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Original subtitles

[générique chanté en arabe]

[cris de supporters]

[ambulance]

[respiration]

Vous ne pouvez pas entrer, merci de patienter un instant.

Merci.

[brouhaha]

Prêt pour le transfert ? Un, deux...

[bips des machines]

[propos inaudibles]

...et attendre.

Ça va ?

Il s'est toujours dit indestructible et je l'ai cru.

Les médecins disent quoi ?

Que ta présence n'est pas souhaitée.

Laisse-nous, s'il te plaît.

Lucas !

Elle est juste terrifiée.

C'est si grave que ça ?

Il s'en sortira,

mais sera peut-être... diminué intellectuellement.

Merde.

- Qu'est-ce que je peux faire ? - Tu gardes ça pour toi.

- Et tu lui laisses un peu de temps. - Bien sûr.

Je repousse le conseil. Il y aura des procédures.

Tu veux plus lui piquer son siège ?

[journaliste] Toujours aucune nouvelle de Robert Taro qui serait dans le coma.

Hospitalisé hier dans un état critique,

Barrès et sa fille sont avec lui.

[reporter] Vous avez parlé à M. Taro ?

Oui, très peu.

- Il va bien ? - Vous avez parlé de quoi ?

- Du conseil ? - Vous cherchez des alliances ?

J'ai passé la nuit aux urgences, je suis crevé, je rentre.

Qu'arrivera-t-il s'il n'est plus en état ?

On le connaît.

C'est un vrai lion, il a pas fini de rugir, croyez-moi.

- S'il vous plaît. - Il va sortir bientôt ?

Il va bien, c'est tout.

On a eu peur, mais ça va.

[journaliste] Prêt ?

On vient de confirmer...

Robert ne reprendra pas sa charge tout de suite.

L'élection du maire est dans trois jours,

Barrès va en profiter.

Il trouvera ses neuf voix chez les socialistes.

Il ne les aura pas chez nous, en tout cas.

On est d'accord ?

On doit en discuter.

Il n'y a pas à discuter.

Il nous faut un plan B.

Anticiper et trouver un remplaçant.

Meriem pense qu'une femme maire à Marseille...

Pourquoi pas ?

Tu préfères que Barrès dirige la ville ?

S'il vous plaît, madame.

On laisse pourrir la situation,

on fout la merde dans la droite divisée et on gagne les prochaines élections.

On attend encore six ans ? Ce qui arrive est inespéré.

Il ne s'alliera pas avec nous, Duprez encore moins.

Il reste Barrès.

Il trahira jamais l'UPM !

- Personne ne le voyait trahir Taro. - Surtout pas Taro.

La guerre entre eux n'a rien de politique.

Je pense que Barrès peut aller très loin pour le siège de Taro.

Pas jusque-là.

Laurent, t'es dans l'immobilisme depuis dix ans,

il est temps de passer la seconde.

Ou de passer la main.

Jeanne a raison, la configuration est idéale.

[Guénelon] Ça...

À toi de décider.

Mais bon...

de Paris, j'aurai un œil sur vous.

J'appelle Barrès.

Avant, fais bien directement des appels du pied.

Tu vois ça comment ?

On enterre Taro via les réseaux sociaux.

Tu feras ça extrêmement bien.

[alarme]

[médecin] C'est bon.

[il marmonne]

[Taro] Lucas...

Ça va aller, mon amour.

- Il faut voter. - Calme-toi.

Il faut voter !

Lucas...

Il va tout détruire.

Il va tout détruire !

Mais non, t'inquiète pas.

C'est normal d'être confus après un tel choc.

Papa...

Lucas t'as sauvé la vie.

[alarme]

Bonjour, je suis Julia Taro, j'ai rendez-vous avec M. Bassem Ayoub.

- [secrétaire] Je vérifie, un instant. - [Julia] Merci.

Julia ?

Que fais-tu là ?

Je travaille à la com ici. Et toi ?

Je fais un papier sur le président,

il va recevoir la Légion d'honneur.

C'est super. Si je peux t'aider...

Écoute...

Je suis désolée pour ton père.

Et...

- Je m'en veux vraiment pour Barrès... - Alors ça, oublie.

J'étais furieuse qu'il me jette, et puis je pouvais pas savoir.

Savoir quoi ?

Rien.

- Je suis ravie de te voir. - Mais moi aussi !

Rubi, je te présente Julia Taro.

- Salut. - Salut.

- Laetitia, les écharpes. - Elles sont là.

C'est pour ses gamins. Elle est instit.

Je vous laisse, les filles.

- À plus. - Oui.

Elle est pas mal.

Voilà.

Laetitia, c'est bon, le rendez-vous de Mlle Taro ?

- Oui, je vous en prie, allez-y. - D'accord.

Viens, je t'accompagne.

[on frappe]

[Driss] Je viens de voir Monnier.

Trente-cinq millions d'euros pour le transfert de Diaby Costa ?

- Sérieux ? - Il les vaut vraiment.

Tu sais ce que tu perds par an avec ton club ?

Ce qu'il me procure, n'a pas de prix.

Tu as tort, le groupe ne compensera pas tes pertes ad vitam.

- Je m'inquiète pour toi, papa. - Je m'inquiète aussi pour toi, Driss.

Rencontre quelqu'un et fais-moi des petits-enfants.

Tu radotes.

Oui.

Faites-la patienter.

T'as un rendez-vous, là ? T'avais rien hier !

Pourquoi ?

J'ai besoin de ta permission pour recevoir qui je veux ?

J'ai des investisseurs pour le club, ils sont en salle de réunion.

- Écoute leur proposition. - Je te l'ai dit,

je ne vendrai pas, c'est clair ?

Putain !

[Driss] C'est pas possible d'être si borné !

Excusez-moi ?

Vous savez avec qui il est ?

[Driss] Tu vas te noyer, tu deviens gâteux.

Driss ?

Julia ?

Incroyable !

T'avais un appareil dentaire, la dernière fois, non ?

Et toi, t'étais gros.

J'ai appris pour ton père. Comment va-t-il ?

Pas très fort.

Mais tu le connais, c'est un gagnant.

Excuse-moi.

Allô ?

Ils sont en salle de réunion, oui.

J'arrive.

Tu fais quoi, ce soir ?

On pourrait boire un verre.

Je fais un papier sur ton père, si tu pouvais m'aider à l'enrichir.

Avec plaisir.

Les socialistes avec lui, ce serait mieux.

Il flirtera pas avec l'extrême droite.

C'est contraire à ses convictions.

Ce ne sont que des fascistes pour lui.

Par contre, je ne pourrai pas le couvrir s'il merde encore comme au 2e tour.

Il ne va pas être content de te voir.

J'ai toujours su lui parler. Surtout en privé.

Peu importe ce qui s'est passé entre nous,

c'est le jeu, tu le sais bien.

C'est ton heure, Lucas.

Neuf voix, c'est rien. Tu vas prendre Marseille.

[on frappe]

Allume la télé, Marciano est en train d'enterrer Taro.

Même si je ne partage pas ses valeurs,

je reconnais l'engagement qu'il a toujours eu.

Mais vingt ans, c'est long. Très long.

Et l'exercice du pouvoir

use même les meilleurs, du coup...

Robert Taro a largement mérité le...

S'il nous fait pas de la lèche, là.

On n'a pas besoin d'eux,

offrons à Meriem d'être 1er adjoint et on a son soutien.

Si Taro meurt, et encore...

Ils vont se déchirer pour un plan B

et Marciano et sa clique vont en profiter.

Oui, si on leur barre la route, on leur ouvre un boulevard.

Tu peux bouffer à tous les râteliers, toi, hein ?

Pour être assis à table, oui.

Lucas, tu dis rien ?

On peut voir Duprez.

Il n'ira pas vers l'extrême droite.

Ouais.

- Je t'organise un rendez-vous ? - Fais ça, oui.

Alors, Duprez, je sais plus, tu fumes toujours ?

De temps en temps.

Bon, c'est toujours la même histoire.

Si je comprends bien...

Soit on s'entend, soit on fait le jeu de l'extrême droite.

T'en n'as pas marre d'agiter toujours le même épouvantail ?

À quoi serviraient-ils, sinon ?

Je te rappelle que l'absence de consensus à gauche les a fait monter.

Et puis, merde, Duprez...

Dix élus dans ton groupe, et autant de tendances ?

Tu ne vas pas m'apprendre à rassembler.

C'est bon, t'as fini ton numéro ?

On peut commencer à discuter ?

Vas-y, je t'écoute, tu veux quoi ?

Le poste de premier adjoint.

Ça marche. On savait tous deux que ça finirait ainsi.

[Taro gémit]

Tu es dans mon rêve ?

Tout va bien, mon amour.

Tu es dans mon rêve ?

Non, je suis là, je suis avec toi.

Lucas...

Je l'ai vu.

Il était aussi dans mon rêve.

Non, il était là, mais je lui ai demandé de partir.

Pourquoi ?

Parce qu'il n'est pas bon pour toi, mon amour.

Cette guerre doit s'arrêter.

Je ne supporterai pas de te perdre.

Il va mettre Marseille à feu et à sang.

Je l'ai vu.

C'est un cauchemar.

Ne t'inquiète pas.

Écoute-moi.

On a vécu des moments très durs, dernièrement.

On a failli mourir, on a survécu.

C'est pas pour reprendre la vie où on l'a laissée.

Tu comprends ?

Et on va pas gâcher la chance qu'on nous offre.

On va penser à nous deux, à présent.

Tu vas y réfléchir ?

[Marciano] Faut de la constance pour avoir un rendez-vous.

Ou plutôt une ambition dévorante.

- Tu me connais mal. - Depuis le temps.

Nous, on se connaît pas.

Moi, je vous connais.

Jeanne Coste.

Et on va s'entendre, vous croyez ?

[Marciano] Il te faut neuf voix.

Alors, c'est simple. Jeanne ?

Je veux neuf délégations pour mes colistiers.

En priorité les finances, le budget, le social.

Et bien sûr, je veux être 1er adjoint.

Bien sûr. Et pour vous ?

[Barrès] Vous ne voulez rien ?

C'est déjà un honneur d'être au conseil municipal.

J'ai tout à apprendre.

De qui ? De Marciano ?

J'adore votre humour.

Le tien aussi, d'ailleurs.

[Barrès] C'est bon, on a terminé ?

Allez, bonne soirée. Ravi de vous avoir rencontrée.

Au revoir, Jeanne.

Alors, tu crois qu'il va céder ?

Je peux pas croire que tu pars demain.

[en arabe] Si Dieu le veut.

[Eric] Tu feras quoi en sortant ?

Je vais me racheter.

[Eric] Comme moi avec Julia.

Arrête avec elle. Laisse-la faire.

[Chahid] Elle répond jamais à tes textos.

Ça finira par changer.

Allez, t'as failli mourir à cause d'elle.

Passe le phone. Faut que j'appelle.

Va chier, j'ai pas fini.

T'as dit quoi, petite salope ?

[ouverture de porte]

Promenade.

J'ai dit : "Va chier, j'ai pas fini."

Ta petite pute de Julia, j'ai pris son numéro.

Pour lui envoyer des textos mouillés.

[brouhaha]

Lâche-le !

[brouhaha]

Prie Allah pour sortir demain !

Debout, sale noiraud, tu parles français ?

Bouge !

Bouge !

- T'es dégueulasse, il a rien fait. - Reste au sol !

Reste tranquille, t'as compris ?

Allez, bouge !

[journaliste] Nous voici devant la clinique Valmer,

où Robert Taro a été transféré

suite à un problème cardiovasculaire.

Nous sommes en attente...

Quoi ?

Je te regarde.

Te voir me rend heureux et je veux te rendre heureuse.

Je ne dis pas que je vais y arriver.

Mais je ferai tout pour.

Tu crois que je te baratine ou que je suis fou ?

Tu n'as pas à arrêter pour me faire plaisir,

il en va de ta vie, tu comprends ?

Mais je t'aime.

Moi aussi, je t'aime.

Les socialistes, oui, mais Duprez manque d'élus pour t'assurer la mairie.

Essaie de rallier Meriem en lui proposant la Culture.

Vu ses origines, ça devrait la flatter.

Elle, c'est une mauvaise idée.

Je l'ai piquée dans la réserve de Taro.

C'est mauvais pour ce qu'il a.

Et alors, Duprez ?

Duprez, tu sais ce qu'il veut.

Il veut comme toi.

Ah, non, je serai bien meilleur 1er adjoint.

C'est vrai, tu serais un formidable 1er adjoint.

J'ai sondé côté Taro, ils attendent le dernier moment.

Oui.

- Et l'autre, t'as des nouvelles ? - Marciano...

Laisse tomber, je peux pas, ces mecs-là me dégoûtent.

T'es comme Taro, toi.

Croiser un gars d'extrême droite

lui filait de l'urticaire, il se grattait une semaine.

Tu sais quoi sur Jeanne Coste ?

Ce qu'il y a sur les réseaux sociaux : Centrale Paris,

master de gestion, consultante en stratégie d'entreprise...

Entrée au parti à 18 ans, elle a gravi les échelons sans bruit.

On dit que c'est une pure et dure, une vraie idéologue.

En plus, elle est plutôt jolie.

Ouais, mais je peux pas.

- Tu veux plus de la mairie ? - Pas à ce prix-là.

Alors, t'en veux pas vraiment.

Ça va ?

Tu tiens le coup ?

Ça va, oui. Il va être content de te voir.

Comment ça va, mon ami ?

- Je suis qu'une loque. - Une loque en vie !

Quand j'ai appris la nouvelle, ça m'a fait un coup.

Marseille sans toi, c'est impossible.

Hier encore, on avait 20 ans.

Comment ça a pu passer si vite ?

Écoute, tu deviens gâteux, là.

Oui, je sais, mon fils le dit aussi.

- Ce morveux qui connaît rien au foot ? - Il a raison de me pousser à la retraite.

Moi, c'est ma femme.

Je l'ai vu quand j'étais mort, tu sais.

Je l'ai vu.

Lucas.

J'ai vu ce que Marseille allait devenir avec lui. Ah oui...

Je l'ai vu.

Je l'ai vu.

Tu voulais devenir pilote de chasse.

Et toi, tu voulais être détective privé.

Et tu crois que je fais quoi, là ? J'enquête.

T'as trouvé des trucs bien sur moi ?

- Pas vraiment. - Ah, c'est sympa.

Mais enfin, tu critiques toujours tout.

La ville pas assez clean, le bar pas assez branché,

le vin pas assez chambré...

Désolé, mais c'est vrai !

T'es devenu arrogant.

Je suis devenu exigeant, c'est pas pareil.

Je peux être désagréable aussi.

T'aimes bien le fric, mais t'as du mal à encaisser.

Sérieusement ? [elle rit]

C'est comme avec ton père, soutiens-le au lieu de le plomber.

Son club est déficitaire.

Écoute, en fait, c'est simple.

Mon père a failli mourir et est loin d'être tiré d'affaire.

Maman dit que c'est la politique

et ton père, c'est pareil, sans son club, il crève.

Pourquoi tu végètes toujours dans un canard de province ?

Mais je ne végète pas !

J'adore ce que je fais.

J'aime les gens avec qui je bosse

et oui, j'aime ma vie ici, figure-toi.

T'es douée, tu pourrais avoir bien plus.

- Tu as lu mes articles ? - Je les ai parcourus.

Ben oui, connaître l'autre, c'est le b.a.-ba en affaires.

Tu crois que je suis sur une affaire ?

Non.

[rire]

Bonjour, vous allez bien ?

Bonjour.

- Une noisette ? - S'il vous plaît.

- Dis donc, Lucas... - Oui ?

On va faire comment sans Taro ?

Je suis là, tu me connais. Je vous laisserai pas tomber.

Pour les promesses, vous êtes champion.

Moi et ma gamine, on attend toujours les logements sociaux dans le quartier.

- Je sais. - [femme] Ton maire l'avait promis.

Sécuriser le quartier était aussi dans ton programme.

Je sais, avec Taro, rien n'a bougé.

Insalubrité, insécurité... [rire]

Tu ferais quoi si t'étais maire, hein ?

Rien, il fera rien.

Seule l'extrême droite nous sortira du merdier.

À Toulon, les quartiers sont livrés aux marchands de sommeil.

Vous voulez ça à Marseille ?

Au moins ils appellent un chat, un chat et ils se bougent, pas comme ton parti.

Je n'ai jamais promis de tout réussir.

Si c'est eux, ce sera bien pire qu'avant, je vous le garantis.

Attendez...

C'est pas de la bouffe, ça.

Mademoiselle, soyez gentille,

allez me chercher un bon gros steak saignant

avec des frites.

File-lui de l'argent, Rachel m'a rien laissé.

Je m'en occupe. Mademoiselle ?

Bien saignant, un gros steak.

Si tu veux sortir d'ici, tu manges ça, voilà.

OK, mais tu me files ton portable et tu branches la télé.

Je branche la télé. Le portable, tu verras avec Rachel.

Ah non, je peux pas.

À la veille de l'élection du maire,

la question reste entière.

Robert Taro pourra-t-il y assister ?

Je ne suis pas le mieux placé pour vous répondre.

Malgré les différends qui nous opposent,

je le dis en toute sincérité,

et avec tout le respect que je lui dois,

je pense qu'il est temps pour lui,

comme pour Marseille, de tourner la page

et d'envisager un nouvel avenir.

- Avec vous ? - Oui, bien sûr.

[journaliste] Avec quelle majorité gouvernerez-vous ?

[Barrès] Je compte rassembler

les hommes, les femmes de bonne volonté

prêts à faire passer leur amour pour Marseille avant toute chose.

Avec quelle majorité ?

[Taro] Regarde-le ! Regarde-le, l'autre avec son sourire !

Ça pue le coup tordu à plein nez !

- Que se passe-t-il ? - J'en sais rien.

Barrès va me trahir à nouveau.

Mais je le laisserai pas faire.

Je le laisserai pas faire.

Il foutra pas la merde à Marseille. Donne-moi ton portable !

Arrête, calme-toi, maintenant.

- Calme-toi. - Mais ouvre les yeux, bon sang, merde !

Oh, bordel !

Allô, Costabone ?

Costabone ? Je veux te voir.

Pas à la clinique. Viens à la maison dans une heure.

- Tiens. Je veux mes vêtements. - Je m'en occupe.

- Oh, bordel ! - Robert, je t'en supplie.

Non, ça va, ça va aller.

Ravi pour toi que tu te barres, mais...

j'ai vraiment le seum de rester tout seul.

- Prends soin de toi. - Ouais.

- Je prierai pour toi, mon frère. - Ouais.

Je suis devant chez Taro.

J'attends de voir si sa femme...

Robert, on peut faire une déclaration à la presse.

Il ne sortira pas d'ici !

[Dr Osmont] Il va ni à la mairie ni au conseil, c'est clair ?

Barrès a vu Duprez pour sonder notre côté.

[Costabone] Mais il ira pas jusqu'à l'extrême droite.

Je l'ai vu, je le sens, je le sais.

Du calme, t'as de la tension, tu vas faire de l'arythmie.

Comment veux-tu que je me calme ?

[Dr Osmont] Tu veux y passer, c'est ça ?

Marseille en effervescence. Robert Taro

va-t-il se rendre au conseil municipal de ce soir ?

Est-ce possible ?

Tu finiras par tout perdre.

Ta femme en premier.

Elle comprendra, j'ai pas le choix.

Nous sommes devant chez Robert Taro, sorti de la clinique...

Voilà Mme Taro ! S'il vous plaît ?

- Comment va votre mari ? - Pourquoi est-il rentré ?

Va-t-il aller au conseil demain ?

Je suis venue faire une déclaration.

Vous pensez que la rupture entre Robert Taro et Lucas Barrès

est d'ordre politique ou idéologique, il n'en est rien.

Il s'agit d'un secret qui pourrit tout.

Un secret de famille.

Robert Taro est en réalité le père biologique de Lucas Barrès.

Voilà la vérité.

Ils savent depuis quand ? Et la mère de M. Barrès ?

[brouhaha des journalistes]

Mme Taro !

Lucas Barrès serait donc le fils caché de Robert Taro.

Pourquoi Rachel Taro fait-elle cette révélation

alors que nous sommes à la veille d'une échéance politique majeure...

Comment as-tu pu ?

Je ne te laisserai pas mourir sans rien faire.

Je ne te pardonnerai jamais ça.

Je sais.

Rachel Taro vient de faire une révélation incroyable.

Lucas Barrès serait donc le fils biologique de Robert Taro.

Quelles que soient les raisons de ce secret,

ce tremblement de terre politique secoue la ville de Marseille.

À la veille de l'élection municipale,

c'est une vraie bombe médiatique.

T'avais pas le droit de faire ça.

C'est pas ton histoire.

[Rachel] Ah, bon ?

C'est juste la tienne ?

Sauf que je voulais intégrer Lucas à la famille

et tu fous tout par terre.

- Je suis responsable de tout si tu veux. - Ouais, d'accord.

Papa.

Papa.

Réagis vite avant que ça parte en vrille.

D'accord ?

Raconte toute la vérité.

Que tu savais pas pour Lucas.

Tu l'as appris récemment.

S'il te plaît.

Fais-le pour Lucas.

Fais-le pour moi, s'il te plaît.

...Lucas Barrès, pris de court par cette révélation,

est sans stratégie de communication.

C'est suicidaire, à la veille du conseil municipal.

Cette situation risque comme toujours de faire le jeu des extrêmes.

Le conseil municipal se réunit ce soir pour élire le maire de Marseille

et aucun des deux hommes n'a brisé le silence.

Nos journalistes ont tenté de les contacter plusieurs fois,

sans réponse de leur part.

[on sonne]

[on sonne]

Que fais-tu là ?

Désolée de venir si tard, mais...

On se connaît pas et t'as envie de voir personne, mais...

Taro aurait pu aussi sortir du silence pour te légitimer.

Pour te défendre, te protéger, mais il l'a pas fait.

Il le fera pas, il le fera jamais.

T'as rien à attendre de lui ni de personne.

Aujourd'hui, t'as le choix.

Tu te lamentes sur ton sort

ou tu transformes ta colère en force.

Je sais aussi

ce que c'est d'être abandonné et de grandir sans père.

C'est bien.

[klaxon]

- [en arabe] Que la paix soit sur toi. - Et sur toi.

[journaliste] Selon nos sources,

Lucas Barrès affrontera avec détermination le vote du conseil municipal.

Avec quelle majorité entend-il gagner ce scrutin ? Nul ne le sait.

Sûrement pas avec la voix de Robert Taro,

dont la présence est des plus incertaines.

[il tousse]

[cris d'enfants]

[ils prient]

[ils prient]

Quelle majorité espérez-vous avoir ?

Je répondrai à vos questions après le vote.

Avez-vous parlé à Taro ?

Lucas.

- Julia, c'est pas le moment. - Viens.

Ce qu'a fait ma mère est inexcusable.

C'est pas contre toi, mais contre mon père.

Pardon... notre père.

T'as un peu de mal aussi, je crois.

Laisse-lui du temps, qu'il s'habitue à l'idée de partager.

Il ne veut pas partager.

- Il t'a toujours traité comme son fils. - J'ai attendu toute la nuit son appel.

Il n'a pas bougé, et toi non plus.

D'accord.

J'aurais dû. Mais je suis là, maintenant.

- Je t'abandonne pas. - Je sais.

C'est important pour moi, je t'assure.

Mais il doit faire le premier pas.

Je dois y aller.

[musique symphonique]

[contestations]

Vous êtes des minables, des incapables !

Dehors, les fachos !

Non, c'est faux !

Et vous le savez bien !

[applaudissements]

Il y a quelques jours, je suis mort.

Mon cœur s'est arrêté durant trois minutes.

[Taro] Je n'ai pas vu de tunnel

ni de grande lumière blanche.

J'ai juste vu

ma ville.

Marseille, ma belle.

Elle m'a redonné la vie.

C'est pour elle que je suis là, ce soir.

Lucas...

J'étais prêt à te donner les clés, à te soutenir.

J'aurais même pu appeler à voter pour toi.

Mais tu n'en es pas digne.

Tu n'as ni les épaules ni l'expérience.

Ah, oui ?

Qu'avez-vous fait depuis vingt ans ?

Je vous le demande.

Qu'avez-vous fait en matière de politique sociale ou d'éducation ?

Il suffit de regarder l'état de nos quartiers, de nos écoles,

pour s'en rendre compte.

Vous incarnez le passé, M. Taro.

Un passé dans un présent sans avenir.

Alors j'affirme aujourd'hui

qu'il est urgent de faire entrer Marseille dans le 21e siècle.

[applaudissements]

Très bien !

Tu gagneras peut-être, finalement.

Mais ton mandat sera entaché

de honte,

de violence et de sang.

Je vous en prie, n'inversez pas les rôles.

C'est vous qui vous êtes penché sur mon berceau.

[Barrès] Vous le savez bien.

Je n'ai jamais rien su de ta naissance.

Ah oui, bien sûr.

Le hasard a fait que vous m'avez pris sous votre aile ?

C'est encore le hasard qui a fait

que vous m'avez nommé 1er adjoint ?

Je te considérais comme mon fils.

C'est beau, l'instinct paternel, mais c'est un peu tard.

Vous savez,

j'ai passé mon enfance et ma jeunesse

à attendre.

Attendre votre reconnaissance.

Mais c'est Marseille qui me l'a donnée.

Marseille a fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui.

Vous m'avez rejeté il y a bien longtemps.

Et vous recommencez.

Pire encore, vous m'accusez de trahison.

J'aime Marseille autant que vous.

Vous pensez que Marseille vous appartient, je me considère comme son débiteur.

Votre priorité

est de faire d'elle la deuxième capitale de France.

Ma priorité...

est de garantir à nos enfants

une meilleure éducation pour un meilleur avenir

et d'assurer la sécurité dans nos quartiers.

Bravo !

Je vais vous dire la vérité.

On aurait pu faire ça ensemble.

Vous avez rendu ça impossible.

[Barrès] Vous-même.

À cause de cet orgueil

qui vous aveugle depuis trop longtemps.

Aujourd'hui, Robert Taro,

votre règne prend fin.

Aujourd'hui.

Je propose

que l'on passe au vote.

[applaudissements]

Robert Taro, 37 voix.

Lucas Barrès, 53 voix.

Lucas Barrès est élu.

Bravo !

Monsieur le Maire.

- Toutes mes félicitations. - Merci.

[acclamations]

[député] Un peu de silence, s'il vous plaît.

Nous allons procéder à la nomination du 1er adjoint.

Ou plutôt, de la 1re adjointe.

J'appelle Jeanne Coste.

[acclamations et contestations]

C'est un scandale !

C'est une honte !

Honte à l'extrême droite !

[brouhaha]

Résistance !

Merci, monsieur le Maire.

[cris de contestation]

Sous-titres : Laurence Boucart Team LiBERTAD

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