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(bips de la voiture)
(coups de klaxon)
Rentre dans la maison, vite!
(démarrage de moteur, crissement de pneus)
(démarrage du moteur)
Allô, c'est moi.
Il s'engage sur l'avenue Duvalier.
(démarrage du moteur)
(sirène)
(crissement de pneus)
- Ça va? - Qu'est-ce que j'ai fait?
- J'aimerais ça si vous pouviez ouvrir la porte du camion.
Pourquoi?
Parce qu'on vous le demande.
- J'ai fait quelque chose de pas correct?
Ça se pourrait, oui.
(♪ cellulaire ♪)
- Allô? - OK, t'es où, là?
- Avec Viau, on saute un camion qu'on espère rempli de parfum.
- Aussitôt que tu finis, viens au bureau, on a un problème.
Quelqu'un a essayé de s'en prendre à Sophie.
- Qu'est-ce qui s'est passé?
- Ah, je te conterai ça, mais elle est correcte.
- OK, bien, écoute, on vient d'intercepter le camion, là,
Viau fouille en dedans, puis si on trouve ce qu'on cherche,
j'attends l'arrivée des policiers et je file au bureau.
- OK, parfait, il finit ce qu'il fait et s'en vient.
- Je pense qu'on aura un bon savon
à passer une couple d'enquêteurs.
Ça changera rien, ça.
Ils ont essayé de s'en prendre à toi une première fois,
ils vont se réessayer une 2e fois.
- Chose certaine, tu peux pas retourner chez vous
toute seule pour l'instant.
- Ton gars, le boxeur Willy, il sait où tu travailles?
Aucune idée.
Mais avec le gym, c'est sûr
qu'ils ont accès à mon adresse personnelle.
Il faut l'écrire quand on s'inscrit.
- Il faisait trop noir, j'ai pas vu la plaque.
Il est parti trop vite.
Hé!
- Il y a du parfum et des souliers.
C'est ça qu'on pensait.
La clé du camion.
Nous autres, on peut pas rester.
On lève les pattes avant que la police arrive.
OK, je les appelle justement.
Dis-leur de se dépêcher parce qu'il est sur le téléphone.
Il doit sûrement demander de l'aide.
OK.
- J'ai quand même pas besoin d'un chaperon 24 heures sur 24.
- N'empêche que si t'en avais pas eu un,
tu serais peut-être pas ici en train de nous parler.
- Exagérons pas. - Toi, minimise pas.
- Et ton arme! - Je l'avais sur moi.
Ç'a pas empêché que...
- Papa, laisse-nous réfléchir.
On va voir ce qu'on peut faire.
- Jean, il y a la police qui est ici.
La police de qui? De où?
- Je sais pas. Ils ont des mandats de perquisition.
- On va aller voir ce qu'ils veulent.
(soupir)
- M. Jean Dumas. - Lui-même.
- Enquêteur Pelletier de la Police de Montréal.
On a un mandat de perquisition qui nous permet
de fouiller les locaux situés au 7055 de la Fabrique,
les étages au complet des bureaux d'Intelco.
Je peux lire le mandat?
Vous êtes qui, vous?
- Mon fils et l'avocat de la boîte, Anthony Dumas.
- Ah bon. - Vous cherchez quoi, au juste?
- Des documents relatifs à une banque, la Jersey Capital Bank.
La quoi?
C'est écrit sur le mandat.
- En premier lieu, vous allez nous permettre
de rencontrer nos employés.
Ensuite, tout le monde va devoir sortir
les mains vides, c'est ça?
C'est tout ce qu'on demande.
- Vous allez comprendre une chose.
On a des dossiers qui sont très sensibles ici.
J'ai des collègues avocats qui vont vous rencontrer
pour s'assurer que vous vous en tenez aux documents
qui sont spécifiés dans le mandat.
On fera pas d'expédition de pêche ici.
(fermeture de portière)
- Le camion est rempli de produits contrefaits ou volés,
des parfums et des souliers.
Le premier numéro là-dessus, ça, c'est
le sergent-détective chez vous qui s'occupe du cas.
Il est au courant, puis le 2e numéro,
c'est le président de la compagnie de distribution.
Appelle-le, il va te confirmer
que le parfum là-dedans, c'est du vol.
- Et ça, c'est votre carte à vous?
- Hum-hum. - Éric Bonin, chez Intelco.
Pierre-Yves Langlois chez vous, c'est mon ancien boss.
- Pierre-Yves, oui. Oui, oui, bon gars.
- Je checke ça, ce camion-là, et je te reviens.
Merci!
- C'est quoi, ton nom, déjà? - Jean-Luc Lessard.
Je vends des montres, des guenilles,
et j'aimerais ça les fournir en parfum.
- Tes guenilles et tes montres, tu les prends où?
- Je sais pas, toi, tes parfums, tu les prends où?
Vous touchez à rien.
On va vous demander de sortir.
Vous pouvez laisser les sacs à main sur le bureau.
Il n'y a pas de danger. On est là pour surveiller.
(soupir)
Euh... wô, wô, wô, wô!
Un document à la fois.
Pardon?
J'ai dit un dossier à la fois.
On sort un document, je regarde ce que ça dit,
et on passe au prochain.
- Il va m'expliquer comment faire ma job.
- Non, je vais t'expliquer comment moi,
je suis capable de faire la mienne.
Un mandat de perquisition, monsieur l'enquêteur,
c'est un ordre de la cour qui est aussi restrictif.
C'est écrit sur le mandat.
Les documents qui concernent la Jersey Capital Bank
ou tout autre document connexe.
Donc, si tu prends une chemise,
et ça concerne pas la banque en question,
bien, tu la remets à sa place, et on passe à la prochaine.
Regarde, je vais vous demander de sourire aussi un petit peu
parce que je vais vous filmer.
- Ils sont en train de perquisitionner les bureaux.
Montréal ou la Sûreté?
Montréal.
Et Sophie, elle est comment?
- Elle est faite forte. Décolle, je veux pas rester ici.
Ils perdent leur temps.
Il y a pas un papier au nom de la Jersey Capital Bank.
C'est pas ça qui m'inquiète.
Il y a des gens qui ont assez
d'éléments de preuve entre les mains
pour être capables de convaincre un juge
de la pertinence de procéder à une perquisition.
- Il faut que ce soit la banque qui est derrière ça.
C'est leurs documents et juste ceux qui peuvent porter plainte.
- Le gars qui nous a vendu la clé meurt,
Scotland Yard appelle Delphine, la perquisition.
Il y a du monde qui travaille fort.
- Oui. Ils doivent savoir que ça vient de toi.
T'es allé voir Julien Marcoux.
Hé, ça, tu le sais comme moi,
Marcoux, il est allé voir Stéphanie
pour avoir des informations sur moi.
Tu sais bien que Cazal et elle
se font un plaisir de nourrir Marcoux
et de lui faire avaler tout ce qu'il dit sur moi.
C'est clair.
- Non, non, le mandat de perquisition puis la police,
ça vient de Stéphanie, ça.
Toi, comment ç'a été?
- La police a saisi le camion, et Damien Rochette
vient d'aller confirmer que c'est bel et bien
du stock qui circulait de façon illégale.
Mais le gars qui est à la tête de ça,
c'est pas un enfant de choeur.
Il est venu voir sur place ce qu'il se passait,
puis ça finira pas là, cette histoire-là.
Ouais... Hé!
Bon, parfait!
Ils ont fini. On y va.
- Bonjour! Est-ce que votre mère est là?
Non.
- On a un mandat de perquisition.
Pour ma mère?
- Non. On perquisitionne pas des personnes,
on perquisitionne une adresse.
- Est-ce que vous pouvez attendre un peu?
Parce que je suis toute seule,
il faudrait que j'appelle quelqu'un.
Je sais pas quoi faire.
- Qu'est-ce que tu fais là?
- On peut pas entrer dans la maison.
- Pour? - La police est là.
Ils ont un mandat de perquisition.
- Hein? - J'ai déjà écrit à maman.
(bips d'une voiture)
On va chez Stéphanie.
L'enquêteur Pelletier est là avec un mandat de perquisition.
- Un mandat chez Stéphanie? - Oui.
Il cherche quoi?
- Je sais pas. - C'est écrit sur le mandat.
Charlie sait pas que c'est écrit sur le mandat. Elle a 18 ans.
- Arrête de parler et vas-y.
(rire)
T'aimes ça, le piquer, hein?
- C'est notre façon de s'aimer, lui et moi.
Hum, hum.
- La police est dans la maison. Ils font une perquisition.
- Qu'est-ce qu'ils cherchent?
- De la drogue. Ils pensent que je fais du trafic de poudre.
- Arrête de niaiser. On le sait pas.
- C'est écrit sur le mandat. Come on, les filles!
C'est ma maison. Est-ce que je peux voir le mandat?
Ça va?
On quitte, on a fini.
- Qu'est-ce que vous cherchez? - Ça.
- Mais c'est l'ordinateur de ma fille.
- C'est ça qu'on est venus chercher.
- Pourquoi? - J'ai rien à vous dire, à vous.
Hé, c'est à moi, ça!
- Pour le moment, il est à nous autres.
- Tu vas me donner ça, osti! - Cath, arrête!
- Donne-moi ça!
- Enlève tes pattes sales, sinon,
je t'embarque pour entrave à une enquête!
- Catherine, calme-toi!
- Cath! - Tu me feras pas ça 2 fois!
- Envoye-moi ça dans le char! - Hé, hé, hé!
- Arrête! Aïe! - Le smatte, lâche-la!
- Câlisse! - Hé! Lâche ses cheveux!
- Mes ostis... - Toi, t'es dans la marde.
Tu vas entendre parler de moi, mon osti de sauvage!
- Mêle-toi-en pas toi avec parce qu'on t'embarque, toi aussi.
- Tu commences à manquer de place dans ton char!
- Ils ont pris quoi? - L'ordinateur de Catherine.
- Pas juste l'ordinateur de Catherine.
Ils ont pris Catherine avec.
- Oui, c'est vrai. Catherine avec.
Je comprends pas, là.
- Elle a vu Pelletier passer devant elle avec son ordinateur.
Elle s'est lancée sur lui. Ils se sont chamaillés.
Elle lui a craché au visage. Là, il l'a embarquée pour entrave.
La fille à sa mère.
- Pas mal plus, la fille à son père.
Là, faut que je te laisse,
faut que j'aille la sortir du poste de police.
(bips)
- Elle faisait quoi chez Intelco, ta soeur?
- Je le sais-tu, moi!
- Niaise-moi donc, Anthony.
Les enquêteurs sont rentrés dans la maison
et sont partis avec son ordinateur.
- Papa l'a pas impliquée dans une affaire croche?
Demande à ta mère.
Julien Marcoux, c'est son client.
Il faut que je vous laisse.
(ouverture de porte)
- Toi, t'es pas en train de repartir la guerre avec papa?
- Est-ce que j'ai été perquisitionnée, moi?
Moi, j'ai vu personne à mes bureaux.
Tu sais, quand t'as rien à te reprocher.
- Catherine Dumas qui se fait perquisitionner.
Il y a même pas quelques mois, elle était pas capable
de mettre un pied devant l'autre sans tomber.
- Faut croire qu'elle s'est relevée plus vite qu'on pense.
- Elle a envoyé la liste des comptes
à une vingtaine de journaux en Europe.
Oui, mais lesquels?
Je le sais pas.
- C'est certain qu'avec l'adresse IP, ils savent
que ça vient de son ordinateur à elle.
C'est pas à Catherine qu'ils veulent faire mal.
C'est toi qu'ils ont dans la mire.
- Moi, je suis capable de me défendre,
mais elle, s'il se met sur son cas...
- Hé, c'est Catherine, c'est pas une couple d'enquêteurs
de police qui vont lui faire peur.
Pas sûr de ça, moi.
Tu l'as pas vue quand ils l'ont arrêtée
pour le meurtre du motel, là.
- T'as appelé Marchand, le journaliste?
Ouais. Il est frileux.
Simonneau, c'est un grand chum à Dupont, le boss du journal.
La nouvelle commence à faire le tour du pays, de toute façon.
- Pourquoi tu y tiens tant, à ton ordi?
Je sais déjà ce qu'on va trouver dedans.
Tu vas avoir des explications à donner.
(petit rire)
(raclement de gorge)
Tu sais que c'est pas la première fois
que je vois des gros yeux méchants?
C'est pas moi qui suis dans le trouble, c'est toi.
(coups à la porte)
(petit raclement de gorge)
Ça sera pas long.
(fermeture de porte)
- Qu'est-ce qu'on peut faire pour toi?
- Elle est en état d'arrestation?
Tu me la sors d'ici, c'est une détention illégale.
- C'est une entrave à une enquête criminelle.
Et cracher au visage d'un policier,
c'est une voie de fait contre un agent de la paix.
C'est l'article 270 du Code criminel.
Tu devrais savoir ça, t'es avocat.
- Prendre quelqu'un par les cheveux
pour la mettre dans une voiture de police,
c'est un geste violent fait par des ostis d'imbéciles
qui savent pas faire leur job.
Je me souviens pas de ça.
- Ah! La caméra de sécurité chez ma mère s'en souvient, elle.
(rires)
C'est une menace, en plus?
- Je suis l'avocat de Catherine Dumas et je te demande
si tu l'as officiellement mise en état d'arrestation.
Oui.
- Tu as fait part de ses droits quand tu l'as arrêtée
ou vous êtes contenté de la tirer par les cheveux
quand vous y avez mis les manottes,
comme on voit sur la caméra?
C'est un osti de menteur.
Il m'a jamais fait part de mes droits.
- Tu peux pas cracher dans la face du monde, Cath.
C'est une voie de fait, c'est criminel.
C'est pire quand c'est un policier.
- Il avait juste à pas me provoquer.
- Il t'a pas provoquée. Il a saisi ton ordinateur.
C'est ça que je dis, Anto.
La loi lui permet de faire ça.
La liste de clients de la Jersey Capital Bank
que t'as envoyée un peu partout.
Il peut pas savoir ça.
- Tu me fais rire; pourquoi tu penses
qu'ils ont saisi ton ordinateur?
- Ils ne peuvent pas me retracer avec une adresse IP.
J'ai envoyé ça avec un VPN.
- Je vais te montrer une dizaine de solutions
permettent de passer par-dessus un VPN.
- Tu me les montreras, car je crois pas à ça.
Moi, j'ai fait un job clean.
- Tu penses que tu es au centre de cette affaire
comme si on était dans un de tes romans bonbon?
- Je sais que ça te fait chier que papa ait décidé
de me faire confiance,
mais c'est juste de l'ego mal placé, ton affaire.
- Ça n'a rien à voir avec la confiance.
Il essaie de se racheter
pour tout ce qu'il t'a fait depuis que t'es au monde.
Il s'en fout de ce que tu penses comme de ce que je pense aussi.
Tu sais quoi?
Merci d'être venu me chercher, mais je vais marcher.
Ça va me faire du bien.
Cath, arrête.
Cath!
Hé, fuck off!
Ça va?
- Oui, pourquoi tu me demandes ça?
- Regarde, quand je te demande si ça va,
réponds pas pour me faire plaisir.
C'est parce que je veux savoir comment ça va.
- Un peu sous le choc, je te dirais.
- Par rapport à ce qui est arrivé chez vous l'autre soir?
- Oui. - Tu sais, c'est normal.
Moi, depuis que je me suis fait tirer,
je dois me tourner dans la tête 200 fois
quand je marche dans la rue.
Et c'est rendu que je pars de mon char
avec le démarreur à distance au cas où.
- On ne peut pas demander à Marc ou à un de ses gars
de se stationner devant chez nous à chaque soir.
- Pour un bout, certain, oui. - Ça va coûter une fortune.
C'est pas à toi de payer ça.
- C'est pas une question de qui va payer,
c'est juste que ça va coûter cher pour avoir réglé
une job qui était pas payante.
- Inquiète-toi pas, Sophie.
On va trouver une solution temporaire
à ton problème temporaire.
Non, j'ai pas de problème.
Je suis juste inquiète un peu, c'est tout.
Mais comme tu dis, ça doit être normal.
- On va voir ce qu'on peut faire.
- Ah, justement, il y a l'enquêteur Dicaire
à la réception.
C'est qui, ça?
- Celui qui s'occupe de la plainte pour les parfums.
Mais il nous veut quoi?
Bien, nous parler, j'imagine.
Je pense pas qu'il soit venu booker ses vacances d'hiver.
- Ah, toi et ton humour subtil, là!
Euh, c'est quoi son prénom?
François.
- François Dicaire. François Dicaire.
François Dicaire, comment ça va?
Benoît.
Benoît Dicaire, pas François.
L'humour subtil, là.
- Il est venu, il a identifié les parfums
dans le camion qu'on avait saisi.
Il a confirmé que c'était pas les siens,
que ça pouvait pas être distribué au Canada.
Ça, ça va. On savait ça.
- Là, il vient de m'appeler. Il veut pas déposer de plainte.
Ça se peut pas, ça.
Il est venu noir juste pour ça. Ça lui a coûté cher, en plus.
Vous vous attendez à quoi?
- Trouver qui importe, vole ou distribue ces produits-là.
- Je te dis ce qu'il m'a dit, si j'ai pas de plainte,
que veux-tu que je fasse?
- Peut-il avoir subi des menaces?
- Ça se pourrait, mais il a pas voulu me donner d'explication.
Je me demande si le boss de cette patente à gosses là,
qui se fait appeler Chubby, je sais pas s'il peut avoir
un certain rapport avec ça.
Je l'ai vu passer quand j'attendais votre arrivée.
- Ouais. C'est une autre affaire qui me fatigue, ça.
C'est toi qui avais les clés du camion, au gars.
- Oui, c'est moi qui vous les ai données, oui.
Le chauffeur, il dit
qu'il s'est fait arrêter par 2 polices.
- Non, c'est pas des policiers, c'est 2 enquêteurs
qui travaillent pour nous.
- Lui, il m'a dit que c'était 2 enquêteurs de la police.
- Non, c'est des contractuels chez Intelco.
Fais-toi pas longer par la police
parce que ça va te coûter cher.
J'ai même la badge qu'il faut
pour me sortir du trouble si ça m'arrive.
C'est quoi, leurs noms?
- Léveillé et Viau? - Hum, hum.
Je peux leur parler?
- Donne-moi ta carte,
je vais leur passer le message.
- Donnez-moi donc leurs coordonnées.
Ça va être plus simple comme ça, hein?
- Mon cher Dicaire, gênez-vous pas.
Je le connais très bien, Luc Viau.
C'est un chic type, ça va lui faire plaisir de vous parler.
(déverrouillage électrique)
- Merci! - Merci!
- Puis? - Puis quoi?
Bien, il arrive quoi?
- Rien. Ils ont saisi son ordinateur,
ils l'ont arrêtée pour voies de fait
parce qu'il leur a craché au visage.
Ils ont même pas lu ses droits.
On avait besoin de ça, là.
- C'était une erreur de l'impliquer.
Arrête de l'infantiliser.
- C'est pas toi qui l'as sortie du poste de police.
Ah non, je fais pas ça, moi.
Moi, je l'ai juste sortie de prison
pour le meurtre de son pourri.
Elle est où, Catherine?
- Elle est allée se perdre dans la nature.
- Tu l'as laissée partir toute seule?
- Je vais dire quoi faire, moi, à Catherine Dumas.
- Hé, toi, quand ils ont distribué le jugement,
le tien était back order hein!
- Bon, ce que j'ai su, c'est qu'il la soupçonne
d'avoir distribué des documents volés.
- C'est un employé de la banque qui nous a donné ça.
Vendu, c'est pas pareil.
- Le gars qui nous a vendu ça est mort.
Il s'est pendu ou on l'a pendu.
On n'est pas rendu là dans l'histoire encore.
Mais ça change rien.
C'est Catherine qu'ils ont dans le collimateur.
- Il arrivera rien avec ça. Ils l'ont arrêtée, mais pas accusée.
- De voies de fait graves, oui! - On va régler ça.
- Mais comment? - Delphine, s'il te plaît!
Hé! Change de ton.
Je viendrai pas souper ce soir.
J'ai quelqu'un à rencontrer.
Tout le monde te cherche.
- Je suis allée me cacher parce que tout le monde me cherche.
Te voilà, toi!
Ça me tentait pas de revenir.
Je me disais, bon, elle va encore me faire la morale.
- Pourquoi je te ferais la morale?
Oui, pourquoi donc?
C'est tellement rare dans une famille qu'on se parle
si poliment pour se dire autant de marde.
- Ça peut être une qualité aussi.
Capable de faire sentir toutes ses frustrations
sans être obligé de s'écrier à la tue-tête.
- Comme je pense qu'on est capables de se parler
d'une façon raisonnable dans cette maison,
je vais vous dire une chose.
Oui, votre père et moi, on se crêpe le chignon, souvent.
Il y a beaucoup d'ego là-dedans.
Mais on n'a pas à impliquer nos enfants dans nos histoires.
- C'est tout un aveu, ça, venant de ta part.
Toi qui fous le bordel et qui s'en va
dès que ça fait ne plus ton affaire.
- Moi, j'ai jamais voulu imposer quoi que ce soit.
J'ai quitté la maison.
Puis je pensais que vous alliez prendre
le temps de digérer tout ça puis de comprendre.
- T'as dû trouver des qualités à Jean Dumas, tu l'as marié
et vous avez fait 2 enfants.
Il y a bien des choses
que vous savez pas sur votre père.
Pas ce qu'il m'a dit ou ce qu'il m'a fait.
Des choses qu'il a vécues dans sa jeunesse.
Il l'a pas eu facile.
- OK. Et ça, ça se transmet de génération en génération.
Car lui, il l'a pas eu facile,
il faut que ses enfants passent par là.
Arrête, Charlie.
Tu l'amènes sur un sujet,
et c'est pas de ça pantoute qu'elle veut parler.
Elle veut donc savoir ce qu'il y avait sur mon ordi
pour que ça intéresse autant la police.
L'affaire, c'est que ma mère travaille
sur un dossier qui implique mon père.
Et moi, je me suis coincée entre les deux,
car c'est moi qui envoyais les copies
des comptes de banque du client où il fallait pas.
Fait que là, ma mère va être obligée
d'appeler son gros client Marcoux et dire:
"Hé, je m'excuse. C'est ma fille qui t'a mis dans la marde.
"Elle a envoyé ça partout en Europe, mais t'inquiète pas.
Elle vient de se faire arrêter par la police."
Là, ça fait 4 heures que je marche.
J'ai besoin d'aller prendre un bain.
- Avouez que c'était incompréhensible.
On a fait tout ce qu'il fallait.
On vous a livré ça sur un plateau d'argent.
Puis là, vous avez décidé de pas porter plainte.
J'ai rien décidé.
- Vous êtes le président de la compagnie.
Au Canada.
- Qu'entendez-vous par "au Canada"?
- C'est moi qui décide de ce qui se passe, oui.
Sauf que j'ai reçu un appel.
On m'a demandé de pas porter plainte.
Je vous pose une question.
Vous êtes pas obligé de répondre,
mais j'ai pas le choix de la poser.
Est-ce que vous avez été menacé par quelqu'un physiquement?
Pas du tout.
- Ce serait pas surprenant parce que nous,
on sait des choses que vous ignorez peut-être.
Comme?
- On connaît la personne qui contrôle ce trafic-là.
Si vous avez reçu des menaces, ça vient probablement de lui.
Puis vous auriez tort de le protéger
parce que c'est un bandit.
Ça n'a rien à voir.
J'ai reçu un appel de la maison mère de New York
qui m'a dit de laisser tomber et de ne pas porter plainte.
- Ils ont su ça comment, qu'il y a un homme qui est arrêté?
Est-ce que c'est vous qui leur avez dit?
Pas du tout.
Ils l'ont su comment?
Je me pose la même question que vous.
- Éric, viens avec moi 2 minutes.
C'est pas poli, ça.
- Hé, il nous fait perdre notre temps.
Je ne me gênerai certainement pas.
- Il nous fait perdre notre temps,
mais il nous paye aussi, oublie pas ça.
- OK, OK. Regarde, le gars, là, Chubby, tu te souviens,
je t'ai dit qu'il était là
quand la police a arrêté le chauffeur de camion.
Ça nous mène où, ça?
C'est peut-être lui qui a parlé.
C'est plein de bon sens,
mais garde ça pour toi pour le moment.
Moins il en sait, mieux c'est. Puis gère-toi.
- Hé! - Hé! Comment ça va?
Bof...
Oui. Je me doutais bien aussi.
Je t'ai commandé ton Virgin Caesar avant que t'arrives.
C'est gentil, merci!
(soupir)
J'ai planté ma mère
en distribuant les documents sur Marcoux.
C'était son client à elle.
- Planté comment? Je comprends pas.
- Moi, je ne pensais plus à Marcoux. Ça joue les purs.
Ça dit au monde quoi faire,
mais ça se permet d'aller fourrer le peuple.
Moi, c'est ça que je voulais dénoncer.
Mais là, ma mère est pognée pour dire à son client
que c'est sa fille qui a mis des bâtons dans les roues.
- Veux-tu que je te dise un secret?
Ta mère, elle s'en fout.
Et ton père, encore plus.
Julien Marcoux, c'est juste un client.
Une grosse poche qui rapporte à Stéphanie
le temps que ça va durer.
- C'est la mort de Gillespie, là.
Je sais pas, on dirait que ça me vire à l'envers.
Le gars a voulu dénoncer quelque chose,
et il en a payé de sa vie.
Ça, on le sait pas.
Il a peut-être décidé d'en finir par lui-même?
- Mais voyons, vous lui avez donné un million
pour une clé USB, et il s'enlève la vie?
Il serait pas allé passer une petite semaine
dans le Sud avant, je sais pas?
En tout cas, j'espère qu'il a fait un testament,
parce qu'il y a 1 M$ en bitcoins
qui se promènent sur un cloud ou un ledger quelconque,
et personne est au courant.
Vous allez me faire croire ça,
que le gars a décidé de s'enlever la vie, vraiment?
- Au même titre que tu veux me faire croire
que Gordon Gillespie a fait tout ça
parce qu'il voulait dénoncer des millionnaires
qui veulent éviter de payer de l'impôt.
C'est un escroc.
Il a voulu passer au cash,
mais il a frappé du monde un petit peu plus fort que lui.
Je te le répète, Catherine, arrête de t'en faire
pour ta mère ou pour ton père.
Ils font leur travail du mieux qu'ils peuvent.
Et c'est pas leur vie qui est en jeu.
- Tu devrais expliquer ça à mon père
qui s'est fait tirer par l'ex de ma mère.
Je les trouve pas mal violents pour du monde qui s'en foutent.
(grognements)
(halètement)
Pause.
- Tu veux faire un peu de corde, mon Nick?
Ça sera pas long, on s'en va au bureau.
- Moi, j'arrive là, je rentre dans la maison.
Ils ont un mandat de perquisition
pour l'ordinateur de ma fille.
Lequel?
Catherine.
C'est elle qui a distribué
la liste des clients de la banque partout.
Aux journalistes en Europe.
On ne pourra plus accepter les mandats de Marcoux.
- Tu sais que c'est ta fille qui est en cause, pas toi.
- Comme tu le dis si bien, c'est ma fille.
- Alors tu veux quoi, qu'on appelle Marcoux
pour lui dire que c'est terminé?
Exactement.
- Il faut aussi lui expliquer et le laisser choisir.
Ta fille travaille pour son père, je veux dire,
tout le monde peut comprendre ça.
Marcoux est riche comme Crésus,
c'est sûr qu'il va vouloir la poursuivre.
Enfin, pour quel motif?
- Possession et distribution de documents volés.
- Non, non, elle sera jamais poursuivie, oubliez ça.
J'ai vérifié, l'évasion fiscale,
c'est un sujet d'intérêt public majeur.
Dénoncer des pratiques d'évasion fiscale
ou de blanchiment d'argent à grande échelle,
ça relève de la liberté de presse.
- Au-delà du cadre juridique,
Marcoux peut pas se permettre ça.
Ça serait d'étaler ses affaires sur la place publique.
Je pense pas que ça lui tente d'exposer
ses magouilles au grand jour.
- Regarde, c'est sorti dans le Kathimerini ce matin.
Un armateur grec qui est pris dans ce scandale-là.
- Catherine aura pas à s'en faire.
Tu devrais lui dire
parce tu l'as brassée pas mal dernièrement.
Moi, ça?
- Fais pas semblant que tu sais pas.
Je te rappelle que tu l'as impliquée.
J'étais pas d'accord avec ça.
- T'étais jaloux, c'est pas pareil.
- Je commencerai pas ma journée comme ça.
Réglez vos affaires d'ego, j'ai du travail à faire.
- Bon, toi, viens-t'en avec moi.
Où ça?
Tu vas voir.
- En passant, qu'est-ce qui se passe avec Scotland Yard?
Rien, ils ont pas rappelé.
- Comme ma fille est prise au coeur de cette histoire-là,
je peux difficilement continuer à accepter
vos mandats sans me retrouver en plein conflit d'intérêts.
- On peut pas non plus empêcher Catherine de gagner sa vie.
- Donc, Catherine travaille pour son père.
- Pas vraiment. Mais en fait, je ne sais pas.
Elle est souvent au bureau.
Elle s'intéresse de plus en plus à la cybersécurité.
Il y a des gens à l'interne qui l'aident.
Elle va commencer une formation bientôt.
C'est tout ce que je sais.
- Votre fille risque de devoir se défendre devant le tribunal.
Je peux pas vous empêcher
de faire ce que vous avez à faire.
Vous avez parfaitement raison.
Je suis pas certain
qu'il y ait matière à poursuite dans cette affaire.
- Ce n'est pas à vous d'en juger, M. Cazal.
Vous avez parfaitement raison.
- De ce que je sais, ces documents-là
peuvent pas être considérés comme ayant été volés.
C'est un employé qui les a remis à quelqu'un.
- Une employée, la personne en question
s'appelle Delphine Proulx.
C'est la conjointe de votre ex.
Mais je vous ferais remarquer
que c'est une conséquence directe
de ce qui vous a amené ici.
- Ça veut dire quoi, ça, au juste?
- Que vous êtes venu voir Stéphanie
parce qu'elle connaît très bien Jean Dumas
et les personnes qui gravitent autour de lui.
Vous voyez, vous êtes pris avec ça, tout comme elle, d'ailleurs.
Mais ce qui est clair, c'est que celui qui est derrière tout ça,
c'est Jean Dumas.
Ça va, Gilbert?
J'ai amené mon fils, c'est l'avocat de la boîte.
Il va prendre le temps de t'expliquer.
M'expliquer quoi?
- C'est une chasse aux sorcières, votre affaire.
- Jean, on a toujours eu une entente tacite, toi et moi.
On peut régler des problèmes, mais pas quand il s'agit
d'une enquête en cours où des gens près de toi sont impliqués,
d'autant plus qu'on a
une personne de trop autour de la table.
- C'est moi qui ai insisté pour vous rencontrer.
- Oui, je... je savais pas trop où vous alliez avec ça.
- Il y aura pas de poursuites de la part du DPCP
dans le dossier du supposé vol de documents.
Le blanchiment d'argent, l'évasion fiscale,
ça, c'est des dossiers d'intérêt public.
À quoi ça me regarde, ça?
C'est pas moi qui porte des accusations.
T'es avocat, tu devrais être au courant de ces affaires-là.
Ma soeur a été arrêtée.
Elle est accusée de voies de fait
pour avoir craché au visage d'un policier.
- C'est des choses qu'on prend très au sérieux chez nous.
- Je comprends ça. C'est juste que ça marche des 2 côtés.
J'imagine qu'en tant que directeur de la police...
vous acceptez pas ça.
C'est quoi, ça?
- Ça, c'est un de vos enquêteurs.
Il est en train de tirer ma soeur par les cheveux.
- J'avoue que j'ai trouvé ça un peu violent.
C'était quand, ça?
- Quand ils sont venus perquisitionner.
Ma soeur a connu sa part de difficultés. Elle est jeune.
Son ordinateur, c'est sa vie.
Elle a toutes ses notes de cours là-dedans. Elle a tout.
- Elle veut ravoir son ordinateur.
On va lui arranger ça. C'est quoi le problème?
Je la connais.
La première affaire qu'elle va vouloir faire,
c'est mettre ça sur Internet partout.
On veut pas ça.
Chez Intelco, on veut pas ça.
- Non. - Oui.
J'imagine que vous non plus.
- Tu m'as laissé un message en disant que tu voulais me voir.
- Oui, mais ça pressait pas tant que ça.
- Pour moi, oui, parce que je suis
un paquet de nerfs depuis une couple de jours, accouche.
C'est quoi la mauvaise nouvelle?
- Il y a pas de mauvaise nouvelle.
- Tu m'as dit: "J'ai une mauvaise nouvelle pour toi."
C'était pour te taquiner.
OK, tu trouves ça drôle?
Arrête, là.
Je voulais te dire que la police va laisser tomber
les accusations de voies de fait.
- C'est une autre de tes petites taquineries, ça?
- Pas du tout, non. Tu demanderas à papa.
On est allés rencontrer le chef de la police à Montréal.
J'ai montré la vidéo du policier qui t'a tirée par les cheveux.
- C'est ça qui l'a fait changer d'idée?
- Bien, j'ai dit que ma soeur avait eu son lot de problèmes.
La dernière affaire que tout le monde voulait,
c'était que la vidéo se promène sur Internet.
- Fait que t'as pris la décision pour moi.
Quelle décision?
Si je veux la mettre
sur Internet, la vidéo, ça me regarde?
- Non, non, c'est pas une bonne idée, ça.
Crois-moi, tu peux pas avoir un dossier criminel
rattaché à ton nom, même si c'est pour voies de fait.
- Fait que toi, tu lui as montré la vidéo,
et il s'est dit: "C'est beau. On retire les accusations"?
- C'est pas exactement comme ça que ça s'est passé,
mais la conclusion reste la même.
Il y aura pas d'accusations.
Euh... .. sauf que...
Sauf que quoi?
- Va falloir que t'appelles l'enquêteur pour t'excuser.
- Hé non, jamais je vais m'excuser.
Ils m'accuseront s'ils sont pas contents.
- Regarde, excuse-moi, ils m'attendent, OK?
Je viens d'être congédié.
Sérieux?
- Je ferais pas de farce avec ça.
Sur quel motif?
Ils veulent donner
une nouvelle orientation à l'entreprise.
Juste un instant, là.
Vous étiez pas le président de la compagnie, vous?
- Le président nommé par le conseil d'administration.
J'ai vendu à la compagnie mère, mais j'ai signé une entente
pour rester à la tête de l'entreprise
jusqu'à ce qu'une des 2 parties décide du contraire.
- C'est bel et bien ça la raison,
une nouvelle orientation?
Oui, mais je suis convaincu
que j'ai mis le doigt
où j'avais pas d'affaires.
La vente de nos parfums sur le marché noir,
c'est contrôlé par un patron de New York
qui doit s'en mettre plein les poches.
- Vous faites des accusations graves.
Je les assume.
Je sais pas ce que vous avez l'intention de faire,
mais je les poursuivrais.
J'ai pas de preuves de ça.
Je me prendrais un avocat.
Je lui demanderais de rentrer en contact
avec les avocats de la compagnie mère
à New York pour leur exposer le problème.
Si un des patrons est impliqué là-dedans, comme vous le dites,
les grands patrons de New York
vont se faire un plaisir de le coincer.
- S'ils ont besoin de nos services,
ça va nous faire plaisir de travailler de concert avec eux,
mais il faut que ça vienne d'eux.
- Qu'est-ce que tu fais là, toi? - Tu peux pas me demander ça.
- Demander quoi? - De m'excuser à l'enquêteur.
- Quoi? - Pour y avoir craché dessus.
- Il y a personne qui t'a demandé de faire ça.
Mais, Anthony m'a dit que...
- Ah, regarde, lui, il dit bien des affaires
pour se donner de l'importance.
Personne t'a demandé de faire ça.
Je vais lui parler pour qu'il arrête
ses enfantillages parce qu'il est jaloux de toi.
C'est ça, le problème. Il est pareil comme sa mère.
Pas la tienne, la sienne.
Excuse-moi.
Oui, Maïssa.
Certainement. Merci!
- On peut pas continuer ça. Ça coûte les yeux de la tête.
- Si Jean veut payer, laisse-le faire.
Anthony!
- Cath, veux-tu attendre 2 minutes, s'il te plaît?
- Voyons, Anthony, vas-y mollo.
(soupir)
- Tiens, on va trouver une solution à ton affaire, OK?
- Je passerai pas le restant de ma vie à me cacher.
- Toi, mon chum, tu vas venir avec moi.
OK. OK.
- Bien, t'avais pas d'affaires à la mêler à ça.
Elle a pas assez d'expérience
pour se mettre le nez dans les affaires de même.
- Tu m'as toujours reproché de pas
être à l'écoute de mes enfants.
Tu vas pas me reprocher de vouloir l'accompagner
dans ce qu'elle veut faire.
- Il y a pas longtemps, elle était en désintox.
Et toi, tu veux en faire
la stratège officielle de ton bureau?
- Ma fille est parfaitement capable
de prendre ses décisions pour elle.
C'est un autre problème.
Si t'arrêtais de la couvrir un peu, si tu la laissais
se planter une fois de temps en temps.
- Bien oui, et moi, je la regarde se planter et je dis:
"C'est pas grave, ma belle, on se relève et on continue."
- Mais c'est de même qu'on apprend!
- Je peux pas croire que tu dis ça.
- Accompagner quelqu'un, ça veut pas dire le tenir par la main,
ça veut dire être là au bon moment.
Ma fille a dénoncé une injustice,
il y a des conséquences, bien c'est ça.
On est là pour la sortir du trouble
parce que c'est de même qu'on apprend!
- Ma fille a dénoncé une injustice.
Te crois-tu quand tu dis des affaires de même?
C'est Simoneau qui t'a demandé de faire la job de Marcoux,
car il est pas capable de supporter de le voir au pouvoir!
Ça, c'est une autre affaire.
Le nom de mes clients,
ça regarde personne d'autre comme moi.
C'est minable ce que t'as fait, et pas professionnel!
- Qu'est-ce que j'ai fait?
- T'es allé dire à Marcoux que Simono, c'est mon client!
- Mais voyons, tout le monde sait ça!
Sur quelle planète tu vis?
Allô? T'es où?
- Comment, je suis où? Ça te regarde pas ça!
- Je n'en peux plus. Papa et maman se chicanent encore.
Je suis tellement angoissée, Cathou.
J'arrive.
(grondement du tonnerre)
(grincement de porte)
- Assieds-toi.
Je hais ça en osti me faire mentir.
Tu t'appelles pas Jean-Luc Lessard.
Ça dépend pour qui.
- Ah, puis tu fais ton smatte en plus.
- Non, pas du tout, sur les jobs de doubles,
je m'appelle Jean-Luc Lessard.
- OK, t'es un double pour la police?
- C'est pas ça que j'ai dit. - Arrête.
Tu t'appelles Éric Bonin, tu travailles pour Intelco.
Un double pour la police, j'aurais fait attention.
Mais un privé...
- Sauf que le privé, il a une job à faire.
- Tu fais ta job, j'ai pas de trouble avec ça.
Sauf qu'à partir d'aujourd'hui,
tu vas te mêler de tes câlisses d'affaires.
- C'est ce que je fais d'habitude, surtout à la job.
Mais tu vas être content.
Apparemment, ce dossier-là, ce n'est plus nos affaires.
Je t'avertis, Bonin.
Je suis pas le genre qui jappe.
Si je te revois autour, ils vont passer des mois et des années
à essayer de comprendre ce qui s'est passé avec toi.
Décâlisse!
Oui, oui!
(coups à la porte)
J'arrive, là!
- As-tu vu ta soeur?
Les nerfs.
- Tout le monde cherche Catherine.
Hein? Elle est pas ici.
Faut que je te parle.
Laisse-moi le temps de me réveiller.
Je suis pas tout seul.
Change de face.
Mme Boyer est ici pour toi.
- On avait un rendez-vous ce matin?
- Non. J'imagine que quelqu'un peut m'aider.
- Fais attention. Pas des enfants de choeur, ce monde-là.
- C'est gentil, mais je suis assez grand
pour m'occuper de ma petite personne.
- J'aimerais que t'appelles avant de te pointer.
On ne trouve plus ta soeur.
- Pourquoi tu penses qu'elle est partie?
Parce qu'elle était plus capable de vous endurer.
Elle est majeure et vaccinée.
Elle a le droit de découcher.
- Elle s'en venait ici. Elle me l'a dit.
Sous-titrage: MELS
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