'aise.
Au moment de leur dire au revoir,
je leur ai posé une question.
« Tout cet argent, qu'allez-vous en faire? »
Ils se sont mis à me parler de miracles et d'âneries du même genre.
Pendant une minute, tout ce qui...
pouvait leur venir à l'esprit leur semblait réalisable,
accessible.
Ils allaient enfin voir le bout du tunnel.
Et quel petit-fils attentionné j'étais.
Au moment de prendre congé...
avant même que je n'atteigne le bout de leur pelouse,
ils ont déboulé, derrière moi, en criant:
« Tu as oublié de signer le chèque, Harrison! »
J'ai trouvé le courage d'être franc et de leur parler entre adultes.
« Je n'ai pas oublié », leur ai-je dit,
« mais je ne me sentais pas obligé de signer
à cause de la maladresse de leur réponse. »
Ce fut pour eux un tel choc...
que j'ai cru pendant une minute qu'ils allaient mourir, là, sous mes yeux, mais...
ils se sont mis à pleurer et m'ont supplié comme des crève-la-faim.
J'ai trouvé ça...
J'ai trouvé ça beaucoup plus perturbant
que je l'aurais imaginé.
Et donc, à la condition...
...qu'ils laissent Margaret tranquille à partir de là,
je leur ai fait un nouveau chèque de 500 $ que j'ai signé.
Voilà à quel point j'aimais ma mère, monsieur Tóth.
Nous avons fait des choses l'un pour l'autre.
- Que pouvaient-ils espérer après la façon
dont ils vous avaient traités, vous et votre mère?
- Oui, c'est exactement ainsi que je vois les choses.
J'ai une question pour vous.
Pourquoi l'architecture?
- S'agit-il d'un test?
Non, en aucun cas.
- Rien ne contient sa propre explication.
Y a-t-il une meilleure description d'un cube
que celle de sa construction?
Il y a eu une guerre, et pourtant...
d'après ce que j'ai entendu dire...
...la plupart de mes projets ont survécu.
Ce que j'ai bâti est encore là,
intact, dans la ville.
Quand nous cesserons de nous sentir humiliés par les terribles souvenirs
de ce qui s'est passé en Europe...
j'ose espérer que nous nous en emparerons
et en ferons au contraire un puissant levier politique
qui amorcera les bouleversements
qui ont si souvent lieu dans...
le cycle de vie des peuples.
Je sais déjà que l'opinion va employer la rhétorique de la peur et de...
la colère.
Un fleuve gonflé
de frivolités de ce genre risque de tout emporter sur son passage.
Mais mes bâtiments
ont été conçus pour résister à l'érosion
des rives du Danube.
- Que de poésie dans votre réponse.
Vous avez dû être un professeur fort apprécié.
Je me répète peut-être, mais je trouve nos conversations...
intellectuellement stimulantes.
Je suis d'accord avec vous.
- Chers amis, s'il vous plaît,
prenez votre verre et suivez-moi dehors.
Je vous réserve une surprise de taille.
- Où diable nous emmènes-tu, Harrison?
Il fait un froid de canard.
- Et encore, tu n'es pas en talons hauts!
Ah!
Encore un petit effort. Allez!
Encore un peu de patience.
Tenez bon, nous y sommes presque.
Bien. Alors.
Comme beaucoup d'entre vous le savent,
l'année qui vient de s'écouler a été quelque peu difficile pour Harry, Maggie et moi-même.
Papa, il fait très froid ici.
Est-ce qu'on pourrait pas rentrer?
- Maggie, s'il te plaît, tais-toi.
Je vous ai fait venir ici ce soir, dans le froid,
non pas pour regarder le passé par-dessus mon épaule,
mais pour qu'ensemble, nous tournions notre regard vers l'avenir.
Vous savez que de l'autre côté de cette colline, c'est Doylestown.
Et donc, sur ce site,
nous prévoyons de construire un centre pour nos concitoyens,
en hommage à Margaret Lee Van Buren.
- Harrison, quelle merveilleuse idée!
- Je souhaite que cet espace soit suffisamment sacré
pour que son âme puisse y demeurer.
Un espace où l'on pourrait se rassembler,
réfléchir,
apprendre.
Et monsieur Tóth,
je voudrais que vous construisiez cela pour elle.
Un lieu sans limites, un lieu nouveau.
Je vois que vous êtes pris de court. J'en suis ravi.
Je pensais que vous auriez peut-être deviné ce qui se tramait.
Non.
- Non. - Écoutez.
Ce n'est pas une coïncidence si le destin nous a réunis
la veille de la mort de ma mère.
Je suis doué pour lire les signes.
- Monsieur, je... je ne sais pas ce qu'implique cette commande.
- Nous parlerons des détails à la maison.
Mais vous serez très bien rémunéré. Et en plus...
vous disposerez d'un endroit, ici, sur la propriété,
pour vivre et travailler. Je pense que...
le fait de résider ici
vous donnera le temps et l'espace
pour concevoir ce projet dans de bonnes conditions.
Et votre famille, le jour où elle arrivera...
sera aussi la bienvenue.
Qu'en dites-vous?
Euh...
Merci.
Euh, je voudrais dessiner une ébauche,
quelque chose que je pourrais vous montrer.
- Vous voulez vraiment mériter ce contrat?
Très bien. Faites donc une ébauche.
Il fait froid. Rentrons.
Allez!
Mais qu'est-ce qui te prend, Harry?
Lâche-moi! Ne me touche pas!
- Excusez-moi.
Pardon, un chauffeur
m'a conduit ici. Je ne me souviens pas de son nom.
Désolée. Désolée.
- Non, non, il faut que je rentre.
Je, je, je... Quelqu'un pourrait-il rappeler l'homme
qui m'a déposé ici cet après-midi?
Une minute, je vous prie.
Ne me touche pas, Harry!
Monsieur Tóth,
désolé de vous avoir fait attendre.
Harrison est allé se coucher.
Il vous souhaite une bonne nuit.
- Merci. Pourriez-vous m'aider à trouver le chauffeur?
Écoutez. Euh...
Je... Je suis vraiment désolé
pour le petit numéro de mon père.
Vous avez dû être pris au dépourvu.
C'est pas grave.
- Il prend souvent des décisions sans consulter le reste de la famille.
Je n'ai pas pris ce qui a été dit trop à coeur.
Oh, vous devriez!
Vous devriez au contraire.
Mon père veut que nous vous engagions.
Mais...
...je n'ai aucune infrastructure ici.
- C'est pourquoi il m'a demandé de superviser le chantier
et de vous aider dans cette entreprise.
Je n'ai pas la moindre idée
de tous les paramètres qui entrent en jeu..
Une fois que j'aurai disséqué ce que veut mon père
et ce que signifie son caprice...
j'essaierai de vous mettre tout ça en chiffres.
- Beaucoup de nos invités dorment ici ce soir,
j'ai donc pris la liberté de vous faire préparer un lit dans le pavillon.
Un chauffeur ira chercher vos affaires demain.
Monsieur Tóth?
Monsieur Tóth?
Une minute!
Monsieur?
- Vous m'avez fait appeler, monsieur?
Ah oui, László, entrez.
J'ai eu une vision.
J'ai apporté des esquisses.
J'ai également... planché sur une idée
qui pourrait peut-être s'appliquer ici
si vous voulez bien y jeter un coup d'oeil.
- Oui. Un instant. J'ai la vue brouillée. Asseyez-vous.
Pardonnez mon apparence, c'est...
c'est un vrai chantier sous mon crâne.
J'ai de terribles bourdonnements d'oreilles,
vous allez devoir être patient avec moi.
- Je peux revenir. - Chut.
Avant que j'oublie.
Les rêves s'envolent.
Oui, je le sais.
Doylestown, c'est beau,
mais ce n'est pas une ville culturelle, vous voyez?
Je vois.
Mais ça pourrait le devenir.
S'il y avait par exemple un auditorium,
il pourrait accueillir un festival de théâtre.
Bien sûr.
Et une fois la saison finie, les...
les étudiants du coin pourraient y avoir accès.
Oui.
- Et qu'est-ce que vous penseriez d'un gymnase?
Je pratiquais la lutte quand j'étais adolescent et...
j'ai de très bons souvenirs de ma mère
qui m'accompagnait aux compétitions dans les villes voisines.
Et pourquoi pas une piscine?
Je ne sais pas nager.
- Et peut-être qu'une piscine serait hors budget?
S'il vous plaît, ne me parlez pas d'argent!
- La Pennsylvanie compte plus d'habitants propriétaires de leur logement
que n'importe quel autre État.
Plus de bourgades et de petites villes,
et plus d'habitants vivant dans ces petites villes
que dans n'importe quel autre État.
Elle compte aussi certaines des plus belles villes du monde.
Toutes ces raisons font que la Pennsylvanie
est réellement une destination de choix
pour les familles qui cherchent un endroit merveilleux pour s'installer,
travailler et profiter d'un éventail de loisirs
tout en ayant sur place la sécurité de l'emploi.
- Ne lui parlez surtout pas d'argent.
J'ai discuté avec nos amis du bureau du maire du comté de Bucks.
Ils sont prêts à nous faire profiter de subventions locales et nationales
pour le financement de notre projet,
à la condition que nous soyons disposés à dédier un lieu spécifique...
« un lieu spécifique et significatif du centre à la congrégation chrétienne. »
Mais il s'agit d'un centre communautaire
qui sera ouvert à tous les publics.
Qu'est-ce qu'ils veulent?
Une salle de prière ou...
- Euh... J'ai l'impression qu'ils espèrent quelque chose
d'un tout petit peu plus spécifique en échange de leur contribution.
Voilà, il y a ça et bien sûr, nous attendons toujours
leur aval sur l'ensemble du projet.
- Excusez-moi.
Un gymnase.
Un auditorium.
Une bibliothèque.
Père la décrit plutôt...
comme une salle de lecture
ouverte au public.
Une bibliothèque
et une chapelle?
Ça fait quatre bâtiments, Harry.
Ça fait quatre, pas un.
C'est ambitieux.
J'ai cru que ça vous plairait.
- J'ai appelé notre entrepreneur habituel, Leslie Woodrow.
Nous avons d'abord employé Leslie comme ingénieur en construction navale, mais...
depuis, il a supervisé pour nous
plusieurs projets immobiliers de grande envergure.
Comme ces bureaux, par exemple.
Mon père alloue une somme de 850 000 $ au projet,
ce qui, à mes yeux, semble très confortable, si ce n'est exorbitant.
Si Leslie embarque dans l'aventure avec nous, je....
lui demanderai d'établir immédiatement un budget.
Cette somme de 850 000 $
comprend vos honoraires, à vous et à Leslie.
De plus, nous avons entrepris des démarches
pour vous faire inscrire à l'Ordre des architectes
ici en Pennsylvanie.
D'accord, Harry,
y a plus qu'à creuser!
Erzsébet,
j'ai rencontré un grand avocat américain
qui dit pouvoir vous aider, toi et Zsófia.
Quelqu'un aurait une photographie de toi et Zsófia ensemble?
Une preuve de notre lien de parenté?
J'ai écrit à des collègues
qu'on invitait parfois chez nous.
J'attends leur réponse.
Si tu penses à des gens,
écris-leur et explique-leur à quel point c'est urgent.
Tout ce qui pourrait la relier à toi
serait très utile à M. Hoffmann.
504, 505,
506, 507,
508...
Je te joins la liste des pièces que son cabinet réclame.
511...
Remplis ces documents autant que possible
et renvoie-moi les originaux aussitôt.
Sache que la fortune m'a souri.
Une proposition intéressante et inattendue m'a été faite,
c'est comme une deuxième chance.
...trois,
quatre,
cinq,
six,
sept...
Chaque jour nous rapproche.
Ton aimé, László.
Levez. Levez. Levez. Plus haut, plus haut.
Un peu plus haut. C'est bon.
C'est bon. C'est bon.
La surface totale est de 2 684 mètres carrés
avec un imposant système de condensation
pour la récupération des eaux de pluie en sous-sol.
Ces ouvertures étroites, que vous voyez ici et ici,
sont des puits de lumière,
qui peuvent aussi être considérés comme...
les démarcations des espaces, de part et d'autre du hall d'entrée.
Ces unités sont convertibles, et multifonctions.
Elles offrent une capacité totale
de 500 personnes de chaque côté.
Des systèmes sur mesure pour le stockage et pour l'assise offriront...
des configurations variables:
conférence, gymnase ou auditorium.
Ces salles, de taille plus standard,
seront en béton préfabriqué.
La chapelle, au coeur du bâtiment,
- qui se distinguera par un autel en marbre de Carrare...
- Je ne vois pas. - ...sera la pièce maîtresse de l'Institut.
- Harry, que penses-tu du fait que le gymnase se trouve ainsi sur le côté?
Je ne sais pas trop, euh...
On dirait un peu une caserne.
- C'est peut-être parce que tu n'as jamais été soldat, Harry.
- Je trouve que c'est une excellente surprise.
- Je vous en prie, continuez. - Je vous fais une démonstration.
Lorsque le soleil se déplacera d'est en ouest,
plusieurs profilés en bois positionnés à la base des tours
s'uniront pour former le symbole d'une croix
qui tombera pile sur l'autel
quand ces profilés seront illuminés.
Extraordinaire.
Comme c'est beau.
Maggie, tu nous fais servir du café?
Je trouve que c'est magnifique, monsieur Tóth.
Merci.
- Quelle est la hauteur de ces trucs?
Six ou sept mètres, si je me trompe?
Est-ce que j'ai bien compris ce que vous avez dit?
Ça ferait au total une surface de plus de 800 000 pieds carrés?
Je sais pas...
si nous avons les moyens de nous offrir
tous ces matériaux, monsieur Van Buren.
On trouve du marbre à Sylacauga dans le comté de Talladega,
et je pourrais en faire venir si j'arrive à obtenir un bon prix.
- Sauf votre respect, ce n'est pas une question de moyens.
Monsieur, le béton est résistant.
Pour un coût raisonnable.
Du béton, franchement?
Ça va pas être joli.
On pourrait peut-être rééquilibrer les devis sur les différents matériaux?
- Par chance, l'esthétique du bâtiment
n'est pas de votre ressort, monsieur Woodrow.
Et à Sylacauga, le marbre est blanc comme une feuille de papier.
Celui que j'ai choisi ici est bleu gris
avec des veines plus douces.
Je préfère le marbre italien. Cela conviendra mieux.
- Bon, très bien, je vais me renseigner, mais euh...
- Je connais quelqu'un de très doué, en Italie,
un tailleur de pierre avec qui j'ai déjà travaillé sur d'autres projets.
- Oh, un autre détail avant que j'oublie: le nom.
Je veux qu'il soit bien visible.
- D'accord? - Monsieur...
est-ce vraiment ce que vous aviez imaginé?
Ou c'est moi qui n'ai rien compris?
Quand Harry m'a téléphoné, il m'a bien expliqué que ce projet était personnel.
Si, en fin de compte, nous optons pour quelque chose de cette envergure,
le calendrier devra être considérablement remanié.
- Je préfère être vivant et endetté
plutôt que mort avec un compte en banque bien garni.
- Nous ne dépasserons pas le budget initial.
- Ta grand-mère adorait le marbre. - Je vous l'assure.
- Harry, où en es-tu de tes discussions avec le bureau du Maire?
Ils attendent notre dossier.
Bien.
Fais avancer les choses.
- C'est bien. - Ah. Merci.
Merde!
Bonjour, Leslie.
- Ne me dites pas que vous venez de vous lever?
Deux minutes et je suis prêt.
- Je vous en donne trois si vous les utilisez pour vous laver.
Trois.
Je vous attends dehors.
- Faut y aller, c'est le grand jour.
C'est le grand jour, réveille-toi.
- Le maire n'a pas toute la journée devant lui, Leslie.
Ça ira, Harry.
- Votre père nous rejoint-il?
Non, il est en voyage d'affaires à l'étranger, hélas!
Il vous envoie ses amitiés.
C'est un projet qui lui tient particulièrement à coeur.
C'est une priorité pour nous.
Il a demandé s'il pouvait vous appeler demain
pour en discuter.
À l'heure qui vous conviendra, bien sûr.
- Bien sûr. Sylvia, à mon bureau, peut prendre rendez-vous
pour n'importe quelle heure demain après-midi.
Toutes mes excuses.
Disons que c'est...
différent.
Très moderne.
- Oui. - Très bien.
- Expliquez-nous ce que vous avez en tête.
- La phase de construction à elle seule
créera plus de 80 emplois locaux.
Charpentiers... peintres...
et plus de 150 à la fin des travaux.
À ce moment-là, l'installation devra être dotée d'un personnel permanent.
- Quand allez-vous répondre aux questions de la boîte?
Bien...
Bien...
Je souhaiterais aussi à cette occasion
répondre aux questions
aux inquiétudes et aux commentaires écrits
que vous avez pu soumettre anonymement
avant la réunion de ce soir.
Questions qui, pour la plupart, portent sur mes origines,
et antécédents
et interrogent mes... positions idéologiques.
En tant qu'étranger
et nouveau venu à Doylestown,
je vois une communauté en demande.
Et c'est selon moi, l'unique position qui doit prévaloir.
M. Van Buren,
généreux mécène
et protestant pratiquant, et moi-même
construirons un lieu qui vous donnera envie de vous rassembler
et dans lequel vous aspirerez à pratiquer votre religion.
Vous pouvez être assurés que nous honorerons les traditions de Doylestown.
Le Centre Margaret Lee Van Buren,
dédié à la création et aux activités,
en sera l'incarnation.
Un monument-phare qui proclamera non seulement « Je suis nouveau »,
mais aussi « Je m'inscris dans ce nouveau tout ».
S'il te plaît, passe-moi la... Comment on dit?
Non, la... la lampe-torche.
Merci.
Là.
Vous avez ici la chapelle et son intérieur.
Elle aura une capacité d'accueil de 119 personnes.
À l'aube.
Au coucher du soleil.
Et à midi.
- L'un des matériaux les plus courants dans le monde d'aujourd'hui,
à connu d'humbles débuts
dans une petite ville nichée
au coeur des collines verdoyantes de Pennsylvanie:
László.
J'ai mis des mois à réunir
les pièces réclamées par M. Hoffmann
dans ta dernière lettre.
L'acier.
J'étais perdue au début,
puis j'ai pensé à demander à Mme Horváth, notre voisine du dessus à Buda.
Aucun facteur n'a joué un rôle plus important
dans la marche du progrès américain
que l'acier de Pennsylvanie.
Elle m'a fourni des photographies
où on nous voit clairement, toi, moi et Zsófia
avec sa mère le jour de notre mariage.
L'acier.
La pauvre femme nous croyant morts depuis longtemps,
elles étaient sur sa cheminée, en souvenir.
L'acier pour les grands bâtiments.
L'acier pour les ponts.
L'acier pour les automobiles.
Zsófia n'avait pas plus de 9 ans à l'époque,
mais son visage et son expression
sont très reconnaissables.
L'acier pour les trains et pour les rails.
Je te les envoie toutes sauf une.
L'acier pour les avions.
Au cas où tu ne reçoives pas cette lettre.
Je la garderai sur ma poitrine, notre famille contre mon cœur.
L'acier pour les canons en temps de guerre
et les machines en temps de paix.
László,
nous reverrons-nous bientôt?
L'acier.
À toi pour toujours, Erzsébet.
ENTRACTE
LA QUINTESSENCE DU BEAU
- Droite ou gauche? - À gauche, par là.
- Elles sont peut-être sorties sans nous voir.
- Mon associé à New York m'a confirmé qu'elles étaient bien dans ce train.
Ce serait pas elles, là?
Non, c'est pas elles.
Zsófia?
Ah si, si si. C'est elle!
Zsófia!
Zsófia!
Que s'est-il passé?
Pardon de ne pas...
Pardon de ne pas te l'avoir dit.
Que s'est-il passé?
Ce n'est pas définitif.
Que s'est-il passé? On t'a fait du mal?
C'est l'ostéoporose, à cause de la famine.
Je me teindrai les cheveux.
Je sais, je suis affreuse.
Où est Attila?
Je...
Je ne voulais pas qu'il soit...
Je ne voulais pas qu'il soit déçu si jamais vous aviez été retardées.
Zsófia, ma chérie.
Bienvenue en Amérique.
- Quel bonheur de faire enfin votre connaissance!
Pendant un temps, nous avons cru que vous étiez le fruit de son imagination.
N'est-ce pas fascinant
de rencontrer les proches de grands artistes, de grands penseurs?
- Je vous remercie d'avoir veillé sur mon László.
- En tant que personne jouissant de privilèges uniques,
j'ai toujours pensé qu'il était de notre devoir
d'encourager les talents qui définissent notre époque.
Bien entendu, je suis moi-même dépourvu d'un tel talent.
Et je dois vous avouer...
que je suis incroyablement envieux d'individus comme lui.
Vous ne pouvez pas dire ça, monsieur Van Buren.
Vous vous en êtes très bien sorti.
- Père adore qu'on lui fasse des compliments.
N'entrez pas dans son jeu.
La propriété est magnifique.
- N'est-ce pas?
Erzébette....
Pardonnez-moi, est-ce que... je prononce votre nom correctement?
C'est très bien.
C'est très bien.
Vous pouvez aussi... m'appeler Elizabeth si vous préférez.
- Vous parlez parfaitement notre langue.
Merci, je suis touchée.
Je suis allée à l'Université en Angleterre.
- Ah. Où ça? - À Oxford.
Pour étudier la littérature.
Et je suis rentrée en Hongrie pour étudier la communication.
- Et cela vous a-t-il servi plus tard? - Oui.
J'ai écrit pour un journal national très connu dans mon pays.
« Magyar Nemzet ».
Ah. Vous êtes journaliste?
Hum. Pour la rubrique culture?
Politique étrangère.
Dans ce cas, peut-être pourriez-vous aider votre mari
à se débarrasser de son accent de cireur de chaussures.
Tu ne leur as donc pas parlé de moi?
- László, vous êtes ici depuis combien de temps? Quatre, cinq ans?
Vous n'avez plus aucune excuse.
Pardon, je me suis laissé emporter.
Pouvez-vous me rendre ma pièce, s'il vous plaît?
« Un sou est un sou. »
Sofia, c'est bien ça?
Zsófia.
Zsófia.
Zsófia.
Elle comprend ce qu'on dit?
Oui.
Oui.
Elle vous comprend très bien.
- « La femme derrière le grand homme. »
László,
je peux vous dire un mot?
Je reviens.
Oui, monsieur.
Sur les conseils de Leslie,
nous avons montré vos plans à un autre architecte.
Quoi?
Qui donc?
- Quelqu'un que nous avons consulté
pour le grand magasin du centre-ville.
Des changements mineurs.
Des postes sur lesquels nous pourrions économiser.
László!
Leslie est un beau salaud.
Oui, en effet.
C'est pour cela que nous le payons.
Mesdames, ce fut un plaisir de vous avoir à nos côtés.
Le prends pas mal.
Je me souvenais de toi petite fille.
Regarde ta mère.
Ma sœur était belle, n'est-ce pas?
Même quand elle était malade,
elle était tellement belle.
T'es fâché?
T'es fâché contre moi?
Si tu as envie qu'on se dispute,
alors autant que j'en profite pour améliorer ma prononciation.
- Arrête, tu parles parfaitement bien!
La blague qu'il t'a faite n'était pas drôle
quand il t'a dit que tu parlais comme un cireur de chaussures.
Demain,
je t'emmènerai voir quelqu'un en ville.
Un spécialiste.
Ne sois pas fâché contre moi.
Tu n'éprouves plus de désir pour moi?
- Oh s'il te plaît, arrête ces conneries.
Tu trouves que j'ai vieilli?
On a tous vieilli.
Tu ne trouves rien de gentil à me dire?
Je t'aime, pauvre idiote.
Tu peux me toucher.
J'ai pas envie.
J'ai pas envie de te faire mal. Physiquement.
Tu me feras pas mal.
Je rêvais là-bas.
Toutes les nuits, je rêvais que j'étais avec toi.
Je sais ce que tu as fait, László.
Je ne t'en veux pas.
De quoi tu parles?
Je suis au courant.
Je suis au courant.
- Arrête, je peux pas. - Je suis au courant de tout.
- Pas maintenant, j'ai pas envie.
Tu vois...
Je suis tombée malade,
très malade.
Je pouvais tout juste respirer.
Je me languissais de toi.
Tu me manquais et j'en suis tombée malade.
J'ai failli mourir.
Mais quand j'étais entre la vie et la mort...
j'ai commencé à rêver de toi,
nuit et jour.
Je me suis rendu compte
que c'était pas des rêves, mais plutôt...
des visions.
J'étais auprès de toi.
Tout le temps.
J'étais auprès de toi.
László,
je sais ce que tu as fait.
Je ne suis pas jalouse,
parce que j'étais auprès de toi tout le temps, tu comprends?
Je suis au courant de tout,
de tout ce que tu as dû supporter.
Je suis là, maintenant.
Et jamais...
je ne te quitterai, László.
Mon Dieu...
Mon Dieu!
Mon amour.
Mon amour, j'en peux plus, j'en peux plus, j'en peux plus.
Tu vas tenir.
Tu vas tenir.
On a une nouvelle vie.
Une nouvelle langue.
On peut repartir à zéro.
Ouh la...
Pardon.
Pardon.
- Maggie Lee m'a prêté de la teinture pour cheveux.
Ça te va bien, c'est joli.
László, tu es là?
Oui, mon amour.
La maquette est magnifique, chéri.
Tellement belle.
Merci.
- On va en ville cet après-midi, pour voir Attila.
Tu veux nous accompagner?
- J'ai... J'ai des choses à faire cet après-midi.
Je peux pas.
Il m'a manqué.
Rien qu'entendre ses pas...
quand je l'entends bouger dans la pièce à côté,
c'est fantastique.
On devrait peut-être se renseigner pour des cours de langue cet après-midi?
Tu pourrais prendre le bus toute seule.
Je sais bien que c'est le dernier endroit
où tu aimerais passer ton temps, mais...
ça te fera du bien,
et je pourrai informer l'instructeur ou le professeur de ta situation.
Parce que m'écouter bavarder ne te mènera pas très loin.
- Où allez-vous donc, mesdames?
Nous allons en ville.
- Quelle ville? Il y en a plusieurs dans les parages.
- Philadelphie. Pour rendre visite à la famille.
- Ah, le fameux cousin américain.
- Donc, vous allez à la grande ville. - Euh, oui.
- C'est ça, la grande ville. - Ah. Nous aussi.
Ne restez pas là. Montez.
Nous allons vous déposer, vous et votre tante.
Merci.
J'ai un ami à New York. Il possède un journal.
Il est toujours à la recherche de nouveaux talents.
Dois-je lui parler de vous?
C'est très aimable à vous, monsieur Van Buren.
Cela implique-t-il que je travaillerai depuis New York?
- Peut-être, au début. Mais...
vous n'avez pas encore le poste.
Alors, gardons la tête froide.
- Bien sûr. Je... Je ne voulais pas vous sembler présomptueuse.
Non, non.
Quoi qu'il en soit, vous pourriez toujours faire la navette
avec moi pour commencer. J'y suis du lundi au vendredi.
Oui, ce serait... parfait.
Il faut d'abord que j'en parle à László.
Je puis vous assurer que lorsque les travaux commenceront,
il aura fort à faire.
Et par ailleurs,
j'adore faire découvrir Manhattan à mes amis.
Vous n'avez pas dû en voir grand-chose en arrivant.
- Penn Station, c'était vraiment splendide.
C'est vrai.
Dommage que la gare soit pleine de clochards
qui harcèlent les femmes et les enfants, la main tendue.
Ils sont alignés le long des murs,
comme s'ils faisaient partie intégrante des fondations,
comme les fantômes d'une fresque murale.
- C'est peut-être pour ça que je m'y suis sentie chez moi.
Je suis moi-même une ancienne mendiante...
qui sait apprécier les oeuvres des grands maîtres flamands.
- « Le Jardin des délices ». Vous avez très bien compris ce que je voulais dire.
C'est très malin.
- « Partie intégrante des fondations. »
Une fresque murale est décorative,
elle n'a rien à voir avec les fondations.
Dans le mille.
- D'où vous est venue votre passion pour l'architecture?
- Oh, nous avons déjà construit des bâtiments,
mais je ne les qualifierais pas d'artistiques.
Je ne sais pas. Peut-être parce que ma cave était pleine.
Pardon?
- Je collectionne les livres, les papillons et autres. Mais...
par-dessus tout, les bouteilles de Madère.
J'en bois tous les soirs après le dîner.
J'ai fait le calcul: si je débouchais une bouteille sept jours sur sept
pendant les 30 prochaines années,
ce qui est mon espérance de vie maximale, je dirais,
il ne me faudrait pas plus de 10 000 bouteilles,
en tout et pour tout.
Une fois la cave remplie, il était donc temps
de prendre une nouvelle direction.
Sortir de la cave pour me tourner vers le ciel.
- Si vous buviez vraiment une bouteille de Madère chaque jour,
je ne crois pas qu'il vous resterait 30 ans à vivre.
- Je bois toujours en bonne compagnie.
Ça aide.
Oui, oui, oui, oui.
D'accord, d'accord.
Tout ce dont vous avez besoin. Je vous en suis très reconnaissant.
Oui, merci. Oui.
Je vais devoir vous rappeler.
- Comment osez-vous?
Mais comment j'ose quoi?
- Vous êtes allé leur parler dans mon dos!
Vous leur avez présenté un autre architecte, putain!
Qui c'est, ce James Simpson?
Qui c'est? Vous voulez essayer de me faire virer?
- Je ne leur ai pas recommandé qui que ce soit. Bien sûr que non.
Vous croyez que j'ai envie de travailler avec quelqu'un
qui m'en voudrait à mort pour les deux années que va durer ce chantier?
Écoutez, Jim Simpson est un type malin.
Il vous mettra pas de bâtons dans les roues.
- Je n'approuve pas du tout ces changements.
- Je crains que cela ne dépende pas de vous.
Les préfabriqués sont déjà prêts.
- On a passé commande il y a plus d'un mois. - Quoi?
- C'est la première fois que vous en entendez parler?
Putain!
Pourquoi personne ne me dit jamais rien, merde?
Harrison a dit qu'il en discuterait avec vous.
Je suis désolé que vous l'appreniez comme ça. Je vous assure.
Voilà.
C'est de nouveau mon projet.
Il rabote le sommet de trois mètres.
Je les rajoute en bas.
C'est réglé, voilà.
- C'est une folie, tout ça. J'ai déjà dépassé mon budget pour ce trimestre.
- Prenez ce qu'il vous faut sur mes honoraires, Leslie.
- Non, mais arrêtez! Quelle différence ça fait
que les plafonds soient à 12 mètres ou à 15 mètres?
Ils sont déjà bien assez hauts.
Faites approuver les plans.
- Mais enfin... on a une visite de chantier la semaine prochaine
et Jim est censé être présent.
Écoutez son point de vue.
Ensuite, vous pourrez toujours défendre vos idées devant Harrison et Harry Lee.
Moi, je ne dirai pas un mot, je vous le promets.
- Arrêtez de jacasser et faites approuver les plans.
Pour les sols en porte-à-faux, nous prévoyons d'utiliser
des piliers en forme de T à l'envers,
implantés dans la dalle de béton qui sera posée ici.
Ça servira à la fois... de soutènement pour l'espace supérieur
et ça améliorera la résistance à la compression.
- Dans quel couloir nous trouvons-nous maintenant?
- Bien, nous sommes au sous-sol.
C'est une sorte de passage entre l'unité principale
et les trois unités modulaires de taille moyenne situées au sud et au sud-est.
- Excusez-moi, mais je ne vois pas en quoi tout cela reflète
les réductions de budget que je vous aie proposées.
J'ai enlevé trois mètres de hauteur de ces satanées tours
et maintenant nous sommes à neuf mètres sous terre.
Et vous avez ajouté 400 mètres de tunnel.
- Nous utilisons une méthode d'excavation en « pleine section »
pour creuser tout un réseau de tunnels.
Et pour quoi faire?
- Pour qu'il y ait un effet de surprise totale
quand le public découvrira l'intérieur.
Et pour qu'il n'y ait qu'un seul bâtiment,
et non quatre.
Pour une question d'harmonie.
C'est vous qui l'avez dit, monsieur Van Buren.
Vous préfériez qu'il n'y ait qu'un seul bâtiment.
Voilà. Il n'y en a qu'un.
Désolé, nous ne rentrerons pas tant que...
tant que vous ne nous aurez pas dit les yeux dans les yeux
sur quoi vous êtes prêts à faire des compromis!
Jim,
redites-nous quels bâtiments vous avez construits,
s'il vous plaît?
- Dites-nous, allez! - Je vais vous dire ce que j'ai construit.
J'ai construit un centre commercial à New Hope.
- Un hôtel à Stamford dans le Connecticut. - Bon, Jim,
j'aimerais rappeler à tout le monde
que László a proposé de compenser personnellement les surcoûts.
- Non, pardon, mais vous m'avez fait venir ici pour que je vous dise ce dont on peut se passer!
C'est simple, la seule chose dont on peut se passer,
- c'est de ce gars! - Vous ne...
- Jim... - Je suis désolé,
mais tout ça est très bizarre. Vous le voyez bien, non?
- Jim, Jim, je pense vraiment que vous pourriez arriver à vous entendre
si vous passiez un peu de temps ensemble pour faire connaissance.
- Jim. - Pas question de perdre mon temps.
- Écoutez-moi.
Venez.
Écoutez-moi.
- Excusez-moi
Venez. Venez voir.
Je vous écoute.
Tout ce qui est...
ce qui est laid...
...cruel...
...stupide...
...mais par-dessus tout ce qui est laid,
tout ça, vous voyez,
c'est de votre faute.
Jim!
- Vous voulez vous battre avec moi? - Jim! Ça suffit!
Vous devriez rentrer chez vous.
Merci pour votre avis.
Désolé. Je suis désolé.
- Il m'a frappé. - Hum.
J'ai confiance en vous.
J'ai confiance en vous.
D'accord?
- À part ça, ça s'est bien passé, non?
- Très bien. Très bien, oui. - Désolé, je...
- C'est un idiot. - Allez, venez.
Je vais rentrer.
Oui.
Harrison.
Ce type, vous lui faites confiance?
Je sais que Jim a perdu son sang-froid,
mais il avait raison sur certains points, non?
Écoutez, mon bureau reçoit des plaintes
concernant l'aménagement de cet endroit quasiment tous les jours.
Jim est protestant.
Ça rassure la population.
Les habitants ont peur que ça défigure la colline.
Je vais m'en occuper.
On va faire une petite fête pour les rallier à notre cause.
Ne vous inquiétez pas, Jim reste dans le coup.
- Est-ce qu'il le sait?
Parce qu'il croit qu'il est viré.
- Je dirai à Leslie de lui téléphoner demain.
Il peut donner son avis à distance.
C'est mieux pour le moral des troupes.
Le maire, monsieur Kinney.
Merci à tous d'être venus aujourd'hui.
Bravo! Bravo!
- Les filles, venez pour la photo.
Tiens.
Je suis fière de toi.
Fais-moi l'amour ce soir.
- Allons-y. - Bon, tout le monde est prêt?
Oui.
J'ai de la chance.
Je compte jusqu'à trois.
Un, deux, trois!
C'est une niveleuse.
Avant, on faisait ça avec des chevaux.
Sur cette surface plane, on coulera le béton.
Il fallait beaucoup de chevaux
pour faire ce que cette machine fait, William.
Si ça t'intéresse, demain matin,
on peut t'emmener sur le chantier avec nous si tu veux.
- Ça te dirait de monter dans une de ces machines?
J'aimerais bien, oui.
- C'est un grand jour, monsieur Tóth!
Oui.
Oui, c'est...
- Excusez-nous, messieurs.
Leslie a mentionné lors de notre réunion avec Jim la semaine dernière
que vous aviez l'intention de réinjecter vos honoraires dans le projet.
C'est un peu irresponsable, non?
Au vu de votre situation.
Vous permettront-ils seulement de tenir jusqu'à la fin des travaux?
Je vais trouver une solution.
- En avez-vous discuté avec votre femme?
Elle m'apportera son soutien.
Comme vous voudrez.
Si j'étais vous, je ne le ferais pas.
Et je sais avec certitude que Leslie ne le fera pas.
Je ne voulais pas que vous imaginiez créer une sorte de précédent.
Je n'attends absolument rien
d'aucun de vous.
Comment cela fonctionne-t-il?
L'entreprise se paie une commission
pour le financement du chantier?
Ne pensez-vous pas que je mérite d'être payé
pour le temps et l'énergie que je consacre à ce projet?
Puis-je vous faire une suggestion?
Vous pouvez.
Votre nièce a mis plusieurs de nos invités très mal à l'aise.
Peut-être devriez-vous lui parler.
Lui parler de quoi?
- Ne vous méprenez pas. Elle est...
Elle est très jolie à regarder, ça ne fait aucun doute.
Mais même si nous rêvons tous d'avoir une petite nana qui sait fermer sa gueule,
son mutisme passe pour une attitude grossière.
J'ai essayé de nouer un contact, de faire la conversation.
Ça ne mène nulle part.
Je vois que c'est de famille.
J'aimerais que nous soyons amis.
C'est ça.
Tout ça n'a rien d'amical, Harry.
Je n'ai pas dit que j'aimerais la fourrer, attention.
N'en parlons plus.
J'ai trop bu.
Il faut que je fasse une sieste.
László.
Nous ne faisons que vous tolérer.
Frotti-frotta, dans une baignoire, trois demoiselles.
Et qui est là, à se rincer l'oeil?
Le boucher, le boulanger et le fabricant de chandelles.
C'est revigorant,
n'est-ce pas?
On va se promener?
- Je vous assure. Ils ressemblaient trait pour trait
à ce célèbre tableau.
Vous voyez duquel je parle?
Oh, arrêtez!
- Et Papa n'arrêtait pas de s'excuser devant notre hôtesse.
- Pour la petite histoire, pour la petite histoire,
son mari était l'un des plus gros clients de Van Buren Manufacturing.
- Papa essayait de lui expliquer tout ce qui nous avait mis en retard ce soir-là,
pendant que cette femme préparait ce qui semblait être
un délicieux entremets aux fruits.
- C'était immangeable? - Sans exagérer:
un lit de fruits sur une couche de gras.
Non!
- Et papa, le pauvre, lui qui est si gourmand,
je savais pas comment l'avertir devant tout le monde
avant qu'il ne prenne une bouchée grosse comme ça!
Je mourais de faim!
- Il s'est mis à tout recracher, comme un chat.
Tout ce qu'il a trouvé à dire, c'est...
« Ma chère,
je suis allergique. »
« Je suis allergique. »
- Ce à quoi notre hôtesse, folle d'inquiétude, a répondu:
« Oh mon Dieu! Allergique à quoi? »
Et là, il lui dit:
« À ça!. Je ne sais pas ce que c'est,
mais je suis allergique à ça! »
- On ne peut qu'être allergique à une horreur pareille.
Oh, papa...
Il est tard.
Rentrons.
Apportez le fauteuil, s'il vous plaît!
Zsófia.
Tout va bien?
Quelle magnifique journée.
Absolument.
- Dommage que le vent se soit levé. - Erzsébet.
Il est tard, il faut qu'on rentre.
Vous ne dînez pas avec nous à la maison?
Non.
Demain, on doit commencer tôt.
Merci pour cette petite fête.
- Il ne s'arrête jamais. - Jamais.
Au revoir, monsieur Van Buren.
- Au revoir, ne prenez pas froid.
Pourquoi tu es si pressé?
Je t'expliquerai à la maison.
- László, tu peux aller moins vite?
Tu peux aller moins vite?
Je renonce à toucher le solde de mes honoraires
en raison de dépenses imprévues.
- Oh, c'est donc à ça que le fils faisait allusion.
Oui. C'est une vipère.
Ne t'approche pas de lui, Zsófia.
Qu'est-ce que ça signifie concrètement, pour nous?
Je vais trouver une solution.
- On va trouver une solution tous ensemble.
Je pense qu'on peut vivre sur mon salaire.
Ton salaire?
- M. Van Buren m'a aidée à décrocher un entretien d'embauche à New York.
Je suis sûre qu'une fois qu'ils m'auront vu,
ils ne pourront que tomber sous mon charme.
Merci pour le souper, madame Tóth.
- Je me suis dit qu'on avait droit à notre petite fête
pour tout le travail que vous avez accompli.
Vous avez tellement donné, tous les deux.
- Oh, je n'y suis pas pour grand-chose.
- Ce n'est pas ce que me dit László.
Il dit qu'il n'y serait jamais arrivé sans vous.
Avez-vous une femme qui vous attend à la maison?
Augusta est morte en 43.
Elle était malade, mais elle est morte d'une banale infection dentaire.
Toutes mes condoléances.
Je suis désolée. Ça a dû être très dur pour vous deux.
Pour William, ça va.
Il était trop jeune pour se souvenir de quoi que ce soit.
Et moi, j'ai passé deux ans en Arizona
avant qu'ils nous envoient tous en Italie, à Naples,
92e d'Infanterie.
Je n'ai eu aucune permission pendant tout ce temps.
Pas une seule.
La soeur d'Augusta s'est occupée de lui jusqu'à mon retour.
C'est ce qui m'a gardé en vie, de savoir que William m'attendait au pays.
C'est ce qui m'a gardé en vie.
Dieu merci.
- La mère de Zsófiá est morte elle aussi.
Perdre une mère, c'est...
une perte incommensurable.
Perdre celle qui vous a mis au monde,
c'est perdre le fondement même de notre existence.
L'esprit ne mesure peut-être pas sa perte,
mais le coeur, lui, sait.
Je me souviens de maman.
- C'est parce que je t'ai toujours beaucoup parlé d'elle.
Tu étais trop petit.
Non, je me souviens d'Augusta.
Je voulais pas te faire de peine, c'est tout.
- Qu'est-ce que tu fais?
Hum?
Je te regarde.
- Qu'est-ce que tu en dis?
C'est inhabituel.
Même pour toi.
- Tu trouves? - Hum.
La plupart des pièces...
sont assez petites,
et les plafonds sont très hauts.
Oui.
C'est pour attirer le regard vers le haut.
- Alors, pour quelle partie du bâtiment payons-nous?
La hauteur sous plafond.
Et le verre des lucarnes.
Ça me plaît.
- Ça me fait plaisir que tu approuves.
Pourquoi l'office a lieu ici?
Parce qu'il y a trop de monde.
À cause des fêtes?
La communauté s'élargit.
- Quoi? - Oh non!
Quoi?
Qu'est-ce qui se passe?
Qu'est-ce qui se passe?
- C'est trop, c'est trop! - Qu'est-ce qui est trop?
La douleur est trop forte.
Va chercher Zsófiá
Elle a mes médicaments.
Zsófia!
Chut.
Chut, chut, chut.
Zsófia!
Zsófia!
Mon Dieu.
Zsófiá, lève-toi, va la voir.
Va la voir.
Donne-lui ses cachets.
Donne-lui.
- Oui, tout le monde est ici avec moi.
Je comprends.
Si on peut faire quoi que ce soit.
Nous sommes vraiment désolés.
On se fait un sang d'encre ici.
Appelez-moi dès que vous en savez plus.
Une partie du convoi a déraillé.
Il ne sait pas exactement laquelle,
et sept wagons de marchandises sont perdus.
- Putain de merde, Leslie! Où vous avez dégoté ces gens?
- C'est notre propre compagnie de transport.
Quoi?
- Ce sont nos gars qu'on a envoyés à Charleston.
- Les wagons aussi étaient à nous.
C'était plus économique avec tous ces allers-retours.
On dépassait la centaine de livraisons.
Ne dites plus un mot à la compagnie de chemin de fer
tant qu'on a pas l'avis de Michael!
- J'espère avoir bientôt des réponses à vos questions, monsieur.
- On peut voir ce qui peut être récupéré?
C'est loin d'ici?
- Le déraillement a envoyé deux mécanos à l'hôpital.
C'est pas beau à voir, là-bas.
- Faites envoyer des fleurs aux familles, nom de Dieu!
Oh, non, non, attendez, non!
Non, ils vont croire que c'est de notre faute.
J'appelle Michael.
- Qu'est-ce que vous voulez que je fasse en attendant?
- À quel sujet? - Avec les ouvriers.
- Débauchez-les.
- Non, vous ne pouvez pas faire ça aux ouvriers! - Bien sûr que je peux!
C'est moi qui décide!
Ça va faire la une des journaux.
J'ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête pour les deux ans à venir.
Et si l'un des gars meurt? Hum?
Et s'ils meurent tous les deux?
Qui va payer? C'est vous qui allez payer?
C'est vous qui allez payer?!
László, par souci de transparence, avant de venir vous chercher,
j'avais déjà conseillé à monsieur Van Buren de limiter les pertes.
La ferme, Leslie!
Monsieur.
- Monsieur, s'il vous plaît... - Ne réclamez rien!
C'est totalement déplacé!
Vous pouvez rester jusqu'à ce que vous trouviez un logement ailleurs.
Moi, je dois faire le ménage!
Je suis désolé, Gordon.
Pas la peine de t'excuser.
Je te donnerai un peu d'argent jusqu'à ce que tu trouves du boulot.
Je vais m'en sortir.
T'as un enfant.
Je vais te donner un peu d'argent
et tu vas l'accepter!
Écoute...
...est-ce que tu aurais...
quelques grammes sur toi?
Non, j'ai rien.
Je n'en prends plus, c'est fini.
Tant mieux.
Tant mieux. C'est...
une bonne nouvelle.
Putain!
Saloperie de vie!
Arrête!
Tu te comportes comme un enfant, arrête!
- Tout est fini! - Je vais devoir ranger ton bazar.
Tout est fini!
- Va le voir tout de suite et redonne-lui l'envie de continuer.
Qu'il reste impliqué.
Tu sais comment sont les riches.
Pour lui, c'est rien de plus que...
que de refaire une cuisine.
Deux mécanos sont à l'hôpital.
Harrison refuse de poursuivre le chantier.
C'est pas ta faute!
Tout est fini.
Fini.
Tout est fini.
Terminé!
Putain.
Bonsoir New York, ABC News vous souhaite un joyeux Thanksgiving!
Ce jour, le 23 novembre 1958,
marque une étape importante dans la lutte contre le bloc de l'Est.
Ce matin, le premier tir longue portée
d'un missile balistique intercontinental,
ou ICBM,
a été effectué par les États-Unis.
Bonjour.
Je suis bien chez Rudolph Heywood et Associés?
- Pardon, monsieur, mais qui venez-vous voir au juste?
- László Tóth. Il est dessinateur ici.
- Pourriez-vous épeler son nom?
- Oui, c'est euh... L-A-S-L-O...
- Oh, oui. Je l'ai trouvé.
Les dessinateurs sont à l'étage.
Très bien.
Merci, mademoiselle.
László?
László?
Michael.
- On a quelque chose à vous annoncer.
Moi aussi.
Je suis curieuse de savoir.
C'est quoi, László?
Je t'en prie, à toi l'honneur, Zsófia.
On a décidé de faire notre Aliyah.
Quoi?
On va s'installer à Jérusalem.
J'avais entendu.
- Binyamin a de la famille là-bas.
- Mes frères aînés se sont installés là-bas avec leur famille en 1950.
Ils ont obtenu la citoyenneté.
- La vie est... difficile là-bas.
Vous avez bien réfléchi à la question?
- C'est notre devoir de le faire.
Envers qui?
- Notre rapatriement sera notre libération.
Oh, s'il te plaît!
Où allez-vous vivre?
Où allez-vous travailler?
- On peut habiter avec la famille de mon frère quand on arrivera.
- J'avais l'intention de vous aider pour le bébé.
- La femme de mon frère pourra aider.
Hé, ho.
- Je suis juive. Mon enfant est juif.
Il faut qu'on rentre chez nous maintenant.
- Est-ce que nous sommes moins juifs parce que nous restons ici?
Nous, on n'est pas juifs?
C'est ça.
Peut-être que Binyamin ne m'a jamais considérée comme juive.
Mais si!
Excuse-moi, désolée.
Non, c'est moi qui m'excuse.
Je m'excuse aussi.
- C'est une merveilleuse nouvelle.
- Hum-hum.
- Pardon, nous avons mal réagi, par pur égoïsme.
C'est parce que...
...vous allez nous manquer, c'est tout.
- Nous aimerions que vous veniez avec nous.
- Ma chérie, nous avons un emploi ici.
- Vous pourriez avoir de meilleurs postes en Israël.
- J'aime mon boulot, moi! Une rubrique féminine, c'est pas digne de toi.
- J'écris pour un journal et je suis payée pour ça.
Combien de femmes de mon âge peuvent en dire autant?
Qu'est-ce que tu voulais nous annoncer, László?
Harrison veut me reprendre.
Michaël est passé au bureau aujourd'hui.
Les assurances ont enfin versé les fonds.
Ils envisagent de renoncer à la bibliothèque
pour compenser les frais de justice, mais...
...ils veulent terminer le projet.
Je n'aime pas cet homme.
Tu le connais à peine.
- Il t'a laissé tomber aussi vite qu'il t'avait engagé.
Il est à Rome.
Pour affaires.
Il voudrait que je le rejoigne à Carrare
pour choisir le marbre de l'autel.
Je te l'ai dit:
pour lui, c'est comme refaire une cuisine.
- Chérie... - Tout le monde m'abandonne.
- Non, c'est pas vrai! - C'est pas vrai?
- Non. - Non, tu te trompes.
- Oncle László ne s'absente que pour quelque temps.
Quelques jours.
- Et je te rendrai visite et toi aussi, tu viendras.
- On trouvera un moyen. - Je peux faire le nécessaire
pour qu'un chauffeur te dépose le matin au journal et te ramène le soir
Non.
Il n'y a pas que ce voyage en Europe.
Tu vas passer tout ton temps à Doylestown.
Je m'en sortirai très bien toute seule.
- Je ferai le nécessaire avant de partir.
- Promets-moi de ne pas perdre la tête pour ce projet.
Je te le promets.
C'est l'heure d'y aller. Tu vas être en retard.
Oui, oui.
Une minute.
- Je dois dire, monsieur Tóth, que vous avez l'air mal en point.
Je m'attendais à ce que votre Elizabeth prenne mieux soin de vous.
- Ces dernières années ont été...
difficiles.
Pour nous tous.
Pour nous tous.
Oui.
- Où est-il donc?
- Je vous promets qu'il va arriver dans une minute.
Il vit dans la montagne.
C'est loin.
- C'est pour ça que je ne fais jamais affaire avec les Italiens.
Ce sont les métèques de l'Europe.
Salut László, mon ami!
Le voilà, justement.
Salut, Orazio.
Enfin, mon cher!
Hé!
Monsieur Van Buren.
Orazio.
Un café vite fait et on y va.
Qu'est-ce qu'il lui est arrivé à la main?
C'est un boulot dangereux.
T'es tenace, Mister László.
Je n'ai pas les bonnes chaussures pour cette petite balade.
Ça vous ennuie de... de me donner le bras?
- Mettez vos pas dans les miens et ça ira.
Je ne vois plus grand-monde
d'avant-guerre.
Mais ça ne m'étonne pas de te voir.
En un sens, tu savais déjà
que tout irait pour le mieux.
Parce que tu es têtu.
Moi aussi.
Je n'ai jamais quitté cette terre.
Parce que tu es têtu.
Moi aussi.
Je n'ai jamais quitté cette terre.
Je ne suis parti qu'une fois, il y a 20 ans,
à Giulino, Azzano,
pour frapper le cadavre de Mussolini
de mes propres mains.
Nous, moi et mes camarades,
sommes anarchistes.
On a été résistants.
Personne ne connaît ces vallées comme nous.
Nous avons combattu et capturé
de nombreux membres de l'Armée nationale républicaine.
On les a séquestrés ici
et on en a lapidé avec ces pierres.
C'est magnifique, non?
Oui, c'est magnifique.
Exactement comme vous me l'aviez décrit, László.
Extraordinaire.
Si vous le voulez,
l'extraction sera faite dans un mois.
Le marbre sera à votre disposition en avril.
Je suis tellement heureux de te revoir.
- Je suis heureux de te voir moi aussi, mon vieil ami.
Quelle vie on a eue, hein?
Et on est encore ici.
Il nous plaît.
Il nous plaît.
C'est magique. Merci.
- László, mon ami, il y a une grande fête, ce soir.
Je me souviens que tu aimes bien faire la fête.
Oui!
♪ You are my destiny ♪
♪ You are that's what you are to me ♪
♪ You are my happiness ♪
Je me souviens de ça.
♪ That's what you are ♪
Giada, viens!
Je te présente mon grand et vieil ami.
Bonsoir.
♪ You share my loneliness ♪
♪ You're more than life to me ♪
♪ That's what you are ♪
♪ Heaven and heaven alone ♪
♪ Can take your love from me ♪
♪ 'Cause I'd be a fool ♪
♪ To ever leave you dear ♪
♪ And a fool I'd never be ♪
♪ You are my destiny ♪
♪ You share my reverie ♪
♪ You're more than life to me ♪
♪ That's what you are ♪
♪ Heaven and heaven alone ♪
♪ Can take your love from me ♪
♪ 'Cause I'd be a fool To ever leave you dear ♪
♪ And a fool I'd never be ♪♪
Monsieur Tóth?
Il est temps pour nous de retourner dans nos quartiers.
Orazio nous a...
très généreusement offert...
un endroit où dormir pour la nuit.
Monsieur Tóth?
Non mais dans quel état vous vous êtes mis?
C'est pitoyable de voir ce que...
...les gens comme vous s'infligent.
Si vous n'aimez pas être persécuté,
alors pourquoi faites-vous de vous une cible si facile?
Hum?
Si vous vous comportez comme un parasite...
qui vit...
de l'aumône,
comme une sangsue pour la société,
comment pouvez-vous...
comment pouvez-vous légitimement espérer que les choses changent?
Vous...
vous avez un tel potentiel.
Et pourtant, vous le gaspillez.
Allez.
Il faut que ça sorte, il faut que ça sorte.
Il faut que ça sorte, c'est pas grave.
Ça va aller.
Pour qui tu te prends?
Pour qui tu te prends?
Tu te crois mieux que les autres?
Tu crois que...
tu planes au-dessus de tous ceux que tu rencontres parce que tu es beau?
Parce que tu es cultivé?
T'es qu'un traîne-misère.
Tu es une belle de nuit.
Une belle de nuit, c'est tout ce que tu es.
♪ That's what you are ♪♪
Vous étiez dans un sale état hier soir.
C'est Orazio qui vous a mis au lit.
On a quatre heures de train jusqu'à l'aéroport de Fiumicino.
Alors, vous aurez le temps de récupérer.
J'espère que vous n'avez pas l'estomac trop sensible en avion.
Ma chère Zsófia, Mazel Tov.
Elle est magnifique,
ton portrait craché.
Te fâche pas,
oncle László a insisté pour que j'inclue
quelques billets pour toi et Binyamin.
J'espère qu'il ne se vexera pas
et que vous pourrez les changer facilement.
Voilà. Je suis terriblement seule.
Peut-être plus que jamais.
Ton oncle a fermé une porte devant moi.
L'homme que j'ai épousé est derrière,
mais la combinaison du cadenas m'échappe.
Ton oncle ne va plus à la synagogue.
Il arpente sans fin les couloirs de son bâtiment de Doylestown.
Là, les choses ont enfin avancé
mais il n'est pas plus satisfait aujourd'hui
qu'au premier coup de pioche.
Je soupçonne qu'au fond,
il ne se prosterne qu'à l'autel de lui-même.
Dis-moi comment tu vas,
comment tu vas vraiment.
Nous vous embrassons chaleureusement tous les trois.
Erzsébet.
Vous voyez ça, au-dessus de nos têtes?
Prenez cette même distance de huit ou peut-être dix centimètres
entre les lattes et répétez le module, encore et encore,
suivant le même entraxe.
Et qu'est-ce qu'on met dans les intervalles?
On va insérer une épaisse feuille de verre ici,
entre les panneaux,
pour laisser entrer la lumière par le haut.
Laissez-moi un peu de temps pour y réfléchir
et je vous dirai quoi faire.
...22, 23...
- Qu'est-ce qui se passe ici?
...24, 25,
26, 27,
28, 29, 30...
Arrêtez ça tout de suite!
Arrêtez! ...32...
Arrêtez tout!
Toi, comment tu t'appelles?
Hein?
Non mais ça va pas?
Tu vois pas que tu vas faire tomber la structure?
Tu veux tous les tuer?
Tes enfantillages mettent tout le monde en danger. Tu comprends?
Tu comprends ce que je dis?
T'as rien dans la tête? T'es bouché?
- Gordon, tu peux aller lui dire de ne pas crier sur tout le monde?
Tu vois pas?
J'y vais.
Écoute-moi.
Tu vas aller voir le chef de chantier
et tu vas lui dire que tu es viré!
- Barre-toi de là! - Hé, hé, hé!
- Qu'est-ce qui te prend, László?
T'as donné un coup de pied à ce gamin.
Te mêle pas de ça, Gordon.
- Non, mais qu'est-ce qui te prend?
Te mêle pas de ça!
Te mêle pas de ça ou tu dégages, comme lui.
- Si tu me cries encore dessus comme ça, tu vas le regretter.
- Toi aussi! Tu dégages! Dégage!
Barre-toi de là.
Tu dégages de mon chantier!
Tu crois que je suis là pour m'amuser?
On y va. On rentre à la maison.
Je viens juste d'arriver.
On rentre.
Monsieur Tóth.
- Oh non, pas lui. - Monsieur Tóth,
il faut qu'on parle des reports de coûts sur mai et juin..
- Pas aujourd'hui, Jim, pas aujourd'hui.
- Vous ne pouvez pas tourner les talons chaque fois que je rentre dans une pièce.
- On est dehors Jim, pas dans une pièce.
Chérie, est-ce que je t'ai présenté Jim Simpson?
Jim est le petit toutou du patron
et aussi son... éminent consultant en architecture.
Jim a conçu un hôtel à Stamford.
László, ça suffit.
- Allez, Jimmy, il doit bien y avoir quelqu'un dans le coin
qui a pas mis une pièce dans le parcmètre!
Faut rien laisser passer!
Ouvrez l'oeil!
Quoi, qu'est-ce qu'il y a?
Hein?
Ce n'était pas nécessaire
de traiter ce jeune homme aussi durement.
Leur sécurité est ma priorité.
- Ce n'est pas ce que tu lui as dit, mais c'est sur quel ton.
Quant à Gordon, je ne veux même pas en parler.
- Tu veux encore attendre pendant je ne sais combien d'années
les délibérations de la cour dans un énième procès contre nous?
Hum?
Je n'ai plus de temps à perdre!
Je n'ai plus le temps! Tu m'entends?
Je finis ce projet ou c'est nous qui sommes foutus.
- Parle pour toi! Moi, je ne suis pas foutue!
Ce n'est plus possible de vivre avec toi.
Au fil des ans, je t'ai vu devenir un vieux salaud qui ne pense qu'à lui.
- Ne dis pas des choses que tu regretteras demain matin.
Ah, tu m'énerves!
Tu veux nous tuer?
Je descendrais de la voiture
et je marcherais jusqu'à Manhattan si je le pouvais.
Tu n'es qu'un sale égoïste!
Je n'ai aucune raison valable d'être ici.
Je ne suis ici que pour toi.
Je pourrais faire ce boulot ridicule de n'importe quelle ville.
Tu crois que je suis allée à l'université pour écrire sur des rouges à lèvres?
J'aurais honte à ta place!
- On est venus dans ce pays parce que c'était la seule solution!
Attila vivait ici.
- Attila que tu refuses de voir, d'ailleurs!
- Demande-lui pourquoi.
Demande-lui!
Il t'a raconté qu'il m'a foutu dehors comme un chien galeux?
Hein?
Sa pute de femme, cette salope,
m'a accusé de lui avoir fait des avances.
Tu ne ferais jamais une chose pareille.
Je ne l'ai pas fait.
Alors, pourquoi elle est allée raconter ça?
- Parce qu'on n'est pas les bienvenus ici!
- Mais si, Attila nous à faits venir.
Je parle pas d'Attila.
- Tu parles de qui, alors? - Des habitants de ce pays!
Ils ne veulent pas de nous ici.
Audrey, la femme catholique que mon cousin a épousée
ne veut pas de nous ici.
Elle ne veut pas de nous ici!
On n'est rien.
On est moins que rien.
Mon pauvre...
Mon pauvre mari...
Quand je t'entends,
je me demande ce qu'on a bien pu te voler.
Zsófia!
- Chut, chut chut. - Zsófia.
- Elle n'est pas là, chérie, elle n'est pas là.
- Zsófia... Zsófia... - Pardon, je t'ai fait de la peine, pardon.
- Chut. - Apporte-moi mes cachets.
Ça fait trop mal.
J'ai mal!
Je vais mourir.
László!
Chérie,
il ne te reste plus qu'un cachet coupé en deux.
Tu n'as pas une autre boîte dans ton sac?
J'ai mal.
- Ma jambe. - Tiens.
Tiens, prends ça.
Tu as une autre boîte de cachets dans ton sac?
Non?
J'ai trop mal.
Qu'est-ce que tu vas faire?
La douleur est trop forte.
Chut, du calme, ça va aller.
Ça fait mal.
Chérie,
je vais trouver quelque chose.
Chérie, attends.
Chut. Chut.
C'est ce qu'on m'a donné sur le bateau
pour ma fracture du nez.
Tu vas te sentir mieux.
Tu n'as qu'à écouter ma voix, chérie.
Voilà, c'est ça, écoute ma voix.
Voilà.
Écoute ma voix.
C'est bien.
Écoute ma voix.
C'est bien, chut.
Écoute ma voix.
C'est bien, ma chérie.
Détends-toi.
Détends-toi.
C'est bien.
Écoute ma voix.
Voilà...
Tu...
Tu en as encore?
Je t'aime.
Je t'aime.
Continue.
Encore.
Je t'aime.
Encore.
Toilettes.
Toilettes!
Oui, chérie.
Oui.
Oui.
Viens.
Allez, ma chérie.
Viens, oui.
Viens.
Viens.
Attends.
C'est bon.
J'attends dehors.
D'accord?
Tu m'appelles quand t'as fini.
Chérie?
Tu as fini?
Je peux entrer, c'est bon?
Chérie?
Chérie?
Erzsébet...
Au secours. Aidez-moi!
S'il vous plaît!
Il me faut une civière, un brancard!
- Aidez-moi!
Aidez-moi, ma femme est en train de mourir.
- Elle va s'en sortir, c'est bon, c'est bon, c'est bon.
- Ma femme va mourir. - Elle va s'en sortir.
Ma femme va mourir!
S'il vous plaît.
Doucement! Par ici! Par ici!
- La nuit dernière, j'ai parlé à Dieu.
Il m'a donné la permission de l'appeler par son nom.
Ce n'est pas la première fois que je le rencontre.
Qu'est-ce que tu m'as fait, mon László?
C'était un accident.
Pardon.
- Tu te souviens de ce que tu m'as dit
quand tu étais allongé à côté de moi?
- Oh, tu n'as pas de honte à avoir, mon chéri.
Le mal qu'on nous a fait n'a touché que notre enveloppe physique.
C'est toi qui avais raison.
Ce pays est pourri.
Les paysages. Ce que nous mangeons ici.
C'est tout le pays qui est pourri.
Je vais m'installer en Israël
pour vivre avec Zsófia et sa fille.
Je veux devenir la grand-mère qu'elle n'aurait jamais eu la chance de connaître.
Rentrons chez nous ensemble.
Rentrons chez nous ensemble.
Je te suivrai.
Je te suivrai jusqu'à ce que je meure.
Madame Tóth?
Vous remarchez!
Je suis ravie de vous voir.
- Vous voulez de l'aide? - Je me débrouille, merci, ça ira.
- Monsieur Tóth est venu avec vous?
- Non, il n'est pas là, je suis venue seule.
- Que nous vaut le plaisir de votre visite?
- Votre père est-il là?
- Bien sûr. Nous allions passer à table.
Ne vous dérangez pas pour moi.
Je peux attendre que vous ayez fini.
Ne soyez pas ridicule.
Je demande à la cuisine de vous préparer une assiette.
Vous êtes gentille, Maggie.
Merci.
- Suivez-moi.
Vous pourrez enfin faire la connaissance de mon fiancé.
Vous êtes sûre que vous n'avez pas besoin d'aide?
Non, ça va.
Madame Tóth, vous marchez!
- Je vous en prie, restez assis.
Où est László?
Il a attrapé la grippe.
Il se rétablit, à la maison.
Ah, bah ceci explique cela.
Jim Simpson m'a dit qu'il ne s'était pas présenté
sur le chantier depuis vendredi dernier.
- Regrettable. - Oui.
Tout à fait regrettable.
Ça circule.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Je préfère rester debout.
Vous préférez rester debout?
Il y a un problème, madame Tóth?
En effet.
Il y a un problème.
Je suis venue ici ce soir pour vous dire quelque chose
qui va être très difficile à entendre.
Pour vous tous ici présents.
Je ne vous connais pas tous, mais ce que je m'apprête à dire
sera difficile à entendre.
- Si c'est une question professionnelle,
peut-être devrions-nous en discuter tous les deux à côté.
Votre père est un violeur.
Pardon?
Je ne sais pas où vous voulez en venir, mais ça ne me plaît pas.
Je vais appeler votre mari pour qu'il vienne vous chercher.
- Votre père est un violeur abject.
- Papa, de quoi parle-t-elle?
- Regardez-le.
Il ne trouve rien à dire.
S'est-il passé quelque chose entre toi et madame Tóth?
Il ne s'agit pas de moi.
Ça suffit!
- Vous vous présentez devant nous
et portez des accusations ridicules.
Je veux que vous quittiez cette maison tout de suite!
- Dites-leur ce que vous avez fait à mon mari.
Dites-leur ce que vous avez fait!
Votre mari est malade.
Il est alcoolique,
toxicomane.
Je ne sais pas pourquoi il cherche à me faire du tort ou à m'humilier.
Je me suis toujours montré bienveillant avec lui.
Il est malade
et sénile.
Un vieux chien.
Et quand un chien tombe malade,
il arrive souvent qu'il morde la main qui le nourrit
jusqu'à ce qu'il soit abattu par une bonne âme qui aura eu pitié de lui.
Et maintenant...
si vous voulez bien m'excuser.
Je pense que j'ai enduré suffisamment d'insultes pour ce soir.
Vous pouvez dire à votre mari
qu'il ne fait plus partie de mes employés, et ce, définitivement.
Jamais je ne vous excuserai!
- Sortez! - Non!
- Harry, Harry, lâche-la, arrête!
Vous...
n'êtes pas excusé...
- Dehors! - ...Harrison Van Buren!
- Dehors! - Arrête!
Honte!
- Dehors! - Honte à vous!
Madame Tóth, je suis navrée.
Madame Tóth...
- Je vais bien. - Pardon. Pardon.
Je suis désolée.
- Pouvez-vous m'accompagner? - Oui.
- Oui, oui. Oui. - Un taxi m'attend devant.
- Toutes mes excuses pour cette interruption rocambolesque, messieurs.
Harry, Harry, nous partons.
Non. Ne partez pas.
- S'il vous plaît. - Harry.
Votre père est allé se coucher de toute façon.
Qu'est-ce qui t'a pris?
Père?
Père?
C'est fini.
Père!
Elle est partie.
Papa?
Papa?
Où il est passé, nom de Dieu?
Allez voir s'il est dehors!
Papa?
Papa?
Harrison?!
Harrison?!
- Il a dû quitter la maison. Je le trouve nulle part.
Papa!
Harrison?!
Monsieur Van Buren!
Harrison!
Harrison!
Père!
Papa!
Papa!
Éclairez de ce côté!
Harrison!
Monsieur Van Buren!
Vous voyez quelque chose?
Il y a une porte ici.
C'est fermé à clé.
On ne peut pas entrer.
- Il y a le numéro de téléphone du gardien à l'entrée. Venez.
C'est quoi, cet endroit?
- Système de récupération des eaux.
Pompes de drainage.
Harrison!
- Je crois qu'il y a quelque chose ici, venez voir.
PREMIÈRE BIENNALE D'ARCHITECTURE
LA PRÉSENCE DU PASSÉ
- C'est magnifique, dans ce cadre,
tu ne trouves pas?
- Excusez-nous. Pardon.
Bonsoir.
Mon oncle est un artiste
pour qui la morale prime sur tout le reste.
La grande ambition de sa vie
n'a pas seulement été de définir une époque,
mais de transcender le temps.
Dans ses mémoires, il compare les édifices qu'il a construits
à des machines sans aucun élément superflu,
édifices qui...
quand ils étaient réussis,
quand lui avait réussi,
possédaient un noyau immuable en leur coeur:
la quintessence du Beau.
Une manière d'orienter la perception de ceux qui les habitent
vers le monde tel qu'il est.
Ce sont les lois inhérentes aux choses concrètes,
telles que les montagnes et les rochers,
qui définissent ses bâtiments.
Ils ne donnent aucune indication.
Ils ne disent rien.
Ils sont, tout simplement.
Né en 1911, dans un petit village de pêcheurs d'Autriche-Hongrie,
László Tóth embrassait du regard la mer Adriatique.
C'était un petit garçon aux yeux grands ouverts, avide de vivre.
De nouvelles frontières allaient finir par le priver de cet horizon maritime,
mais jamais il n'a cessé de vouloir combler ce vide.
40 ans plus tard, il a survécu au camp de Buchenwald
comme sa défunte femme et moi-même avons survécu à Dachau.
Son premier chef-d'oeuvre américain,
l'Institut Van Buren, dans la banlieue de Philadelphie,
est resté inachevé jusqu'en 1973.
Le bâtiment symbolise son séjour à Buchenwald
ainsi que...
l'absence douloureuse de sa femme,
ma tante Erzsébet.
Pour ce projet,
il a d'abord réimaginé l'intérieur oppressant
des cellules du camp
avec exactement les mêmes dimensions
que son propre lieu de détention,
à une exception près, renversante:
quand les visiteurs lèvent les yeux, 20 mètres au-dessus de leur tête,
la hauteur spectaculaire de la verrière invite à la libre pensée,
à la liberté d'être soi.
Il a ensuite réimaginé Buchenwald
ainsi que le lieu où sa femme était en captivité, Dachau,
sur le même emplacement,
tous deux reliés par une myriade de couloirs souterrains
réécrivant par là même leur histoire,
transcendant l'espace et le temps
afin que lui et Erzsébet ne soient plus jamais séparés.
Mon oncle,
toi et tante Erzsébet étiez autrefois ma voix.
Aujourd'hui,, c'est moi qui suis ta voix et j'en suis honorée.
« Ne laisse personne te berner, Zsófia »,
me disait-il quand j'étais une jeune mère sans aucune expérience,
qui tentait d'élever sa fille pendant nos premières années à Jérusalem.
« Peu importe ce que les autres essaient de te faire croire,
c'est la destination qui compte,
pas le voyage. »
Merci à tous.
À LA MÉMOIRE DE SCOTT WALKER
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ Please don't go away ♪
♪ I'm ready and I'm able ♪
♪ Please don't go away
♪ 'Til morning comes around ♪
♪ Please don't go away ♪
♪ While wine is on the table ♪
♪ Please don't go away
♪ Just lay your body down ♪
♪ Now I don't know what I would do ♪
♪ If you got up to leave ♪
♪ My jealous heart beats deep inside ♪
♪ And not here on my sleeve ♪
♪ 'Cause I could show a girl like you ♪
♪ Such loving and affection ♪
♪ I don't want to make no speech ♪
♪ This here ain't no election ♪
♪ Please don't go away ♪
♪ Honey, change your mind and stay ♪
♪ Hot love's on the way ♪
♪ Honey, let me hear you say ♪
♪ Yeah, yeah, yeah ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪
♪ One for you, one for me ♪♪
Sous-titres: Juliette Caron
Sous-titrage DELUXE MEDIA Paris
Sous-titrage: difuze
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